Péruzot Jean, mort pour la France

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Juil 212018
 

Jean Peruzot est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury (71). Il avait 40 ans.

 

Classe 1898

Jean Péruzot est né le 13 janvier 1878 à Grury. Il est le seul fils survivant de Léger et d’Anne Ravolet. Tailleur d’habits au lieu-dit chez Reynot, il part faire son service militaire au 162ème RI en 1899. Trois ans plus tard, il revient avec son certificat de bonne conduite. A son retour, il se marie. Le couple a plusieurs enfants:  Marie née en 1904, Alphonse né en 1907 et Joseph né en 1913.

Chez les territoriaux

Jean Péruzot est mobilisé le 1er aout 1914 à 36 ans et rejoint le 63ème RIT. Il est dirigé sur la place de Besançon le 10 août 1914. Les conditions sont difficiles: pas de voiture pour transporter les cantines et vivres aux cantonnements. Pas de paille pour le couchage des hommes.

Tous les agriculteurs étant mobilisés, quelques soldats sont prêtés aux cultivateurs pour rentrer leurs récoltes.

Puis suivent des périodes d’instructions et d’exercices. Tout le régiment (ou presque) est disponible à faire campagne au 30 septembre 1914.

« Les hommes ont fait un effort soutenu et persévérant de nature à donner l’impression qu’ils étaient nettement préparés à tous leurs devoirs. »

Les premiers détachements partent début octobre 1914, ils sont remplacés par d’autres soldats venant du dépôt d’Autun « pour combler les vides produits par les départs successifs. »

Des soldats arrivent, d’autres repartent, en sursis illimité, vers les usines du Creusot « pour des travaux relatifs à la défense nationale ».

Le 28 décembre 1914, le régiment quitte Besançon laissant 24 hommes « inaptes à faire campagne » afin d’assurer le nettoyage des locaux. Il part à quelques kilomètres à Roche et Thise.

Le départ pour le front

Le 6 février 1915, les hommes quittent la région de Besançon et prennent le train. Besançon-Dôle-Gray-Langres-Chaumont-Sainte Ménéhould – La Neuville au Pont. Puis ils doivent aller camper dans des baraques improvisées dans le bois des Hauts Batis.

Dès le lendemain, les hommes « refont les cabanes » et commencent les travaux de tranchées. Et dès le lendemain un obus tue deux hommes et en blesse trois autres.

Le journal de marche commence alors à égrener ses pertes quasi quotidiennes.

Quelques hommes repartent parce qu’ils sont pères de 6 enfants ou qu’ils sont affectés aux usines Schneider au Creusot. « Rien à signaler » dit le journal de marche… si ce n’est des obus, des morts et des blessés. L’état des pertes est récapitulé à fin juin : il contient 3 pages de noms soldats en 4 mois de front.

Pour les déserteurs repris, c’est le conseil de guerre assuré.

En juillet 1915, les bombardements sont plus intenses et les gaz asphyxiants font du dégât parmi le régiment. Les soldats sont obligés de sortir à la hâte des tranchées devenues irrespirables avant d’être souvent évacués pour maladie. A l’automne 1915, le journal de marche se remplit à nouveau des noms de nombreux tués, blessés ou disparus.

La bataille de Verdun

Alors que la bataille de Verdun vient de commencer, le 63ème RIT est dirigé sur le bois Bourrus le 9 mars 1916. La fiche matricule de Jean Péruzot indique qu’il reste à l’intérieur pendant un mois avant d’être affecté au 270ème Régiment d’infanterie le 12 avril 1916.

Ce régiment vient d’être reconstitué. Au début de mai 1916, c’est le retour en première ligne à l’est du massif boisé de l’Argonne. Puis il se déplace à Hermont avant de relever le 71ème RI dans le secteur de Chattancourt.

En aout 1916, les hommes défendent l’ouvrage de Thiaumont et participent à l’attaque de la tranchée allemande dite «  des deux arbres » qui sera un succès. Ils quittent la Lorraine le 1er septembre 1916.

La Marne et la Picardie

Le 270ème RI part dans les tranchées du secteur de Saint Hilaire le Grand jusqu’en février 1917 où le régiment rejoint la Picardie. Il occupe la première ligne à Dancourt-Popincourt début mars avant de retourner en Champagne à la fin du mois 1917.

Le régiment est dissous en juin 1917…. Jean Péruzot rejoint le 48ème régiment d’infanterie avec 237 autres soldats.

« La guerre a assez duré »

Fin juin 1917, les hommes occupent les tranchées du secteur des Eparges dans la Meuse. Les relèves sont faites sans incident. Des avions survolent les lignes à faible hauteur et mitraillent les postes avancés. Quelques bombes à ailettes sont lancées.

Les hommes ont quelques jours de repos fin août 1917 avec « séance récréative donnée par la musique du régiment » ou « fête sportive organisée par les officiers du régiment ». Le 9 septembre 1917, les bataillons sont embarqués en autos,  ils débarquent à Glorieux et relèvent leurs camarades en première ligne dans le secteur de Mormont. Le régiment reste en Lorraine jusqu’à la fin de l’année 1917.

Le 12 février 1918, les allemands envoient un papier en français « La guerre a assez duré »…. mais la guerre continue !

Dans l’Aisne

Fin mars 1918, c’est le départ de la Lorraine… faux départ retardé. Les hommes sont acheminés dans l’Aisne au sud ouest de l’Ailette. De nouveaux combats les attendent. Des dernières attaques de Jean Péruzot sont en juillet 1918. La 19ème division doit attaquer l’axe Corne Est du bois de Mauloy, la fontaine aux Chesnes et les lisières nord du Grand Rozoy. Un violent et continuel bombardement a eu toute la nuit du 19 au 20 juillet. L’attaque reprend le lendemain et le régiment éprouve des pertes sérieuses : 32 tués, 146 blessés. Le 21 juillet, l’attaque se poursuit et fait 11 morts et 70 blessés.

Jean Péruzot est évacué comme malade le 21 juillet 1918, il décède le même jour à l’hôpital d’évacuation 35/1 de la Courneuve. Il avait 40 ans.

Il est le 59ème mort pour la France de la commune de Grury et est enterré à la tombe 4 du cimetière d’Aubervilliers (93)

 

Sources : 5E227/12-AD71, 1R RM Autun 1898-AD71, 6M Grury –AD71, 3R321-AD71, 26N 787/6-sga mémoire des hommes, 26N 637/3 et 4-sga mémoire des hommes, Historique du 270ème RI-argonnaute

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Sotty Joseph, mort pour la France

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Juin 232018
 

Joseph Sotty , très brave caporal, est mort le 23 juin 1918 à Moulin sous Touvent dans l’Oise. Il est le 58ème mort pour la France de la commune de Grury.

 

Classe 1915

Joseph Sotty est né le 5 janvier 1895 à Montpalais, hameau de Grury. Il est le 4ème enfant d’Antoine, cultivateur, et d’Antoinette Devion. Il est condamné à 54 francs d’amende en 1913 pour chasse en temps prohibé

Classe 1915, il est incorporé le 19 décembre 1914 et rejoint le 56ème RI. Son frère n’est pas revenu, étant de la classe 1913.

Après quelques mois d’instructions, il rejoint probablement le front dès le printemps 1915. Le 56ème Régiment d’infanterie est dans le secteur du bois d’Ailly où ils resteront jusqu’à la fin de l’été.

Le journal de marche est très fourni en renseignements, en cartes détaillées et nous montre même quelques photographies.

En ce 15 mai, le 1er bataillon en entier est en 1ère ligne sur le front Bois Mullot, Sud de la maison Blanche, Sablière et Carrière. Une compagnie du 2ème bataillon est en renfort un peu plus à l’ouest…. et Joseph Sotty est blessé. Une plaie thoracique avec contusions par balle qui l’oblige à être évacué.

Sa fiche matricule indique « sorti le 4 juin 1915. » Il revient combattre tout l’été dans le même secteur.

La Champagne

Le 26 septembre 1915, c’est le départ pour la Champagne. La gare de débarquement est celle de Villers Daucourt avant de prendre des autos puis de rejoindre Somme-Tourbe. Les hommes prennent positions vers la tranchée de la Vistule.

Le journal de marche est moins fourni. Plusieurs croquis restent en attente d’être réalisés.

Le 10 novembre, le 1er bataillon est en alerte en raison d’une attaque allemande et subit un très violent bombardement. Joseph Sotty est blessé par éclat d’obus à la face. L’état moral des bataillons passe de satisfaisant à très déprimé, passable et assez bon…

Retour au bois d’Ailly

Le 56ème régiment d’infanterie quitte la Champagne pour retourner dans le secteur de St Mihiel, le Bois d’Ailly en début d’année 1916.

Dans la nuit de 30 avril au 1er mai 1916, il a montré tout son courage en laissant approcher une patrouille de 4 allemands, en tuant un et en blessant un autre alors qu’ils n’étaient plus qu’à 15 mètres.

Pendant l’été 1916, le 56ème RI participe aux combats de Verdun vers le village de Fleury avant de repartir le 10 aout vers la Lorraine.

Départ pour la Somme

Après quelques temps de repos, le régiment s’embarque pour la Somme le 26 novembre. Il occupe en fin d’année le secteur de Belloy en Santerre avec une des périodes les plus pénibles de toute la campagne.

Retour en Champagne

Le régiment est relevé le 8 janvier 1917 et se dirige vers la Champagne. Saint Hilaire le Grand, où il brille. Puis Maisons de Champagne où la situation est plus critique. La troupe reste dans le secteur jusqu’au printemps 2018.

Joseph Sotty est promu soldat de 1ere classe le 22 janvier 1918, il est nommé caporal le 10 mars 1918.

La Picardie

Les troupes partent alors au repos avant de repartir pour la Picardie face à l’attaque déclenchée par l’ennemi sur le front anglais.  Les hommes débarquent à Choisy au Bac avant de rejoindre le secteur d’Orvillers Sorel, entre le bois de l’Epinette et le bois de Gueule.

Le 23 juin 1918, un coup de main est donné sur le groupe ennemi sur la crête dominant le ravin de Moulin Sous Touvent… et il échoue.

« Un caporal disparu au cours du coup de main » manque à l’appel, c’est Joseph Sotty. Il avait 23 ans.

Son corps repose dans la tombe N°25 de la nécropole de Compiègne. Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de vermeil. Il est le 58ème mort pour la France de la commune de Grury.

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1915-AD71, 26N645/1 à 14–sga mémoire des hommes, Historique du 56ème Régiment d’infanterie.

 

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Fontaine Henri, mort pour la France

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Juin 102018
 

Henri Fontaine est le 57ème mort pour la France de la commune de Grury.  Il est né le 14 novembre 1893 au hameau de Bousseloup et est le 3ème fils des quatre enfants Louis Fontaine et de Pierrette Luard.

 

Incorporé pour ses 20 ans

La classe 1913 a la particularité d’avoir été incorporée dès le mois de novembre 1913, soit un mois après celle de 1912.

Henri Fontaine rejoint le 10ème régiment d’infanterie et appartient à la 10ème compagnie. Il écrit régulièrement à sa famille.

Départ pour les Vosges

Le 10ème régiment d’infanterie quitte Auxonne le 05 août 1914 vers les Vosges et débarque à Charmes dès le lendemain matin. Les hommes avancent vers l’Est. Un mois plus tard, Henri Fontaine est blessé par balle au bras droit dans le secteur de la mare aux vaches mais il est noté disparu sur le journal de marche du régiment

Les lettres à la famille

Il retourne au front au plus tard dans le mois qui suit puis écrit le 18 novembre 1914 :

« Il ne fait pas chaud aujourd’hui. Il a gelé. Nous n’avons pas eu trop chaud dans les tranchées. J’ai un couvre pied et une couverture que j’ai reçu de chez nous. [..] Il a tombé de la neige le 15 puis il a tombé de l’eau. […] Qu’est ce que vous voulez que j’en pense, je crois que ce n’est pas encore fini et sans doute il en a encore pour longtemps. Et il ne faut pas comparer 1870 à aujourd’hui.[…] Comme il fait froid, les nuits j’ai mal aux dents et je ne peux pas les faire arracher. »

Le 21 décembre 1914, il écrit ;

« Pour le moment il y a beaucoup de malades qui entrent à l’hôpital, je vais vous dire que la fièvre typhoïde commence à entrer dans les rangs de notre armée. […] Quant à moi, j’y suis été vacciné au mois de mai dernier, je pense qu’on ne vaccinera pas une seconde fois. Je n’y tiens pas non plus, il fait assez mail, ils font 4 injections derrière l’épaule à 8 jours d’intervalle. […]

Le 25 décembre 1914, jour de Noël :

« Nous voilà bientôt au nouvel An. Je vous exprime mes meilleurs vœux de bonne année à chacun de vous, il faut espérer que nous nous retrouverons un jour, nous ne le savons pas, il n’y a que le Bon Dieu qui le sait. »

La famille aura peut être reçu les vœux à temps en Saône et Loire, mais le courrier au front a été en retard suite à une grande quantité de lettres envoyées aux poilus.

La forêt d’Apremont

Le 10ème régiment d’infanterie est dans le secteur de la forêt d’Apremont au début de l’année 1915.

« Il pleut ces jours là, il tombe même de la neige » écrit Henri le 14 février. « Nous sommes mieux nourris que le début et le pain est assez bon et n’a rien à comparaitre à côté du pain des Allemands. J’en ai mangé […] il était aussi noir que la cheminée et était amer. »

Le régiment a passé 10 jours à Commercy pour se faire vacciner contre la typhoïde. Henri plaint les réfugiés qui ont été évacués.

Très occupé, Henri n’a pas le temps d’écrire. Il se cache au passage des aéros qui volent constamment et annonce probablement sa nomination comme caporal le 18 avril 1915.

Nouvelle blessure

Le Caporal Fontaine est blessé à la région cervicale et au thorax le 17 juin 1915 alors qu’il était aux avants postes du bois d’Ailly.

Il est évacué à Bourgoin Jallieu et écrit qu’il ne peut pas marcher. Le voyage l’a aussi beaucoup fatigué et la blessure lui a déclaré des rhumatismes… il n’a que 22 ans…

Il retourne à sa caserne à la fin de l’été avant de passer la visite qui déterminera s’il repart au front ou non. Il écrit plusieurs fois depuis Auxonne et Dijon en fin d’année 1915 et espère obtenir une permission pour Noël.

Changement de régiment

Henri Fontaine passe au 211ème régiment d’infanterie le 24 mars 1916 puis au 220ème RI un mois plus tard. Il participe probablement à la bataille de Verdun.

Le courrier est plus rare en cette année 1916

Henri Fontaine est nommé Sergent le 12 avril 1917.

En fin d’année il est affecté au 283ème régiment d’infanterie qui est dans l’Aisne. Il y dort la journée et veille la nuit.

« Il a fallu s’habituer, moi qui n’avait pas veillé comme ça il y a 10 mois. »

Les hommes ne peuvent pas faire de feu en ce mois de décembre 1917 à cause de la lueur la nuit et de la fumée le jour. Henri écrit « nous sortirons d’ici aussi blancs que de la neige, on ne voit pas le soleil puisque le jour on ne peut pas sortir à moins qu’il y aie des brouillards. Ce n’est pas toujours intéressant la guerre et même jamais. »

Tué dans l’Oise

Le 283ème régiment est dans l’Oise en cette année 1918. Le 10 juin 1918, à la Folie près de Margny les Compiègne, Henri Fontaine est tué par éclat d’obus. Il est décoré de la croix de guerre.

Son corps est rapatrié le 30 avril 1921 et il repose au cimetière de Grury.

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1903-AD71, 26N584/1 à 5, 26B718/13, 26N738/7–sga mémoire des hommes

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Claude Priet, mort pour la France

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Juin 012018
 

Claude Priet est le 56ème mort pour la France de Grury. Il est décédé des suites d’une intoxication par gaz à l’hôpital de Redon (35). Il avait 24 ans.

 

Le dernier de la famille

Claude Priet est né le 20 juillet 1894 au hameau des Granges à Grury (71). C’est le dernier des 9 enfants de Jacques Priet, cultivateur et de Louise Journet.

Il a tout juste 20 ans quand la première guerre mondiale est déclarée. Ses frères partent chacun dans leurs régiments respectifs : le train des équipages militaires pour l’ainé Jean Marie, l’artillerie à pied pour Etienne, le génie pour Philibert, l’artillerie de campagne pour l’autre Jean Marie et l’autre Etienne est évacué comme blessé dès la fin août 1914.

Dans l’infanterie

Claude Priet part rejoindre le 134ème régiment d’infanterie le 8 septembre 1914 où il suit probablement quelques mois d’instructions. Il est ensuite affecté au 56ème RI dès le 17 novembre 1914 puis au 95ème RI le 13 décembre 1914. C’est peut être avec ce régiment qu’il découvre le front et subit le baptême du feu.

Le 95ème régiment d’infanterie est au repos au sud de Saint Mihiel (55) et reçoit plusieurs renforts :

Р277 hommes dont 258 soldats le 15 d̩cembre 1914

Р225 hommes le 16 d̩cembre 1914

Р281 hommes le 19 d̩cembre 1914.

Les hommes semblent rejoindre leurs unités dès le 23 décembre dans le secteur de la tête à vache. Le journal de marche égrène déjà chaque jour un état de pertes comprenant blessés et/ou tués.

Tête à vache, un secteur meurtrier

Le secteur est très meurtrier et le régiment continue de recevoir régulièrement des vagues de renfort par centaine.

Malgré leurs efforts, les hommes ont du mal à prendre les tranchées ennemies. « L’opération d’attaque prescrite par le commandement a échoué parce qu’elle n’avait qu’une préparation très insuffisante par le génie et aussi en raison de la fatigue extrême des troupes de 1ère ligne ».

La fête de l’empire contre la marseillaise

Le 28 mars 1915, les allemands souhaitent fêter la constitution de leur empire… les français continuent de tirer.

La déclaration de guerre de l’Italie à l’Autriche deux mois plus tard est fêtée dans les tranchées au son de la Marseillaise.

Verdun…

Le mois de juillet 1915 est intensif au niveau des combats. Le 95ème Régiment d’infanterie reste en place dans la même zone géographique pendant encore plus d’un an et va vivre le début de la bataille de Verdun à Douaumont.

Claude Priet est affecté au 36ème RI le 23 juin 1916. Le journal de marche de ce régiment est beaucoup moins bavard. La mention « même situation » avec le nombre de tués et de blessés est égrenée quotidiennement.

Les hommes restent dans le secteur de Mouilly, la Colonne et les Eparges au sud de Verdun jusqu’au printemps 1917.

Le chemin des dames

Fin mars après un passage en Lorraine, le régiment rejoint la région de Château Thierry. Le 30 mai, il est dans la région de Noyon (Oise) avant de monter en ligne à Urvillers au sud de Saint Quentin le 26 juin 1917.

Le 1er bataillon est cité à l’ordre du corps d’armée pour son coup de main du 15 novembre sur l’Ailette. Les hommes vont dans le secteur du chemin des dames début décembre 1917 entre Vauclerc et Craonne et… Claude Priet est promu soldat de 1ère classe le 23 décembre 1917.

Evacué en Bretagne

Le 36ème RI part au mois de mai 1918 vers la Belgique dans la région du Mont Kemmel. Claude Priet est évacué comme blessé le 22 mai 1918 et décède des suites d’une intoxication par gaz le 1er ou le 2 juin 1918 à l’hôpital complémentaire N°57 de Redon (35). Sa fiche matricule donne les deux dates, l’une à l’encre, l’autre au crayon de papier. Il avait 24 ans.

Il est le 56ème mort pour la France de Grury. Ses frères sont tous revenus du front. Son corps est rapatrié. Il repose au cimetière de Grury. Sa plaque indique qu’il a été tué au Mont Kemmel…

 

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1914-AD71, 26N670/4 à 6, 26W612/5 et 6 –sga mémoire des hommes

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Baudelin Claude, mort pour la France

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Avr 042018
 

Agé de 45 ans, Claude Baudelin est le 55ème mort pour la France de la commune de Grury (71). Il a été tué par l’ennemi dans la Somme.

 

Un cultivateur ordinaire

Claude Baudelin est né le 13 novembre 1873 à Urly commune d’Issy l’Evêque (71) d’Emiland et de Pierrette Theveniaud. Il est le 6ème enfant de la fratrie.

Claude part faire son service militaire au 19ème bataillon de chasseurs à pied en 1894 et revient à la vie civile en septembre 1897. Il se marie le 8 mai 1900 à Marly sous Issy avec Marie Nectoux puis part s’installer avec ses beaux parents aux Rio des Crottes à Saint Léger des Vignes (58).

Il revient en Saône et Loire en 1905 où il s’installe aux Dorains à Grury toujours avec ses beaux-parents.

 

Mobilisation générale

Mobilisé par décret du 1er aout 1914, il arrive au service des gardes de voies de communication le 16 septembre 1914, mais un mois plus tard il est rappelé au corps. Les hommes semblent suivre une période d’instructions.

Il passe au 44ème bataillon de chasseurs à pieds le 18 mai 1915 qu’il rejoint accompagné de « territoriaux et de réservistes n’ayant jamais servi. »

Le régiment est à Carency (62) et vient de subir 4 jours de combat. Son action a cependant permis la prise de 700 prisonniers dont plusieurs officiers.

Sur le front

Claude rejoint peut être réellement le front le 22 mai 1915 sous des bombardements intermittents. Il y reste en tous cas une semaine avant d’être affecté au 226ème régiment d’infanterie. On peut alors imaginer qu’il appartient à la compagnie de mitrailleuses qui vient d’être constituée.

 

Le 3 juin le 5ème bataillon resté en première ligne enlève une tranchée et fait 44 prisonniers. Les bombardements sont violents mais il faut construire « le boyau des Mâconnais. » Après une semaine, les hommes partent au repos.

Les attaques s’enchainent parfois sans trop de bons résultats… Le repos à l’arrière a lieu fin juin. Les combats continuent jusqu’à fin septembre 1915.

Le 17 octobre 1915, c’est la remise de la croix de guerre au drapeau.

Au 14ème RIT

Claude Baudelin est affecté au 14ème Régiment d’infanterie territorial le 16 novembre 1915. Les hommes défendent la région de la fosse Calonne où ils restent jusqu’à la fin février.

Le 25 février 1916, c’est le départ pour la Somme. Départ difficile en raison du verglas et de la neige.

De plus, la région de Belleuse (80) est, elle aussi, frappée par des mauvaises conditions météorologiques. La route est complètement coupée par la neige qui atteint plus d’un mètre par endroit. Il faut donc faire précéder la colonne par un chariot chasse neige pour que les hommes puissent atteindre leur point de cantonnement. A peine arrivé, il faut déjà prendre place sur le front….

Ils restent dans la région jusqu’au mois de juin où ils reçoivent l’ordre de faire une marche de nuit alors qu’ils ont travaillé toute la journée dans les tranchées.

L’Oise et le retour à l’armée active

En juin 1916, les hommes prennent donc le train pour aller effectuer des relèves à Saint Léger aux Bois dans l’Oise.

Le journal de marche est plus laconique pendant l’été. A partir du 19 aout 1916, les hommes sont dans le secteur de Tracy le Val.

Le 21 avril 1917, tous les hommes et gradés des classes 1897 et plus jeunes sont envoyés en renfort dans les régiments actifs. Claude Baudelin est de la classe 1893, il reste au 14ème RIT.

Le régiment dissolu

Le 22 janvier 1918, le 1er bataillon auquel appartient Claude Baudelin est désigné pour être « bataillon de réserve d’infanterie d’une division ». Un mois plus tard, le 14ème RIT est dissolu et seul le 1er bataillon subsiste.

Le 31 janvier 1918, ce bataillon quitte Noyon pour rejoindre la région de Dunkerque. Il débarque à Bergues et cantonne à Biernes. Les hommes sont affectés au parc du génie d’Adinkerque (Belgique).

Retour dans la Somme

Le 30 mars 1918, le bataillon prend le train et débarque à Longueau, à l’est d’Amiens. Le 3 avril, il arrive à Dommartin.  Claude Baudelin est tué dans la matinée du 4 avril 1918.

 

 

Il est le 55ème mort pour la France de Grury. Son nom ne figure pas sur la plaque de l’église paroissiale.

Sources 5E239/24-AD71, 5E280/11 -AD71, 1R RM Autun 1893/2-AD71, 6M Grury-AD71, 6M250-AD58, sga mémoire des hommes : 26N827/14, 26N721/1, 26N775/8, 26N775/9, 26N775/10

 

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Bouton Etienne, mort pour la France

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Oct 232017
 

Etienne Bouton est né le 18 septembre 1892 au hameau de St Siacre à Grury (71). Il est le 3ème enfant de Jean Marie Bouton, cultivateur et d’Anne Frappet et frère de Jean Marie Bouton, mort pour la France en septembre 1917.

Bon pour le service

Etienne part au régiment le 9 octobre 1913. Il rejoint le 158ème régiment d’infanterie dans les Vosges dont il doit être libéré en 1915. Mais la classe 1912 est l’une de celles qui passeront le plus de temps au front… du moins pour ceux qui reviendront vivants.

Mobilisés avant l’heure

De part leur présence dans les Vosges, les hommes du 158ème régiment d’infanterie sont prêts à intervenir avant même l’ordre de mobilisation générale. Ils rejoignent la région du col du Bonhomme dès le début du mois d’Août avec l’ordre de ne pas dépasser la frontière. Le 4 août, ils aperçoivent quelques hommes en gris longeant la forêt, le lendemain c’est le baptême du feu et déjà le premier tué (côté allemand) et les premiers blessés (français et allemands).

Première blessure à l’épaule

Le 20 aout 1914, le 158ème RI doit occuper la cote 500 entre Reigensthal et St Léon. L’ennemi est bousculé sous un feu croisé de mitraillettes et de fusillade. Il laisse de nombreux morts sur le terrain et 30 prisonniers. Le 21 aout 1914, Etienne Bouton est blessé à Abreschviller. C’est une plaie à épaule droite qui va l’éloigner du front, peut être liée au combat à la baïonnette.

 

La différence entre fiche matricule et état de services

D’après sa fiche matricule, on apprend les renseignements suivants.

Il est évacué à l’hôpital du Moulin où il reste jusqu’au 13 septembre avant de rejoindre Lyon : Desgenettes, Ste Foy les Lyon et Ecole de Santé militaire (avenue Berthelot). La fin de son séjour se termine par une permission de 6 jours du 11 au 17 janvier 1915 qu’il passera peut être à Grury.

Par contre ses états de services sont plus complets.

Son séjour à l’hôpital commence à Moulins (03) du 24 aout au 12 septembre 1914. Il rentre au dépôt puis il part à Desgenettes à Lyon où il séjourne jusqu’au 2 octobre. On le retrouve à Caluire (69) pendant 6 jours avant son départ pour Sète (34) jusqu’au 27 octobre 1914. Pas de mention de l’école de santé, aucune trace de permission à cette période.

Retour au front ?

18 janvier 1915 : « la neige est tombée abondante pendant la nuit ». Selon sa fiche matricule Etienne Bouton rejoint le front après sa permission. Mais le 158ème a bien bougé depuis son départ : les Vosges, la Meurthe et Moselle, la Marne, la Belgique, les Flandres… Les hommes sont à Villers Chatel (62) et le médecin major vient d’organiser dans son cantonnement des douches à eau chaude.

 

Les batailles se succèdent

Le régiment d’Etienne Bouton participe à de nombreuses batailles comme celle de la prise de l’éperon sud de notre Dame de Lorette le 15 mars 1915 dont l’article paru dans « l’écho de Paris » est conservé dans le journal de marche.

En septembre 1915, c’est l’attaque du bois en Hache qui provoque de grandes pertes dans le régiment.

Où est Etienne ?

Selon sa fiche matricule, il est au front, cependant son « état de services » précise que l’extraction de son projectile a lieu à l’hôpital Desgenettes du 25 aout au 14 septembre 1915. L’intervention est suivie d’une face de convalescence à Lyon puis à Sète dans différents hôpitaux avant une permission de 7 jours et le retour à son détachement.

Etienne est peut être au front début 1916..

Le 7 mars 1916, les hommes sont acheminés vers Verdun où ils vont vivre une des batailles les plus meurtrières de la première guerre mondiale.

Ils repartent un mois plus tard pour la Marne avant de rejoindre dans la Somme.

 

Deuxième blessure

Le 18 aout 1916, le 158ème RI quitte en auto son cantonnement pour rejoindre les tranchées dans le secteur de Soyécourt (80). L’attaque de la zone comprise entre cette commune et Vermandovillers débute le 4 septembre 1915 à 14H.

Etienne Bouton est blessé à la cuisse gauche par éclat d’obus. Sa fiche matricule évoque un passage à l’hôpital temporaire N°12 du Havre, un passage par l’ambulance 16/12 mais sans date. L’état de services parle de l’hôpital de Compiègne….

Le soldat reste en convalescence pendant 20 jours (15 jours selon l’état de services) à compter du 5 novembre 1916. Il rejoint son régiment le 28 novembre de la même année.

Le 158ème rejoint la Haute Saône un mois plus tard. Dès février 1917, il reste entre ce département et l’Alsace. Les conditions de voyages sont difficiles avec les routes verglacées.

Le chemin des dames

Au printemps 1917, le régiment est acheminé par étapes jusqu’au chemin des dames dans l’Aisne.

Etienne Bouton est cité à l’ordre du régiment le 30 mars 1917 :

« très bon soldat courageux, dévoué, a été blessé deux fois ».

Il est promu soldat de 1ère classe le 16 mai 1917.

Une répétition grandeur nature

L’attaque du 23 octobre est préparée avec minutie pendant 2 mois. Selon l’historique du régiment, elle est même répétée à l’arrière avec un terrain aménagé. « Qu’est ce qu’ils vont prendre » se disent les hommes à quelques minutes de l’heure de début du combat.

Etienne Bouton disparait le 23 octobre 1917 dans le combat de Chavignon dans l’Aisne. Il avait 25 ans. Son acte de disparition est signé du lieutenant Cotinaud en décembre 1917.

Le jugement de décès est rendu quelques jours avant Noël.

Etienne Bouton est le 54ème mort pour la France de Grury. Son frère Jean Marie est décédé un mois plus tôt, le 21 septembre 1917.

 

Sources 5E227/12-AD71, 1R-RM Autun 1912-AD71, 3U301-AD71, 26N700/10 à 13-sga mémoire des hommes, Historique du 158ème RI

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Bouton Jean Marie, mort pour la France

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Sep 212017
 

Jean Marie Bouton est le 53ème poilu de Grury « mort pour la France » . Il est tué dans la région de Douaumont.

 

Classe 1917

Jean Marie Bouton est né le 16 décembre 1897 au hameau de St Siacre à Grury (71). Il est le 5ème enfant de Jean Marie Bouton, cultivateur et d’Anne Frappet.

Classe 1917, la guerre a débuté alors qu’il n’avait que 17 ans. Il fait donc partie de ses classes appelées en avance. Son frère Etienne est déjà sur le front et a déjà été blessé deux fois….

Jean Marie part au régiment le 11 janvier 1916. Il rejoint le 21ème régiment d’infanterie où il bénéficie d’un temps d’apprentissage raccourci. La classe 1917 est en effet partiellement au front dès juillet 1916.

 

Le chemin des dames

Il est affecté au 31ème régiment d’infanterie le 9 novembre 1916. Ses camarades de troupe se battent dans le secteur du bois de Saint Pierre Vaast. Ils sont relevés le 13 novembre et vont cantonner à Saumont la Poterie (76).

Après quelques jours de repos et d’instruction, le régiment est transporté le 7 décembre dans la région de Lhuitre (51) avant d’être affecté au sud de chemin des dames. La première relève a lieu le 13 décembre sur les environs de Paissy-Beaurieux (02).

Le manque de voitures et de chevaux rendent le ravitaillement difficile. Des avions survolent les hommes, des tirs de canons sont réguliers mais c’est la pluie persistante qui cause le plus de dégâts. « Les boyaux sont comblés, les terres éboulées, les lignes téléphoniques coupées ».

 

A partir du mois de février, le régiment est affecté au sous secteur des buttes où il va patiemment préparer la prise du bois des buttes. L’attaque a lieu le 16 avril 1917. Elle est déclenchée à 5H30 et après trois journées de lutte, ce n’est pas moins de 3 km qui ont été repris sur l’ennemi.

Au 415ème RI

Difficile d’imaginer que Jean Marie Bouton soit affecté au 415ème RI au plus milieu d’une des batailles essentielles qu’ait mené le 31ème régiment d’infanterie.

Ce nouveau groupe est dans la région des Eparges (55). Il est au repos début juillet 1917 avant de participer aux batailles du Mont Blond (région de Prosnes dans la Marne). Le régiment est relevé le 3 août.

A Verdun

Le 415ème Régiment d’infanterie arrive dans la région de Verdun. Il occupe la région d’Hardaumont (Vaux devant Damloup) au début du mois de septembre 1917.

Jean Marie Bouton décède au Ravin du Helly, commune de Douaumont le 21 septembre 1917. Il repose dans la tombe 192 de Fleury devant Douaumont.

Il est le 53ème mort pour la France de Grury. Jean Marie Bouton n’avait pas vingt ans. Son frère Etienne décèdera un mois plus tard, le 28 octobre 1917.

 

Sources: 5E227/13-AD71, 1R-RM Autun 1917-AD71, 26N605/9-sga mémoire des hommes, Historique du 31ème RI et du 415ème RI.

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Têtu Lucien, mort pour la France

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Sep 032017
 

Lucien Têtu est le 52ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne le 3 septembre 1917 à 20 ans.

 

Têtu, un enfant de l’assistance.

Lucien Têtu est né le 1er mai 1897 à Melun (77) selon sa fiche matricule. Cependant, il n’apparait pas sur le registre des naissances de la commune.

Pupille de l’assistance publique de la Seine, il se retrouver à Grury (71) à une date à déterminer. (Il est trop jeune pour être sur les listes électorales avant son départ à la guerre. Il n’apparait pas dans les recensements de 1906).

 

Départ pour la guerre

Âgé de 19 ans, il part pour la guerre le 11 janvier 1916. Comme toutes les nouvelles recrues, il bénéficie d’un temps d’apprentissage relativement court avant d’être précipité au front. En effet, la classe 1917 est partiellement au front dès juillet 1916.

Il est affecté au 109ème régiment d’infanterie qui vient de subir la bataille de Verdun et se trouve en Champagne. Le régiment est dirigé sur la Marne avant d’aller se battre dans la bataille de la Somme.

Au 152ème RI

Lucien Têtu est affecté au 152ème régiment d’infanterie le 17 octobre 1916. Ses camarades au front viennent de mener la bataille pour s’emparer de Sailly-Saillisel (80). Et les pertes s’élèvent à plus de 1000 hommes sur 1976 engagés en 1ère ligne.

Il fait probablement partie du renfort de 170 hommes arrivés le 30 octobre 1916.

Dans les Vosges

Le régiment embarque à la gare de Loeuilly le 1er novembre 1916 en 3 trains et traverse la France : Beauvais, Pantin, Noisy le Sec, Troyes, Bologne, Epinal, Bruyères. Il arrive à Corcieux (88) dès le lendemain.

La troupe reste au repos (et exercices militaires) jusqu’à son départ le 13 novembre. 4 trains quittent Corcieux pour Giromagny (90). Les hommes cantonnent dans la région de Dannemarie avant de retrouver le front le 13 décembre 1916.

Quelques tirs, quelques obus, quelques blessés, quelques avions qui survolent la zone.

Les ordres d’opérations prévoient des actions rapides en avant pour ramener des prisonniers et du matériel.

Les hommes sortent parfois en tenue légère.

Et comme il faut un mot de passe, que choisir d’autre que le nom de la bataille qui a fait tant de dégâts dans le régiment : Sailly-Saillisel!

Les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances et on dénombre encore des morts et des blessés. Les tirs se font plus présents en fin d’année. Pas de trêve des confiseurs dans les tranchées.

Au début de l’année 2017, le 152ème RI est survolé par les avions quasi journellement. Un nouveau coup de main est tenté sur le Schonholz le 21 janvier. Et un avion est abattu le 25 janvier. Son aviateur est retrouvé du côté français et fait prisonnier.

Le régiment part à l’arrière pour quelques temps. Il revient au front le 13 février.

Lucien Têtu est blessé le 18 février et évacué du front. Sa blessure n’est pas indiquée dans le journal de marche du régiment.

Début mars, le combat durcit. Quelques jours plus tard, le 152ème RI est relevé par le 63ème RI. Il va cantonner dans la Haute Saône au sud de Vesoul.

Les batailles dans l’Aisne

Le 1er avril, les troupes prennent le train : Villers le Sec, Vesoul, Gray, Dijon, Montereau, Melun, Villeneuve St Georges, Bercy Ceinture, La Chapelle le Bourget et Villers Cotterets.

Lucien Têtu n’aura probablement pas eu le temps d’apercevoir sa ville de naissance.

Les hommes sont dorénavant dans l’Aisne.

Ils rejoignent le front le 13 mai dans la région de Beaurieux. Les tirs ennemis d’obus deviennent quotidiens jusqu’à fin mai.

Début juin, alors que les hommes sont au repos, c’est un renfort de 450 hommes qui se joint au 152ème RI. Autre bonne nouvelle, le colonel, une délégation du régiment, le drapeau et sa garde vont défiler à Paris le 14 juillet 1917.

Mort dans la Marne

Le 27 juillet, le régiment part en camion pour la Marne. Un peu de repos et une pièce de théâtre le 13 aout avant de repartir pour la région de Reims. Retour en 1ère ligne pour les hommes le 18 aout 1917.

Lucien Têtu meurt le 3 septembre 1915 à la tranchée Friand par éclat d’obus. Il avait 20 ans.

De la commune de Courcy où il meurt, il est inhumé à la Verrerie de Neuvillette les Rheims.

Avec la création des nécropoles militaires, son corps sera déplacé à Sillery. Sur sa plaque, il est injustement noté comme appartenant au 155ème RI (qui était aux Eparges(55) à cette date).

Lucien Têtu est le 52ème mort pour la France de Grury. Il est enterré dans la tombe N°410.

Têtu

Sources : 6E306/103-AD77, 1R RM Autun 1917, 26N697/14-sga mémoire des hommes, l’image de la guerre numérisé par Gallica

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Lanoiselée Lazare, mort pour la France

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Mai 012017
 

Lazare Lanoiselée est le 51ème poilu de la commune de Grury mort pour la France. Son nom est uniquement sur la plaque de l’église.

Lazare Lanoiselée est né le 26 janvier 1875 au hameau des Oudots à Marly sous Issy. Il est le premier enfant de Pierre Lanoiselée, laboureur et d’Edenise Moulin.

Service militaire, mariage…

Lazare part faire son service militaire au 13ème régiment d’infanterie en novembre 1896. Il en revient avec son certificat de bonne conduite. Un mois après son retour, il épouse le 24 octobre 1899 à Issy l’Evêque Marie Moreau. Le couple s’installe à Issy l’Evêque. Il est recensé soit au hameau de la famine avec les parents Lanoiselée soit au hameau des Longvas avec les parents Moreau. Plusieurs enfants naissent, que des garçons : Pierre, Nicolas, Philibert, Jean…

Mobilisé à 39 ans

Arrive le mois d’août 1914, c’est la mobilisation générale. Lazare Lanoiselée a 39 ans et il doit partir au front. Il rejoint son corps d’arme le 15 aout et est affecté au 295ème régiment d’infanterie le 4 novembre 1914.

Le journal de marche du régiment indique l’arrivée de ces renforts d’Autun et précise que « le détachement est momentanément cantonné à Annequin où il restera quelques jours avant d’être réparti entre les unités et conduit aux tranchées. »

La première bataille de l’Artois

Les jours passent avec les mentions « rien à signaler » ou « situation sans changement ». Comprenez que les hommes sont dans les tranchées sous les feux des mitrailleuses et tirs ennemis. Et que malheureusement, ils sont déjà habitués à voir leurs camarades être blessés ou tués. L’ennemi n’est pas loin, les patrouilles peuvent entendre des conversations en allemand.

Ça bouge dans la nuit du 6 au 7 décembre 1914. Les forces ennemies se sont repliées devant Vermelles et il faut réorganiser la défense. Quelques jours plus tard, le 295ème RI participe à la première bataille de l’Artois pour tenter de rejeter l’ennemi hors de la voie ferrée La Bassée Grenay. Et ce n’est pas le café alcoolisé dans les bidons qui leur permettra de tous survivre.

Un violent corps à corps

Après un premier Noël et un premier jour de l’an de guerre, les hommes continuent de travailler dans les tranchées pour protéger le secteur. Mais le 25 janvier 1916, les allemands décident d’attaquer les tranchées anglaises. Ils avancent grenade à la main et prennent facilement certaines positions françaises. Le combat se fait au corps à corps et ceux qui tentent de sauver des pièces d’artillerie sont tués sur le champ. La bataille fera 32 tués, 27 blessés et 11 disparus

Les allemands attaquent à nouveau en masse le 29 janvier. Les pertes s’élèvent à près de 100 hommes. Certains corps sont restés entre les mains de l’ennemi.

Les corons de Bully

Le 295ème RI est relevé début février 1915 et est affecté en avant des corons de Bully, Grenay. Le secteur est plus calme. Le régiment aménage activement les défenses du lieu : aménagement de traverses, approfondissement et nettoyage des tranchées, ajout de barbelés, création d’abris…

Le 5 mars, les hommes sont appelés en soutien des chasseurs à pied dans le boyau dit « des arabes » à l’ouest de Notre Dame de Lorette.

Après quelques jours sous les bombardements, ils retournent à Bully et retrouvent un calme apparent. Le 9 mai 1916, la bataille de Loos a lieu et les hommes du 295ème RI sont en alerte mais « Le 5ème bataillon n’ayant pas d’objectifs très apparents sur son front n’a pas à intervenir. »

Pas vraiment au repos

Le régiment est mis au repos le 30 mai 1915. Il reçoit un renfort de 100 hommes qui sont répartis dans les différentes compagnies. Mais 2 jours plus tard, il doit retourner au front pour tenir le sous secteur du chemin de Bully à Angres à la route Noulette Angres. La relève se fait par un boyau d’accès de plus de 4km pour atteindre la 1ère ligne. Bien entendu, sous un bombardement violent.

Les hommes vont occuper la position devant l’ouvrage blanc jusqu’au 8 juillet où ils vont avoir droit à 8 jours de repos.

Le 11 juillet, ils auront droit à une douche tiède ! Le 16 juillet, il faut déjà repartir au front.

Le secteur d’Arras

Fin septembre 1915, le régiment se porte sur la région de Maroeuil. Il est prêt à continuer sur Neuville saint Waast. Le 29 septembre, il occupe les anciennes lignes allemandes vers la cote 105 et s’affaire à organiser boyaux et tranchées sous les bombardements intermittents. Le 11 octobre, tout le régiment est mobilisé pour déboucher du boyau de la cote 105 mais le franchissement est impossible. Les liaisons téléphoniques sont rompues, les communications par coureurs sont retardées par l’obstruction des boyaux. Sous le bombardement d’une violence inouïe, de nombreux hommes sont enfouis et dégagés. En fin de journée, le calme revient peu à peu.

C’est la pluie qui fait son apparition fin novembre et rend les conditions dans les tranchées plus difficiles : boue, éboulements… Avec le piétinement lors de la relève, la boue s’épaissit (jusqu’à atteindre parfois 1 mètre de hauteur). Certains hommes sont enlisés et il faut les secourir à l’aide de planches et de cordes.

Dégradation militaire

Le journal de marche indique au 25 décembre « jour de Noël – Repos »

Trois jours plus tard, c’est devant 100 hommes du régiment que sera dégradé un soldat de 2ème classe, condamné à 20 ans de détention pour abandon de poste et désertion devant l’ennemi.

Affecté aux commis et ouvriers d’administration

Lazare Lanoiselée est affection à la 3ème section des commis et ouvriers d’administration (COA) le 6 janvier 1916. La suite de son parcours sera, par conséquent, plus difficile à suivre.

Mort à l’hôpital

Sa fiche matricule nous indique qu’il entre à l’hôpital de Nevers le 25 avril 1917. Il y meurt le 1er mai des suites de maladie (congestion cérébrale avec hémiplégie). Il avait 42 ans.

Lazare Lanoiselée n’est pas présent sur le monument aux morts de Grury parce qu’il n’était pas originaire de la commune et qu’il habitait le village voisin. Cependant, il est inscrit sur la plaque présente dans l’église paroissiale. A ce titre, il est donc le 51ème mort pour la France de la commune.

Sources :

5E280/9-AD71, 1R RM Autun-AD71, 26N742/2, 26N742/3-sga mémoire des hommes

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Colier Jean, mort pour la France

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Avr 162017
 

Jean Colier est le 50ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne à peine 1 mois avant ses 20 ans.

Jean Colier est né le 14 mai 1897 à la Janvière, commune de Grury. Il est l’ainé des deux garçons de Pierre Colier et de Pierrette Diry, cultivateur.

Classe 1917

Jean Colier appartient à la classe 1917. La guerre est déjà bien entamée quand il passe le conseil de révision à Issy l’Evêque.

Bon pour le service, il est incorporé le 11 janvier 1916 au 13ème régiment d’infanterie. Quelques mois d’instructions et il rejoint le front probablement entre le printemps et l’été 1916.

La bataille de Verdun

Débutée en février 1916, la bataille de Verdun va durer plus de 9 mois. Le 13ème RI y participe aux Eparges, à la tranchée de Calonne… C’est peut être dans ce contexte que Jean Colier se confronte à cette drôle de guerre.

Dans la Somme

Après un stage d’instruction dans le camp de Saffais (54), les hommes sont transportés à Vézelise à destination de la Somme. Ils restent en 1ère ligne dans le secteur de Berny jusqu’à la fin de l’année 1916 pour une autre direction.

Les tranchées de la Marne

Le 13ème RI appartient désormais à 169ème division qui vient d’être créée en ce début d’année 1917. Le régiment est affecté au sous secteur de la main de Massiges. La guerre des tranchées s’est installée mais quelques bombardements allemands provoqueront des contre-attaques et ainsi un peu de mouvement dans le secteur.

Le Mont Cornillet

Le 13ème RI ne quitte pas la Marne et se porte dans la région de Reims avec pour objectif de conquérir le Mont Cornillet. L’attaque a lieu le 17 avril 1917 sous un temps déplorable (pluie, neige) et le 83ème RI se replie, laissant les hommes du 13ème RI en première ligne. Pendant 5 jours, les hommes vont se battre dans ces lieux. Plus de 400 morts, une centaine de prisonniers et de nombreux blessés.

Parmi eux se trouve Jean Colier qui souffre d’une plaie à la tête et au côté droit par éclat d’obus.

Colier

Il décède à l’ambulance 9/17 dans la même journée. Il n’avait pas 20 ans. Son corps repose à la nécropole ‘Sept Saulx’, tombe 959.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1917-AD71, historique du 13ème RI

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