L’heure légale et les actes d’état civil

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Août 162018
 

Quand le secrétaire de mairie d’une commune précise la notion d’heure légale sur les actes de l’état civil…

Changement d’heure légale

C’est la loi du 14 mars 1891 qui impose d’uniformiser l’heure légale dans toute la France. Cette évolution est en partie due à l’essor industriel mais dans les faits la campagne continue de travailler et de vivre « à son heure » … Sauf si la personne doit prendre le train!

Sur les registres

C’est une particularité des registres de l’état civil d’Issy l’Evêque (71). Le 4 février 1892, la naissance du jour est déclarée à 5 heures du matin… Point! Le 8 février 1892, le mariage a lieu à onze heures du matin « heure légale ».

Cette mention sera scrupuleusement notée sur (presque) tous les actes de naissances, mariages et décès de la commune au moins jusqu’en 1902.  A tel point que tout oubli est rajouté en fin d’acte avec un renvoi.

Un secrétaire pointilleux ou mécontent?

La mention « heure légale » apparait sur ces registres presque un an après la loi de 1891. Aucune autre mairie des environs n’adopte cette habitude…. Par ailleurs, c’est bien le même secrétaire de mairie qui rédige les actes, et ce, quel que soit le maire. A-t-il eu une remarque? Etait-il mécontent de ce changement d’heure? Les questions restent sans réponse.

 

Sources: 5E239-27 à 29-AD71

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Péruzot Jean, mort pour la France

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Juil 212018
 

Jean Peruzot est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury (71). Il avait 40 ans.

 

Classe 1898

Jean Péruzot est né le 13 janvier 1878 à Grury. Il est le seul fils survivant de Léger et d’Anne Ravolet. Tailleur d’habits au lieu-dit chez Reynot, il part faire son service militaire au 162ème RI en 1899. Trois ans plus tard, il revient avec son certificat de bonne conduite. A son retour, il se marie. Le couple a plusieurs enfants:  Marie née en 1904, Alphonse né en 1907 et Joseph né en 1913.

Chez les territoriaux

Jean Péruzot est mobilisé le 1er aout 1914 à 36 ans et rejoint le 63ème RIT. Il est dirigé sur la place de Besançon le 10 août 1914. Les conditions sont difficiles: pas de voiture pour transporter les cantines et vivres aux cantonnements. Pas de paille pour le couchage des hommes.

Tous les agriculteurs étant mobilisés, quelques soldats sont prêtés aux cultivateurs pour rentrer leurs récoltes.

Puis suivent des périodes d’instructions et d’exercices. Tout le régiment (ou presque) est disponible à faire campagne au 30 septembre 1914.

« Les hommes ont fait un effort soutenu et persévérant de nature à donner l’impression qu’ils étaient nettement préparés à tous leurs devoirs. »

Les premiers détachements partent début octobre 1914, ils sont remplacés par d’autres soldats venant du dépôt d’Autun « pour combler les vides produits par les départs successifs. »

Des soldats arrivent, d’autres repartent, en sursis illimité, vers les usines du Creusot « pour des travaux relatifs à la défense nationale ».

Le 28 décembre 1914, le régiment quitte Besançon laissant 24 hommes « inaptes à faire campagne » afin d’assurer le nettoyage des locaux. Il part à quelques kilomètres à Roche et Thise.

Le départ pour le front

Le 6 février 1915, les hommes quittent la région de Besançon et prennent le train. Besançon-Dôle-Gray-Langres-Chaumont-Sainte Ménéhould – La Neuville au Pont. Puis ils doivent aller camper dans des baraques improvisées dans le bois des Hauts Batis.

Dès le lendemain, les hommes « refont les cabanes » et commencent les travaux de tranchées. Et dès le lendemain un obus tue deux hommes et en blesse trois autres.

Le journal de marche commence alors à égrener ses pertes quasi quotidiennes.

Quelques hommes repartent parce qu’ils sont pères de 6 enfants ou qu’ils sont affectés aux usines Schneider au Creusot. « Rien à signaler » dit le journal de marche… si ce n’est des obus, des morts et des blessés. L’état des pertes est récapitulé à fin juin : il contient 3 pages de noms soldats en 4 mois de front.

Pour les déserteurs repris, c’est le conseil de guerre assuré.

En juillet 1915, les bombardements sont plus intenses et les gaz asphyxiants font du dégât parmi le régiment. Les soldats sont obligés de sortir à la hâte des tranchées devenues irrespirables avant d’être souvent évacués pour maladie. A l’automne 1915, le journal de marche se remplit à nouveau des noms de nombreux tués, blessés ou disparus.

La bataille de Verdun

Alors que la bataille de Verdun vient de commencer, le 63ème RIT est dirigé sur le bois Bourrus le 9 mars 1916. La fiche matricule de Jean Péruzot indique qu’il reste à l’intérieur pendant un mois avant d’être affecté au 270ème Régiment d’infanterie le 12 avril 1916.

Ce régiment vient d’être reconstitué. Au début de mai 1916, c’est le retour en première ligne à l’est du massif boisé de l’Argonne. Puis il se déplace à Hermont avant de relever le 71ème RI dans le secteur de Chattancourt.

En aout 1916, les hommes défendent l’ouvrage de Thiaumont et participent à l’attaque de la tranchée allemande dite «  des deux arbres » qui sera un succès. Ils quittent la Lorraine le 1er septembre 1916.

La Marne et la Picardie

Le 270ème RI part dans les tranchées du secteur de Saint Hilaire le Grand jusqu’en février 1917 où le régiment rejoint la Picardie. Il occupe la première ligne à Dancourt-Popincourt début mars avant de retourner en Champagne à la fin du mois 1917.

Le régiment est dissous en juin 1917…. Jean Péruzot rejoint le 48ème régiment d’infanterie avec 237 autres soldats.

« La guerre a assez duré »

Fin juin 1917, les hommes occupent les tranchées du secteur des Eparges dans la Meuse. Les relèves sont faites sans incident. Des avions survolent les lignes à faible hauteur et mitraillent les postes avancés. Quelques bombes à ailettes sont lancées.

Les hommes ont quelques jours de repos fin août 1917 avec « séance récréative donnée par la musique du régiment » ou « fête sportive organisée par les officiers du régiment ». Le 9 septembre 1917, les bataillons sont embarqués en autos,  ils débarquent à Glorieux et relèvent leurs camarades en première ligne dans le secteur de Mormont. Le régiment reste en Lorraine jusqu’à la fin de l’année 1917.

Le 12 février 1918, les allemands envoient un papier en français « La guerre a assez duré »…. mais la guerre continue !

Dans l’Aisne

Fin mars 1918, c’est le départ de la Lorraine… faux départ retardé. Les hommes sont acheminés dans l’Aisne au sud ouest de l’Ailette. De nouveaux combats les attendent. Des dernières attaques de Jean Péruzot sont en juillet 1918. La 19ème division doit attaquer l’axe Corne Est du bois de Mauloy, la fontaine aux Chesnes et les lisières nord du Grand Rozoy. Un violent et continuel bombardement a eu toute la nuit du 19 au 20 juillet. L’attaque reprend le lendemain et le régiment éprouve des pertes sérieuses : 32 tués, 146 blessés. Le 21 juillet, l’attaque se poursuit et fait 11 morts et 70 blessés.

Jean Péruzot est évacué comme malade le 21 juillet 1918, il décède le même jour à l’hôpital d’évacuation 35/1 de la Courneuve. Il avait 40 ans.

Il est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury et est enterré à la tombe 4 du cimetière d’Aubervilliers (93)

 

Sources : 5E227/12-AD71, 1R RM Autun 1898-AD71, 6M Grury –AD71, 3R321-AD71, 26N 787/6-sga mémoire des hommes, 26N 637/3 et 4-sga mémoire des hommes, Historique du 270ème RI-argonnaute

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Têtu Lucien, mort pour la France

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Sep 032017
 

Lucien Têtu est le 52ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne le 3 septembre 1917 à 20 ans.

 

Têtu, un enfant de l’assistance.

Lucien Têtu est né le 1er mai 1897 à Melun (77) selon sa fiche matricule. Cependant, il n’apparait pas sur le registre des naissances de la commune.

Pupille de l’assistance publique de la Seine, il se retrouver à Grury (71) à une date à déterminer. (Il est trop jeune pour être sur les listes électorales avant son départ à la guerre. Il n’apparait pas dans les recensements de 1906).

 

Départ pour la guerre

Âgé de 19 ans, il part pour la guerre le 11 janvier 1916. Comme toutes les nouvelles recrues, il bénéficie d’un temps d’apprentissage relativement court avant d’être précipité au front. En effet, la classe 1917 est partiellement au front dès juillet 1916.

Il est affecté au 109ème régiment d’infanterie qui vient de subir la bataille de Verdun et se trouve en Champagne. Le régiment est dirigé sur la Marne avant d’aller se battre dans la bataille de la Somme.

Au 152ème RI

Lucien Têtu est affecté au 152ème régiment d’infanterie le 17 octobre 1916. Ses camarades au front viennent de mener la bataille pour s’emparer de Sailly-Saillisel (80). Et les pertes s’élèvent à plus de 1000 hommes sur 1976 engagés en 1ère ligne.

Il fait probablement partie du renfort de 170 hommes arrivés le 30 octobre 1916.

Dans les Vosges

Le régiment embarque à la gare de Loeuilly le 1er novembre 1916 en 3 trains et traverse la France : Beauvais, Pantin, Noisy le Sec, Troyes, Bologne, Epinal, Bruyères. Il arrive à Corcieux (88) dès le lendemain.

La troupe reste au repos (et exercices militaires) jusqu’à son départ le 13 novembre. 4 trains quittent Corcieux pour Giromagny (90). Les hommes cantonnent dans la région de Dannemarie avant de retrouver le front le 13 décembre 1916.

Quelques tirs, quelques obus, quelques blessés, quelques avions qui survolent la zone.

Les ordres d’opérations prévoient des actions rapides en avant pour ramener des prisonniers et du matériel.

Les hommes sortent parfois en tenue légère.

Et comme il faut un mot de passe, que choisir d’autre que le nom de la bataille qui a fait tant de dégâts dans le régiment : Sailly-Saillisel!

Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances et on dénombre encore des morts et des blessés. Les tirs se font plus présents en fin d’année. Pas de trêve des confiseurs dans les tranchées.

Au début de l’année 2017, le 152ème RI est survolé par les avions quasi journellement. Un nouveau coup de main est tenté sur le Schonholz le 21 janvier. Et un avion est abattu le 25 janvier. Son aviateur est retrouvé du côté français et fait prisonnier.

Le régiment part à l’arrière pour quelques temps. Il revient au front le 13 février.

Lucien Têtu est blessé le 18 février et évacué du front. Sa blessure n’est pas indiquée dans le journal de marche du régiment.

Début mars, le combat durcit. Quelques jours plus tard, le 152ème RI est relevé par le 63ème RI. Il va cantonner dans la Haute Saône au sud de Vesoul.

Les batailles dans l’Aisne

Le 1er avril, les troupes prennent le train : Villers le Sec, Vesoul, Gray, Dijon, Montereau, Melun, Villeneuve St Georges, Bercy Ceinture, La Chapelle le Bourget et Villers Cotterets.

Lucien Têtu n’aura probablement pas eu le temps d’apercevoir sa ville de naissance.

Les hommes sont dorénavant dans l’Aisne.

Ils rejoignent le front le 13 mai dans la région de Beaurieux. Les tirs ennemis d’obus deviennent quotidiens jusqu’à fin mai.

Début juin, alors que les hommes sont au repos, c’est un renfort de 450 hommes qui se joint au 152ème RI. Autre bonne nouvelle, le colonel, une délégation du régiment, le drapeau et sa garde vont défiler à Paris le 14 juillet 1917.

Mort dans la Marne

Le 27 juillet, le régiment part en camion pour la Marne. Un peu de repos et une pièce de théâtre le 13 aout avant de repartir pour la région de Reims. Retour en 1ère ligne pour les hommes le 18 aout 1917.

Lucien Têtu meurt le 3 septembre 1915 à la tranchée Friand par éclat d’obus. Il avait 20 ans.

De la commune de Courcy où il meurt, il est inhumé à la Verrerie de Neuvillette les Rheims.

Avec la création des nécropoles militaires, son corps sera déplacé à Sillery. Sur sa plaque, il est injustement noté comme appartenant au 155ème RI (qui était aux Eparges(55) à cette date).

Lucien Têtu est le 52ème mort pour la France de Grury. Il est enterré dans la tombe N°410.

Têtu

Sources : 6E306/103-AD77, 1R RM Autun 1917, 26N697/14-sga mémoire des hommes, l’image de la guerre numérisé par Gallica

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Il s’appelait Paul Muguet

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Mai 012017
 

Doté d’un patronyme peu commun, Paul Muguet, chanoine et curé archiprêtre de Sully le Château (71) a été un passionné d’histoire locale.

Muguet

Un patronyme peu commun

Paul Muguet est né le 2 avril 1839 à La Clayette (71). Ses parents se sont mariés l’année précédente dans la même commune. En remontant l’arbre généalogique, les originaires de la famille Muguet nous guident vers la Loire (Belmont) et le Rhône (St Vincent de Reins et Mardore).

Le patronyme est assez peu fréquent et semble tenir son origine de l’essence de la fleur qui était utilisée par certains élégants.

 

Une vie de prêtre

Après des études au petit séminaire de Semur en Brionnais, Paul Muguet rejoint le grand séminaire. Il hésite à devenir prêtre, deux fois. Il est finalement ordonné le 21 mai 1864. Il devient vicaire de la cathédrale d’Autun. Un an plus tard, il est nommé vicaire à Louhans où il reste 4 ans.

Le 18 juin 1869, il quitte la Bresse pour le Morvan pour devenir curé de Reclesne. En 1875, il est nommé curé dans le Charolais à Beaubery. Et c’est enfin le 16 décembre 1889 qu’il devient curé archiprêtre de Sully le Château. Il restera dans cette commune 34 ans jusqu’à sa mort le 10 septembre 1923 à l’âge de 84 ans.

Nommé chanoine honoraire de la cathédrale en 1895, il refusera le titre de chanoine titulaire et théologal du chapitre. En effet, il ne voulait pas quitter Sully pour déménager à Autun comme l’imposait sa nomination.

Chanoine

 

Un historien passionné

Outre sa vie de pasteur, Paul Muguet s’est intéressé à l’histoire locale. Et il y a consacré tout son temps libre, veillant parfois jusqu’à l’aurore !

Ses recherches ne sont pas restées secrètes. On compte parmi ses publications un tome consacré à la persécution religieuse pendant la révolution dans les arrondissements de Charolles et d’Autun. Mais aussi plusieurs ouvrages sur la vie de Marguerite-Marie Alacoque de Verosvres (71) qui a inspiré le culte du Sacré CÅ“ur ou encore sur la montagne de Dun, le Val St Benoit…

C’est probablement grâce à ces travaux qu’il devient membre de la société éduenne d’Autun en février 1890. Il est régulièrement présent aux séances de cette société savante et y fait part de ses découvertes.

Des discours mémorables

Outre ses conférences sur ses travaux, c’est surtout sur la fin de sa vie que Paul Muguet se distingue avec des discours.

On peut notamment citer la bénédiction du monument aux morts de la commune inauguré le 25 septembre 1921 où il prononça un discours patriotique très apprécié.

Deux ans plus tard, et quelques mois avant sa mort, la marquise de Mac Mahon, Marthe Marie Thérèse de Vogüé décède à Paris le 9 juin 1923 suite à une courte maladie. Elle est très célèbre dans la société parisienne et très impliquée dans des œuvres de bienfaisance. Elle a droit à de grandioses obsèques à l’église St Pierre du Gros Caillou avant que son cercueil ne rejoigne Sully. Il faut dire que les Mac Mahon sont les propriétaires du château du village.

Un nouveau service funéraire pour la marquise a lieu à Sully 10 jours plus tard. Et c’est Paul Muguet qui y prononce une allocation mémorable.

Jusqu’au bout

Malgré ses problèmes de surdité, le chanoine Muguet a assuré les cours de catéchisme jusqu’au bout. Ses infirmités l’accablant, il avait demandé l’autorisation de se retirer. Mais c’est bien comme curé de Sully qu’il mourut, fidèle à son poste.

Ses funérailles ont eu lieu en présence de 30 prêtres, de plusieurs chanoines et de toute la population de Sully… Sauf « quelques hommes retenus par les travaux du battage. »

Il a été remplacé par Claude Joseph Broyer, curé de Bonnay au poste de curé archiprêtre.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2017 sur le thème imposé « le muguet ».

Sources : REV192/36-AD71, V37-AD71, V39-AD71, 1T285-A71, 5E133/5-AD71, 1Miec015X03-AD42, 4E4715-AD69, 4E4714-AD69, Le Gaulois numérisé par Gallica.bnf.fr

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Colier Jean, mort pour la France

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Avr 162017
 

Jean Colier est le 50ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne à peine 1 mois avant ses 20 ans.

Jean Colier est né le 14 mai 1897 à la Janvière, commune de Grury. Il est l’ainé des deux garçons de Pierre Colier et de Pierrette Diry, cultivateur.

Classe 1917

Jean Colier appartient à la classe 1917. La guerre est déjà bien entamée quand il passe le conseil de révision à Issy l’Evêque.

Bon pour le service, il est incorporé le 11 janvier 1916 au 13ème régiment d’infanterie. Quelques mois d’instructions et il rejoint le front probablement entre le printemps et l’été 1916.

La bataille de Verdun

Débutée en février 1916, la bataille de Verdun va durer plus de 9 mois. Le 13ème RI y participe aux Eparges, à la tranchée de Calonne… C’est peut être dans ce contexte que Jean Colier se confronte à cette drôle de guerre.

Dans la Somme

Après un stage d’instruction dans le camp de Saffais (54), les hommes sont transportés à Vézelise à destination de la Somme. Ils restent en 1ère ligne dans le secteur de Berny jusqu’à la fin de l’année 1916 pour une autre direction.

Les tranchées de la Marne

Le 13ème RI appartient désormais à 169ème division qui vient d’être créée en ce début d’année 1917. Le régiment est affecté au sous secteur de la main de Massiges. La guerre des tranchées s’est installée mais quelques bombardements allemands provoqueront des contre-attaques et ainsi un peu de mouvement dans le secteur.

Le Mont Cornillet

Le 13ème RI ne quitte pas la Marne et se porte dans la région de Reims avec pour objectif de conquérir le Mont Cornillet. L’attaque a lieu le 17 avril 1917 sous un temps déplorable (pluie, neige) et le 83ème RI se replie, laissant les hommes du 13ème RI en première ligne. Pendant 5 jours, les hommes vont se battre dans ces lieux. Plus de 400 morts, une centaine de prisonniers et de nombreux blessés.

Parmi eux se trouve Jean Colier qui souffre d’une plaie à la tête et au côté droit par éclat d’obus.

Colier

Il décède à l’ambulance 9/17 dans la même journée. Il n’avait pas 20 ans. Son corps repose à la nécropole ‘Sept Saulx’, tombe 959.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1917-AD71, historique du 13ème RI

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Voilà, c’est fini… ou presque

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Mar 032017
 

Juillet 2015 – Mars 2017, c’est le temps qu’il a fallu pour indexer les poilus des 588 livres d’or des communes de Saône et Loire. Le projet est fini, mais la guerre n’est pas terminée.

C’est l’histoire d’un jour un poilu

Décembre 2013, une idée un peu folle est lancée… Une base de plus de 1,3 million de militaires morts pour la France pendant la guerre 14-18 est proposée à l’indexation collaborative. Et Jean Michel Gilot calcule qu’il suffit (!) à 880 personnes de transcrire chaque jour une fiche de poilu pour que l’intégralité de la base soit complète au 11 novembre 2018. C’est le début du projet 1 jour 1 poilu .

Trouver une organisation

Un poilu par jour, le temps de le repérer, de se connecter, de l’indexer, de diffuser l’information… Beaucoup d’organisation pour une seule fiche.

Après avoir testé des indexations par année, et éventuellement par patronyme, c’est bien la participation à l’indexation au fil du Tour de France 2015 qui m’a permis de choisir une organisation fiable et systématiques avec l’utilisation des livres d’or. La cible: le département de Saône et Loire.

588 livres d’or et une carte

Un livre d’or pour chacune des communes de Saône et Loire est disponible dans la salle des inventaires virtuelle des archives nationales. (Enfin, comme il faut une exception, la commune de Changy n’en a pas…) Ce sont donc ces documents qui ont servi de référence à l’indexation.

De plus, le coup de pédales de l’été avait vu la mise en place d’une carte collaborative. Plus question d’indexer par canton, il fallait du visuel! Surtout que dans les autres départements, ça indexait aussi!

Par conséquent,  les communes de Saône et Loire ont été choisies alternativement dans chaque arrondissement.

Carte collaborative fin décembre 2015

Près de 20 mois plus tard

Des livres d’or contenant entre 2 et 845 poilus. Plus de 16 000 indexations. Et 4 livres d’or indexés par d’autres bénévoles…

Une bataille acharnée et quotidienne qui se termine le 3 mars 2017 avec la commune de Saône et Loire ayant le plus grand nombre de morts pour la France: Chalon sur Saône.

Mais la guerre n’est pas finie

Tous ceux qui ne sont pas sur les livres d’or. Tous ceux qui sont référencés dans le Maine et Loire, l’Indre et Loire au lieu de la Saône et Loire. Les poilus qui ne sont que sur les monuments aux morts, les non morts pour la France, les fusillés. Les originaires du département partis s’installer ailleurs…. Il reste de quoi indexer!

La guerre n’est pas finie, alors promis, demain je continue d’indexer…

Additif: suite à l’analyse du 7 mars 2017 par Jean Michel Gilot, seuls 87,11% des poilus notés comme nés dans le département de Saône et Loire sont indexés. Il reste donc près de 3000 soldats à indexer sur ce département (plus ceux mal référencés).

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Martin François, mort pour la France

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Fév 252017
 

François Martin, classe 1916, meurt pour la France suite à une blessure par éclat d’obus près de Fleury à l’âge de 21 ans. Il est le 49ème mort pour la France de la commune de Grury (71).

Elevé avec un pensionnaire

François Martin est né le 9 juin 1896 au hameau de la Croix à Issy l’Evêque. Ses parents, Léonard Martin et Jeanne Ledey sont agriculteurs. Ils prennent en pension Marcel, d’un an le cadet de François. Le petit est né à Paris de Marguerite Martin.

La famille déménage avant 1906 pour s’installer au Bois de Grandvaux à Grury. François devient agriculteur.

Classe 1916

La classe 1916 à laquelle appartient François est appelée en avance du fait de la guerre. Il est donc incorporé le 12 avril 1915 et rejoint le 109ème régiment d’infanterie de Chaumont.

Quelques mois d’instruction (5 mois ?) lui seront nécessaires avant de rejoindre le front probablement vers l’automne 1915.

Le secteur de Lorette

Les troupes du 109ème RI sont dans le secteur de Lorette vers la fin septembre 1915. Elles bataillent ensuite sur le secteur du bois en Hache et du bois de Givenchy jusqu’au 22 décembre. A partir de cette date, les bataillons du régiment sont relevés définitivement après une bataille de 12 mois.

La bataille de Verdun

Le début de l’année 1916 est passée au camp de Saint Riquier où le régiment est reformé et complété. Puis vient le départ le 22 février pour une destination inconnue qui s’avérera être le lieu d’une bataille terrible : la bataille de Verdun.

Le 109ème est dans le secteur de Douaumont début mars. Il sera réduit à un tiers de son effectif au décompte du 21 mars.

La Champagne

Après quelques jours de repos, le 109ème est transporté en train en Champagne pour aller rejoindre le secteur de Tahure.

François est alors affecté au 122ème RI qui fait des statistiques sur les origines géographiques et l’ancienneté de ses soldats.

Martin

Retour dans la Meuse

Un mois plus tard, François est affecté au 412ème RI qui vient de défendre la cote 304 à Esnes en Argonne. Les hommes retournent au combat. Ils resteront dans le secteur jusqu’à la fin octobre 1916 où ils auront enfin droit à quelques jours de vrai repos.

Le 24 novembre 1916, les troupes sont emmenés en camions à Verdun. Elles sont affectées au nord Est de Bras de Meuse avant de rejoindre la côte du Poivre quelques jours avant Noël.

Le journal de marche égrène ses pertes. L’historique du régiment précise que la période entre le 21 décembre et le 12 janvier « fut particulièrement pénible autant par le feu de l’ennemi que par les rigueurs du climat. »

Blessé par éclat d’obus

La guerre n’est pas terminée. Ainsi début février 1917, le 412ème retourne sur la rive droite de Verdun.

François Martin est blessé le 15 février 1917 par éclat d’obus à la jambe au ravin de Bazil près de Fleury.

Il décède 10 jours plus tard à l’ambulance 3/6. Il avait 21 ans. Son corps est rapatrié le 08 juillet 1922.Il est enterré au cimetière de Grury.

 

 

Sources: 5E239/30-AD71, M1710-AD71, 6M Grury-AD71, 6M Issy-AD71, 1R RM Autun 1916-AD71, Historique du 109ème régiment d’infanterie, 26 N 684/4-sga Mémoire des hommes, 26 N 769/2-sga Mémoire des hommes, Q 2329-Bdic

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Segaud Henri, mort pour la France

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Fév 162017
 

Engagé volontaire dans la marine, Henri Segaud meurt de maladie en 1917. Il est le 48ème mort pour la France inscrit sur le monument aux morts de Grury (71).

De la campagne à la ville

Henri Segaud est né le 14 juillet 1891 à Marly sous Issy (71) de Pierre Segaud et Pierre Roy.Son père est tailleur d’habits au bourg à Grury, commune voisine, et l’enfant est né au domicile de ses grand-parents au hameau de Chaunat.

Après qu’un 5ème enfant nait à Grury puis la famille part s’installer après 1906 à Dijon (21). Henri devient serrurier.

Engagé volontaire dans la marine

Henri est engagé volontaire le 19 mars 1909 à Toulon, il rejoint le dépôt des équipages de la flotte de cette ville, le 5ème dépot. Il devient quartier maitre mécanicien torpilleur le 1er avril 1911.

Omis de la classe

Alors qu’il appartient à la classe 1911, Henri n’est pas présent sur les fiches matricules de cette année. Omis de la classe, on le retrouve dans les registres de l’année suivante (1912) avec une classe de mobilisation de 1908.

Finalement, Henri n’habite pas la côte d’or. Il est dit serrurier à Bougneuf Val d’Or dans le canton de Givry.

 

Mobilisation générale

Henri est est rappelé à l’activité le 2 aout 1914 et est affecté à la 1ère escadrille de sous marins de la 1ère armée navale jusqu’au 1er janvier 1916. Pas d’indication sur le navire sur lequel il est affecté, peut être sur le sous marin Ampère, le contre-torpilleur Hallebarde, l’Arbalète ou le Papin?

A bord du Marceau

Il passe 3 mois à bord du cuirassé Marceau du 2 janvier au 1 avril 1916. Ce bâtiment est utilisé comme navire-atelier et ravitailleur de sous-marins à Malte et à Corfou pendant la 1ère guerre mondiale mais le journal de bord s’arrête en 1915. Impossible, là aussi, de connaitre les conditions de vie d’Henri Segaud.

De retour au dépôt

Henri retourne au 5ème dépôt le 2 avril 1916 et décède à l’hôpital complémentaire N°28 de Bourges Rue de Dun sur Auron le 16 février 1917 de maladie. Il avait 26 ans.

Son acte de décès précise qu’il était domicilié à Beaune avec sa mère. Il est cependant enterré dans le cimetière de Grury.

Il est le 48ème mort de la commune de Grury et le premier pour l’année 1917.

 

Sources: 5E280/10-AD71, 6M Grury-AD71, R2492-AD21, SSY340-sga mémoire des hommes

© 2017 Généalanille

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Ne pas se laisser insulter

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Nov 132016
 

Des invectives en fin de bal

Le dimanche 9 décembre 1923, un bal est donné à Grury. Vers 23H, la fête est terminée. Mr G., 24 ans, fermier à Proboeuf, croise Melle T., 25 ans, couturière célibataire. Il se met à l’insulter gravement et publiquement. Il la traite notamment de « pouffiasse. »

insulter

Melle T. ne se laisse pas faire. La veille de Noël 1923, l’huissier d’Issy l’Evêque avertit M. G qu’il est cité à comparaitre devant le tribunal de paix.

Un verdict clément

L’audience a lieu le 12 janvier 1924 à Issy l’Evêque sous la présidence de Charles Viturat, juge de paix, assisté de Léon Guyard, greffier. Mr G. risque 300 francs de dommages et intérêts, mais il reconnaît les faits et le tribunal le condamne à 50 francs de dommages et intérêts et à payer les frais de justice.

amende

Deux personnes respectables

Mr G. devient père de famille pour la première fois en 1924, il fréquente probablement les fêtes locales mais n’est plus jamais condamné pour insultes!

Quant à elle, Melle T. a continué son activité professionnelle. Fluette et élégante, elle n’avait rien des insultes qui lui étaient attribuées.

© 2016 Généalanille

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Connaissez-vous les Bressan?

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Oct 122016
 

Leur nom portait à croire qu’ils avaient des origines dans la Bresse, mais ils sont étrangers. La famille d’artistes va bêtement se faire verbaliser pour ne pas avoir fait de déclaration de résidence.

Dans la famille Bressan

Il y a le père : Dominique qui signe Dominico. Son métier ? Gymnasiarque ambulant sans domicile fixe. Et accessoirement originaire de Venise en Italie.

domenico

Dominique a un frère Félix et une femme Regina Rossi qui sont également, allez, disons un mot plus simple, acrobates.

Pour les enfants, c’est plus difficile de les pister. On trouve:

  • Marie Angèle née en 1876 à Voghera en Italie,
  • Antoine né en 1881 à Rive de Gier (42),
  • Joseph né en 1882 à Pont de Beauvoisin (38),
  • Geneviève Joséphine née en 1884 à Clessé (71) qui n’est pas dans la Bresse.

Il en manque probablement!

acrobates

Un banal accident

20 aout 1901, la famille est à Millau dans l’Aveyron. Joseph Bressan blesse quelqu’un par imprudence. Il doit rendre des comptes à la justice sous couvert de sa mère car il est mineur (il n’a que 19 ans) et que son père est décédé. Mais toute la famille va se retrouver à la barre du tribunal…

 

La loi du 8 aout 1893

Comme vous l’avez peut être deviné, les Bressan ne sont pas bourguignons mais italiens. Or depuis la loi du 8 aout 1893, ils doivent faire une déclaration de résidence dans les 8 jours qui suivent leur arrivée dans une ville. Cet enregistrement des étrangers est noté dans un registre tenu par la commune. D’ailleurs le prix de l’amende revient dans les caisses de la commune…

loi

Tous condamnés

Mais les Bressan n’ont pas pas fait cette déclaration et c’est l’accident dont Joseph est responsable qui permet de découvrir le pot aux roses. Chacun des enfants écopera d’une amende de 10 francs.

amendes

© 2016 Généalanille

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