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Une attestation de guérison miraculeuse devant notaire

Marie Crespy se rend chez le notaire pour obtenir une attestation de sa guérison miraculeuse. Un acte notarié peu banal …

Miracle

Les premiers symptômes vers 20 ans

Marie Crespy a 33 ans quand elle se présente devant le notaire. Elle n’est pas seule. Trois prêtres et une responsable du bureau de bienfaisance l’accompagnent. Elle raconte son histoire au notaire.


Vers l’âge de 20 ans, un relâchement de son estomac lui causa des fréquents vomissements, une faiblesse dans les jambes, de la pâleur et beaucoup de maigreur. Son état s’empira par degrés, jusqu’à ce qu’elle vomisse tous les jours au moment de Carême 1778. Ne pouvant garder le peu d’aliments qu’elle mangeait, elle finit par perdre l’appétit, le sommeil et les sens. Toutes les « fonctions animales » de la jeune fille étaient également perturbées. Par ailleurs, en plus d’une fièvre lente qui ne la quittait plus, son ventre se mit à enfler considérablement.


Le premier verdict médical est le suivant : Marie est hydropique.

Considérée pendant les 6 années suivantes comme dans un "danger prochain et évident de mort", on lui administrera plusieurs fois le Saint-Viatique et deux fois l’extrême onction.

Les remèdes testés

Les remèdes ordinaires sont testés. Ils lui firent rendre les eaux par les selles sans diminuer néanmoins tous les autres symptômes. Ce léger succès lui donna quelque espoir de guérison mais au bout de 8 à 9 jours, le ventre redevint enflé tout à coup comme auparavant. Les mêmes remèdes, employés de nouveau, ne procurèrent pas de meilleurs effets, « les mêmes signes ayant réapparu peu de jours après les nouvelles évacuations ».


Puis vinrent les remèdes particuliers. Plusieurs personnes entreprirent ensuite successivement de la guérir avec des remèdes (dont la teneur n’est pas précisée). Ceux-ci obtinrent quelques succès au début, mais dans les 10 à 18 jours suivants, Marie était dans un état pire qu’auparavant, suffoquée des eaux et dans la plus grande souffrance.


« Les remèdes violents que certaines personnes lui firent prendre causèrent tant d’irritation que les eaux luy occasionnèrent une douleur de poitrine très vive avec une toux sèche continuelle et crachement de sang qui l’obligèrent à les discontinuer totalement, les autres lui donnèrent des attaques de hoquet pendant la dernière année de sa maladie qui étaient de dix, douze, quinze, vingt jours et se prolongèrent quelques fois jusqu’à 30 jours. Ces attaques étaient si violentes qu’à peine pouvait- elle, dans les 24 heures, avoir 2 heures de repos. »

Imaginez avoir le hoquet pendant 30 jours  !

Six ans de douleurs et le seul remède : attendre !

Pendant plus de 5 ans, « les eaux lui occasionnèrent des convulsions et de contractions au ventre des plus souffrantes et des plus effrayantes avec un grouillement dont le bruit était si considérable qu’on l’entendait du milieu de la rue. Tous les médecins et chirurgiens qui l’avaient visitée et soignée dans une maladie si extraordinaire, la jugeant incurable, luy conseillèrent de souffrir patiemment son état et de ne plus faire de remèdes. »

Plaise à Dieu…

Marie finit par arrêter les remèdes pendant 10 mois et par « s’abandonner entièrement à ce qu’il plaire à Dieu d’en ordonner. » Elle rencontre la responsable du bureau de bienfaisance qui lui parle des vertus du bienheureux Benoit Joseph Labre décédé à Rome en odeur de sainteté le 16 avril 1783 et des miracles que « dieu opéroit par son intercession ».

Coup de chance, une de ces guérisons a eu lieu dans un village voisin de celui de la malade. Marie repart avec un livre relatant ces histoires et rendre chez elle pour le lire.

Benoit Joseph Labre

La guérison

« Animée d’une grande confiance », elle résolut de faire une neuvaine en l’honneur de ce bienheureux et la commença le mardi 27 janvier dernier 1784. Tout va ensuite très vite…


« Ce même jour elle soupa avec appétit et son estomac ne rejeta point les aliments comme il avait accoutumé de faire, elle eut un bon sommeil la nuit suivante et le lendemain mardy elle rendit tout naturellement les eaux par les urines en grande quantité sans douleur et sans effort et ne peut sortir de toute la journée à cause des fréquents besoins que lui occasionnaient les eaux qu’elle rendait. Dans l’instant la fièvre et tout espèce de souffrance cessèrent, le sommeil et l’appétit furent entièrement rétablis et elle se trouva pleine de force et de vigueur continuant sa neuvaine elle acheva de rendre avec la même facilité le reste des eaux dans l’espace de 4 ou 5 jours sans que les besoins fussent aussy fréquents que les premiers jours, ayant la liberté de sortie et d’agir.


Se voyant désenflée parfaitement rétablie et se sentant même en meilleure santé qu’avant sa maladie, elle ne crut pas attendre la fin de la neuvaine pour rendre grâce à Dieu du bienfait signalé et si subit qu’elle venait d’en recevoir par l’intercession du bienheureux Labre, elle fit prier le prêtre de dire la messe en son intention le mardi 2 février jour de la fête de la présentation de notre seigneur à laquelle messe elle assista. »



La première neuvaine terminée, elle en fait une deuxième pour remercier le bienheureux Labre… avant de se rendre chez le notaire.

Pourquoi chez le notaire ?

Pourquoi aller chez le notaire ? Marie a pu faire constater sa guérison par plusieurs médecins qui avaient tenté de la guérir sans y parvenir. Ils savent donc qu’elle ne simulait pas une maladie.

Après l’avoir à nouveau examinée, ils ont constaté qu’elle n’avait plus ces symptômes et ils ont établis des certificats médicaux. Pour assurer la véracité de ses propos et la conservation de ces certificats, c’est tout naturellement que Marie s’est rendue chez un notaire pour faire rédiger un acte authentique.

Les personnes qui l’ont accompagné n’ont eu qu’à exprimer leur témoignage oral pour compléter l’acte notarié.

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© 2023 Généalanille
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