Le logis du diable

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
Située à l’entrée du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien située » restait à l’abandon depuis que le fils avait empoisonné sa mère. L’histoire est racontée par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une légende ou un fait véridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainé des garçons a toutes les qualités: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait épouser sa nièce, mais Jean a tiré un mauvais numéro et doit partir faire sa période militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il réunit toute la famille autour du lit et fait promettre à Jean d’épouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainé de veuve est susceptible d’être exempté et c’est son frère qui partira pour l’armée quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue Caïn

On enterre le père, le fils ainé prend sa place à table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considérée comme maudite par les démons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainé.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti à l’armée. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend à Rodez et écrit une lettre contrefaisant l’écriture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

Débauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir été empoisonnée à l’arsenic.
Jacques est arrêté, accusé de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonné dans la disparition de son frère.


Il s’évade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitôt enterrée, la ferme est abandonnée.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul réapparait à la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelés. Il faut arrêter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut à nouveau résider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul à Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) à cette époque. Il n’a pas non plus de trace du déserteur (le frère aîné ne s’est pas présenté devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de récit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble être inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut être une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est à lire ici. Je l’ai découverte grâce à Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de données. Si vous en avez rencontré, n’hésitez pas à me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

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