Oct 072014
 

François Perraudin est né le 29 juin 1892 à Grury de Jacques et Françoise Berger cultivateurs au lieu dit Valency. Son cousin germain porte le même nom que lui, François Perraudin et est né un mois plus tôt, le 30 mai 1892, au même endroit de Jean et de Marguerite Martin tous les deux également cultivateurs.

Le plus jeune restera soldat et le plus âgé deviendra caporal dans l’armée. Ce point permet de les différencier pour la suite. On notera également que le plus jeune sera inscrit sous le prénom de Francis sur la plaque commémorative de l’église de Grury et sur la fiche SGA.

Le soldat est châtain aux yeux bleus et mesure 1,64m. Il a une envie de vin sur la joue gauche et est cultivateur à Chalmoux avec ses parents au moment du recensement militaire.

Le caporal est aussi châtain aux yeux bleus et mesure 1,77m. Il est cultivateur à Gueugnon alors que ses parents sont à Issy l’Evêque au moment du recensement militaire.

Recensés avec la classe 1912, les deux cousins se retrouvent affectés dans le même régiment : le 134ème RI où ils arrivent avec un jour d’écart. Avec la mobilisation générale, ils restent sous les drapeaux et ne rentreront jamais au pays.

Le régiment part le 5 aout en fin de journée en train et arrive 17 heures plus tard à Chatel Nomexy. Les différents bataillons cantonnent à Damas aux Bois et à Haillainville.

Selon le journal « le moral est excellent, l’enthousiasme indescriptible et le sang de tous est redevenu traditionnellement français.

Perraudin-Journal

Le 10 aout 1914, le régiment part de nuit pour se diriger vers le Meurthe, il reste sur la région pendant plusieurs jours.

Les jours s’Ă©coulent Ă  proximitĂ© de l’ennemi. Le 14 aout, le rĂ©giment consomme un jour de vivres de rĂ©serve. Le 16 aout il traverse le village de Blamont dont plusieurs maisons ont Ă©tĂ© brulĂ©es volontairement par les allemands. Ce jour lĂ , le 2ème bataillon entend et voit tomber devant lui Ă  1km de lourds projectiles ennemis.

Le régiment continue sa progression Repaix, Gogney, Berchain, Kerpich aux Bois, Hesse, Bühl, et arrive à Langatte le 20 aout à 4H du matin. Il appuie le 56ème RI qui a Gosselming pour objectif et n’arrive pas à enlever la position fortifiée de St Jean de Bassel. A 17H, le régiment est épuisé. Il a perdu quelques hommes et de nombres soldats sont blessés.

Le 21 aout le régiment part pour Igney pour aider le 56ème RI. Pendant la marche en retraite des tirs de batterie allemande tuent 1 soldat et blessent 4 hommes.

Le 25 aout le 134ème prend Rozelieures puis attaque sur le bois de Rethimont. Le village est enlevé par les français avant de subir le bombardement par les allemands. Comme il n’y a qu’un passage pour se retirer, les pertes sont importantes 242 morts, 448 blessés et 124 disparus.

Le 27 aout, 1000 réservistes arrivent de Macon pour rejoindre les troupes, la plupart sans livret militaire ni plaque d’identité.

Fin aout, le 134ème attaque Magnières. Le pont est barricadé, les maisons sont incendiées et le feu est mis à l’église pour éclairer le tir.

Le 2 septembre, le poste de secours est canonné par les allemands : 1 brancardier est tué, 8 hommes sont blessés. Le lendemain, les 2ème et 4èmes compagnies sont supprimées par le colonel faute d’officiers de l’armée active et les hommes sont répartis dans les autres unités et certains sont promus capitaines. L’ennemi ne peut pas franchir la Mortagne.

Le 6 septembre un aéroplane allemand bombarde le camp sans faire de victimes. Le 134ème protège St Boingt.

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Le 12 septembre, il est chargé d’entraver la retraite des ennemis. Le 15 septembre le régiment embarque à Charmes par le train en direction de Lérouville puis St Mihiel où il séjourne à la caserne Négrier en cours de construction.

Le 17 septembre, le 134ème fait du ménage!!!!

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Le 20 septembre, les hommes sont transportés à Ste Ménehould par train. Le 21 septembre des renforts arrivent et les compagnies supprimées sont reconstituées. Le 24 septembre les troupes sont dans l’Argonne.

Le 28 septembre de nombreuses reconnaissances sont envoyées pour déterminer les forces et les positions de l’ennemi qui est fortement retranché et installée sur la crête proche de Maizey.

Le 29 septembre le 134ème va à Menil aux Bois en suivant les régiments d’artillerie.

Le 1er octobre, l’attaque est déclenchée à 9H avec en 1ère ligne le 177ème, et à droite le 134ème qui est face à la route d’Apremont. A 14H30, on stoppe le mouvement en avant car les feux de l’artillerie ne se font pas sentir en fait il y a eu une erreur de 24H.

Le déplacement vers St Mihiel

Le déplacement vers St Mihiel

C’est dans les combats d’Apremont que François, le soldat, est tuĂ© Ă  l’ennemi le 7 octobre 1914.

Son cousin germain meurt un mois plus tard.

 

Sources

5E227/12-AD71, 1R RM 1912 Autun –AD71, sga mémoire de hommes, M642-AD71

© 2014 Généalanille

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