Vivre avec un handicap au 19ème

Un décès pendant la 1ère guerre

Le 3 août 1917, Jean Simon Eugène Vieillard-Baron décède à Autun à l’âge de 76 ans. Il vivait au 24 Rue St Antoine à Autun avec sa femme, sa belle-sœur, son fils, sa bru et une domestique.

Avis-décès

Une brillante carrière

Né en 1841 à Autun et fils du juge de paix de Mesvres, Jean Simon Eugène Vieillard-Baron a eu brillante carrière d’après la nécrologie prononcée par Maitre Devoucoux.

Ingénieur de l’école des mines de St Etienne, il quitte cette branche professionnelle après la mort de son père en mai 1872. Il revient habiter avec sa mère au 24 Rue St Antoine pour ne pas la laisser seule et il devient avocat.

Il est admis comme membre de la société savante Eduenne le 24 mai 1873.

Soc-eduenne

Marié en février 1876 à St Loup de la Salle (71) avec Marie Trossat, fille d’un docteur en médecine, leur fils Joseph Marie nait le 11 décembre de la même année à St Loup de la Salle.

Eugène Baron est également président du bureau d’aide judiciaire pendant de nombreuses années et membre du bureau syndical agricole Autunois dont il est l’un des fondateurs vers 1887.

Sa mère et son frère Ernest meurent tous les deux en 1881 à quelques jours d’écart. Ernest Vieillard Baron, chevalier de la légion d’honneur, était directeur de la manufacture des tabacs de Tonneins (47).

Il quitte le barreau (vers 1891) pour des raisons de santé et s’adonne aux améliorations agricoles.

Nécro

Un handicap nocturne

A part des ennuis de santé vers 50 ans, rien ne laisse deviner le handicap qui a frappé sa jeunesse et probablement toute sa vie.

C’est en avril 1862 que son père fait établir un procès-verbal auprès du premier suppléant de la justice de paix qu’il préside pour constater qu’Eugène Vieillard Baron est atteint héméralopie : il devient aveugle quand la lumière baisse.

Comme il n’est décelable qu’en fin de journée ou la nuit, le conseil de révision demande des preuves de cet handicap afin de statuer sur la réforme ou non du conscrit.

Le juge de paix fait comparaitre 6 témoins.

Louis Garnier,69 ans, propriétaire et ancien professeur, maitre de pension à Autun, l’a eu comme élève de 1850 à 1853. Il affirme qu’il ne voit plus dans la pénombre et doit se faire guider.

Claudine Guillaud, 51 ans, domestique chez Mr Baron à Autun, est employée par la famille depuis 1835 donc avant la naissance d’Eugène. Elle l’a vu élever et a constaté son impossibilité de voir après le coucher du soleil. Elle lui a d’ailleurs souvent prêté assistance pour le conduire.

Claude Clignet, 21 ans et Anne Michard, 33 ans sont domestiques chez Baron à Laizy (commune où réside le juge de paix) depuis respectivement 3 et 5 ans. Ils indiquent que quand le fils était absent par exemple pour chasse, les parents étaient très inquiets. Ils étaient obligés d’aller au-devant de lui pour le guider, le trouvant parfois marchant au hasard dans le chemin.

Léonard Planche, 51 ans, propriétaire et Jean Laplanche, 39 ans, aubergiste tous les deux à Etang sur Arroux ne sont pas directement liés à la famille Baron. Ils expliquent qu’il est de notoriété que le fils Baron perde la vue dans le noir. Ils l’ont constaté un jour où ils étaient tous les deux avec lui sur une voiture et qu’après le coucher du soleil il a déclaré ne plus pouvoir conduire et a demandé à l’un d’eux de le remplacer. Eugène Baron voyait les feux à distance mais pas le cheval.

Léonard Laplante ajoute qu’il l’a surpris un jour de chasse à marcher très vite pour rentrer chez lui alors que le soleil se couchait. Il a proposé de le raccompagner mais Mr Baron a refusé. Il l’a alors suivi quelque temps dans la crainte d’un accident mais quand il a entendu le domestique de Mr Baron qu’on lui avait envoyé pour venir le chercher, il est reparti de son côté.

Témoin

Un premier procès-verbal avait déjà été rédigé devant le juge de paix d’Autun le 28 novembre 1854, bien avant le conseil de révision mais ce document n’est pas conservé aux archives. Eugène Vieillard Baron avait alors 13 ans.

 

Sources: PR60/19-AD71, 6M Autun 1911-AD71, 5E14-248-AD71, 5E443-12-AD71, 5E14-152-AD71, 4U2207-AD71,LH/2699/61 base Léonore, mémoires de la société Eduenne, Bulletin de la Société de législation comparée numérisés par Gallica.

© 2015 Généalanille

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