Les morts du canal de Panama

Le canal de Panama

En mai 1879, le congrès international d’études du canal interocéanique tenu à Paris se décide pour l’un des projets présentés pour la construction d’un canal à niveaux dans l’isthme de Panama. Ferdinand de Lesseps, ingénieur et entrepreneur du canal de Suez, rachète les droits de la concession Wyse établie pour 99 ans et part sur place avec sa famille donner le premier coup de pioche en janvier 1880. Les travaux commencent un an plus tard et la fouille du canal est inaugurée officiellement le 21 janvier 1882 en présence des autorités colombiennes et des notables du pays.

Les installations se succèdent tout au long du canal et sont toutes reliées par le télégraphe. Sur la côte Atlantique, à Colon, sont installés des ateliers de montage et de réparation du matériel ainsi qu’un magasin général. Vers l’ile Manzanilla, un terre plein de 25 hectares a été aménagé pour l’accostage et le déchargement des navires, mais aussi des ateliers, des magasins, des hangars, des abris, des habitations, des bureaux et un hôpital sur pilotis de 100 lits. A Gatun, un village a été créé avec des maisons et des villas pour les ouvriers, des baraquements et des cantines pour les ouvriers ainsi qu’une ambulance. De Gorgona à Emperador, plusieurs chantiers d’excavation et de déblaiement sont en place, parfois en jonction avec la ligne de chemin de fer. Un chantier considérable est installé au point culminant: le col de Culebra. A Panama, c’est dans un vaste hôtel acheté par la compagnie que sont installés les services administratifs et  le bureau du représentant direct de la Compagnie. Sur Cerro Ancon (point culminant de la ville), un hôpital peut accueillir 400 personnes et sur l’ile de Taboga (à 16km au sud), c’est un sanatorium qui a été mis en place comme annexe des hôpitaux et ambulances de l’isthme.

Alors qu’une souscription au profit de la compagnie du Canal de 250 000 francs est close le 7 septembre 1882, le Panama subit un violent tremblement de terre avec de nombreux dégâts notamment la cathédrale mais aussi le matériel utilisé pour le percement du canal. Les actions chutent et les journaux se veulent rassurants sur la situation. Mr de Lesseps confirmera en novembre 1882 que les secousses n’ont eu ni la violence ni la gravité qu’on leur a attribué!

GilBlas18820913Les travaux continuent et vident les caisses. La souscription de 1888 est un échec et la compagnie universelle du canal interocéanique de Panama est déclarée en faillite le 4 février 1889. Ferdinand de Lesseps est obligé d’abandonner le projet et c’est la fin “du canal français”. Une nouvelle société est créée en 1894 pour continuer les travaux sous la direction des Etats Unis.

Le canal est inauguré le 15 aout 1914.

 Quelques Saône et Loiriens morts sur place

Il est difficile d’avoir une vue exhaustive des hommes morts lors de la construction du canal de Panama. Leur nombre est évalué à 27 500.

Le chef d’atelier inconnu

Auguste Claudius François Genty est déclaré né vers 1855 à Chalon sur Saône. Ses parents ne sont pas indiqués sur l’avis de décès du consulat de France. Chef d’atelier célibataire, il décède à l’hôpital central de Panama le 31 mai 1887. L’acte est transcrit à Macon.

Le menuisier parti au Pérou

Joseph Blandin est né à Macon le 26 octobre 1840 au faubourg de la barre d’André, cordonnier et de Claudine Protat. Il devient ouvrier menuisier et le 29 janvier 1863, il épouse Emélie Dorry (née le 19 avril 1840 Rue de la barre). Elle est lingère et fille de Nicolas, menuisier et de Marguerite Marnaud.

Le couple a plusieurs enfants: Marguerite nait en juillet 1864, Claude en mai 1866, Joséphine Berthe en mars 1868, Adrienne en aout 1873 et Jeanne en aout 1874. En juillet 1875, Joseph Blandin obtient un passeport pour aller à Lima (Pérou). Sa femme reste avec sa mère et ses filles au 52 rue Rambuteau. Joseph Blandin meurt le 1er mai 1884 à l’hôpital des étrangers à Panama, il était toujours menuisier. Sa montre restera non réclamée dans les dépôts de la chancellerie.

L’engagé volontaire

Georges Bertrand de Lavaux est né le 13 mars 1857 à La Guiche de Charles et de Marie Antoine Philippine de Bernard de Montression. En 1875, il a 18 ans et s’engage pour 5 ans à l’armée. 3 ans plus tard, il est condamné à 1 an de prison pour vol au préjudice de l’état et est gracié par décision présidentielle du reste de sa peine en mars 1879. Il passe dans la réserve de l’armée en 1881 et effectue des exercices en 1882 et 1884. Au moment de la remise de son livret militaire en mars 1885, il est absent.

Son décès survient la veille de ses 29 ans, le 12 mars 1886 à Panama et n’est pas transcrit à la Guiche. Il laisse une montre et une chaine dans les dépôts de la chancellerie.

Le surveillant de nuit

Joseph Savoye est né à Serley le 6 juillet 1853, d’Eustache, cultivateur et Anne Françoise Chanut. Il devient surveillant de nuit à la compagnie universelle du canal interocéanique de Ferdinand de Lesseps et c’est cet intitulé qui sera utilisé sur son acte de décès même si elle n’existe plus depuis sa faillite de 1889. Résidant à la Boca, il décède le 7 février 1895 à l’hopital central de Panama. Il avait 42 ans et les papiers qu’il a laissé à la chancellerie ne seront pas réclamés. Son acte est transcrit à Serley.

 

Sources:

Gallica: Gil Blas, Le monde illustré, le XIXème, l’année scientifique et industrielle, journal officiel 1906; 5E270/148-AD71, 5E270/218-AD71, 5E270/220-AD71, 5E270/226-AD71, 5E270/232-AD71, 5E270/247-AD71, 5E270/250-AD71, 5E270/306-AD71, 5E270/312-AD71, 5E516-AD71, 5E516/17-AD71,6M Macon 1876 , M1647-AD71, 1R RM Macon 1877-AD71, sites internet Association Lesseps, François Collin.

© 2014 Généalanille

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