Juil 082015
 

Son demi-frère porte son prénom en hommage

Claude Marc Reaux est né le 14 février 1892 au lieudit chez Racho à Grury de Léonard Reaux et de Jacqueline Percelier. Son acte de naissance n’a pas été signé par le maire.

Le couple a un deuxième enfant, Jeanne, qui nait en 1898 avant que les enfants ne soient orphelins de mère à l’âge respectivement de 10 et 4 ans.

Léonard Reaux se remarie en 1907 à Tazilly avec Marie Petit et le couple a deux autres enfants : Pauline née en 1912 et Marc né en 1920 qui porte le prénom de son défunt demi-frère.

Le départ pour le service militaire

Claude Marc Reaux est condamné le 15 juillet 1913 avec Joseph Sotty (autre poilu de Grury mort pour la France en 1918) à 50 francs d’amende pour chasse en temps prohibé. Il part faire son service militaire le 9 octobre de la même année et est affecté au 27ème Régiment d’Infanterie à Dijon. Quand arrive la mobilisation générale, il retrouve entre autres, Claude Daval et Benoit Mitaine, autres grurycois.

La guerre au bois d’Ailly

Les hommes quittent Dijon le 5 aout 1914 pour les Vosges. Le 27ème RI part ensuite pour la Marne le 14 septembre 1914 avant de s’installer dans les tranchées meusiennes d’Apremont en décembre 1914. Claude Daval meurt le 5 avril 1915, Benoit Mitaine est évacué sur Commercy et meurt le 16 mai 1915.

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Parcours du 27ème RI jusqu’au mois de mai 1915

Les combats continuent au bois d’Ailly. Le 17 mai 1915, un ordre est donné pour attaquer le boyau du génie et la lisière Est du bois Mullot. Le boyau resté aux mains de l’ennemi jusqu’alors est repris le 20 mai. L’attaque, commencée dès 2H30 en collaboration avec le 171ème RI et le 172ème RI, permet de mettre en retraite les allemands vers 8H par le flanc droit. L’attaque sur la gauche est plus difficile et le 56ème RI est obligé d’abandonner à l’ennemi la ligne 2 à 5 et certaines tranchées (T1, T’1, T’’1).

19150520-Ailly

Le boyau du génie

Le régiment est au repos du 27 mai au 1er juin et se retire à Dagonville et Cousances aux Bois.

La deuxième bataille d’Artois

Claude Marc Reaux est affecté le 3 juin 1915 au 156ème Régiment d’infanterie. Il quitte la région meusienne de St Mihiel pour rejoindre St Léger (62) en compagnie de plus de 200 hommes.

156-Renfort

Claude Marc Reaux retrouve au 156ème RI Antoine Viard, autre grurycois, dont la date de décès est incertaine (1er juillet 1915 ou 1er juillet 1916) !

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DĂ©part de la Meuse pour l’Artois

Le régiment au repos depuis 15 jours et après avoir reçu de nombreux renforts qu’il a fallu entrainer, repart le 10 juin vers Tilloy les Hermaville et arrive à Ecoivres le 14 juin.

Le 16 juin 1915, l’ordre est donné « d’enlever d’abord la crête de la folie, d’en assurer l’occupation et de pousser des éléments jusqu’à la lisière des bois de la Folie, de Bouval et du Goulot. » Le 156ème RI part à 1H d’Ecoivres et rejoint ses positions à 3 heures à la Targette : 2 bataillons dans les anciennes tranchées de 1ère ligne et la parallèle de Toul, 1 bataillon dans la tranchée des abris (en arrière des anciennes 1ères lignes).

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A l’heure H-1 (12H14), toutes les batteries ouvrent le feu avec une rare violence. A 12H15, l’infanterie attaque et l’artillerie allonge ses tirs. Le 153ème RI n’arrive pas à sortir des tranchées. Le 146ème RI est lui pris sous les feux croisés des mitrailleuses et doit reculer après de lourdes pertes. A 13H, le 156ème RI doit avancer jusqu’au Rietz et conserve cette position pendant la soirée. 2 bataillons repartent dans les positions du matin pour passer la nuit.

Le jeudi 17 juin 1915, le 146ème RI en premières lignes, ayant eu à nouveau de fortes pertes, est relevé par le 156ème RI. 2 compagnies du 1er bataillon sont en première lignes, les 2 autres 100 mètres derrière. Le 2ème bataillon est vers le château de Neuville et le 3ème bataillon prend place à mi-distance entre le Rietz et la 1ère ligne.

Le vendredi 18 juin 1915, le régiment est susceptible d’attaquer mais il reçoit un grand nombre de torpilles et il est finalement retenu dans les tranchées. Il va subir pour la première fois les gaz asphyxiants et souffrir pendant 2 heures mais le journal de marche se veut rassurant.

156-gaz

Les trois jours suivants, le 156ème RI reçoit des bombardements violents et des torpilles à gaz qu’il estime être envoyées depuis une zone entre les 1ères et 2ème lignes allemandes.

Les bataillons se relèvent : le 2ème part en 1ères lignes à la place du 1er bataillon qui part à Ecoivres et est remplacé par le 3ème bataillon.

La fin de semaine se termine dans la même situation et les tirs français ont faire taire une partie des minenwerfer allemands. En contrepartie, l’artillerie allemande a effectué des tirs sur les 1ères lignes françaises.

Le dimanche 27 juin 1915, après de violents bombardements, le 156ème RI est relevé à 22H par les chasseurs cyclistes et les dragons.

Il décède de ses blessures

Claude Marc Reaux est blessé dans les combats de la Targette qui ont lieu du 16 au 28 juin 1915.

156-Reaux blessé

Alors que des permissions (de 8 jours pour les personnes habitant très loin du front et de 6 jours pour les autres) sont accordées, Claude Marc Reaux décède de ses blessures le 8 juillet 1915 à l’hôpital bénévole 39bis de St Valéry sur Somme. Il avait 23 ans.

Son corps est rapatrié depuis la gare régulatrice de Creil et arrive à Chagny le 14 avril 1921 à 15H52.

Reaux-convoi

Etant le premier corps rapatrié dans la commune, il est le premier de la rangée du carré militaire du cimetière de Grury.

Reaux Marc

 

Sources: 5E227/12-AD71, 6M Grury-AD71, 1R RM 1912/3 Autun-AD71, M1710-AD71, sga mémoire des hommes 26 N 601/1, 26 N 601/2, 26 645/5, 26 N 699/9

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