Oct 232014
 

Le canal de Panama

En mai 1879, le congrès international d’Ă©tudes du canal interocĂ©anique tenu Ă  Paris se dĂ©cide pour l’un des projets prĂ©sentĂ©s pour la construction d’un canal Ă  niveaux dans l’isthme de Panama. Ferdinand de Lesseps, ingĂ©nieur et entrepreneur du canal de Suez, rachète les droits de la concession Wyse Ă©tablie pour 99 ans et part sur place avec sa famille donner le premier coup de pioche en janvier 1880. Les travaux commencent un an plus tard et la fouille du canal est inaugurĂ©e officiellement le 21 janvier 1882 en prĂ©sence des autoritĂ©s colombiennes et des notables du pays.

Les installations se succèdent tout au long du canal et sont toutes reliĂ©es par le tĂ©lĂ©graphe. Sur la cĂ´te Atlantique, Ă  Colon, sont installĂ©s des ateliers de montage et de rĂ©paration du matĂ©riel ainsi qu’un magasin gĂ©nĂ©ral. Vers l’ile Manzanilla, un terre plein de 25 hectares a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© pour l’accostage et le dĂ©chargement des navires, mais aussi des ateliers, des magasins, des hangars, des abris, des habitations, des bureaux et un hĂ´pital sur pilotis de 100 lits. A Gatun, un village a Ă©tĂ© crĂ©Ă© avec des maisons et des villas pour les ouvriers, des baraquements et des cantines pour les ouvriers ainsi qu’une ambulance. De Gorgona Ă  Emperador, plusieurs chantiers d’excavation et de dĂ©blaiement sont en place, parfois en jonction avec la ligne de chemin de fer. Un chantier considĂ©rable est installĂ© au point culminant: le col de Culebra. A Panama, c’est dans un vaste hĂ´tel achetĂ© par la compagnie que sont installĂ©s les services administratifs et  le bureau du reprĂ©sentant direct de la Compagnie. Sur Cerro Ancon (point culminant de la ville), un hĂ´pital peut accueillir 400 personnes et sur l’ile de Taboga (Ă  16km au sud), c’est un sanatorium qui a Ă©tĂ© mis en place comme annexe des hĂ´pitaux et ambulances de l’isthme.

Alors qu’une souscription au profit de la compagnie du Canal de 250 000 francs est close le 7 septembre 1882, le Panama subit un violent tremblement de terre avec de nombreux dĂ©gâts notamment la cathĂ©drale mais aussi le matĂ©riel utilisĂ© pour le percement du canal. Les actions chutent et les journaux se veulent rassurants sur la situation. Mr de Lesseps confirmera en novembre 1882 que les secousses n’ont eu ni la violence ni la gravitĂ© qu’on leur a attribuĂ©!

GilBlas18820913Les travaux continuent et vident les caisses. La souscription de 1888 est un Ă©chec et la compagnie universelle du canal interocĂ©anique de Panama est dĂ©clarĂ©e en faillite le 4 fĂ©vrier 1889. Ferdinand de Lesseps est obligĂ© d’abandonner le projet et c’est la fin « du canal français ». Une nouvelle sociĂ©tĂ© est crĂ©Ă©e en 1894 pour continuer les travaux sous la direction des Etats Unis.

Le canal est inauguré le 15 aout 1914.

 Quelques Saône et Loiriens morts sur place

Il est difficile d’avoir une vue exhaustive des hommes morts lors de la construction du canal de Panama. Leur nombre est Ă©valuĂ© Ă  27 500.

Le chef d’atelier inconnu

Auguste Claudius François Genty est dĂ©clarĂ© nĂ© vers 1855 Ă  Chalon sur SaĂ´ne. Ses parents ne sont pas indiquĂ©s sur l’avis de dĂ©cès du consulat de France. Chef d’atelier cĂ©libataire, il dĂ©cède Ă  l’hĂ´pital central de Panama le 31 mai 1887. L’acte est transcrit Ă  Macon.

Le menuisier parti au PĂ©rou

Joseph Blandin est nĂ© Ă  Macon le 26 octobre 1840 au faubourg de la barre d’AndrĂ©, cordonnier et de Claudine Protat. Il devient ouvrier menuisier et le 29 janvier 1863, il Ă©pouse EmĂ©lie Dorry (nĂ©e le 19 avril 1840 Rue de la barre). Elle est lingère et fille de Nicolas, menuisier et de Marguerite Marnaud.

Le couple a plusieurs enfants: Marguerite nait en juillet 1864, Claude en mai 1866, Joséphine Berthe en mars 1868, Adrienne en aout 1873 et Jeanne en aout 1874. En juillet 1875, Joseph Blandin obtient un passeport pour aller à Lima (Pérou). Sa femme reste avec sa mère et ses filles au 52 rue Rambuteau. Joseph Blandin meurt le 1er mai 1884 à l’hôpital des étrangers à Panama, il était toujours menuisier. Sa montre restera non réclamée dans les dépôts de la chancellerie.

L’engagĂ© volontaire

Georges Bertrand de Lavaux est nĂ© le 13 mars 1857 Ă  La Guiche de Charles et de Marie Antoine Philippine de Bernard de Montression. En 1875, il a 18 ans et s’engage pour 5 ans Ă  l’armĂ©e. 3 ans plus tard, il est condamnĂ© Ă  1 an de prison pour vol au prĂ©judice de l’Ă©tat et est graciĂ© par dĂ©cision prĂ©sidentielle du reste de sa peine en mars 1879. Il passe dans la rĂ©serve de l’armĂ©e en 1881 et effectue des exercices en 1882 et 1884. Au moment de la remise de son livret militaire en mars 1885, il est absent.

Son dĂ©cès survient la veille de ses 29 ans, le 12 mars 1886 Ă  Panama et n’est pas transcrit Ă  la Guiche. Il laisse une montre et une chaine dans les dĂ©pĂ´ts de la chancellerie.

Le surveillant de nuit

Joseph Savoye est nĂ© Ă  Serley le 6 juillet 1853, d’Eustache, cultivateur et Anne Françoise Chanut. Il devient surveillant de nuit Ă  la compagnie universelle du canal interocĂ©anique de Ferdinand de Lesseps et c’est cet intitulĂ© qui sera utilisĂ© sur son acte de dĂ©cès mĂŞme si elle n’existe plus depuis sa faillite de 1889. RĂ©sidant Ă  la Boca, il dĂ©cède le 7 fĂ©vrier 1895 Ă  l’hopital central de Panama. Il avait 42 ans et les papiers qu’il a laissĂ© Ă  la chancellerie ne seront pas rĂ©clamĂ©s. Son acte est transcrit Ă  Serley.

 

Sources:

Gallica: Gil Blas, Le monde illustrĂ©, le XIXème, l’annĂ©e scientifique et industrielle, journal officiel 1906; 5E270/148-AD71, 5E270/218-AD71, 5E270/220-AD71, 5E270/226-AD71, 5E270/232-AD71, 5E270/247-AD71, 5E270/250-AD71, 5E270/306-AD71, 5E270/312-AD71, 5E516-AD71, 5E516/17-AD71,6M Macon 1876 , M1647-AD71, 1R RM Macon 1877-AD71, sites internet Association Lesseps, François Collin.

© 2014 Généalanille

Print Friendly