Nos ancêtres avaient-ils la possibilité de manger à la cantine scolaire ? Un exemple dans une commune de l’Aveyron au XIXe siècle.
Cantine scolaire d'Entraygues (Aveyron) - 8T7-10-AD12
La loi Ferry de 1882 a prévu l’enseignement primaire laïque gratuit et obligatoire, mais pas de faire manger les enfants pendant la pause méridienne. Cependant, les cantines scolaires se démocratisent à cette période, selon le bon vouloir des instituteurs et surtout en fonction des moyens financiers disponibles.
Dans la commune d’Entraygues en Aveyron, le constat de l’instituteur est simple. Dans certains hameaux, il est impossible aux enfants de rentrer chez leurs parents après la classe du matin pour y prendre le repas de midi. Dans cette commune comme dans les villages aux alentours, les causes sont multiples : l’éloignement, un terrain accidenté, un pont détruit nécessitant un long détour, des routes enneigées… Il propose donc de créer une cantine scolaire dès 1897.
Grâce à une souscription populaire, la caisse des écoles a réuni une somme d’argent suffisante pour démarrer la cantine. Des subventions sont attendues de la part de la commune, du bureau de bienfaisance et pourquoi pas de l’État pour compléter la cagnotte.
Chaque cantinier reçoit 0.30 francs par enfant présent. Autant dire que les absents sont scrupuleusement listés.
La cantine est prévue de fermer les portes une fois la caisse épuisée (ce qui sera le cas en fin de saison 1898-1899).
La cantine n’est d’abord mise en place que du 1er décembre au 31 mars. En dehors de ces périodes, les élèves doivent se débrouiller pour apporter leur panier repas.
Notez qu’à Entraygues, les enfants mangent dehors.
Par ailleurs, la cantine est séparée en deux : les garçons ne mangent pas avec les filles.
Et puis, une partie des élèves sont admis gratuitement, les autres peuvent venir en payant. Il est à noter que si les parents fournissent le pain, ils peuvent avoir deux enfants à la cantine sans payer de supplément.
Les listes des payants et des gratuits sont secrètes. Ce sont les membres de l’association qui déterminent une liste d’enfants à admettre gratuitement et les cantiniers sont chargés de prévenir discrètement les parents.
Pour l’année 1898-1899, ce sont 32 garçons et 18 filles qui sont admis.
A Entraygues, le repas de midi est composé d’une soupe, du pain nécessaire au repas et d’une portion de viande (4 fois par semaine) ou de légumes (1 fois par semaine). Il est précisé que la portion de viande dit peser en moyenne 60 grammes par élève.
De plus un quignon de pain est donné à chaque élève à 4 heures après la classe du soir.
Vous avez mangé à la cantine ? Vous vous souvenez d'Yvette, Martine ou Jacqueline, votre cantinière ? Vous souhaitez retracer l'histoire de la cantine scolaire de votre village ?
Quelles archives chercher sur les cantines scolaires ? Celles-ci étant généralement organisées par des associations, c’est vers les archives de celles-ci qu’il faudra rechercher, qu’elles soient déposées aux archives départementales, stockées chez un particulier ou dans un local communal, et plus certainement égarées.
Par ailleurs, les organismes ayant subventionné ces associations ont forcément « laissé des traces » de leur participation via les documents comptables ou les bulletins municipaux ou paroissiaux.
N’oubliez pas de fouiller les revues locales, monographies et bien entendu faites un appel à la mémoire collective pour retrouver les menus, les cantinières et les photos de repas.
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