Panique au foirail

Un mouvement de panique sur le foirail provoque de nombreux blessés dont une dizaine sérieusement.

Les bêtes ont eu peur

6 mars 1885. Il est 15H30 environ. La foule est grande sur le champ de foire de Séverac le Château. Les bêtes à cornes sont nombreuses, on en compte plus de 1000. Tout à coup un mouvement de panique surgit parmi les vaches et celles-ci se portent en masse vers une des issues du foirail. Certaines personnes sont transportées sur le dos des animaux sur plus de 20 mètres de l’endroit où elles se trouvaient.

De nombreux blessés

100 personnes sont blessées. Heureusement que l’endroit était clos, sinon la dispersion des vaches dans les rues aurait causé plus de dégâts.

On dénombre une dizaine de blessés sérieux :

  • Jean Ribouliès 12 ans de Verrières a le bras cassé, la presse indiquera même qu’il a l’épine dorsale brisée ;
  • Valentin Privat 48 ans de la Capelle Bonance a 3 côtes enfoncées et la blessure est grave ;
  • Jean Baptiste Rousset d’Alain (48) a l’épaule démise;
  • Victor Boutonnet d’Arques a lui le poignet démis ;
  • Casimir Salesse de Pierrefiche a les côtes enfoncées ;
  • Mme Guizard de Séverac a été renversée par les bœufs. Comme elle est « dans un état de grossesse assez avancé », on craint un avortement. Cependant on notera la naissance d’un petit Joseph 17 jours plus tard.
  • Amans Calières, 34 ans de Verrières a une blessure au menton côté gauche longue de 7cm et profonde d’1,5cm ;
  • Casimir Delmas 49 ans de Buzeins est blessé à la tête ; son épaule et sa jambe gauche sont meurtries et il a une incapacité de travail d’un mois environ ;
  • Jean Fages 48 ans de Séverac s’est foulé le bras et la jambe gauche;
  • Marianne Solassol épouse Molinié a, quant à elle, une blessure assez grave au bras gauche.

 

Pourquoi ce mouvement de panique ?

Une enquête de gendarmerie est menée. Mais malgré les recherches les plus minutieuses pour découvrir les causes de cette panique, personne ne sait ce qui s’est passé. Personne n’a rien vu de suspect et aucun portefeuille n’a été soustrait. « Plusieurs disent qu’on avait jeté des capsules de dynamite qui auraient éclaté sous les pieds des bœufs, et auraient jeté l’épouvante parmi ces animaux ». La panique s’est cependant produit 3 fois dans la même journée…

Les gendarmes critiqués

La population est impressionnée par l’événement. Il faut des responsables ! Et c’est l’attitude des gendarmes qui est mise en cause. Ils n’auraient pas fait ce qu’il fallait. Pourtant les pauvres n’ont pourtant pas ménagé leur peine. Ils ont cherché les blessés, les ont conduits auprès des médecins puis chez les pharmaciens et ne se sont arrêtés que lorsque plus personne n’avait besoin de secours.

Quant à la foire, elle « a été à peu près nulle » d’après la presse… comprenez qu’elle n’aura rien rapporté économiquement.

 

NB: si vous avez un jour l’opportunité de visiter l’actuel foirail de Laissac, vous entendrez les organisateurs vous dire que des accidents surviennent encore, heureusement rarement.

Sources : 4M132-AD12, 4E275-21-AD12, PER877-AD12

© 2018 Généalanille

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