Ni au berceau, ni au maillot

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C’est l’histoire d’un enfant inscrit sur les actes de naissance des registres d’état civil d’une commune de l’Aveyron mais qui s’avère ne pas exister….

La liste des conscrits

Conseil de révision 1913. Le sous préfet d’Espalion en Aveyron fait établir la liste des conscrits. Parmi eux, le sieur Nicolas Pierre Marius né le 17 décembre 1892 de Nicolas Pierre et de Marie Fabre.

Un inconnu à Cantoin

Le maire de Cantoin, commune de résidence de la famille du conscrit répond qu’il ne connait pas cet enfant parmi les 8 autres enfants du couple. D’ailleurs, il est le parrain du plus jeune des fils de la famille…. Cependant, tant que l’acte n’est pas radié, le soldat apparait sur la liste de recensement.

Une enquête est menée.

Mr Blanc Docteur médecine, pour lequel Nicolas Pierre était le fermier confirme qu’il s’agit d’une erreur. Il affirme qu’il se serait rendu compte de l’état de grossesse de Mme Nicolas et qu’il n’a jamais vu d’enfant « ni au berceau ni au maillot » à cette époque. Par ailleurs, Mr Nicolas est un honnête homme incapable de commettre un faux en écriture.

Qui a signé l’acte?

L’un des signataires, Jean Pierre Prat, a déclaré que les actes étaient présentés en bloc par mois et qu’ils signaient sans lire. D’ailleurs, il savait à peine lire et écrire.

Mais le père a signé l’acte! Le secrétaire de mairie, priait les plus proches voisins de venir signer quand plusieurs actes étaient rédigés. Et comme Mr Nicolas « ne regardait pas ce qu’il signait »… En plus, les gendarmes ont embarqué le registre pour les montrer à Mr Nicolas mais celui ci ne reconnait pas sa signature….

Et puis, comble de chance, le maire est décédé et le secrétaire aussi.

Un acte de notoriété

Un acte de notoriété est dressé devant le juge de paix le 20 mars 1913 avec pour témoins:

  • Mr Blanc, docteur à Sainte Geneviève, qui rapporte les propos déjà énoncés;
  • Urbain Vayssade, maire de Sainte Geneviève, qui a constaté qu’il était né un enfant en 1892 quand il a fait le relevé des conscrits de la classe… et que celui ci n’est pas inscrit dans les registres de décès;
  • Camille Clapier, maire de Cantoin qui indique que Mr Nicolas habite dorénavant sur sa commune mais n’a aucun enfant de cet âge. D’ailleurs il ne connait aucun Pierre Marius qui pourrait être conscrit;
  • Etienne Cestrières, propriétaire à Cantoin, et parent éloigné de la famille qui précise qu’il voyait souvent Mme Nicolas et ne l’a pas vue enceinte à cette période;
  • Victor Imbert, garde champêtre de Cantoin. Il témoigne que le seul qui portait le prénom de Marius est décédé en 1901 à St Amans. Etant le fossoyeur, il n’a inhumé personne de cette famille s’appelant Pierre Marius;
  • Aimé Pégorié, instituteur à Sainte Geneviève et ami de la famille. Il dit qu’il fréquente cette famille depuis son enfance et il sait parfaitement que ce ne peut être qu’une erreur;
  • Jean Pierre Prat de Sainte Geneviève, ami de la famille et autre signataire de l’acte. Il confirme qu’il signait en bloc les actes d’état civil.

Qui était cet enfant ?

Tous les témoins attestent que Nicolas Pierre, veuf de Marie Fabre (décédée en 1895) a eu 8 enfants dont un mort né et 3 décédés qui sont énumérés ainsi que les vivants. Mais aucun enfant en 1892…. Par audience du 09 avril 1893, il est ordonné la radiation de l’acte d’état civil.

La question qui reste en suspens est qui était cet enfant? Deux pistes pour le savoir: un acte de notoriété d’un autre enfant susceptible d’être né à cette date, et la recherche des baptêmes à cette période….

Sources: 5U1141-AD12, 4E229-12-AD12, 1R415-AD12, 1R651-AD12

© 2019 Généalanille

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