Etait-il Waffen SS?

Un homme, de retour dans sa commune, est soupçonné d’intelligence avec l’ennemi. Une enquête est menée par le commissariat de police.

Sigle Waffen SS

Une dénonciation anonyme

Le 13 aout 1945, un homme se présente au commissariat de police. Il souhaite garder l’anonymat. Il signale que le sieur Louis T. est un ex Waffen SS et qu’il est de retour sur la commune.

La personne qui témoigne est un ancien lieutenant et se souvient parfaitement avoir eu sous les yeux, fin 1944, un livret militaire de Waffen SS au nom de Louis T. Dans ce livret, qui avait une couverture assez rigide de couleur gris brun, il y avait une photographie. Celle de Louis T. Et c’est bien la personne qu’il a croisé tout à l’heure.

Comment a-t-il eu ce livret sous les yeux ? Il ne se rappelle plus…. et puis si ! C’était un correspondant local qui avait transmis le dossier.

L’interrogatoire du suspect

Louis T. est entendu dès le lendemain par les policiers. Il est originaire de la commune. Il a 39 ans, est célibataire et vit chez ses parents.

Louis T. est parti en Allemagne le 13 mars 1943 comme requis civil. Il a d’ailleurs conservé son ordre de départ envoyé par les services de la main d’oeuvre. Affecté dans une scierie en Bavière, il a reçu peu de temps après son arrivée un passeport avec une couverture rouge. Ce livret lui permettait de circuler librement.

Il est resté 14 mois chez le même patron (qu’il nomme) et c’est là qu’il a contracté une maladie des poumons. 14 mois sans congé ni permission. Par conséquent, il n’est revenu en France que du fait de son rapatriement le 18 juillet 1944 comme malade. Depuis, il est en traitement au sanatorium.

Et il nie formellement avoir été Waffen SS !

Un témoin en Allemagne

Les policiers vont interroger un menuisier qui a côtoyé Louis T. en Allemagne et qui habite actuellement une commune voisine.

René B. a été fait prisonnier de guerre le 4 juin 1940 et conduit au camp de Nuremberg. Il a ensuite travaillé en commando dans une scierie où il a vu arriver en mars 1943 un convoi de travailleurs français. Parmi eux, il y avait Louis T. qu’il n’avait jamais vu auparavant. Mais après un mois après son arrivée, il a entendu et reconnu son patois.

C’est ainsi qu’il a fait la connaissance de l’Aveyronnais. Les deux hommes se sont côtoyés jusqu’au 8 décembre 1943, date de l’hospitalisation de René B. pour maladie mentale.

Est-ce que Louis T. était un Waffen SS ? Sûrement pas !  Il était constamment au camp et n’avait aucun avantage, même pas une permission. Et il manquait même bien des choses : tabac, nourriture, etc. Et les deux hommes avaient même projeté de s’évader ensemble… C’était en septembre 1943 !

René B. a été rapatrié en avril 1944 comme sanitaire. Et quand Louis T. a lui aussi été rapatrié, il a rapporté à son camarades des affaires personnelles restées en Allemagne.

Un témoin en France

Les policiers vont alors interroger l’ancien chauffeur chef de la sureté publique. Marcel M. a 34 ans et faisait partie en octobre 1944 du 5ème bureau de l’Aveyron. Et à cette période là, il se souvient parfaitement avoir vu sur le bureau du chef un livret militaire appartenant à Louis T.

Or ce livret était marqué en initiales L.V.F. Peut être sur une page intérieure, peut être sur la couverture… il ne sait plus.

La Légion des Volontaires Français a été dissoute le 1er septembre 1944… et les survivants versés à la Waffen SS!

Waffen SS ou pas ?

Louis T. a-t-il été Waffen SS ? Le dossier de l’enquête précise qu’il n’a pas été possible d’établir si les faits sont exacts. Le livret n’a pas, non plus été retrouvé.

Cette histoire est vraie et issue d’archives de l’Aveyron. Par respect, les noms ont été rendus anonymes.

© 2021 Généalanille

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