Il n’est pas revenu

Lucien n’est pas revenu du camp de Buchenwald… Il n’avait pas 40 ans. Camouflé sous une autre identité, il a été dénoncé et raflé avec d’autres ouvriers.

Une vie ordinaire

Lucien est né en 1905 dans une commune proche de Rodez. A 20 ans, il fait son service militaire comme sapeur au 8ème régiment du génie et rentre dans sa commune un an plus tard avec son certificat de bonne conduite. Il se marie et a deux enfants.

Prisonnier pendant la 2nde guerre

Lucien est rappelé à l’activité le 1er septembre 1939 et arrive au corps 10 jours plus tard avec le 28ème génie de Montpellier où il est affecté à la compagnie radio N°26. C’est avec cette compagnie qu’il est fait prisonnier le 20 juin 1940 dans la forêt des Chaumes (88).

Lucien est interné au stalag XII D à Trèves sous le matricule 5739.

La visite de Mr Scapini

Le 20 juillet 1943 suite à la visite du camp par Mr Scapini (ambassadeur du gouvernement de Vichy auprès des prisonniers de guerre), il est autorisé à venir en permission en France. La raison invoquée est qu’il est l’un des prisonniers les plus âgés du camp et qu’il est père de 2 enfants. Il arrive en France le 30 juillet et repart le 12 aout 1943. Lucien a pour projet de s’évader…

De prisonnier de guerre, il devient travailleur libre et est affecté dans une usine travaillant pour l’armement.

Suite à une explosion d’un tube en caoutchouc, il est brûlé à un bras et une main. Après un séjour dans un hôpital de Trèves, il est rapatrié en France et arrive à Rodez le 28 aout 1943.

Une nouvelle identité

A l’expiration de son congé de convalescence, Lucien est camouflé sous un autre nom (et donc d’autres papiers d’identité). Il garde son prénom, pas son nom. Lucien se fait embaucher avec complicité à l’usine de Bitumes et Schismes de Lavernhe.

Dénoncé par une femme

Lucien est arrêté le 26 novembre 1943 par la Gestapo de Rodez suite à la dénonciation d’une femme. Il n’est pas le seul, d’autres personnes de l’usine sont également arrêtées.  Les dirigeants sont relâchés, certains ouvriers restent détenus, pour certains parce qu’on présume que leur identité est fausse (notamment ceux nés dans le nord de la France).

En route pour les camps

Lucien est interné à la Caserne Burloup de Rodez, puis transféré le 30 décembre 1943 à la prison de la 32ème région de Montpellier. Il part ensuite avec un autre détenu à Compiègne avant d’être déporté sur l’Allemagne à Buchenwald par le convoi du 22 janvier 1944.

La famille n’a plus de nouvelles à compter de février 1944.

Mort à Buchenwald

Lucien décède à Buchenwald le 16 mars 1944. Il n’avait pas 40 ans.

Il obtient le titre de déporté résistant en 1953, la médaille de Vermeil de la reconnaissance française en 1957.Son acte de naissance portera la mention « mort en déportation » par décret du JO du 19 juin 1992.

N’oublions jamais…

© 2020 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2020 sur le thème imposé “un prisonnier de guerre déporté de la seconde guerre mondiale”.