Qui est dans la tombe?

Qui est dans la tombe ? Comment peut-on savoir qui est enterré dans une tombe ? Quels documents d’archives peuvent nous aider pour trouver ces informations ?

Sur la pierre tombale

Vous êtes dans un cimetière devant une tombe. Celle de vos ancêtres. Vous y trouverez parfois:

  • les noms prénoms des défunts
  • les années de naissance et de décès
  • le jour du décès et l’âge
  • la mention du lien entre deux personnes
  • une épitaphe, une mention « à la mémoire de »
  • le numéro et la durée de la concession,
  • juste un nom
  • ou rien du tout !

Comment faire ? Prenons un exemple.

Une tombe dans un cimetière

Voici la photo d’une tombe d’une famille. Petit rappel, la photographie d’un monument funéraire peut être diffusée sans accord préalable de la famille, seulement lorsque cette diffusion ne cause pas un trouble anormal au titulaire de la concession ou à ses successeurs.  (Cass. Ass. Plén., 4 mai 2004, req. nº 02-10 450)

qui est dans la tombe?

Sur la pierre tombale est gravé « Famille François Rous » et il reste une plaque « A la mémoire de la famille Rous ». Il y avait une autre plaque (voir les deux trous), mais elle n’est pas conservée. (Il y avait aussi probablement une croix au sommet).

François Rous. Un nom, un prénom. Pas de date. Le nom Rous n’est pas aussi fréquent que Bousquet ou Andrieu en Aveyron, cependant une rapide recherche dans le fichier mobile de la série Q laisse entrevoir des homonymes. Il faut chercher une piste plus scientifique.

La concession

Comment savoir à qui appartient la concession ? Il faut trouver le numéro de la concession : inscrite sur la tombe en face avant, derrière la pierre tombale, sur les côtés ou bien indiquer le plus précisément possible l’emplacement dans le cimetière aux services de la mairie. En théorie, les mairies ont la liste des propriétaires de concession (au moment de leur acquisition) et la durée de celle-ci. Pour rappel, on peut relever les concessions, mêmes perpétuelles .

Le service de la mairie me répond « Elle a était acquise le 11 Juillet 1947 suite à un renouvellement de 1905, au nom de Mme ORLIAC Marie née ROUS 33 rue Pétion 75011 PARIS. »

On peut chercher le double de l’acte de concession aux archives départementales…. malheureusement pas de dépôt de ces documents pour la commune recherchée. L’autre exemplaire est dans les papiers de la famille…

Alors l’information de la mairie est très précieuse car elle permet de faire un bout d’arbre généalogique. On cherche le mariage Orliac-Rous et l’on découvre que cette dame est fille de François Rous.

L’arbre généalogique

Pour trouver le décès de François Rous, il suffit d’utiliser les tables de succession  et absences…. sauf qu’elles sont en numérisation ! Et si c’était l’un des François Rous trouvés dans le fichier mobile ? Pas la même adresse, pas le même métier…. Mauvaise pioche.

Il faut alors écumer l’état civil avec logique. L’âge des parents au moment du mariage de leur fille, leur présence au non au moment du mariage et quelques tables décennales parcourues.

La mère de Mme Orliac est décédée en 1906, son père, François, en 1908. La famille achète-t-elle la concession par anticipation en 1905?

Le propriétaire d’une concession n’est pas forcément enterré dans celle-ci. Il est d’usage que sa famille bénéfice des places disponibles, mais rien n’empêche qu’une autre personne (ami, valet, que sais-je…) soit inhumé dans cet emplacement. Les Rous auraient-ils eu quelqu’un de la famille à enterrer en 1905 ?

Retour à la concession

Quand on « achète » une place au cimetière, on « paye » une somme. Donc il y a une trace dans les registres de recettes (série O) ou dans les actes civils publics (Série Q).

La série O nous apprend la famille Rous n’a pas utilisé le caveau communal pour les années 1905 à 1908. Les ACP ne montrent aucune concession Rous en 1905…. mais en octobre 1906, deux jours après le décès de la mère de Mme Orliac.

C’est une concession trentenaire. Mme Rous, mère, est probablement enterrée dans cette tombe. Avec peut-être une mention sur la plaque qui a disparu.

Une tombe à deux places

Le père de Mme Orliac est décédé deux ans plus tard. Peut-on prouver qu’il est enterré ici ? Non, parce qu’on n’a pas de traces certaines :

  • dans son acte de sépulture « inhumé dans le cimetière de la ville » ;
  • dans un éventuel avis de décès dans le journal ;
  • ou, pour les grandes villes, dans un éventuel registre de convoi funéraire (qui ne nous apprend pas forcément le numéro de concessions)
  • dans une « main courante » du conservateur du cimetière (avec parfois le numéro de la concession)
  • dans les archives privées de l’entreprise de pompes funèbres
  • sur une photo ou carte postale de l’enterrement (pour des « célébrités »)
  • dans la mémoire orale ou écrite d’un témoin oculaire de l’enterrement.

La superficie de la tombe est prévue pour deux personnes. Si François Rous est dans cette tombe, il n’y a plus de place, sauf à faire une “réduction de corps.”

Y-a-t’il d’autres personnes enterrées postérieurement ?  Notamment suite à la reprise de concession?

La reprise de concession

La  concession trentenaire de 1905 est reprise en 1947 et transformée en concession perpétuelle. Cet « achat » peut être lié à la volonté de garder le souvenir de ses ancêtres ou bien de s’y faire enterrer.

La plaque « A la mémoire de la famille » nous envoie plutôt sur la première hypothèse. En effet,  quand la mention « à la mémoire de » est inscrite, on doit comprendre que cette personne n’est pas présente dans la tombe. (C’est notamment le cas des morts pour la France.)

Et puis, à compter de 1952, le conservateur du cimetière dispose d’une main courante. Il peut donc retrouver l’inhumation d’un descendant.  Il ne reste alors que la période 1947-1952 à étudier.

Qui est dans la tombe ?

Il est probable que seuls Mr et Mme François Rous soient dans cette tombe, mais cela reste difficile à prouver.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2021 sur le thème imposé “une sépulture”.

Avec mes remerciements aux personnels des mairies qui nous aident à retrouver la trace de nos ancêtres et plus particulièrement à Mr Bel, conservateur du cimetière municipal de Rodez pour son aide et son écoute.

Précisions: les entreprises des pompes funèbres conservent les archives dont elles ont besoin administrativement et éliminent les plus anciennes par manque de place. Elles ne sont évidemment pas soumises à déposer leurs documents aux archives départementales. Cependant, c’est une piste à explorer….

© 2021 Généalanille

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