Un annuaire des Aveyronnais à Paris

Remis à jour tous les ans, un annuaire a pour vocation de donner des renseignements sur la liste des événements écoulés, le nom des adhérents… C’est un bon complément au journal pour retracer l’histoire de nos ancêtres.

Les émigrés aveyronnais

« En 1907, d’après les statistiques du ministère du travail, le chiffre des émigrés aveyronnais à Paris, ou aux environs, était de 41400, dont près du quart originaires de l’arrondissement d’Espalion. »

Plusieurs amicales se créent dans la capitale, regroupant des personnes « émigrées » venant du même village.

C’est le cas de l’amicale de Prades d’Aubrac, petit village de l’Aveyron, créée à Paris en 1912. Ses buts sont de « grouper les compatriotes, d’offrir une couronne aux obsèques, d’encourager les œuvres utiles à Paris et au pays, d’organiser un banquet annuel…. »

 

Un bulletin ou un annuaire ?

Très vite, l’amicale publie des bulletins pour donner des informations pratiques ou des nouvelles du pays. Puis dans le même esprit, l’amicale publie des annuaires qui ont comme principal but de lister les membres (à 99% des parisiens).

L’annuaire a aussi un but plus pragmatique. En effet, selon l’article 3 paragraphe 5 des statuts modifiées lors de l’AG du 10 février 1920 : « En cas de décès, une couronne sera offerte aux seuls sociétaires inscrits nominativement sur le dernier annuaire imprimé, à l’exclusion de toute autre personne. »

 Des gens qu’on connait

L’annuaire est fait pour lister les adhérents. Leur nom, leur adresse et puis après quelques années, une marque distinctive pour notifier qu’ils ne sont pas à jour de leur cotisation.

Ce sont des gens issus de la même commune (des cousins potentiels), ou des personnes qui s’intéressent à la commune. Ils sont de toute façon un contact, une ressource humaine en cas de besoin.

Quand les sociétaires meurent, on leur rend hommage. Par un simple filet, ou par un article (avec une photo quand l’annuaire parait en version illustrée). Tous les morts pour la France de la commune sont systématiquement cités dans l’annuaire.

 

Des gens qu’on peut connaitre

1912-1950 : l’amicale propose 23 banquets. C’est l’occasion pour les « émigrés » de se rencontrer ou de se retrouver.

Et c’est l’occasion d’observer les tendances culinaires :  Le barbue de Dieppe Sauce Hollandaise de 1922. Le consommé au tapioca Saint Germain de 1926. Lousformatches d’un paoupertout de 1930. Le Filet du Charolais au Xérès de 1933…. Les menus sont parfois révélateurs d’une époque.

Mais l’annuaire, dans sa version illustrée, propose parfois des photographies… et là, c’est peut être un des ancêtres qu’on peut reconnaitre.

Des œuvres utiles

Ce n’est pas parce qu’on habite la capitale qu’on oublie « le pays ». Et l’amicale permet de financer des oeuvres qui vont faciliter la vie des aveyronnais.

Une souscription lancée à Paris et à Prades permet à la commune aveyronnaise d’installer le télégraphe et d’échanger des télégrammes dès 1914. Puis c’est au tour du téléphone par le même financement en 1927-1928. Pour l’eau, le projet est lancé dès 1913 mais il devra attendre de nombreuses années.

L’église a besoin de travaux. Une souscription permet de récolter des fonds mais la guerre retarde les travaux.

Et puis, bien sûr, le monument aux morts de la guerre 14-18… disons plutôt les différents monuments.

L’histoire du pays

Des articles sont proposés dans chaque annuaire. Certains retracent un condensé des études historiques et géographiques de chaque hameau. Histoire, population, altitude, faits importants…

Mais l’histoire se fait aussi plus récente. Vous voulez tout savoir du frêne deux fois centenaire ? De la destruction du rocher au dangereux tournant de Roudil ? Du changement du mouton de la grande cloche de l’église ? De l’installation de la bascule au foirail ? D’une visite de l’architecte Boyer ? De la pollution de la fontaine de la Mathade ? … Lisez l’annuaire !

L’annuaire de l’amicale des gars de Prades d’Aubrac n’est qu’un exemple de documents qui peuvent permettre de mieux appréhender l’histoire locale. Ces revues, quand elles ont été conservées, sont un excellent complément au journal car elles sont directement liées à une zone géographique restreinte.

 

Source: PER1005-AD12

© 2019 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2019 sur le thème imposé « un annuaire ».

Fermer le menu
error: Content is protected !!