Mai 212014
 

Une loi instaure la fête des mères

La loi 50-577 du 29 mai 1950 instaure une journée de célébration de la fête des mères et fixe sa date au dernier dimanche de mai, sauf si la date coïncide avec la pentecôte.
Les commerçants ont compris l'enjeu de cette manifestation et offrent aux pères ou aux adultes la possibilité de célébrer les mères ou de compléter les cadeaux faits de la main des enfants (ou de leurs enseignants).
Dès 1951, on trouve des encarts publicitaires dans les journaux.

L’ère de l’Ă©lectro mĂ©nager

Dès 1957, les publicités proposent des éléments d'électro ménager: gaufrier, fer à repasser... La fête des mères va devenir l'occasion d'équiper la maison familiale. Les cadeaux "utiles" remplaceront les cadeaux "plaisirs".

La concurrence des marques

Les principales marques d'électroménager tenteront de positionner au mieux sur le marché en proposant les mêmes produits. Certains cadeaux n'auront rien de valorisant pour les mamans...

Avant la loi la fête des mères françaises

En 1926, sur le rapport de M Carré, le conseil supérieur de la natalité a adopté un vœu tendant à la célébration annuelle d’une fête en l’honneur des mères françaises à l’image de ce qui était fait aux Etats-Unis. Cette fête a d’ailleurs été commémorée, sur l’initiative du général Pershing, par les deux armées alliées françaises et américaines en 1917. En 1918, Pershing demande à ses soldats d'écrire une lettre à leur mère.

Le conseil supérieur de la Natalité est associé à Mr le ministre du travail de l’hygiène de l’assistance et de la prévoyance sociale, au préfet de la Seine, au président du conseil municipal de Paris, mais également aux représentants de trois grandes religions : le cardinal Dubois, le président de la fédération des églises protestantes et le grand rabbin de France pour émettre ce vœu de fête annuelle.

En Saône et Loire, la remise des médailles

En SaĂ´ne et Loire, cette directive en 1926 semble difficile Ă  mettre en place assez rapidement.
Le préfet envoie une circulaire aux maires « invitant les autorités scolaires à divulguer parmi les élèves l’institution de la fête annuelle des mères » et leur demandant d’organiser une cérémonie pour remettre les médailles de famille nombreuse décernées en février 1926.
Le maire de St Pierre le Vieux écrit au préfet pour lui réclamer les insignes des récipiendaires de sa commune, le sous-préfet de Charolles prévoit de remettre lui-même les médailles lors d’une fête organisée dans la ville. A Chalon sur Saône, le sous-préfet refuse d’organiser une fête car il n’a que 3 mères à décorer et il lui semble que le contraste serait peut-être trop saisissant entre l’importance de la cérémonie projetée et le nombre infime de mères récompensées. A Mâcon, le préfet prévoit une réunion publique pour la remise des médailles en présence des autorités civiles et militaires et de la population.
Le nombre de médailles décernées est de 10 en or (10 à 14 enfants), 48 en argent (8 et 9 enfants) et 102 en bronze (5 à 7 enfants). La liste des mères est parue dans le journal le lendemain de la fête.

Liste des mères de famille décorées de la médaille d’or au titre de la Famille Française lors du décret du 17 février 1926 : Mme Bonnot (Abergement Sainte Colombe), Mme Boully (Sainte Croix), Mme Bretin (Bourgneuf Val d’Or), Mme Brigaud née Frizot (Clessy), Mme Buatois (Sevrey), Mme Carette (Chissey les Macon), Mme Chalumeau (Bellevesvre), Mme Euvrard (St Martin en Bresse), Mme Fleury (Laizé), Mme Foret (Laizé), Mme Garnier (Buxy), Mme Gatinet (Sancé), Mme Gendre (Fragnes), Mme Grapin (Beauvernois), Mme Jomain (Vérosvres), Mme Loctin (Issy l’Evêque), Mme Ménétrier (Cortambert), Mme Picollet (Romanèche Thorins), Mme Pierre (Cluny), Mme Seigneuret (Chevagny les Chevrières), Mme Vairet (Savigny en Revermont).

Les années suivantes, le préfet relance l’organisation de cette fête. La promotion de février 1927 décerne 10 médailles en or, 43 en argent et 141 en bronze.
En 1931, on évoque la possibilité de « s’assurer à peu de frais un élément artistique intéressant sous forme de chants de récitations ou de représentations appropriées. »
Le vœu de 1926 insistait sur un point « Il serait désirable que ce jour-là, comme aux états Unis, non seulement les enfants mais les personnes de tout âge rendent visitent à leur mère ou lui témoignent par lettre leur reconnaissance et leur affection. »

Sources: La république Nouvelle 1951-1957-1961-1962 -AD01, PR20/66-AD71, M328-AD71, PR43/48-AD71, Bisbee daily Review 10/05/1918

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