Moreau Jean, mort pour la France

Jean Claude Moreau est né le 22 juillet 1887 à Chalmoux (71), il est le cadet des 6 enfants de Jean Moreau et de Gabrielle Gonin. La famille habite successivement à Cressy sur Somme (71) et Chalmoux avant de venir s’installer au début du 20ème siècle au lieudit Grandbost à Grury (71) où elle accueille une enfant assistée (Lucienne Raison née vers 1895) pendant plusieurs années.
Jean Claude Moreau effectue ses deux ans de service militaire au 134ème régiment d’infanterie entre 1908 et 1910. Pendant un de ses stages d’instruction, il chute d’un cheval, se fracture la clavicule gauche et se fait une entorse du genou gauche. A la fin du service militaire, il devient ouvrier agricole et habite chez ses parents à Grury.
Il est mobilisé en aout 1914 et rejoint le 334ème RI en caserne à Macon (71).
Le 11 aout, le régiment quitte le chef-lieu de département en train en direction de Gray et reçoit l’ordre de descendre à St Loup (70).

Le régiment va cantonner plusieurs jours à Fougerolles (70). Les troupes partent le 15 en direction de la frontière. Les hommes vont marcher 4 jours en souffrant parfois « de fortes pentes » et s’arrêter finalement à Fraize (80)

Le 19 aout 1914 à 23H10, c’est l’alerte. La troupe s’engage d’abord vers le nord  en direction de Provenchères dès 0H10 puis reçoit l’ordre à 1H de faire demi-tour et de retourner au camp. Quelques heures plus tard à 5H, le régiment part à l’est vers le col du Bonhomme avant de recevoir le contrordre à 6H15 de s’arrêter. A 7H30, le régiment reprend finalement la route de Provenchères (88) où il arrive à 16H.

Le 20 aout 1914, le 334 ème RI va en renfort du 229 ème RI à Steige, lieu de bataille où Claude Machuron décède. Les combats cessent le lendemain. Le 334 ème RI perd plus de 300 hommes sur les 2061 soldats partis de Macon.

Le 23 aout 1914, les bataillons sont autour de Provenchères et arrivent le 25 aout au matin à Entre Deux Eaux. Les premières lignes sont canonnées. Le lendemain, les troupes sont obligées de céder du terrain face à l’ennemi et reculent vers l’ouest pendant une journée et demie avant de recevoir l’ordre d’arrêter le mouvement de retraite (vers Anozel) et de reprendre l’offensive.

Installées au sud Est de Taintrux, les troupes reprennent le 28 aout le village d’Anozel que les allemands évacuent en laissant quelques prisonniers. Une charge de baïonnette est exécutée à Saulcy sur Meurthe vers 11H faisant reculer l’ennemi, mais un obus tombe sur le camp français et tue 4 hommes et en blesse 10 autres. Le 334 ème RI retourne à Anozel en arrière du 229 ème RI.

Le 29 aout 1914 , les fusillades reprennent dès 4 heures du matin sous un brouillard épais. « Personne ne peut dire sur qui on a tiré. » A 5H les hommes repartent au combat, croisant 12 allemands qui se rendent. Une violente fusillade a lieu au sud de Saulcy sur Meurthe.

Les bataillons mettent la baïonnette au fusil et s’élancent vers les petits bois mais « l’ennemi est invisible, son feu très nourri et très ajusté. » Le 334 ème RI subit de fortes pertes en quelques minutes avant de voir les allemands foncer sur lui. Les hommes n’ont plus qu’une vingtaine de cartouches, presque tous les officiers sont tués et blessés, les soldats morts sont étendus sur le champ de bataille et après une nouvelle tentative d’offensive infructueuse, l’ordre est donné de reculer sous une « grêle de balles. » Quelques hommes valides de la première ligne se rendent aux allemands, les autres se retirent vers Anould (88) au sud.

Après la bataille, il ne reste que 10 officiers sur les 35 et 985 soldats sur les 2086 du départ.

Jean Claude Moreau est porté disparu à Saulcy le 29 aout 1914 mais son décès n’est constaté que le 12 juillet 1916.

Sur la plaque de l’église de Grury, son décès est noté à Entre Deux Eaux.

Le décès est reconnu par  jugement du tribunal en date du 24 septembre 1921. Son corps repose à la nécropole de Saulcy sur Meurthe (88).

Ses deux frères reviendront du front.

Sources:

5 E75/12-AD71, 6M Recensements Grury 1911 – AD71, 1R RM 1907 Autun-AD71, sga mémoire des hommes: JMO 26N 554/7, cartes Google maps.

© 2014 Généalanille Article publié le 29 aout 2014

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