La double peine

Quand une mère de famille voit mourir sans enfant et se voit accuser d’infanticide, c’est la double peine pour elle !

Pot de soupe

Son premier enfant

Nathalie a 32 ans. Elle est célibataire et vit chez ses parents à une cinquantaine de km de Rodez. Enceinte d’un inconnu (mais son amoureux reconnu a 45 ans et habite un village voisin), elle accouche à la maison un mercredi soir. Et c’est Victoire, une voisine, qui aide à l’accouchement. L’enfant nait. C’est un garçon.

Pour la déclaration de la naissance, c’est le père de Nathalie qui se rend à la mairie. Le petit garçon se nomme Cyprien.

L’enfant ne prend pas le sein

Nathalie n’arrive pas à faire prendre le sein à l’enfant. Alors, elle lui donne ce qu’elle peut : de la soupe, des grains de raisins, du café, de l’eau sucrée et du lait. La soupe est trempée de pain qu’elle a acheté spécialement pour son enfant.

Dans la nuit du samedi au dimanche, l’enfant ne dort presque pas. Alors il a droit à de la pomme cuite, des cuillerées de café, de l’eau mélangée avec du vin… Et puis le dimanche matin, un peu de soupe préparée à la graisse d’oie. L’enfant s’endort dans l’après-midi puis en fin de journée, la respiration lui manque… jusqu’à mourir à 19H30.

La sœur cadette de Nathalie, qui vient d’arriver de Pampelonne a eu tout juste le temps de voir l’enfant, et lui a trouvé « mauvaise mine ».

Une phrase qui déclenche tout

Toute la famille est malheureuse, évidemment. Et puis Victoire, la voisine, vient proposer son aide. Elle voit l’enfant et dit la phrase suivante

« J’ai vu bien des enfants morts, mais je n’en ai pas vu ayant la couleur de celui là ».

En effet, le corps est noir. A-t-il été étouffé par la mère ? Les propos reviennent aux oreilles du garde-champêtre  qui en parle en maire. Le lundi, c’est un voisin qui vient déclarer le décès sur les demandes de la fille cadette. Mais le maire ne veut pas d’histoire, il prévient le juge de paix.

Une enquête pour savoir

L’adjoint est chargé de faire les premières constatations. L’enfant est nu. La figure, la poitrine et le ventre sont noirs. Enfin plutôt violet virant sur le noir. Le bas du corps a sa couleur rose habituelle.

Le procureur est prévenu. Les officiels de Rodez viennent sur place. 8H de route pour faire 50 km ! Peut-être se sont-ils arrêter pour manger?

L’enfant a-t-il été soigné par une personne étrangère ? Non. La mère a-t-elle toutes ses facultés ? Elle en a suffisamment pour élever un enfant. Les protagonistes sont tous interrogés.

Le médecin chargé de l’autopsie constatera que le corps a repris sa couleur naturelle. Il a juste un filet noir vers la bouche.

Infanticide ou pas?

Verdict :

« La mort parait naturelle mais elle pourrait être le résultat de l’alimentation que sa mère dans sa stupidité a cru devoir donner à son enfant depuis sa naissance jusqu’à sa mort. »

Le non lieu est déclaré 15 jours plus tard. Nathalie n’aura pas d’autres enfants.

© 2021 Généalanille

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