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Disparu ou fusillé?

Sa fiche matricule indique qu’il est disparu au combat mais l’aveyronnais Jean Blanc a été fusillé en 1914 pour abandon de poste…

Un cultivateur qui tente sa chance à Paris

Jean Blanc est né le 7 juillet 1880 au village de Fraysse à Lacroix Barrez dans l’Aveyron. Il est fils d’Etienne, cultivateur et de Rosalie Bouscarat.

En novembre 1901, il part faire son service militaire dans les rangs du 96 ème régiment d’infanterie. Il rentre dans l’Aveyron en septembre 1902 avec un certificat de bonne conduite.

Jean Blanc travaille comme cultivateur puis part à Paris en 1907 comme garçon de café. Il reviendra deux ans à Lacroix Barrez avant de repartir à la capitale.

Porté disparu en septembre 1914

Quand éclate la 1 ère guerre mondiale, il a 34 ans. Rappelé à l’activité, il rejoint le 142 ème régiment d’infanterie le 12 aout 1914.

Sa fiche matricule indique qu’il est blessé le 27 septembre 1914. Il est même porté décédé le même jour par un jugement du tribunal d’Espalion du 13 septembre 1921.

Mais le dossier du jugement du conseil de guerre de Toul du 2 octobre 1914 nous donne une autre version.

Il s’est sauvé…

« Le nommé Blanc se trouvait le 23 septembre dernier [1914] dans une tranchée près de Bernécourt face à l’ennemi qui était installé dans les bois voisins.

Pris de peur, il imagina pour quitter son poste d’accompagner une corvée d’eau qui se rendait dans une ferme voisine.

Lorsque la corvée regagna son poste, au lieu d’y retourner, il se cacha et dès que la corvée fut partie, jeta ses armes, son sac et son fourniment puis se sauva en arrière.

Il erra dans les bois où il se cachait et finit par être arrêté dans les environs de Fong à une vingtaine de kilomètres de l’endroit d’où il était parti et deux jours après sa fuite. »

Jean Blanc se défend. Il s’est bien battu depuis le commencement de la guerre mais il a eu peur, tout d’un coup, d’être tué.

Devant les gendarmes

Parti le 23 septembre 1914 vers 19 ou 20 heures, il est repris par les sentinelles le 25 septembre vers 8 heures sur le chemin de halage du canal à Lay St Remy.

Jean Blanc est emmené à la gendarmerie de Toul où il est interrogé et explique avoir déserté. Il a jeté son sac, sa musette, son bidon, ses cartouchières, son fusil et sa baïonnette à 1km de son cantonnement.

Il est écroué à la prison militaire de Toul.

La peine de mort

Le soldat passe devant le conseil de guerre dès le 26 septembre. Il est convaincu de dissipation d’armes et d’effets et d’abandon de poste en présence de l’ennemi. Son jugement a lieu le vendredi 2 octobre 1914 à 13 heures. Il est condamné à la peine de mort.

Son exécution a lieu le lendemain à 15 heures dans les fossés de la fortification de la Porte Moselle à Toul.

Jean Blanc est amené sur le terrain par un détachement de 50 hommes. Pendant qu’on lui lit son jugement, un soldat lui bande les yeux et le fait mettre à genoux. Le peloton fait feu, un sous officier lui donne le coup de grâce et le médecin constate le décès.

Un jugement 7 ans plus tard

Le 3 février 1920, un acte de disparition est établi pour Jean Blanc. Il indique les circonstances recueillies.

“Ce militaire, blessé au cours du combat n’ayant plus reparu à son unité, est présumé mort. Le manque d’éléments n’avait pas permis d’établir cet acte.”

La démarche administrative va suivre son cours. En juin 1921, le questionnaire précise que le militaire n’a pas été signalé comme prisonnier et que la famille est avertie qu’une déclaration judiciaire de décès va être entreprise. L’état de services et l’acte de naissance de Jean Blanc sont demandés avant l’établissement d’une requête pour constater le décès en aout 1921.

Le tribunal d’Espalion rend son verdict le 13 septembre 1921. Jean Blanc est déclaré “mort pour la France” à Flirey (54) le 27 septembre 1914. Le jugement est transcrit 15 jours plus tard sur les registres d’état civil de Lacroix Barrez.

Quand les parents ont-ils appris comment leur fils est mort? Les archives ne le disent pas…

Sources : 4E112/9-AD12, 1R850-AD12, 5U1149-AD12, 1158W224-AD12, SHD/GR 11 J 3031-1 mémoire des hommes, SHD/GR 11 J 3034 mémoire des hommes

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de novembre 2017 sur le thème imposé “la mort en 1914-1918”.

© 2017 Généalanille -Article publié le 30 novembre 2017

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