Le savon Rodoll marque déposée du pharmacien Giraud

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Nov 272015
 

Le savon Rodoll est une marque déposée par un pharmacien ligérien qui a commencé sa carrière dans le beaujolais avant d’agrandir son entreprise en région lyonnaise.

Un Ă©tudiant pharmacien Ă  Lyon

Pierre Giraud est né le 11 décembre 1873 à Bellegarde en Forez (42) de Mathieu Giraud Rentier et de Marie Denis décédée le 30 octobre 1889 à Chazelles sur Lyon (42).

Etudiant en pharmacie à Lyon, il ne fait pas son service militaire car il est ajourné pour faiblesse en 1894 et 1895, il est finalement exempté l’année suivante pour bronchite spécifique.

Il est toujours étudiant quand il épouse le 31 aout 1899 à Amplepuis (69), la fille d’un marchand tailleur : Marie Anaïs Lagoutte née le 28 octobre 1875 au même lieu.

Leur fils Lucien nait en 1901 à Grandris où Pierre Giraud s’est installé. Il obtient officiellement son diplôme de pharmacie en mars 1902.

Diplome

La marque Rodoll

Dès l’année suivante, le 25 mars 1903, Pierre Giraud dépose la marque Rodoll au tribunal de commerce de Tarare.

Savon-Rodoll

Du savon, mais aussi de l’eau de toilette, de l’eau de cologne, du dentifrice, de la poudre de riz, ce n’est pas moins de 14 produits qui portent le nom Rodoll.

Marques

Pierre Giraud dĂ©pose le mĂŞme jour la marque « baume tue-nerfs Miriga » et comme pour les produits Rodoll, on peut constater que l’Ă©tiquette du produit indique P Giraud Paris. Pour le vinaigre et l’eau de Cologne, l’adresse 15 Rue de Rivoli est prĂ©cisĂ©e.

Baume

Pierre Giraud, mĂŞme s’il est pharmacien chimiste, semble ĂŞtre aidĂ© dans l’Ă©laboration des produits par un ancien directeur technique d’une des premières marques de parfumerie de Paris.

Le commerce se développe

En 1905 il recherche des représentants et un dépositaire à Paris.

Le Journal 1905

En 1909, le savon « le petit Mousseux » est une nouvelle marque déposée au tribunal de Tarare, suivie en 1911 par 18 nouvelles marques:

  • les parfums: CĹ“ur de France, CĹ“ur de Paris, Brise du Soir, Bouquet de Mai;
  • les savons: cĹ“ur de Paris, Havane;
  • la marque St Jean: sirop, purgatif, pilules, dĂ©puratif;
  • le thĂ© de la soeur Barala;
  • le sirop Durig;
  • les cachets: Santa, Durig, Riga, Lariga, Desriga, Miriga.

Oullins et l’industrialisation

Pierre Giraud quitte Grandris pour la pharmacie de la grande Rue d’Oullins fin 1913 ou dĂ©but 1914. Il tient le commerce pendant les 4 annĂ©es de guerre.

Il achète des immeubles Rue du Perron à Oullins et lance une société en nom collectif à compter du 1er juin 1919 avec Jean Lagoutte.

La SNC a pour objet la fabrication et la vente de tous articles de savonnerie dont les principales marques sont Savon Rodoll, Crèmes Rodoll, Dentifrices Rodoll, Eaux de toilette, parfum, etc.
Sa raison sociale porte le nom de P Giraud & Cie, sa dénomination commerciale est Savonnerie et Parfumerie du Rhône.
Pendant les 5 premières années, Pierre Giraud peut se retirer moyennant un préavis de 3 mois. Il apporte les marques de fabrique (sauf celles pharmaceutiques), le matériel, les marchandises en cours de fabrication et 8000 francs.

Son associé Jean Lagoutte apporte 8000 francs.

société
Les rĂ´les sont diffĂ©renciĂ©s: Mr Giraud s’occupe des voyages et de la publicitĂ©, Mr Lagoutte de la fabrication et la Vente. Mr Giraud garde le droit de surveiller sa pharmacie et ses spĂ©cialitĂ©s pharmaceutiques et est le propriĂ©taire des immeubles de la rue du Perron.

Les savons Rodoll s’affichent dans les pages publicitaires des journaux et de nouveaux commerciaux sont recrutĂ©s (1923).

L'ouest Eclair 1923

La marque Rodoll sera exportée dans plusieurs pays et plusieurs langues.

International

Pierre Giraud décède à son domicile 1 place Bellecour à Lyon le soir de Noël 1950.

Décès

Sources: 6MP446-AD69, 4E8417-AD69, 47 NUM_1R1340-AD42, 3NUEMEC3/3E13_9/AD42, 3644W39-AD69, 3644W40-AD69, 6UP3/19-AD69, 7UP1511-AD69, 5M33-AD69, 2Mi110-D88/AD69, 2Mi110-D90/AD69,2Mi110/D92-AD69, 2Mi110/D104-AD69,2Mi110D108-AD69,2Mi 110/D113-AD69, 1T4120-AD69, 3M428-AD69, 3M456-AD69, 3M496-AD69, 3M524-AD69, 3M643-AD69, 2E3552-AM Lyon, Gallica: l’ouest éclair, le journal

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Il s’est dĂ©shabillĂ© et a dĂ©sertĂ© – Mexique 1866

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Nov 142015
 

Martial Goudier est le 7ème enfant de François Goudier et de Marie Rebichon. Trois autres enfants naitront après lui.

François Goudier est drapier au moment de son mariage en 1819 à Toulon sur Arroux (dont il est originaire), puis la famille habite sur la route de Bourbon à Gueugnon après la naissance de leur premier enfant. François Goudier devient marguillier, puis parfois marguillier-matelassier (en 1837 et 1841) avant de devenir facteur aux postes ou facteur rural de Gueugnon (avant 1844).

Il décède en février 1855 à Gueugnon et laisse 4 enfants mineurs dont Martial qui a 20 ans quelques mois plus tard.

Décès Goudier

 

Martial Goudier exerce la profession de cisailleur quand il est recensé pour l’armée. Le garçon d’1,62m sait lire et écrire. Bon pour le service, il est affecté au 102ème de ligne et porte le numéro 2363 sur la liste du contingent classe 1855. Il part comme appelé le 5 avril 1856 et arrive au corps 22 jours plus tard.

Matricule

Extrait du recrutement militaire de Martial Goudier

On ne trouve aucun autre renseignement sur le registre de recrutement et c’est un peu par hasard qu’on retrouve sa trace tout d’abord à Lyon rue Magenod en 1863 puis dans les archives des déserteurs.

Recherche-Rhone

Recherche d’un dĂ©serteur

L’avis de recherche date du 12 juillet 1870. Martial Goudier est officiellement libérable le 17 juillet de la même année, quelques jours avant le début de la guerre de 70.

On y découvre ses états de service depuis l’incorporation de 1856.

Etat-de-service

Du 102ème de ligne, Martial Goudier est affecté un mois après son arrivée au 83ème de ligne comme fusilier. Le régiment ne participe ni à la guerre de Crimée, ni à celle d’Italie.

Il devient voltigeur le 9 juillet 1858 et est renvoyé par anticipation dans ses foyers le 6 avril 1862 avec un certificat de bonne conduite avant d’être définitivement libéré en fin d’année.

7 ans de passés dans les rangs, mais la vie civile ne semble pas convenir à Martial Goudier car il se rend le 17 juillet 1863 à la mairie du 3ème arrondissement de Lyon pour se réengager pour 7 ans.

Il est alors affecté au 62ème de ligne et part faire la guerre au Mexique.

guerre du Mexique

Il reçoit d’ailleurs la médaille du Mexique.

Médaille_de_l'expédition_au_Mexique

 

La recherche par les gendarmes de Lyon reste infructueuse en ce mois de juillet et Martial Goudier est déserteur à l’étranger depuis le 18 janvier 1868 sans autre précision qu’il a emporté un caleçon et une chemise.

Rapport

La disparition étant datée de 1868, il est probable qu’un premier avis de recherche ait été lancé à cette époque. Les archives du Rhône n’ont pas ce document, alors il faut tenter du côté de celles de Saône et Loire.

Circonstances

On retrouve daté du 12 juillet 1870, la même demande de recherche auprès du préfet de Saône et Loire, à un détail près : la date de désertion.

Recherche-Saone-et-Loire

L’avis de dĂ©serteur envoyĂ© en SaĂ´ne et Loire avec la bonne annĂ©e

Ce n’est pas en 1868 que Martial Goudier a déserté mais en 1866. Une nouvelle recherche s’engage à cette nouvelle date et on l’on peut consulter le premier avis envoyé aux préfets.

 

Recherche-origine

Le premier avis de désertion

Deux nouveaux détails y apparaissent : la présence au Mexique du déserteur en 1863-1864-1865 et 1866 et surtout les circonstances de sa disparation :

« Descendait de garde, est allé sur la place, y a déposé ses effets est parti en caleçon & chemise. A été aperçu par un habitant qui en a rendu compte. »

Circonstances-desertion

De retour sur l’exemplaire des archives du prĂ©fet du RhĂ´ne, on apprend mĂŞme le lieu: Castillo.

Castillo

Il s’est déshabillé, et a déserté…. Il avait 31 ans.

Sources: 5E342/17-AD71, 5E230/3-AD71, 5E230/4-AD71, 5E230/5-AD71, 5E230/6-AD71, 5E542/3-AD71, 1R LC 1855-AD71, 6M recensements population Gueugnon-AD71, R771-AD69, R772-AD69 R773-AD69, 2R12-AD71, illustration Gallica

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Le Dauphin sinistrĂ© – 1944

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Nov 052015
 

Le Dauphin, un chaland du RhĂ´ne

Construit en 1895, le « Dauphin » est une barque de type chaland du Rhône qui transporte des marchandises générales. La barque en fer, munie d’un pont, a été remise à neuf en 1931 par les ateliers Félizat à Lyon et immatriculée le 03 novembre 1931 LY 882.

Elle est la propriété de la compagnie générale de navigation HPLM (Le Havre, Paris, Lyon, Marseille).

Une assurance est souscrite à la compagnie l’unité à Paris le 1er juillet 1944 en déclarant une valeur de 425 000 francs pour les risques de navigation.

Immatriculation

Un marinier belge

Jules Goffard est né à Huy dans la province de Liège (Belgique) le 18 décembre 1898 d’un père houilleur, il se marie en 1921 à Xertigny dans les Vosges à Marie Marthe Félicie Manté, une ouvrière fileuse originaire d’Uzemain (88). Le couple a 3 enfants, Paulette, Jules et Marcel nés tous les trois à Rasey (88) entre 1922 et 1931.

Carte

Dès 1922, Jules Goffard est employé par la compagnie de navigation HPLM. La famille se retrouve à Lyon et loue les terrains possédés à Rasey Xertigny en 1934 à Gilbert Cornu.

En 1944, les deux garçons vivent avec leurs parents sur le bateau.

 

Le Dauphin saboté

Le 2 septembre 1944, les allemands se retirent de Lyon mais ils prennent soin de saboter les ponts (voir l’article) mais aussi les bateaux.

Pour la plupart de ceux-ci, le marinier est évacué par ordre des allemands dans la nuit du 2 au 3 septembre sous la pluie avant le dynamitage. Cette information n’est pas précisée dans le dossier de Mr Goffard, mais aucun membre de la famille n’est blessé lors du sabotage.

Les engins explosifs sont déposés dans la cale du Dauphin dans le magasin N°2. Avec l’explosion, le bordé babord est percé d’une brèche de 1m2 environ. L’eau envahit les 3 cales arrière et le pont est immergé depuis l’arrière jusqu’au milieu du bateau mais il ne coule pas.

La déclaration du sinistre

Le sinistre est déclaré le 8 septembre 1944 et le constat d’avarie est effectué le 26 septembre 1944. La visite a lieu à flot après renflouement et mise en place de batardeaux.

Les dommages sont les suivants :

  • le cĂ´tĂ© babord est ouvert sur 1m x1m dans le milieu de la cale et la cloison avant est fortement plissĂ©e ;
  • le plancher du pont est dĂ©truit sur 5m2 environ ;
  • les boiseries et meubles du logement arrière sont en partie dĂ©truits et sont imprĂ©gnĂ©s d’eau et de vase. La literie est Ă  remettre en Ă©tat car hors d’usage.

Toutes ces réparations nécessitent la mise à sec du bateau. Les travaux sont réalisés selon les bateaux au quartier de la Mouche ou dans les ateliers de Chalon Sur Saône (71).

Les objets personnels détruits

Mr Goffard fait, dès la visite de l’expert, la liste de ses objets personnels dĂ©truits lors du dĂ©blaiement du logement ou disparus. De la nourriture, des vĂŞtements, une montre, des objets divers…

Le montant est estimé à 20 367 francs.

Effets-perso

En mai 1945, le dossier avance. L’assureur ne prend pas en compte dans cette liste les vivres et la montre et évalue la valeur des pertes personnelles à 17 405 francs mais la police d’assurance ne couvre ces biens que pour un montant de 5 000 francs, somme qui sera proposée à la famile Goffard.

Cette dernière est retournée vivre dans la cabine du bateau après les travaux de réparations provisoires et dans l’attente d’un commandement (juillet 1946).

DĂ©dommagement

 

Les autres frais

Le 14 mai 1947, les réparations provisoires après constat d’avaries s’élèvent à 15 580,90 francs. Elles comprennent l’obturation de la brèche, le nettoyage du logement et de la peinture.

Le 10 décembre 1947, ce sont les agrès qui sont remplacés pour 29 915,05 francs.

Agrès

Il faut attendre le 9 septembre 1948 pour que l’expert du bureau Véritas donne le détail chiffré des réparations complètes. La facture est de 462 526,85 francs après déduction de 20% de vétusté à la charge du propriétaire.

 

Les autres bateaux du quai Rambaud

Le « Dauphin » n’est pas le seul bateau dynamité la nuit du 2 septembre. D’autres navires de la compagnie HPLM et leurs mariniers sont également sinistrés :

 

  • le « Phoque » pilotĂ© par Henri Sordet qui se trouvait Ă  bord au moment du sinistre;
  • le « Baleine » de Jacques Chaudet, dynamitĂ© dans le magasin N°1, Ă©vacuĂ© par ordre des allemands;
  • le « Flore » de Marius Combe, dynamitĂ© dans la cale, magasin N°3, ainsi que par des engins dĂ©posĂ©s sur le bordĂ© des 2 bords entre 2 bateaux. Outre les objets dĂ©truits, il prĂ©cise la liste de ceux cassĂ©s. Le marinier a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© par ordre des allemands dans la nuit et sous la pluie;CassĂ©s
  • le « Fraise » de Gaston VatblĂ© dynamitĂ© dans la cale, magasin N°1 Ă  l’avant. Le marinier a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© par les allemands;
  • le « Gaulois » remorqueur pilotĂ© par Auguste Mousset de St Pierre de BĹ“uf et RĂ©mi Munier de St Agrève, son second;
  • le « Girafe » de Fernand Durand dynamitĂ© dans le magasin N°4 et dont le logement n’a pas subi de dĂ©gâts. Les effets personnels dĂ©posĂ©s sur le pont lors du sabordage n’ont pas Ă©tĂ© retrouvĂ©s après le sinistre. Ils sont supposĂ©s avoir Ă©tĂ© volĂ©s par les allemands. Le marinier a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© par ordre des allemands dans la nuit et sous la pluie;
  • le « Joyeuse » d’Yves Delhay, dynamitĂ© dans les 2 cales avant. Le marinier a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© par ordre des allemands dans la nuit et sous la pluie;
  • le « Muguet » dynamitĂ© dans le magasin N°1 et dont l’explosion a provoquĂ© une brèche permettant Ă  l’eau d’envahir les magasins N°1 et N°2 de la cale. La barque Ă©tait sans conducteur car Mr Mousset est marinier sur le ponton « Mousson »;
  • le remorqueur « Simplon » dont les engins explosifs ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s dans les compartiments arrières (dans les logements des chauffeurs et des mĂ©caniciens) et qui ont provoquĂ© des brèches faisant s’élever l’eau dans la cale Ă  1,80 mètre mais sont impacter les machines, chaudières et logements avant;
  • le remorqueur « Ventoux » , dynamitĂ© dans le compartiment avant (logement du patron et du second). La brèche de 2m2 a laissĂ© entrer l’eau dans tous les compartiments et fait couler le bateau. La liste du matĂ©riel perdu est plus consĂ©quente que sur une simple barque.Effets-Ventoux

Les hommes de bord du « Ventoux » sont listĂ©s. Parmi eux, Nicolas Gratchoff qui a failli ne pas ĂŞtre indemnisĂ© car son fils a servi dans les chantiers de Jeunesse alors qu’il est spĂ©cifiĂ© pour les victimes d’avoir servi dans l’armĂ©e française. Mais aussi Louis Bouchet de Vaudevant (07) dont sa prĂ©sence sur le navire est mise en doute.

Ventoux

Les autres bateaux du quai Maréchal Joffre

A quelques mètres du quai Rambaud, d’autres bateaux sont amarrés face aux bureaux de la compagnie HPLM. Ils subissent le même sort.

  • L’ « Ariège » pilotĂ© par Joanny Pariset, dynamitĂ© sur le bordĂ© babord et coulĂ©, dont la visite de l’expert se dĂ©roule avec 80 cm d’eau dans la cale ;
  • le « Gier » pilotĂ© par Pierre Perrin coulĂ© et toujours immergĂ© au moment du passage de l’expert. Les objets personnels qui avaient mis sur la terre ferme ont Ă©tĂ© dĂ©truits par les allemands qui ont jetĂ© dessus un autocar en panne auquel ils ont mis le feu. La valeur des rĂ©parations est supĂ©rieure Ă  la valeur assurĂ©e;Gier
  • le « Gard » barque citerne de Jean Fayet dynamitĂ©e dans les compartiments 2 et 4, tous les objets ont Ă©tĂ© dĂ©truits dans l’explosion sauf un calorifère retrouvĂ© brisĂ© et un linolĂ©um hors d’usage;
  • le « Meurthe » dynamitĂ© dans le magasin N°3;

    Meurthe

    Plan de la barque

  • le « SaĂ´ne » de Pierre Maximim dont les explosifs ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s sur la cloison entre les magasins 3 et 4. Le bateau a rapidement coulĂ© et le logement arrière est complètement dĂ©truit;
  • les barques « Valserine », « Azergues », « Doubs » et « Garonne » qui n’étaient pas renflouĂ©es pour la plupart en avril 1945.

Certaines de ces barques, du fait du cout exorbitant des réparations, ne seront pas remises en services.

La ville de Lyon est libérée des forces militaires allemandes le 3 septembre 1944.

Sources: 37J104-AD69, 37J105-AD69, 37J106-AD69, 37J107-AD69, 37J108-AD69, 37J109-AD69, 37J110-AD69, 37J407-AD69

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De galère en galère

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Oct 202015
 

Philibert Fonterest est né le 14 mars 1758 à Perreux (42), ville limitrophe de Roanne. Sa mère, Claudine Pépin, meurt une année plus tard et son père, Rambert Fonterest, meurt alors qu’il n’a que 9 ans. Il devient orphelin.

Naissance

Deux mendiants du Forez

Philibert Fonterest est arrêté le 10 mars 1775 avec Pierre Meunier à Essertine en Donzy par les gendarmes de St Martin Lestra (42). Les deux hommes sont accusés d’avoir volé des vêtements à leurs hôtes d’un soir.

Interrogé, Philibert Fonterest, alors âgé de 17 ans, explique qu’il est orphelin originaire de Perreux en Forez et qu’il a habité Charlieu (42) dont il est parti depuis 1 an. Il est mendiant et errant et n’a pas trouvé de travail.

Pierre Meunier, quant à lui, est originaire d’Arfeuilles en Forez (actuellement dans l’Allier), ville qu’il a quittée depuis 1 an. Il a travaillé chez quelques particuliers et a vendangé aux environs de Lyon mais il ne se rappelle pas les noms de ses employeurs. Il ne mendie que quand il ne trouve pas de travaille et toujours seul.

Les chemins des deux hommes se sont croisés 6 jours plus tôt.

Carte

Origine des deux hommes avant leur arrestation Ă  Essertines en Donzy

 

Un petit rappel temporel

Le carême est une période 40 jours qui précèdent Pâques, fête religieuse dont la date est fixée en fonction du calendrier lunaire. En 1775, Pâques est le dimanche 16 avril.

Le carême débute toujours par le mercredi des cendres qui est donc le 1er mars 1775.

Au début de chaque saison, dans le calendrier liturgique catholique, est fixée la semaine des quatre temps qui correspond à une période de jeûne les mercredis, jeudis et vendredis. Au printemps, la semaine des quatre temps suit le 1er dimanche du carême. Elle est donc située en 1775 du 6 au 11 mars.

Calendrier

Le vol en pleine nuit

Le « mardi veille des quatre temps dans le carême », Joseph Malliavin, 56 ans, et ses enfants reçoivent sur le soir deux jeunes mendiants qui demandent le gîte.

Les Quatre temps

Un des deux mendiants a déjà été vu plusieurs fois chez lui et il mange ce qu’on lui propose : de la soupe, du lait et du fromage. Le deuxième refuse de manger car il se prétend malade et se tient près du feu son chapeau abattu sur son visage. Après la prière en commun, le malade demande de l’eau dans son pot et souhaite être conduit à l’écurie. Les deux mendiants partent se coucher ainsi que les hôtes, dont le fils Etienne, 32 ans qui a « beaucoup fatigué dans la journée. »

Une demi-heure plus tard, vers 22H, l’un des frères constate que la porte de l’écurie n’est fermée qu’au loquet alors qu’on y met les verrous. Il prévient le reste de la famille et tous constatent que les mendiants se sont évadés emportant avec eux:

  • deux habits de serge fil de laine de couleur muse,
  • trois vestes de couleur muse et une blanche,
  • une culotte de peau jaune,
  • deux mouchoirs de poche,
  • une paire de guĂŞtre de serge brune,
  • un livre de piĂ©tĂ© intitulĂ© le chemin du ciel.

Les habits appartiennent à deux des fils de la famille Malliavin (Etienne et Jean). On retrouve sous un hangar près de la porte d’entrée 2 camisoles tombées dans la fuite.

couleur de muse

La couleur de muse est un dérivé de rouge et fauve.

A la recherche des voleurs

Il est trop tard pour partir la nuit sur le chemin du Forez. Dès le lendemain, les hommes de la famille partent à la recherche des voleurs.

Etienne (32 ans) et Jean (30 ans) vont chercher du côté des halles d’Aveize alors que Joseph Malliavin (56 ans) et un autre fils également prénommé Joseph (20 ans) prennent la route de Chambon et de St Clément la Plaine. La famille se rejoint à St Laurent de Chamousset.

Le vendredi, ils retrouvent les 2 mendiants qui boivent un verre dans un cabaret de Longessaigne avec 3 autres mendiants. Ils prennent la fuite aussitôt mais sont vite arrêtés par les hôtes.

Sur l’un des mendiants, il est retrouvé un des habits, la paire de guêtre, la camisole blanche et un mouchoir coton bleu et blanc.

Le plus grand dit le Jarand dit alors « vous nous arrêtez mais prenez garde si nous sommes une fois dehors, nous mettrons le feu à votre maison ! » Apprenant que les cavaliers sont à st Martin de Lestra ; la famille Malliavin y conduit les 2 mendiants qui sont emprisonnés sur place avant d’être transférés à Lyon dans une prison appelée St Joseph.

Les dépositions et les interrogatoires

Chacun des fils fait sa déposition pour expliquer ce qui s’est passé. Etienne Malliavin est convaincu que c’est celui qui s’est fait passer malade qui a fait le coup pendant que l’autre faisait le guet et donnait du pain au chien pour l’empêcher d’aboyer.

Les deux mendiants sont interrogés le 20 avril 1775 et fouillés.

Etienne Meunier a une bourse de différentes couleurs en soie contenant 4 livres 3 sols 6 deniers dont une pièce de 3 livres et le reste en monnaie. Il n’a pas volé les effets mais il a acheté la veste qui a été saisie par les cavaliers un prix de 3 livres à un homme qu’il ne connaît pas dans un chemin du forez et son collègue Fonteret a acheté le surplus. Il n’a pas menacé la famille Malliavin et n’a jamais été condamné.

Philibert Fonterest a une bourse de peau contenant 10 sols. Outre les affaires déjà citées, il possède un petit « avressac » (havresac) en toile rouge. Il réfute avoir pris 2 habits 3 vestes 1 culotte de peau jaune, un mouchoir de poche et une paire de guêtre mais reconnaît avoir pris un habit sa veste blanche, une paire de guêtre et un mouchoir de coton dans une écurie du fait de leur grande misère

Il nie avoir menacé de mettre le feu mais avoir dit avec son camarade que si on les faisait arrêter ils se seraient fâchés. Il n’a pas été condamné et n’a pas été flétri.

flétrir

Lors du second interrogatoire du 12 septembre 1775, Philibert Fonterest se rétracte et affirme qu’il n’a pas couché chez Malliavin et qu’il n’a rien volé. Il dit que son camarade a acheté les vêtements et qu’il les avait déjà quand il l’a rencontré 6 jours plus tôt. S’il a avoué dans son premier interrogatoire c’est que les cavaliers lui avaient dit de le faire et que « ça serait plus avantageux pour lui. »

GAL : cinq ans de galère

Les deux hommes sont condamnés

  • Ă  ĂŞtre flĂ©tris sur l’épaule droite avec un fer chaud des lettres GAL sur la place des Terreaux de Lyon un jour de marchĂ©
  • Ă  rester attachĂ© pendant deux heures Ă  des poteaux plantĂ©s sur la dite place avec des Ă©criteaux devant et derrière portant les inscriptions « Mendiant Vagabond et Voleur » ;
  • avant d’être conduits pour les galères du Roy et y servir comme forçats pendant 5 ans.
Condamnation

La condamnation à être marqué au fer rouge des lettres G A L

Refaire sa vie

Par jugement, Philibert Fonterest est libéré de sa « galère » le 16 septembre 1780. Le bureau des chiourmes du port de Toulon lui signe son congé.

congé

Congé de libération du forçat

Il refait parler de lui en novembre 1785 quand il s’engage avec le sieur Joyau maréchal des logis au régiment des carabiniers de Lyon et s’enfuit aussitôt avec le prix de son engagement.

Repris de justice, il ressort de prison le 15 décembre 1787 et il retourne dans son pays pour environ 15 jours.

Un faux ouvrier en soie

Quand il est arrêté le 17 janvier 1788 par le sieur Burdiat, maréchal des logis au régiment du Roy, recruteur à Villefranche sur Saône, Philibert Fonterest se fait appeler Philibert Pépin et se fait passer pour un ouvrier en soie.

Il affirme qu’il allait dans la Bourgogne quand il a été arrêté. On lui rétorque que ce n’est pas le chemin de Perreux à la Bourgogne de passer par Villefranche sur Saône. Il répond qu’ayant quelques connaissances à Chessy, il a voulu y passer pour y trouver de l’ouvrage mais comme il n’a pas été employé il a continué vers Villefranche où il a été arrêté.

Il est passé par Charnay , Lachassagne et Anse. Il ne se rappelle pas être passé à Lucenay, mais il ne dit pas qu’il n’y est pas passé puisqu’il ne connaît pas parfaitement ce pays là.

Carte

Les communes traversées pour aller à Villefranche sur Saône

Le vol la nuit de Noël

Le 25 décembre 1787, le sieur Jean Baptiste Moiroux, granger de Mr de Barmondière à Lucenay ouvre sa porte vers 17H à un quidam qui lui demande la charité. Se disant ouvrier en soie de Lyon, il se fait offrir le souper avec les Moiroux. Mme Antoinette Valencot épouse Moiroux, 54 ans, ne voulait pas le recevoir, mais il parlait bien, à la manière des ouvriers de soie, donc le couple ne s’est pas trop méfié.

L’invité part se coucher vers 21H dans l’écurie au-dessus de laquelle le fils Moiroux a sa chambre.

Vers 22H, le fils, Alexandre, voulant aller s’habiller pour la messe de minuit, se rendit compte qu’on l’avait volé et descendant à l’écurie, il s’aperçut que l’homme s’était enfui par une fenêtre donnant sur une prairie. Il a alors refermé la fenêtre avec une barre en bois.

Il devine que l’homme est monté par une trappe qui donne dans la fenière mitoyenne à la chambre à laquelle il a pu accéder par une simple porte. Le vol était d’autant plus facile qu’il faisait un clair de lune.

Le préjudice s’élève à un habit de Calmonque gris, une matelote et une culote de ratine grise qui contenant 28 livres en argent dans son gousset, une chemise garnie, un chapeau bordé avec un velours noir, une paire de bas de laine noir et une autre paire de culotte drap de Serizy rougeatre. Ledit quidam a laissé un mauvais chapeau.

Vol

Sur la sellette

Philibert Fonterest est arrêté et sa fausse identité est démasquée. Il est formellement reconnu par le fils et la mère Moiroux et porte sur lui les vêtements volés.

Interrogé, il nie avoir volé les vêtements qu’on lui présente mais les reconnaît comme ceux qu’il a achetés : la culotte et le gilet entre l’hôpital et St Symphorien sur la grande route de Lyon à un particulier à lui inconnu qui était ouvrier en soie. Le chapeau, il l’a acheté à Roanne chez un chapelier près de la grande église en allant aux prisons. Il l’a payé 46 sols et le gilet et la culotte 10 livres 10 sols. D’ailleurs le 25 décembre il était chez lui et il n’est sorti que le 5 de ce mois de janvier.

Récidiviste: la galère à nouveau

Philibert Fonterest est condamné à

  • rester deux heures attachĂ© Ă  des poteaux sur la place des terreaux Ă  Lyon un jour de marchĂ© avec la pancarte « voleur cy devant repris de justice se disant faussement ouvrier en soy « ;
  • ĂŞtre flĂ©tri des 3 lettres GAL au fer chaud sur l’épaule;
  • payer 10 livres d’amendes envers le roy;
  • servir de forçat Ă  perpĂ©tuitĂ© dans les galères du roi.
Condamnation 1787

Condamnation à perpétuité

Les habits sont restitués à Alexandre Moiroux et le jugement est affiché à Lyon, à Lucenay, à Perreux et partout « où besoin sera. »

Précision historique sur la galère

Les galères ont été supprimées et rattachées au corps de la Marine par ordonnance du roi du 27 septembre 1748. Les condamnés à la galère, comme Philibert Fonterest, ont été condamnés aux fers et affectés au bagne portuaire de Toulon.

Galère

Sources : 1miec 171X3-AD42, 7B73-AD69, 7B90-AD69, site http://palluy.fr/, Dictionnaire universel de commerce, d’histoire naturelle et des arts et mĂ©tiers 1760, Jean Michel Girardot, Gallica.bnf.fr

© 2015 Généalanille

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Les sécateurs Duret à Beaujeu

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Oct 122015
 

François Duret a créé une manufacture de sécateurs à Beaujeu dont la renommée a dépassé le territoire viticole local.

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Ne sait ni lire ni Ă©crire

François Duret est né le 26 avril 1867 à St Just d’Avray dans le Rhône de Claude François Duret cultivateur et de Marie Delphine Tholin. Ce garçon d’1,72m devient maréchal ferrant et ne sait ni lire ni écrire au moment de son recrutement militaire.

Matricule

Fiche matricule de François Duret. DegrĂ© d’instruction O

Il est incorporé au 37ème régiment d’artillerie jusqu’au 23 septembre 1891. A son retour, il déménage en 1892 à Marchampt (69).

La vie de famille

En avril 1896, il se marie au Perréon (commune nouvellement créée) avec Florine Julie Favre, fille d’un épicier. Il signe son acte de mariage.

Signature

Le couple a 4 enfants :

  • Jean François nĂ© en 1897 Ă  Marchampt ;
  • Louis Philibert nĂ© en 1900 Ă  Marchampt ;
  • Claudius nĂ© en 1906 Ă  Marchampt ;
  • JosĂ©phine nĂ©e en 1911 Ă  Beaujeu qui dĂ©cède Ă  l’hĂ´pital de cette ville en 1912.

Les brevets d’invention

Dès 1899, François Duret fait enregistrer des brevets d’invention pour « l’entretien et la remise Ă  neuf des pioches, pics et socs de charrues. » Le 2 fĂ©vrier 1900, il fait enregistrer un brevet d’invention pour 15 ans pour « perfectionnement dans les sĂ©cateurs ».

Brevet-1900

Brevet d’invention pour le perfectionnement des sĂ©cateurs

Le 6 avril 1905, il fait un additif à son précédent brevet. Le 22 juin 1909, il fait enregistrer un brevet de manivelle à fonctionnement facultatif.

Brevet-1905

Brevet d’invention 1905, toujours pour les sĂ©cateurs

La vie Ă  Beaujeu

La famille s’installe à Beaujeu vers 1908 au Pont des Pénitents et François Duret vend son fonds de commerce de quincaillerie serrurerie de Marchampt à Antoine Guichard. En 1910, la petite entreprise est déjà prospère comme le laisse imaginer le catalogue des produits. Les fils sont intégrés à l’usine dès leur plus jeune âge.

Carte-postale

Extrait de la carte postale de la fabrique de sécateurs

Les sécateurs du beaujolais sont brevetés et remportent des médailles dans tous les concours.

Entete

Entête de facture qui annonce les diplômes et médailles

Deux fils engagés volontaires

Quand la guerre éclate en 1914, le plus âgé des fils n’a que 17 ans. Il s’engage volontairement en 1915 à la mairie de Beaujeu et est affecté au 4ème régiment d’artillerie de campagne. Le deuxième fils s’engage lui aussi volontairement en août 1918 à la mairie de la Croix Rousse à Lyon et est affecté au 4ème dépôt des équipages de la flotte.

Jean François Duret est démobilisé en septembre 1919, Louis Philibert, engagé pour 3 ans, rentre chez lui en août 1921.

Les ateliers de fabrication

En mars 1919, François Duret achète une parcelle de terrains pour 4000 francs. Ce sont des bâtiments ayant servi de cuvage, un jardin, et une fosse à fumier, le tout sur 5 ares. Un escalier permet d’accéder au jardin et la cour. Il y a un passage commun et des dépendances. Il fait construire les ateliers de fabrication et une turbine.

Usine-Duret

Le décès de sa femme

L’ainé se marie en octobre 1921 avec Marie Louise Gélin et quelques mois plus tard, la femme de François Duret décède à Beaujeu à 49 ans, le laissant seul avec Claudius Duret, alors âgé de 15 ans et déjà mécanicien à l’usine.

C’est l’occasion de lister le matériel évalué à 42670 francs et les clients de l’usine : ils sont disséminés dans toute la France et même à l’étranger.

Nuage

Les noms des villes et villages des clients de la manufacture Duret

Claudius comptable, part à l’armée en 1926 au 21ème RI. Il devient sergent et retourne au pont des pénitents en octobre 1927. Il se marie trois ans plus tard au Perréon avec Clotilde Paquet. Il prend la direction de l’usine dans les années suivantes probablement vers 1935.

Quand la deuxième guerre éclate, Claudius est mobilisé et affecté au dépôt du 154ème Régiment d’infanterie. Il est démobilisé le 16 juillet 1940.

François Duret décède en avril 1955.

Sources: 4E10158-AD69, 4E12424-AD69, 4E12803-AD69, 4E9855-AD69, 4E9852-AD69, 1RP890-AD69, 1RP1850-AD69, 1RP1907-AD69, 3Q5/214-AD69, 3Q5/232-AD69, 3Q5/912-AD69, 3Q5/736-AD69, 3Q5/741-AD69, 3Q5/220-AD69, 6MP521-AD69, 6MP562-AD69, 6MP601-AD69, PER1279-AD69, PER2224/39-AD69, 9M104-AD69, 9M105-AD69, 9M110-AD69, 9M114-AD69, 3P19/2-AD69, 3P19/3-AD69, 3P19/8-AD69

Les plaques géographiques du Rhône

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Août 312015
 

Les plaques géographiques

Il est assez commun de croiser des plaques indicatrices, voire des plaques de cocher dans tout le département du Rhône et dans d’autres départements. Cependant certaines communes du département du Rhône et de la métropole de Lyon ont la particularité d’avoir une plaque géographique dont les informations ont été fournies par la société de géographie de Lyon.

Panneaux

Différents panneaux indicateurs et plaque de cocher

 

La naissance de la société de géographie de Lyon

C’est en novembre 1872 qu’une commission est nommĂ©e par la sociĂ©tĂ© nationale d’éducation de Lyon pour Ă©tudier « l’opportunitĂ© d’une exposition gĂ©ographique dans cette ville. » Les membres rĂ©unis se posent la question si la crĂ©ation d’une sociĂ©tĂ© plus pĂ©renne ne serait pas plus utile qu’une exposition temporaire. L’idĂ©e est innovante car Ă  cette Ă©poque il n’existe pas de sociĂ©tĂ© de ce type en province et celle de Paris date de 1821.

Le 23 janvier 1873, 35 Ă  40 personnes se rassemblent dans la salle de l’union syndicale des marchands de soie, 13 rue de l’arbre Sec, et sous la prĂ©sidence de Mr Louis Desgrand, nĂ©gociant de Lyon et membre de la sociĂ©tĂ© gĂ©ographique de Paris. Siègent Ă©galement Mr Goybet, directeur de l’Ă©cole La Martinière et Mr Pictet, prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© d’instruction primaire du dĂ©partement du RhĂ´ne.

Mairie

La vocation des plaques gĂ©ographiques n’est pas d’indiquer un chemin: on les trouve sur les mairies, Ă©coles ou autres lieux de passage dans le centre du village.

Le comité provisoire

Le comité provisoire compte 20 membres et désigne un bureau composé de 8 personnes :

  • Oscar Galline prĂ©sident de la chambre de commerce de Lyon, prĂ©sident d’honneur;
  • Louis Desgrand nĂ©gociant de Lyon et membre de la sociĂ©tĂ© gĂ©ographique de Paris, vice prĂ©sident;
  • Jules Goybet directeur de l’Ă©cole La Martinière;
  • Jean Baptiste Pictet prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© d’instruction primaire du dĂ©partement du RhĂ´ne;
  • François Debize, lieutenant colonel d’Ă©tat major, trĂ©sorier;
  • Etienne FĂ©lix Berlioux professeur de gĂ©ographie, vice prĂ©sident;
  • AbbĂ© Jean Baptiste Christophe, chanoine de la primatiale, secrĂ©taire;
  • AbbĂ© Stanislas Laverrière, directeur du journal Les Missions Catholiques;

Fin décembre 1873, une souscription de 250 adhérents est réunie avec une cotisation annuelle fixée à 20 francs.

La société définitive

Les statuts de la société de géographie de Lyon sont adoptés le 5 mars 1874. Un comité de 24 personnes est nommé pour 4 ans avec renouvellement par quart d’année en année. Les membres sortants ne peuvent être réélus qu’après un an d’intervalle.

En janvier 1875, la société produit son premier bulletin et elle loue un immeuble quai de Retz (actuel Quai Jean Moulin).

Plan

L’idée des plaques

C’est en 1877 que la société propose, de doter les communes du Rhône de plaques géographiques avec le nom du département et de la commune, la distance qui la sépare de son chef lieu, l’altitude et la longitude. Cette idée semble émaner de Mr Jean Claude Coint Bavarot, membre fondateur.

Charbonnières

DĂ©tail d’une plaque gĂ©ographique

Ce projet a pour but de vulgariser la science et d’initier les populations rurales aux données utilitaires de cette science.

En 1879, une action est menée par les sociétés géographiques pour que les gares apposent des plaques sur leur fronton.

Fronton

En parallèle, la société dispose des indications officielles pour 28 communes et le modèle présenté, en tôle émaillé, a été accepté.

Les premières plaques

Fin décembre 1880, 32 plaques sont prêtes ou commandées. La pose peut commencer. Parmi les premières plaques encore existantes, on peut citer celle de St Genis Laval en mauvais état.

St Genis Laval

En 1882, les plaques des communes traversées par le chemin de fer PLM diffèrent par le fait que leur altitude est calculée sur la gare la plus proche.

Proximité-gare

Première feuille d’indication de la gare la plus proche en fonction de la ligne de chemin de fer.

L’altitude n’est plus calculĂ©e au clocher mais Ă  la gare la plus proche.

Altitude

Changement du point de repère pour l’altitude

Parlons prix

Le prix de la plaque est de 25 francs. Certaines communes ont payé la totalité de la somme sur leur budget. C’est le cas par exemple de Bessenay

Bessenay

D’autres sollicitent une subvention auprès du conseil général qui leur accorde à condition que la commune prenne en charge au moins la moitié du budget. St Marcel l’éclairé par exemple touchera une subvention de 12 francs 50 en 1883.

Marce-l'Eclaire

A Grigny, ce sont les conseillers municipaux eux-mêmes qui ont financé en partie la plaque.

D’autres communes enfin n’ont rien voté. Elles sont douze dans ce cas et évoquent un problème de budget comme à Condrieu.

Budget

 

Le montant des subventions est défini en janvier 1883, puis une deuxième liste de communes est publiée en mai de la même année.

Subventions

Montant des subventions pour les plaques géographiques

Les plaques se multiplient

Entre 1881 et 1883, le nombre de plaques posées augmente.

compil

Les noms de communes

A St Romain au Mont d’Or la première délibération d’un budget de 10 francs est complétée par une deuxième délibération pour les 2,50 francs manquants. Il est demandé de ne pas oublier de mettre le nouveau nom de la commune modifié par décret du 31 octobre 1879.

St Romain

 

A St Romain de Popey, le courrier de la mairie porte un autre nom de village !

Popey

Les réfractaires

Les membres du conseil municipal de Corcelles jugent que la plaque ne sera d’aucune utilité pour les habitants, elle se résignera un an plus tard à trouver un budget de 12,50 francs.

A Lentilly, le conseil municipal n’a aucun fonds pour cette dépense, surtout que la commune est « obligée de contribuer pour la plus grande partie aux frais de logement, d’éclairage et de chauffage des hommes chargés de procédé au relevé des coordonnées géographiques tandis que les autres communes faisant partie du même rayon sont affranchies de ces frais. » Un an plus tard, les 12,50 francs sont budgétisés.

Qui paye les faux frais ?

A St Romain en Gier, la plaque pose problème. Le conseil municipal a refusé de l’acheter en aout 1882 car elle était inutile et la commune possédait déjà toutes les indications nécessaires par le bien de la gare de chemin de fer. Il finit par voter le budget de 12,50 francs en insistant « que la commune de St Romain en Gier n’entrera pas dans d’autres frais. » Hors il faut aller chercher la plaque au secrétariat de la société de Géographie, ou se faire expédier la plaque, ce qui a un coût que le maire refuse. Par ailleurs, il faut poser la plaque et bien que ne nécessitant « aucun travail de maçonnerie. Il suffit d’avoir 4 gros clous à placer dans les trous préparés sur la plaque » selon Mr Debize le secrétaire général de la société, Mr Ollagnon, maire de la commune de St Romain, rechigne là encore à la dépense. Ce dernier aura gain de cause et les « faux frais » seront prélevés sur le budget du conseil général pour « dépenses diverses et imprévues. »

St RomainGier

Et après ?

En 1883, le préfet de Saône et Loire s’enquiert de la présence des plaques du Rhône, de leur utilité pour les populations, de leur intérêt pour les voyageurs mais aussi de leur méthode de financement avant de décider s’il propose un projet analogue au conseil général.

En 1886, le préfet de la Loire et son équipe demande à la société de géographie de Lyon de lui fournir 12 plaques pour ses communes. En parallèle, le PLM consigne dans toutes ses gares l’altitude au sol, et la compagnie de l’est met en place une plaque aussi complète que celles du Rhône dans ses stations. La société envisage alors de vulgariser parmi les fermiers et métayers l’usage de nouveaux outils scientifiques : « le baromètre et les indications météorologiques »

La plupart des plaques ont disparu, certaines ont été refaites à l’identique, d’autres ont un autre modèle.

Cours

 

Sources : Bulletins de la société géographique de Lyon numérisés par Gallica, Origins of the Société de Géographie de Lyon by Hugh Clout, comité des travaux historiques et scientifiques, 4T50-AD69, 1N136-AD69, 1N138-AD69, 1N142-AD69, 1N445-AD69, 1N446-AD69, 5WP003-AM Lyon, Archives municipales Chatillon

© 2015 Généalanille

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Pilate, le garibaldien fusillé

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Juil 202015
 

La guerre contre la Prusse

La France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. Après la défaite de Sedan début septembre 1870, les prussiens ont largement envahi l’est de la France.

Le général Garibaldi s’installe à Autun (71) dès le 9 novembre 1870 et si des volontaires « dit garibaldiens » l’ont déjà rejoint, d’autres sont toujours sur la route. Certains sont en casernement à Lyon et à Caluire.

Garibaldi

Des garibaldiens Ă  Lyon

Cinq italiens garibaldiens décident d’aller boire un verre le mardi 15 novembre 1870 à Lyon dans un café.

Parmi eux, se trouvent :

  • Paoli Pilate, âgĂ© de 25 ans. Il est nĂ© Ă  Livourne en Toscane (Italie) oĂą il exerce la profession de porte faix.
  • Robert Parenti, âgĂ© de 25 ans et originaire de Boti, province de Pise (Italie). Il exerce la profession de pâtre domiciliĂ© Ă  Livourne.
  • Guido Bagnani, lĂ©gionnaire de la 1ère compagnie 4ème
  • Victor Penna nĂ© le 15 juin 1846 dans la province d’Alexandrie en Italie.

Le cinquième nom n’est pas précisé.

Italiens

Boire un coup et profiter

Vers 22H30, ils poussent la porte du café de Mme Pichot au 4 de la rue de la loge dans le 5ème arrondissement de Lyon (Quartier vieux Lyon). Les hommes arrivent selon les témoins ensemble ou par un groupe de quatre suivi d’un homme plus gradé.

Dans le café, Mme Pichot joue aux dominos avec Mr Blanc, courrier de St Symphorien le Château qui demeure chez Mr Bordeaux, hôtelier. Ulysse Dubois, cordonnier de 22 ans qui habite juste en face est lui aussi présent.

Comme les italiens ne parlent pas français, c’est la domestique qui se débrouille pour comprendre ce qu’ils souhaitent. Elle leur montre une bouteille sur une table et alors qu’ils font Oui avec un signe de la tête, elle va leur chercher une bouteille de vin.

Rapidement, les hommes vont « s’en prendre » à la domestique et à la nièce de Mme Pichot. Deux d’entre eux cherchent à les caresser. Mme Pichot s’en mêle mais elle est vite elle-même débordée par Paoli Pilate qui veut l’embrasser. Paoli Pilate fait des propositions très malhonnêtes à la femme du café qui lui dit que sa maison n’est pas une maison publique. Mr Blanc repousse l’italien en lui demandant d’être convenable et poli.

Robert Parenti prend alors la nièce par la taille et dit qu’il l’emmènerait malgré elle. Ayant voulu libérer la jeune fille de ses mains, Mme Pichot pousse l’italien qui riposte en lançant un coup de poing dans un carreau qu’il a brisé volontairement.

Les deux soldats sont désignés comme le petit pour Parenti et le grand maigre pour Pilate.

Rue de la loge

4 Rue de la loge en juillet 2015

 

Une addition réglée à coup de poings

Trois des soldats sortent et « le petit » ne tarde pas à les suivre. Il ne reste que « le grand » dans le café que Mme Pichot retient pour lui demander l’argent de la boisson. Du haut de ses 31 ans, cette tenancière n’est pas du genre à se laisser faire. Alors que l’italien est sur le seuil du café, elle l’attrape par la veste dont un morceau lui reste dans les mains. Paoli Pilate ne compte pas payer et frappe Mme Pichot de coups de poing. Un homme vient au secours de la cafetière mais elle ne sait pas qui. Comme Paoli Pilate est contrarié, il entre à nouveau dans l’établissement, pose sa veste et son képi qu’il jette sur le billard et saisit la tenancière par le cou. Celle-ci semble appeler au secours.

Par le cou

TĂ©moignage de Jeanne Noilley Ă©pouse Pichot

La soirée dérape

Le 15 novembre 1870 Mr Louis Henry, 54 ans, est chez Mr Labbaye au 2 rue de la loge avec François Maldant dit Bony, 67 ans, sabotier, Mr Philippe garde national qui demeure au-dessus du café et de Mr Buchet.

Alors que les hommes sortent de chez leur hôte vers 22H30 pour rentrer chacun chez eux, ils entendent des cris au secours du café situé au 4 de la même rue. Mr Philippe qui est en avant des autres et qui passe dans l’allée pour monter chez lui se précipite et prend à bras le corps Paoli Pilate. Il parvient à le mettre dehors.

Mr Philippe reçoit un premier coup de couteau à gauche vers l’aine. L’italien est dehors mais il se jette sur Mr Philippe qui lui barre le chemin du café en écartant les bras et lui assène un deuxième coup de couteau vers l’ombilic. Mr Philippe revient au café en suffoquant et en disant qu’il a reçu 2 coups de couteau (Mme Pichot n’a rien vu, la scène se passant dehors) et il demande une queue de billard pour se défendre.

Aucun des témoins interrogés n’a vu l’arme. Mr Philippe dira plus tard qu’elle était en partie cachée dans la manche de chemise de l’assassin.

Paoli Pilate veut s’enfuir mais il est empoigné par la chemise au niveau de la poitrine par Mr Maldant dit Bony, ancien garde national  qui lui dit « malheureux vous méritez que je vous fasse enlever par la garde nationale, ce n’est pas ainsi qu’un volontaire doit se conduire. » Aussitôt l’italien fait un mouvement du bras droit et Mr Maldant s’écrie « il m’a donné un coup de poing ». Finalement c’est un coup de couteau qu’il a reçu au niveau de la poitrine et il a le temps de soulever sa chemise pour laisser apparaître de gros flots de sang (selon un témoin) avant d’aller mourir à l’intérieur du café après être entré à reculons (selon un témoin). Mr Maldant s’effondre presque immédiatement à gauche de la pièce à proximité du billard.

 Décès Maldant

Le destin des victimes

Mr Maldant est mort, allongé sur le dos, laissant visible sa chemise ensanglantée au niveau de la poitrine. Son corps est emporté vers 1H30 à son domicile au 36 Rue St Paul et les clés de l’appartement sont confiées au poste de police de la rue Luizerne. Il est autopsié par le docteur Gromier.

Autopsie

Autopsie de Mr Maldant

Mr Philippe, doublement blessé, est soigné par un pharmacien, un herboriste puis deux médecins dont Mr Gromier qui fera un premier examen pour le dossier de police.

Mr Philippe fait une déposition sommaire à la police avant de demander d’être raccompagné chez lui (au-dessus du café) pour se reposer vers 1H30. Il est revu deux jours plus tard par le docteur Gromier qui lui prescrit des sangsues et des cataplasmes et décrète 20 jours d’incapacité de travail.

Gromier

Le 20 novembre 1870, Mr Philippe est annoncé mort dans « le salut public », mais les renseignements pris par la préfecture sont beaucoup plus rassurant : il recommence à vaquer à ses affaires.

mort Philippe

A la poursuite de l’assassin.

La domestique et la nièce de Mme Pichot partent chercher la garde nationale.

Jean Thion, le boucher d’en face était couché quand il a entendu crier « assassin ». Il a vu les italiens partir par la rue Lainerie. Mr Pernot fils, menuisier, était lui aussi couché au 7 montée des carmes déchaussés quand il a entendu crier. Il se lève et va à l’angle de la montée St Barthélémy où il croise Mr Henry qui lui raconte l’histoire. Les deux hommes choisissent d’aller chercher un piquet à la préfecture plutôt que de courir après les italiens.

Mr Boussard, sabotier voisin du café Pichot, a vu le drame et court derrière l’assassin avec Ulysse Dubois qui était dans le café. Ils retrouvent les italiens sur la place du change et les poursuivent jusqu’au couvent des maristes, montée st Barthélémy, où ils sont casernés. D’autres personnes les accompagnent, certaines préfèreront rentrer chez eux car ils ne sont pas armés, d’autres attendront l’arrivée de la garde.

boussard

TĂ©moignage de Mr Boussard

Arrestation et Ă©crou

Alors que la garde arrive à l’adresse dite, Mr Henry et Mr Pernot leur emboitent accompagnés de 60 gardes. Ils retrouvent Mr Dubois qui est resté sur place. Mr Pernot qui connaît les lieux, propose à l’officier commandant, le lieutenant Briguet de la 12ème Compagnie du 12ème bataillon demeurant 9 Rue Lebrun, de faire garder toutes les issues.

Il faut un certain temps pour arriver à se faire ouvrir les portes du couvent et entrer dans le réfectoire. L’officier commandant la caserne est réveillé et averti de l’assassinat qui vient d’avoir lieu. Il fait lever tous les hommes et se mettre en rang, mais Parenti qui est malade est resté couché. Il est finalement reconnu par Mr Henry. Le « grand » reste introuvable jusqu’à ce que Mr Pernot et Mr Henry quittent le réfectoire et croisent deux hommes dans l’escalier qui ne répondent pas à l’appel. L’un deux est en bras de chemise avec des tâches de sang. Reconnu formellement, il est arrêté par les gardes. L’officier de la caserne demande que le « petit » qui est ivre soit également embarqué mais la garde, dans le doute de sa participation, le laisse sur place. Il sera finalement emmené Rue Luizerne une heure plus tard.

Les italiens sont à l’hôtel de police Rue Luizerne. Le juge d’instruction Bonafos et Mr Bach le directeur de la sureté générale sont arrivés au café mais les gardes ont déjà emporté les pièces à conviction. Celles-ci seront même restituées au coupable pour éviter de prendre froid.

pièces

Les pièces Ă  conviction rendues Ă  l’assassin.

Dès le lendemain, les hommes sont confrontés aux victimes au café et au domicile de Mr Philippe. Ils sont transférés à la prison des recluses, prison militaire. Un peloton est demandé en renfort vers la caserne pour éviter les déprédations des garibaldiens.

Trajet

Les procès

Le juge Bonafos du tribunal de 1ère instance du tribunal de Lyon est très en colère contre la garde qui a tardé à l’avertir et qui s’est démise des pièces à convictions. Comme les deux prévenus sont des militaires, il se dessaisit de l’enquête et la transmet au soin de la cour martiale de Lyon.

Bonafos

Le juge Bonafos

Les cours martiales sont de nouvelles instances créées par décret du 2 octobre 1870 qui permettent un jugement « accéléré » et dont la sentence est exécutée le lendemain du verdict (sauf s’il s’agit d’un dimanche).

DĂ©cret

 

Pendant 2 jours, les différents témoins viendront raconter ce qu’ils ont vu. Les deux italiens sont interrogés avec l’aide d’un interprète, d’Eugène Viala, 30 ans, employé au Crédit Lyonnais demeurant 24 Rue de l’Annonciade à Lyon. Paoli Pilate ne reconnaît pas son crime et encore moins sa veste.

Robert Parenti a une autre version : il reconnaît avoir été au café vers 18H (et non 22H30) mais en être parti peu de temps après. Il a rejoint la caserne car il était malade et une demi-heure ou 3 quarts d’heures plus tard, Pilate est revenu à la caserne et l’a frappé avant de sortir de nouveau. Il n’avait pas les moyens de payer la bouteille, argument qu’ont également donné les autres italiens présents au café.

Le jugement final

Le procès a lieu le samedi 26 novembre 1870 à 13H place St François. Les 5 juges ne mettront pas plus de 5 minutes pour décider du destin des deux hommes : Robert Parenti est acquitté à l’unanimité, Paoli Pilate est condamné à l’unanimité à la peine de mort. Son interprète lui lit la sentence et il s’écrie « Ah ! mio Dio ! mio Dio ! io sono innocente ! »

Son exécution est prévue pour le lundi 28 à 13H au grand camp. Un contrordre avancera l’horaire à 8H.

Ordre

La peine de mort

Replacé dans son cachot de 6m2, l’assassin ne semble pas dormir les nuits suivantes. L’abbé Ferrand de la prison des recluses demande à voir l’italien après la messe, il le confesse même le dimanche après midi et lui donne la communion le lundi matin vers 4H30.

Le cortège l’emmène jusqu’au grand camp où il a droit à un verre de vin offert par un soldat. Il se tient dignement et refuse d’avoir les yeux bandés. Face au peloton des francs-tireurs des alpes, il met un genou à terre, jette sa casquette et étend les deux bras. Le coup est tiré, il s’écroule face en avant et sa mort est constatée.

Ses derniers instants sont relatés dans le journal.

exécution

Les derniers moments et l’exĂ©cution de l’assassin

Les détachements défilent devant le corps qui est inhumé au cimetière de la Guillotière.

Pilate

 

Sources: PR63/8-AD71, 2E1191-AM Lyon, 2E1276-AM Lyon R644-AD69, 2Mi 108R69-AD69, Le petit journal numérisé par la BM de Lyon

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La fête nationale et la statue inaugurée

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Juil 142015
 

Le 14 juillet 1885 est l’occasion pour Lyon de cĂ©lĂ©brer comme tous les ans la fĂŞte nationale.


Un programme chargé

Ce sont deux jours bien remplis que propose le programme des festivitĂ©s. La fĂŞte dĂ©bute dès le dimanche soir 20 heures pour terminer par le traditionnel feu d’artifice le lundi soir Ă  21H. Elle est Ă©maillĂ©e d’une retraite aux flambeaux, d’une revue de troupes, de spectacles théâtraux, de compĂ©titions sportives, mais aussi de concertos et de remises de prix.

Programme

Une ville qui s’illumine et se pare

La fĂŞte des lumières Ă  Lyon le 8 dĂ©cembre tient son origine de l’installation de la vierge dorĂ©e sur la chapelle de Fourvière en 1852. Le 14 juillet est Ă©galement l’occasion d’illuminer la ville.

En juillet 1885, de nombreux budgets sont votés à ce sujet:

  • 15 000 francs pour dĂ©corer et illuminer la place Bellecour,
  • 14 000 francs pour les squares, places, boulevards et avenues,
  • 7 800 francs pour les mats sur les ponts et places,
  • 6 000 francs pour les bassins, fontaines et statues,
  • 4 500 francs pour les Ă©coles et asiles,
  • 2 500 francs pour les drapeaux et leur rĂ©paration.

Le plus Ă©tonnant reste le budget de 800 francs pour illuminer l’entrĂ©e principale de chaque Ă©glise en les parant de deux motifs RF de verres de couleur.

RF
La population est également invitée à décorer les maisons, mais le rapport du commissaire de police de Bellecour avoue que seuls les fonctionnaires et les adeptes du gouvernement ont fait cet effort.

Un plan de circulation réduit

Le 13 juillet 1885, excepté la circulation piétonne sur le pont Lafayette, ce sont principalement les voitures, bus et tramways qui sont éloignés de la presqu’île.

Lafayette

Le 14 juillet 1885, outre les restrictions de la veille, c’est le déplacement des bateaux stationnés entre le pont du Change et le pont d’Ainay qui est imposé. Les bateaux de vapeur de passage sont stoppés pendant toute la durée des joutes et régates. Côté Rhône, les propriétaires des bateaux entre le pont Morand et le pont de l’hôtel Dieu devront être à bord et accompagnés pendant la durée du feu d’artifice.

Les piétons sont interdits sur les ponts de Saône pendant les régates et joutes et sur les ponts suspendus du Rhône à partir de 20H. Il est également défendu de se baigner dans la Saône.

Par ailleurs, un certain nombre d’interdiction de circulation et de stationnement est imposé pour la journée du 14 juillet.

Rappelons enfin, qu’il est défendu couper les colonnes de troupes en marche.

Circulation

Les salves d’artillerie

C’est par une salve de tir de 21 coups d’artillerie que les festivitĂ©s commencent le dimanche Ă  20H. Trois autres sont tirĂ©es le 14 juillet: la première Ă  6H, une deuxième Ă  midi et la dernière (dont le montant des munitions est Ă  la charge de la ville) Ă  20H.

La retraite aux flambeaux

La première manifestation proposĂ©e est une retraite en flambeaux en boucle de et vers les Terreaux, en passant par Bellecour. 3 000 francs sont affectĂ©s Ă  l’achat et aux remplacements des flambeaux des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Deux cents militaires participent Ă  cette marche. Ils en assurent l’encadrement et la musique moyennant une rĂ©munĂ©ration de 25 francs par militaire.

Parcours

Pendant ce temps lĂ , une autre retraite aux flambeaux est organisĂ©e par l’Ă©cho Lyonnais entre le 1er et le 4ème arrondissement.

retraite 1er

Des jeux dans le 1er arrondissement

Une salve d’artillerie est tirĂ©e Ă  6 heures du matin mais les fanfares sont Ă©galement prĂ©sentes pour rĂ©veiller la population dans diffĂ©rents quartiers. Le premier arrondissement a mĂŞme un programme spĂ©cifique pour Ă©gayer toute la journĂ©e.

Programme 1er

La revue des troupes

Deux revues sont au programme: celle du bataillon scolaire et des sections de gym Ă  9H mais surtout celle des armĂ©es en stationnement Ă  Lyon dès 8H. L’organisation est rigoureusement prĂ©vue tant pour le stationnement des troupes que pour leur chemin de retour Ă  leurs casernes.

Revue

Amusements sportifs et culturels

Alors que joutes et régates sont prévues sur la Saône (au son de la musique militaire), ce sont plusieurs concertos et représentations théatrales (célestins et Grand théâtre) qui sont proposés au public. Ruy Blas de Victor Hugo est joué au Grand Théatre.

Ruy Blas

Le feu d’artifice

Il est tirĂ© du Pont Lafayette oĂą la circulation est interdite pendant deux jours. Comme la pluie commence Ă  tomber, il est un peu enfumĂ© mais « éclatant et tonnant » Ă  tel point qu’il a lĂ©gèrement incendiĂ© le pont mais pas assez pour accĂ©lĂ©rer sa reconstruction, selon les dires des mauvaises langues.

La surveillance et les incidents

Un renfort de 330 soldats est demandĂ© par la ville de Lyon pour aider Ă  tout incident pendant la journĂ©e du 14 juillet. Des nĂ©gociations ont lieu pour ne pas dĂ©passer le nombre d’hommes mobilisĂ©s pour la mĂŞme manifestation dans la capitale.
Les rapports des commissaires des diffĂ©rents secteurs sont plutĂ´t positifs: aucun incident majeur n’est relevĂ©, tout juste de prĂ©voir d’interdire l’utilisation de chlorate de potasse en 1886 pour Ă©viter la crĂ©ation de pĂ©tards.

Les habitants des environs reprennent les trains spéciaux mis à leur disposition.

Trains

Une statue inaugurée aux Jacobins

Le 14 juillet 1885, la fontaine des Jacobins est inaugurĂ©e Ă  Lyon bien qu’elle ne soit pas terminĂ©e. Seule la mise en eaux est rĂ©alisĂ©e.

JacobinsLes grenouilles de la fontaine peuvent enfin coasser l’eau fraiche du grand bassin.

fontaine

Sources 1M168-AD69, PER188/95-AD69, Bulletin officiel de l’exposition universelle – BM Lyon et Gallica

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Les boites fumigatoires

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Juin 262015
 

La mise en place des secours aux noyés

Philippe Nicolas Pia (1721-1799), échevin de Paris et maitre en pharmacie, propose dès 1772 des boites des secours aux noyés. La capitale voit à cette époque un nombre important de noyés chaque année (934 décès sont constatés entre 1772 et 1788 à Paris).

A Lyon, la présence du Rhône et de la Saône favorise l’envie de nager et les dangers de noyade qui en découlent. Au 18ème siècle, une inspection des secours pour les noyés est créée ainsi qu’un établissement de secours. Des « boites entrepôts », contenant le nécessaire à réanimer les asphyxiés par l’eau, sont disséminées dans la ville sous l’inspection de Mr Faissole, maitre chirurgien gradué.

A sa démission en juin 1786, il propose au prévôt Tolozan, le nom de Jean Jacques Coindre pour le remplacer. Ce dernier est élu comme inspecteur des secours pour les noyés au grand désespoir d’un certain Jean Baptiste Desgranges qui lui reproche alors que les boites sont mal tenues et qu’une partie d’entre elles ont disparu.

Desgranges

Il faut dire que la révolution est passée par là et que 7 boites au moins ont été incendiées en juillet 1789. Jean Baptiste Coindre devient maire provisoire de Lyon après le 29 mai 1793 et est guillotiné le 18 brumaire an II.

Jean Baptiste Desgranges, devenu chirurgien major de la défense, s’enfuit en Suisse et publie plusieurs instructions pour les noyés. Il décède en 1831.

Les boites fumigatoires et leur contenu

Le 2 prairal an VIII (mai 1800), une circulaire du ministre de l’intĂ©rieur Ă©voque l’importance des boites dites fumigatoires pour le secours des noyĂ©s. Le ministre propose aux prĂ©fets de contacter directement le successeur de Pia, c’est-Ă -dire le citoyen Boudet, rue du Four Germain Ă  Paris, pour la constitution desdites boites.

lettre-1lettre-2

Il joint également la description d’un contenu type d’une boite fumigatoire.

contenu

Dans les jours qui suivent, le préfet du Rhône, ayant pour consigne de ne pas solliciter d’argent de l’état, contacte la société de médecine de Lyon pour d’une part savoir s’il est possible de constituer des boites locales pour éviter le cout de transport de Paris à Lyon et d’autre part d’évaluer les lieux les plus probants d’emplacements.

Le commissaire général de police de Lyon est à son tour interrogé sur l’emplacement des boites, et sur leur coût de création et d’entretien. Un premier projet évalue la dépense à 924 francs pour 6 boites et il est convenu que le dossier soit reporté au budget de l’an IX.

L’achat est proposé aux voix au conseil municipal du 7 nivose an IX.

Lyon an IX

 

L’évolution des emplacements à Lyon avant 1870

Une première liste des emplacements est publiée en l’an IX. Elle est composée de 7 boites.

Fumigatoire 1802 an XI

 

Le nombre des boites va Ă©voluer de 7 (an IX) Ă  9 boites (1810) puis Ă  12 vers 1825, Ă  15 en 1855 pour se stabiliser Ă  21 (1861).

Bois 1802-1821

Les 9 boites sont concentrĂ©es sur les zones de vie des lyonnais (la zone de Confluence n’est pas assĂ©chĂ©e) et conservĂ©es dans les pharmacies et bureaux d’octroi.

Boites 1831-1842-1851Les 12 boites s’Ă©tendent de St Clair Ă  La Mulatière. Elles se trouvent Ă©galement chez des cabaretiers ou des opticiens.

1866

Boites fumigatoires en 1866

Le 3ème arrondissement est crĂ©Ă© en 1852, mais il faut attendre 3 ans pour voir se gĂ©nĂ©raliser les boites sur la rive gauche du RhĂ´ne. Dès 1861, une boite est installĂ©e au « bas mouche près de la treille », c’est Ă  dire vers Gerland. En 1858, une boite est installĂ©e Ă  la « belle allemande » dans le 4ème arrondissement en rive gauche de la SaĂ´ne.

Le naufrage du bateau mouche

Le dimanche 10 juillet 1864, vers 14H45, le bateau mouche N°4 venant de Perrache et allant à Vaise échoue sur un banc de sable à proximité du pont de Nemours (aujourd’hui détruit), projetant à l’eau une cinquantaine de personnes. Certains nageront jusqu’à la rive, d’autres seront sauvés par d’héroïques passants et une liste officielle de 27 morts sera publiée.

 

Naufrage-2Les boites fumigatoires les plus proches du drame sont au nombre de quatre :

  • Place du change Ă  la pharmacie Savoye (5ème arrondissement),
  • Rue Luizerne (actuelle rue Major Martin) Ă  l’hĂ´tel de police (1er arrondissement),
  • Rue St Etienne aux bains St Jean chez Mr Martin (5ème arrondissement),
  • Place des CĂ©lestins Ă  la pharmacie AndrĂ© (2ème arrondissement).

Drame

Néanmoins, ce sont 9 boites sur les 21 existantes qui seront transportées sur place le jour du drame. Plusieurs ne seront d’ailleurs pas utilisés faute de connaissance et d’impatience.

Liste des boites fin 1863

Liste des boites fin 1863

 

La révision des boites

En 1868, le pharmacien Ferrand de la place de la Charité est amené à inspecter les boites de la ville de Lyon. Outre le constat que sur la vingtaine de boites, les douze premières sont très anciennes et hors de service, le pharmacien déplore la lourdeur et l’encombrement de ces objets, les rendant peu portatifs (deux hommes sont nécessaires pour porter ces coffres massifs). A l’intérieur, les objets sont disposés pêle-mêle seringues, flacons, soufflet à narine, soufflet pour rectum, appareil fumigatoire… et certains ne sont plus utiles.

Cependant, l’évolution n’est pas que dans les boites. Au fil du temps, le simple écriteau (« dépot de secours pour les noyés ») indiquant leur emplacement a été complété par des plaques plus permanentes et plus nombreuses puisqu’on en trouve à chaque rampe menant aux bas-ports.

ConsignesLes nouvelles boites

Le pharmacien Ferrand propose à la municipalité de nouvelles boites fumigatoires. Elles sont portatives grâce à une courroie ou baudrier relié à la caisse et un seul homme peut aisément transporter ces 17 kgs. Les brancards et paillasses anciennement déposés à proximité des boites sont remplacés par des brancards avec matelas brisés, des capotes et couvertures imperméables selon ce qui est en vigueur dans les plus récents hôpitaux militaires.

A l’intérieur de la boite, dans le couvercle, est apposée la liste des cinquante éléments présents ainsi que des consignes sommaires d’utilisation. Une fois retiré le casier amovible sur lequel sont déposés « les instruments étalés, le sauveteur a une vision globale du contenu de la boite. Exit les soufflets trop volumineux et les appareils fumigatoires. Ces objets n’étaient presque jamais utilisés ou de manière dangereuse. Les flacons sont numérotés pour être repérés plus facilement.

Les consignes sommaires sont soignées et organisées. Sous les trois colonnes servant d’objectifs (réchauffer, faire respirer et ranimer) sont listés les objets à utiliser et leur utilisation sommaire. Une quatrième colonne traite des cas plus particuliers (autre type d’asphyxie et blessures).

Une trentaine de boites est disséminée dans toute la ville mais la liste qui parait annuellement continue de n’en évoquer que 21.

Boites fumigatoires en 1874

Boites fumigatoires en 1874

 

Sources :

5M95-AD69, PER2222-AD69, 2E698-AM Lyon, 2E536-AM Lyon, 1CM0007-AM Lyon, Bibliothèque municipale de Lyon : Chomarat Est. 17063, Bulletin du Lyon Médical 1924, Des secours au noyés par E. Ferrand, Catalogue des lyonnais dignes de mémoire, la science pittoresque numérisés par Gallica, site histoire de l’anesthésie et de la réanimation, le journal de l’Ain numérisé par memoireetactualite.org

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Le naufrage du bateau mouche

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Juin 112015
 

Le Naufrage

Le dimanche 10 juillet 1864, vers 14H45, le bateau mouche N°4, venant de Perrache et allant à Vaise, aborde au ponton du quai St Antoine. Déjà bien chargé, il prend à bord un certain nombre de personnes et toutes les catégories de la population sont représentées : ouvriers, bourgeois, enfants…

Pour repartir vers le Nord, le bateau doit faire une large courbe vers le pont de Nemours mais le capitaine a, ce jour-là, la main un peu lourde sur la barre et sa manœuvre trop brusque provoque un mouvement de balancement du bateau qui vient s’échouer sur un banc de sable, et s’incliner sur le flanc. La barrière de droite peu solide cède et une cinquantaine de passagers sont projetés à l’eau alors que le bateau continue d’avancer.

En effet, le navire délesté de son poids a basculé dans l’autre sens et a pu continuer sa course grâce, selon les témoins :

  • au mĂ©canicien qui a pris la libertĂ© de continuer cette marche en avant (le capitaine Ă©tant tombĂ© Ă  l’eau), de peur d’une explosion Ă  bord,
  • ou Ă  un homme qui a saisi le timonier Ă  la gorge, l’a jetĂ© hors de son poste et a pris la barre pour diriger le bateau vers la terre ferme ainsi que l’exigeaient les passagers restĂ©s Ă  bord.

Naufrage

Dans la Saône, les destins sont divers. Les hommes les plus vigoureux et les meilleurs nageurs s’en sortent et arrivent parfois à ramener à quai d’autres malheureuses ou malheureux. Les femmes en grande tenue flottent grâce à leurs dessous en crinoline qui font fonction de bouée. Le capitaine, qui a sauté à l’eau pour aider les passagers, est vite retrouvé mort avec deux femmes agrippées à son cou et à son ventre.

Les secours tardent en cette journée caniculaire. Sur les 40 corps retirés de l’eau et déposés sur le ponton du bateau l’abeille, 4 ou 5 parmi les premiers sont tentés d’être ranimés par les médecins et pharmaciens présents, les autres reçoivent sur le champ l’extrême onction par un prêtre averti de la catastrophe.

Les autorités arrivent et deux bataillons de troupe sont dépêchés pour éloigner les curieux.

A 18H, les cadavres reconnus par leur famille sont déposés dans un cercueil et emportés chez eux par les services des pompes funèbres, les autres sont transportés à l’hôtel Dieu et entreposés autour de la statue du docteur Bonnet en attendant d’être réclamés.

Pendant la soirée et la nuit des canots éclairés par des torches ou des flambeaux sillonnent le bassin entre le pont Nemours et le pont du palais à la recherche des cadavres et sous les yeux d’une foule nombreuse qui restent sur le quai en face du lieu du sinistre.

Drame

Emplacement du pont de Nemours et des boites de secours aux noyés

Les recherches se poursuivent le lendemain avec une espèce de râteau muni à ses extrémités de dents recourbées qui permettent de harponner les cadavres. Le service de tous les bateaux omnibus est bien évidemment interrompu. Les corps restant ont été rassemblés sur le bateau morgue à proximité de l’hôtel Dieu en attendant d’être reconnus.

Les Morts et leur famille

Il est annoncé que 32 cadavres ont été retirés de l’eau. Ce chiffre est finalement réduit à 27 suite à la double comptabilisation des 5 premiers cadavres transportés à l’hôtel Dieu. La liste des noyés parait rapidement dans les journaux même si quelques erreurs sont à noter : 4 victimes seulement dans la dépêche télégraphique envoyée aux journaux parisiens, 19 noms parus dans le journal de l’Ain.

Les défunts sont originaires du Rhône, mais aussi de l’Isère, la Drôme, la Saône et Loire, l’Allier et la Mayenne.

 Liste-des-victimes

Quelques histoires sont relatées.

Mme Morel et sa nièce Marguerite Saigne étaient invitées à passer le dimanche à la campagne. La jeune fille attendait une robe neuve que la couturière a apportée dans l’état et a fait les retouches sur place. Les deux femmes sont parties laissant la couturière ranger ses affaires. Elles sont les deux premiers cadavres retirés de l’eau.

Mr Laurent est passé voir sa femme qui a accouché à 10H du matin et est parti avec le parrain chercher son beau-frère. Voulant gagner du temps, les deux hommes ont pris le bateau Mouche N°4. Le parrain s’est accroché à la cheminée et ne voyant pas son ami l’a cherché à l’hôtel Dieu. Il a ensuite prévenu les sœurs de l’hospice de ne rien dire à la jeune veuve et de lui faire croire à une entorse de son défunt mari en attendant qu’elle se remette de ses couches. Le baptême prévu le dimanche, soir du drame, a eu lieu mercredi après-midi.

Une mère et sa jeune fille ont pris le bateau, laissant le père sur le rivage qui a vu sombrer sa famille. La mère tenait sa fille de 8 ans « tellement fort » qu’on a retrouvé les traces de doigts autour du cou de la fillette.

Virginie Roux est une fille galante. Son oncle a refusé de la reconnaître et c’est donc son amant qui s’est chargé de le faire. Jeanne Champale est une fille publique que son père a reconnue mais il ne s’en est pas occupé depuis.

Un nom en trop

Dans la liste des 32 victimes apparaît une « Fanny Guéveliet ou Gaivallet » couturière célibraire demeurant Rue Centrale. Cette personne n’existe nulle part dans les recensements et n’est pas connue des services de police. Il reste donc un cadavre de femme à identifier.

L’enterrement

Plusieurs corps ont été rapatriés dans les lieux d’origine des familles. C’est le cas du capitaine du navire Mr Pernet dont la famille est à Chalon sur Sâone (71) ou de Mr Thomas dont le père est à Anneyron (26) et est venu chercher la dépouille pour la remporter.

Mr Muet, veuf depuis 2 mois avec 3 enfants en bas-âge a été obligé d’emprunter 44 francs pour l’inhumation de sa fille. Mr et Mme Verne ont dépensé 35 francs pour celle de leur fils. Sept familles recevront des secours de 50 à 200 francs de la part de la ville de Lyon dans les 15 jours qui suivent l’accident.

L’enterrement de la plupart a lieu le mardi 15 juillet.

Trois corps restent à la morgue non réclamés: un enfant de l’assistance, une fille publique et une inconnue d’environ 30 ans. Ils sont enterrés le 15 juillet 1864 à 8H du matin à la Guillotière accompagnés du clergé de l’église St Bonnaventure et mis chacun dans un cercueil, ensevelis dans un linceul. Une croix orne leur tombe avec leur nom et leur âge. Pour l’inconnue, il est indiqué « victime de l’accident du 10 juillet. »

Le même jour, un service solennel est célébré à 10 heures par le chapitre pour le repos de l’âme des victimes de la catastrophe. La cathédrale St Jean est drapée de noir et l’absoute est donnée par le cardinal De Bonald.

L’inconnue est identifiĂ©e dès le lendemain de l’enterrement. Il s’agit de Jeanne Lacroute, originaire de Mesvres (71), sĂ©parĂ©e de son mari. Elle a Ă©tĂ© reconnue grâce Ă  ses vĂŞtements par les personnes chez qui elle travaillait.

Lacroute Lyon 2

Les rescapés

Les survivants de la catastrophe sont au moins 2 fois plus nombreux que les victimes. Restés ou descendus dans les salons, accrochés à la cheminée fumante, sauvés de la noyade par les mariniers ou ranimés, leur histoire est racontée par eux-mêmes ou des témoins.

Naufrage-2

Un passager se sentant mal à l’aise sur le pont a quitté ses camarades sur le pont pour se réfugier dans les cabines, il a cru son ami mort mais l’a découvert derrière le tambour de la cheminée avec le seul autre rescapé du pont.

Un jeune homme assis à bâbord a été écrasé par la foule lors de la première secousse mais a été projeté par-dessus la foule avant d’être secouru par une barque. Il est revenu à lui après 15mn de frictions.

Un boulanger de la Rue Vaubecour accompagné de son enfant de 8 ou 10 ans a pris le bateau à Perrache. Sentant la secousse, il essaye de sauter au-delà du groupe des naufragés sur la rive droite et arrive à nager jusqu’au bord. Ayant perdu ses chaussures, arrachées par un naufragé qui lui a attrapé la jambe, il se retourne pour essayer de voir son fils. En vain ! Le croyant mort, il court à son domicile, fou de de douleur, annoncer la mauvaise nouvelle à sa femme. Pendant ce temps, le fils est débarqué sur le quai rive gauche et cherche son père qui est tombé à l’eau. On finit par le ramener chez lui où tout le monde le croyait mort. La famille est réunie saine et sauve.

Tous les rescapés sont priés de donner leur témoignage.

rescapés

Les rescapés sont aussi ceux qu’on croit morts.

Le nommé T, ouvrier teinturier séparé de sa femme depuis 15 mois a cru la reconnaître. Il a fait sa déclaration et a écrit à la famille de sa femme à Carprentras, deux jours plus tard, il recevait une lettre annonçant que sa femme était toujours chez ses parents et donc bien en vie.

Mr Saccardi, fabricant de balais, 1 Rue Touret, annoncé comme mort avec sa femme et son fils par le Courrier de Lyon, fait un démenti pour confirmer qu’il n’est pas mort et qu’il a pris un autre bateau, l’Abeille, seul et une heure avant le drame.

Saccardi

Les sauveurs

En raison de la forte chaleur et de l’heure, les quais étaient déserts. Les secours tardent à venir à l’exception des barques de la compagnie mobile de sauvetage où les mariniers essayent de faire monter à bord les rescapés.

Parmi eux les mariniers

Le chauffeur de la mouche N°3, se tenant à un canot, a sauvé 5 personnes (2 à son premier voyage et 3 au second) avant de s’évanouir en abordant sur le quai.

Armand Bévallet, 23 rue de la Claire à Vaise, se trouvant à l’école de natation avec deux de ses frères sort de l’établissement en enfonçant la porte qui donne sur la Saône et saute à l’eau avec le garçon de l’établissement. Il sauve 2 femmes et un jeune homme commis dans une maison de commerce. Il voulait sauver un jeune homme mais ce dernier lui a proposé de ramener le commis qu’il croyait mort. Il l’a ramené à bord où il a tenté de le ranimer à l’aide du mécanicien de la mouche.

BĂ©vallet

Alphonse Imbert, capitaine de l’Aram de passage à Lyon et passager de la mouche N°7 a sauté à l’eau et a sauvé 3 ou 4 personnes. L’Aram venait de Paris et allait à Constantinople pour le service du Sultan. Mr Imbert est coutumier des sauvetages et il produit ses autres actes de bravoure.

Alexis Bonnet, commandant de la Mouche N°6 arrivé au Ponton St Antoine juste derrière a largué les amarres pour se rendre sur le lieu du sinistre et a sauvé 5 à 6 personnes à l’aide d’une corde. Son chauffeur et son mécanicien sautés à l’eau ont sauvé chacun deux personnes.

Les professionnels de la santé

Les médecins suivant sont cités : Mrs Chassagny, Fressier, Hugener, Ruby, Guyenot, Rieux, Giraud, Sérullaz, Desprez, Muguet de Thizy et plusieurs internes de l’hôtel dieu,

Les pharmaciens évoqués dans les journaux sont : Mrs Terrasson, Boissonnet, Malignon de la Rue Mercière et son élève Gustave Reboulet, Billot de la place St Vincent aidé par ses employés Mr Barbier et Mr Payax.

L’acte de bravoure d’un chien

Un chien de Terre Neuve appartenant au propriétaire d’une plate du quai de la Baleine s’est jeté à l’eau pour aller sauver les noyés, il a d’ailleurs sauvé l’enfant d’un concierge du quai de l’archevêché 3 semaines plus tôt. Ce chien est représenté sur la première gravure.

Chien

Ces illustres inconnus

Mr Jules Duron, gérant du magasin d’habillement à Notre Dame de Fourvière quai St Antoine, entendant crier s’est précipité sur le quai en se déshabillant mais en laissant ses chaussures sur le quai. Il a sauté, s’est fait mal au genou car la rivière n’est pas profonde à cet endroit et a réussi à sauver deux personnes. A son retour, ses chaussures avaient été volées.

Gabriel Pouzet, installĂ© sur un bateau mouche, a rĂ©cupĂ©rĂ© un harpin et agrippĂ© un inconnu qui allait se noyer, puis une femme dont la tĂŞte Ă©tait sous l’eau. Il a ensuite enfoncĂ© le harpin Ă  2 m et a agrippĂ© le vĂŞtement d’une femme qui Ă©tait lourde et qu’il a rĂ©ussi Ă  faire passer par les fenĂŞtres. Il lui a coupĂ© son corsage et a transmis les objets en or qui le gĂŞnait. EmmenĂ©e chez le pharmacien, elle la remerciĂ©. Sa fille a accourue aussitĂ´t et son mari est venu le lendemain au travail du sauveur pour le remercier et lui donner 500 francs.

Louis Ramay, 25 ans, artiste musicien du grand théâtre demeurant Rue de Grenette a vu le sinistre et s’est précipité dans la Saône tout habillé et a sauvé 2 hommes qu’il a laissés entre les mains d’un bijoutier du quai de la charité et d’un autre individu. Ceux-ci ont transporté ces hommes à la pharmacie pendant que Mr Ramay partait secourir une 3ème personne.

Les récompenses

Une grande enquête est menée par le commissaire de police De Bussigny. Chaque témoignage est rigoureusement enregistré et début août une liste de sauveurs à récompenser est mise en place.

Il faut cependant démêler les réels actes de bravoure et les éléments de fanfaronnade. Par ailleurs, il faut récompenser autant la récupération de noyés que le sauvetage de rescapés vivants.

Les récompenses sont de plusieurs ordres :

  • les mĂ©dailles de belles actions qui ne seront finalement remises qu’à 4 personnes ;
  • les gratifications sur les fonds de belles actions (avec une base de 10 francs par cadavre) ;
  • les gratifications sur un fonds de crĂ©dit spĂ©cial ;
  • les gratifications sur un fonds spĂ©cial de police ;
  • les fĂ©licitations pour ceux qui ont reçu de l’argent par les rescapĂ©s, ou s’ils n’ont fait que leur travail ;
  • les recommandations Ă  leurs supĂ©rieurs pour les militaires.

Certains ne recevront rien et deux personnes refuseront les sommes allouées.

Liste-des-Sauveurs-récompensés

Les autres : témoins, officiels, voleurs ou donateurs

Outre une foule qui se masse sur les quais pour aider, tenter d’aider ou simplement voir la scène, plusieurs autres catégories sont présentes.

  • les officiels arrivent sur place : le baron de Metz, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la police, Mr Onofrio premier avocat gĂ©nĂ©ral, Mmr RoyĂ©-Belliard et Moitessier substitus du procureur impĂ©rial, le gĂ©nĂ©ral Douay, des officiers supĂ©rieurs, des capitaines de sergent de ville, Mmr Pochard et Claverie commissaires de polices et d’autres ;
  • des ecclĂ©siastiques prĂ©venus s’empressent pour donner une absolution gĂ©nĂ©rales aux victimes, un prĂŞtre administre le sacrement d’extrĂŞme onction a plusieurs ;
  • deux bataillons de troupes qui ont formĂ© un cordon pour contenir la foule ;
  • un pickpocket anglais Antoine Jonhson qui est arrĂŞtĂ© et condamnĂ© Ă  3 mois de prison.

Jonhson

 Au café de la Perle place de la Croix rousse, les habitués se sont regroupé et ont fait une quête qui a produit 25 francs. Le commissaire qui a reçu la somme, se demande s’il doit l’accepter ou la rendre aux souscripteurs.

Les commissaires Lambin et Minier, libérés par le baron de Metz, ont parcouru la foule et font un compte-rendu des blâmes et critiques du public entendus sur leur parcours.

Le bateau – les bateaux

Le bateau mouche N°4 a une longueur total 20m et un tirant d’eau maxi de 1,38m. Il a une puissance de 7 tonneaux et d’après le permis de navigation le nombre maxi de voyageurs Ă©tait de 90 personnes. Il a Ă©tĂ© Ă  plusieurs fois Ă©voquĂ© que ce chiffre avait Ă©tĂ© largement dĂ©passĂ© lors de la catastrophe (117 personnes plus l’Ă©quipage).

La navigation est interdite à tout omnibus à compter de l’accident. Les bateaux à aubes comme l’Abeille sont autorisés à reprendre la navigation dès le vendredi 15 juillet mais en se limitant au parcours pont de la Feuillée à Vaise ; les bateaux à hélice sont examinés avant d’être autorisés à circuler à nouveau.

Les services omnibus sont à nouveau autorisés à partir du 21 juillet pour l’ile barbe et du 23 pour la Mulatière.

Le bateau mouche N°4 subit une dernière épreuve technique le 16 septembre 1864 et est autorisé à être remis en œuvre le 24 septembre 1864 par arrêté préfectoral du Rhône.

remise-en-service

En septembre 1867, une nouvelle génération de bateaux mouches sera mise en circulation sur la Saône.

Les procès

Chaque personne ayant échappé à la catastrophe est prié de venir faire sa déposition au juge d’instruction Guilland qui les reçoit tous les jours de midi à 16H.

La responsabilité des propriétaires

Un premier procès a lieu le 25 aout 1864 contre

  1. Jean Baptiste Boyet patron du bateau la mouche N°4 né à Givors, 52 ans, demeurant à Givors. Déjà condamné en 1851 par le tribunal correctionnel d’Uzès (30) à 15 jours de prison pour homicide par imprudence (en passant sous le pont st Esprit, la cheminée du bateau n’était pas assez baissée, elle s’est renversée et sa chute a causé l’accident).
  2. Louis Elisée Chaize 45 ans, né à Lyon, propriétaire associé des bateaux La Mouche, demeurant 7 Rue de Jarente. Il est le seul qui avait obtenu l’autorisation pour le service des Mouches et était chargé de l’exploitation.
  3. Pierre Jouvencel Plasson, 52 ans, né à Tupins Semons (69), propriétaire associé des bateaux La Mouche, demeurant 5 Rue de Jarente. Il n’est qu’un simple bailleur de fonds.

Maitre Caillau est chargé de la défense de Mr Boyer, Maitre Bonnet de celle des 2 autres.

Ils paraissent non détenus, malgré l’information que Mr Boyet a été arrêté dans les jours qui ont suivi le sinistre. Ils sont prévenus d’homicide involontaire et 37 témoins à charge et à décharge ont été cités.

Les causes citées sont:

  • le choc ou frottement du bateau contre le banc de sable,
  • l’absence de balises pour signaler l’écueil,
  • la surcharge du bateau soit sur le pont soit dans les cabines.

Le jugement du 30 aout condamne Mr Boyer à 1 mois de prison, Mr Chaize à 3 mois de prison et Mr Plasson à 500 francs d’amende. Les deux derniers font appel et Mr Boyer purge sa peine en octobre 1864 à la prison St Joseph.

 Boyet

L’appel est fixé le 15 novembre. La peine de Mr Chaize est réduite d’un 1 mois, Mr Plasson conserve son amende de 500 francs et est condamné en supplément à 1 mois et demi d’emprisonnement.

Appel

Les procès en civil

L’administration n’ayant pas les moyens de venir au secours de chaque famille, après avoir donné une gratification aux moins aisés, propose aux familles d’exercer une action judiciaire contre la compagnie des bateaux mouches.

Le 3 décembre 1864 s’ouvre un nouveau procès contre les Mrs Boyet, Chaise et Plasson. Les rescapés, comme les familles des noyés, demandent des dommages et intérêts pour la catastrophe. Les sommes réclamées s’élèvent entre 500 et 100 000 francs.

Melle Blaten, rescapĂ©e, demande une compensation pour perte de vĂŞtements et lĂ©ger trouble de santĂ©. Le père de Melle Champalle qui ne s’Ă©tait pas occupĂ© de sa fille après l’avoir reconnu, demande lui aussi de l’argent et l’obtient.

Champalle

Le 17 décembre 1864 et le 15 février 1865, le tribunal fixe les indemnités allouées sous forme de somme ou de pension viagère.

Liste-des-Dommages-Intérêts

Les trois coupables sont condamnés solidairement à payer ces sommes avec un intérêt de 5% par jour à compter de la demande. Ils sont par ailleurs condamnés à 2 ans de contrainte par corps.

La catastrophe était alors une des plus meurtrières depuis 1736.

 

Sources:

PR13/11-AD71, Journal de l’Ain, l’impartial Dauphinois, 1M320-AD69, UCOR226-AD69, UCIV496-AD69, UCIV498-AD69, 2Y387-AD69, S1893-AD69, 2MI108R50-AD69, PER943/27-AD69, PER943/28-AD69, 4K280-AD69, PR56-19-AD71, 5E76/115-AD71, 5E218/6-AD71, 4E164/11-AD53, 2Mi EC 175/3-AD03, 2E316-AM Lyon, 2E322-AM Lyon, 2E327-AM Lyon, 2E346-AM Lyon, 2E871-AM Lyon, 2E1366-AM Lyon, 9NUM/5E540/4-AD38, 9NUM/AC130/25-AD38, 9NUM/5E509/7-AD38, 4E3704-AD69, 4E4334-AD69, 2E698-AM Lyon, 2E536-AM Lyon, 5E297/5-AD71, 5 Mi 58/R22 -AD26, 2E1554-AM Lyon, 2E409-AM Lyon, 9NUM5E219/3-AD38

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