Août 062018
 

Nos ancêtres limitrophes sont ceux qui ont eut l’idée de naître, se marier ou décéder dans un département voisin et qui nous obligent de jongler entre différents fonds d’archives.

Limitrophes ? Quelle importance ?

Il faut évidemment envisager que pour tout être humain, le changement de département n’est qu’une barrière virtuelle administrative. Imaginons nos ancêtres faire quelques kilomètres pour aller travailler, trouver une compagne ou faire des échanges commerciaux. A moins d’une marque visible, tel un péage, une barrière, une rivière, il est fort à parier que le changement de département leur importait peu.

Par exemple, la croix des trois évêques érigée à la limite de la Lozère, de l’Aveyron et du Cantal laisse apparaitre un territoire visuellement identique (l’Aubrac) sur les trois départements.

C’est plutôt un changement de vallée, de paysage qui donnait une indication du lieu à nos ancêtres. La généalogie, c’est donc aussi une bonne connaissance de la géographie !

Une forte connivence avec le village voisin

Deux communes, au moins, de l’Aveyron sont fortement liées à une commune du département voisin.

La compagnie d’Orléans officialise en 1859 le nom de Capdenac-Gare pour l’emplacement d’une gare située dans l’Aveyron sur la commune de Saint Julien d’Empare. Ce nom de Capdenac n’est autre que celui du village voisin situé sur l’autre rive de la rivière dans le département du Lot. Capdenac-Gare sera érigée en commune en 1891, conservant ainsi un lien avec son quasi homonyme.

A Saint Santin, toujours dans l’Aveyron, le village est coupé par la « frontière » avec le département du Cantal, donnant ainsi naissance à un monument aux morts de la grande guerre honorant d’un côté les poilus de Saint Santin de l’Aveyron et de l’autre ceux de Saint Santin des Maurs.

Les mêmes ressources généalogiques partout

La plupart des généalogistes cherchent à lister leurs ancêtres de manière ascendante, descendante ou les deux. Le point de départ est souvent l’état civil puis les registres paroissiaux. Depuis une dizaine d’année, la plupart des départements a numérisé ses ressources et les met à disposition sur internet. On peut donc compulser les registres d’un département ou d’un autre sans se préoccuper de la barrière virtuelle

Pour faire un arbre squelettique (nom, prénom, dates et lieux de naissance, mariage, décès), avoir des ancêtres limitrophes ne pose pas forcément beaucoup de problèmes car les ressources de base sont partout les mêmes. On aura juste parfois envie de pester contre les différentes visionneuses qui n’ont pas les mêmes fonctionnalités !

Quelques pièges

« Je ne retrouve pas ma commune ! » Faire de la généalogie, c’est aussi faire de l’histoire locale. La commune a pu changer de nom, mais aussi elle a pu changer de département. C’est le cas par exemple du canton de Saint Antonin Noble Val qui est cédé en 1808 par l’Aveyron pour créer le département du Tarn et Garonne.

La généalogie d’ancêtres limitrophes à d’autres pays ne sera pas abordée ici mais il faut évidemment garder en tête les changements de frontière survenus au fil des siècles. Et leur conséquence en terme de recherches (et de destruction d’archives).

Une inégalité parmi les salles de lectures et les fonds

Pour débloquer des branches, on utilise d’autres fonds que l’état civil ou les registres paroissiaux. Et l’absence de numérisation nous impose d’aller fréquenter nos salles de lecture. Et l’on se rend vite compte qu’il n’y a pas que la visionneuse qui est différente !

Le premier problème est d’ordre organisationnel. La salle de lecture est-elle ouverte au moment où on envisage de s’y rendre ? Combien de documents nous seront communiqués par jour ? D’un département à l’autre, cette réponse varie parfois énormément. Mais la réponse est bien souvent sur le site internet des archives départementales ou diocésaines concernées.

Le deuxième problème est liĂ© Ă  l’état physique des fonds. Les documents sont-ils communicables ? Partis en restauration ? En cours de numĂ©risation ? On peut envisager de poser la question avant de se dĂ©placer, mais difficile de connaitre la cote qu’on va vouloir consulter si on n’a pas accès aux instruments de recherche… Quelle dĂ©ception quand on apprend que les documents qu’on avait espĂ©rĂ© consulter ne seront pas visibles ! LĂ  encore, la politique choisie et les moyens financiers disponibles varient d’un dĂ©partement Ă  l’autre.

Le troisième problème est liĂ© au contenu des fonds. Les tables des hypothèques n’ont pas Ă©tĂ© conservĂ©es, le notaire n’a pas dĂ©posĂ©, les archives d’insinuations ou de contrĂ´le des actes sont inexistantes pour le bureau qui vous intĂ©resse, un des exemplaires des registres paroissiaux a Ă©tĂ© dĂ©truit, les recensements de population n’existent pas avant 1871. Chaque dĂ©partement a finalement des fonds d’archives très diffĂ©rents…

Des conseils ?

  • Si la commune de vos ancĂŞtres est limitrophe, pensez Ă  regarder une carte pour ne pas limiter vos recherches Ă  un seul dĂ©partement. Cela sera utile tant pour faire des recherches en mode escargot que pour dĂ©tecter un environnement gĂ©ographique (zone de plateau, vallĂ©e…)
  • Si l’état civil vous le permet, ne nĂ©gligez pas les publications de mariage (ce qui est valable aussi pour les recherches non limitrophes !)
  • Les sĂ©ries d’enregistrement ont des rayonnements locaux (plus ou moins cantonaux), les sĂ©ries d’hypothèques ciblent des arrondissements, n’hĂ©sitez pas Ă  consulter les tables sur tous les dĂ©partements limitrophes…. quand elles sont conservĂ©es !
  • Les notaires peuvent avoir rĂ©digĂ© des actes pour des personnes hors dĂ©partements. Pensez Ă  regarder les actes, leurs contrĂ´les et Ă©ventuelles insinuations dans les dĂ©partements proches. Et vĂ©rifiez s’il n’y a pas, dans votre salle de lecture, de dĂ©pĂ´t d’actes pour des notaires d’autres dĂ©partements.
  • Les titres de famille, petites pièces isolĂ©es, archives privĂ©es sont Ă©galement des pistes Ă  ne pas nĂ©gliger. Sans oublier bien entendu les fonds de justice… (conseil de famille pour enfants mineurs, dĂ©claration de grossesse, …)
  • Les ressources autres telles que dĂ©pouillements par des associations, des privĂ©s, des professionnels, des sociĂ©tĂ©s commerciales sont Ă©galement un outil complĂ©mentaire dont on n’oubliera pas de vĂ©rifier l’exactitude avec les sources originales.

Une quĂŞte pas si impossible

Les recherches d’ancêtres limitrophes ne sont pas toujours plus difficiles à mener qu’une recherche de personnes ayant vécu au cœur d’un département. Elles sont même plus faciles à envisager qu’une généalogie d’ancêtre ayant migré ou émigré !

Il faut juste penser à regarder dans les départements d’à côté et pourquoi pas envisager des vacances généalogiques sur la terre de vos ancêtres.

 

Images: visionneuses du dĂ©partement de l’Aveyron et des dĂ©partements limitrophes, clichĂ©s personnels.

© 2018 Généalanille

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