Il s’appelait Paul Muguet

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Mai 012017
 

Doté d’un patronyme peu commun, Paul Muguet, chanoine et curé archiprêtre de Sully le Château (71) a été un passionné d’histoire locale.

Muguet

Un patronyme peu commun

Paul Muguet est né le 2 avril 1839 à La Clayette (71). Ses parents se sont mariés l’année précédente dans la même commune. En remontant l’arbre généalogique, les originaires de la famille Muguet nous guident vers la Loire (Belmont) et le Rhône (St Vincent de Reins et Mardore).

Le patronyme est assez peu fréquent et semble tenir son origine de l’essence de la fleur qui était utilisée par certains élégants.

 

Une vie de prêtre

Après des études au petit séminaire de Semur en Brionnais, Paul Muguet rejoint le grand séminaire. Il hésite à devenir prêtre, deux fois. Il est finalement ordonné le 21 mai 1864. Il devient vicaire de la cathédrale d’Autun. Un an plus tard, il est nommé vicaire à Louhans où il reste 4 ans.

Le 18 juin 1869, il quitte la Bresse pour le Morvan pour devenir curé de Reclesne. En 1875, il est nommé curé dans le Charolais à Beaubery. Et c’est enfin le 16 décembre 1889 qu’il devient curé archiprêtre de Sully le Château. Il restera dans cette commune 34 ans jusqu’à sa mort le 10 septembre 1923 à l’âge de 84 ans.

Nommé chanoine honoraire de la cathédrale en 1895, il refusera le titre de chanoine titulaire et théologal du chapitre. En effet, il ne voulait pas quitter Sully pour déménager à Autun comme l’imposait sa nomination.

Chanoine

 

Un historien passionné

Outre sa vie de pasteur, Paul Muguet s’est intéressé à l’histoire locale. Et il y a consacré tout son temps libre, veillant parfois jusqu’à l’aurore !

Ses recherches ne sont pas restées secrètes. On compte parmi ses publications un tome consacré à la persécution religieuse pendant la révolution dans les arrondissements de Charolles et d’Autun. Mais aussi plusieurs ouvrages sur la vie de Marguerite-Marie Alacoque de Verosvres (71) qui a inspiré le culte du Sacré CÅ“ur ou encore sur la montagne de Dun, le Val St Benoit…

C’est probablement grâce à ces travaux qu’il devient membre de la société éduenne d’Autun en février 1890. Il est régulièrement présent aux séances de cette société savante et y fait part de ses découvertes.

Des discours mémorables

Outre ses conférences sur ses travaux, c’est surtout sur la fin de sa vie que Paul Muguet se distingue avec des discours.

On peut notamment citer la bénédiction du monument aux morts de la commune inauguré le 25 septembre 1921 où il prononça un discours patriotique très apprécié.

Deux ans plus tard, et quelques mois avant sa mort, la marquise de Mac Mahon, Marthe Marie Thérèse de Vogüé décède à Paris le 9 juin 1923 suite à une courte maladie. Elle est très célèbre dans la société parisienne et très impliquée dans des œuvres de bienfaisance. Elle a droit à de grandioses obsèques à l’église St Pierre du Gros Caillou avant que son cercueil ne rejoigne Sully. Il faut dire que les Mac Mahon sont les propriétaires du château du village.

Un nouveau service funéraire pour la marquise a lieu à Sully 10 jours plus tard. Et c’est Paul Muguet qui y prononce une allocation mémorable.

Jusqu’au bout

Malgré ses problèmes de surdité, le chanoine Muguet a assuré les cours de catéchisme jusqu’au bout. Ses infirmités l’accablant, il avait demandé l’autorisation de se retirer. Mais c’est bien comme curé de Sully qu’il mourut, fidèle à son poste.

Ses funérailles ont eu lieu en présence de 30 prêtres, de plusieurs chanoines et de toute la population de Sully… Sauf « quelques hommes retenus par les travaux du battage. »

Il a été remplacé par Claude Joseph Broyer, curé de Bonnay au poste de curé archiprêtre.

Sources : REV192/36-AD71, V37-AD71, V39-AD71, 1T285-A71, 5E133/5-AD71, 1Miec015X03-AD42, 4E4715-AD69, 4E4714-AD69, Le Gaulois numérisé par Gallica.bnf.fr

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Colier Jean, mort pour la France

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Avr 162017
 

Jean Colier est le 50ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne à peine 1 mois avant ses 20 ans.

Jean Colier est né le 14 mai 1897 à la Janvière, commune de Grury. Il est l’ainé des deux garçons de Pierre Colier et de Pierrette Diry, cultivateur.

Classe 1917

Jean Colier appartient à la classe 1917. La guerre est déjà bien entamée quand il passe le conseil de révision à Issy l’Evêque.

Bon pour le service, il est incorporé le 11 janvier 1916 au 13ème régiment d’infanterie. Quelques mois d’instructions et il rejoint le front probablement entre le printemps et l’été 1916.

La bataille de Verdun

Débutée en février 1916, la bataille de Verdun va durer plus de 9 mois. Le 13ème RI y participe aux Eparges, à la tranchée de Calonne… C’est peut être dans ce contexte que Jean Colier se confronte à cette drôle de guerre.

Dans la Somme

Après un stage d’instruction dans le camp de Saffais (54), les hommes sont transportés à Vézelise à destination de la Somme. Ils restent en 1ère ligne dans le secteur de Berny jusqu’à la fin de l’année 1916 pour une autre direction.

Les tranchées de la Marne

Le 13ème RI appartient désormais à 169ème division qui vient d’être créée en ce début d’année 1917. Le régiment est affecté au sous secteur de la main de Massiges. La guerre des tranchées s’est installée mais quelques bombardements allemands provoqueront des contre-attaques et ainsi un peu de mouvement dans le secteur.

Le Mont Cornillet

Le 13ème RI ne quitte pas la Marne et se porte dans la région de Reims avec pour objectif de conquérir le Mont Cornillet. L’attaque a lieu le 17 avril 1917 sous un temps déplorable (pluie, neige) et le 83ème RI se replie, laissant les hommes du 13ème RI en première ligne. Pendant 5 jours, les hommes vont se battre dans ces lieux. Plus de 400 morts, une centaine de prisonniers et de nombreux blessés.

Parmi eux se trouve Jean Colier qui soufre d’une plaie à la tête et au côté droit par éclat d’obus.

Colier

Il décède à l’ambulance 9/17 dans la même journée. Il n’avait pas 20 ans. Son corps repose à la nécropole ‘Sept Saulx’, tombe 959.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1917-AD71, historique du 13ème RI

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Voilà, c’est fini… ou presque

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Mar 032017
 

Juillet 2015 – Mars 2017, c’est le temps qu’il a fallu pour indexer les poilus des 588 livres d’or des communes de Saône et Loire. Le projet est fini, mais la guerre n’est pas terminée.

C’est l’histoire d’un jour un poilu

Décembre 2013, une idée un peu folle est lancée… Une base de plus de 1,3 million de militaires morts pour la France pendant la guerre 14-18 est proposée à l’indexation collaborative. Et Jean Michel Gilot calcule qu’il suffit (!) à 880 personnes de transcrire chaque jour une fiche de poilu pour que l’intégralité de la base soit complète au 11 novembre 2018. C’est le début du projet 1 jour 1 poilu .

Trouver une organisation

Un poilu par jour, le temps de le repérer, de se connecter, de l’indexer, de diffuser l’information… Beaucoup d’organisation pour une seule fiche.

Après avoir testé des indexations par année, et éventuellement par patronyme, c’est bien la participation à l’indexation au fil du Tour de France 2015 qui m’a permis de choisir une organisation fiable et systématiques avec l’utilisation des livres d’or. La cible: le département de Saône et Loire.

588 livres d’or et une carte

Un livre d’or pour chacune des communes de Saône et Loire est disponible dans la salle des inventaires virtuelle des archives nationales. (Enfin, comme il faut une exception, la commune de Changy n’en a pas…) Ce sont donc ces documents qui ont servi de référence à l’indexation.

De plus, le coup de pédales de l’été avait vu la mise en place d’une carte collaborative. Plus question d’indexer par canton, il fallait du visuel! Surtout que dans les autres départements, ça indexait aussi!

Par conséquent,  les communes de Saône et Loire ont été choisies alternativement dans chaque arrondissement.

Carte collaborative fin décembre 2015

Près de 20 mois plus tard

Des livres d’or contenant entre 2 et 845 poilus. Plus de 16 000 indexations. Et 4 livres d’or indexés par d’autres bénévoles…

Une bataille acharnée et quotidienne qui se termine le 3 mars 2017 avec la commune de Saône et Loire ayant le plus grand nombre de morts pour la France: Chalon sur Saône.

Mais la guerre n’est pas finie

Tous ceux qui ne sont pas sur les livres d’or. Tous ceux qui sont référencés dans le Maine et Loire, l’Indre et Loire au lieu de la Saône et Loire. Les poilus qui ne sont que sur les monuments aux morts, les non morts pour la France, les fusillés. Les originaires du département partis s’installer ailleurs…. Il reste de quoi indexer!

La guerre n’est pas finie, alors promis, demain je continue d’indexer…

Additif: suite à l’analyse du 7 mars 2017 par Jean Michel Gilot, seuls 87,11% des poilus notés comme nés dans le département de Saône et Loire sont indexés. Il reste donc près de 3000 soldats à indexer sur ce département (plus ceux mal référencés).

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Martin François, mort pour la France

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Fév 252017
 

François Martin, classe 1916, meurt pour la France suite à une blessure par éclat d’obus près de Fleury à l’âge de 21 ans. Il est le 49ème mort pour la France de la commune de Grury (71).

Elevé avec un pensionnaire

François Martin est né le 9 juin 1896 au hameau de la Croix à Issy l’Evêque. Ses parents, Léonard Martin et Jeanne Ledey sont agriculteurs. Ils prennent en pension Marcel, d’un an le cadet de François. Le petit est né à Paris de Marguerite Martin.

La famille déménage avant 1906 pour s’installer au Bois de Grandvaux à Grury. François devient agriculteur.

Classe 1916

La classe 1916 à laquelle appartient François est appelée en avance du fait de la guerre. Il est donc incorporé le 12 avril 1915 et rejoint le 109ème régiment d’infanterie de Chaumont.

Quelques mois d’instruction (5 mois ?) lui seront nécessaires avant de rejoindre le front probablement vers l’automne 1915.

Le secteur de Lorette

Les troupes du 109ème RI sont dans le secteur de Lorette vers la fin septembre 1915. Elles bataillent ensuite sur le secteur du bois en Hache et du bois de Givenchy jusqu’au 22 décembre. A partir de cette date, les bataillons du régiment sont relevés définitivement après une bataille de 12 mois.

La bataille de Verdun

Le début de l’année 1916 est passée au camp de Saint Riquier où le régiment est reformé et complété. Puis vient le départ le 22 février pour une destination inconnue qui s’avérera être le lieu d’une bataille terrible : la bataille de Verdun.

Le 109ème est dans le secteur de Douaumont début mars. Il sera réduit à un tiers de son effectif au décompte du 21 mars.

La Champagne

Après quelques jours de repos, le 109ème est transporté en train en Champagne pour aller rejoindre le secteur de Tahure.

François est alors affecté au 122ème RI qui fait des statistiques sur les origines géographiques et l’ancienneté de ses soldats.

Martin

Retour dans la Meuse

Un mois plus tard, François est affecté au 412ème RI qui vient de défendre la cote 304 à Esnes en Argonne. Les hommes retournent au combat. Ils resteront dans le secteur jusqu’à la fin octobre 1916 où ils auront enfin droit à quelques jours de vrai repos.

Le 24 novembre 1916, les troupes sont emmenés en camions à Verdun. Elles sont affectées au nord Est de Bras de Meuse avant de rejoindre la côte du Poivre quelques jours avant Noël.

Le journal de marche égrène ses pertes. L’historique du régiment précise que la période entre le 21 décembre et le 12 janvier « fut particulièrement pénible autant par le feu de l’ennemi que par les rigueurs du climat. »

Blessé par éclat d’obus

La guerre n’est pas terminée. Ainsi début février 1917, le 412ème retourne sur la rive droite de Verdun.

François Martin est blessé le 15 février 1917 par éclat d’obus à la jambe au ravin de Bazil près de Fleury.

Il décède 10 jours plus tard à l’ambulance 3/6. Il avait 21 ans. Son corps est rapatrié le 08 juillet 1922.Il est enterré au cimetière de Grury.

 

 

Sources: 5E239/30-AD71, M1710-AD71, 6M Grury-AD71, 6M Issy-AD71, 1R RM Autun 1916-AD71, Historique du 109ème régiment d’infanterie, 26 N 684/4-sga Mémoire des hommes, 26 N 769/2-sga Mémoire des hommes, Q 2329-Bdic

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Segaud Henri, mort pour la France

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Fév 162017
 

Engagé volontaire dans la marine, Henri Segaud meurt de maladie en 1917. Il est le 48ème mort pour la France inscrit sur le monument aux morts de Grury (71).

De la campagne à la ville

Henri Segaud est né le 14 juillet 1891 à Marly sous Issy (71) de Pierre Segaud et Pierre Roy.Son père est tailleur d’habits au bourg à Grury, commune voisine, et l’enfant est né au domicile de ses grand-parents au hameau de Chaunat.

Après qu’un 5ème enfant nait à Grury puis la famille part s’installer après 1906 à Dijon (21). Henri devient serrurier.

Engagé volontaire dans la marine

Henri est engagé volontaire le 19 mars 1909 à Toulon, il rejoint le dépôt des équipages de la flotte de cette ville, le 5ème dépot. Il devient quartier maitre mécanicien torpilleur le 1er avril 1911.

Omis de la classe

Alors qu’il appartient à la classe 1911, Henri n’est pas présent sur les fiches matricules de cette année. Omis de la classe, on le retrouve dans les registres de l’année suivante (1912) avec une classe de mobilisation de 1908.

Finalement, Henri n’habite pas la côte d’or. Il est dit serrurier à Bougneuf Val d’Or dans le canton de Givry.

 

Mobilisation générale

Henri est est rappelé à l’activité le 2 aout 1914 et est affecté à la 1ère escadrille de sous marins de la 1ère armée navale jusqu’au 1er janvier 1916. Pas d’indication sur le navire sur lequel il est affecté, peut être sur le sous marin Ampère, le contre-torpilleur Hallebarde, l’Arbalète ou le Papin?

A bord du Marceau

Il passe 3 mois à bord du cuirassé Marceau du 2 janvier au 1 avril 1916. Ce bâtiment est utilisé comme navire-atelier et ravitailleur de sous-marins à Malte et à Corfou pendant la 1ère guerre mondiale mais le journal de bord s’arrête en 1915. Impossible, là aussi, de connaitre les conditions de vie d’Henri Segaud.

De retour au dépôt

Henri retourne au 5ème dépôt le 2 avril 1916 et décède à l’hôpital complémentaire N°28 de Bourges Rue de Dun sur Auron le 16 février 1917 de maladie. Il avait 26 ans.

Son acte de décès précise qu’il était domicilié à Beaune avec sa mère. Il est cependant enterré dans le cimetière de Grury.

Il est le 48ème mort de la commune de Grury et le premier pour l’année 1917.

 

Sources: 5E280/10-AD71, 6M Grury-AD71, R2492-AD21, SSY340-sga mémoire des hommes

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Ne pas se laisser insulter

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Nov 132016
 

Des invectives en fin de bal

Le dimanche 9 décembre 1923, un bal est donné à Grury. Vers 23H, la fête est terminée. Mr G., 24 ans, fermier à Proboeuf, croise Melle T., 25 ans, couturière célibataire. Il se met à l’insulter gravement et publiquement. Il la traite notamment de « pouffiasse. »

insulter

Melle T. ne se laisse pas faire. La veille de Noël 1923, l’huissier d’Issy l’Evêque avertit M. G qu’il est cité à comparaitre devant le tribunal de paix.

Un verdict clément

L’audience a lieu le 12 janvier 1924 à Issy l’Evêque sous la présidence de Charles Viturat, juge de paix, assisté de Léon Guyard, greffier. Mr G. risque 300 francs de dommages et intérêts, mais il reconnaît les faits et le tribunal le condamne à 50 francs de dommages et intérêts et à payer les frais de justice.

amende

Deux personnes respectables

Mr G. devient père de famille pour la première fois en 1924, il fréquente probablement les fêtes locales mais n’est plus jamais condamné pour insultes!

Quant à elle, Melle T. a continué son activité professionnelle. Fluette et élégante, elle n’avait rien des insultes qui lui étaient attribuées.

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Connaissez-vous les Bressan?

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Oct 122016
 

Leur nom portait à croire qu’ils avaient des origines dans la Bresse, mais ils sont étrangers. La famille d’artistes va bêtement se faire verbaliser pour ne pas avoir fait de déclaration de résidence.

Dans la famille Bressan

Il y a le père : Dominique qui signe Dominico. Son métier ? Gymnasiarque ambulant sans domicile fixe. Et accessoirement originaire de Venise en Italie.

domenico

Dominique a un frère Félix et une femme Regina Rossi qui sont également, allez, disons un mot plus simple, acrobates.

Pour les enfants, c’est plus difficile de les pister. On trouve:

  • Marie Angèle née en 1876 à Voghera en Italie,
  • Antoine né en 1881 à Rive de Gier (42),
  • Joseph né en 1882 à Pont de Beauvoisin (38),
  • Geneviève Joséphine née en 1884 à Clessé (71) qui n’est pas dans la Bresse.

Il en manque probablement!

acrobates

Un banal accident

20 aout 1901, la famille est à Millau dans l’Aveyron. Joseph Bressan blesse quelqu’un par imprudence. Il doit rendre des comptes à la justice sous couvert de sa mère car il est mineur (il n’a que 19 ans) et que son père est décédé. Mais toute la famille va se retrouver à la barre du tribunal…

 

La loi du 8 aout 1893

Comme vous l’avez peut être deviné, les Bressan ne sont pas bourguignons mais italiens. Or depuis la loi du 8 aout 1893, ils doivent faire une déclaration de résidence dans les 8 jours qui suivent leur arrivée dans une ville. Cet enregistrement des étrangers est noté dans un registre tenu par la commune. D’ailleurs le prix de l’amende revient dans les caisses de la commune…

loi

Tous condamnés

Mais les Bressan n’ont pas pas fait cette déclaration et c’est l’accident dont Joseph est responsable qui permet de découvrir le pot aux roses. Chacun des enfants écopera d’une amende de 10 francs.

amendes

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Viard François, mort pour la France

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Sep 022016
 

François Viard est né le 20 juin 1894 à la Commanderie à Rigny sur Arroux de Joseph et Anne Moreau. La famille retourne s’installer à la Bise à Grury (commune où sont nés les ainés) au début du 20ème siècle.

Trois frères: mobilisé, réformé et ajourné

Quand survient la mobilisation générale, les garçons ont des destins différents. Antoine rejoint le 29ème RI, Louis Hippolyte est maintenu réformé.

François n’a que 20 ans. Sa classe sera cependant appelée dès le 1er septembre 1914, mais il est inscrit sur la 5ème partie de la liste de 1914 : « ajourné ». L’année suivante, il est bon pour le service et rejoint le 149ème régiment d’infanterie le 9 septembre 1915.

Viard-F-Ajourné

Après quelques mois d’instructions, il rejoint probablement ses camarades au front vers le début de l’année 1916. Les hommes viennent de passer 13 mois consécutifs dans l’Artois.

Verdun puis la Champagne

Mais la bataille de Verdun vient d’éclater en ce mois de février 1916, les hommes sont transportés sur cette nouvelle zone et se battent pour reprendre et conserver Vaux devant Damloup.

Les hommes passent 4 semaines dans les tranchées avant d’être mis au repos à Landrecourt. Et puis c’est le retour au front, cette fois ci en Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil où ils se battent pendant 3 mois.

En renfort au 312ème RI

Le 149ème RI va être réembarqué pour la Somme. François Viard, lui, est affecté en renfort avec le 312ème Régiment d’infanterie le 26 juillet 1916. Il rejoint ses troupes vers Sivry la Perche (55) accompagné de 43 autres soldats, de 6 sergents et d’un sous lieutenant.

Viard-F-Renfort

Reproduction de tranchées pour s’entrainer

Le 1er aout, un concours de lancement de grenades est organisé. Les hommes s’entrainent aussi à tirer au fusil mitrailleur. Ce sont de véritables exercices avant de retourner au front.

Le 5 août, le 312ème RI est dans les tranchées et les hommes font les travaux qui leur sont affectés sous de gros bombardements. Une note secrète indique qu’une attaque est prévue sur Boivin. Il faut transporter le matériel et vérifier les informations des patrouilles.

Les 12 et 13 aout, le régiment doit construire des abris pour les chevaux, pour les cuisines. Il s’entraine encore au tir de grenades mais aussi à la construction d’un réseau de fil de fer grâce à une reproduction des tranchées allemandes.

Viard-F-Exercices

Le lendemain, c’est un exercice d’attaque de tranchée qui est au programme.

Viard-F-Tranchée

Le régiment repart au front dans la nuit du 16 au 17 août 1916. Toujours dans le secteur du Mort Homme. Le classement du concours de grenadier vient d’être annoncé, mais les hommes sont occupés aux travaux d’aménagement des abris pour les soldats et pour le central téléphonique.

Nouvelle organisée par tranches

Les 28 et 29 aout 1916, de nouveaux ordres arrivent et le secteur est réorganisé en tranches. Le 312ème RI occupe celle de la Hayette.

Viard-F-Mort-Homme

Les bataillons doivent se relever tous les 6 jours dans les tranchées.

Viard-F-Secteur

Pour ce premier roulement, les premières lignes sont investies par le 4ème bataillon avec la 14ème compagnie sur la droite (Sonnois-Central) et la 15ème compagnie sur la gauche (Fontenoy).

Une attaque de 10 minutes

Le 2 septembre 1916, François Viard affecté à la 15ème compagnie est dans les premières lignes. 500 obus de 105 et de 150 sont envoyés par les allemands entre 7H30 et 10H30. Les hommes tentent de réoccuper le barrage mais le feu incessant d’une mitrailleuse installée dans la tranchée de Biaches les empêche d’avancer.

Vers 21H40, un feu violent d’artillerie est déclenché brusquement sur Fontenoy pendant qu’un groupe de grenadiers allemands remontent le vallon pour attaquer entre le barrage et Fontenoy.

Le combat n’a pas duré 10 minutes, mais parmi les hommes qui se sont battus à la grenade ou au révolver se trouve François Viard.

Viard-F-Liste

Tué au combat à Mort_Homme, François Viard avait 22 ans.

Une tombe pour deux frères

Son corps est rapatrié à Grury le 8 juillet 1922. Sur sa tombe, les parents ont fait graver un hommage à son frère Antoine, disparu au combat 2 mois plus tôt.

Viard-F

 

Sources : 5E370-AD71, 6M Grury-AD71, 1R RM Autun 1914, 26 N 747/11 sga mémoire des hommes, historique du 312ème RI

 

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Desbrosses Claude, mort pour la France

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Août 012016
 

Claude Desbrosses est né le 29 décembre 1885 à Chizeuil commune de Cressy sur Somme de Léonard et de Charlotte Sotty. La famille déménage à Grury aux Marcellys où nait Pierre, deuxième enfant du couple.

En 1906, Claude part faire son armée avec le 153ème Régiment d’infanterie. L’homme brun d’un mètre 67 et aux yeux jaunes (sic) revient à Grury avec le grade de caporal.

Mobilisé pour la guerre 14-18, son histoire est croisée avec celle de son frère Pierre, déjà sous les drapeaux.

Pierre sera le 1er mort pour la France de Grury.

 

Leur histoire est à lire ici.

 

 

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Viard Antoine, mort pour la France

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Juil 012016
 

Entre Grury et Rigny

Antoine Viard est né le 26 mars 1883 au lieu dit la Mallevelle à Grury. Après la naissance de son frère Louis, la famille déménage pour Rigny sur Arroux, d’abord aux Fontenettes puis à la Commanderie. Ils reviennent s’installer à « la Bise » à Grury au début du 20ème siècle.

En 1904, il est part faire son service militaire au 29ème régiment d’infanterie. Il revient à Grury en 1907 avec son certificat de bonne conduite. Son frère Louis est déjà revenu de sa période militaire : il est réformé.

Départ pour la guerre

Arrive le temps de la mobilisation générale, Louis est réformé, François, le dernier garçon de la famille, ne part pas de suite car il est de la classe 1914.

Antoine, pour sa part, fait son paquetage et arrive dans son régiment le 11 aout. Du 29ème RI, il passe au 27ème RI le 31 aout 1914 puis au 156ème RI le 1er octobre de la même année. Le « 15-6 » est en période de paix stationné à Toul.

La course à la mer

Antoine Viard rejoint son nouveau régiment alors que celui-ci fait sa course à la mer : il quitte la Lorraine pour aller protéger l’accès à la mer dans la Somme et la Belgique.

Viard-Course

Le 156ème RI est décimé en attaquant Mametz et n’arrive pas à progresser le 3 octobre 1914 lors de son attaque de Fricourt.

Viard-Fricourt

Le régiment est relevé entre le 12 et le 14 octobre et se rend par étapes dans la région de Monchy au Bois, au sud d’Arras.

Il reprend le chemin du front le 26 octobre pour attaquer Monchy. Pendant 2 jours, les troupes sont stoppées à la lisière du village. Elles garderont leur position jusqu’à la fin octobre.

Viard-Monchy

En Belgique

Le 3 novembre 1914, les troupes sont embarquées pour la Belgique. Elles se battent au côté des anglais dans le secteur de Messines. Les progressions sont faibles et les pertes importantes.

Elles restent dans la région jusqu’au 23 novembre.

Après quelques jours de repos, le 156ème RI occupe le secteur de Saint Julien jusqu’au 15 février 1915 dans des conditions difficiles (humidité, froid…) qui ne sont cependant pas transcrites dans le journal de marche mais dans l’historique du régiment.

Du 8 mars au 10 avril, c’est vers Zonnebeke que les hommes sont affectés avant de redescendre vers la France le 14 avril.

 

Le Pas de Calais

Le 28 avril 1915, les bataillons reprennent du service dans la région d’Ecoivres (62).

Viard-Pas-de-Calais

Le journal égrène quotidiennement l’état des pertes jusqu’à l’attaque du 9 mai 1915.

A 10H, « tous les hommes sortirent de la parallèle de départ par de petites échelles placées à intervalles réguliers. » « Chaque compagnie disposait de 20 grenadiers portant chacun 3 grenades. » « Les hommes, au pas, franchissent la 1ère puis la 2ème ligne sans grande résistance. »

A 11H, le régiment a atteint la Targette. La route Arras Béthune a été enlevée.

A 12H, le 156ème se rend compte que le 160ème RI n’a pas avancé derrière lui, un vide est créé entre les troupes et permet aux allemands de faire des pertes importantes dans les rangs français.

La bataille continue le lendemain matin mais les troupes n’avancent plus.

Après plusieurs jours d’attaques soit en première ligne, soit en appui d’autres troupes, il est enfin relevé le 24 mai 1915. Les pertes s’élèvent à plus de 1300 hommes.

Le 156ème RI est de retour le 16 juin sur les terrains qu’il a quitté 3 semaines plus tôt et s’y bat jusqu’à fin juin.

Le vrai premier grand repos a alors lieu jusqu’au 25 aout 1915.

En Champagne

De fin aout 1915 au 23 septembre, le 156ème RI tient le fortin de Beauséjour dans la Marne. Il participe à la bataille de Champagne du 25 septembre.

Il reste dans le secteur de Maisons de Champagne jusqu’à la fin de l’année.

Viard-Champagne

La Lorraine

Début février 1916, le régiment est dans le secteur de Baccarat. Il organise la défense des 2èmes et 3ème positions. Alors qu’il s’apprête à se rendre au camp d’instruction de Saffais, il est mis en alerte et reprend le train à Charmes direction la Meuse.

 

La bataille de Verdun

Verdun, 303 jours de bataille en cette année 1916. Le 156ème RI arrive le 22 février à Mussey et Neuville sur Orne. Le 24 février, il est dirigé sur Beauzée sur Aire où il bivouaque avant d’être embarqué par autobus pour le fort de Regret à Verdun. Les forts de la région sont pleins et le régiment doit bivouaquer dehors par un froid extrêmement vif.

Le 25 février 1916 en début d’après midi, les troupes se rendent sur le ravin sud de la cote de Froide Terre qu’ils quittent à 18H30 pour aller occuper le village de Bras « coûte que coûte. »

Viard-Verdun

La nuit est terrible, les hommes sont fatigués ou blessés, sans vivre, sans moyen de communication et il leur faut défendre leur territoire et envoyer des patrouilles en avant.

Pendant que Pétain prend le commandement de la 2ème armée, le 156ème avance et s’installe sur la crête de la côte du Poivre.

Jusqu’au 10 mars, le régiment est aux avant postes au nord ouest du fort Saint Michel, sur les pentes sud de Froide Terre et au ravin de Louvemont.

Le 156ème part cantonner à l’hôpital de Verdun.

Viard-Relève

Le 14 mars il passe la revue. En tant que tambour, Antoine Viard est en première ligne.

Viard-Revue

 

C’est le 9 avril 1916 que les hommes retrouvent les bombardements dans la région de Montzéville. Il faut protéger la cote 304 à Esnes. Pendant 10 jours, le régiment va rester sous un bombardement incessant et tenter de faire progresser leurs lignes.

Le 20 avril, le régiment s’éloigne de Verdun et part cantonner à Robert-Espagne au nord de Saint Dizier.

Départ pour la Somme

Le 24 avril 1916, les hommes sont embarqués en chemin de fer pour la région de Montdidier (80). Quelques jours de repos, de nouvelles séances intensives d’instruction puis le régiment part s’installer à l’est de Péronne. Après quelques étapes dans la région, le 15-6 est à Maricourt le 14 juin. Il y passe une semaine avant d’être relevé et revient dans les tranchées la nuit du 27 au 28 juin 1916.

Viard-Maricourt

La bataille de la Somme

Le 1er juillet 1916, c’est le début de la bataille de la somme. La 3ème compagnie d’Antoine Viard est sur la droite. « A 7H30 l’attaque est déclenchée. Les vagues successives sortent et progressent presque sans perte. » A la fin de la journée les différents bataillons ont bien avancé, fait 300 prisonniers et Antoine Viard ne répond plus à l’appel.

 

Disparu au champ d’honneur

Une légère confusion est visible sur sa fiche matricule : il est noté disparu le 1er juillet 1915 à Hardecourt (80) alors que son régiment n’est pas dans cette région.

Le journal de marche du 156ème RI le porte prisonnier au 1er juillet 1916.

Viard-Antoine-1916

Le 16 juillet 1916, son acte de disparition est signé par le sous-lieutenant du régiment, officier d’état civil.

Viard-disparition

Par jugement du 15 juillet 1921 du tribunal d’Autun, Antoine Viard est officiellement reconnu disparu et mort pour la France. Il avait 33 ans. Deux mois plus tard, ce sera au tour de son petit frère de mourir au front.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 6M Recensements Rigny et Grury-AD71, 1RM Autun 1903-AD71, 1RM Autun 1904-AD71, 1RM Autun 1914-AD71, 3U299-AD71, JMO 26N699/8, 26N699/9 et 26N699/10-sga mémoire des hommes, historique du 156 RI BDIC

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