Juil 212018
 

Jean Peruzot est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury (71). Il avait 40 ans.

 

Classe 1898

Jean Péruzot est né le 13 janvier 1878 à Grury. Il est le seul fils survivant de Léger et d’Anne Ravolet. Tailleur d’habits au lieu-dit chez Reynot, il part faire son service militaire au 162ème RI en 1899. Trois ans plus tard, il revient avec son certificat de bonne conduite. A son retour, il se marie. Le couple a plusieurs enfants:  Marie née en 1904, Alphonse né en 1907 et Joseph né en 1913.

Chez les territoriaux

Jean Péruzot est mobilisé le 1er aout 1914 à 36 ans et rejoint le 63ème RIT. Il est dirigé sur la place de Besançon le 10 août 1914. Les conditions sont difficiles: pas de voiture pour transporter les cantines et vivres aux cantonnements. Pas de paille pour le couchage des hommes.

Tous les agriculteurs étant mobilisés, quelques soldats sont prêtés aux cultivateurs pour rentrer leurs récoltes.

Puis suivent des périodes d’instructions et d’exercices. Tout le régiment (ou presque) est disponible à faire campagne au 30 septembre 1914.

« Les hommes ont fait un effort soutenu et persévérant de nature à donner l’impression qu’ils étaient nettement préparés à tous leurs devoirs. »

Les premiers détachements partent début octobre 1914, ils sont remplacés par d’autres soldats venant du dépôt d’Autun « pour combler les vides produits par les départs successifs. »

Des soldats arrivent, d’autres repartent, en sursis illimité, vers les usines du Creusot « pour des travaux relatifs à la défense nationale ».

Le 28 décembre 1914, le régiment quitte Besançon laissant 24 hommes « inaptes à faire campagne » afin d’assurer le nettoyage des locaux. Il part à quelques kilomètres à Roche et Thise.

Le départ pour le front

Le 6 février 1915, les hommes quittent la région de Besançon et prennent le train. Besançon-Dôle-Gray-Langres-Chaumont-Sainte Ménéhould – La Neuville au Pont. Puis ils doivent aller camper dans des baraques improvisées dans le bois des Hauts Batis.

Dès le lendemain, les hommes « refont les cabanes » et commencent les travaux de tranchées. Et dès le lendemain un obus tue deux hommes et en blesse trois autres.

Le journal de marche commence alors Ă  Ă©grener ses pertes quasi quotidiennes.

Quelques hommes repartent parce qu’ils sont pères de 6 enfants ou qu’ils sont affectĂ©s aux usines Schneider au Creusot. « Rien Ă  signaler » dit le journal de marche… si ce n’est des obus, des morts et des blessĂ©s. L’état des pertes est rĂ©capitulĂ© Ă  fin juin : il contient 3 pages de noms soldats en 4 mois de front.

Pour les déserteurs repris, c’est le conseil de guerre assuré.

En juillet 1915, les bombardements sont plus intenses et les gaz asphyxiants font du dégât parmi le régiment. Les soldats sont obligés de sortir à la hâte des tranchées devenues irrespirables avant d’être souvent évacués pour maladie. A l’automne 1915, le journal de marche se remplit à nouveau des noms de nombreux tués, blessés ou disparus.

La bataille de Verdun

Alors que la bataille de Verdun vient de commencer, le 63ème RIT est dirigé sur le bois Bourrus le 9 mars 1916. La fiche matricule de Jean Péruzot indique qu’il reste à l’intérieur pendant un mois avant d’être affecté au 270ème Régiment d’infanterie le 12 avril 1916.

Ce régiment vient d’être reconstitué. Au début de mai 1916, c’est le retour en première ligne à l’est du massif boisé de l’Argonne. Puis il se déplace à Hermont avant de relever le 71ème RI dans le secteur de Chattancourt.

En aout 1916, les hommes défendent l’ouvrage de Thiaumont et participent à l’attaque de la tranchée allemande dite «  des deux arbres » qui sera un succès. Ils quittent la Lorraine le 1er septembre 1916.

La Marne et la Picardie

Le 270ème RI part dans les tranchées du secteur de Saint Hilaire le Grand jusqu’en février 1917 où le régiment rejoint la Picardie. Il occupe la première ligne à Dancourt-Popincourt début mars avant de retourner en Champagne à la fin du mois 1917.

Le rĂ©giment est dissous en juin 1917…. Jean PĂ©ruzot rejoint le 48ème rĂ©giment d’infanterie avec 237 autres soldats.

« La guerre a assez duré »

Fin juin 1917, les hommes occupent les tranchées du secteur des Eparges dans la Meuse. Les relèves sont faites sans incident. Des avions survolent les lignes à faible hauteur et mitraillent les postes avancés. Quelques bombes à ailettes sont lancées.

Les hommes ont quelques jours de repos fin août 1917 avec « séance récréative donnée par la musique du régiment » ou « fête sportive organisée par les officiers du régiment ». Le 9 septembre 1917, les bataillons sont embarqués en autos,  ils débarquent à Glorieux et relèvent leurs camarades en première ligne dans le secteur de Mormont. Le régiment reste en Lorraine jusqu’à la fin de l’année 1917.

Le 12 fĂ©vrier 1918, les allemands envoient un papier en français « La guerre a assez duré »…. mais la guerre continue !

Dans l’Aisne

Fin mars 1918, c’est le dĂ©part de la Lorraine… faux dĂ©part retardĂ©. Les hommes sont acheminĂ©s dans l’Aisne au sud ouest de l’Ailette. De nouveaux combats les attendent. Des dernières attaques de Jean PĂ©ruzot sont en juillet 1918. La 19ème division doit attaquer l’axe Corne Est du bois de Mauloy, la fontaine aux Chesnes et les lisières nord du Grand Rozoy. Un violent et continuel bombardement a eu toute la nuit du 19 au 20 juillet. L’attaque reprend le lendemain et le rĂ©giment Ă©prouve des pertes sĂ©rieuses : 32 tuĂ©s, 146 blessĂ©s. Le 21 juillet, l’attaque se poursuit et fait 11 morts et 70 blessĂ©s.

Jean Péruzot est évacué comme malade le 21 juillet 1918, il décède le même jour à l’hôpital d’évacuation 35/1 de la Courneuve. Il avait 40 ans.

Il est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury et est enterré à la tombe 4 du cimetière d’Aubervilliers (93)

 

Sources : 5E227/12-AD71, 1R RM Autun 1898-AD71, 6M Grury –AD71, 3R321-AD71, 26N 787/6-sga mémoire des hommes, 26N 637/3 et 4-sga mémoire des hommes, Historique du 270ème RI-argonnaute

© 2018 Généalanille

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