La publicité prussienne dans les tramways lyonnais

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Juin 062015
 

Les chocolats Suchard, entreprise Suisse, affichent leur publicitĂ© sur de nombreux supports. Ils ont mĂŞme un dirigeable qui porte leur nom. Ă€ l’aube de la guerre, ils doivent justifier de leur neutralitĂ© et c’est leur dirigeable qui contredit celle-ci.

Le dirigeable baptisé par les prussiens

En 1909, l’exposition aéronautique de Francfort voit se former une société entre Mr Brucker, américain d’origine allemande et le docteur Gans de Fabrice, de Munich. Les deux hommes cherchent des fonds pour un projet de traversée de l’Atlantique grâce à un dirigeable et c’est la fabrique Suisse des chocolats Suchard qui va verser des fonds moyennant le fait de baptiser le ballon du nom de l’entreprise suisse.

Ballon

Le 15 février 1911, le dirigeable Suchard est baptisé à Kiel par le prince Henri de Prusse et son épouse. Le ballon doit faire des tests au-dessus de la Baltique avant de traverser l’océan.

Le petit Parisien 19110219

Finalement quelques jours avant son départ pour les îles du Cap Vert prévu au mois d’avril 1911, les membres de l’expédition se rendent compte que des réglages des moteurs complémentaires sont nécessaires et un départ en pleine période des tempêtes tropicales n’est pas très opportun. L’expédition est reportée au mois d’octobre 1911.

 

Mis Ă  disposition des allemands

Le 29 février 1912, le journal « Le Salut Public » comptabilise les dirigeables à la disposition des allemands en cas de mobilisation.

Il en indique 7 militaires et 12 privés. Parmi ces derniers, le 7ème de la liste est le SUCHARD, longueur 120m, 4 moteurs chacun d’une puissance de 110 HP (Horse Power : Cheval vapeur).

liste

 

Suchard face à ces clients belligérants

Avec le début de la 1ère guerre mondiale, la fabrique de Chocolat suisse s’empresse d’envoyer une circulaire pour rassurer ses clients sur sa neutralité du fait de l’emplacement géographique de son entreprise et précise que « les fils de tous les administrateurs sont suisses. »

Cependant, le directeur de la fabrique, Mr Rüss, envoie également des chocolats en Allemagne et il semblerait qu’un commerçant français ait reçu par erreur un de ceux-ci qui contient des chromos commémoratifs des batailles de Gravelotte et St Privat, gagnées à l’époque par les allemands.

La circulaire précise également qu’il n’a jamais été « fait don au gouvernement allemand ou à un de ses organes, d’un engin de guerre quelconque, aéroplane, dirigeable, ballon ou cuirassé. »

 circulaire

Mr Karl RĂĽss

Le directeur Karl Rüss est né en Allemagne. En 1884, au décès de son beau-père, il dirige l’entreprise chocolatière et possède au moment de la guerre la moitié du capital. La société est devenue multinationale et ses usines sont situées dans plusieurs pays.

Il est évoqué que Mr Rüss fait flotter le drapeau allemand sur l’usine de Neufchatel à chaque anniversaire de la bataille de Sedan. Ce directeur est, par ailleurs, conseiller du commerce extérieur en Allemagne, ce qui laisse douter de sa neutralité.

 

Le conseiller municipal de Lyon

Le 24 janvier 1915, le bulletin municipal officiel de la ville de Lyon publie une interpellation de Victor Darme, conseiller municipal de Lyon qui explique la non neutralité de Suchard et demande la suppression de la publicité Suchard sur les tramways

Exemple d'un tramway avec publicité Suchard

Exemple d’un tramway avec publicitĂ© Suchard

Victor Darme est né en 1868 à Marlieux (01). Il est fabricant de sirops puis marchand de café en gros avec son frère Joseph dans le 6ème arrondissement, 78 Rue Tronchet.

Il est élu au conseiller municipal de Lyon de mai 1912 à décembre 1919 et puis de mai 1925 à mai 1929.

L’histoire ne dit pas si les tramways lyonnais ont dû trouver un autre partenaire publicitaire.

 

Sources : PR13/12-AD71, Salut public –AD69, 3M463-AD69, 3M1586-AD69, 3M1589-AD69, 1217WP174-AM Lyon, 1217WP179-AM Lyon, 1217WP184-AM Lyon, 1217WP188-AM Lyon, Numérisés par Gallica: le journal, le petit parisien

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Il choisit d’ĂŞtre français

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Mai 242015
 

Une enfance alsacienne

François Joseph Weber est né le 5 janvier 1861 à Wolxheim (67) d’un autre François Joseph Weber et de Marguerite Welker. Son père décède le 14 avril 1870 quelques mois avant la guerre, et sa mère le 17 mai 1873. Orphelin, c’est sa sœur Catherine, seule fille et l’ainée de la famille (née vers 1843), qui l’élève jusqu’à ses 14 ans. Elle habite toujours le village de Wolxheim et est mariée avec Mr Meyer qui décède avant 1898.

L’Alsace est annexée depuis 1871, les Weber sont donc devenus allemands et François Joseph est trop jeune en 1872 pour pouvoir opter pour la nationalité française.

 Carte 1870

 

La famille dispersée

Les frères de François Joseph sont tous plus âgés que lui.

  • Auguste Weber est nĂ© vers 1860. Il est boulanger Ă  Strasbourg en 1891 et 1898.
  • Louis Weber est nĂ© vers 1857. IncorporĂ© dans la lĂ©gion Ă©trangère, il rĂ©side en Afrique en 1898 mais son domicile prĂ©cis est inconnu.
  • Charles Weber est nĂ© vers 1855. Il a servi la France avec le 90ème RĂ©giment d’infanterie. ManĹ“uvre Ă  Paris en 1891, il est mariĂ©, père de famille et employĂ© Ă  la compagnie des chemins de fer de l’est Ă  Paris en 1898.
  • Ignace Weber est nĂ© vers 1844, il a optĂ© pour la nationalitĂ© française et est employĂ© Ă  l’hĂ´tel des Iles britanniques Ă  Nice en 1891 et restaurateur Ă  Marseille 8 Rue DieudĂ© en 1898.

Les saisons sur la côte d’Azur et ailleurs

En octobre 1875, François Joseph Weber quitte l’Alsace et rejoint son frère à Nice. Il va enchainer les saisons.

Cartes saisons

Il débute sa carrière à l’hôtel des iles britanniques à Nice (10/1875-08/1876) puis à Menton (08/1876-05/1878). Il part travailler en Ecosse à Toward Castle de Mr Finlay (05/1878-01/1879) puis revient à Nice à l’hôtel du littoral (01/1879-06/1879).

A 28 ans, sa carrière subit un coup d’arrêt. Sans emploi régulier, il est logé chez Mr Cauvin 31 Rue Masséna à Nice jusqu’à la fin de l’année.

Il reprend du service à l’hôtel Julien boulevard Carabacel à Nice (12/1879-04/1880) puis à la Villa Polonais à Villefranche sur Mer (05/1880-09/1880).

Deuxième coup d’arrêt, il retourne chez Mr Cauvin à Nice qui habite désormais 2 Rue Croix de Marbre. Il accepte de travailler coute que coute et il est embauché chez Mr Vial, négociant en charbons sur le cours à Nice, puis chez Mr Guillomet propriétaire 13 rue Lamartine à Nice (12/1880-03/1882).

Retour à son métier pour une courte période à l’hôtel Chasse Royale 7 rue de la paix à Nice (03/1882-04/1882) avant de tenter sa chance à Lyon à l’hôtel Collet, 62 rue de la république (04/1882-09-1882).

Une année de galère (09/1882-12/1883) qu’il passe à Marseille, mais il ne peut pas justifier de travail régulier si ce n’est à l’hôtel anglais (10/1883-12/1883). Il est à nouveau sans emploi et retourne à Nice pour habiter chez Mr Cauvin (12/1883-07/1884).

Il décroche un nouveau contrat au Comptoir de l’Opéra à Nice, 2 Rue de l’hôtel de ville (07/1884-11/1884) avant de se retrouver manœuvre chez Mr Pierre voiturier à Nice (11/1884-04/1885).

Nouvel arrêt pendant un mois (05/1885) où il retourne chez Mr Cauvin. C’est l’hôtel de Londres à Monte Carlo qui lui offre sa prochaine place (09/1885-12-1885).

Encore une année de galère passée chez Mr Cauvin à Nice (09/1885-08/1886) avant d’être embauché au Restaurant du Commerce sur le Cours à Nice (08/1886-02/1887). Il retourne chez Mr Cauvin (02/1887-06/1887) puis repart à Monte Carlo. Cette fois, c’est l’hôtel de Nice qui l’emploie (06/1887-08-1887).

De retour à Nice, il travaille à l’hôtel de la Grande Bretagne, place du jardin public (09/1887-05/1888) avant son départ pour la Suisse à l’hôtel National de Lucerne (05/1888-10/1888). Il alterne ces deux places et retravaille à l’hôtel de la Grande Bretagne à Nice (10/1888-04/1889) avant de repartir à l’hôtel National de Lucerne (04/1889-08/1889).

Carte Weber

 

La stabilisation Ă  Lyon

Il arrive à Lyon en septembre 1889 et travaille à l’hôtel de la poste, 3 rue de la barre. Il est logé en garni, 23 rue mercière, chez Mme Devillaine (qui part habiter ensuite à Royat).

Etant étranger et suite au décret du 2 octobre 1888, il fait sa déclaration de domicile au commissariat du quartier de la bourse le 2 septembre 1889.

DĂ©cret 1888

Le 5 novembre 1889, il habite chez Elisa Montgenet 54 rue Tramassac dans le 5ème arrondissement. Vivant en concubinage, le commissaire la considère comme la maitresse de François Joseph Weber. Elle paye le loyer et possède les meubles du logement.

Marie Elisabeth Liza Montgenet a 10 ans de moins que son ami. Née à l’Argentière La Bessée (05) le 26 décembre 1851, son père est décédé le 10 avril 1865 à Briançon et sa mère le 18 mars 1884 au même lieu. Elle est ménagère chez Mr Cuzin bandagiste 22 rue Thomassin.

Ne trouvant pas de travail stable, François Joseph Weber repart faire des saisons à deux reprises à Royat (63) : au grand Hôtel (07/1890-09/1890) et au Splendid Hôtel (05/1891-09-1891). Il y gagne 80 francs par mois et est logé et nourri.

Pendant la saison d’hiver, il travaille comme manœuvre chez François Dunoir entrepreneur de facteur 20 Rue Jarento à Lyon et touche 2,50 francs par jour.

Il reste sur Lyon sauf pendant 10 mois où il habite et travaille chez son frère Ignace tenant pension bourgeoise meublée à Marseille (07/1895-05/1896). A son retour et depuis septembre 1896, il travaille comme fumiste chez Mr Cleuzet, 17 quai Fulchiron à Lyon.

Devenir français

C’est au retour de sa dernière saison à Royat que François Joseph Weber entame ses démarches pour sa naturalisation comme français. Il a alors 30 ans.

Il dépose un dossier et doit fournir un certain nombre de pièces justificatives sur son état civil, son service militaire, sa situation financière, une attestation du maire et des attestations des employeurs successifs.

La demande de renseignements au commissaire spécial est envoyée le 25 novembre 1891. Suivent ensuite les demandes au maire, au secrétaire général de police mais aussi aux préfets des départements où François Joseph Weber a travaillé.

Le temps s’écoule, l’alsacien n’arrive pas à obtenir ses papiers auprès des autorités allemandes et fait appel à l’agence Child à Lyon. De plus, le propriétaire de l’hôtel Anglais quai du port à Marseille ne connaît pas François Joseph Weber qui prétend y avoir travaillé du 28 octobre au 28 décembre 1883.

La loi du 8 aout 1893, oblige les étrangers à se faire inscrire sur les registres d’immatriculations tenus par les maires. François Joseph Weber fait sa déclaration au commissariat de St Just le 30 septembre 1893.

Loi 08081893

Deux mois plus tard, son dossier est relancé et une nouvelle enquête est faite par le commissaire spécial puis par le secrétaire général de police. Le dossier semble être bouclé fin 1893.

Par décret du 5 février 1894, François Joseph Weber est admis à établir son domicile en France pour y jouir des droits civils pendant 5 ans.

decret 1894

L’information est transmise par le gardien des sceaux le 10 fĂ©vrier au prĂ©fet du RhĂ´ne qui informe le maire le 24 fĂ©vrier 1894. L’avis parait dans le bulletin officiel N°2718.

BO1894

Un couple d’étrangers

François Joseph Weber épouse Elisa Mongenet le 6 novembre 1897 à la mairie de Lyon 5ème. Ils n’ont pas d’enfant. Par cet acte, elle adopte la nationalité de son mari et devient allemande.

Quelques mois plus tard, le couple décide de déposer un nouveau dossier pour devenir français. Une nouvelle enquête est diligentée et le dossier semble être bouclé au mois d’aout 1898.

Le prix de sceau est fixé à 175,25 francs mais le postulant ne propose de payer que 50 francs. En raison de sa situation précaire, il lui est accordé une remise de 50% du prix demandé.

Par décret du 11 septembre 1898, François Joseph Weber est naturalisé français par application de l’article 8 paragraphe 5 N°1 du code civil.

BO1898 Weber

Sa femme réintègre le même jour la nationalité française qu’elle avait perdu à son mariage.

Bo 1898 Mongenet

L’information est transmise du garde des sceaux au préfet le 14 septembre 1898. Le maire est informé à son tour 15 jours plus tard. Les deux avis passent dans le bulletin officiel N°3268.

 

Les droits et les devoirs

Devenu français, François Joseph Weber est soumis aux devoirs de sa nation. Insoumis aux lois de recrutement militaire en Allemagne, il doit s’inscrire en France.

Il porte le numéro 270 du tirage au sort des conscrits de la classe 1898 sur la liste du 5ème arrondissement et enregistré sous le matricule 610 de la même classe, il se retrouve affecté au 53ème RIT à Lons le Saunier. Il passe dans la réserve de la territoriale le 01 octobre 1901 avant d’être libéré définitivement du service militaire le 01 octobre 1907.

 RM Weber

La maladie et l’indigence

Elisa Weber décède le 22 mai 1906 à l’hôpital place de l’antiquaille à Lyon. Elle est enterrée deux jours plus tard dans un cercueil en sapin sans cérémonie religieuse. Le convoi l’emmène dès 6 heures du matin pour sa dernière demeure au cimetière de Loyasse.

François Joseph Weber, de 10 ans son cadet, meurt au même âge qu’elle le 18 juillet 1916 à son domicile rue Tramassac. Son corps est emmené, lui aussi dans un cercueil en sapin comme indigent, dès le lendemain à 17H pour le cimetière de Loyasse.

Sources: 1K390-AD69, 1K408-AD69, 6MP1014-AD69, 6MP1036-AD69, 1RP 1015-AD69, 6M379/5-AD05, 2E2046-AM Lyon, 2E2453-AM Lyon, 1745W159-AM Lyon, 2E1819-AM Lyon, 61W270-AD69

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L’empoisonneuse empoisonnée

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Mai 202015
 

L’enfant est un « minus habens » paraissant incurable

Françoise Vacher est née le 2 mai 1895 à Charmoy (71) de Pierre Vacher et Jeanne Bornet, cultivateurs. Elle a épousé Jean Marie Thomas dont elle a eu un fils Pierre Lucien né en 1921.

A l’automne 1937, la famille habite 56 Combe des Mineurs au Creusot (71). Elle est ménagère, lui travaille chez Schneider et est estimé.

Combe

Seulement voilĂ , l’enfant est « d’une intelligence qui ne se dĂ©veloppera pas et ne lui permettra ni d’aller Ă  l’Ă©cole ni de travailler » ce qui a fait sombrer Françoise Vacher une première fois en 1933. A l’époque, elle a dĂ» ĂŞtre internĂ©e Ă  l’asile psychiatrique de Bourg en Bresse pendant plusieurs mois. Elle a Ă©galement fait une tentative de suicide. Depuis, elle promène son enfant de 16 ans qu’elle chĂ©rit mais redoute qu’un jour on l’interne. Les voisins ne font pas cas de ce handicap mais elle se croit persĂ©cutĂ©e.

Une mère assassine

Jeudi 30 septembre 1937 vers 3 heures du matin, le père de famille part prendre le premier poste au Breuil. Sa femme, restĂ©e avec l’enfant, prend 25 cachets de GardĂ©nal et constitue 2 gros cachets qu’elle fait absorber Ă  son fils toujours couchĂ©. Le fils, se plaignant de violents maux de tĂŞte, doit se lever. La mère en profite pour lui saisir la tĂŞte et la faire tremper violemment dans une bassine dans la cuisine. Lucien meurt noyĂ© après quelques secondes.

Sa mère se met ensuite à hurler à la fenêtre que son fils est mort et que personne ne le persécutera plus.

Les voisins rĂ©veillĂ©s composent le 0.55 pour appeler le commissariat principal et Ă  4H les agents Benit et Dorville se rendent sur place en bicyclette. Ils trouvent le fils unique noyĂ© dans la cuisine, la tĂŞte Ă  demi plongĂ©e dans une bassine d’eau. Sa mère arpente la cuisine avec des yeux exorbitĂ©s et des propos incohĂ©rents: elle est dĂ©mente. Les agents ramènent la meurtrière au poste et Mr Redoutey commissaire central est prĂ©venu.

Telephone

Des officiels qui se croisent

Le commissaire arrive de bonne heure avec Mr GandrĂ© brigadier de police. Le Dr Mickoff est en cours d’investigation et confirme l’empoisonnement de la victime.

Plusieurs pièces sont saisies dans la maison, dont la boite de gardénal partiellement vide.

La mère subit un premier interrogatoire dans la matinĂ©e et a un peu retrouvĂ© ses esprits: elle raconte son crime, se rend compte de ce qu’elle a fait, fond en larmes et reste anĂ©antie dans la cellule le reste de la journĂ©e.

Le vendredi 1er octobre, le commissaire principal part à Macon (avec autorisation du sous-préfet) pour accompagner sa fille en pension et avertit le procureur qu’il ne peut pas le recevoir.

Mr Givry procureur de la rĂ©publique et Mr Voisenet juge d’instructions arrivent au Creusot vendredi Ă  14H pour poursuivre l’enquĂŞte, accompagnĂ©s de Mr Rouge commis greffier. Après avoir entendu longuement la femme au commissariat, les membres du parquet l’emmènent chez elle pour une reconstitution. Il est constatĂ© qu’elle ne dispose pas de toutes ses facultĂ©s et qu’elle est irresponsable.

Françoise Vacher est inculpée d’empoisonnement et placée sous mandat de dépôt par le juge d’Autun. En attendant d’être transférée à la prison de Chalon, elle est gardée à la chambre de sureté du commissariat de police du Creusot, et subit d’abord une fouille au corps par Mme Jamet concierge de la mairie.

DĂ©part pour la prison

Le samedi 2 octobre 1937 au matin, les policiers confient la meurtrière au gendarme Manneveau du Creusot qui l’amène à la prison de Chalon sur Saône. Elle est écrouée sous le numéro 327, fouillée et laisse un manteau noir, un tablier mauve et une paire de souliers noirs. Son empreinte digitale est déposée sur le registre.

Empreinte

Dès son incarcération, Françoise Vacher est en proie à des crises violentes, poussant des cris déchirants et empêchant ses codétenues de dormir.

Pendant ce temps-lĂ  au Creusot

Le commissaire principal, de retour au Creusot, apprend qu’au cours de la nuit l’agent Doussot a retrouvé dans la geôle un flacon de taupicine oublié sur la détenue. La femme étant déjà partie en prison, le parquet d’Autun n’est pas été avisé par le commissaire.

Le Dr Lagoutte, mĂ©decin lĂ©giste, a procĂ©dĂ© Ă  l’autopsie du jeune Lucien. L’enterrement a lieu le dimanche après-midi et le père remercie dans le journal les personnes qui ont pris part Ă  sa peine.

remerciements

L’empoisonneuse dĂ©cède en prison

Dimanche 3 octobre, Françoise Vacher, emprisonnée, a des vomissements et des coliques qu’elle attribue à un refroidissement. Le lundi 4 octobre, étant dans le même état, le médecin de la prison l’examine sans rien trouver de sérieux mais l’a fait entrer à l’infirmerie. Elle doit être présentée au juge dès le lendemain.

Dans la nuit du 4 au 5 octobre, Françoise Vacher a des crises violentes attribuĂ©es Ă  des accès de folie auxquelles elle est sujette. La nuit est agitĂ©e et ses codĂ©tenues rĂ©ussissent Ă  s’endormir sur le matin. A leur rĂ©veil, elles constatent la mort de l’empoisonneuse et prĂ©viennent le personnel. Le gardien chef dĂ©croche son tĂ©lĂ©phone pour avertir le parquet et le mĂ©decin de la prison.

Thomas

Mardi 5 octobre, une autopsie est pratiquée sur la défunte sans rien trouver de positif mais, par précaution, les viscères ont été conservés pour un examen ultérieur.

L’interrogation des autres dĂ©tenues n’a pas permis de dĂ©terminer la cause de la mort. Il est Ă©voquĂ© un empoisonnement par un produit qu’elle aurait rĂ©ussi Ă  dissimuler malgrĂ© les fouilles, ou la prise de gardenal la semaine prĂ©cĂ©dente qui aurait fait effet Ă  la longue, vu son mauvais Ă©tat de santĂ© Ă  son arrivĂ©e en prison.

L’enquête interne

Le procureur de la république téléphone au commissaire principal du Creusot pour lui annoncer la mort de la femme Vacher à la prison. Le commissaire fait alors l’analogie avec l’incident survenu dans ses murs. Il prévient son supérieur et lui envoie le poison, puis il interroge ses agents afin d’établir un rapport.

Le 1er octobre 1937 vers 19H l’agent Doussot a apporté à la femme Vacher du bouillon qu’elle avait demandé. Pénétrant à l’improviste « dans le violon » il l’a surprise en train de jeter quelque chose dans un trou d’égout. En fouillant celui-ci, il a retiré le flacon de taupicine un peu entamé. Interrogée, la femme a avoué avoir réussi à dissimuler le flacon sous son aisselle pendant la fouille afin de tenter de se suicider. Ayant essayé d’en avaler elle a affirmé « que ça n’avait pas pu passer » et donc avait demandé du bouillon pensant pouvoir y délayer la pâte toxique.

Le commissaire précise dans son rapport :

  1. qu’il n’est rien arrivé à la femme Vacher tant qu’elle était sous sa surveillance;
  2. que la personne qui a fait la fouille est excusable puisqu’elle est chargé de cette tache depuis peu d’autant que la coupable était plus rusée qu’elle et qu’elle était hantée par le suicide. Difficile de savoir comment la criminelle a pu avoir le flacon;
  3. ce sont bien les révélations du commissaire qui ont permis de comprendre l’empoisonnement, sinon cela était indécelable.

La cause de la mort

Françoise Vacher est morte au 5 octobre au matin et ses restes ont Ă©tĂ© ramenĂ©s au Creusot. L’enterrement a eu lieu le jeudi 7 octobre 1937 dans l’après-midi. L’autopsie a d’abord rĂ©vĂ©lĂ© que la mort Ă©tait due Ă  une intoxication par le phosphore non dĂ©celable.

Un mois et demi plus tard, il a été précisé que la meurtrière était décédée des suites d’une intoxication produite par l’absorption d’une substance phosphorée utilisée pour la destruction de certains parasites. « On a d’ailleurs retrouvé le flacon ayant contenu ce toxique, entamé, au domicile de la femme Thomas. Celle-ci a donc absorbé le poison un peu avant son incarcération. »

Un policier puni

Le policier Alfred Doussot n’est donc pas responsable il reçoit quand même un blâme avec inscription à son dossier le 24 novembre 1937:

« Etant chef de poste dans la nuit du 1er au 2 octobre 1937 et chargé de la surveillance de la nommée Vacher Françoise, inculpée d’homicide volontaire, a eu la connaissance d’une tentative d’empoisonnement de cette femme et n’en a pas rendu compte en temps utile au commissaire central. »

Le commissaire central évite, quant à lui, toute punition en envoyant au préfet des témoignages d’estime de ses anciens chefs, notamment dans son précédent poste à Lyon.

 estime

Sources : M1658-AD71, 5E103-AD71, PR66/17-AD71, 2Y140-AD71

© 2015 Généalanille

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Un vol au musée à Lyon

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Mai 152015
 

Un journaliste qui dort aux toilettes

Paul Beck est nĂ© le 24 juin 1855 Ă  Colmar (68) d’Alexandre Beck et de Marie Ligier. CĂ©libataire, il habite au 64 cours Vitton Ă  Lyon. Il est dessinateur et journaliste, et a participĂ© pendant 6 semaines au journal la ComĂ©die politique.

MBA-comedie

Paul Beck est arrĂŞtĂ© le 15 octobre 1883 vers Ă  4H30 dans les « cabinets d’aisance » cĂ´tĂ© dames de la gare Perrache qui Ă©taient fermĂ©s Ă  clĂ©, et oĂą il a accĂ©dĂ© par escalade et en passant par deux vasistas Ă  2 mètres de haut.

Les gardiens de la paix Croibier et Juliand qui le ramènent au poste sont probablement heureux que la surveillance des lieux ait portĂ© ses fruits. Depuis 2 mois en effet, le gazier de la compagnie se plaignait quelqu’un s’introduisait dans la nuit dans ces lieux car le bec de gaz de ces cabinets Ă©tait dĂ©rangĂ©.

Beaucoup d’argent pour un fauché

Mr Beck, interrogĂ©, a expliquĂ© qu’il passait la nuit dans les toilettes car il n’avait pas payĂ© son propriĂ©taire et qu’il attendait d’avoir de l’argent pour rentrer dans sa chambre.

En le fouillant, les policiers trouvent sur lui des pièces qui paraissent fausses et dont la plupart sont au moins très anciennes et n’ont plus cours. Toutes sont en argent sauf une qui est en or.

Le commissaire effectue le relevé suivant :

  • 1 pièce de 20 francs en or Ă  l’effigie du roi de Westphalie de 1808
  • 4 pièces en argent Ă©cus de 5 francs de 1701 Ă  1893
  • 21 pièces de 5 francs diverses
  • 5 pièces de 2 francs
  • 10 pièces de 1 franc
  • 1 pièce de 50 centimes
  • 65 centimes en monnaie de Billon.

20francs

La valeur nominale s’élève à 165,50 francs.

Paul Beck est également porteur de 4 clés, une machine américaine et une reconnaissance du mont de Piété du 11 octobre 1883.

D’où vient l’argent ?

Selon ses dires, Paul Beck a reçu 2 billets de banque de 100 francs deux jours plus tĂ´t d’Eugène Ligier capitaine en retraite Ă  Valleroy (54). Il a changĂ© un premier billet Ă  la Vogue de la Croix rousse Ă  un individu qui vend des machines dites amĂ©ricaines Ă  aiguiser qui demeurait dernièrement 27 Rue de l’hĂ´tel de ville. Le deuxième billet a Ă©tĂ© Ă©changĂ© dans un restaurant mais il ne peut pas dire le nom.

Pourquoi dort-il aux toilettes ?

Le commissaire lui fait remarquer qu’il aurait pu rentrer chez lui puisqu’il avait de l’argent, mais Paul Beck rĂ©torque que comme il Ă©tait tard, il n’est pas rentrĂ©. L’avant-veille il n’avait pas voulu dormir dans sa chambre.

Le commissaire lui demande alors pourquoi il n’a pas Ă©tĂ© Ă  l’hĂ´tel. Paul Beck rĂ©pond qu’il est sorti du cirque continental Ă  23H et il Ă©tait trop tard selon lui pour aller Ă  l’hĂ´tel. Il prĂ©cise qu’il a voulu faire des Ă©conomies parce qu’il a beaucoup de choses Ă  payer. Le commissaire lui fait remarquer que dans ce cas, il a quand mĂŞme dĂ©pensĂ© 40 francs en deux jours en amusements divers Ă  la vogue et ailleurs.

Le voleur en prison

Paul Beck finit par avouer avoir volé ces pièces au palais st Pierre la veille mais ne dit pas comment il a fait. Il est conduit à la prison St Paul par le gendarme Comandy et écroué sous le numéro 12653.

Originaire d’Alsace devenue prussienne, Paul Beck dit avoir opté pour la nationalité française en janvier 1872 à Vesoul (70). Son père aurait opté en 1872 à Montpellier (34).

Comment voler un musée?

Le 18 octobre 1883, Paul Beck est extrait de la prison et explique la méthode qu’il a utilisée.

Le 14, il s’est enfermĂ© dans un placard Ă  4H du soir au moment de la fermeture des portes du musĂ©e des beaux-arts et Ă  23H, après le passage de la ronde, il est sorti de sa cachette. Il s’est introduit Ă  l’aide d’une escalade dans la galerie des antiques, a brisĂ© une glace de la vitrine et a pris les pièces.

Pour sortir, il est passĂ© par une fenĂŞtre donnant sur la place des terreaux, est montĂ© sur le rebord et s’est laissĂ© glisser Ă  terre par la conduite de gaz placĂ©e Ă  cĂ´tĂ© du salon de propretĂ© place des terreaux.

Les gardiens du musée affirment que le 15 octobre au matin, le concierge a ouvert comme tous les jours les portes entre 4 et 5H et qu’ils n’ont pas constaté la présence de clé dans la serrure ou quoi que ce soit d’anormal.

La reconstitution

Jean Baptiste Lestra 37 ans, maitre plombier rue Longue est requis pour examiner les lieux. Il pose deux échelles sur la façade du palais des arts côté place des Terreaux et constate que la corniche du premier étage est un peu éraflée à l’angle. Sur la cimaise du soubassement à une hauteur d’1,75m, la pierre a été éraillée à trois endroits, probablement par des chaussures. Ce sont les seuls « dégâts » constatés.

Le plombier précise qu’il est possible pour une personne audacieuse (Paul Beck mesure 1,67m) de descendre le long des tuyaux à la force des poignets et fait reproduire à Louis Luchessa, 22 ans, son ouvrier, cette cascade sans peine.

 St Pierre

Le procès

Paul Victor Joseph Alexandre retourne en prison et est condamné le 5 décembre 1883 par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir « soustrait frauduleusement des pièces de monnaie au préjudice de la ville de Lyon. » Il écope de 3 mois de prison et de 197,15f de frais de justice.

Il quitte la prison le 5 mars 1884 avec son chapeau noir, son paletot et son gilet marrons, son pantalon gris, sa chemise blanche et ses bottes.

Sources: 2Y168-AD69, 4M196-AD69, PER170/1-AD69, 3U342-AD69

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La voiture se transforme en corbillard

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Mai 112015
 

Jenny Baujard habite Ă  Lyon. En mars 1871, alors qu’elle est gravement malade, elle rencontre le docteur Badoil Ă  l’Arbresle (69). Ce mĂ©decin, nĂ© en 1832 Ă  Lyon, lui dĂ©livre un certificat mĂ©dical pour signifier qu’elle est atteinte d’une ascite (gonflement de l’abdomen) afin qu’elle puisse se rendre Ă  l’hĂ´tel dieu Ă  Lyon. Le document est certifiĂ© par le maire de la commune, Etienne Claude Audibert, qui est Ă©galement notaire.Hepaticfailure2

Elle utilise les services d’un voiturier arbreslois, Mr Alexis Gindre, pour l’emmener au dit hôpital le 11 mars 1871 vers 7H du matin.

Arrivé à la Demi-Lune, le voiturier prend des nouvelles de sa cliente. Celle-ci répond que la voiture ne la fatigue pas et elle en profite pour manger une tranche d’orange.

trajet

C’est au pont levis de St Just qu’Alexis Gindre se rend compte que sa cliente est morte.

St Just

Heureusement, il connaît le coin et se dirige directement chez l’officier de Paix, Mr  Berthaume qui demeure 6 rue de Trion à St Just. Celui-ci renvoie le voiturier et sa morte au commissariat où il se présente vers 11H05 et explique son problème.

Le docteur Jean Etienne Juttet, ainé de 4 ans de son confrère Badoil,  est prévenu et sollicité. Il ne peut que constater le décès en examinant Mme Baujard et délivre au commissaire Genin le certificat de décès.

Le gardien de la morgue est prĂ©venu de l’arrivĂ©e du corps de la dĂ©funte et c’est Alexis Gindre qui est chargĂ© d’exĂ©cuter cette dernière course, transformant pour l’occasion sa voiture en corbillard.

 

Sources:

2E1194-AM Lyon, 2E2452-AM Lyon, 3Q31/1771-AD69, 4E6002-AD69

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Un mort mal identifié

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Avr 122015
 

Un couple ordinaire

Philibert Paccaut est nĂ© le 12 septembre 1848 Ă  Branges (71). Il est fils de Claude et de Françoise Bert . Sa mère meurt un an après sa naissance et son père, voiturier, part s’installer Ă  Louhans.

Du haut de ses 1,71m, Philibert devient domestique à Juif où il épouse février 1870 Pierrette Bonnot.

Le couple a un enfant, Claude nĂ© le 22 fĂ©vrier 1871 d’un père « actuellement soldat ».

Naissance Juif

Le moblot de SaĂ´ne et Loire

Quelques mois après le mariage du couple Paccaut-Bonnot débute la guerre de 1870. Philibert Paccaut est mobilisé et affecté au 4ème bataillon de la 6ème compagnie des gardes mobiles de Saône et Loire sous le matricule 2171.

Le registre matricule indique que le soldat dĂ©cède Ă  Lyon le 22 dĂ©cembre 1870. Il n’aura donc pas connu son enfant.

Fiche Paccaut-2Fiche-Paccaut

Les transcriptions du décès

Le décès est transcrit sur la commune de Juif en octobre 1872.

Décès Juif

Mais aussi sur la commune de Branges en mars 1874.

Décès Branges

Ces deux transcriptions nous apprennent que Philibert Paccaud, soldat de 2ème classe, appartenait au 86ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 et qu’il est mort Ă  l’hĂ´pital militaire de Lyon dans le 2ème arrondissement quelques jours avant NoĂ«l. De quoi satisfaire notre curiositĂ© et boucler la fiche gĂ©nĂ©alogique de cette personne.

L’acte original de dĂ©cès est diffĂ©rent

C’est en consultant l’acte de dĂ©cès d’origine qu’on se rend compte que le dĂ©funt n’est peut ĂŞtre pas si bien identifiĂ©.

Décès Lyon

La dĂ©claration du 23 dĂ©cembre 1870 Ă  Lyon concerne non pas Philibert Paccaud soldat de 2ème classe au 86ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 mais Louis LĂ©onard Pacot soldat de 2ème classe au 61ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282. Ce n’est ni le mĂŞme prĂ©nom, ni le mĂŞme rĂ©giment.

Un premier mort originaire de l’Allier

En marge, on trouve un premier mort qui pouvait correspondre: Louis Léonard Pacot soldat de 2ème classe au 61ème régiment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 déclaré mort serait (selon le jugement du tribunal civil de Lyon du 21 mars 1872) Louis Paccaud né le 2 aout 1850 à Beaulon (03), fils de Claude et de Françoise Gerbier.

jugement beaulon

Il existe bien un Louis Paccaud nĂ© Ă  cette date. Au dernier recensement avant la guerre (en 1866), il est domestique aux Bassets Ă  Beaulon alors que ses parents habitent Ă  Jommesson sur la mĂŞme commune de Beaulon. Il n’y a pas de transcription de dĂ©cès le concernant dans les tables de Beaulon. Son père meurt en juillet 1873.

Un deuxième jugement

C’est en fĂ©vrier 1873 qu’a lieu un deuxième jugement par le tribunal civil de première instance de Lyon qui reconnait le dĂ©cès comme attribuĂ© Ă  Philibert Paccaud de SaĂ´ne et Loire. Ce jugement est retranscrit un an plus tard dans les registres du deuxième arrondissement de Lyon.

jugement Lyon

Retranscrit avant d’ĂŞtre jugĂ©

La transcription du dĂ©cès sur les registres de Juif a eu lieu en octobre 1872 alors que le deuxième jugement n’a eu lieu qu’en fĂ©vrier 1873. Ce dernier a Ă©tĂ© ajoutĂ© sous l’acte de dĂ©cès de 1870 et a Ă©tĂ© utilisĂ© pour l’envoi des avis de dĂ©cès aux communes d’origine et de naissance.

L’expĂ©rience montre qu’il faut toujours chercher l’acte d’origine quand on trouve une transcription de dĂ©cès.

 

Sources:

5E56/10 -AD71, 5E246/8-AD71, 1R RM Chalon 1868/1-AD71, 2E728-AM Lyon, 2E752-AM Lyon, 2MIEC19/8-AD03, 2MIEC19/10-AD03, 6M19/1-AD03

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Borne de la Voie SacrĂ©e – Lyon

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FĂ©v 032015
 

La Voie Sacrée et une rue en hommage à Lyon

La Voie Sacrée est le nom de la route mise en place dès février 1916 à partir de Bar le Duc pour ravitailler le cul de sac qu’était Verdun en matériel, munitions, vivres… et chair à canon.

Le 21 aout 1916, le conseil municipal de Lyon décide de rendre hommage à Verdun et son interminable bataille en renommant le cours du Midi situé dans le 2ème arrondissement en cours Verdun.

Cours-Verdun

La mise en place de bornes kilométriques

Le 21 aout 1922, Raymond Poincaré, alors président de la république, inaugure la borne 0, première des bornes kilométriques qui seront installées sur le tracé de la voie.

Panneau le long de la Voie Sacrée

Panneau le long de la Voie Sacrée

Chaque borne est peinte en blanc sur sa base et en rouge sur sa partie supérieure. Elle est surmontée d’un casque Adrian inspiré (lointainement) des « bourguignottes ».

Borne géante créée pour le passage du tour de France 2011

Borne géante créée pour le passage du tour de France 2011

L’installation d’une borne Ă  Lyon

Un an après le 50ème anniversaire de la bataille de Verdun et après les bornes de Rive de Gier et Roanne, Lyon voit s’Ă©riger une borne sur l’initiative de la section locale de l’association « Ceux de Verdun. » « La municipalitĂ© a pris Ă  sa charge tous les frais de ce monument exĂ©cutĂ© par un artisan meusien » qui selon la presse est celui « chargĂ© de l’entretien de la Voie SacrĂ©e ». On notera qu’un autre journal indique « le monument que coiffera le casque lĂ©gendaire des poilus est l’œuvre de l’architecte lyonnais Clanet. »

La borne est installée en novembre 1967 Cours Verdun dans le jardin côté Rhône.

Cours Verdun vu du RhĂ´ne vers 1970

Cours Verdun vu du RhĂ´ne vers 1970

Le quartier n’est alors pas encore traversĂ© par l’autoroute issue du tunnel de Fourvière (inaugurĂ© en 1971) dont seuls 130 mètres sont alors creusĂ©s.

tunnel

Alors que seul le socle est mis en place, une cĂ©rĂ©monie officielle est organisĂ©e pour sceller Ă  l’intĂ©rieur de la borne trois Ă©lĂ©ments:

– deux Ă©clats d’obus;

– un petit sachet contenant un peu de terre recueillie au bois des Caures (es chasseurs du colonel Driant) au fort de Vaux, Ă  Douaumont, Ă  la tranchĂ©e de baĂŻonnettes;

– un parchemin tĂ©moin:

Le petit groupe oĂą l’on reconnaissait parmi ceux de Verdun MM le docteur Grobert, Morin, Reverchon, ErgĂ©, Jagot, Abrieux et Bargeon entendait la lecture du parchemin tĂ©moin oĂą l’on avait Ă©crit quelques chiffres les 25 000 tonnes de munitions et les 490 pièces d’artillerie transportĂ©es par quelques 11 000 camions sur cette voie SacrĂ©e qui n’avait que 7m de large et resta durant 10 mois l’unique communication avec les bases de ravitaillement
90 divisions sur les 93 que comptait l’armĂ©e française passèrent par lĂ  en 1916. Et dans chaque escouade qui montait en ligne un ou deux hommes sur pourraient espĂ©rer revenir sains et saufs.
Dans le parchemin du cours de Verdun qui en apprendrait beaucoup sans doute aux jeunes gĂ©nĂ©rations on n’a pas omis de mentionner l’extraordinaire exploit des territoriaux vouĂ©s Ă  la rĂ©fection permanente de la voie sacrĂ©e. Nuit et jour malgrĂ© les bombardements et un trafic qui ne s’interrompait jamais ils jetèrent sur la chaussĂ©e plus de 700 000 tonnes de cailloux arrachĂ©s aux carrières d’alentour.

Socle

L’inauguration du 11 novembre 1967

C’est le 11 novembre 1967 qu’est inaugurĂ©e la borne de la voie sacrĂ©e de Lyon Ă  10H. Les porte-drapeaux sont transportĂ©s en bus depuis l’Ă©glise St Nizier, oĂą a lieu une messe Ă  9H Ă  la mĂ©moire des morts de 1914-1918, jusqu’au cours Verdun puis Ă  l’hĂ´tel de ville oĂą les autoritĂ©s sont reçues Ă  partir de 10H15.

La borne est recouverte d’un voile tricolore jusqu’au dernier moment avant d’ĂŞtre Ă´tĂ© Ă  la fois par Mr Robert prĂ©sident de Ceux de Verdun et Mr Pradel, maire de Lyon. C’est la FARAC, reprĂ©sentĂ©e par son prĂ©sident le gĂ©nĂ©ral Allemagne, qui est la gardienne du monument.

Parmi de très nombreuses dĂ©lĂ©gations d’anciens combattants, parlementaires de Lyon et plusieurs conseillers municipaux sont citĂ©s des dirigeants d’associations comme Mr Collonge prĂ©sident de l’UFAC, Mr Jean Mercier prĂ©sident de l’UMAC, Mr Thierry  du comitĂ© de liaison, Mr le gĂ©nĂ©ral Allemane prĂ©sident de la FARAC, Mr Michon Buty de l’UNC, mais Ă©galement Mr le GĂ©nĂ©ral Simon gouverneur militaire de Lyon, Mr Ninin secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©fecture reprĂ©sentant Mr Max Moulins, Mr Henri Collomb prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral, Monseigneur Duquaire et le cardinal Renard archevĂŞque de Lyon.

Enfin plusieurs poilus ont été décorés à cette occasion de la médaille de Verdun: Joannès Delange, Hubert Garnier, Etienne Guignardat, Arthur Lacroix, Maxime Michelot, Jean de Missoiz, Lucien Rostaing, le général Seive et Paul Thiers.

Medaille-Verdun

Les bornes aujourd’hui

Suite à la mise en place du tunnel sous Fourvière et du centre Perrache (inauguré en 1977) , le cours Verdun a été complètement transformé, ce qui a impliqué le déplacement de la borne de Lyon sur la place Carnot, dos à la rue Victor Hugo.

Borne sur la place Carnot

Borne sur la place Carnot

Le panneau qui lui fait face porte la mention

CETTE BORNE IDENTIQUE A CELLES
QUI JALONNENT LA VOIE SACREE
COMMEMORE LE SACRIFICE ET
L HEROĂŹSME DE TOUS LES COMBATTANTS
DE LA BATAILLE DE VERDUN
QUI DEMEURE UNE DES PLUS BELLES
VICTOIRES DES ARMEES FRANÇAISES

Une autre borne de la Voie Sacrée est visible dans le Rhône. Elle est installée sur la place des anciens combattants à Grézieu la Varenne.

Borne-Grezieu

Sources:

1217WP76-AM Lyon, PER958/162-AD69, Le Progrès –BM Lyon, Gallica: Le Monde illustré, Site defense.gouv.fr, Farac.org

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Pilules Pink: les malades sont-ils imaginaires?

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Jan 172015
 

Les pilules pink, susceptibles de guérir de l’anémie et de la fatigue, ont été vendues en France à partir de 1893 dans toutes les pharmacies et au dépôt parisien.

Le dépôt Gablin et compagnie (pharmacien de 1ère classe) est d’abord 32 Rue le Pelletier à Paris (1896) puis 3 cité Trévise à Paris (1897) avant de s’installer 23 Rue Ballu à Paris (1901).

Après la 1ère guerre mondiale, le dépôt est repris par Mr Parret. Le prix longtemps affiché à 3,50 francs la boite, est augmenté à 4,50 francs la boite mi-février 1920.

Les publicités avec témoignages apparaissent dans les journaux dès 1896. Tous les témoignages cités ci-après sont disponibles en cliquant sur la photo de la personne concernée.

A Macon, 3 boites Pink valent mieux que 3 mois Ă  la campagne

Dufour-MarieMarie Dufour habite 14 Rue du Doyenné à Macon. En 1907, elle témoigne dans « Le petit parisien » sur son anémie guérie par les pilules Pink. Elle a acheté ses médicaments à la pharmacie Dubost après un séjour de 3 mois à la campagne qui ne l’a pas remise en forme.

 

Comme le journal propose un joli cliché d’elle, c’est une bonne opportunité pour illustrer un arbre généalogique. Mais est-ce bien Melle Dufour sur la photo ou ce témoignage a-t-il été inventé de toute pièce ? Il faut tenter de vérifier !

Il existe bien (sur les recensements de 1906) une Marie Dufour à la dite adresse née vers 1880 à Boussac (23) mais elle est mariée et a déjà 3 enfants. Le terme Mademoiselle semble un peu erroné. Par ailleurs, la pharmacie Dubost n’est pas une invention car elle est située petite rue Franche, et parmi tous les photographes de Macon (dont un ambulant), on retrouve Mr Odin 39 Rue Victor Hugo, né en 1863 à St Etienne (42).

Une partie des éléments semblent concorder, mais il peut être intéressant d’élargir la recherche à d’autres portraits.

Tous ces portraits dans les journaux

En consultant le même journal sur la période 1903-1908, c’est près de 300 clichés qui sont à notre disposition avec les noms et adresses des malades.

Pink2

Certains noms reviennent plusieurs fois mais toujours avec le même cliché. Avec les évolutions technologiques, certains témoins sont passés du dessin de portrait à la photographie.

Vauclair

Une modiste Ă  Mervans

Pour la Saône et Loire, une jeune femme se plaint de maux d’estomacs et témoigne en faveur des pilules Pink.

Fontaine-Virginie

Melle Virginie Fontaine est modiste à Mervans. Ni elle, ni aucune personne portant ce patronyme n’est cité dans les recensements de 1901 et 1906 pour cette commune. Son témoignage étant cité en 1903 et de part son métier, on peut imaginer qu’elle n’était que de passage à Mervans. A moins, que les personnes ne soient finalement inventées….

 

La photo d’une autunoise malade

Un troisième témoignage de Saône et Loire est diffusé dans le même journal avec un article qui précise qu’avec les certificats de guérison et les nouveaux procédés de clichage qui permettent de faire figurer le nom des photographes, les lecteurs ont toutes les garanties et preuves de véracités que les malades existent.

Lacomme- Augustine

Melle Augustine Lacomme habite chez ses parents, faubourg St Jean à Autun. En 1906, elle apporte son témoignage dans une publicité parue dans Le Petit Parisien : elle ne souffre plus d’anémie depuis qu’elle prend des pilules « Pink».

 

Il existe bien une famille Lacomme en 1906 à l’adresse indiquée dont une fille couturière née en 1883 à Cordesse. La demoiselle, qui ne se mariera qu’en 1911, a donc 25 ans, cependant elle ne s’appelle pas Augustine mais Justine.

Le photographe, garant du cliché, s’appelle Mr Raphaël. Or il n’y a que trois photographes recensés à Autun, tous habitant l’avenue de la gare :

  • Edmond Gobet, nĂ© en 1876 Ă  Valparaiso (Chili),
  • Georges Levisage nĂ© en 1869 Ă  Equeurdreville (50)
  • et RaphaĂ«l Giovanneti nĂ© en 1876 Ă  St Jean Bonnefond (42).

Aucun d’entre eux ne porte donc le patronyme du clichĂ©, mais le dernier photographe pourrait ĂŞtre une piste.  En fouillant un peu plus sur internet, on trouve la trace de clichĂ©s photographiques qui portent la mention « G. RaphaĂ«l, LaurĂ©at de l’Ecole des Beaux-Arts, 25 avenue de la Gare, Autun ».

Excepté le problème de prénom de la malade, c’est le premier témoignage où la personne semble réellement exister.

Du côté des lyonnais

Le témoignage des lyonnais n’est pas rare : on en dénombre 18 sur la période 1903-1908 toujours dans le petit Parisien, dont un article paru deux fois.

Sur une ville de l’importance de Lyon, la migration de population est importante. On ne peut pas limiter la recherche aux recensements de population et il faut donc élargir les recherches à d’autres ressources avec deux difficultés : les femmes n’ont pas le droit de vote et le « petit personnel » n’est pas recensé dans les annuaires des « principaux habitants » de Lyon.

Les portraits dessinés.

Les portraits parus sont tout d’abord dessinés (parfois à partir d’une photographie) avant l’usage quasi systématique des photos à partir de 1906.

Dans les témoignages de cette époque, Melle Jeanne Pivat 24 rue des capucins (Lyon 1er) n’a pas été retrouvée. Les autres laissent des traces probables de leur existence :

  • Georges Tardy, Ă©colier de 14 ans, n’habite pas 48 rue Witton (la rue n’existe pas) mais est nĂ© au 50 cours Vitton d’après son acte de naissance ;
  • Melle Louise Brouillard, fleuriste de 18 ans au 3 cours Charlemagne (Lyon 2ème) est recensĂ©e comme imprimeur Ă  cette adresse ;
  • Melle Cary, repasseuse 16 cours Vitton, pourrait ĂŞtre Marie Louise nĂ©e en 1875 Ă  Bourgoin, blanchisseuse repasseuse.

Pivat-JeanneTardy-GeorgesBrouillard-LouiseCary-Melle

 

 

 

 

 

 

Le photographe Bron et ses clients manquants

Edouard Bron, né en 1860 à Charmoille (Suisse) est photographe au 31 rue Grenette (Lyon 2ème). Il réalise les clichés de plusieurs témoins des pilules Pink.

  • Jeanne Charnay est couturière au 4 Rue Mercière (Lyon 1er), on retrouve sa trace dans les recensements Ă  cette adresse et Ă  cette profession. Elle est nĂ©e en 1886 Ă  Lyon.
  • Melle Louise Badin fleuriste au 200 grande rue de la Guillotière (actuel Lyon 7ème) est, sur les recensements, nĂ©e en 1890 Ă  Lyon et exerce le mĂ©tier de couronnière alors que sa sĹ“ur Marie est fleuriste.

Deux témoins sont aux abonnés absents : Mr Louis Baurier, employé 109 avenue de Bonnel et Mme Béroujon, 17 Rue Marc Antoine Petit.

Charnay-Jeanne

Badin-LouiseBaurier-Louis Beroujon-Mme

 

 

 

 

 

Les clients du photographe Deshertaud

Joseph Deserthaud est né en 1877 à la Chaize (43). Il est  photographe aux 31-33 Rue Victor Hugo (Lyon 2ème) et il va réaliser un tiers des clichés des malades de la période 1903-1908.

  • Mme Poloce du 37 bis Rue de la Vieille monnaie (Lyon 1er) (dont la trace n’est retrouvĂ© que par les listes Ă©lectorales avec la prĂ©sence de son mari nĂ© en 1872 Ă  Lamure) a guĂ©ri grâce au tĂ©moignage du marchand de chaussures du 9 Rue du mail (Lyon 4ème). Ce commerçant, Claude Jean Cadot, nĂ© en 1846 Ă  Lyon, habite en fait au 23 de la rue du mail.
  • Jeanne Cugnet, 12 ans, demeurant 3 rue des archers (Lyon 2ème) tĂ©moigne de sa maladie avant que sa mère ne tombe Ă  son tour malade. La famille habite au 5 rue des archers.

Poloce-MmeCadot-MrCugnet-JeanneCugnet-Mme

  • Mme Duffaut, 35 ans, au 10 quai des Ă©troits (Lyon 5ème) se prĂ©nommerait Suzanne, nĂ©e en 1872 dans l’Ardèche et Ă©pouse d’un employĂ© du PLM.
  • Le cas de Mme Journet, 7 Rue du Griffon (Lyon 1er) est plus litigieux. Une demoiselle prĂ©nommĂ©e Georgette nĂ©e 1883 Ă  Lyon vit Ă  cette adresse avec sa tante mais elle ne se mariera que 4 ans après son tĂ©moignage.
  • Mr Joseph Colomban employĂ©, demeurant au 322 avenue de Saxe, est nĂ© en 1867 Ă  Lyon selon le recensement et Ă  St Genis Terrenoire (42) selon les listes Ă©lectorales et son acte de mariage. Il est employĂ© dans une pharmacie et vend peut ĂŞtre des pilules Pink.

Duffaut-MmeJournet-MmeColomban-Joseph

 

 

 

 

 

L’autre photographe de la rue Victor Hugo

Honoré Cavaroc est né en 1846 à Lyon. Il est photographe dans la rue Victor Hugo au numéro 6.

Deux de ses clients ont leur portrait diffusé lors de leur témoignage de guérison grâce aux pilules Pink :

  • Mme Devaise, 55 ans habitant 4 rue des fantasques (Lyon 1er) qui est bien mère de deux filles Rose et Jeanne ;
  • Mr Flamant, employĂ©, demeurant 41 Rue Victor Hugo, dont le tĂ©moignage parait deux fois entre 1903 et 1908. Il se prĂ©nomme Louis, est nĂ© en 1873 Ă  Chalon sur SaĂ´ne (71) et est employĂ© en pharmacie. Il vend peut ĂŞtre comme Mr Colomban des pilules Pink.

Devaise-MmeFlamant-C

 

 

 

 

 

Le photographe Gimbert

Louis Gimbert est né en 1837 à Chabeuil (26), il est photographe au 86 avenue de Saxe (Lyon 3ème.

Brazier-MadeleineIl effectue le cliché de Melle Madeleine Brazier domestique âgée de 18 ans, demeurant 4 quai Fulchiron qui n’apparaît pas dans les recensements de 1906.

 

Dans les villages du RhĂ´ne

Enfin, deux témoignages sont relevés dans les communes du Rhône : Melle Villard 19 ans,à Thurins et Mr Fillardet mécanicien PLM retraité à Grigny.

Si on trouve bien Melle Marie Villard cultivatrice à Soly, Mr Fillardet n’apparaît pas à Grigny dans le recensement de population. Il est cependant présent dans les listes électorales de 1903 né en 1847 à St Nizier le Bouchoud (01) mécanicien.

Villard-MariaFilhardet-Mr

 

 

 

 

 

Des malades pas si imaginaires

Sur les 23 portraits de malades ayant achetĂ© des pilules Pink, 5 n’ont pas Ă©tĂ© retrouvĂ©s. Tous les autres existent (parfois avec quelques Ă©lĂ©ments de doute), ainsi que les photographes citĂ©s. Rien ne prouve, cependant, ni qu’il s’agit bien de la photo de la personne, ni qu’elle souffrait des maux dĂ©crits.

Sources :

6M Autun 1906, 6M St Germain du Bois 1906, 6M Macon 1906, 5E144/10-AD71, 6MP 489-AD69, 6MP491-AD69, 6MP492-AD69, 6MP493-AD69, 6MP494-AD69, 6MP496-AD69, 6MP497-AD69, 6MP499-AD69, 6MP500-AD69, 6MP502-AD69, 6MP504-AD69, 3M232-AD69, 3M319-AD69, 3M295-AD69, 3M320-AD69, 3M321-AD69, 3M323-AD69, 3M347-AD69, 3M350-AD69, 3M351-AD69, 3M375-AD69, 2Mi 110 D78-AD69, 2mi 110 D 80-AD69, 2E1337-AM Lyon, 2E597-AM Lyon, 2E992-AM Lyon, site laphotoduxix.canalblog.com, gallica.bnf.fr: le petit parisien.

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La petite et la grande histoire

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Jan 122015
 

La commune de Chatillon sur Azergues (69) est un exemple de conseil municipal qui n’a pas hĂ©sitĂ© au XIXème siècle Ă  tĂ©moigner sur les Ă©vĂ©nements nationaux via ses dĂ©libĂ©rations. En voici quatre exemples.

Reconnaissance à Napoléon

Louis NapolĂ©on Bonaparte, premier prĂ©sident de la rĂ©publique depuis le 20 dĂ©cembre 1848 a Ă©tĂ© Ă©lu pour un mandat de 4 ans. Souhaitant conserver sa place alors que la constitution lui interdit, il organise un coup d’Ă©tat le 2 dĂ©cembre 1851 et met fin Ă  la deuxième rĂ©publique. Il devient empereur un an plus tard (le 2 dĂ©cembre 1852) sous le nom de NapolĂ©on III. Le conseil municipal de Chatillon lui rend un hommage dès le mois d’octobre.

Délibération du conseil municipal de la commune de Chatillon d’Azergues (Rhône) à la date du vingt octobre mil huit cent cinquante deux

A son altesse impériale

Louis Napoléon

Président de la République

Le Maire, l’Adjoint et les conseillers municipaux de cette Commune soussignés, venant de vous jurer fidélité au moment de leur installation, se rendent avec bonheur les interprètes des vœux de la commune et ils déposent au pied de votre altesse impériale leurs profonds respects et leur dévouement. Pénétrés de reconnaissance pour les services immenses que vous avez rendus au pays, ils s’associent aux vœux qu’adresse au Ciel la France entière pour le bonheur de votre auguste personne, convaincus qu’il n’y a qu’un gouvernement ferme et stable qui puisse nous donner sécurité, ils désirent ardemment vous voir investi du pouvoir souverain et que l’Empire héréditaire soit proclamé au plutôt en votre personne. Acceptez donc, Prince. Vous mettrez le comble à nos vœux et à ceux de la France entière, le ciel le veut !

Vive l’Empereur ! Vive Napoléon III !

Fait et délibéré à l’unanimité à la salle des séances du Conseil municipal les jours mois et an que dessus et ont signé les membres présents.

Naissance du prince impérial

NapolĂ©on Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte, fils de NapolĂ©on III nait le 16 mars 1856. La commune de Chatillon s’associe Ă  cette heureuse nouvelle.

Naissance

Un grand événement, la naissance du Prince impérial vient d’assurer le bonheur de la France. La commune de Chatillon d’Azergues représentée par son conseil municipal, vous témoigne aujourd’hui la vive et sincère joie qu’elle éprouve en voyant que Dieu ne laissera pas imparfait la glorieuse et salutaire mission qu’il vous a confiée.

Sire, nous en avons la douce espérance, le Ciel qui veut nous sauver vous accordera de longs et heureux jours. C’est vous qui formerez par vos leçons et par vos exemples le bien aimé Prince qui doit régner sur nos enfants et Dieu vous secondant il lui donnera le génie, la magnanimité, la prudence et la généreuse foi de son Père, la douceur et la bonté de sa mère gracieuse et chérie souveraine.

Sire ces paroles sont la fidèle expression des sentiments dont la commune de Chatillon d’Azergues est animée par votre dynastie. Nous avons formé et nous formerons avec vous et votre illustre compagne des vœux incessants pour que la providence qui vous a donné un fils le conserve à votre amour et à celui de vos dévoués sujets.

Chatillon le 28 avril 1856

 Attentat contre l’empereur

Le 14 janvier 1858, l’empereur et son Ă©pouse se rendent Ă  l’opĂ©ra. Trois bombes qui leurs sont destinĂ©es explosent près du cortège. De nombreux spectateurs, membres du cortège ou gardes sont blessĂ©s ou dĂ©cĂ©dĂ©s mais les souverains ne sont pas atteints. Le conseil municipal de Chatillon s’indigne contre cet acte.

Le siècle 16011858

Adresse présentée par le conseil municipal de Chatillon d’Azergues à sa majesté l’Empereur à l’occasion de l’attentat du 14 janvier 1858

Sire

Le conseil municipal de Chatillon se fait aujourd’hui l’organe de toute la commune en prouvant le besoin de vous exprimer la vive indignation contre les auteurs de l’horrible attentat qui a menacé les jours de votre Majesté et ceux de votre illustre compagne pourtant si précieux pour la France et le monde entier.

L’indignation qu’ont ressenti toutes les nations d’après les lettres d’affliction et d’indignation que vous adressent leurs souverains, au sujet de cet attentat sont bien des preuves du juste titre de grand Protecteur du monde ainsi que les reconnaissent les peuples et les rois.

Après avoir remercié Dieu d’avoir conservé les jours si précieux de vos majestés nous venons vous présenter l’expression sincère de nos sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité.

Nous ne laisserons pas passer cette occasion, Sire, sans vous offrir les vœux les plus ardents pour que la protection divine vous conserve longtemps sur le trône que vous avez rendu le plus illustre et qu’elle conserve aussi à la France le jeune prince qui en fait le seul espoir.

Recevez, Sire, l’expression sincère de dévouement et d’amour du conseil municipal de Chatillon réuni le 24 janvier 1858.

Attentat contre l’empereur de Russie

Le 6 juin 1867, alors que l’empereur de Russie, le tsar Alexandre II, vient de terminer le passage de la revue militaire dans le cadre de l’exposition universelle Ă  Paris, un homme tire des coups de feu sur l’hĂ´te des  français. Le conseil municipal de Chatillon remercie la providence de cette vie sauve.

Petitjournal 08061867

Sire

A la nouvelle odieuse d’attentat contre l’Empereur de Russie, votre illustre hôte, et qui a menacé la France du décès de son auguste souverain, le conseil municipal de Chatillon d’Azergues fidèle interprète des habitants de cette commune s’empresse de vous exprimer sa profonde indignation. Il remercie la providence d’avoir conservé (nous l’espérons) pendant encore de longs jours une vie si précieuse à la France et au monde.

Sire, permettez-nous d’adresser nos respectueuses félicitations à l’Impératrice et au Prince Impérial, heureux comme vous d’avoir conservé à leur cœur une aussi précieuse vie.

Daignez agréer, Sire, les respectueuses affections de vos très humbles et fidèles sujets.

Non daté mais rédigé en juin 1867

Sources:

AM Chatillon d’Azergues, PER497/4-AD69, Gallica: le petit journal, le Siècle.

© 2015 Généalanille

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Les donateurs de tableaux Ă  la ville de Lyon

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DĂ©c 192014
 

Sur la pĂ©riode 1920-1930, onze dons de tableaux ont Ă©tĂ© proposĂ©s (par voie testamentaire ou dĂ©cision des hĂ©ritiers) à la ville de Lyon. Quatre d’entre eux seront refusĂ©s par manque d’intĂ©rĂŞt artistique pour ĂŞtre exposĂ©s dans les musĂ©es de la ville, les autres dons seront acceptĂ©s. Un douzième don est proposĂ© par les hĂ©ritiers, mais c’est le produit de la vente du tableau qui est offert Ă  la ville qui acceptera cette offre.

Les donateurs ont tous, ou presque, un lien Ă©vident avec Lyon.

Les peintures refusées.

Claudine Dussauge est née en 1861 à Lyon. Elle devient artiste peintre et habite 76 cours de la république à Villeurbanne quand elle rédige son testament la veille de Noël 1919. Elle souhaite léguer à la ville de Lyon son portrait fait par ses soins. Le legs sera refusé.

Anna Chataignier veuve Cabibel est née en 1853 Rue du Plat à Lyon, d’une mère modiste originaire de St Etienne. Elle décède en 1922 à Paris où elle réside Rue d’Eylau. Dans son testament, elle propose de donner à la ville de Lyon son œuvre « Vieillard italien mendiant ».  Le legs sera refusé.

Léon Philibert Nodet né en 1851 à Louhans (71) où son père exerce la profession de notaire. Ses grands pères sont respectivement propriétaires à Collonges (01) pour la branche paternelle et maitre d’hôtel place de la charité à Lyon  pour la branche maternelle.  Il meurt en 1924 à Ternay en léguant à la ville de Lyon des tableaux de Jacomin, son portrait enfant et des toiles représentant son grand père et sa grand-mère. Le legs sera refusé.

Sarah Moore est née à Cork (Irlande) en 1837. Elle épouse Giuseppe Cavarra  en 1862 puis Joseph Amédée Bertrand en 1863 à la chapelle royale de Wesminster à Londres.

Joseph Amédée Bertrand est né place Grenouille à Lyon en 1820 d’un père marchand chapelier. Il décède en avril 1888 à St Genix sur Guiers (74).  A sa mort, sa veuve vend ses biens immobiliers savoyards avant de remarier avec Cyprien Cheynet en 1893 toujours à Londres.

Elle décède en 1921 à Villeurbanne et offre à la ville de Lyon un portrait de Joseph Amédée Bertrand. Le legs sera refusé.

Les peintures acceptées

Louis Gille est né en 1851 rue des Remparts d’Ainay à Lyon d’un père charpentier de marine. Il devient fabricant d’ornements d’églises et est domicilié 2 Rue de la méditerranée à Lyon. Il décède en mai 1925. Dans son testament, il donne « Abandonnée « de Gérome, « Le billet de Logement » de Detaille et un buste en bronze. Le legs est accepté.

 Charles Beauverie est né 21 Rue du commerce à Lyon en 1839 d’un père charpentier. Elève de l’école des beaux-arts de Lyon, il est peintre Rue de Sully à Lyon quand il se marie en 1868 à Villeurbanne avec Marie Clotilde Giraud.  Le couple s’installe à Paris avant de finir sa vie à Poncins (42). Charles Beauverie décède en  1923 et lègue à la ville de Lyon « La récolte des pommes de terres », reproduction qu’il a faite du célèbre tableau de Millet, 2 dessins de Flandrin et une aquarelle de Ravier. Le legs est accepté.

 Albert Grellet-Dumazeau est un passionné d’histoire locale. Avocat général à la cour d’appel de Lyon, il propose un grand tableau de Castex Desgranges, peintre lyonnais, offert par la veuve de Mr Jullien qui a été administrateur des hospices civils de Lyon. Le legs est accepté.

 Isidore Fernand Chevreau, comte de Christiani est né en janvier 1857 à Corbeil (91). Il décédé le 30 juin 1928 à Paris. Selon ses testaments et codicilles, il lègue au musée de Lyon 6 pastels modernes de Roig et un tableau du peintre Charnay. Comme les dispositions testamentaires prévoient un grand nombre de tableaux qui pourraient revenir à Lyon si les autres musées (Louvre, musés d’Angers, Rouen, Corbeil et musée des arts décoratifs de Paris) les refusaient, la ville de Lyon accepte le legs.

Joseph Gillet est né Rue d’Enghien à la Guillotière en 1843. Il est le fils ainé de l’industriel François Gillet qui mettra au point des techniques de teinture de la soie qui le rendront  célèbre sous le second empire  notamment grâce à son  «noir impérial ». Il meurt à Paris en avril 1923 et son fils Edmond propose quelques mois plus tard une liste de tableaux à offrir à la ville de Lyon. Celle-ci accepte le legs, ainsi que le prix de la vente d’une « tête de vieillard » de Rembrand qui sera proposé à la ville de Lyon quelques années plus tard. Le quai Serin sera renommé quai Joseph Gillet en 1973. Joseph Gillet est enterré à Bully.

Victor Onésime Jannesson est né Rue de la Charité à Lyon en 1853 d’un père garde du génie attaché à l’état-major de la place de Lyon. Il se marie en 1901 à Montpellier avec Berthe Rochas et est l’auteur de nombreux livres historiques régionaux.  A sa mort, il lègue ses biens à sa femme et prescrit à celle-ci de donner à la ville de Lyon cinq tableaux de Cals. Le legs est accepté.

 Fleury Ravarin est né 14 Rue du Mont d’Or en 1861 à Lyon, fils d’un marchand de bois. Il devient auditeur au conseil d’état  et plusieurs fois député du Rhône et sénateur du Rhône. Il se marie en janvier 1889 à Bruxelles avec Emilie Girod. De cette union nait Aimé Charles Robert Ravarin le 19 février 1890 à Bruxelles.

Robert est étudiant en musique à Paris en 1910 lors de son recrutement  à Lyon Sud sous le matricule 1260. Il meurt brulé entre le 2 et 3 septembre 1917 près de Lischwelde (Belgique) après que son avion soit abattu en flammes.

Le couple Ravarin-Girod divorce à Lyon en 1908 alors que les deux époux sont séparés de corps et que Mr Ravarin habite 7 chemin Maladière à Lyon et Mme Ravarin Girod à Neuilly sur Seine.

Après son décès en 1924 à Paris 16ème, sa veuve lègue à la ville de Lyon le portrait enfant de Robert Ravarin « pilote aviateur mort pour la France en 1917 en Belgique ». Le legs est accepté.

 

Sources:

2E1135-AM Lyon, 2E2166-AM Lyon, 2E461-AM Lyon,  2E340-AM Lyon, 2E2101-ADM Lyon, 2E851-AM Lyon, 2E880-AM Lyon, 2E1351-AM Lyon, 2E0651-AM Lyon, 2E0151-AM Lyon, 2E634-AM Lyon, 2E401-AM Lyon, 1217WP179-AM Lyon, 1217WP180-AM Lyon, 1217WP181-AM Lyon, 1217WP182-AM Lyon, 1217WP183-AM Lyon, 1217WP184-AM Lyon, 1217WP185-AM Lyon, 1217WP186-AM Lyon, 1217WP187-AM Lyon, 1217WP188-AM Lyon, 4E5491-AD69, 1RP1157-AD69, 4E14255-AD69, 4E14355-AD69, V4E6018-AM Paris, Fonds Jules Sylvestre-BM Lyon, 3E3266-AD74, 5MI052-AD91, Gallica : RAA préfecture de la Seine

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