Juil 282017
 

Il l’a mise enceinte mais il refuse de se marier comme il l’avait promis. Elle n’a plus qu’Ă  dĂ©clarer sa grossesse et porter plainte pour gravidation.

 

Elle a cédé à ses avances

Catherine Delmas a 24 ans. Elle est enceinte de 8 mois de Pierre Cabrolier avec qui elle travaillait depuis 3 ans au service de Mr Serguy. Les deux ont été vus plusieurs fois en tête et très proches. Ils ont même été surpris à plusieurs reprises dans une écurie ou dans la chambre de Cabrolier où Catherine Delmas venait refaire le lit. Leur patron les a surpris alors qu’ils se faisaient des baisers et avait menacé de les mettre à la porte si cela continuait.

Elle a résisté longtemps aux avances de Pierre, mais à la Noël 1774, ils ont commencé leur commerce. Et cela jusqu’à la St Jean où elle a congédiée par son employeur. Ils ont remis le couvert deux fois depuis cette date. Il faut dire qu’il lui avait promis de l’épouser et n’arrêtait pas de la caresser.

 

L’édit d’Henri II

Elle est enceinte donc, de 8 mois, mais toujours pas de mariage en vue. Pierre Cabrolier a refusé de l’épouser et a même proposé de l’argent pour qu’elle cache sa grossesse et qu’elle ne dise rien à personne. Elle ne peut pas rester dans le déshonneur. Et selon l’édit d’Henri II, elle doit déclarer sa grossesse. Elle se rend donc au tribunal et porte plainte contre son prétendant en novembre 1775.

L’enfant nait le 6 décembre 1775 et porte le prénom de Pierre, comme son père.

 

Le père en prison

Pierre est arrêté le 31 décembre de la même année et rejoint les geôles de Rodez. Et il ne sait pas ce qu’il fait là.

Oui, il connait Catherine Delmas. Et, Oui, il est probable qu’il soit responsable de sa grossesse. Oui, il a voulu l’épouser et non ce n’est pas une promesse en l’air. Il a même rencontré le père et l’oncle maternel de la jeune fille et leur a demandé combien ils paieraient de dot. Comme ils ne semblaient pas avoir assez d’argent comptant, ils n’ont pas donné suite à la demande… Peut-être leur faut-il un délai pour rassembler une somme suffisante ?

 

Une sortie sous caution

Le 13 janvier, il fait une demande d’élargissement provisoire pour quitter la prison mais il lui faut une caution. La jeune fille demande à ce qu’on le ne laisse pas sortir : il va en profiter pour quitter le pays et l’abandonner avec son déshonneur, sa honte et son malheur. Lui prétend que non, qu’il faut bien qu’il sorte pour faire le contrat de mariage. Les parents de la jeune fille ont même été convoqués en ville pour aller chez le notaire, mais ils ne sont pas déplacé et la mère du prisonnier, restée seule, est repartie chez elle.

Même s’il n’est pas malheureux, Pierre Cabrolier est en prison. Et la somme donnée au concierge par ses futurs beaux-parents potentiels ne remplace pas la liberté.

C’est le frère de Pierre Cabrolier qui se porte caution. Il a 2000 livres que représente son fonds de commerce. Mais cela ne semble pas suffire. Alors l’avocat connait quelqu’un d’autre, si on peut attendre demain… Dès le lendemain, il présente une deuxième caution, Mr Despeyroux, qui lui aussi a une somme de 2000 livres de « biens au soleil ».

 

Le contrat de mariage est signé

Quelles tractations ont lieu ensuite ? Il faut attendre le 1er Février 1776 pour qu’un contrat de mariage soit signé chez Me Boscus, notaire à Rodez. Pierre reconnait être le père de l’enfant. Il doit payer à Catherine 119 livres pour frais de couches, nourritures et autres frais avancés par le père Delmas.

Ce dernier donne à sa fille en dot 1/17ème de ses biens et 522 livres avant le mariage. A cette somme, sont retirées les 119 livres pour l’enfant et 22 livres de frais d’acte.

Le mariage est finalement cĂ©lĂ©brĂ© le 20 fĂ©vrier 1776 Ă  la paroisse Notre Dame de Rodez. Les amoureux auront peut ĂŞtre vĂ©cu heureux et eu d’autres enfants…

 

Sources:  3E15124-AD12, 4E212/4-AD12, 3B55-AD12, traité des enfants naturels 1828

© 2017 Généalanille

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