Retrouver un guillotiné de la Révolution Française

Votre ancêtre a été guillotiné lors de la Révolution Française, ce sera facile de le retrouver ! Voici une double expérience qui tend à prouver que ce n’est pas toujours aussi simple.

Le curé Trémolières

Guillaume Trémolières est baptisé le 29 juin 1742 dans la paroisse de Saint Affrique (Aveyron). Il est ordonné prêtre le 1er avril 1767. Sa dernière nomination date du 1er juillet 1786 où il est affecté à la rectorie de St Marial d’Asprières dont il prend possession le 11 juillet.

Le 28 septembre 1792, le district lui délivre un passeport pour l’Espagne via Villefranche, Cordes, Toulouse et Bannières. Va-t-il en Espagne ? Le prêtre est arrêté le 22 pluviôse an II (10 février 1794) à Sévérac l’Union (Sévérac l’Eglise), à l’est du département. Il était caché sous un plancher de la famille Boudes.

Le prêtre est jugé le 29 pluviôse an II. Il précise qu’il a habité dans des bois puis du côté de Lassouts dans un souterrain, avant d’arriver chez la famille Boudes. C’est la fille du couple, Marianne, 25 ans,  qui a pris pitié de lui et la fait monter à la maison.

Le père de famille est condamné à la déportation. Sa femme et ses filles sont acquittées. Quant au prêtre, il est condamné à mort. Le verbal d’exécution date du 29 pluviôse an II et le condamné est livré à l’exécuteur des jugements criminels. Guillaume Trémolières est conduit sur la place de la liberté de Rodez, il a la tête tranchée… il est mort.

S’il est mort, il doit avoir un acte de décès…. Et c’est là le hic. Pas d’acte de décès à Rodez le 29 pluviôse et les jours suivants.

Le curé Puech

Puisqu’il n’y a pas d’acte de décès pour le curé Trémolières, prenons un autre exemple: le curé Puech.

Né en 1762, il est vicaire à Murat dans le Tarn. Condamné pour avoir été sujet à la déportation et pour ne pas s’être présenté à l’administration pendant la décade accordée, il est guillotiné à Rodez le 21 février 1794, soit le 3 ventôse an II.

Là encore, pas d’acte de décès dans les archives de Rodez.

Et les autres ?

Le problème n’est pas tellement qu’il n’y a pas d’actes de décès. Ces deux prêtres, et d’autres, sont clairement connus pour avoir été guillotinés. L’idée est plutôt dans la réflexion inverse. Si vous ne trouvez pas l’acte de décès de votre ancêtre, allez-vous penser à aller chercher dans chacun des jugements du tribunal criminel pour vérifier s’il a été condamné à mort ?

De la même manière, si vous savez que votre ancêtre a été guillotiné comment trouver sa date de décès pour éviter de lire tous les jugements ? Ce qui est certain, c’est que la guillotine n’a pas fonctionné à Rodez avant le 31 mars 1793 ….

Facile de trouver un guillotiné ? Pas si sûr !

© 2020 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin2020 sur le thème imposé “un guillotiné de la Révolution Française”.