On trouvera ça normal…

Il ne faudra pas attendre 10 ans, 2 ans, voire même 1 an pour trouver ça normal et même oublier comment on faisait avant son apparition! Filae. Le mot est sur tous les tweets et les blogs. Il reste même en travers de certaines gorges. Moi je trouve l’outil formidable.

Pourquoi il n’est pas indispensable

J’ai testé Filae et voici pourquoi il ne m’a pas paru indispensable.

Pour tous ceux qui, comme moi, font de la généalogie depuis longtemps (plus de 30 ans déjà) et qui ont beaucoup épluché l’état civil, il est évident qu’on n’a pas attendu Filae pour tout connaitre des naissances, mariages et décès de nos ancêtres. Et depuis quelques années, nous n’avions même plus besoin de nous déplacer avec la mise en ligne des registres…

Débuter un arbre, ce n’est pas le plus compliqué. Comme on arrive très vite au delà du 19ème siècle, Filae nous abandonne à nos recherches les plus « difficiles ».

Ce qui pose parfois problème, ce sont les dates et lieux de décès. Avec la numérisation des tables de successions dans certains départements, quelques heures de recherches et hop, l’arbre est complété.

Et puis bien sûr, il y a les relevés des cercles, des associations, des bénévoles. Tout ces dépouillements qui nous ont facilité la tâche et pris du temps à réaliser. Pas question de les oublier, même si on a un peu l’impression de s’être fait damer le pion par un rouleau compresseur de la généalogie. Les dépouillements sont (parfois) gratuits. Ne pas payer quand on peut avoir gratuitement, c’est un choix.

Etant, donc, un peu déçue de ne pas trouver de nouvelles infos pour mon arbre dont les « trous » se situent au delà de la révolution française, cela ne n’empêche pas de trouver Filae intéressant.

En quoi Filae est intéressant

A prime abord, je trouve trois raisons de ne pas ignorer cet nouvel outil:

Pour les familles qui ont des ancêtres « limitrophes « , vous savez ceux qui habitaient (ou habitent toujours) à la limite d’un autre département, et qui prennent un malin plaisir à naitre/se marier/ mourir d’un côté ou de l’autre de cette barrière virtuelle.

Si vous êtes les descendants de voyageurs volontaires (commissaires, certains membres de fonction publique, marchands ambulants ou forains), ou involontaires (enfants placés, vagabonds et mendiants, bannis de certaines villes, émigrés) dont la trace n’est pas toujours facile à suivre.

Pour le gain de temps, même si tout bon généalogiste n’est pas forcément pressé, remonter des branches en quelques clics sur toute la France (et en s’affranchissant pour certains sites de créer des comptes), ça peut donner envie de faire son arbre ou de le compléter…

La vie continue…

Pour ma part, en tant que professionnelle, mon activité ne sera pas bouleversée. Je vais continuer d’exploiter les 90% d’archives non numérisées pour répondre à mes clients. Mais aussi, je continue d’indexer (à mon humble rythme) les personnes susceptibles de compléter la base de données que je mets à disposition gratuitement.

Je m’interroge également sur les personnes présentes dans ma salle de lecture et que je croise quotidiennement. Combien sont au courant de cette « (r)évolution »? Parmi ceux qui travaillent sur d’autres sujets. Ceux qui n’utilisent pas forcément internet. Peut être aucun.

J’en ai parlé à mes archivistes favoris (!) en leur disant d’aller voir « absolument » avant que les lecteurs ne leur en parlent. Mais finalement les lecteurs virtuels ne croisent probablement jamais les archivistes…

J’ai regardé également les titres des messages sur les forums que je suis depuis 15 ans. Rien. Pas de Filae.

La vie continue pour une partie des généalogistes. A tort ou à raison.

On trouvera ça normal

Comme les enfants qui n’ont pas besoin qu’on leur explique comment marche une tablette ou un smartphone, on trouvera très rapidement normal que l’état civil soit indexé. Et on attend même la suite avec impatience. Quelle sera-t-elle? Les registres paroissiaux? Les recensements de population en ligne? Les minutes de notaires numérisées? Et sous quel délai?

Au delà des polémiques diverses, il faut exploiter toutes les sources disponibles en généalogie, les croiser, les exploiter pour mieux connaitre la vie de nos ancêtres et de leurs villages ou villes. Peu importe les outils, gratuits ou payants. Et Filae n’est qu’un outil supplémentaire et complémentaire.

© 2016 Généalanille

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