Juin 262018
 

Plus d’une centaine d’enfants du département de Constantine sont envoyés dans l’Aveyron au début du 20ème siècle. Quelques éléments de réponse à cette particularité.

Des profils variés

Les enfants de Constantine arrivent par vagues d’une vingtaine de personnes environ entre le 5 juillet 1903 et le 3 décembre 1905. Quelques enfants isolés arrivent plus tard, la dernière date du registre est le 26 mai 1906.

  • 25 enfants de 4 Ă  12 ans le 05/07/1903
  • 23 enfants de 5 Ă  12 ans le 13/09/1903
  • 25 enfants de 3 Ă  11 ans les 30/11/1903 et 02/12/1903
  • 19 enfants de 3 Ă  12 ans le 05/06/1904
  • 17 enfants de 1 Ă  10 ans le 31/10/1904
  • 22 enfants de 4 Ă  11 ans les 19, 28, 30/05/1905 et le 03/06/1905
  • 14 enfants de 2 Ă  14 ans les 03 et 07 dĂ©cembre 1905
  • 1 enfant de 11 ans le 26/05/1906

L’Aveyron accueille autant de garçons que de filles. Quelques fratries sont représentées dont la plus grande est composée de 4 frères et sœurs (dont des jumeaux).

Les enfants sont âgés de 3 à 12 ans mais on note cependant l’arrivée de 2 enfants de un an et une de deux ans.

Sont-ils orphelins, trouvés, moralement abandonnés, en garde ? Tous ces profils sont probablement représentés car on retrouve des enfants de parents inconnus, de mère célibataire, de parents non mariés, orphelins de mère, ou issus de couples « classiques. »

Quelques uns n’arriveront pas jusqu’en Aveyron, certains repartiront en Algérie, beaucoup des 159 noms n’ont pas un destin aussi facile à déterminer.

Pourquoi l’Aveyron ?

La rĂ©ponse reste vague… parce que le dĂ©partement Ă©tait plus attractif que la Lozère et l’Ardèche ? Ce qui est sĂ»r c’est qu’envoyer les enfants assistĂ©s Ă  la campagne Ă©tait une des habitudes des services d’assistance.

En 1902, le conseil général de Constantine prend contact avec son homologue aveyronnais pour que des placements puissent avoir lieu dans ce département. Il émet un avis favorable au mois d’octobre.

Le 6 dĂ©cembre 1902, Constantine demande des prĂ©cisions sur les conditions dans lesquelles les enfants de l’Aveyron sont placĂ©s dans le dĂ©partement. Le prĂ©fet renvoie un dossier. L’inspecteur de l’assistance public de Constantine se dĂ©place alors pour voir le placement dans l’Aveyron, mais aussi l’Ardèche ou la Lozère… et le 1er avril 1903, c’est l’Aveyron qui est choisi. Quelques jours plus tard, il ne reste que les conditions financières Ă  rĂ©gler. Si on peut payer par trimestre, cela Ă©vitera de perturber les familles qui ont l’habitude d’être payĂ©es Ă  cette frĂ©quence.

Le nombre estimĂ© est de 200 enfants mais il ne doit ĂŞtre atteint que dans les 2 ans…

Et après ?

Constantine paye aux familles d’accueil 15400 francs pour l’exercice 1904 et 16375 francs pour 1905.

Le 10 janvier 1906, le prĂ©fet se plaint de la surcharge de travail liĂ© aux pupilles de Constantine… et rĂ©clame dont une indemnitĂ© de 0,15 Ă  0,20 francs par enfant et par mois, soit pour 133 enfants 319,20 francs.

Les enfants sont parfaitement placĂ©s dans l’Aveyron au point de vue de la santĂ©, de la tenue, de l’Ă©ducation et de la frĂ©quentation scolaire.

Les arrivĂ©es se rĂ©duisent. Aucun pupille n’est envoyĂ© dans l’Aveyron en 1908, 5 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s en AlgĂ©rie et 2 remis Ă  leur parents. Au 31/12/1908, il en reste 149 dont

  • 48 garçons et 41 filles de moins de 13 ans,
  • 36 garçons et 24 filles de plus de 13 ans.

Conformément aux instructions de Mr le Gouverneur général, ces pupilles seront rapatriés au fur et à mesure. Comprenez, très progressivement car les enfants de Constantine sont encore mentionnés en 1944 !

A la veille de la 1ère guerre, aucun n’est envoyĂ© en Aveyron, 2 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s. Il en reste 92 au 31/12/1914 dont

  • 12 garçons et 10 filles de moins de 13 ans
  • et 37 garçons et 33 filles de plus de 13 ans.

Ils sont 74 au 31 décembre 1915.

Le climat salubre du Rouergue

Au 31/12/1921, 89 pupilles restent prĂ©sents dans l’Aveyron. 10 nouveaux enfants sont placĂ©s car ils sont des sujets assez difficiles. Le placement rural dans la mĂ©tropole est prĂ©fĂ©rable Ă  leur internement dans un orphelinat ou un autre Ă©tablissement. On notera que les plus indisciplinĂ©s s’adaptent parfaitement Ă  l’Aveyron et que le climat salubre du Rouergue leur est profitable!

Le dernier chiffre cité est de 74 enfants de Constantine en Aveyron au 1er janvier 1933

Un grand merci aux deux archivistes des AD de Rodez qui m’ont Ă©voquĂ© la prĂ©sence de cette cote et Ă  l’équipe du GAMT qui a partagĂ© un week-end Ă  mes cĂ´tĂ©s dans un salon de gĂ©nĂ©alogie. Ils m’ont tous donnĂ© envie d’en savoir plus… La liste des enfants de Constantine est disponible dans la base de donnĂ©es et a Ă©tĂ© transmise au GAMT.

Sources: DĂ©libĂ©rations du conseil gĂ©nĂ©ral de l’Aveyron et de Constantine, Histoire de Constantine, cultivateur aveyronnais numĂ©risĂ©s par Gallica, 3X54-AD12, 3X128-AD12, 3X290-AD12, 1X117-AD12

© 2018 Généalanille

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