Le circuit du printemps

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Mar 202017
 

Le circuit du printemps, c’est le nom choisi par le vélo club de Villefranche de Rouergue pour sa course cycliste d’avril 1934.

Printemps

70 km à vélo

On est en avril 1934 à Villefranche de Rouergue et le vélo club a décidé d’organiser une course cycliste. Elle s’appellera le circuit du printemps. Avenue du quercy, Martiel, Villeneuve, Villefranche, les quais, promenade Guiraudet, boulevard de la Douve. Deux fois ce parcours, cela fait environ 70 km.

Le départ prévu initialement à 15H place nationale est finalement retardé d’une demi-heure pour laisser l’opportunité aux coureurs de participer à un autre événement. L’arrivée est donc prévue vers 17H40 place Jean Jaurès.

Les indépendants du coin

La course est réservée à tout coureur indépendant des départements de l’Aveyron, du Lot, du Tarn et Garonne, Haute Garonne, Cantal et Tarn.

Le 1er villefranchois aura une prime de 25 francs, le 2ème de 15 francs et le 3ème de 10 francs offertes par un sportif.

Le dernier villefranchois aura aussi une prime de 10 francs mais offerte par Mr Fabry. Finalement, il faut espérer qu’il n’y aura pas plus de 4 coureurs de la ville pour éviter que l’un d’eux soit défavorisé !

Une organisation Ă  anticiper

Proposer une course cycliste, c’est toute une organisation.

La déclaration à la préfecture est faite le 11 avril 1934. Mr Pourcel, le président de l’association, s’engage à payer tous les frais de surveillance ou autres occasionnés par la course. Le préfet donne son accord une semaine plus tard.

Il faut prévoir la remise des brassards (le jour même à 14H au siège social). Il faut interdire aux voitures non officielles de dépasser la voiture portant le fanion de la croix rouge.

Bref, un dernier briefing a lieu la veille de la course Ă  20H30 pour finaliser le rĂ´le de chacun.

Une association du 19ème siècle

L’association a été créée en 1893, c’est ce qu’indiquent ses lettres à entête mais le vélo club semble exister depuis le 15 octobre 1892. D’ailleurs un punch a été servi au 26 sociétaires le 29 octobre 1892 au café des globes en présence d’Emile Assié, président et d’Emile Alibert vice-président.

Conviviale et dynamique, une première course est organisée dès le lendemain sur Martiel. Les associations sportives se sont d’ailleurs multiplié à cette époque…

25 concurrents dans une course folle

Ils sont 25 concurrents à participer. Le départ est donné par Mr Vidal chef conseil de l’association.

L’avenue de quercy est gravie à 30 km à l’heure. En tête, on retrouve les coureurs Roques, Davet et Bedel, les villefranchois, qui foncent à fond de train à 40, 45 km heure selon le compteur de la voiture qui les suit.

Malheureusement le jeune Davet est victime de crampes et il abandonne dans la cote de Savignac.

Un peu plus loin, Bedel est entrainé dans la chute de Singla. Le temps de remonter en selle et d’arranger son guidon faussé, le peloton de tête a déjà pris un kilomètre d’avance.

Il n’y a plus que 6 hommes en tête et seulement un « local », le villefranchois Roques qui fait l’admiration de tous les suiveurs grâce à son allure souple et coulée. Premier tour bouclé de 35 km en 58mn et Roques gagne la prime du 1er villefranchois.

Au deuxième tour, pas de changement. Après 2H03 de course, c’est le figeacois Desson sur vélo Helyet, pneu Huchinson qui monte sur la 1ère marche. Sur la deuxième, l’aveyronnais Bouthemont de Viviez et sur la 3ème Roques avec son vélo Griffon et ses pneu Dunlop.

Bedel, le deuxième Villefranchois ne finira que 11ème avec son vélo Alcyon.

Qu’est-ce qu’on gagne ?

Les prix sont offerts par la société, complétés d’une somme offerte par les commerçants de la place Jean Jaurès.

  • 1er prix 120 + 30 soit 150 francs
  • 2ème prix 80 + 20 soit 100 francs
  • 3ème prix 40 + 35 soit 75 francs
  • 4ème prix 35 +15 soit 50 francs
  • 5ème prix 25 + 10 soit 35 francs
  • 6ème prix 10 + 10 soit 20 francs.

Pour les vainqueurs, cela rembourse donc largement les 3 francs d’inscription.

FĂ©licitations et reproches

Alors que le comité remercie les bénévoles, il rappelle cependant aux conducteurs de voitures qui suivent la course d’être dorénavant plus prudents. En effet, messieurs C et E ont failli causer une chute générale du peloton de tête du fait de leur imprudence…

La soirée se finira par un bal prévu le soir au casino. En attendant la prochaine course !

Sources: 4M290-AD12, 4M262-AD12, Le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

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Gaston ne sera jamais gadzart

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FĂ©v 172017
 

Gaston prĂ©sente 4 fois le concours pour entrer Ă  l’école des arts et mĂ©tiers d’Aix en Provence. MalgrĂ© sa persĂ©vĂ©rance, il ne sera deviendra jamais gadzart.

Né en février

Gaston est né le 10 février 1907 dans l’Aveyron. Élève au lycée Monteil de Rodez, il remplit son dossier de candidature pour le concours d’admission aux écoles nationales d’arts et métiers en 1923.

Il a bien 16 ans, mais le règlement stipule qu’il doit avoir « 16 ans au moins au 1er janvier de l’année du concours. » Or Gaston est né en février… Son dossier est renvoyé au sous préfet.

DĂ©jĂ  Ă  Aix

Refusé au concours, Gaston ne doit pas perdre de temps. Il rejoint l’école primaire supérieure professionnelle à Aix en Provence. Son père touche une bourse de 100 francs par an de son employeur (la compagnie des chemins de fer du Midi) pour l’aider à financer ces études.

Gaston refait un nouveau dossier pour 1924 :

  • acte de naissance,
  • certificat mĂ©dical, de revaccination, de bonnes vie et mĹ“urs, de nationalitĂ©,
  • engagement des parents pour le paiement de la pension et du trousseau,
  • relevĂ© des notes de travail et de conduite sur les 2 dernières annĂ©es,
  • et diplĂ´me ou certificat parmi la liste prĂ©vue par le règlement.

Le dossier est complété par

  • l’avis personnel et motivĂ© du sous prĂ©fet,
  • de la dĂ©libĂ©ration du conseil municipal,
  • de la feuille d’impĂ´t des parents
  • et d’un tableau de renseignement.

Gaston doit aussi faire une lettre manuscrite pour sa demande d’inscription. Elle permettra de légaliser sa signature. Il précise dans celle-ci l’option qu’il a choisi et même l’ordre de préférence des écoles.

Gaston ne passe pas l’étape de l’examen probatoire.

Nouvel essai

1925. le postulant est toujours à l’école primaire supérieure professionnelle à Aix en Provence. Il constitue à nouveau un dossier avec les mêmes éléments, refait une demande de bourse. Il faut dire que les frais sont un peu élevés.

Gaston demande Ă  nouveau Ă  passer l’examen Ă  Marseille. DictĂ©e, composition, page d’écriture, dessin, gĂ©omĂ©trie, algèbre et trigonomĂ©trie et dessin industriel. Cette annĂ©e, il porte sur le boitard. Mais Gaston est recalĂ©…

Dernière chance

1926. Gaston refait un dossier. Mais les règles du jeu ont changé. Régi par le décret du 14 aout 1909, le concours se voit modifié par le décret du 22 janvier et l’arrêté du 24 février 1926. L’examen probatoire réalisé en même temps dans chaque préfecture de département est supprimé.

Dorénavant, il faudra passer les épreuves écrites et graphiques dans des centres spéciaux (pour l’Aveyron à Toulouse).

centre gadzart

Puis, s’il est admissible, l’élève devra se rendre au siège de l’école nationale des arts et métiers de la circonscription pour subir les épreuves orales et une épreuve de travail manuel.

Gaston réussit les épreuves écrites. Direction Aix pour les épreuves orales. Il échoue une dernière fois et n’est pas parmi la liste des 100 admis par école.Le premier (et seul) aveyronnais est classé 82ème.

Comme le futur ingĂ©nieur n’avait le droit de se prĂ©senter qu’Ă  3 concours, il ne sera donc jamais gadzart.

 

Sources: 12T3/29-AD12, journaux officiels numérisés par gallica

© 2017 Généalanille

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Deux boites de conserve de champignons

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DĂ©c 022016
 

Arrêtés puis fouillés, les futurs condamnés portent souvent des objets personnels qui sont confisqués. Certains d’entre eux ne sont jamais réclamés et sont vendus aux enchères pour libérer de l’espace dans les tribunaux.

conserve

271 objets au greffe du tribunal

Le 22 novembre 1926, le greffier du tribunal civil de Villefranche dresse un inventaire de 271 articles. Il s’agit de la liste des objets non confisqués déposés au greffe à l’occasion de procès. Or ceux-ci n’ont pas été réclamés depuis que les jugements sont devenus définitifs.

Que contient la liste ? Des fusils bien sĂ»r, des armes, des vĂŞtements… Mais l’inventaire et beaucoup plus large et hĂ©tĂ©roclite. En 1905, il contenait mĂŞme un coffre fort dĂ©moli ! Pour cette annĂ©e 1926, on trouve des draps, des bijoux, une bicyclette, un livre de Chateaubriand, des casses-tĂŞte, une paire de pantoufles et 2 boites de conserves de champignons.

Ces deux boites seront vendues aux enchères le 23 décembre 1926 dans la salle du palais de Justice. Peut-on retracer leur histoire ?

Un polonais SDF

On est la veille de Noël 1924. Stefan Reyclick, polonais de 36 ans est sorti de prison depuis 15 jours après avoir été arrêté pour vagabondage à Decazeville. Arrivé de Pologne au mois de mai, il a laissé sa femme et ses deux enfants au pays pour rejoindre son frère en région parisienne. Quelques semaines plus tard, il est embauché quelques jours comme manœuvre au chemin de fer de Viviez mais il dort dans la rue et n’a pas récupéré sa pièce d’identité laissée à Paris.

Au café de l’étoile

Le 24 décembre il part de Rodez et prend le train de 5H30 pour Aubin. Vers 18H, alors qu’il est, seulement les témoins, ivre, il s’installe dans la salle du café de l’étoile près de la gare et demande dans un mauvais français un café. La tenancière, Mme Solignac, lui sert sa boisson et lui verse un petit verre de marc. Cependant il refuse cet alcool et demande un rhum. La tenancière de café est seule, elle retourne vaquer à ses occupations, et quand elle l’aperçoit de la cuisine changer de place, elle demande à son fils René âgé de 7 ans de le surveiller.

Après quelques instants, le petit se met à crier « maman, maman, il prend une bouteille! » Stefan Reyclick vient en effet de glisser une bouteille de « Vermouth Frontignan »  d’une valeur de 15 francs sous sa veste.  Aux cris de l’enfant, il repose la bouteille et tente de s’enfuir par la cuisine mais Mme Solignac l’en empêche avec son balai. Le polonais repart vers la porte de sortie alors que la tenancière crie « au secours, Mr Bousquet ! » Ledit voisin, sortant de son magasin, a eu le temps de traverser la rue et d’arriver en même temps que les gendarmes qui étaient de passage dans l’avenue.

La fouille du coupable

Mme Solignac dépose plainte. Elle a eu peur et son fils est en larmes. Les voisins témoignent que l’individu  a tenté de voler une bouteille de liqueur.

Mr Reyclik est fouillé. Il est porteur

  • D’une boite de conserve champignons cèpes
  • Une boite de conserve de champignons de paris
  • Une boite mĂ©tallique avec 14,60 francs
  • Un demi paquet de tabac, des feuilles de cigarettes, des allumettes
  • Un morceau de savon
  • Un certificat de travail de la Loubière
  • Un certificat de mise en libertĂ© de la prison
  • Des papiers divers.

Jugement à Noël

Le jour de Noël, il comparait devant le juge du tribunal de Villefranche assisté de Pierre Kozub, interprète de la société des aciéries de France. Il reconnait les faits et retrace ses différents travaux et employeurs dans l’Aveyron. Il écope d’un mois de prison.

Les boites de conserve

La question lui est posée sur les deux boites de conserves de champignon. D’où viennent-elles ? Il avoue les avoir volées à Rodez mais ne sait pas le nom de l’épicerie. Il est entré dans le magasin, a pris deux boites sur le comptoir et est ressorti. Personne ne semble l’avoir vu.

Le commerce est situé à côté d’une place à 500 mètres environ de la gare à droite en allant au centre de ville et sur la place il y a un jet d’eau….. Il ne reste plus qu’à rechercher cette épicerie !

Les deux boites de conserve sont donc restées 2 ans dans les locaux du tribunal.

Sources: 9U1415-AD12, 9U1824-A12, 9U1825-AD12, 9U1826-AD12

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De la vigne aux plantations de tabac

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Nov 182016
 

L’usage croissant de la nicotine comme insecticide pour les vignes a donnĂ© idĂ©e aux aveyronnais de planter du tabac.

 

La nicotine comme insecticide

Un article est diffusĂ© dans la revue « le cultivateur aveyronnais » de 1894. Mr Lapoire, prĂ©sident du comitĂ© antiphyloxĂ©rique de Roanne (42) semble avoir trouvĂ© un insecticide contre la cochylis qui dĂ©truit les vignes. Le traitement est composĂ© d’alcool Ă  brĂ»ler, de savon noir et de nicotine et donne de bons rĂ©sultats. En effet, après 24 heures, 70% des larves de l’insecte sont tuĂ©es.

nicotine

Les formules du traitement seront modifiées au fil du temps pour n’utiliser que de l’eau et du savon noir avec la nicotine.

 

Livraison réglementée

Exploiter du tabac ou en extraire la nicotine sont des activités réglementées. Mr Paulin Vergnes, forgeron à Lédergues (12) se voit dresser un PV en 1906 pour infraction à la culture du tabac.

En mars 1909, un décret autorise les syndicats agricoles à se procurer de la nicotine litrée auprès des manufactures d’état pour 1 franc le litre, il passe à 2,70f en 1911. Et si on n’est pas syndiqué ? Il faut alors rédiger une demande formalisée à faire viser par le maire.

demande

De nombreux vœux

Pourquoi ne pas cultiver dans l’Aveyron du tabac ? Le conseil général du département émet le vœu « que la culture du tabac soit autorisée dans les régions du département dites de rivière » dès 1907.

Le conseil d’arrondissement de Villefranche fait de mĂŞme en octobre 1908. Les deux organismes renouvelleront rĂ©gulièrement la demande que la « culture du tabac soit autorisĂ©e sur la rive gauche du Lot comme elle l’est sur la rive droite« . Car le dĂ©partement voisin est lui autorisĂ© Ă  produire du tabac!

La réponse du directeur général de la manufacture de l’état est négative: pas assez de personnel et pas de crédit pour créer de nouveaux emplois.

carte

Un besoin de nicotine croissant

On est en 1911. Le ministre des finances avertit les prĂ©fets les quantitĂ©s d’alcaloĂŻde Ă  livrer Ă  l’agriculture cette annĂ©e seront 10 fois supĂ©rieures Ă  celles de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

MalgrĂ© les efforts de production et les achats importants Ă  l’Ă©tranger, il est probable que les agriculteurs n’auront pas les quantitĂ©s dont ils ont besoin. D’ailleurs, le prĂ©sident du syndicat agricole de la commune de Villeneuve (12) qui sollicite 54kg 600 de nicotine pour ses 7 hectares de vignes n’obtient que 7 grammes !

 

L’injustice pour les communes

Les communes de l’arrondissement de Villefranche émettent à leur tour le vœu de pouvoir cultiver du tabac. C’est le cas de Saujac (12) dans la délibération du conseil municipal de novembre 1911.

Les arguments sont les suivants :

1) beaucoup de terres situées sur la commune sont aptes à la culture de tabac,

2) la culture du chanvre qui était la principale récolte doit être supprimée à cause d’un parasite, le tabac pourrait la remplacer,

3) pour que les agriculteurs gagnent de l’argent pour payer les impĂ´ts,

4) parce que la commune est limitrophe avec le département du Lot où la culture est autorisée,

5) si la nicotine se gĂ©nĂ©ralise pour soigner la vigne, l’Ă©tat va avoir besoin de plus de cultures de tabac,

6) le conseil d’arrondissement a Ă©mis plusieurs fois le vĹ“u que la culture soit autorisĂ©e.

 

Après la guerre

Les vĹ“ux continuent de se multiplier et la grande guerre survient. Il faut attendre la dĂ©cision du 12 septembre 1922 pour que le ministre des finances autorise la culture de tabac dès 1923 dans l’arrondissement de Villefranche de Rouergue.

culture

La variĂ©tĂ© sera le Paraguay Bas Rhin d’une compacitĂ© de 35 000 Ă  40 000 plantes Ă  l’hectare. Les rĂ©coltes seront livrĂ©es au frais des planteurs au magasin de Cahors (Lot).

Sources: 7M123-AD12, le cultivateur aveyronnais

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Ne pas se laisser insulter

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Nov 132016
 

Des invectives en fin de bal

Le dimanche 9 décembre 1923, un bal est donné à Grury. Vers 23H, la fête est terminée. Mr G., 24 ans, fermier à Proboeuf, croise Melle T., 25 ans, couturière célibataire. Il se met à l’insulter gravement et publiquement. Il la traite notamment de « pouffiasse. »

insulter

Melle T. ne se laisse pas faire. La veille de Noël 1923, l’huissier d’Issy l’Evêque avertit M. G qu’il est cité à comparaitre devant le tribunal de paix.

Un verdict clément

L’audience a lieu le 12 janvier 1924 à Issy l’Evêque sous la présidence de Charles Viturat, juge de paix, assisté de Léon Guyard, greffier. Mr G. risque 300 francs de dommages et intérêts, mais il reconnaît les faits et le tribunal le condamne à 50 francs de dommages et intérêts et à payer les frais de justice.

amende

Deux personnes respectables

Mr G. devient père de famille pour la première fois en 1924, il frĂ©quente probablement les fĂŞtes locales mais n’est plus jamais condamnĂ© pour insultes!

Quant Ă  elle, Melle T. a continuĂ© son activitĂ© professionnelle. Fluette et Ă©lĂ©gante, elle n’avait rien des insultes qui lui Ă©taient attribuĂ©es.

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Profession: représentant(e) de commerce

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Oct 212016
 

L’instauration de la carte professionnelle de représentant de commerce en 1919 permet de connaitre les produits vendus par nos ancêtres VRP mais aussi les entreprises qui les embauchent. Elle permet surtout de retrouver leur photo.

laissac

La carte professionnelle

C’est la loi du 8 octobre 1919 qui instaure une carte professionnelle pour les employés ou représentants de commerce.

loi

Celle-ci nécessite de fournir 2 photos d’identités, une somme de 10 francs et des justificatifs des employeurs. Elle est valable un an et renouvelable.

Quels intérêts ?

Le premier est évident la photographie. A part dans nos greniers ou tiroirs, c’est une belle opportunité de revoir la tête de notre ancêtre… surtout si celui-ci a changé de photo au fil des ans.

evolution

Le deuxième est celui des caractéristiques physiques. Bien sûr à cette époque vous pouvez trouver l’information par ailleurs sauf dans deux cas :

  • Quand l’homme a Ă©tĂ© exemptĂ©. C’est le cas du reprĂ©sentant dont la carte est disponible au dĂ©but de cet article qui a une claudication de la jambe gauche.

exempte

  • Quand c’est une femme. Car le mĂ©tier n’est pas rĂ©servĂ© aux hommes !

femme

 

Le troisième est de pouvoir suivre l’évolution des entreprises pour lesquelles votre ancĂŞtre travaille (et par la mĂŞme occasion dĂ©couvrir parfois de magnifiques papiers Ă  entĂŞte) et mĂŞme de dĂ©couvrir s’ils sont vendeurs exclusifs sur un dĂ©partement. Par ailleurs, vous en profiterez pour connaitre la liste des produits qu’ils devaient vendre. Huiles, pâtes, tissus, vins, la liste est hĂ©tĂ©roclite!

vrp

Le quatrième intérêt de la carte ou du dossier d’accompagnement et de souvent connaitre le numéro et le lieu d’inscription de l’entreprise au tribunal de commerce. Information qui peut faire rebondir sur d’autres recherches….

rcommerce

Malheureusement, ces cartes n’ont pas Ă©tĂ© conservĂ©es par tous les dĂ©partements. Si elles sont prĂ©sentes dans vos fonds d’archives dĂ©partementales, cherchez dans la sĂ©rie M.

 

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Connaissez-vous les Bressan?

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Oct 122016
 

Leur nom portait Ă  croire qu’ils avaient des origines dans la Bresse, mais ils sont Ă©trangers. La famille d’artistes va bĂŞtement se faire verbaliser pour ne pas avoir fait de dĂ©claration de rĂ©sidence.

Dans la famille Bressan

Il y a le père : Dominique qui signe Dominico. Son métier ? Gymnasiarque ambulant sans domicile fixe. Et accessoirement originaire de Venise en Italie.

domenico

Dominique a un frère Félix et une femme Regina Rossi qui sont également, allez, disons un mot plus simple, acrobates.

Pour les enfants, c’est plus difficile de les pister. On trouve:

  • Marie Angèle nĂ©e en 1876 Ă  Voghera en Italie,
  • Antoine nĂ© en 1881 Ă  Rive de Gier (42),
  • Joseph nĂ© en 1882 Ă  Pont de Beauvoisin (38),
  • Geneviève JosĂ©phine nĂ©e en 1884 Ă  ClessĂ© (71) qui n’est pas dans la Bresse.

Il en manque probablement!

acrobates

Un banal accident

20 aout 1901, la famille est à Millau dans l’Aveyron. Joseph Bressan blesse quelqu’un par imprudence. Il doit rendre des comptes à la justice sous couvert de sa mère car il est mineur (il n’a que 19 ans) et que son père est décédé. Mais toute la famille va se retrouver à la barre du tribunal…

 

La loi du 8 aout 1893

Comme vous l’avez peut ĂŞtre devinĂ©, les Bressan ne sont pas bourguignons mais italiens. Or depuis la loi du 8 aout 1893, ils doivent faire une dĂ©claration de rĂ©sidence dans les 8 jours qui suivent leur arrivĂ©e dans une ville. Cet enregistrement des Ă©trangers est notĂ© dans un registre tenu par la commune. D’ailleurs le prix de l’amende revient dans les caisses de la commune…

loi

Tous condamnés

Mais les Bressan n’ont pas pas fait cette déclaration et c’est l’accident dont Joseph est responsable qui permet de découvrir le pot aux roses. Chacun des enfants écopera d’une amende de 10 francs.

amendes

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GĂ©ant recherche Ă©pouse

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Août 262016
 

Une petite annonce dans la presse anglaise nous indique que le géant aveyronnais Henri Cot recherche une épouse.

Petite annonce matrimoniale

Séduisant, intelligent, français, 2,61m, 176kg, de larges moyens [financiers], recherche une femme d’intérieur avenante dans le but de se marier immédiatement. La demoiselle doit être disposée de faire le tour du monde.

Petite annonce

Telle est en substance la petite annonce qui est diffusée dans un journal anglais en cette fin d’année 1906. (Elle sera diffusée en février 1907 en Australie et par erreur le 10 aout 1910 dans Canowindra Star and Eugowra News! )

Ce n’est pas moins de 300 femmes qui vont rĂ©pondre Ă  l’annonce anglaise.

De Liverpool, une jeune demoiselle de 18 ans très intéressée écrit « je suis gentille, on me l’a dit. Je vous ai vu, je vous ai admiré […] Je fais 1,70m et je vous aimerai bien. » Elle précise « mon mari devra gagner 500 francs par semaine. » NB à cette époque, le salaire moyen d’un ouvrier est d’à peine 5 francs par jour.

Une autre jeune fille écrit : « j’ai 23 ans, je suis blonde et je peux gagner ma vie en chantant. »

Une troisième fille annonce « je serais bien heureuse de voyager avec un homme comme vous capable de protéger une douzaine de femmes comme moi. »

 

Qui est ce french giant ?

Henri Cot est né le 30 janvier 1883 (et pas 1884 comme on le lit sur certains sites) à Prohencoux commune du Sud de l’Aveyron. C’est lors du conseil de révision du 27 avril 1904 qu’il devient célèbre grâce à sa taille. En effet, la toise annonce 2,12 mètres !

Les journaux s’empressent d’annoncer ce record de gigantisme : c’est le plus grand conscrit de France. Il est même comparé aux grenadiers poméraniens.

Poméraniens

Si Henri était né un siècle plus tard, il aurait pu être sollicité pour une équipe sportive ou simplement être quelqu’un de grand. En 1904 son avenir va être différent.

Il n’est pas le seul géant à cette époque. Détrôné par un Russe de 3m qui se montre « moyennant finances » en Angleterre, et par une femme russe de 2,60m qui elle est admirée en Allemagne. Henri n’est qu’à la 3ème place du podium et attaque son tour de France.

GĂ©ants

Peur, curiosité, il ne laisse pas indifférent

Né trop tôt, sa destinée est de se montrer dans les cafés, cabarets et théâtres auprès d’autres personnages atypiques. Si les tarifs d’exhibitions semblent gratuits à ses débuts, ils vont vite devenir payants. Quand un de ses employés partira avec sa bourse, Henri se contentera de rire!

Bourse

Cette vie va lui faire faire le tour de la France, puis du globe (en Afrique du Nord, dans toute l’Europe et aux USA).

1906-2

Quo non ascendam ?

Après son conseil de révision, il continue de grandir. Les médecins lui ont prédit une croissance jusqu’à ses 25 ans.

Ascendam

Sa famille est de taille ordinaire mais du côté maternel ses ancêtres étaient grands, mais pas de là à atteindre les 2 mètres ! Par contre à 8 ans il mesurait déjà 1,50m

Des dimensions gigantesques

Côté taille, les 8ft 7in de la petite annonce sont exagérées, il est plus proche des 7ft 6in soit 2,30m. Il peut cependant prendre un objet placé à 3m de hauteur. Un homme avec sa canne n’atteint pas l’envergure de ses bras. S’il les écarte, on obtient une largeur de 2,40m.

Son poids annoncé à 229kgs tend à être plus proche de 160kgs.

Sa pointure est de 62, son tour de taille de 1,51m. Ses gants du n°15. Son pouce couvre une pièce de 5fr, une pièce de 0,10c passe dans sa bague.

Il mange comme deux, dort dans 3 lits. Il lui faut 8m de drap pour l’habiller….

Taille

Mais revenons Ă  son histoire d’amour …

Miss Emily Faraday

Après avoir vu 301 femmes, avoir fait le tour des salons de thé de Londres à la recherche d’une demoiselle qui voudrait de lui, Cupidon met sur son chemin Melle Emily Faraday. Employée au pub (aujourd’hui détruit) « the coach an horses » à Notting Hill Gate, cette demoiselle de 26 ans répond aux questions des journalistes en rougissant.

Farraday

Les deux amoureux se sont rencontrés au Stratford Empire au mois de novembre et ont eu un coup de foudre. Ils vont se marier à Noël et iront en voyage de noce à Edinbourg. Elle ne parle pas français, son fiancé parle peu l’anglais, mais « il va devoir apprendre à parler l’anglais, c’est tout. »

epouse

Et Peter ?

Peter Colibri est le nain russe de moins de 60 cm, compagnon inséparable d’Henri que ce dernier promène dans sa poche. Dans une relation d’amour, difficile de trouver de la place pour une troisième personne, à moins que le petit russe ne trouve lui aussi chaussure à son pied et qu’un double mariage soit célébré à Noël…

Peter

Remplacé par une géante française

A Noël, Crystal Palace après avoir montré Henri Cot et le petit Peter Colibri, accueille une géante française et la petite princess Hawas de 80 cm! Marie Scheller est née à Langres. Elle mesure ,12m et est agée de 20 ans. Sa famille est venue d’Alsace à Paris au moment de la guerre de 1870, et est composée de 12 enfants.

GĂ©ante

 

Henri à Edimbourg pour Noël

Le voyage de noce Ă©tait prĂ©vu pour NoĂ«l Ă  Edimbourg. Henri est au Waverley Carnival d’Edward Moss Ă  Edinbourg…. Avec Peter Colibri! Miss Faraday semble ne pas faire partie du voyage… L’histoire d’amour naissance est probablement dĂ©jĂ  terminĂ©e.

Carnaval-Edimbourg

La mort du géant

Henri Cot meurt en septembre 1912 à Lyon dans des circonstances un peu particulières. Il a alors atteint les 2,39m selon les journaux. Son corps est rapatrié dans l’Aveyron où il repose dans le cimetière du village.

 

Sources: Journal du Loiret, Express du Midi, l’éclair, le petit méridional, le journal de l’aveyron, l’écho de Bougie, la lanterne, la liberté, le petit méridional, le radical, le journal de Fourmies, le journal de vienne, the sussex express, daily news, express and telegraph, the Era, Hampshire Advertiser, the Manchester, The Stattordshire Advertiser, The Western Daily Press Bristol, Yorshire telegraph, The evening News, Linconlnshire Echo, 2E2587-AMLyon, 1R367-AD12, 1R641-AD12, 4R57-AD12

© 2016 Généalanille

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Un coup sur la tĂŞte …

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Juil 082016
 

Lors d’un accident du travail, Célestin reçoit un coup sur la tête. Il ne sera plus jamais le même.

Charpentier sur la ligne de chemin de fer

CĂ©lestin est nĂ© Ă  Saint Martin de Lenne dans l’Aveyron. A 20 ans, il a la chance de travailler avec son père et un de ses frères sur les chantiers de la nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Espalion à Bozouls.

Carte

D’ailleurs les ouvriers sans travail sont appelés à rejoindre le chantier car il faut de la main d’œuvre pour le percement du tunnel de Biounac.

Chemin-fer

L’accident l’a rendu fou

Le 7 septembre 1900, la vie de Célestin bascule: une lourde pièce de bois posée en équilibre près de lui tombe et le frappe à la nuque. Il tombe au sol, évanoui. Célestin est vivant mais pas indemne.

Le médecin est appelé d’urgence sur les chantiers de l’entrepreneur Pierre Durand. Le jeune charpentier a une commotion cérébrale grave qui va rapidement mener à des troubles de l’intelligence confinant à la folie.

Le malade est diagnostiqué dangereux pour lui-même ou son entourage et c’est un certificat du Dr Anglade d’Espalion qui demande son internement à l’asile des aliénés de Rodez.

Admission

Il est admis le 6 novembre à la demande de sa mère et est pensionnaire de 2ème classe : Elle paye 2,70 f par jour.

A l’asile, Célestin ne va pas beaucoup mieux : il a des idées de persécution et fait même une tentative de suicide. Il ne peut pas rester immobile : il chante, il danse, bref il ne vit plus « normalement ».

RetirĂ© contre l’avis des mĂ©decins

Mais la pension est chère et le père de CĂ©lestin qui ne gagne pas grand-chose dĂ©cide, contre l’avis des mĂ©decins, de retirer son fils de l’asile le 19 novembre. Cependant il ne peut rĂ©cupĂ©rer que 83,70 francs pour le mois de janvier car le règlement indique qu’en cas de mort ou de sortie dans le courant du 1er mois de traitement, la famille doit payer du 1er jour d’admission jusqu’à la fin de mois suivant. D’ailleurs l’administration prĂ©cise que le jeune homme aurait pu ĂŞtre placĂ© en 4ème classe Ă  1,25f ce qui est moins onĂ©reux pour les familles.

Retrait

Des aides financières

Mr Costes demande l’aide du Conseil Général pour régler cette affaire. Dans la session du 23 Aout 1901 la somme de 113,40 francs est remboursée sur le budget de l’asile et Mr Costes ne paie que les 14 jours de présence réelle de leur fils dans cet établissement.

Remboursement

Cette bonne nouvelle en suit une autre. Le 13 août 1901, Célestin vient de gagner son procès contre son employeur. Il demandait une rente annuelle et viagère de 1080 francs à titre de réparation du dommage qu’il a subi lors de son accident du travail et il a obtenu 1000 francs payables par trimestre et bien sûr le paiement de son dernier salaire.

Cette somme va l’arranger car comme le prouvent les 5 certificats médicaux qu’il a apportés au procès, il ne peut plus travailler et est déclaré en incapacité de travail.

Jugement

En avril 1903, il est jugé pour pêche avec engin prohibé mais du fait de son accident et de son incapacité, il est acquitté.

Célestin voit mourir son père en 1917, sa mère en 1918 et apprend probablement que son frère Félix, boulanger à Entraygues est mort pour la France en février 1918 à Dunkerque.

Qu’est-il devenu ? On perd sa trace après 1911. Un jour peut-être pourra-t-on raconter la suite de sa vie ?

 

Sources : 39S8-AD12, 37S6-AD12, 37S7-AD12, 4E255/11-AD12, 1158W170-AD12, 6M346-AD12, 6M180-AD12, 6M182/2-AD12, 10M35-AD12, 10M36-AD12, 1R840-AD12, 52Q431-AD12, 5U610-AD12, 5U1032-AD12, 5U1237-AD12, 3M137-AD12, 3M198-AD12, 3M363-AD12, 1X303-AD12, 1X309-AD12, 1X313-AD12, PER181-AD12, PER545-AD12

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Renversé par un vélo

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Juil 072016
 

Il s’appelle Albert Escudié, il est né le 9 juin 1898 à Cransac (12)  et il habite avec ses parents au village de Bezelgues à Cransac. Le 9 mai 1907, alors qu’il a presque 9 ans, il se rend aux vêpres. Vers 14H15, alors qu’il se trouve en face de l’hôtel Girou, il est renversé par un cycliste qui arrive derrière lui. L’enfant a la jambe droite fracturée mais le cycliste ne s’attarde pas : il se relève et repart avec sa machine.

C’est Alphonse Roux, 47 ans, qui accourt le premier. Alors qu’il se promenait sur la voie publique, il a vu un bicycliste marchant la tête baissée à une vitesse désordonnée renverser l’enfant.

Germain Girou, 41 ans, hĂ´telier et forgeron, sort de chez lui au moment oĂą il entend crier. Il voit le cycliste remonter sur sa machine et repartit Ă  toute vitesse.

Les deux hommes transportent l’enfant chez Alfred Lagarrige, 40 ans, pharmacien qui fera un premier pansement sur la plaie contuse en attendant l’arrivée du médecin.

L’identité du coupable ne tarde pas : Il s’agit de Camille Cypierre, 17 ans, manœuvre.

Il est interrogé par les gendarmes et avoue qu’alors qu’il marchait à vitesse très ralentie sur sa bicyclette, un enfant a traversé sa route. Malgré ses avertissements avec sa voix et son appareil sonore, la pédale de sa machine a heurté la jambe droite de l’enfant qui est tombé à terre. Il est lui-même tombé et s’est blessé au genou. Il s’est relevé, est rentré chez lui sans s’occuper de savoir si l’enfant avait du mal.

Camille n’est pas majeur, c’est donc son père, Pierre Cypierre, mineur Ă  la Capouille qui est inquiĂ©tĂ©. Il dĂ©clare aux gendarmes qu’il n’ignore pas ĂŞtre responsable des actes de son fils mineur. Comme LĂ©on Marty, conseiller municipal confirme la bonne conduite et la moralitĂ© des Cypierre, il est probable que l’incident n’a pas donnĂ© suite Ă  d’autres poursuites.

© 2016 Généalanille

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