Colier Jean, mort pour la France

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Avr 162017
 

Jean Colier est le 50ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne à peine 1 mois avant ses 20 ans.

Jean Colier est né le 14 mai 1897 à la Janvière, commune de Grury. Il est l’ainé des deux garçons de Pierre Colier et de Pierrette Diry, cultivateur.

Classe 1917

Jean Colier appartient à la classe 1917. La guerre est déjà bien entamée quand il passe le conseil de révision à Issy l’Evêque.

Bon pour le service, il est incorporé le 11 janvier 1916 au 13ème régiment d’infanterie. Quelques mois d’instructions et il rejoint le front probablement entre le printemps et l’été 1916.

La bataille de Verdun

Débutée en février 1916, la bataille de Verdun va durer plus de 9 mois. Le 13ème RI y participe aux Eparges, à la tranchée de Calonne… C’est peut être dans ce contexte que Jean Colier se confronte à cette drôle de guerre.

Dans la Somme

Après un stage d’instruction dans le camp de Saffais (54), les hommes sont transportés à Vézelise à destination de la Somme. Ils restent en 1ère ligne dans le secteur de Berny jusqu’à la fin de l’année 1916 pour une autre direction.

Les tranchées de la Marne

Le 13ème RI appartient désormais à 169ème division qui vient d’être créée en ce début d’année 1917. Le régiment est affecté au sous secteur de la main de Massiges. La guerre des tranchées s’est installée mais quelques bombardements allemands provoqueront des contre-attaques et ainsi un peu de mouvement dans le secteur.

Le Mont Cornillet

Le 13ème RI ne quitte pas la Marne et se porte dans la région de Reims avec pour objectif de conquérir le Mont Cornillet. L’attaque a lieu le 17 avril 1917 sous un temps déplorable (pluie, neige) et le 83ème RI se replie, laissant les hommes du 13ème RI en première ligne. Pendant 5 jours, les hommes vont se battre dans ces lieux. Plus de 400 morts, une centaine de prisonniers et de nombreux blessés.

Parmi eux se trouve Jean Colier qui soufre d’une plaie à la tête et au côté droit par éclat d’obus.

Colier

Il décède à l’ambulance 9/17 dans la même journée. Il n’avait pas 20 ans. Son corps repose à la nécropole ‘Sept Saulx’, tombe 959.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1917-AD71, historique du 13ème RI

© 2017 Généalanille

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Voilà, c’est fini… ou presque

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Mar 032017
 

Juillet 2015 – Mars 2017, c’est le temps qu’il a fallu pour indexer les poilus des 588 livres d’or des communes de Saône et Loire. Le projet est fini, mais la guerre n’est pas terminée.

C’est l’histoire d’un jour un poilu

Décembre 2013, une idée un peu folle est lancée… Une base de plus de 1,3 million de militaires morts pour la France pendant la guerre 14-18 est proposée à l’indexation collaborative. Et Jean Michel Gilot calcule qu’il suffit (!) à 880 personnes de transcrire chaque jour une fiche de poilu pour que l’intégralité de la base soit complète au 11 novembre 2018. C’est le début du projet 1 jour 1 poilu .

Trouver une organisation

Un poilu par jour, le temps de le repérer, de se connecter, de l’indexer, de diffuser l’information… Beaucoup d’organisation pour une seule fiche.

Après avoir testé des indexations par année, et éventuellement par patronyme, c’est bien la participation à l’indexation au fil du Tour de France 2015 qui m’a permis de choisir une organisation fiable et systématiques avec l’utilisation des livres d’or. La cible: le département de Saône et Loire.

588 livres d’or et une carte

Un livre d’or pour chacune des communes de Saône et Loire est disponible dans la salle des inventaires virtuelle des archives nationales. (Enfin, comme il faut une exception, la commune de Changy n’en a pas…) Ce sont donc ces documents qui ont servi de référence à l’indexation.

De plus, le coup de pédales de l’été avait vu la mise en place d’une carte collaborative. Plus question d’indexer par canton, il fallait du visuel! Surtout que dans les autres départements, ça indexait aussi!

Par conséquent,  les communes de Saône et Loire ont été choisies alternativement dans chaque arrondissement.

Carte collaborative fin décembre 2015

Près de 20 mois plus tard

Des livres d’or contenant entre 2 et 845 poilus. Plus de 16 000 indexations. Et 4 livres d’or indexés par d’autres bénévoles…

Une bataille acharnée et quotidienne qui se termine le 3 mars 2017 avec la commune de Saône et Loire ayant le plus grand nombre de morts pour la France: Chalon sur Saône.

Mais la guerre n’est pas finie

Tous ceux qui ne sont pas sur les livres d’or. Tous ceux qui sont référencés dans le Maine et Loire, l’Indre et Loire au lieu de la Saône et Loire. Les poilus qui ne sont que sur les monuments aux morts, les non morts pour la France, les fusillés. Les originaires du département partis s’installer ailleurs…. Il reste de quoi indexer!

La guerre n’est pas finie, alors promis, demain je continue d’indexer…

Additif: suite à l’analyse du 7 mars 2017 par Jean Michel Gilot, seuls 87,11% des poilus notés comme nés dans le département de Saône et Loire sont indexés. Il reste donc près de 3000 soldats à indexer sur ce département (plus ceux mal référencés).

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Martin François, mort pour la France

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Fév 252017
 

François Martin, classe 1916, meurt pour la France suite à une blessure par éclat d’obus près de Fleury à l’âge de 21 ans. Il est le 49ème mort pour la France de la commune de Grury (71).

Elevé avec un pensionnaire

François Martin est né le 9 juin 1896 au hameau de la Croix à Issy l’Evêque. Ses parents, Léonard Martin et Jeanne Ledey sont agriculteurs. Ils prennent en pension Marcel, d’un an le cadet de François. Le petit est né à Paris de Marguerite Martin.

La famille déménage avant 1906 pour s’installer au Bois de Grandvaux à Grury. François devient agriculteur.

Classe 1916

La classe 1916 à laquelle appartient François est appelée en avance du fait de la guerre. Il est donc incorporé le 12 avril 1915 et rejoint le 109ème régiment d’infanterie de Chaumont.

Quelques mois d’instruction (5 mois ?) lui seront nécessaires avant de rejoindre le front probablement vers l’automne 1915.

Le secteur de Lorette

Les troupes du 109ème RI sont dans le secteur de Lorette vers la fin septembre 1915. Elles bataillent ensuite sur le secteur du bois en Hache et du bois de Givenchy jusqu’au 22 décembre. A partir de cette date, les bataillons du régiment sont relevés définitivement après une bataille de 12 mois.

La bataille de Verdun

Le début de l’année 1916 est passée au camp de Saint Riquier où le régiment est reformé et complété. Puis vient le départ le 22 février pour une destination inconnue qui s’avérera être le lieu d’une bataille terrible : la bataille de Verdun.

Le 109ème est dans le secteur de Douaumont début mars. Il sera réduit à un tiers de son effectif au décompte du 21 mars.

La Champagne

Après quelques jours de repos, le 109ème est transporté en train en Champagne pour aller rejoindre le secteur de Tahure.

François est alors affecté au 122ème RI qui fait des statistiques sur les origines géographiques et l’ancienneté de ses soldats.

Martin

Retour dans la Meuse

Un mois plus tard, François est affecté au 412ème RI qui vient de défendre la cote 304 à Esnes en Argonne. Les hommes retournent au combat. Ils resteront dans le secteur jusqu’à la fin octobre 1916 où ils auront enfin droit à quelques jours de vrai repos.

Le 24 novembre 1916, les troupes sont emmenés en camions à Verdun. Elles sont affectées au nord Est de Bras de Meuse avant de rejoindre la côte du Poivre quelques jours avant Noël.

Le journal de marche égrène ses pertes. L’historique du régiment précise que la période entre le 21 décembre et le 12 janvier « fut particulièrement pénible autant par le feu de l’ennemi que par les rigueurs du climat. »

Blessé par éclat d’obus

La guerre n’est pas terminée. Ainsi début février 1917, le 412ème retourne sur la rive droite de Verdun.

François Martin est blessé le 15 février 1917 par éclat d’obus à la jambe au ravin de Bazil près de Fleury.

Il décède 10 jours plus tard à l’ambulance 3/6. Il avait 21 ans. Son corps est rapatrié le 08 juillet 1922.Il est enterré au cimetière de Grury.

 

 

Sources: 5E239/30-AD71, M1710-AD71, 6M Grury-AD71, 6M Issy-AD71, 1R RM Autun 1916-AD71, Historique du 109ème régiment d’infanterie, 26 N 684/4-sga Mémoire des hommes, 26 N 769/2-sga Mémoire des hommes, Q 2329-Bdic

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Segaud Henri, mort pour la France

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Fév 162017
 

Engagé volontaire dans la marine, Henri Segaud meurt de maladie en 1917. Il est le 48ème mort pour la France inscrit sur le monument aux morts de Grury (71).

De la campagne à la ville

Henri Segaud est né le 14 juillet 1891 à Marly sous Issy (71) de Pierre Segaud et Pierre Roy.Son père est tailleur d’habits au bourg à Grury, commune voisine, et l’enfant est né au domicile de ses grand-parents au hameau de Chaunat.

Après qu’un 5ème enfant nait à Grury puis la famille part s’installer après 1906 à Dijon (21). Henri devient serrurier.

Engagé volontaire dans la marine

Henri est engagé volontaire le 19 mars 1909 à Toulon, il rejoint le dépôt des équipages de la flotte de cette ville, le 5ème dépot. Il devient quartier maitre mécanicien torpilleur le 1er avril 1911.

Omis de la classe

Alors qu’il appartient à la classe 1911, Henri n’est pas présent sur les fiches matricules de cette année. Omis de la classe, on le retrouve dans les registres de l’année suivante (1912) avec une classe de mobilisation de 1908.

Finalement, Henri n’habite pas la côte d’or. Il est dit serrurier à Bougneuf Val d’Or dans le canton de Givry.

 

Mobilisation générale

Henri est est rappelé à l’activité le 2 aout 1914 et est affecté à la 1ère escadrille de sous marins de la 1ère armée navale jusqu’au 1er janvier 1916. Pas d’indication sur le navire sur lequel il est affecté, peut être sur le sous marin Ampère, le contre-torpilleur Hallebarde, l’Arbalète ou le Papin?

A bord du Marceau

Il passe 3 mois à bord du cuirassé Marceau du 2 janvier au 1 avril 1916. Ce bâtiment est utilisé comme navire-atelier et ravitailleur de sous-marins à Malte et à Corfou pendant la 1ère guerre mondiale mais le journal de bord s’arrête en 1915. Impossible, là aussi, de connaitre les conditions de vie d’Henri Segaud.

De retour au dépôt

Henri retourne au 5ème dépôt le 2 avril 1916 et décède à l’hôpital complémentaire N°28 de Bourges Rue de Dun sur Auron le 16 février 1917 de maladie. Il avait 26 ans.

Son acte de décès précise qu’il était domicilié à Beaune avec sa mère. Il est cependant enterré dans le cimetière de Grury.

Il est le 48ème mort de la commune de Grury et le premier pour l’année 1917.

 

Sources: 5E280/10-AD71, 6M Grury-AD71, R2492-AD21, SSY340-sga mémoire des hommes

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Gonniaud Stéphane, mort pour la France

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Oct 212016
 

Une famille recomposée

Stéphane Gonniaud est né le 21 mai 1885 au Rompey à Grury de Michel Gonniaud et de Jeanne Noisillier. Il est le 7ème enfant du couple, mais la mort est dans la maison. 4 enfants sont déjà morts et la mère meurt 2 mois après la naissance de Stéphane. Le père se remarie en 1886 avec Jeanne Laureau, une veuve qui a elle-même perdu plusieurs enfants. Le nouveau couple aura 4 filles.

Seul garçon de cette famille recomposée, Stéphane n’apparait pas dans le même foyer que son père dans les recensements de population.

recensement

Le service militaire et le retour à la vie civile

Arrive l’âge du service militaire. Stéphane est incorporé au 29ème régiment d’infanterie en octobre 1906. Il devient clairon l’année suivante avant d’être libéré en septembre 1908 avec un certificat de bonne conduite.

Il se marie en aout 1909 à Vitry sur Loire avec Gabrielle Garlaud puis il change de profession.

En mars 1910, il habite Rue de la Villeneuve à Paray le Monial. En fin d’année, il est valet de chambre chez Mr Payen place Bellecour à Lyon. Il quitte Lyon pour le boulevard St Germain à Paris en novembre 1912, puis il habite Rue de Grenelle en juin 1913. L’Alsace l’accueille pendant le second semestre 1913 avant son retour Rue de Grenelle au lendemain de Noël 1913.

Il revient chez Mr Durand à Bryon commune de Grury le 31 juillet 1914, juste avant la mobilisation générale.

domiciles

Mobilisation générale et la Meuse

Stéphane Gonniaud rejoint le 29ème Régiment d’Infanterie à Autun le 4 aout 1914. Il fait peut être la route avec Mathieu Genevois. La troupe s’ébranle deux jours plus tard pour les Vosges, puis le 24 septembre 1914, le régiment est transporté dans la Meuse où Mathieu décède.

Les autres grurycois René Vadrot et Jean Braud ont rejoint le 29ème RI.

Toute l’année 1915, Stéphane la passe principalement dans la Meuse. Apremont et le bois brûlé, la Louvière, le bois d’Ailly, la Vaux Fery, la tête à vache, la croix Saint Jean. Il n’y a que les mois de mars et avril qui sont passés plus à l’est du département (Riaville) ou en Meurthe et Moselle vers Pont à Mousson (Fey en Haye).

Une nouvelle année commence et le 29ème RI occupe toujours les tranchées. Quand débute la bataille de Verdun en février 1916, il est affecté à des travaux sur la rive gauche de la Meuse dans la région de Bannoncourt. Il faut dire que le régiment était en réserve d’armée depuis quelques jours et faisait des manœuvres au camp de Belrain à l’ouest de Saint Mihiel.

bataille-verdun

 

Le 18 mars 1916, il relève les bataillons du 328ème RI aux Eparges dans des conditions difficiles.

eparges

Le 5ème BCP

Stéphane Gonniaud est affecté au 5ème Bataillon de chasseurs à pied le 21 mars 1916. Direction la Somme et le bois de Hem. Le journal de marche du bataillon n’a pas été conservé, on doit donc se résigner à ne retracer que les événements auquel le soldat a potentiellement participé.

La bataille de la Somme a débuté en juillet 1916 et Stéphane est blessé le 27 aout au combat de Cléry.

L’attaque de Sailly Saillisel est prévue pour le 15 octobre 1916. Trois jours plus tard la ville est aux mains des français mais les contre-attaques allemandes se succèdent sans répit.

sailly

 

Stéphane Gonniaud meurt à son poste de combat à Sailly Saillisel. Il avait 31 ans. Il est cité à l’ordre de son bataillon le 14 novembre 1916.

Chasseur remarquable de bravoure et d’énergie. Est resté à son poste de combat sous un bombardement des plus violents, a montré par son mépris du danger le plus bel exemple d’abnégation et de devoir.

citation

Son décès est transcrit à Paris 7ème.

Sources : 5E227/11-AD71, 5E227/12-AD71, 5E227/13-AD71, 6M141-AD71, 1R RM Autun 1905, 26N604 sga mémoire des hommes

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Viard François, mort pour la France

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Sep 022016
 

François Viard est né le 20 juin 1894 à la Commanderie à Rigny sur Arroux de Joseph et Anne Moreau. La famille retourne s’installer à la Bise à Grury (commune où sont nés les ainés) au début du 20ème siècle.

Trois frères: mobilisé, réformé et ajourné

Quand survient la mobilisation générale, les garçons ont des destins différents. Antoine rejoint le 29ème RI, Louis Hippolyte est maintenu réformé.

François n’a que 20 ans. Sa classe sera cependant appelée dès le 1er septembre 1914, mais il est inscrit sur la 5ème partie de la liste de 1914 : « ajourné ». L’année suivante, il est bon pour le service et rejoint le 149ème régiment d’infanterie le 9 septembre 1915.

Viard-F-Ajourné

Après quelques mois d’instructions, il rejoint probablement ses camarades au front vers le début de l’année 1916. Les hommes viennent de passer 13 mois consécutifs dans l’Artois.

Verdun puis la Champagne

Mais la bataille de Verdun vient d’éclater en ce mois de février 1916, les hommes sont transportés sur cette nouvelle zone et se battent pour reprendre et conserver Vaux devant Damloup.

Les hommes passent 4 semaines dans les tranchées avant d’être mis au repos à Landrecourt. Et puis c’est le retour au front, cette fois ci en Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil où ils se battent pendant 3 mois.

En renfort au 312ème RI

Le 149ème RI va être réembarqué pour la Somme. François Viard, lui, est affecté en renfort avec le 312ème Régiment d’infanterie le 26 juillet 1916. Il rejoint ses troupes vers Sivry la Perche (55) accompagné de 43 autres soldats, de 6 sergents et d’un sous lieutenant.

Viard-F-Renfort

Reproduction de tranchées pour s’entrainer

Le 1er aout, un concours de lancement de grenades est organisé. Les hommes s’entrainent aussi à tirer au fusil mitrailleur. Ce sont de véritables exercices avant de retourner au front.

Le 5 août, le 312ème RI est dans les tranchées et les hommes font les travaux qui leur sont affectés sous de gros bombardements. Une note secrète indique qu’une attaque est prévue sur Boivin. Il faut transporter le matériel et vérifier les informations des patrouilles.

Les 12 et 13 aout, le régiment doit construire des abris pour les chevaux, pour les cuisines. Il s’entraine encore au tir de grenades mais aussi à la construction d’un réseau de fil de fer grâce à une reproduction des tranchées allemandes.

Viard-F-Exercices

Le lendemain, c’est un exercice d’attaque de tranchée qui est au programme.

Viard-F-Tranchée

Le régiment repart au front dans la nuit du 16 au 17 août 1916. Toujours dans le secteur du Mort Homme. Le classement du concours de grenadier vient d’être annoncé, mais les hommes sont occupés aux travaux d’aménagement des abris pour les soldats et pour le central téléphonique.

Nouvelle organisée par tranches

Les 28 et 29 aout 1916, de nouveaux ordres arrivent et le secteur est réorganisé en tranches. Le 312ème RI occupe celle de la Hayette.

Viard-F-Mort-Homme

Les bataillons doivent se relever tous les 6 jours dans les tranchées.

Viard-F-Secteur

Pour ce premier roulement, les premières lignes sont investies par le 4ème bataillon avec la 14ème compagnie sur la droite (Sonnois-Central) et la 15ème compagnie sur la gauche (Fontenoy).

Une attaque de 10 minutes

Le 2 septembre 1916, François Viard affecté à la 15ème compagnie est dans les premières lignes. 500 obus de 105 et de 150 sont envoyés par les allemands entre 7H30 et 10H30. Les hommes tentent de réoccuper le barrage mais le feu incessant d’une mitrailleuse installée dans la tranchée de Biaches les empêche d’avancer.

Vers 21H40, un feu violent d’artillerie est déclenché brusquement sur Fontenoy pendant qu’un groupe de grenadiers allemands remontent le vallon pour attaquer entre le barrage et Fontenoy.

Le combat n’a pas duré 10 minutes, mais parmi les hommes qui se sont battus à la grenade ou au révolver se trouve François Viard.

Viard-F-Liste

Tué au combat à Mort_Homme, François Viard avait 22 ans.

Une tombe pour deux frères

Son corps est rapatrié à Grury le 8 juillet 1922. Sur sa tombe, les parents ont fait graver un hommage à son frère Antoine, disparu au combat 2 mois plus tôt.

Viard-F

 

Sources : 5E370-AD71, 6M Grury-AD71, 1R RM Autun 1914, 26 N 747/11 sga mémoire des hommes, historique du 312ème RI

 

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Desbrosses Claude, mort pour la France

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Août 012016
 

Claude Desbrosses est né le 29 décembre 1885 à Chizeuil commune de Cressy sur Somme de Léonard et de Charlotte Sotty. La famille déménage à Grury aux Marcellys où nait Pierre, deuxième enfant du couple.

En 1906, Claude part faire son armée avec le 153ème Régiment d’infanterie. L’homme brun d’un mètre 67 et aux yeux jaunes (sic) revient à Grury avec le grade de caporal.

Mobilisé pour la guerre 14-18, son histoire est croisée avec celle de son frère Pierre, déjà sous les drapeaux.

Pierre sera le 1er mort pour la France de Grury.

 

Leur histoire est à lire ici.

 

 

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J’ai eu peur du bombardement

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Juil 152016
 

« J’ai eu peur du bombardement » c’est ainsi qu’Augustin Lacroix a justifié sa désertion en juin 1916. Ramené à son régiment, il est passé par les armes.

L’ainé de 7 enfants

Augustin Lacroix est né le 20 septembre 1882 au hameau de Pinet sur la commune de Viala du Tarn.  Il est le fils ainé des 7 enfants de Justin et de Marianne Souyris.

Classe 1902, il passe un an au 142ème RI avant d’être renvoyé dans ses foyers.

Il déménage à Montpaon et se marie en mai 1911 à avec Eulalie Rosalie Boudes. Cantonnier au chemin de fer du midi, sa fiche matricule l’indique gardien de l’asile St Pierre à Marseille en 1913.

FM-Lacroix

 Un soldat volontaire

Alors qu’il est susceptible de rejoindre une armée de réserviste, il s’engage volontairement le 26 aout 1914 au 142ème RI. Il est blessé au front par éclat d’obus à Beauséjour le 18 mars 1915.

En aout 1915, il demande à partir aux Dardanelles mais il est refusé à cause de son phlegmon.

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 Condamnation et changement de régiment

Le 23 février 1916, il est condamné par le conseil de guerre à 5 ans de travaux publics et 1 mois de prison pour outrages envers des supérieurs et ivresse publique et manifeste.

Condamnation

Il est affecté 4 jours plus tard au 53ème régiment d’infanterie. La bataille de Verdun vient de commencer et c’est là que le destin d’Augustin Lacroix va basculer.

 

La bataille de Verdun

Le 19 mai 1916, le 3ème bataillon est sur la ligne qui part du saillant d’Hardaumont, contourne le fort de Vaux et descend dans le ravin de la Horgne.

« Pas de tranchées, pas d’abris, le pilonnage incessant de l’artillerie a tout détruit, le terrain chaotique ressemble plutôt à un paysage lunaire. Les hommes s’installent dans les trous d’obus ; les pertes sont sévères. »

 

Le tunnel de Tavannes

Le 53ème RI parvient à repousser l’ennemi, le 2ème bataillon est mis en réserve au tunnel de Tavannes.

Ce lieu est un abri pour les hommes, mais ceux-ci sont cependant forcés de coucher à même sur le sol ou sur les traverses de chemin de fer. Humidité, boue et obscurité n’offrent probablement pas le meilleur repos pour les hommes.

Tavannes

Abandon de son poste et fuite

Augustin Lacroix ne suit pas sa compagnie qui quitte le tunnel de Tavannes le 22 mai 1916 vers 20H30 pour se porter en première ligne. Il reste 4 jours dans le tunnel, seul, et ne rejoint sa compagnie que quand elle est passe une revue à Belrupt.

Il est incarcéré aux locaux disciplinaires de Belrupt et il en est extrait le 31 mai 1916 une heure avant le départ de la compagnie pour les tranchées. Alors qu’il est censé s’équiper, il s’enfuit.

Arrêté le 7 juin sur le territoire de Moutiers sur Saulx à la ferme de Grignaucourt par Gaston Martin, brigadier des eaux et forêts, il est ramené au régiment le 9 juin.

 

J’ai eu peur du bombardement

Augustin est interrogé. Il dit « j’ai eu peur du bombardement » puis se rétracte et déclare être parti parce qu’il n’avait pas la tête à lui.

On découvre qu’il n’a pas de livret matricule. Les punitions antérieures à son arrivée au 53ème RI ne sont pas connues. Depuis son admission à cette arme le 27/02/1916, il a eu 2 fois 8 jours d’arrêts : le 16 mai pour s’être arrêté après que le régiment ait quitté le village d’Evre et avoir posé son sac à la voiture médicale sans autorisation écrite du médecin.

PUnitions

Le jugement et l’impossible recours

Son jugement a lieu le 4 juillet 1916. Les déclarations d’Augustin Lacroix pendant son interrogatoire sont les suivantes :

 « Si tout le monde faisait comme moi, la guerre serait vite finie. »

« Si je suis fusillé, j’en descendrai d’autres avant. »

A la question, a-t-il quelque chose à ajouter ? Il répondra « Je demande à servir dans les zouaves à Salonique. »

Avoir peur n’est pas un critère valable pour les militaires, considéré comme un lâche et un déserteur il est condamné à mort.

Peine de mort

Le 6 juillet 1916, Augustin Lacroix écrit au président de la république pour lui demander la commutation de sa peine. Il a agit dans un moment d’égarement pendant la bataille de Verdun et demande à repartir dans le régiment le plus exposé et où la discipline sera la plus dure.

Le 13 juillet son pourvoi est rejeté et aucun défenseur ne vient participer au nouveau procès.

Passé par les armes

Le 15 juillet 1916 à 4H30 Jean Autesserre commis greffier du conseil de guerre de la 124ème division d’infanterie se rend sur un terrain situé à la proximité de la sortie sud ouest de la Neuville et lit la condamnation. Le piquet d’infanterie s’approche et fait feu sur le condamné.

Augustin Lacroix meurt de 8 balles dans le thorax, une dans le crâne.

 

Il est inhumé au cimetière de Neuville tombe N°19. Son corps est déplacé dans la nécropole de Sainte Ménéhould sous la croix N°1724.

Son décès n’est pas inscrit sur les registres de Saint Beauzély.

 

Sources: SHD/GR 11 J 2354-1, SHD/GR 11 J 2357 – C, 1R867-AD12, 4E140/13-AD12, 1090W2-AD12, historique du 53ème RI

© 2016 Généalanille

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Viard Antoine, mort pour la France

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Juil 012016
 

Entre Grury et Rigny

Antoine Viard est né le 26 mars 1883 au lieu dit la Mallevelle à Grury. Après la naissance de son frère Louis, la famille déménage pour Rigny sur Arroux, d’abord aux Fontenettes puis à la Commanderie. Ils reviennent s’installer à « la Bise » à Grury au début du 20ème siècle.

En 1904, il est part faire son service militaire au 29ème régiment d’infanterie. Il revient à Grury en 1907 avec son certificat de bonne conduite. Son frère Louis est déjà revenu de sa période militaire : il est réformé.

Départ pour la guerre

Arrive le temps de la mobilisation générale, Louis est réformé, François, le dernier garçon de la famille, ne part pas de suite car il est de la classe 1914.

Antoine, pour sa part, fait son paquetage et arrive dans son régiment le 11 aout. Du 29ème RI, il passe au 27ème RI le 31 aout 1914 puis au 156ème RI le 1er octobre de la même année. Le « 15-6 » est en période de paix stationné à Toul.

La course à la mer

Antoine Viard rejoint son nouveau régiment alors que celui-ci fait sa course à la mer : il quitte la Lorraine pour aller protéger l’accès à la mer dans la Somme et la Belgique.

Viard-Course

Le 156ème RI est décimé en attaquant Mametz et n’arrive pas à progresser le 3 octobre 1914 lors de son attaque de Fricourt.

Viard-Fricourt

Le régiment est relevé entre le 12 et le 14 octobre et se rend par étapes dans la région de Monchy au Bois, au sud d’Arras.

Il reprend le chemin du front le 26 octobre pour attaquer Monchy. Pendant 2 jours, les troupes sont stoppées à la lisière du village. Elles garderont leur position jusqu’à la fin octobre.

Viard-Monchy

En Belgique

Le 3 novembre 1914, les troupes sont embarquées pour la Belgique. Elles se battent au côté des anglais dans le secteur de Messines. Les progressions sont faibles et les pertes importantes.

Elles restent dans la région jusqu’au 23 novembre.

Après quelques jours de repos, le 156ème RI occupe le secteur de Saint Julien jusqu’au 15 février 1915 dans des conditions difficiles (humidité, froid…) qui ne sont cependant pas transcrites dans le journal de marche mais dans l’historique du régiment.

Du 8 mars au 10 avril, c’est vers Zonnebeke que les hommes sont affectés avant de redescendre vers la France le 14 avril.

 

Le Pas de Calais

Le 28 avril 1915, les bataillons reprennent du service dans la région d’Ecoivres (62).

Viard-Pas-de-Calais

Le journal égrène quotidiennement l’état des pertes jusqu’à l’attaque du 9 mai 1915.

A 10H, « tous les hommes sortirent de la parallèle de départ par de petites échelles placées à intervalles réguliers. » « Chaque compagnie disposait de 20 grenadiers portant chacun 3 grenades. » « Les hommes, au pas, franchissent la 1ère puis la 2ème ligne sans grande résistance. »

A 11H, le régiment a atteint la Targette. La route Arras Béthune a été enlevée.

A 12H, le 156ème se rend compte que le 160ème RI n’a pas avancé derrière lui, un vide est créé entre les troupes et permet aux allemands de faire des pertes importantes dans les rangs français.

La bataille continue le lendemain matin mais les troupes n’avancent plus.

Après plusieurs jours d’attaques soit en première ligne, soit en appui d’autres troupes, il est enfin relevé le 24 mai 1915. Les pertes s’élèvent à plus de 1300 hommes.

Le 156ème RI est de retour le 16 juin sur les terrains qu’il a quitté 3 semaines plus tôt et s’y bat jusqu’à fin juin.

Le vrai premier grand repos a alors lieu jusqu’au 25 aout 1915.

En Champagne

De fin aout 1915 au 23 septembre, le 156ème RI tient le fortin de Beauséjour dans la Marne. Il participe à la bataille de Champagne du 25 septembre.

Il reste dans le secteur de Maisons de Champagne jusqu’à la fin de l’année.

Viard-Champagne

La Lorraine

Début février 1916, le régiment est dans le secteur de Baccarat. Il organise la défense des 2èmes et 3ème positions. Alors qu’il s’apprête à se rendre au camp d’instruction de Saffais, il est mis en alerte et reprend le train à Charmes direction la Meuse.

 

La bataille de Verdun

Verdun, 303 jours de bataille en cette année 1916. Le 156ème RI arrive le 22 février à Mussey et Neuville sur Orne. Le 24 février, il est dirigé sur Beauzée sur Aire où il bivouaque avant d’être embarqué par autobus pour le fort de Regret à Verdun. Les forts de la région sont pleins et le régiment doit bivouaquer dehors par un froid extrêmement vif.

Le 25 février 1916 en début d’après midi, les troupes se rendent sur le ravin sud de la cote de Froide Terre qu’ils quittent à 18H30 pour aller occuper le village de Bras « coûte que coûte. »

Viard-Verdun

La nuit est terrible, les hommes sont fatigués ou blessés, sans vivre, sans moyen de communication et il leur faut défendre leur territoire et envoyer des patrouilles en avant.

Pendant que Pétain prend le commandement de la 2ème armée, le 156ème avance et s’installe sur la crête de la côte du Poivre.

Jusqu’au 10 mars, le régiment est aux avant postes au nord ouest du fort Saint Michel, sur les pentes sud de Froide Terre et au ravin de Louvemont.

Le 156ème part cantonner à l’hôpital de Verdun.

Viard-Relève

Le 14 mars il passe la revue. En tant que tambour, Antoine Viard est en première ligne.

Viard-Revue

 

C’est le 9 avril 1916 que les hommes retrouvent les bombardements dans la région de Montzéville. Il faut protéger la cote 304 à Esnes. Pendant 10 jours, le régiment va rester sous un bombardement incessant et tenter de faire progresser leurs lignes.

Le 20 avril, le régiment s’éloigne de Verdun et part cantonner à Robert-Espagne au nord de Saint Dizier.

Départ pour la Somme

Le 24 avril 1916, les hommes sont embarqués en chemin de fer pour la région de Montdidier (80). Quelques jours de repos, de nouvelles séances intensives d’instruction puis le régiment part s’installer à l’est de Péronne. Après quelques étapes dans la région, le 15-6 est à Maricourt le 14 juin. Il y passe une semaine avant d’être relevé et revient dans les tranchées la nuit du 27 au 28 juin 1916.

Viard-Maricourt

La bataille de la Somme

Le 1er juillet 1916, c’est le début de la bataille de la somme. La 3ème compagnie d’Antoine Viard est sur la droite. « A 7H30 l’attaque est déclenchée. Les vagues successives sortent et progressent presque sans perte. » A la fin de la journée les différents bataillons ont bien avancé, fait 300 prisonniers et Antoine Viard ne répond plus à l’appel.

 

Disparu au champ d’honneur

Une légère confusion est visible sur sa fiche matricule : il est noté disparu le 1er juillet 1915 à Hardecourt (80) alors que son régiment n’est pas dans cette région.

Le journal de marche du 156ème RI le porte prisonnier au 1er juillet 1916.

Viard-Antoine-1916

Le 16 juillet 1916, son acte de disparition est signé par le sous-lieutenant du régiment, officier d’état civil.

Viard-disparition

Par jugement du 15 juillet 1921 du tribunal d’Autun, Antoine Viard est officiellement reconnu disparu et mort pour la France. Il avait 33 ans. Deux mois plus tard, ce sera au tour de son petit frère de mourir au front.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 6M Recensements Rigny et Grury-AD71, 1RM Autun 1903-AD71, 1RM Autun 1904-AD71, 1RM Autun 1914-AD71, 3U299-AD71, JMO 26N699/8, 26N699/9 et 26N699/10-sga mémoire des hommes, historique du 156 RI BDIC

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Baudin Jean, mort pour la France

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Mai 022016
 

Jean Baudin est né le 23 février 1873 à La Chapelle au Mans au lieu-dit Pailloux. Ses parents, Gabriel Baudin et Charlotte Muet, après avoir longtemps habité le hameau de Montpalais à Grury, y exercent la profession de journaliers. Ils décèdent en 1881 et 1883. Jean Baudin part alors travailler comme cultivateur à Cressy sur Somme.

L’armée avant le mariage

A 20 ans, c’est l’heure de la conscription. Jean Baudin est affecté au 19ème bataillon de chasseurs à pied pour faire sa période militaire. Après 3 ans sous les drapeaux, il revient à Cressy le 19 septembre 1897.

Deux mois plus tard, il épouse Jeanne Goudier à Tazilly (58) et leur fille Jeanne nait en aout 1898 au lieudit Crevant à Grury. La famille déménage à Chizeuil, commune de Cressy sur Somme au début du 20ème siècle avant d’habiter la Croisette à Grury en 1914.

Grury

Un territorial aux GVC

Quand arrive l’heure de la mobilisation générale, Jean Baudin a 41 ans. Il est dans la réserve de l’armée territoriale mais il n’est pas libéré de ses obligations militaires. Il part donc rejoindre le 63 RIT le 2 septembre 1914 à Autun. Le gros du régiment est parti les 9 et 10 aout pour Besançon.

Jean Baudin est affecté au service des gardes des voies de communication du 17 septembre au 26 octobre 1914. Surveiller des voies ferrées, des canaux, des réseaux téléphoniques stratégiques, c’est la fonction assignée aux GVC.

Retour chez les chasseurs à pied

Le 6 novembre 1914, il est affecté au 4ème bataillon de chasseurs à pied. A cette épode, ce régiment s’apprête à être transporté à Saint Pol sur Ternoise pour participer à la bataille des Flandres.

Les troupes sont positionnées à proximité de Saint Eloi (Belgique) dans les jours suivants.

St-Eloi

Les journées du 11 au 14 novembre 1914 sont particulièrement meurtrières. Quand le 4ème BCP est enfin relevé, il ne peut se reformer qu’avec 4 compagnies par bataillons au lieu de 6.

Les hommes repartent au front à Langemarck deux jours plus tard et tentent de s’organiser dans les tranchées.

Le 14 décembre, une attaque est prévue en collaboration avec l’armée britannique. Les terrains sont détrempés et les tranchées remplies d’eau. La 2ème compagnie parvient à faire 40 mètres mais ne peut pas aller plus en avant sous le tir ajusté des allemands. De nouvelles attaques sont tentées les jours suivants, tout autant meurtrières que les précédentes.

Début janvier, alors que l’ennemi ne tente aucun mouvement, les hommes sont occupés à l’assèchement des tranchées et à la construction de boyaux de communication.

Retour chez les territoriaux

A compter du 26 février 1915, la 11ème division ne doit plus disposer de bataillon territorial. Jean Baudin est alors affecté au 28ème régiment d’infanterie territoriale. Ce régiment est à Arras en ce début d’année 1915 et son régiment est chargé de garder les tranchées, mais aussi de travailler sur la création de boyaux de communication. Le journal de marche égrène le nom des blessés ou des morts par éclats d’obus.

A partir du 25 avril 1915, l’ensemble du régiment est affecté aux travaux dans les boyaux de jour comme de nuit sauf les hommes nécessaires à la garde des issues qui sont prélevés dans le 3ème bataillon. Cette organisation perdure jusqu’au 6 mai 1915 où une attaque générale se prépare.

La tâche des territoriaux est détaillée le 17 mai : alors que certains vont clairement en première ligne, d’autres sont affectés au service de place, à la disposition du colonel, au transport de matériel et de munition, à la garde des dépôts de vivres ou de munitions, à l’inhumation des morts, la garde des prisonniers ou du piquet et comme évoqué précédemment aux travaux de construction ou restauration des boyaux.

Les hommes continuent quotidiennement le ravitaillement des premières lignes en munitions notamment pendant les combats de Carency. Cette « corvée » génère des pertes humaines régulières.

Départ pour l’Argonne

Le 7 juillet 1915, la 84ème division est dissoute. Le 28ème RIT est affecté au 10ème corps d’Armée et devient réserve d’infanterie.

Le dimanche 25 juillet, les 3 bataillons sont embarqués en automobiles à destination de leur cantonnement de repos au sud ouest d’Amiens. Ils quittent les lieux le 31 juillet à destination de la Meuse (Nettancourt). Une semaine plus tard, c’est le départ pour l’Argonne : Florent en Argonne, La Harazée et Vienne le Château.

Baudin-Argonne

D’Arras à Amiens avant d’être transportés à Nettancourt pour rejoindre Vienne le Chateau…

Les hommes recommencent leurs travaux dans les boyaux ou de défense des lignes. Les pertes par éclats d’obus sont quasi quotidiennes. Le 5 septembre, le sergent Fuchet tire sur un avion ennemi et abat le caporal Boulay qui sortait à ce moment précis de l’abri N°4 de la citadelle de Vienne le Château.

Commis et Ouvriers d’Administration

Jean Baudin est affecté à la 12ème section de COA le 28 novembre 1915. Ces commis et ouvriers d’administration sont généralement appelés à des tâches liées à l’intendance.

Le temps continue de s’égrener avec son lot de pertes humaines, parfois dans des circonstances accidentelles comme ce 25 janvier 1916 où les exercices de lancement de grenade finissent mal.

Baudin-Grenade

Un énième obus

Jean Baudin est tué par des éclats d’obus à Vienne le Chateau le 2 mai 1916 comme plusieurs soldats de son régiment. Il avait 43 ans.

Baudin-Tué

Il est enterré à la nécropole nationale de Florent sur Argonne dans la tombe N°621 et est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire.

Baudin

Sources: 5E88/9-AD71, 6M Recensements Grury, Cressy, La Chapelle-AD71, 1R-RM Autun-AD71, 26N817/1-sga, 26N817-2-sga, 26N779/9-sga, 26N779/10-sga, Le miroir-Gallica

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