La médaille des épidémies

La grippe est arrivée dans la commune de Colombiès en Aveyron vers le 15 septembre 1918 et a atteint plus de la moitié de la population. Plus de 40 personnes décèdent et l’épidémie ne cesse que vers la fin du mois de mars 1919.

La médaille et les conditions d’attribution

Décret du 31 mars 1885

La médaille d’honneur des épidémies est destinée à récompenser des personnes qui se sont particulièrement signalées par leur dévouement pendant des maladies épidémiques.

Décret du 22 juillet 1899

La médaille correspond aux 4 degrés ci-après : bronze, argent, vermeil et or. Nul ne peut obtenir la médaille de Vermeil ou d’or s’il n’est pas déjà titulaire de la médaille de bronze ou d’argent ou s’il n’appartient à l’ordre de la Légion d’Honneur. Il peut être décerné des mentions honorables qui font l’objet d’un diplôme spécial.

Circulaire ministérielle du 1er septembre 1919

Deux conditions sont indispensables pour l’attribution de la médaille d’honneur des épidémies :

D’abord le danger couru soit en donnant des soins aux malades, soit en participant effectivement à l’application des mesures appropriées (le danger n’est, d’ailleurs, pas le même dans tous les cas ; c’est ainsi qu’il est à peu près nul pour la variole, la vaccination mettant presque sûrement à l’abri de la contagion ou la rendant très légère.)

Ensuite le dévouement avec lequel ces soins ont été donnés ou ces mesures prises. (Le dévouement est évidemment d’autant plus méritoire qu’il est plus prolongé, plus spontané, plus indépendant des obligations professionnelles.

En ce qui concerne plus spécialement les médecins et les infirmiers ou infirmières, on doit faire entrer en ligne de compte la durée en même temps que la nature de leurs services. Ce cas est notamment celui des personnes qui donnent leurs soins aux tuberculeux.

La médaille de bronze pour Soeur Antoine

La grippe est arrivée dans la commune de Colombiès en Aveyron vers le 15 septembre 1918 et a atteint plus de la moitié de la population.

Pas de médecin, pas de pharmacie à Colombiès. Les plus proches sont à 15km… enfin ceux qui ne sont pas retenus aux armées ou débordés de toute part en raison de la pénurie de médecins.

Soeur Antoine appartient à la congrégation des sœurs franciscaines gardes-malades de Rodez. Elle est mise à disposition de la commune de Colombiès au début de l’épidémie… mais son champ d’action va vite déborder aux communes de Mayran, Moyrazès, Belcastel et même Clairvaux !

Nathalie Cabady (Soeur Antoine) se rend quotidiennement auprès des malades et leur administre les traitements disponibles : ventouses, injections…. Elle passe la nuit auprès des plus atteints, parfois dans des maisons où toute la famille est couchée (Chez Deltort, Lagriffoul, Crozes ou Themines). Plusieurs fois, elle s’occupe des sépultures sans aucun secours. Elle gère aussi les désinfections des locaux (badigeonnage à la chaux, brûlure d’objets…).

De septembre 1918 à janvier 1919, on décomptera 41 décès environ et 800 cas de maladie.

Sœur Antoine obtient la médaille d’honneur des épidémies en bronze par arrêté du 14 janvier 1920. Elle obtient la médaille de bronze de l’assistance publique en 1927.

© 2020 Généalanille

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