Viard François, mort pour la France

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Sep 022016
 

François Viard est né le 20 juin 1894 à la Commanderie à Rigny sur Arroux de Joseph et Anne Moreau. La famille retourne s’installer à la Bise à Grury (commune où sont nés les ainés) au début du 20ème siècle.

Trois frères: mobilisé, réformé et ajourné

Quand survient la mobilisation générale, les garçons ont des destins différents. Antoine rejoint le 29ème RI, Louis Hippolyte est maintenu réformé.

François n’a que 20 ans. Sa classe sera cependant appelée dès le 1er septembre 1914, mais il est inscrit sur la 5ème partie de la liste de 1914 : « ajourné ». L’année suivante, il est bon pour le service et rejoint le 149ème régiment d’infanterie le 9 septembre 1915.

Viard-F-Ajourné

Après quelques mois d’instructions, il rejoint probablement ses camarades au front vers le début de l’année 1916. Les hommes viennent de passer 13 mois consécutifs dans l’Artois.

Verdun puis la Champagne

Mais la bataille de Verdun vient d’éclater en ce mois de février 1916, les hommes sont transportés sur cette nouvelle zone et se battent pour reprendre et conserver Vaux devant Damloup.

Les hommes passent 4 semaines dans les tranchées avant d’être mis au repos à Landrecourt. Et puis c’est le retour au front, cette fois ci en Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil où ils se battent pendant 3 mois.

En renfort au 312ème RI

Le 149ème RI va être réembarqué pour la Somme. François Viard, lui, est affecté en renfort avec le 312ème Régiment d’infanterie le 26 juillet 1916. Il rejoint ses troupes vers Sivry la Perche (55) accompagné de 43 autres soldats, de 6 sergents et d’un sous lieutenant.

Viard-F-Renfort

Reproduction de tranchĂ©es pour s’entrainer

Le 1er aout, un concours de lancement de grenades est organisé. Les hommes s’entrainent aussi à tirer au fusil mitrailleur. Ce sont de véritables exercices avant de retourner au front.

Le 5 août, le 312ème RI est dans les tranchées et les hommes font les travaux qui leur sont affectés sous de gros bombardements. Une note secrète indique qu’une attaque est prévue sur Boivin. Il faut transporter le matériel et vérifier les informations des patrouilles.

Les 12 et 13 aout, le régiment doit construire des abris pour les chevaux, pour les cuisines. Il s’entraine encore au tir de grenades mais aussi à la construction d’un réseau de fil de fer grâce à une reproduction des tranchées allemandes.

Viard-F-Exercices

Le lendemain, c’est un exercice d’attaque de tranchée qui est au programme.

Viard-F-Tranchée

Le régiment repart au front dans la nuit du 16 au 17 août 1916. Toujours dans le secteur du Mort Homme. Le classement du concours de grenadier vient d’être annoncé, mais les hommes sont occupés aux travaux d’aménagement des abris pour les soldats et pour le central téléphonique.

Nouvelle organisée par tranches

Les 28 et 29 aout 1916, de nouveaux ordres arrivent et le secteur est réorganisé en tranches. Le 312ème RI occupe celle de la Hayette.

Viard-F-Mort-Homme

Les bataillons doivent se relever tous les 6 jours dans les tranchées.

Viard-F-Secteur

Pour ce premier roulement, les premières lignes sont investies par le 4ème bataillon avec la 14ème compagnie sur la droite (Sonnois-Central) et la 15ème compagnie sur la gauche (Fontenoy).

Une attaque de 10 minutes

Le 2 septembre 1916, François Viard affecté à la 15ème compagnie est dans les premières lignes. 500 obus de 105 et de 150 sont envoyés par les allemands entre 7H30 et 10H30. Les hommes tentent de réoccuper le barrage mais le feu incessant d’une mitrailleuse installée dans la tranchée de Biaches les empêche d’avancer.

Vers 21H40, un feu violent d’artillerie est déclenché brusquement sur Fontenoy pendant qu’un groupe de grenadiers allemands remontent le vallon pour attaquer entre le barrage et Fontenoy.

Le combat n’a pas duré 10 minutes, mais parmi les hommes qui se sont battus à la grenade ou au révolver se trouve François Viard.

Viard-F-Liste

Tué au combat à Mort_Homme, François Viard avait 22 ans.

Une tombe pour deux frères

Son corps est rapatrié à Grury le 8 juillet 1922. Sur sa tombe, les parents ont fait graver un hommage à son frère Antoine, disparu au combat 2 mois plus tôt.

Viard-F

 

Sources : 5E370-AD71, 6M Grury-AD71, 1R RM Autun 1914, 26 N 747/11 sga mémoire des hommes, historique du 312ème RI

 

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Desbrosses Claude, mort pour la France

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Août 012016
 

Claude Desbrosses est né le 29 décembre 1885 à Chizeuil commune de Cressy sur Somme de Léonard et de Charlotte Sotty. La famille déménage à Grury aux Marcellys où nait Pierre, deuxième enfant du couple.

En 1906, Claude part faire son armée avec le 153ème Régiment d’infanterie. L’homme brun d’un mètre 67 et aux yeux jaunes (sic) revient à Grury avec le grade de caporal.

Mobilisé pour la guerre 14-18, son histoire est croisée avec celle de son frère Pierre, déjà sous les drapeaux.

Pierre sera le 1er mort pour la France de Grury.

 

Leur histoire est Ă  lire ici.

 

 

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J’ai eu peur du bombardement

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Juil 152016
 

« J’ai eu peur du bombardement » c’est ainsi qu’Augustin Lacroix a justifiĂ© sa dĂ©sertion en juin 1916. RamenĂ© Ă  son rĂ©giment, il est passĂ© par les armes.

L’ainĂ© de 7 enfants

Augustin Lacroix est né le 20 septembre 1882 au hameau de Pinet sur la commune de Viala du Tarn.  Il est le fils ainé des 7 enfants de Justin et de Marianne Souyris.

Classe 1902, il passe un an au 142ème RI avant d’être renvoyé dans ses foyers.

Il déménage à Montpaon et se marie en mai 1911 à avec Eulalie Rosalie Boudes. Cantonnier au chemin de fer du midi, sa fiche matricule l’indique gardien de l’asile St Pierre à Marseille en 1913.

FM-Lacroix

 Un soldat volontaire

Alors qu’il est susceptible de rejoindre une armée de réserviste, il s’engage volontairement le 26 aout 1914 au 142ème RI. Il est blessé au front par éclat d’obus à Beauséjour le 18 mars 1915.

En aout 1915, il demande à partir aux Dardanelles mais il est refusé à cause de son phlegmon.

Graphic_map_of_the_Dardanelles

 Condamnation et changement de régiment

Le 23 février 1916, il est condamné par le conseil de guerre à 5 ans de travaux publics et 1 mois de prison pour outrages envers des supérieurs et ivresse publique et manifeste.

Condamnation

Il est affecté 4 jours plus tard au 53ème régiment d’infanterie. La bataille de Verdun vient de commencer et c’est là que le destin d’Augustin Lacroix va basculer.

 

La bataille de Verdun

Le 19 mai 1916, le 3ème bataillon est sur la ligne qui part du saillant d’Hardaumont, contourne le fort de Vaux et descend dans le ravin de la Horgne.

« Pas de tranchées, pas d’abris, le pilonnage incessant de l’artillerie a tout détruit, le terrain chaotique ressemble plutôt à un paysage lunaire. Les hommes s’installent dans les trous d’obus ; les pertes sont sévères. »

 

Le tunnel de Tavannes

Le 53ème RI parvient à repousser l’ennemi, le 2ème bataillon est mis en réserve au tunnel de Tavannes.

Ce lieu est un abri pour les hommes, mais ceux-ci sont cependant forcés de coucher à même sur le sol ou sur les traverses de chemin de fer. Humidité, boue et obscurité n’offrent probablement pas le meilleur repos pour les hommes.

Tavannes

Abandon de son poste et fuite

Augustin Lacroix ne suit pas sa compagnie qui quitte le tunnel de Tavannes le 22 mai 1916 vers 20H30 pour se porter en première ligne. Il reste 4 jours dans le tunnel, seul, et ne rejoint sa compagnie que quand elle est passe une revue à Belrupt.

Il est incarcéré aux locaux disciplinaires de Belrupt et il en est extrait le 31 mai 1916 une heure avant le départ de la compagnie pour les tranchées. Alors qu’il est censé s’équiper, il s’enfuit.

Arrêté le 7 juin sur le territoire de Moutiers sur Saulx à la ferme de Grignaucourt par Gaston Martin, brigadier des eaux et forêts, il est ramené au régiment le 9 juin.

 

J’ai eu peur du bombardement

Augustin est interrogé. Il dit « j’ai eu peur du bombardement » puis se rétracte et déclare être parti parce qu’il n’avait pas la tête à lui.

On découvre qu’il n’a pas de livret matricule. Les punitions antérieures à son arrivée au 53ème RI ne sont pas connues. Depuis son admission à cette arme le 27/02/1916, il a eu 2 fois 8 jours d’arrêts : le 16 mai pour s’être arrêté après que le régiment ait quitté le village d’Evre et avoir posé son sac à la voiture médicale sans autorisation écrite du médecin.

PUnitions

Le jugement et l’impossible recours

Son jugement a lieu le 4 juillet 1916. Les déclarations d’Augustin Lacroix pendant son interrogatoire sont les suivantes :

 « Si tout le monde faisait comme moi, la guerre serait vite finie. »

« Si je suis fusillé, j’en descendrai d’autres avant. »

A la question, a-t-il quelque chose à ajouter ? Il répondra « Je demande à servir dans les zouaves à Salonique. »

Avoir peur n’est pas un critère valable pour les militaires, considéré comme un lâche et un déserteur il est condamné à mort.

Peine de mort

Le 6 juillet 1916, Augustin Lacroix écrit au président de la république pour lui demander la commutation de sa peine. Il a agit dans un moment d’égarement pendant la bataille de Verdun et demande à repartir dans le régiment le plus exposé et où la discipline sera la plus dure.

Le 13 juillet son pourvoi est rejeté et aucun défenseur ne vient participer au nouveau procès.

Passé par les armes

Le 15 juillet 1916 à 4H30 Jean Autesserre commis greffier du conseil de guerre de la 124ème division d’infanterie se rend sur un terrain situé à la proximité de la sortie sud ouest de la Neuville et lit la condamnation. Le piquet d’infanterie s’approche et fait feu sur le condamné.

Augustin Lacroix meurt de 8 balles dans le thorax, une dans le crâne.

 

Il est inhumé au cimetière de Neuville tombe N°19. Son corps est déplacé dans la nécropole de Sainte Ménéhould sous la croix N°1724.

Son décès n’est pas inscrit sur les registres de Saint Beauzély.

 

Sources: SHD/GR 11 J 2354-1, SHD/GR 11 J 2357 – C, 1R867-AD12, 4E140/13-AD12, 1090W2-AD12, historique du 53ème RI

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Gamet Louis Eugène, mort pour la France

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Juil 042016
 

Louis Eugène Gamet est né le 3 novembre 1895 à Maltat (71) de Louis et de Marie Louis Gagnot.

La famille déménage à Saint Seine (58) où nait Gustave qui ne survivra pas.

En 1908, la fiche matricule du père indique qu’il est dans le 20ème arrondissement de Paris près du cimetière du père Lachaise.

Classe 1915 – appel anticipĂ©

Louis Eugène ne semble pas avoir son père car il est recensé en 1914 à Autun et est domicilié à Grury comme maréchal Ferrand. Probablement vit-il avec son grand père qui, après avoir habité de longues années à Saint Seine, est installé à Montpeyroux.

Gamet-FM

Classe 1915, Louis Eugène est appelé sous les drapeaux par anticipation le 19 décembre 1914. Il rejoint le 10ème régiment d’infanterie. Le temps d’une instruction accélérée, il est affecté le 1er avril 1915 au 408ème RI nouvellement créé.

L’Oise, la Somme et Verdun

Le départ est donné le 11 avril 1915. Via la gare régulatrice de Creil, les hommes sont acheminés dans l’Oise à Tricot. Le 1er mai, ils sont dans les tranchées à Plessier de Roye.

Ils passent l’été dans la région avant d’être sollicités dans la Somme fin septembre 1915.

Après une fin d’année dans le Secteur de Beuvraignes, les hommes quittent le secteur le 17 février 1916. Ils sont rapidement sollicités pour la bataille de Verdun et embarquent le 23 février pour Sainte Ménehould. Les batailles sont longues et violentes. Les bombardements sont quotidiens.

Le 408ème RI est finalement mis en retrait le 13 mars 1916 et retourne le 27 mars à Verberie dans l’Oise. Le calme est trompeur, chaque jour le journal de marche égrène sa liste de morts.

Le 4 juillet 1916, 4 hommes de la 12ème compagnie sont tués à Moulin sous Touvent. Parmi eux se trouve Louis Eugène Gamet. Il avait 21 ans

Gamet-Décès

Son père venait d’être réformé définitivement quelques jours plus tôt.

Entre Maltat et Grury

Son corps est rapatrié le 21 mars 1921 dans le 1er convoi à destination de la Saône et Loire. Comble de hasard, il part de Creil, là où Louis Eugène avait embarqué la première fois pour le front.

Le poilu est enterré à Maltat, ville où il est né et il est inscrit sur le monument aux morts de cette commune.

Son nom figure sur le livre d’or de Dijon et sur celui de Grury. Son acte de décès est transcrit à Grury.

GAMET-LO

Son oncle Joseph est mort pour la France un an plus tĂ´t Ă  Verdun. Les deux hommes sont les seuls Ă  ne figurer que sur le livre d’or de la commune et pas sur le monument aux morts ou sur la plaque paroissiale.

Sources : 5E273-AD71, 1R RM Autun 1915-AD71, 1R202-AD58, 6M Grury-AD71, 6M268-AD58, M642bis-AD71, Historique du 408ème RI, 26N768/1-Sga, 26N768/2-Sga, 26N768/3-sga

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Viard Antoine, mort pour la France

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Juil 012016
 

Entre Grury et Rigny

Antoine Viard est né le 26 mars 1883 au lieu dit la Mallevelle à Grury. Après la naissance de son frère Louis, la famille déménage pour Rigny sur Arroux, d’abord aux Fontenettes puis à la Commanderie. Ils reviennent s’installer à « la Bise » à Grury au début du 20ème siècle.

En 1904, il est part faire son service militaire au 29ème régiment d’infanterie. Il revient à Grury en 1907 avec son certificat de bonne conduite. Son frère Louis est déjà revenu de sa période militaire : il est réformé.

DĂ©part pour la guerre

Arrive le temps de la mobilisation générale, Louis est réformé, François, le dernier garçon de la famille, ne part pas de suite car il est de la classe 1914.

Antoine, pour sa part, fait son paquetage et arrive dans son régiment le 11 aout. Du 29ème RI, il passe au 27ème RI le 31 aout 1914 puis au 156ème RI le 1er octobre de la même année. Le « 15-6 » est en période de paix stationné à Toul.

La course Ă  la mer

Antoine Viard rejoint son nouveau régiment alors que celui-ci fait sa course à la mer : il quitte la Lorraine pour aller protéger l’accès à la mer dans la Somme et la Belgique.

Viard-Course

Le 156ème RI est décimé en attaquant Mametz et n’arrive pas à progresser le 3 octobre 1914 lors de son attaque de Fricourt.

Viard-Fricourt

Le régiment est relevé entre le 12 et le 14 octobre et se rend par étapes dans la région de Monchy au Bois, au sud d’Arras.

Il reprend le chemin du front le 26 octobre pour attaquer Monchy. Pendant 2 jours, les troupes sont stoppées à la lisière du village. Elles garderont leur position jusqu’à la fin octobre.

Viard-Monchy

En Belgique

Le 3 novembre 1914, les troupes sont embarquées pour la Belgique. Elles se battent au côté des anglais dans le secteur de Messines. Les progressions sont faibles et les pertes importantes.

Elles restent dans la région jusqu’au 23 novembre.

Après quelques jours de repos, le 156ème RI occupe le secteur de Saint Julien jusqu’au 15 février 1915 dans des conditions difficiles (humidité, froid…) qui ne sont cependant pas transcrites dans le journal de marche mais dans l’historique du régiment.

Du 8 mars au 10 avril, c’est vers Zonnebeke que les hommes sont affectés avant de redescendre vers la France le 14 avril.

 

Le Pas de Calais

Le 28 avril 1915, les bataillons reprennent du service dans la région d’Ecoivres (62).

Viard-Pas-de-Calais

Le journal égrène quotidiennement l’état des pertes jusqu’à l’attaque du 9 mai 1915.

A 10H, « tous les hommes sortirent de la parallèle de départ par de petites échelles placées à intervalles réguliers. » « Chaque compagnie disposait de 20 grenadiers portant chacun 3 grenades. » « Les hommes, au pas, franchissent la 1ère puis la 2ème ligne sans grande résistance. »

A 11H, le régiment a atteint la Targette. La route Arras Béthune a été enlevée.

A 12H, le 156ème se rend compte que le 160ème RI n’a pas avancé derrière lui, un vide est créé entre les troupes et permet aux allemands de faire des pertes importantes dans les rangs français.

La bataille continue le lendemain matin mais les troupes n’avancent plus.

Après plusieurs jours d’attaques soit en première ligne, soit en appui d’autres troupes, il est enfin relevé le 24 mai 1915. Les pertes s’élèvent à plus de 1300 hommes.

Le 156ème RI est de retour le 16 juin sur les terrains qu’il a quitté 3 semaines plus tôt et s’y bat jusqu’à fin juin.

Le vrai premier grand repos a alors lieu jusqu’au 25 aout 1915.

En Champagne

De fin aout 1915 au 23 septembre, le 156ème RI tient le fortin de Beauséjour dans la Marne. Il participe à la bataille de Champagne du 25 septembre.

Il reste dans le secteur de Maisons de Champagne jusqu’à la fin de l’année.

Viard-Champagne

La Lorraine

Début février 1916, le régiment est dans le secteur de Baccarat. Il organise la défense des 2èmes et 3ème positions. Alors qu’il s’apprête à se rendre au camp d’instruction de Saffais, il est mis en alerte et reprend le train à Charmes direction la Meuse.

 

La bataille de Verdun

Verdun, 303 jours de bataille en cette année 1916. Le 156ème RI arrive le 22 février à Mussey et Neuville sur Orne. Le 24 février, il est dirigé sur Beauzée sur Aire où il bivouaque avant d’être embarqué par autobus pour le fort de Regret à Verdun. Les forts de la région sont pleins et le régiment doit bivouaquer dehors par un froid extrêmement vif.

Le 25 février 1916 en début d’après midi, les troupes se rendent sur le ravin sud de la cote de Froide Terre qu’ils quittent à 18H30 pour aller occuper le village de Bras « coûte que coûte. »

Viard-Verdun

La nuit est terrible, les hommes sont fatigués ou blessés, sans vivre, sans moyen de communication et il leur faut défendre leur territoire et envoyer des patrouilles en avant.

Pendant que Pétain prend le commandement de la 2ème armée, le 156ème avance et s’installe sur la crête de la côte du Poivre.

Jusqu’au 10 mars, le régiment est aux avant postes au nord ouest du fort Saint Michel, sur les pentes sud de Froide Terre et au ravin de Louvemont.

Le 156ème part cantonner à l’hôpital de Verdun.

Viard-Relève

Le 14 mars il passe la revue. En tant que tambour, Antoine Viard est en première ligne.

Viard-Revue

 

C’est le 9 avril 1916 que les hommes retrouvent les bombardements dans la région de Montzéville. Il faut protéger la cote 304 à Esnes. Pendant 10 jours, le régiment va rester sous un bombardement incessant et tenter de faire progresser leurs lignes.

Le 20 avril, le régiment s’éloigne de Verdun et part cantonner à Robert-Espagne au nord de Saint Dizier.

DĂ©part pour la Somme

Le 24 avril 1916, les hommes sont embarqués en chemin de fer pour la région de Montdidier (80). Quelques jours de repos, de nouvelles séances intensives d’instruction puis le régiment part s’installer à l’est de Péronne. Après quelques étapes dans la région, le 15-6 est à Maricourt le 14 juin. Il y passe une semaine avant d’être relevé et revient dans les tranchées la nuit du 27 au 28 juin 1916.

Viard-Maricourt

La bataille de la Somme

Le 1er juillet 1916, c’est le début de la bataille de la somme. La 3ème compagnie d’Antoine Viard est sur la droite. « A 7H30 l’attaque est déclenchée. Les vagues successives sortent et progressent presque sans perte. » A la fin de la journée les différents bataillons ont bien avancé, fait 300 prisonniers et Antoine Viard ne répond plus à l’appel.

 

Disparu au champ d’honneur

Une légère confusion est visible sur sa fiche matricule : il est noté disparu le 1er juillet 1915 à Hardecourt (80) alors que son régiment n’est pas dans cette région.

Le journal de marche du 156ème RI le porte prisonnier au 1er juillet 1916.

Viard-Antoine-1916

Le 16 juillet 1916, son acte de disparition est signé par le sous-lieutenant du régiment, officier d’état civil.

Viard-disparition

Par jugement du 15 juillet 1921 du tribunal d’Autun, Antoine Viard est officiellement reconnu disparu et mort pour la France. Il avait 33 ans. Deux mois plus tard, ce sera au tour de son petit frère de mourir au front.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 6M Recensements Rigny et Grury-AD71, 1RM Autun 1903-AD71, 1RM Autun 1904-AD71, 1RM Autun 1914-AD71, 3U299-AD71, JMO 26N699/8, 26N699/9 et 26N699/10-sga mémoire des hommes, historique du 156 RI BDIC

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Baudin Jean, mort pour la France

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Mai 022016
 

Jean Baudin est né le 23 février 1873 à La Chapelle au Mans au lieu-dit Pailloux. Ses parents, Gabriel Baudin et Charlotte Muet, après avoir longtemps habité le hameau de Montpalais à Grury, y exercent la profession de journaliers. Ils décèdent en 1881 et 1883. Jean Baudin part alors travailler comme cultivateur à Cressy sur Somme.

L’armée avant le mariage

A 20 ans, c’est l’heure de la conscription. Jean Baudin est affecté au 19ème bataillon de chasseurs à pied pour faire sa période militaire. Après 3 ans sous les drapeaux, il revient à Cressy le 19 septembre 1897.

Deux mois plus tard, il épouse Jeanne Goudier à Tazilly (58) et leur fille Jeanne nait en aout 1898 au lieudit Crevant à Grury. La famille déménage à Chizeuil, commune de Cressy sur Somme au début du 20ème siècle avant d’habiter la Croisette à Grury en 1914.

Grury

Un territorial aux GVC

Quand arrive l’heure de la mobilisation générale, Jean Baudin a 41 ans. Il est dans la réserve de l’armée territoriale mais il n’est pas libéré de ses obligations militaires. Il part donc rejoindre le 63 RIT le 2 septembre 1914 à Autun. Le gros du régiment est parti les 9 et 10 aout pour Besançon.

Jean Baudin est affecté au service des gardes des voies de communication du 17 septembre au 26 octobre 1914. Surveiller des voies ferrées, des canaux, des réseaux téléphoniques stratégiques, c’est la fonction assignée aux GVC.

Retour chez les chasseurs Ă  pied

Le 6 novembre 1914, il est affecté au 4ème bataillon de chasseurs à pied. A cette épode, ce régiment s’apprête à être transporté à Saint Pol sur Ternoise pour participer à la bataille des Flandres.

Les troupes sont positionnées à proximité de Saint Eloi (Belgique) dans les jours suivants.

St-Eloi

Les journĂ©es du 11 au 14 novembre 1914 sont particulièrement meurtrières. Quand le 4ème BCP est enfin relevĂ©, il ne peut se reformer qu’avec 4 compagnies par bataillons au lieu de 6.

Les hommes repartent au front à Langemarck deux jours plus tard et tentent de s’organiser dans les tranchées.

Le 14 décembre, une attaque est prévue en collaboration avec l’armée britannique. Les terrains sont détrempés et les tranchées remplies d’eau. La 2ème compagnie parvient à faire 40 mètres mais ne peut pas aller plus en avant sous le tir ajusté des allemands. De nouvelles attaques sont tentées les jours suivants, tout autant meurtrières que les précédentes.

Début janvier, alors que l’ennemi ne tente aucun mouvement, les hommes sont occupés à l’assèchement des tranchées et à la construction de boyaux de communication.

Retour chez les territoriaux

A compter du 26 février 1915, la 11ème division ne doit plus disposer de bataillon territorial. Jean Baudin est alors affecté au 28ème régiment d’infanterie territoriale. Ce régiment est à Arras en ce début d’année 1915 et son régiment est chargé de garder les tranchées, mais aussi de travailler sur la création de boyaux de communication. Le journal de marche égrène le nom des blessés ou des morts par éclats d’obus.

A partir du 25 avril 1915, l’ensemble du régiment est affecté aux travaux dans les boyaux de jour comme de nuit sauf les hommes nécessaires à la garde des issues qui sont prélevés dans le 3ème bataillon. Cette organisation perdure jusqu’au 6 mai 1915 où une attaque générale se prépare.

La tâche des territoriaux est détaillée le 17 mai : alors que certains vont clairement en première ligne, d’autres sont affectés au service de place, à la disposition du colonel, au transport de matériel et de munition, à la garde des dépôts de vivres ou de munitions, à l’inhumation des morts, la garde des prisonniers ou du piquet et comme évoqué précédemment aux travaux de construction ou restauration des boyaux.

Les hommes continuent quotidiennement le ravitaillement des premières lignes en munitions notamment pendant les combats de Carency. Cette « corvée » génère des pertes humaines régulières.

Départ pour l’Argonne

Le 7 juillet 1915, la 84ème division est dissoute. Le 28ème RIT est affecté au 10ème corps d’Armée et devient réserve d’infanterie.

Le dimanche 25 juillet, les 3 bataillons sont embarqués en automobiles à destination de leur cantonnement de repos au sud ouest d’Amiens. Ils quittent les lieux le 31 juillet à destination de la Meuse (Nettancourt). Une semaine plus tard, c’est le départ pour l’Argonne : Florent en Argonne, La Harazée et Vienne le Château.

Baudin-Argonne

D’Arras Ă  Amiens avant d’ĂŞtre transportĂ©s Ă  Nettancourt pour rejoindre Vienne le Chateau…

Les hommes recommencent leurs travaux dans les boyaux ou de défense des lignes. Les pertes par éclats d’obus sont quasi quotidiennes. Le 5 septembre, le sergent Fuchet tire sur un avion ennemi et abat le caporal Boulay qui sortait à ce moment précis de l’abri N°4 de la citadelle de Vienne le Château.

Commis et Ouvriers d’Administration

Jean Baudin est affectĂ© Ă  la 12ème section de COA le 28 novembre 1915. Ces commis et ouvriers d’administration sont gĂ©nĂ©ralement appelĂ©s Ă  des tâches liĂ©es Ă  l’intendance.

Le temps continue de s’Ă©grener avec son lot de pertes humaines, parfois dans des circonstances accidentelles comme ce 25 janvier 1916 oĂą les exercices de lancement de grenade finissent mal.

Baudin-Grenade

Un énième obus

Jean Baudin est tuĂ© par des Ă©clats d’obus Ă  Vienne le Chateau le 2 mai 1916 comme plusieurs soldats de son rĂ©giment. Il avait 43 ans.

Baudin-Tué

Il est enterré à la nécropole nationale de Florent sur Argonne dans la tombe N°621 .

Il est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire.

Baudin

Sources: 5E88/9-AD71, 6M Recensements Grury, Cressy, La Chapelle-AD71, 1R-RM Autun-AD71, 26N817/1-sga, 26N817-2-sga, 26N779/9-sga, 26N779/10-sga, Le miroir-Gallica

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Durand Jean Marie, mort pour la France

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Avr 122016
 

Jean Marie Durand est né le 3 février 1889 à Grury. Il est le fils unique de Louis Durand et de Marie Gogneau, tous les deux cultivateurs au hameau de Brion.

Le 1er octobre 1910, il part faire son service militaire au 60ème régiment d’infanterie et rentre à Grury 2 ans plus tard. Quand sonne l’heure de la mobilisation générale, Jean Marie Durand rejoint son régiment et arrive à Besançon le 3 aout 1914.

L’Alsace redevient française

Les hommes sont transportés par train jusqu’à Belfort avant de se placer à la frontière allemande à Foussemagne. Un premier homme est blessé le 6 aout, plusieurs hommes (dont un capitaine et un lieutenant) meurent le 7 aout, mais Altkirch est pris.

« On fête dans les cafés la résurrection de l’Alsace désormais française. »

Durand-Aout 1914

La reprise « facile » de l’Alsace en aout 1914

Pendant ce temps là, les allemands se montrent brutaux à Mulhouse et font des perquisitions à la recherche d’éventuels soldats cachés par les habitants.

Le 18 aout, le régiment doit faire une entrée triomphante dans Mulhouse. C’est chose faite dans la journée. La guerre semble presque trop facile jusqu’à l’ordre d’évacuation de la ville le 24 aout.

 

En renfort dans la Somme

Le régiment est embarqué à Belfort le 26 aout 1914 au matin et sort des trains le lendemain soir à Villers-Bretonneux. La chaleur est accablante en Picardie et c’est sans discontinuer que les soldats voient avec étonnement et tristesse ces « files de gens qui fuient l’invasion » emportant avec eux leurs maigres affaires.

Le 29 aout 1914, un combat acharné a lieu dans le secteur de Proyart. Le terme de « pertes sensibles » fait comprendre que les 60 morts inhumés par le curé de Framerville sont très en dessous du nombre réel de décès ce jour là.

D’ailleurs, c’est l’heure de la retraite. Les hommes évacuent la Somme pour se réfugier en arrière, marchant sous un soleil de plomb et faisant sauter les ponts derrière eux. Ils s’approchent de Paris et aperçoivent à l’horizon les tours du Sacré Cœur de Montmartre et la Tour Eiffel.

Le régiment va s’établir à Plailly le 4 septembre 1914. Un mois seulement de guerre et déjà tant de kilomètres.

Durand-Sept 1914

La retraite de la Somme Ă  l’Oise – Septembre 1914

 

La bataille de l’Ourcq

Dès le 5 septembre 1914, le 60ème régiment d’infanterie doit repartir au combat direction Bouillancy et la vallée de l’Ourcq. Deux jours plus tard, il est dirigé vers la ferme Nogeon à Réez-Fosse Martin qui est détruite, ainsi que la distillerie attenante lors de 3 jours de bombardements acharnés par les allemands.

Nogeon

La ferme Nogeon détruite

Le régiment ne compte plus que 12 officiers et 926 hommes.

 

L’avancée dans l’Aisne

Après une journée pour se réorganiser, les hommes doivent reprendre la route le 11 septembre. Ils passent l’Aisne le 12 au soir et vont s’installer dans les tranchées vers Autrèches pendant de longs mois.

Durand-Sept - oct 1914

La remontée vers Autrèches

Le 12 novembre 1914, l’ordre est donné d’attaquer le plateau de Nouvron. A 13h, après 5 heures de combat, le verdict est sans appel : l’attaque a complètement échoué. On propose au général de remonter une opération dans l’après midi mais avec l’aide de l’artillerie. L’action se termine avec la tombée de la nuit sur un échec des troupes françaises.

Echanges sympathiques avec les allemands

Le journal de marche du 19 novembre 1914 qualifie l’incident de « très bizarre. » Des allemands sortent des tranchées et demandent à parlementer. L’officier allemand prétend que les allemands et les français avaient tort de se faire la guerre et que seuls les anglais étaient nos ennemis communs.

Durand-Allemands

Des journaux allemands sont remis aux français et l’officier indique qu’il reviendra le lendemain à 9 heures mais le général français, averti de l’incident, ordonne de ne plus engager de conversation avec les allemands. L’allemand tient parole et rapporte les papiers du lieutenant Mettetal comme il l’avait promis la veille, les français, eux, obéissent à l’ordre du général.

Repos, vaccination et Noël

Dans la nuit du 13 au 14 décembre 1914, le 60ème RI est relevé par le 170ème RI. Les hommes prennent du repos, sont vaccinés, nettoient leurs armes et leurs affaires, font des exercices. Le 22 décembre, de nombreux paquets de Noël arrivent et sont distribués aux soldats. Le 25 décembre, la musique passe dans l’après midi sur la place de la mairie.

Le surlendemain, une visite est faite par les médecins pour classer les hommes en 3 catégories : les « incapables à pouvoir continuer la campagne » donc à renvoyer au dépôt, les « à ménager » qui doivent être portés en réserve et les « solides » qui continuent les combats. Cette opération vise a diminuer sensiblement le nombre de soldats de la compagnie à un chiffre de 200-220 hommes.

Alors que les vœux de la nouvelle année sont transmis de grade en grade, l’ordre de départ est fixé au 2 janvier. Les nouveaux cantonnements sont fixés autour de Nampteuil, au sud est de Soissons.

Retour dans les tranchées

Le 11 janvier 1915, les hommes du 60ème RI relèvent ceux du 231ème RI dans les tranchées allemandes (conquises la veille) de la côte 132 au sud de Soisson. Un combat va s’engager pendant 3 jours et causer la perte de 25 officiers et 1800 hommes de troupe.

Le 19 janvier après plusieurs contre-ordres, le régiment retourne en cantonnement après une étape très dure dans une « nuit des plus noires avec de la neige. »

 

Mariage pendant une permission

Jean Marie Durand se marie probablement lors d’une permission. Il épouse Louise Briet à Dracy Saint Loup le 13 mars 1915 et 9 mois plus tard nait leur fille prénommée Yvonne.

La loi du 4 avril 1915 (JO du 10 avril) autorisera les soldats français sous les drapeaux à se marier par procuration.

Loi04041915

Les allers et retours avec le 160ème RI

Le 31 mai 1915, Jean Marie Durand est affectĂ© au 160ème rĂ©giment d’infanterie. Il y retrouve un autre Grurycois, Charles ClĂ©ment.

Le 160ème RI est affecté en Artois et se bat vers Neuville Saint Vaast le 16 juin 1915, puis est rassemblé le 14 juillet au sud d’Abbeville(80) avant d’être transporté au sud de Nancy.

Jean Marie Durand est nommé caporal le 3 juillet 1915.

Le 26 aout 1915, nouveau départ en train pour la Champagne à l’est de Somme Bionne. Le 160ème RI participe à l’attaque du 25 septembre au 6 octobre 1915.

Jean Marie Durand est cité à l’ordre du régiment et obtient la croix de guerre avec étoile de bronze.

« sous officier très brave et très énergique. Est sorti le premier de la tranchée et s’est porté en avant en rassemblant les hommes épars pour les conduire à l’assaut. »

Il est nommé sergent le 12 octobre 1915.

Le 160ème RI repart pour Vézelise (54) le 28 décembre 1915 pour faire des travaux de défense.

Verdun

Après deux mois en Lorraine, le régiment de Jean Marie Durand est dirigé sur Verdun le 21 février 1916 alors qu’une longue et grande bataille vient d’y commencer. Débarqués vers Bar le Duc, les hommes vont rejoindre l’ouest de la ville à pied puis en autobus.

Charles Clément meurt le 27 février 1916, Jean Marie Durand est blessé par un éclat d’obus à la tête le 9 avril 1916 probablement pendant le bombardement particulièrement violent entre 8H et 11H.

Durand-Blessé

Il meurt de la suite de ses blessures le 12 avril 1916 à Salvange (commune de Rarécourt). Il avait 27 ans.

Son corps est rapatrié à Grury le 1er mai 1922 où il est enterré dans le carré militaire.

Durand-tombe

Son épouse se remarie quelques mois plus tard. Sa fille, devenue pupille de la nation, apprendra le métier de couturière.

Durand-contrat

 

 

Sources : 5E227/12-AD71, 2Miec276-AD58, 3R308-AD71, 1R RM Autun 1909, 6M Recensements Grury-AD71, M1713-AD71, historique du 60ème RI, 26N652/1bis-sga, 26N701/7-sga

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Fontaine Jean Marie, mort pour la France -Double couronne Ă  St Denis

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Mar 042016
 

Jean Marie Fontaine est né le 25 février 1875 à Grury (71) au Champ du Moulin de Louis Fontaine, propriétaire et de Jeanne Lafontaine.

Jean Marie Fontaine perd son père alors qu’il n’a qu’un an et son frère Léonard, de 20 ans son ainé, se marie peu de temps après le décès. Les deux garçons vivent avec leur mère et Jean Marie s’élève avec ses cousines germaines qui ont à peu près le même âge que lui.

Jean Marie Fontaine est qualifié de domestique sur sa fiche matricule mais les recensements le qualifient tous de menuisier charpentier.

Il fait son service militaire entre 1896 et 1899 au 69ème régiment d’infanterie et suit même des cours de télégraphie électrique pendant 2 ans. Il fait trois séries d’exercices militaires en 1902, 1906 et 1911, toujours dans les bataillons de télégraphes (notamment au Mont Valérien).

En 1904, il se marie Ă  Grury avec Henriette Julien. Le couple habite Ă  Grury.

Quand sonne l’heure de la mobilisation générale, Jean Marie Fontaine rejoint le 8ème régiment du génie et se retrouve sapeur télégraphiste. Il a 39 ans.

Va-t-il au front ? Est-il affecté directement au fort de la double couronne à St Denis ? Difficile de le dire.

Son décès a lieu dans des conditions exceptionnelles.

Le 4 mars 1916 vers 9H25 la courtine Est de l’ouvrage de la double Couronne Ă  St Denis explose. C’est une dĂ©pendance du fort situĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la rue de Paris qui sert de dĂ©pĂ´t de grenades et d’obus qui est le lieu d’origine de l’accident.

Faisait d’abord de petites explosions, c’est ensuite la catastrophe : les pierres du fort sont projetĂ©es Ă  100 mètres de haut et elles retombent jusqu’Ă  500 mètres Ă  la ronde sur des militaires et des civils qui passent Ă  proximitĂ©. Un kiosque Ă  journaux est renversĂ© et sa marchande est tuĂ©e sur le coup. Une voiture de livraison d’un grand magasin est renversĂ©e et toute la partie avant est rĂ©duite en miettes. Les devantures sont brisĂ©es, toutes les vitres des maisons sont endommagĂ©es, les arbres arrachĂ©s et certains chevaux sont tuĂ©s. On retrouve Ă©galement des morts dans leurs maisons, dans les commerces ou dans la rue.

Dégâts-Rue

La déflagration est telle qu’elle a été ressentie à Argenteuil, à Vincennes, à Fontenay sous-Bois, à St Ouen et même à Paris située à 7 ou 8 km. Le fort est largement endommagé.

Explosion

 

Toutes les munitions n’ont pas explosé et les pompiers se chargent de les arroser pour ne pas aggraver la situation. Fort heureusement, les obus qui se trouvaient dans le fort ont été acheminés quelques jours plus tôt vers le front. Mais le bilan est déjà lourd : 21 morts retrouvés : 14 reconnus, 5 décédés à l’hôpital St Denis, et le soldat Sauret décédé à l’hôpital St Martin. D’ailleurs 7 soldats manquent à l’appel ainsi que plusieurs habitants du quartier.

Le soir même les travaux de déblaiement sont stoppés en raison de l’obscurité, de la neige et des risques d’explosions.

Dès le lendemain matin, 200 hommes d’une batterie d’artillerie dĂ©blaient les lieux. Ils font ce travail Ă  la main, prĂ©cautionneusement pour tenter de retrouver des survivants et Ă©viter toute nouvelle explosion. Certains Ă©lĂ©ments comme le kiosque ou la voiture sont laissĂ©s dans la rue pour permettre l’enquĂŞte.

Les pierres rassemblées sur la route de Pierrefitte sont en cours d’enlèvement grâce à l’établissement d’un petit chemin de fer Decauville. Le déblaiement va durer plusieurs jours et le 24 mars quelques débris humains retrouvés dans les pierres sont évacués vers la morgue.

Dès le lendemain du drame, quatre cadavres sont retrouvés. Deux hommes de la 22ème section de COA sont retrouvés morts près d’un lit comme surpris par le repos. Un troisième corps est extrait, méconnaissable. Enfin un cadavre en décomposition est retiré dans l’après-midi. Tous les objets qu’ils portent sont recueillis pour être transmis aux familles.

Quelques jours plus tard, les corps inconnus sont formellement identifiés. Parmi eux se trouve Jean Marie Fontaine de Grury.

Fontaine-Reconnu

 

Les statistiques des pompiers de Paris estiment Ă  350 000 le nombre de grenades ayant explosĂ© et Ă  40 le nombre de blessĂ©s. Certains de ces derniers vont sortir rapidement, d’autres succomberont Ă  leur arrivĂ©e Ă  l’hĂ´pital et au moins un sera amputĂ© d’un bras.

Fontaine Stat

L’enterrement des victimes a lieu le 8 mars 1916 au cimetière communal devant une foule nombreuse. 27 victimes sont à déplorer. 8 soldats et 12 civils sont inhumés à Saint Denis. 5 sont acheminés vers d’autres nécropoles (Eaubonne, Stains et Pierrefitte).

Les familles des soldats Jean Marie Fontaine et Jules Adam ont réclamés les corps de leurs défunts.

Corps-Réclamés

Ils sont inhumés dans leur commune de résidence. Jean Marie Fontaine est enterré à Grury.

« Ici repose Jean Marie Fontaine dĂ©cĂ©dĂ© le 4 mars 1916 Ă  St Denis (Seine) Ă  l’âge de 41 ans. RegrettĂ© de sa famille. De Profundis. »

Jean Marie Fontaine est mort pour la France le 4 mars 1916 à 41 ans. L’acte de décès a été transcrit le 9 mars sur le registre de la commune. Le journal local évoque l’information quelques jours plus tard.

Fontaine-Local

 

Liste des soldats morts lors de l’explosion

 

Sources 5E227/12-AD71, 1R RM Autun-AD71, M1713-AD71, 6M Grury-AD71, Gallica le petit Parisien, le Temps, le Radical, Ouest Eclair, statistiques des pompiers de Paris

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Loreau Lazare, mort pour la France

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FĂ©v 282016
 

Lazare Loreau est né le 15 mai 1890 au lieu-dit le Vernay à Grury. Fils de Claude, propriétaire, et de Louise Paruzot, il est le 4ème des 5 enfants de la famille.  La famille s’installe à la Pierre aux Raux et les enfants travaillent avec leurs parents.

Lazare Loreau fait son service militaire entre 1911 et 1912 puisqu’il est réformé temporairement pour « bronchite imminente de tuberculose pulmonaire. »

Loreau-RĂ©forme

Quand sonne l’heure de la mobilisation générale, le conseil de révision le désigne bon pour le service armé et il est affecté au 21ème Régiment d’infanterie qu’il rejoint le 26 septembre (selon sa fiche matricule) ou le 12 décembre à Langres (selon son état signalétique de services). Il ne croise pas Eugène Prévost, autre grurycois, qui est déjà décédé le 28 novembre 1914.

S’il rejoint le front en décembre, c’est entre Béthune et Arras qu’il commence sa campagne. Peut-être participe-t-il à l’attaque sur Notre Dame de Noulettes ?

Le 174ème RI dans la Marne

Le 16 février 1915, Lazare Loreau est transféré au 174ème régiment d’infanterie nouvellement créé.

Loreau-174

Le régiment se forme à Rétheuil (02) qu’il quitte pour embarquer à la Ferté Milon. Les hommes sont débarqués à Epernay le 25 février 1915. Le régiment atteint Récy le 10 mars pour être transporté par convois automobiles à Somme Tourbe. La fin du voyage jusqu’à Mesnil les Hurlus se termine à pied et le 12 mars 1915, les bataillons occupent les tranchées.

Loreau-Mesnil

 

L’attaque a lieu le jour même. Elle va durer à peine 2 heures et faire de nombreuses pertes. Le lendemain, une nouvelle attaque est prévue mais le télégramme arrive trop tard.

Le journal de marche continue d’égrener sa liste de victimes et ses consignes d’attaques.

L’organisation se précise, des consignes sont données dans les bataillons pour enterrer les morts après leur avoir retiré leurs objets personnels et leur plaque.

Loreau Morts

En face, les allemands tentent de ruser mais les français les démasquent et n’hésitent pas à « massacrer tout ce qui leur offrait la moindre résistance. »

Loreau-Ruse

Après 11 jours en première ligne, le 174ème RI est relevé par le 53ème RI.

 

DĂ©part pour Verdun

Quelques renforts arrivent du 21ème RI de Langres et le 26 avril 1915, le régiment reçoit l’ordre de quitter Somme Vesle où il cantonne depuis le 4 avril pour la région de Verdun. Des camions emmènent les hommes jusqu’à Lemmes puis ils rejoignent à pied les Eparges dont ils occupent les tranchées le 3 mai.

Loreau-Verdun

Notre Dame de Lorette

Le 14 mai, après quelques jours de cantonnement, les hommes sont embarqués par train direction le Pas de Calais. Ils vont cantonner à Barlin, Hersin et Gavion.

Loreau-Arras

Le 18 mai 1915, le 174ème RI participe à la bataille sur le secteur de Notre Dame de Lorette où il faut tenir coûte que coûte et sous un bombardement violent et continu. Il est relevé le 26 mai par un bataillon du 282ème RI.

Entre le 6 et le 12 juin, ce sont plus de 1200 hommes qui arrivent en renfort. Lazare Loreau est promu caporal le 8 juin 1915.

Quelques jours plus tard, le régiment se bat à Angres à côté de Lens.

 

Dans l’Oise

Le 6 juillet 1915 sonne à nouveau l’heure du départ. Les hommes reprennent le train à St Pol et débarquent à Longpont. Ils prennent un peu de repos avant de repartir pour Vingré où ils combattent jusqu’au 16 septembre.

Loreau Oise

Le 5 septembre 1915, Lazare Loreau est cité à l’ordre de la brigade pour le motif suivant : « sous un feu violent d’artillerie, a déterré plusieurs de ses camarades ensevelis. Patrouilleur volontaire dans des circonstances très difficiles»

Loreau citation

La butte de Souain

Le27 septembre 1915, nouvel embarquement en train de Rethonde à St Hilaire au Temple. La suite du voyage a lieu en automobile jusqu’à Suippes avant d’attaquer des travaux de tranchées et boyaux de communication entre la 1ère ligne française et Souain le 1er octobre.

Loreau Souain

Le 174ème RI reste sur le secteur jusqu’au début décembre.

Les soldats musiciens

Le journal de marche évoque à la date du 15 décembre 1915 la création d’une musique grâce à 17 gros instruments prêtés par un lieutenant et complétée par les musiciens qui possèdent leur propre instrument. C’est le soldat Varanne élève au conservatoire de Paris qui est désigné comme chef de musique.

Loreau-Musique

Retour Ă  Verdun

Du 1er au 16 février 1916, le régiment est occupé à des travaux d’organisation de la 2ème position en Argonne. Après avoir été transporté à Longchamps sur Aire le 17 février, il remonte à Ippécourt le 22 puis arrive au fort de la Chaume (à l’ouest de Verdun) le 25 février. La Bataille de Verdun fait rage depuis 4 jours. Le 26 février, le 174ème RI est au fort de Souville et le 27 février il doit occuper une position retranchée (à cheval sur la route Verdun-Etain) depuis la batterie du mardi gras jusqu’à la batterie d’Eix. Le nouveau front doit être défendu le cas échéant avec la plus grande énergie.

Le 28 février au matin, la liaison entre les 2ème et 3ème bataillons n’est faite qu’à 2H. Plusieurs sections attaquent la station d’Eix soutenues par 2 sections de la 10ème compagnie. C’est un échec, et il est demandé aux hommes de reculer pour permettre à l’artillerie de pilonner les maisons qui n’ont pas pu être prises. Au petit matin, une contre-attaque allemande décime la 12ème compagnie. La 10ème se met en position de défense et subit de lourdes pertes.

Parmi elles, on dénombre Lazare Loreau, porté disparu.

Loreau-disparu

Le jugement du tribunal d’Autun du 10 septembre 1921 fixe sa mort au 28 février 1916. Mort pour la France, il avait 26 ans. Il obtient la croix de guerre.

Loreau-croix

Son frère Pierre, affecté à l’ambulance 8/8 du 8ème SIM le 18 novembre 1916 rentrera de la guerre.

 

Sources: 5E227/12-AD71, 1R RM Autun 1910-AD71, 3U300-AD71, sga mémoire des hommes 26N710/3

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Clément Charles, mort pour la France

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FĂ©v 272016
 

Charles Jean Clément est né le 28 janvier 1894 au lieu dit la Malvelle à Grury. Il est le premier enfant d’Antoine Clément, cultivateur et d’Antoinette Diot.

Dès qu’il grandit, il est placé comme domestique de ferme à Cressy sur Somme chez Benoit Theveniaud au lieu dit Chez Moreau. Sa sœur Marie est bonne d’enfant dans le même village (au bourg, chez l’épicier Antoine Coulon) et ses parents restent à Grury avec le petit dernier et un petit enfant assisté de Paris. Ils déménagent avant la guerre à Savigny Poil Fol dans la Nièvre.

 

Classe 1914 en forêt d’Apremont

De la classe 1914, Charles ClĂ©ment est incorporĂ© le 1er septembre 1914 au 12ème rĂ©giment de hussards. Le 29 septembre, il passe au 13ème rĂ©giment d’infanterie qu’il rejoint le 11 octobre 1914. Il est probable qu’il arrive au front après 2 mois d’exercice, c’est-Ă -dire vers novembre 1914.

160RI Appel

Son régiment est installé en forêt d’Apremont dans la Meuse depuis septembre 1914.

A défaut de journal de marche, il faut se reporter à l’historique du régiment pour connaître partiellement le parcours de ces hommes.

Fin novembre 1914, le 13ème RI va défendre coûte que coûte la redoute du Bois Brûlé et y perdre plus de 2200 hommes. Le régiment part ensuite en réserve d’armée à Cousances aux Bois avant de revenir au front fin décembre. Pendant un mois, il travaille à organiser le terrain avant de reparti à Cousances.

160RI Apremont

De Grury Ă  Apremont la ForĂŞt et la rĂ©serve d’armĂ©e Ă  Cousances aux Bois

A partir de fin janvier 1915, le 13ème RI va défendre différents secteurs de la forêt d’Apremont : tête à vache, bois d’Ailly, La Redoute….

Les offensives en Artois

Le 2 juin 1915, Charles Clément est muté au 160ème régiment d’infanterie. Il quitte la Meuse pour rejoindre l’Artois où son nouveau régiment est en pleine réorganisation suite à la perte de 800 hommes et à l’arrivée de renforts.

Le 10 juin c’est le départ pour Izel les Hameaux mais les hommes ne combattent pas.

160RI Artois

De la Meuse Ă  l’Artois

Le 16 juin, le 160ème RI est dans les anciennes tranchées de 1ère ligne de la 11ème division à l’ouest de la route de Béthune vers Neuville Saint Vaast. Ce jour là, l’attaque ne va pas progresser et les bataillons restent au niveau du 4ème parallèle, deux jours plus tard, ils sont dans le parallèle N°5

160RI Neuville

Une corvée de 700 hommes est requise le 21 juin pour assainir les boyaux et tranchées du secteur. De nouvelles tranchées sont créées pour faciliter les mouvements des combattants.

La Lorraine

Après quelques jours à l’arrière, le 160ème RI est emmené en autobus le 14 juillet vers la zone de rassemblement de la 39ème division. Ils cantonnent à Longpré les Corps Saints à quelques kilomètres d’Abbeville. De là ils embarquent par train pour Bayon au sud de Nancy. Pendant plusieurs jours, les chefs font la reconnaissance de la forêt de Parroy.

160RI-retour

Après un regroupement dans la Somme, retour en Lorraine

Le 19 aout, les bataillons sont envoyés vers Baccarat et doivent interdire à l’ennemi de passer la vallée de la Meurthe. Pendant plusieurs jours, ils sont occupés à de nombreux travaux de défense.

La Champagne

Le 26 aout 1915, les troupes embarquent Ă  nouveau en train. Les hommes arrivent Ă  Vitry la Ville au sud de Chalon en Champagne et cantonnent Ă  Bassu.

160RI Champagne

De la Lorraine Ă  la Champagne

Le 4 septembre 1915, ils sont dans les baraques entre Somme Bionne et Han. 200 travailleurs sont chargés de faire des abris à 1500m à l’est de Somme Bionne par roulement d’équipes pendant 8 heures jour et nuit.

Quelques jours plus tard, le 160ème RI relève le 156ème aux premières lignes de bataille. Les bombardements sont violents et les sorties fréquentes de l’ennemi en première ligne retardent les travaux de nuit pour créer de nouveaux parallèles.

160-travaux

Le 25 septembre 1915, c’est l’attaque. Les survivants de la 1ère vague qui ont réussi à passer la 1ère ligne allemande continuent leur progression pendant que d’autres vagues de poilus les suivent. Les français, arrêtés un instant à la 3ème ligne allemande, parviennent à s’emparer de la partie Est du fortin, faisant au passage de nombreux prisonniers. Les troupes avancent encore selon les ordres mais une partie de l’effectif est cernée par les allemands qui sortent de leur abri. Dix des 12 commandants de compagnie sont tués ou blessés et la situation devient décousue et très confuse.

Le 5ème hussards se lance à la charge et créée une diversion qui permet aux français de se sortir de l’impasse où ils se trouvaient auparavant.

Le sous lieutenant Boissonade s’avance dans les boyaux révolver au point précédé d’un prisonnier ennemi à qui il a promis la vie sauve. Il réussit à faire sortir des abris 350 allemands qui se rendent à un groupe de 30 français.

160RI Boissonnade

A 14H30, l’attaque est terminée et il faut rassembler les hommes épars.

La bataille va durer jusqu’au 6 octobre et le journal de marche égrène les pertes de plus de 1400 hommes.

Les bataillons sont réorganisés avec l’arrivée de renfort et Charles Clément est nommé caporal le 3 novembre 1915. Il passe avec son régiment la fin d’année en Champagne.

 

Retour en Lorraine

Le 28 décembre 1915, l’ordre général qui tombe fait repartir le 160ème RI dans les trains direction Vézelise (54). Il passe deux mois à faire des travaux de défense avant de devoir repartir pour une nouvelle direction.

160RI-Retour en Lorraine

De Champagne en Lorraine

Direction Verdun

Le 21 février 1916, alors que la bataille de Verdun vient de débuter, le régiment embarque par trains à Charmes et débarque à Revigny à l’ouest de Bar le Duc. Il rejoint à pied Fleury sur Aire avant de monter dans des autobus pour en descendre 3 heures plus tard et s’installer dans le fort de la Chaume à quelques kilomètres à l’ouest de Verdun.

160RI Verdun

En route pour Verdun

Le 25 février 1916, ils vont sur la ligne générale de Bras en progressant difficilement à travers les réseaux de fil de fer et les bois qu’ils doivent traverser. Le régiment est placé entre le ravin de Louvremont et la gauche de la 153ème division. Les bombardements empêchent les travaux de jour et la position du régiment est menacée à plusieurs reprises par les attaques allemandes.

Le 27 février 1916, le bombardement plus violent a cependant fait moins de pertes.

160RI pertes

Mais parmi celles-ci se trouve Charles Clément, mort pour la France à 22 ans.

160RI Clement

Son dĂ©cès est transcrit sur les registres d’Ă©tat civil de Savigny Poil Fol oĂą ses parents rĂ©sident. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de cette commune et sur celui de Grury, son lieu d’origine.

Sources: 5E227-13-AD71, 1R412-AD58, 6M Grury-AD71, 6M Cressy-AD71, historique du 13ème RI, sga mémoire des hommes 26N701/6 26N701/7

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