L’assurance contre l’incendie contractée par nos ancêtres avait pour but, comme aujourd’hui, de dédommager le souscripteur en cas d’incendie de ses biens immobiliers. La police d’assurance prévoyait les montants de remboursement et bien entendu le montant de la prime à payer.
Un exemple en Aveyron et des pistes de recherches dans toutes les archives…
Le 3 septembre 1870, Mr Lacroix souscrit une assurance auprès de « la Nationale » pour 10 ans avec prise d’effet le lendemain. Il s’engage à payer annuellement la somme de 4,40 francs. Le tout pour un capital de 4900 francs dont voici la décomposition :
Le contrat est établi en 3 exemplaires , dont un reste entre les mains du propriétaire.
Le 18 aout 1875, Mr Lacroix fait établir un avenant auprès de son assureur. La grange n’est plus assurée, donc les fourrages non plus. Pour le mobilier, ce n’est plus 1500 mais 800 francs qui sont assurés…. on passe donc de 4900 francs couverts par l’assurance à 3300 francs ! Oui mais on a finalement un peu de fourrages pour nourrir un cheval qu’on stocke dans le grenier de la maison donc on rajoute un capital de 200 francs.
La maison est donc couverte pour 3500 francs moyennant une prime de 2,59 francs.
Dans la nuit du 3 au 4 novembre 1875, vers 1 à 2 heures du matin, les habitants du hameau où est située la maison de Mr Lacroix sont réveillés par un incendie . Cette maison est en flammes et celle des voisins est menacée. Tout le monde se mobilise …. sauf Mr Lacroix qui habite dans une autre commune.
Le feu est intense et si le vent n’avait pas tourné, tout le hameau aurait été détruit.
Mr Lacroix est averti de l’incendie le lendemain matin par un voisin. Le feu semble s’être déclaré au 1er étage. Il évalue les dégâts et fait sa déclaration auprès du juge de paix. La maison est détruite, valeur 1500 francs. Les fourrages, 200 francs. Le mobilier 800 francs. Et il donne le détail au juge au paix.
Après le juge de paix, il faut rédiger précisément la liste et la valeur de ce qui a été perdu. Chaque pièce est visitée comme pour un inventaire après décès.
De l’avis de Mr Lacroix, il y en a pour…. 871 francs, sans doute !
Mr Marcillac, expert de la compagnie, se rend sur place avec un charpentier nommé par l’assuré.
871 francs de biens mobiliers ? L’expert compte de son côté. Verdict ? 501 francs.
Et pour la maison ? La valeur réelle est de 3043,21 francs d’où on déduit la vétusté de 30%. On déduit aussi « le sauvetage », c’est à dire ce qu’on peut récupérer comme pierre de taille.
Le montant net des dommages est de 1771,85 francs pour un capital assuré de 1500 francs. Ça fleure bon le jackpot ! Sauf que…. sur ce montant net, 29,58% sont à la charge de l’assuré ! Ah les assureurs, on les aime !
Moralité, Mr Lacroix va toucher 1247,63 francs pour la maison et 501 francs pour le mobilier.
Mr Lacroix ne touchera pas cette somme. Vous en saurez les raisons dans cet article.
En attendant, je vous invite à fouiller les papiers de famille et chercher les papiers d’assurance. Vous y verrez peut-être des descriptions relativement précises sur les maisons de vos ancêtres et leur contenu.
Et pour savoir si la maison a été incendiée:
© 2021 Généalanille - Article publié le 13 janvier 2021
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