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Claude Marie Daval est né le 12 mai 1886 au lieu dit les Champs à La Chapelle au Mans (71). Il est le sixième enfant d’une famille de neuf frères et sœurs dont plusieurs sont morts en bas âge.

La famille déménage au Haut du Crot à Grury au début du 20ème siècle.

Claude Marie part faire son service militaire avec le 134ème régiment d’infanterie entre octobre 1907 et septembre 1909. De retour à Grury, il se marie le 12 septembre 1911 à Grury avec Berthe Duc et vient habiter dans son hameau à Proboeuf. Le couple a deux enfants : Jeanne née en 1913 et Claude né en 1914.

Mobilisation générale et départ pour les Vosges

Quand la mobilisation générale survient, le père de Claude Daval habite à Proboeuf. Claude Marie Daval a été affecté en avril au 27ème régiment d’infanterie, il rejoint son régiment à Dijon le 4 aout 1914. Il y retrouve Benoit Mitaine autre grurycois.

Le régiment est composé, outre les officiers, de 3338 hommes dont 181 sous-officiers et 3157 hommes de troupes. Il comprend également 215 chevaux dont 126 de trait et 54 voitures.

Les hommes sont embarqués à la gare de Dijon ville le 5 août 1914 en trois bataillons qui partent à 10H, midi et 14H et sous le commandement du général Valentin.

Valentin

Le 6 aout 1914, le régiment arrive à Charmes dans les Vosges puis finit la route à pied en cantonnant à Loromontzey puis à Villacourt où il suit des exercices d’entrainement et d’instruction.

carte globale

Le 9 aout 1914 à 23H, il reçoit l’ordre de faire une marche de nuit en direction de la Meurthe (la rivière). L’ordre de mouvement reçu tardivement ne fait partir les troupes qu’à 1H15. Celles-ci marchent toute la matinée sous une chaleur torride, notamment dans le bois de la Taxonnière au sud de Fraimbois, et font une longue pause entre 11H30 et 17H avant de repartir pour Laronxe où elles arrivent entre 19H et 19H30.

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Le 14 aout 1914, le régiment quitte Laronxe et marche en direction de la frontière par périodes de 2 à 3H espacées de courts repos. Le 15 aout, le régiment a l’honneur de franchir le premier dans sa division la frontière allemande (selon les critères de 1870).

Le baptême du feu et la bataille de Sarrebourg

Le 16 aout 1914, le régiment rassemblé à Hablutz subit son baptême du feu et reçoit des tirs d’obus de 70 et de 105 par l’armée allemande. Les pertes du 27ème RI s’élèvent à 7 tués, 71 blessés (dont un capitaine et un lieutenant) et 2 disparus.

Le 19 aout au soir, une nouvelle marche de nuit est ordonnée aux hommes en direction de Haut Clocher. Elle est qualifiée de très pénible, sous les éclairs intermittents des projecteurs ennemis qui fouillent la zone autour de Sarrebourg. A peine arrivés et malgré leur fatigue, ils doivent se battre en se dirigeant vers la Sarre : c’est la bataille de Sarrebourg.

Le feu d’artillerie violent qui s’abat sur eux pendant presque 10H leur fait se replier à Gondrexange et les pertes sont de 6 tués et 16 blessés parmi les officiers et de 604 morts ou blessés parmi la troupe.

repli

La troupe recule avec les allemands à leur poursuite jusqu’à atteindre Rehaincourt le 23 aout. Elle est à quelques km de la ville de Charmes d’où le régiment était arrivé en train une quinzaine de jours plus tôt.

En raison des pertes subies, le commandement est réorganisé. Il ne reste plus que 2620 hommes sur les 3338 de départ (dont 2486 hommes de troupe).

Le 27ème attaque Rozelieures plus au nord le 25 aout 1914 à 15H, drapeau déployé et en chantant la Marseillaise. Il gagne finalement le combat avec beaucoup de pertes dont le général Valentin, blessé, qui est remplacé par le colonel Tisserand.

TisserandLe régiment reste à la défense de Séranville jusqu’au 12 septembre 1914.

Le départ pour la Marne

Le 14 septembre 1914, le 27ème RI reçoit l’ordre de quitter les Vosges pour se rendre dans la Marne.

Il embarque à Chatel-Nomexy entre 22H et 6H44 et arrive deux jours plus tard à St Mihiel où il séjourne à la caserne Mac Mahon. Les hommes en profitent pour s’occuper à des travaux de nettoyage des effets et de propreté corporelle.

Marne

Le régiment est mis à disposition du général Foch à Ste Ménehould qu’il rejoint en train depuis Lérouville. Le train régimentaire (qui comprend l’ensemble des moyens du régiment pour subsister, par exemple le stock de fourrage) vient, quant à lui, à pied.

 Après avoir cantonné à Gizaucourt, le 27ème RI redescend le 23 aout 1914 à 8H du matin en direction de Pierrefite sur Aire et après 50 km de marche et une arrivée vers 1H du matin, l’ordre tombe 3 heures plus tard de repartir vers l’Argonne soit à l’inverse de la direction suivie par le régiment.

La marche reprend, lente, difficile à une allure de 2 kilomètres par heure. 35 heures plus tard, le régiment arrive après avoir parcouru 90 kms et se met au travail pour renforcer la position.

La guerre des tranchées commence.

argonne

Comme l’armée allemande n’a pas réussi à prendre Verdun, elle s’installe sur les hauts de la Meuse. Le 27ème RI est chargé le 28 septembre 1914 de défendre devant Vaux les Palameix.

Les quelques abris de défense présents seront renforcés et de nombreuses tranchées seront établies. En face, les allemands creusent également tout en restant calme. Cependant les premières lignes sont soumises à des bombardements répétés.

Le régiment subit des pertes minimes mais de manière régulière, souvent lors de sentinelles ou d’actions de reconnaissances des tranchées ennemies. Le 1er octobre 1914, Claude Marie Daval est blessé d’une balle dans le côté droit dans la forêt d’Apremont selon sa fiche matricule, alors que son régiment est plus au nord d’après le journal de marche.

Le 27ème reste devant Vaux les Palameix dans le bois de Bouchot jusqu’au 22 novembre 1914, date à laquelle ordre est donné au 173ème RI de le relever.

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Le 27ème RI quitte le secteur et l’un de ses bataillons subit plusieurs pertes lorsque le village de Mouilly où il cantonnait est violemment bombardé par l’artillerie ennemie.

Le 26 novembre 1914, il est en cantonnement d’alerte à Cousances aux Bois. Le 30 novembre, il reçoit l’ordre de partir après le repas du soir à Pont sur Meuse. Le 1er décembre il est à Apremont.

Tête à Vache en forêt d’Apremont

Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1914, la 6ème compagnie prend part à une opération ayant pour but de faire subir des pertes à l’ennemi, de rapporter des renseignements et de ramener des prisonniers. L’opération a lieu en forêt d’Apremont (à l’ouest de la ville) dans le secteur de la Tête à Vache.

Apremont

Les sections avancent sur les tranchées ennemies et subissent un feu nourri. Les hommes continuent d’avancer en rampant et en se protégeant d’un bouclier jusqu’à atteindre les 3 rangées de fil de fer qui protègent les tranchées. La première rangée est coupée pendant que les grenadiers du 172ème RI envoient des bombes sur l’ennemi. Les autres sections se battent à la baïonnette et quand certains hommes arrivent dans la tranchée, celle-ci s’avère n’être qu’un avant-poste. Les français avancent dans les tranchées en se battant au corps à corps mais les allemands contre attaquent.

Comme la « véritable ligne » allemande n’est pas touchée et que les renforts tardent à venir, ordre est donné de se replier. Après 2H de combat, 68 hommes étaient morts ou blessés.

L’attaque du bois Brûlé

Les hommes retournent à Cousances au bois. Puis remontent au front le 9 décembre 1914 relever le 210ème RI au bois Brûlé toujours dans la forêt d’Apremont.

bois brulé

La relève s’effectue en 2 heures à cause de l’obscurité, des chemins boueux impraticables et de la proximité des tranchées allemandes (à 50m). Pendant toute la nuit, les fusillades sont ininterrompues.

Le 11 décembre 1914, le 27ème doit attaquer deux parties de tranchées dans lesquelles les allemands ont pu pénétrer. La bataille est longue et meurtrière. Les français doivent finalement se replier avec une perte de plus de 400 hommes (tués, blessés ou disparus).

Pendant 12 jours et 12 nuits, les français montent la garde sous la pluie et dans le froid, face à des allemands qui canonnent régulièrement notamment avec des obus bouteilles ou toutes boites remplies d’explosifs qui créent des brèches dans les protections et explosent dans un grand vacarme.

« Les hommes sont très impressionnés par ces bombes contre lesquelles ils n’ont d’autre défense que le déplacement rapide, s’ils sont prévenus à temps. »

Pendant plusieurs jours, la bataille fait rage autour de la redoute du Bois Brûlé. Le 27ème finit par récupérer la maitrise de celle-ci avant d’être relevé le 23 décembre par le 1er bataillon du 29ème RI dont la caserne d’origine est Macon. La relève se termine le 24 décembre vers 2H du matin.

Le 27ème RI est en repos à Vignot ce 25 décembre jour de Noël qu’en à 18H il est rassemblé à Boncourt pour se mettre en marche vers Cousances aux Bois. Leur cadeau de Noël sera d’être préparé à un nouvel effort et de profiter de cette fin de journée pour nettoyer, vérifier et réparer les armes, mais aussi de compléter les munitions et les vivres de réserve.

Le lendemain, les ateliers d’armuriers, de tailleurs et de cordonniers sont mis à disposition du 27ème qui se réorganise en termes de commandement. Il ne reste plus que 2550 hommes dont 2368 de troupe. Le régiment est au repos jusqu’au 17 janvier 1915.

Le Bois d’Ailly

Le 18 janvier 1915, le 27ème RI doit relever le 56ème RI dans les tranchées du bois d’Ailly toujours dans la forêt d’Apremont.

tete a vache

Comme il a neigé, les hommes sont dans la boue.

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 1915, 3 attaques sont menées dans la région du Fortin. La compagnie finira par regagner le terrain perdu et s’y maintenir.

A partir du 1er février, les 3 bataillons du 27ème RI se relaient tous les 12 jours : 1 bataillon et demi dans les tranchées, le demi-restant en réserve à Pont sur Meuse et le 3ème en repos à Commercy.

Aucune attaque à signaler en février et mars 1915, les hommes piétinent dans la boue des tranchées.

A partir du 5 avril, les combats sont quotidiens Ă  coups d’explosifs et de baĂŻonnette. Le 27ème gagnera pied Ă  pied quelques mètres et Claude Daval meurt face Ă  l’ennemi le 26 avril 1915 Ă  la Croix saint Jean (commune de Marbotte). Il est inhumĂ© le jour mĂŞme. Il avait 29 ans.

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Son acte de décès est transcrit sur la commune de Grury le 10 mars 1916.

Sources: 5E88/11-AD71, 1R RM Autun 1906-AD71, 6M Grury 1906-1911-AD71, sga mémoire des hommes 26 N 601/1, ancestramil historique du 27ème RI

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