PV de survol du territoire par certains engins

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Avr 302018
 

Le Maréchal des logis chef de Saint Geniez rédige en 1954 un procès verbal de renseignements de survol du territoire par certains engins qu’on pense être des soucoupes volantes.

Des engins vus par d’honnêtes gens

Ayant « appris, vaguement, que certains engins inconnus, auraient été aperçus ces derniers jours, survolant le territoire de la commune de Saint Geniez d’Olt », le maréchal des logis chef René Maurel reçoit l’ordre de procéder à une enquête sur la nature de ces engins mystérieux.

Mme Yvonne Marcillac, bouchère dans la rue du commerce tĂ©moigne. Le 30 septembre vers 7H30, elle a entendu un « bruit pareil Ă  un grondement de tonnerre. » Levant les yeux, elle a aperçu une forme de masse cylindrique sans queue ni ailes. Il Ă©tait de couleur argentĂ©e et n’émettait aucune fumĂ©e. Il allait Ă  une vitesse Ă  peu près identique Ă  celle d’un avion. L’engin se dirigeait vers le sud. Mme Marcillac en a parlĂ© Ă  quelques clients mais comme personne n’avait rien vu….

Mr Fernand Caplat, habitant la même rue est lui aussi interrogé. C’est la veille du 30 septembre vers 21H30 qu’il a vu un engin de forme allongée. Silencieux, il laissait « échapper des étincelles sur les côtés et une traînée rougeâtre sur l’arrière. » Sa vitesse était celle d’un avion à réaction donc il a vite disparu du ciel en se dirigeant vers le nord est. Mr Caplat en a parlé à quelques voisins qui ne semblent pas avoir vu la même chose que lui.

Mr Joseph Clarion, électricien, habite lui aussi dans la même rue. C’est le 29 septembre au matin vers 6H30 qu’il a entendu un bruit de tonnerre. Il a levé les yeux au ciel et a vu un engin de « forme allongée, la queue effilée, qui volait à la vitesse d’un avion à réaction. » De couleur foncée, l’engin émettait des étincelles et n’avait pas d’ailes. Il se dirigeait vers le Sud ouest. Mr Clarion n’en a parlé à personne.

L’avis du gendarme

Le maréchal des logis chef a interrogé les 3 seuls témoins du survol. Il n’est pas très convaincu d’une présence surnaturelle. « Aux dires de certains, il pourrait s’agir d’appareils ultra modernes. » Telle est sa conclusion. Son rapport est envoyé à l’inspecteur spécialisé de la police de l’Air, aux renseignements généraux du département et au préfet.

Un phénomène à la mode

Si le survol de Saint Geniez ne semble pas inquiéter les habitants, c’est bien tout le ciel aveyronnais qui est envahi d’engins mystérieux ! Le phénomène a commencé le 13 septembre vers 14H à Vabre Tizac avec Mr Marre qui a aperçu « une grosse masse jaunâtre de forme ovoïde qui pouvait avoir le diamètre d’une barrique. » L’homme de 73 ans, qui jouit de la plénitude de ses facultés mentales, s’est rendu sur les lieux supposés du décollage mais n’a pas trouvé de trace.

A 23 heures le mĂŞme jour, Mr Bessières, jeune ouvrier mĂ©canicien Ă  Villefranche de Rouergue a vu un engin lumineux dans le ciel. Après un instant d’étonnement, il est parti au cafĂ© de la paix chercher d’autres tĂ©moins… Et ils sont 7 personnes Ă  avoir vu « un globe de couleur rouge, de la grosseur d’un ballon de football duquel s’échappaient des Ă©tincelles », changeant de couleur et passant du vert au blanc Ă©clatant.

Le ciel rempli de soucoupes

Le 11 octobre, « une soucoupe volante s’est posĂ©e dans un pré » Ă  Montbazens. C’est le fils du garagiste qui a vu une lumière vive et a cru Ă  un feu. Mr Gardelle a voulu s’approcher de l’engin mais celui ci a dĂ©collĂ© Ă  toute vitesse sans bruit et sans laisser de trace sur le sol….

5 jours plus tard, le journal annonçait qu’il s’agissait d’une plaisanterie. La soucoupe était « un vieux parapluie illuminé et la grande lueur un feu de bengale ! »

Le mĂŞme jour 11 octobre Ă  Pont de Salars, Mme K… partie chercher de l’herbe pour ses lapins a aperçu un large disque lumineux vers 18H. L’engin irradiait un Ă©clat presque insoutenable.

Le 12 octobre puis le 14, le ciel de Villefranche voit passer une boule rouge, puis un disque vert

Le vendredi 15 octobre vers 9H, c’est Ă  Lacroix Barrez qu’un objet lumineux de forme cylindrique Ă©voluait d’Ouest en Est… Lentement ! C’est le mĂŞme tĂ©moignage Ă  Villefranche de Rouergue : un point blanc qui se dĂ©place lentement.

Une énigme résolue

C’est finalement vers 14H ce 15 octobre 1954 que l’énigme est résolue. La soucoupe est un ballon-sonde lancé par l’institut de recherches scientifiques de Padoue en Italie. L’aéronef faisait 28 mètres et évoluait entre 30 et 35000 mètres d’altitude. A tous ceux qui auront cru voir deux martiens « un petit et un grand », il faudra alors se résigner de l’absence de surnaturel dans le ciel aveyronnais.

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’avril 2018 sur le thème imposĂ© « un fait divers Ă  travers les archives de la gendarmerie ou de la police ».

Sources: 338W65-AD12, PER1479-AD12, PER261-AD12, PER880-AD12, PER962-AD12, PER1268-AD12

Le fils adoptif

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Mar 242018
 

Un enfant abandonné non déclaré

Elle s’appelle Angèle et est née en Espagne en 1893. Mariée, elle a un enfant, un fils, né en fin d’année 1922. Mais le petit ne survit pas et meurt à 2 mois. Le chagrin est immense, forcément…

« DĂ©sireuse d’élever un autre enfant afin qu’il tienne la place de son fils disparu », elle s’adresse Ă  une sage-femme de sa ville qui lui remet un jeune enfant abandonnĂ©. Il a un an, a Ă©tĂ© baptisĂ© sous le prĂ©nom de Francisco, ses parents sont connus. L’enfant n’est pas abandonnĂ© pour l’administration. Aucun Ă©tablissement d’assistance n’a recueilli l’enfant donc aucune dĂ©marche officielle d’adoption n’est possible… ni mĂŞme envisagĂ©e.

Le fils adoptif

Alors l’enfant change de maison. Il s’appelle dorénavant Georges et est élevé comme le fils défunt de la famille. Et il ne tarde pas à avoir un petit frère, José. Enfin, disons plutôt que ses parents adoptifs ont un fils, qui lui survit. La famille a également en troisième fils dont on ne sait rien de plus.

La famille en Aveyron

En 1939, avec la guerre civile, Angèle rejoint la France et passe la frontière avec ses deux fils José et Georges. Le troisième enfant reste en Espagne. Elle s’installe dans l’Aveyron. Ils sont recensés en février et comme ils n’ont pas de pièces d’identité, Georges est noté sous le nom que sa mère lui a donné. Les deux garçons ont les yeux marrons, le teint basané mais José, le plus jeune mesure 10 cm de plus que Georges.

Ils n’ont pas la même couleur de cheveux. Georges est peut-être plus bagarreur. Il a une cicatrice au front côté gauche et une autre à travers la joue droite.

Retrouver son identité

En octobre 1940, il fait une demande de carte d’identité de travailleur, puis une autre en février 1942.

En août 1942, sa mère lui dit tout. Il apprend à 20 ans que sa mère n’est pas la sienne mais qu’elle l’a élevé comme ses autres fils. La situation est particulière mais pas très grave en soi…. Sauf que Georges-Francisco veut se marier et a besoin d’une copie de son acte de naissance ! Il finit par l’obtenir en février 1943 mais ce n’est pas cohérent avec ses papiers actuels… Le curé alerte le sous préfet. Le commissaire de police envoie un courrier au préfet pour régler la situation. Une nouvelle carte d’identité est faite au vrai nom du jeune homme et il peut enfin se marier…

 

Sources 314W21-AD12, 4M707-AD12, Photo d’illustration 4M618-AD12

© 2018 Généalanille

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Une apparence esthétique discutable

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FĂ©v 252018
 

Le cimetière est censĂ© ĂŞtre le lieu du dernier repos. Cependant, il est parfois l’objet d’un contentieux quand la famille conteste l’esthĂ©tique du monument funĂ©raire.

Le monument est terminé et installé au cimetière

Le sieur P, entrepreneur de monuments funéraires reçoit la commande de Mme veuve C pour un monument funéraire. Le devis s’élève à 2 200 francs, transport compris.

Le monument est terminé fin décembre 1936 et installé dans le cimetière de la commune. Neuf mois plus tard, l’entrepreneur n’a toujours pas été payé. Il porte l’affaire en justice et demande 500 francs de dommages en plus du montant de la facture.

Il ne correspond pas aux attentes de la cliente

Mme veuve C s’explique. Le premier devis Ă©tait de 2000 francs pour un monument imitation granit et il a Ă©tĂ© portĂ© Ă  2200 francs en accord entre les deux parties….. Mais les travaux n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur… ou plutĂ´t Ă  la longueur ! Les deux cĂ´tĂ©s sont trop courts et restent en retrait de plusieurs dizaines de centimètres par rapport Ă  la porte.

Les pierres en simili granit ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par un bloc en ciment… moins cher.

De plus, Mme veuve C. voulait une jardinière devant le monument, l’entrepreneur en a profité pour faire en sorte qu’elle remplace la porte du caveau. D’où des problèmes d’étanchéité à prévoir.

Et puis la fosse n’est pas assez profonde, comment mettre deux cercueils dans ces conditions ? Et puis le monument a « une apparence esthĂ©tique des plus discutables »… Enfin, ce n’est pas la bonne couleur de granit par rapport Ă  l’échantillon prĂ©vu !

Des témoins pour chacune des parties

Alors la justice fait son travail. Elle entend deux témoins fournis par l’entrepreneur, un tailleur de pierre et un marchand de cycles. Les deux précisent que la veuve voulait un monument dit « coffret parisien ».

Puis c’est au tour des témoins fournis par la veuve : une voisine et une confectionneuse de chapeaux. L’une se souvient très bien que Mme C avait commandé le même monument que celui de Mme B « mais avec deux tours de moins » et avec une porte en marbre. Puis elle avait changé d’avis et voulu une porte en ciment. L’autre faisait remarquer que le choix du monument était fait au cimetière et pas dans le catalogue qu’on lui avait demandé de transmettre à la veuve.

Le travail de l’expert

Un expert est nommé et il se rend au cimetière prendre des mesures précises du monument. Et il y a des critiques !

L’enduit en ciment dans le fond du caveau n’est pas fait. La pierre à l’arrière n’est pas décoffrée et il manque de l’enduit. Sur le dessus, la pierre tombale a reçu 3 épaufrures dont deux ont été réparées au ciment. La jardinière à l’avant n’a pas d’orifice. En cas de gel, la pierre va immanquablement éclater et faire entrer de l’eau dans le caveau.

Mme veuve C avait demandé que la porte du caveau soit indépendante de la jardinière mais l’entrepreneur répond que « le coffret parisien est ainsi construit ».

A l’avant du monument, deux avants corps ont Ă©tĂ© construits en bĂ©ton. C’est moche selon Mme C, mais il parait que c’est le curĂ© qui a voulu cet allongement pour que le monument soit alignĂ© avec les autres tombes…

L’expert Ă©valuera Ă  500 francs les travaux et moins values (joints, Ă©paufrures…) liĂ©s Ă  ces travaux peu soignĂ©s. Ses honoraires s’élèveront Ă  405 francs. Le tout sera Ă  la charge de l’entrepreneur… pour que la famille est enfin accès Ă  un dernier repos!

Sources: 10U16/68-AD12

© 2018 Généalanille

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Se faire naturaliser français

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DĂ©c 182017
 

Après une première demande infructueuse et 22 ans passés en France, l’allemand Frédéric Patszchke se fait naturaliser français.

Un allemand dans la légion étrangère

Il s’appelle FrĂ©dĂ©ric Albert Patszchke. Il est nĂ© en 1885 en Allemagne de parents allemands. En 1910, il se rend Ă  Nancy et s’engage Ă  la lĂ©gion Ă©trangère pour 5 ans. AlgĂ©rie, Maroc, Tonkin… Il est mĂŞme dĂ©corĂ© de la mĂ©daille commĂ©morative du Maroc.

Son engagement se termine alors que la 1ère guerre mondiale est commencée. Il est alors interné pendant un an à Mascara (Algérie) avant d’être envoyé dans l’Aveyron comme chauffeur meunier pour assurer le ravitaillement des hommes au front.

Il travaille ensuite Ă  BĂ©ziers puis Ă  Strasbourg comme chauffeur avant de retourner chez son premier employeur en 1924.

 

Première demande de naturalisation

Le dossier de sa première demande de naturalisation date du 9 février 1927. Elle est régie par la loi du 26 juin 1889 sur la nationalité et respecte le critère de 10 ans de résidence en France.

Les pièces fournies sont :

  • Une demande sur papier timbrĂ© contenant l’engagement Ă  payer Ă  150 francs pour droits de sceaux (sur les 1076 francs prĂ©vus). Cette somme est en rapport avec ses revenus (500 francs par mois) et ses charges (720 francs de loyer et 40 francs d’impĂ´ts) ;
  • Son acte de naissance ;
  • La justification de ses annĂ©es de services militaires ;
  • Les diffĂ©rents justificatifs de se rĂ©sidence en France ;
  • Un bulletin N°2 de son casier judiciaire.

 

Son casier judiciaire n’est pas vierge. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pour avoir volé pour 3000 francs d’objets à son patron l’année précédente.

La condamnation a eu lieu 15 jours avant sa demande de naturalisation. Il paye les 115 francs d’amende dans le courant du même mois et évite l’expulsion.

Et sa vie est en train de changer ! Il épouse en mars 1927 Virginie Barbier, une brodeuse originaire de Haute Vienne. Elle était sa domestique lors du recensement de l’année précédente.

 

Les avis sur son intégration, son comportement et son état de santé sont bons. Cependant, cette première demande de naturalisation est ajournée le 2 octobre 1927. Probablement du fait de sa condamnation.

Sa femme peut recouvrer sa nationalitĂ©, Ă  condition d’en faire la demande avant le 10 aout 1928 au juge de paix de son canton. Pourquoi cette date? A cause d’une nouvelle loi.

Une nouvelle loi

Mme Patszchke est française, devenue allemande par mariage. Mais comme le rappelle le préfet dans sa lettre, elle peut recouvrer sa nationalité en faisant une déclaration devant le juge de paix. C’est un des avantages de la nouvelle loi du 10 aout 1927.

Avant 1927, l’article 19 du 26 juin 1889 prévoyait que la femme suivait la condition de son mari.

A compter du 10 aout 1927, les françaises Ă©pouses d’étranger comme Mme Patszchke ont un an, soit jusqu’au 10 aout 1928 pour recouvrer leur nationalitĂ© d’origine selon l’article 14 de la nouvelle loi. Sous rĂ©serve, bien sĂ»r, d’avoir l’autorisation de leur mari.

 

Une nouvelle demande

Février 1932. Cela fait 22 ans que Mr Patszchke réside en France. Il renouvelle sa demande de naturalisation. Par conséquent, un nouveau dossier est constitué.

Il propose cette fois ci de payer 250 francs sur les 1076 francs de droits prévus. Il gagne 25 francs par jour, sa femme 10 francs par jour. Le montant de leur loyer est de 1200 francs et ils doivent également payer 53 francs d’impôts.

Mais Mr Patszchke n’est pas en règle avec la législation française en vigueur sur le séjour des étrangers. Sa carte d’identité N°1235646 du 5 mars 1927 aurait due être renouvelée au plus tard le 31 mars 1929. Ce qui n’est pas le cas.

Il faut commencer par régulariser la situation. Or Mr Patszchke a bien une carte d’identité a jour qui lui a été délivrée en décembre 1930.

Par consĂ©quent, il ne lui reste qu’Ă  payer les 215,25 francs de droits, ce qui est fait fin aout 1932.

 

Naturalisé et réintégrée

Le couple est naturalisé français (pour Mr) et réintégré (dans la qualité de française pour Mme) par décret du 28 septembre 1932. L’avis est publié dans le journal officiel le 6 octobre 1932.

Naturaliser

Mr Patszchke atteste avoir reçu copie de ces décrets, et ses différents documents officiels (quittances d’impôts, certificats de travail et actes d’état civil) le 17 octobre 1932 à la mairie de Saint Affrique.

 

Sources : 6M314/3-AD12, 8U463-AD12, PER957-AD12, 1295W227-AD12, 6M770-AD12, 6M774-AD12, 6M785-AD12, Journal officiel numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de décembre 2017 sur le thème imposé « les naturalisés ».

Le dernier gisant de la cathédrale

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Sep 172017
 

Le gisant très réaliste de Monseigneur Francqueville a été inauguré en 1912 dans la cathédrale de Rodez.

L’évêque originaire de la Somme

Louis Eugène Francqueville est né le 12 février 1845 à Aizecourt-le-Haut dans la Somme. Fils d’instituteur, et après une enfance passé à Cagny, il entre au petit séminaire de Saint Riquier. Il rejoint le séminaire de Saint Sulpice à Paris en 1865.

Mr Francqueville est ordonnĂ© prĂŞtre le 6 juin 1868 et enseigne l’histoire dans le petit sĂ©minaire de ses Ă©tudes. Il devient vicaire Ă  Saint Vulfran (Abbeville). Il part Ă  Rome en 1877 et devient docteur en thĂ©ologie et en droit canonique. En 1880, il est de retour dans la Somme, oĂą il est vicaire Ă  Amiens, puis professeur, aumĂ´nier, vicaire gĂ©nĂ©ral…

Il est nommé évêque de Rodez et de Vabres le 7 décembre 1899. Son sacre a lieu le 11 mars 1900 à Amiens.

Il décède le 9 décembre 1905 dans le palais épiscopal de Rodez d’une longue maladie.

Il est enterré le 14 décembre 1905 dans la chapelle Saint Joseph de la cathédrale de Rodez où se trouve le chanoine Bérenger d’Arpajon (décédé vers 1300 et probable premier ecclésiastique enterré dans une des chapelles de la cathédrale).

Son cercueil fait le tour du quartier avant de rejoindre la cathédrale. Les cordons du poêle sont tenus par le préfet (en civil), le sénateur, le 1er adjoint au maire et le procureur de la république. Le journal précise également que les honneurs militaires n’ont pas été rendus.

Le sculpteur aveyronnais

C’est Louis Bertrand qui est chargé de réalisé le gisant de Mgr Francqueville. Né en 1866 à Rodez, il est le fils du sculpteur marbrier Antoine Bertrand, apparenté à François Mahoux.

Louis Bertrand est Ă©lève de l’école des beaux Arts. En mars 1889, il manque les examens et le conseil gĂ©nĂ©ral lui adresse un « avertissement très sĂ©rieux en vue d’obtenir de meilleurs notes Ă  l’avenir »… et de ne pas se voir supprimer sa subvention. Il rĂ©ussit le concours en fin d’annĂ©e et ses professeurs signaleront ses aptitudes et efforts. Louis Bertrand part faire son service militaire en 1890 et reprend les cours Ă  son retour.

Il obtient la 3ème médaille dans un concours d’esquisse de bas relief le 28 juin 1892. Le sculpteur perfectionne son art et obtient deux médailles en 1900 et 1904 au salon des artistes.

Il réalisera plus tard le monument aux morts de Pont de Salars (12).

C’est en 1911 qu’il obtient la 1ère médaille (avec 3 autres sculpteurs) au salon pour sa maquette de Mgr Francqueville. La statue sera réalisée, quant à elle en 1912.

Le gisant

C’est Mr Pouget, sculpteur à Rodez, qui a réalisé le soubassement en pierre de grès. Les 4 angles sont ornés de pilastres décorés. En face avant, les armes épiscopales sont soutenues par deux amours portant une banderolle.

C’est sur cette pierre qu’est dépose le gisant en pierre tendre de Lavoux (86) réalisé par Louis Bertrand. La pierre est blanche mais légèrement granitée de noir. Le monument est de taille réelle mais semble être plus grand. Mr Bertrand ne connaissait pas l’évêque mais semble l’avoir très bien réussi, même sans posséder aucune moulure de plâtre. Cette prouesse a été possible grâce aux photographies qui ont été transmises au sculpteur.

L’évêque est représenté souriant et serein. Sa main droite repose sur sa poitrine et l’on distingue clairement la gemme de l’anneau pastoral. Sa main gauche allongée repose sur le livre des évangiles et sur la crosse dont la partie supérieure est appuyée sur le coussin qui supporte la tête. Les pieds sont en partie recouverts par la traîne de la cappa.

L’inauguration a lieu le 27 aout 1912 avec un programme dĂ©taillĂ© de 15 points. Le glas sonne Ă  9H. Le cortège entre le palais Ă©piscopal et la cathĂ©drale est infini. C’est l’occasion pour Mr Lamiche, organiste, de reprendre possession de ses orgues nouvellement restaurĂ©es par la maison Puget de Toulouse. Les chants grĂ©goriens rĂ©sonnent dans l’Ă©difice.

Le gisant est dĂ©barrassĂ© du voile qui le cache avant d’ĂŞtre bĂ©ni par les Ă©vĂŞques prĂ©sents.

 

C’est le dernier gisant installé dans la cathédrale de Rodez.

gisant

Sources : Revue du monde catholique, Le petit journal, catalogue illustré du salon, numérisés par gallica.bnf.fr ; base arcade culture.gouv.fr, Le Narrateur, le journal de l’Aveyron, 12T8/1-AD12, 12T8/2-AD12, 16T26/9-AD12, 2O195/2-AD12, PER182-AD12, F/21/1877-ADN

Quatre années de fêtes aériennes

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Sep 022017
 

1911-1912-1913-1914 Quatre annĂ©es de fĂŞtes aĂ©riennes Ă  Villefranche de Rouergue avant la grande guerre avec quelques incidents et alĂ©as d’organisation….

La journée d’aviation de 1911

C’est dans le cadre de la fête de la St Jean que Villefranche de Rouergue accueille sa première journée d’aviation. Le terrain est choisi. L’organisation logistique se met en place. Les arrêtés communaux et préfectoraux sont pris.

Il faut veiller à bien canaliser la foule notamment pour le stationnement. Et il faut surtout s’assurer que les pilotes ont leur brevet car le public par son enthousiasme peut amener à mettre en marche les moteurs des avions et faire exécuter des vols par des pilotes non expérimentés.

Pour cette première année, sont attendus:

  • Pierre Divetain, aviateur ayant participĂ© Ă  la course Paris Madrid sur biplan Goupy moteur GnĂ´me,
  • Mr Visseaux aviateur sur biplan Sommer,
  • et Mr Mauthier, chef pilote de l’école bressanne sur monoplan Morane.

Leurs brevets sont vérifiés le 14 juin 1911 mais il semble qu’ils ne viendront pas en Aveyron car deux autres noms apparaissent dans le compte rendu de la manifestation.

Quelques incidents

Plus de 4000 personnes arrivent par le train, plus ceux venus Ă  pied, Ă  bicyclette, en voiture… La foule se presse vers l’aĂ©rodrome pour visiter le monoplan BlĂ©riot de Lusetti et le biplan Sommer de ChaussĂ©e qui sont sous les hangars. Un premier incident entache la fĂŞte le dimanche, avec une hĂ©lice du monoplan qui blesse un mĂ©cano (voir le compte rendu sur le site de l’aĂ©roclub du Rouergue).

Le biplan est sorti. Après un premier vol de 8mn, il faut laisser reposer la machine et le pilote. Il repart 3 quarts d’heures plus tard pour un vol de 20mn. L’atterrissage est un peu brusque et casse un patin. Heureusement sans blessé. Il est déjà 19H30 et la foule doit se disperser.

Le lundi, un nouvel vol est prévu. L’hélice du monoplan n’est pas arrivée, il restera au hangar. Le biplan est démarré mais un éclat blesse le pilote. II est soigné par le docteur et deux religieuses. Il finit par s’envoler un peu avant 18H30 pour un vol de 8mn. L’atterrissage est fait face au public des places payantes.

A 18H48, le biplan repart. On le voit s’éloigner mais jamais revenir. Après 25mn, il n’est toujours pas là ! On apprend qu’il a chuté à 2km de la ville. Le pilote n’a rien. Ouf ! Des automobilistes partent le chercher et on voit le pilote arriver à pied. Il a cherché à atterrir, voyant que l’avion avait des difficultés matérielles. Il a finit par tomber d’aplomb de 5 mètres de haut. L’hélice est brisée, l’avion est très endommagé mais le pilote n’a rien.

1912 une fête ratée

Une belle réussite en 1911 engage les organisateurs à renouveler la fête de l’aviation en 1912. C’est le pilot Brindejonc des Moulinais qui est prévu pour la fête mais il se désiste au dernier moment. Et pire, il ne répond pas dans la semaine qui précède la manifestation.

Le bruit s’évente, le public ne se déplacera pas en masse comme l’année précédente.

Le pilote finit par se justifier. Son avion est trop rapide pour un terrain aussi petit. Et les autres appareils d’exhibitions sont cassĂ©s. Un par Bedel le 1er jour, l’autre par Bedel le 2ème jour. Bielovucci qui devait le remplacer s’est cassĂ© la rotule et Caudron le 2ème remplaçant trouvait que ça lui faisait trop de frais de venir. Mais si un jour il passe près de Villefranche, il s’engage Ă  survoler la ville gratuitement pour dĂ©dommager…

1913 le retour de l’avion

Clovis Marius Amans propriétaire à Castelnau le Lez (34) s’engage à organiser les journées d’aviation de 1913 avec le concours de son fils Charles muni de son brevet de pilote N°845 et de sa licence N°910. Il a une assurance pour couvrir les risques et il prend en charge les frais liés aux mesures d’ordre prescrites et les indemnités des gendarmes et agents de la force publique qui auraient un accident en participant à l’événement.

Le terrain d’aviation choisi est toujours le même. Son emplacement est au centre d’un amphithéâtre naturel qui permet aux petits malins de s’installer en hauteur sans payer de droit d’entrée.

La fête se passera presque sans incident. Après un premier vol, le moteur est remis en route. Le ciel est clair. Mais le pilote est obligé d’atterrir rapidement car le moteur fuit et lui projette de l’essence sur le visage, ce qui l’aveugle. Les vols du lendemain seront exécutés sans problème.

1914 Plus d’avion

Dans la réunion du mois de mai 1914, le comité des fêtes hésite : une fête de gymnastique ou une fête de l’aviation ? L’aviation est un spectacle déjà passé de mode mais la gymnastique n’est pas un clou et il faut attirer des visiteurs. Donc on se résigne pour une fête de l’aviation avec une fête de gymnastique !

Qui fit fête aérienne, ne dit pas forcément avion. C’est donc une montgolfière qui est choisie pour les fêtes de 1914.

Gonflement, vol captif avec distribution de jouets. Ce gros ballon a du en impressionner plus d’un.

A 16h, le hardi pilote grimpe dans la nacelle de l’aérostat « la ville de Villefranche » et s’élève dans les airs. C’est un vent d’ouest qui le pousse. Le ballon reste à la vue des spectateurs une vingtaine de minutes avant de disparaitre. Il atterrira près de la baraque de Pachins, sur la commune de La Bastide l’Evêque.

Une mode dépassée

L’aviation est un spectacle déjà dépassé en 1914. Quelques mois plus tard, la 1ère guerre mondiale éclate et les avions survoleront régulièrement les tranchées.

Après 4 ans de guerre, ce sont quelques manèges et balançoires qui viendront animer la fête de la St Jean 1919.

 

Sources: 4M294-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12, le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

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La carte d’identitĂ© de nos ancĂŞtres Ă©trangers

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Août 242017
 

Comment obtenir une carte d’identité pour un étranger ? Voici quelques documents dans nos archives pour les demandes traitées à partir du décret d’octobre 1924.

Des décrets qui changent souvent

1917 : les travailleurs étrangers doivent avoir une carte d’identité qui leur tient lieu de sauf conduit. Elle est gratuite, chamoise (pour l’agriculture) ou verte (pour l’industrie) et délivrée par le commissaire de police du poste frontière ou le bureau des travailleurs étrangers.

1920 : les cartes deviennent blanches avec un tampon portant la mention « travailleur agricole ou travailleur industriel ». Toujours gratuite, elle est délivrée par les mêmes instances.

1922 : pour dĂ©sengorger les commissariats de police des postes frontières, il n’est Ă©mis qu’un sauf conduit aux Ă©trangers. La carte d’identitĂ© est envoyĂ©e Ă  la prĂ©fecture de destination oĂą l’ouvrier doit la rĂ©cupĂ©rer dans les 8 jours après son arrivĂ©e. La carte est devenue payante…

 

« Réglementation relative au séjour des étrangers en France »

Tel est le nom du décret du 25 octobre 1924. Celui ci modifie les moyens d’obtentions d’une carte d’identité. Ce sont dorénavant les mairies qui sont chargées d’enregistrer les demandes.
Cette dĂ©centralisation apporte des complications pour les Ă©trangers. Alors qu’ils trouvaient plus ou moins facilement quelqu’un parlant leur langue au commissariat du poste frontière, il n’en ai pas de mĂŞme dans les mairies des petites communes. Difficile alors de remplir correctement les demandes….

 

Un sauf conduit

Quand le travailleur étranger arrive en France, il se présente au commissaire de police du poste frontière qui lui établit un sauf conduit. Celui ci lui permet de se rendre dans la commune où l’attend son employeur.

 

Un dossier de demande

Dans les 48 heures qui suivent son arrivée dans sa commune, l’étranger doit faire une demande de carte d’identité à la mairie ou au commissariat de police local. Le dossier doit être accompagné de 4 photos et de la justification de son identité (passeport), de son contrat de travail et bien sûr d’un mandat.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture.

Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La carte d’identité

Sur le recto de la carte d’identité, on retrouve le timbre dont le montant correspond au mandat payé par l’étranger. A l’intérieur, outre les informations présentes sur la demande, on peut voir le N° de la carte et les différents visas en cas de changement de domicile.

Le renouvellement tous les deux ans.

Le décret de 1924 prévoit un renouvellement tous les 3 ans (avec changement de photo), mais le décret du 9 septembre 1925 réduit ce délai à 2 ans. Sachant que toute année commencée compte pour une année entière.

Les demandes sont faites au plus tard dans le premier trimestre qui suit l’expiration de la carte. L’ouvrier étranger rend sa carte et reçoit en attendant un récépissé confirmant sa demande.

Une nouvelle carte

L’ouvrier Ă©change son rĂ©cĂ©pissĂ© et reçoit sa nouvelle carte valable 2 ans. Elle porte un nouveau numĂ©ro. Elle ne sera changĂ©e qu’à son expiration oĂą s’il change de profession selon le dĂ©cret du 30 novembre 1926….

 

Dans nos archives

Les documents concernant les Ă©trangers sont Ă  chercher en sĂ©rie 4M pour la pĂ©riode avant 1940. Les pièces justificatives des demandes de cartes d’identitĂ© sont loin d’être les seuls Ă  disposition. On trouve parfois des passeports, des fiches cartonnĂ©es très dĂ©taillĂ©es, des doubles de contrats d’embauche, des lettres manuscrites, des registres de contrĂ´le… Et parfois deux ou trois photos de nos ancĂŞtres.

 

Source: 4M789-AD12

© 2017 Généalanille

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La carte postale de vacances

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Juil 212017
 

Souvenir d’un endroit, pensĂ©e pour la famille ou les amis, devoir obligatoire pendant les vacances… La carte postale fait toujours plaisir Ă  recevoir et permet de complĂ©ter l’histoire de la famille.

Il y en a de toutes les sortes !

Regardez les cartes postales que vous avez reçues. Il y en a de toutes les sortes. Des «jolies »,  des moins jolies, des historiques, des géographiques, des culinaires, des « avec des chats, des chiens, des nounours », des « qu’on ne peut pas deviner d’où elles ont été envoyées ».

Et c’est le geste qui compte plus que le texte !

Qu’est ce qu’on écrit ?

L’inspiration est souvent dĂ©faillante en pĂ©riode de vacances. « PensĂ©e Ă  ceux qui travaillent». « Affectueux souvenirs». « Il fait beau, tout va bien ». « De passage Ă  … » Rien de très utile pour notre gĂ©nĂ©alogie…

Quelques mots seulement!  Cela nous renvoie à l’arrêté ministériel du 18 novembre 1903 (modifié en 1904) qui prévoyait un tarif d’affranchissement en fonction de l’usage de la carte illustrée.

A l’époque, le timbre pour une carte postale était 10 centimes. Pour un imprimé, c’était 5 centimes si au verso on écrivait une expression, ne dépassant pas les cinq mots parmi une liste:

Et puis de toutes façons, on est bien les seuls à lire nos cartes postales. Car même les agents de postes n’en prennent pas connaissance.

Une utilité pour l’histoire de notre famille ?

Il semble Ă©vident que les cartes postales anciennes sont intĂ©ressantes pour notre gĂ©nĂ©alogie. Celles Ă©crites au dĂ©but du siècle (pendant la guerre ou après), nous renseignent souvent sur la vie quotidienne de nos ancĂŞtres. Elles illustrent parfois Ă©galement leurs lieux de vie, leur commerce, leur village. Elles sont des photographies d’un instant t qu’on peut dater.

Mais les cartes de vacances ? Plus récentes, elles peuvent nous permettre de connaitre ceux de nos ancêtres qui ont voyagé et de savoir où ils ont été.

Carte postale

Cependant, il faut garder Ă  l’esprit que la carte qu’on a envoyĂ©e n’est pas dans les boites Ă  chaussures de nos placards ou greniers. Elle est chez le destinataire ! Chez vos grands-parents, chez leurs cousins, leurs amis… VoilĂ  une bonne occasion d’aller les rencontrer pendant vos vacances et de leur dire « dis-donc, t’as pas des cartes postales? »

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juillet 2017 sur le thème imposé « les vacances ».

 

L’origine de cette photo de famille

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Juil 142017
 

La photo a été prise pendant la seconde guerre mondiale. Mais qui se souvient que c’était avec un appareil volé ?

C’est la guerre…

Mr G., huissier du tribunal, demeurant une petite ville de l’Aveyron, est mobilisé au mois d’août 1939. Il laisse son « appareil photographique contenu dans une gaine en cuir ainsi qu’un opuscule qui indique son fonctionnement » sur le rebord d’une fenêtre d’un garage qu’il loue à un hôtelier. Puis il rejoint son centre mobilisateur dans le sud de la France.

Quand il revient en avril 1940 comme réformé N°2, l’appareil photo a disparu. Après avoir cru à une blague d’un ami, Mr G. se résigne à porter plainte contre X. Le garage était fermé à clé mais la fenêtre était en partie brisée et clôturée par une planchette de bois ! C’est sûrement par ce biais que le larcin a eu lieu.

Les gendarmes enquĂŞtent

L’appareil photo a une valeur de 375 francs. C’est un Kodak Senior 6 16 muni d’un dispositif qui permet de se photographier soi-même. Il a été acheté à Mme G. née L., photographe de la même ville en 1936. C’est elle que les gendarmes vont interroger.

La photographe se souvient avoir vendu l’appareil à l’huissier. Elle conforme les caractéristiques et le prix. Et elle se souvient même avoir vu un appareil photo identique dans les mains d’un jeune domestique de ferme. Quand ? En début 1940. Comment s’appelle-t-il ? C’est Simon B. Il a même précisé que c’était son oncle de Paris qui lui avait offert.

Le domestique de 16 ans

Les gendarmes se rendent sur le domaine où travaille Simon, 16 ans, qui se met à pâlir quand il voit les deux képis arriver. Après quelques instants, il avoue son vol et explique qu’il a effectivement passé la main par la fenêtre brisée pour se munir de l’appareil. Caché dans sa malle, il a compulsé le mode d’emploi et a utilisé l’appareil photo pour prendre des clichés de ses sœurs. Sa mère est au courant, mais elle pense que c’est un oncle qui a fait ce cadeau.

Comme il n’y a pas de flagrant délit, le jeune est laissé en liberté et l’appareil change de mains.

Qui est responsable ?

Le gamin n’a que 16 ans. Il est loin de sa majorité (21 ans). L’employeur est reconnu responsable mais comme il a été, lui aussi, mobilisé et n’a eu que deux permissions depuis le début de la guerre, il réfute la responsabilité du jeune homme. En plus le vol n’a pas été commis sur le lieu de travail, mais pendant ses heures de pause, et puis le père a promis de tout payer !!

Le père est bien civilement responsable de son fils, mais il conteste cependant cette responsabilité puisque Simon n’était pas sous sa surveillance depuis qu’il travaillait. Père de 7 enfants, il est prêt à tout payer et demande qu’on ne lui retire pas son autorité paternelle.

On en arrĂŞte (presque) lĂ 

L’huissier a retirĂ© sa plainte, pensant que le jeune homme a agi sans discernement. Il faut dire que le père de l’huissier s’est remariĂ© avec la sĹ“ur de père de Simon. On est presque en famille….

Cependant la justice suit son cours et Simon est cité à comparaitre devant le tribunal pour enfants et adolescents de l’arrondissement. Et c’est Mr G., le volé, en tant qu’huissier, qui va se rendre auprès de la famille de Simon pour leur signifier leur citation.

Le jugement sera clément. Simon est acquitté et son père doit payer les 141 francs de frais. Nul doute que le salaire du jeune homme aura été mis à contribution. Les réprimandes du père de famille ont certainement été beaucoup moins agréables à entendre !

Une pellicule de photos

Simon avouera avoir fait une pellicule de photos de famille. Il dit avoir pris ses sĹ“urs en photo. Cette photo existe toujours. Avec les diffĂ©rents dĂ©cès et dĂ©mĂ©nagements, elle est pour le moment introuvable. Les plus jeunes toujours en vie se souviennent de cet appareil photo qui Ă©tait lĂ , sorti dont on ne sait oĂą…

En ayant trouvĂ© cette histoire dans les archives, la mĂ©moire va ĂŞtre rĂ©activĂ©e et nos ancĂŞtres interrogĂ©s. Et peut-ĂŞtre que quelqu’un se souviendra de cette « raclĂ©e mĂ©morable » que Simon avait reçu pendant la guerre….

Sources: dossiers de procĂ©dure et jugements issus des tribunaux des archives de l’Aveyron. Le petit parisien. Photo d’illustration issue d’archives personnelles.

© 2017 Généalanille

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Le tour de France s’arrête (enfin) à Rodez

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Juin 292017
 

Il faut attendre 1984 pour que Rodez devienne ville-étape du Tour de France pour la 1ère fois.

Bourran 2017

Un presque aveyronnais dans le Tour 1905

Le Tour de France parcourt le pays depuis 1903. En 1905, Louis Trousselier remporte 5 étapes sur les 11 du circuit dont celle « des clous ». Ce champion n’est pas rouerguat (il est né à Paris) mais fils d’un aveyronnais de Vimenet monté à Paris tenter sa chance. Les journaux ne manqueront pas de rappeler son bon souvenir quand la course fera de Rodez une de ses villes étapes en 1984.

 

Millau plusieurs fois ville-Ă©tape

La sous préfecture aveyronnaise de Millau a accueilli le tour de France lors de son premier passage dans le département de l’Aveyron (en 1954).

Elle est même ville-étape à plusieurs reprises :

  • Le 22 juillet 1954, la course venant de Toulouse et partant pour le Puy en Velay ;
  • Le 19 juillet 1955, venant d’Avignon et se dirigeant pour Albi ;
  • Le 8 juillet 1960, arrivant de Toulouse et repartant pour Avignon ;
  • Le 16 juillet 1987, venant de Blagnac et repartant pour Avignon ;
  • Le 15 juillet 1990, arrivant du Puy en Velay et se dirigeant sur Revel.

Roquefort, la citĂ© du fromage Ă©ponyme, est ville Ă©tape en 1983, quant Ă  Rodez….

 

Un passage en 1959

Il faut attendre le 8 juillet 1959 pour que la course cycliste traverse la cité Ruthénoise en remontant le boulevard Victor Hugo, faisant face à la cathédrale en pierres roses. Le moment est immortalisé pour les caméras de la télévision française et le local de l’étape, Emmanuel Busto, de Cransac, va terminer 15ème à l’arrivée à Aurillac.

 

Le tour traversera l’Aveyron en 1963 (Villefranche De Rouergue), 1968 (Decazeville), 1975 (St Jean Delnous, Pont de Salars, Gabriac, St Côme, Aubrac) avant de s’arrêter à Rodez.

Une sacrée organisation

Plusieurs mois de prĂ©paration et trois semaines de travail intense ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires. Tous les agents des services techniques de Rodez ont Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ©s, mais aussi ceux des espaces verts, ceux des fĂŞtes, de la voirie, le menuisier… Soit une soixantaine de personnes pour cet Ă©tĂ© 1984. Car le Tour est Ă  Rodez!

Il faut mettre en place des dĂ©viations, du flĂ©chage, attacher 350 bottes de paille, prĂ©parer les parkings, des tribunes… D’ailleurs une cinquantaine de panneaux de dĂ©viation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  la main par les agents ruthĂ©nois car « ceux qu’on trouve sur le marchĂ© n’ont pas la flèche dans le bon sens »…

L’avenue de Bordeaux aurait due être refaite à neuf mais un incident a retardé les travaux. Les ilots dangereux de l’avenue Lacombe ont été supprimés. Les grilles d’égouts ont été changées (elles étaient composées de barreaux longitudinaux où les boyaux de bicyclette pouvaient se glisser).

900 barrières métalliques ont été empruntées dans les communes du département. Entre l’arrivée du Tour et son départ, « les barrières seront déplacées dans la nuit et le circuit sera balayé ».  Mais attention, la course repart le 12 juillet. Il faudra vite tout démonter pour rendre les barrières aux communes avant la fête nationale du 14 juillet.

Le foirail est envahi

Des parkings de dissuasion ont été instaurés aux entrées de la ville : au Lachet et aux Moutiers, sur la rocade, à la Mouline, sur l’ancien parking du bimillénaire.

Le stationnement sur le parcours est interdit pendant 3 jours et des navettes de bus sont mises en place. Qui n’est jamais venu Ă  Rodez ne sait peut ĂŞtre pas… C’est un piton ! Et garĂ© aux Mouthiers ou Ă  la Mouline demande un peu ( !) d’effort pour atteindre le foirail. Depuis le parking prĂ©vu au SacrĂ© CĹ“ur, c’est beaucoup plus facile…

La circulation aussi est réduite. 14 véhicules radios sont installés aux points stratégiques et le circuit est neutralisé dès que les coureurs arrivent « au Pas ».  Pas de circulation, mais c’est cependant plus de 600 véhicules qui sont attendus sur le foirail : 300 de la caravane, 150 des officiels et 210 de la presse.

La salle de presse est installĂ©e sous les halles Charles, les officiels dans la salle des fĂŞtes. Et sur l’avenue Victor Hugo, la tribune officielle, le camion Ă©lĂ©vateur de la tĂ©lĂ©…

 

Et la course ?

Pierre Henri Mentheour est vainqueur à Rodez en ce 11 juillet 1984 avec une moyenne de 36,407km/h  sur les 220,5 km de l’étape. Sur le podium, il est rejoint par Dominique Garde et le danois Kim Andersen. Au général, les trois premiers sont Vincent Barteau (maillot jaune), Maurice le Guilloux et Laurent Fignon.

Mentheour a démarré dans la côte de Rodez. Rejoint par ses deux compagnons qui finiront sur le podium, il s’est imposé facilement au sprint.

Le lendemain les cyclistes arrivent sur la place d’armes où l’accordéon club ruthénois joue, debout sur un podium placé devant la trésorerie. La foule est toujours aussi nombreuse que la veille.

A 10h, le départ fictif de l’étape est donné. Boulevard d’Estournel, rue St Cyrice, avenue Tarayre, avenue Durand de Gros, avenue de Paris, le pont des quatre saisons et l’avenue des rosiers d’où le départ réel est donné.

A la Roquette, les 147 cyclistes passent en trombe. Les spectateurs d’Agen ont Ă  peine le temps de les voir… A Aujols, on ralentit un peu dans la cĂ´te avant d’arriver Ă  Arques et de remonter sur SĂ©gur. Un passage devant le château de Vezins oĂą les vacanciers se sont regroupĂ©s et puis Recoules avant d’atteindre SĂ©verac. La grimpette vers le château permet au peloton de rattraper son retard sur les Ă©chappĂ©s. Et puis on attend la Lozère… le tour est passé !

Rendez vous en 2010, 2015, 2017…

Le Tour de France continuera de passer régulièrement sur les routes aveyronnaises. Mais il faut attendre 2010 puis 2015 pour que Rodez soit à nouveau ville étape. La cité Ruthénoise accueille pour la 4ème fois le Tour de France en cet été 2017.

Tour

Sources: PER386-AD12, images de l’INA, le dicodutour.com

© 2017 Généalanille

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