GĂ©ant recherche Ă©pouse

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur GĂ©ant recherche Ă©pouse
Août 262016
 

Une petite annonce dans la presse anglaise nous indique que le géant aveyronnais Henri Cot recherche une épouse.

Petite annonce matrimoniale

Séduisant, intelligent, français, 2,61m, 176kg, de larges moyens [financiers], recherche une femme d’intérieur avenante dans le but de se marier immédiatement. La demoiselle doit être disposée de faire le tour du monde.

Petite annonce

Telle est en substance la petite annonce qui est diffusée dans un journal anglais en cette fin d’année 1906. (Elle sera diffusée en février 1907 en Australie et par erreur le 10 aout 1910 dans Canowindra Star and Eugowra News! )

Ce n’est pas moins de 300 femmes qui vont rĂ©pondre Ă  l’annonce anglaise.

De Liverpool, une jeune demoiselle de 18 ans très intéressée écrit « je suis gentille, on me l’a dit. Je vous ai vu, je vous ai admiré […] Je fais 1,70m et je vous aimerai bien. » Elle précise « mon mari devra gagner 500 francs par semaine. » NB à cette époque, le salaire moyen d’un ouvrier est d’à peine 5 francs par jour.

Une autre jeune fille écrit : « j’ai 23 ans, je suis blonde et je peux gagner ma vie en chantant. »

Une troisième fille annonce « je serais bien heureuse de voyager avec un homme comme vous capable de protéger une douzaine de femmes comme moi. »

 

Qui est ce french giant ?

Henri Cot est né le 30 janvier 1883 (et pas 1884 comme on le lit sur certains sites) à Prohencoux commune du Sud de l’Aveyron. C’est lors du conseil de révision du 27 avril 1904 qu’il devient célèbre grâce à sa taille. En effet, la toise annonce 2,12 mètres !

Les journaux s’empressent d’annoncer ce record de gigantisme : c’est le plus grand conscrit de France. Il est même comparé aux grenadiers poméraniens.

Poméraniens

Si Henri était né un siècle plus tard, il aurait pu être sollicité pour une équipe sportive ou simplement être quelqu’un de grand. En 1904 son avenir va être différent.

Il n’est pas le seul géant à cette époque. Détrôné par un Russe de 3m qui se montre « moyennant finances » en Angleterre, et par une femme russe de 2,60m qui elle est admirée en Allemagne. Henri n’est qu’à la 3ème place du podium et attaque son tour de France.

GĂ©ants

Peur, curiosité, il ne laisse pas indifférent

Né trop tôt, sa destinée est de se montrer dans les cafés, cabarets et théâtres auprès d’autres personnages atypiques. Si les tarifs d’exhibitions semblent gratuits à ses débuts, ils vont vite devenir payants. Quand un de ses employés partira avec sa bourse, Henri se contentera de rire!

Bourse

Cette vie va lui faire faire le tour de la France, puis du globe (en Afrique du Nord, dans toute l’Europe et aux USA).

1906-2

Quo non ascendam ?

Après son conseil de révision, il continue de grandir. Les médecins lui ont prédit une croissance jusqu’à ses 25 ans.

Ascendam

Sa famille est de taille ordinaire mais du côté maternel ses ancêtres étaient grands, mais pas de là à atteindre les 2 mètres ! Par contre à 8 ans il mesurait déjà 1,50m

Des dimensions gigantesques

Côté taille, les 8ft 7in de la petite annonce sont exagérées, il est plus proche des 7ft 6in soit 2,30m. Il peut cependant prendre un objet placé à 3m de hauteur. Un homme avec sa canne n’atteint pas l’envergure de ses bras. S’il les écarte, on obtient une largeur de 2,40m.

Son poids annoncé à 229kgs tend à être plus proche de 160kgs.

Sa pointure est de 62, son tour de taille de 1,51m. Ses gants du n°15. Son pouce couvre une pièce de 5fr, une pièce de 0,10c passe dans sa bague.

Il mange comme deux, dort dans 3 lits. Il lui faut 8m de drap pour l’habiller….

Taille

Mais revenons Ă  son histoire d’amour …

Miss Emily Faraday

Après avoir vu 301 femmes, avoir fait le tour des salons de thé de Londres à la recherche d’une demoiselle qui voudrait de lui, Cupidon met sur son chemin Melle Emily Faraday. Employée au pub (aujourd’hui détruit) « the coach an horses » à Notting Hill Gate, cette demoiselle de 26 ans répond aux questions des journalistes en rougissant.

Farraday

Les deux amoureux se sont rencontrés au Stratford Empire au mois de novembre et ont eu un coup de foudre. Ils vont se marier à Noël et iront en voyage de noce à Edinbourg. Elle ne parle pas français, son fiancé parle peu l’anglais, mais « il va devoir apprendre à parler l’anglais, c’est tout. »

epouse

Et Peter ?

Peter Colibri est le nain russe de moins de 60 cm, compagnon inséparable d’Henri que ce dernier promène dans sa poche. Dans une relation d’amour, difficile de trouver de la place pour une troisième personne, à moins que le petit russe ne trouve lui aussi chaussure à son pied et qu’un double mariage soit célébré à Noël…

Peter

Remplacé par une géante française

A Noël, Crystal Palace après avoir montré Henri Cot et le petit Peter Colibri, accueille une géante française et la petite princess Hawas de 80 cm! Marie Scheller est née à Langres. Elle mesure ,12m et est agée de 20 ans. Sa famille est venue d’Alsace à Paris au moment de la guerre de 1870, et est composée de 12 enfants.

GĂ©ante

 

Henri à Edimbourg pour Noël

Le voyage de noce Ă©tait prĂ©vu pour NoĂ«l Ă  Edimbourg. Henri est au Waverley Carnival d’Edward Moss Ă  Edinbourg…. Avec Peter Colibri! Miss Faraday semble ne pas faire partie du voyage… L’histoire d’amour naissance est probablement dĂ©jĂ  terminĂ©e.

Carnaval-Edimbourg

La mort du géant

Henri Cot meurt en septembre 1912 à Lyon dans des circonstances un peu particulières. Il a alors atteint les 2,39m selon les journaux. Son corps est rapatrié dans l’Aveyron où il repose dans le cimetière du village.

 

Sources: Journal du Loiret, Express du Midi, l’éclair, le petit méridional, le journal de l’aveyron, l’écho de Bougie, la lanterne, la liberté, le petit méridional, le radical, le journal de Fourmies, le journal de vienne, the sussex express, daily news, express and telegraph, the Era, Hampshire Advertiser, the Manchester, The Stattordshire Advertiser, The Western Daily Press Bristol, Yorshire telegraph, The evening News, Linconlnshire Echo, 2E2587-AMLyon, 1R367-AD12, 1R641-AD12, 4R57-AD12

© 2016 Généalanille

Print Friendly

Ces ancêtres endettés

 Astuces, Aveyron, Blog, Histoire locale, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Ces ancĂŞtres endettĂ©s
Août 122016
 

Multiplier les sources généalogiques (et surtout les exploiter) réserve parfois des surprises, bonnes ou mauvaises, pour nos ancêtres.

Un mariage aisé

Jean Joseph Terral, 39 ans, se marie avec Marie Claire Bessière, 24 ans en 1830. Le futur couple passe en contrat de mariage chez Maitre Bec, notaire à Broquiès, qui se déplace au domicile de la famille Bessière. C’est un régime dotal qui est choisi, histoire de protéger les biens de chacun.

Du côté du futur époux, sa mère lui donne 1/3 de tous ses biens par préciput et son frère lui revend sa part de droits successoraux paternels. Cela évite un partage entre les deux frères.

Du côté de la future épouse, les sommes sont plus importantes. Melle Bessière s’est constitué 1 500 francs de dot et son père lui donne 13 500 francs dont 12 000 francs payables avant sa mort. 3 000 francs sont même acquittés de suite.

Contrat-Mariage

Une vie ordinaire

Le couple a plusieurs enfants dont certains ne survivent pas. Au décès de Jean Joseph Terral en 1867, 3 enfants sont cités, un garçon, Philibert, et deux filles Christine et Rosalie, qui habitent tous au village.

Quand Marie Claire Bessière décède en 1878, une troisième fille est listée, sœur en religion à Clairvaux.

Côté patrimoine, un peu de mobilier pour 138 francs et un domaine dans le village pour la 1ère succession.

Succession

Pour la succession de Madame, on ne retrouve que la reprise de sa dot.

 

Rien de particulier ?

Les recherches se poursuivent sur le patrimoine. A la vue des dates de décès, ce sont les hypothèques qui semblent pouvoir apporter plus rapidement des informations.

La case de Jean Joseph Terral nous informe de quelques mutations (deux achats avant le mariage, trois ventes en mai 1859 et une expropriation).

Hypothèques

C’est l’expropriation qui a notre préférence. Elle a lieu en 1862 et est finalement initiée au profit de la commune pour redresser un chemin.

Côté ventes, l’une concerne du terrain vendu à un prêtre, la deuxième un terrain vendu sous seing privé. La troisième concerne des arrangements entre les deux frères Terral. En effet dans le contrat de mariage, et pour éviter le partage, Jean Joseph devait payer à son frère sa part de droits successoraux, ce qui n’a pas été fait. Jean Joseph avait promis à son frère de lui faire construire une maison, ce qui n’a pas été fait. Bref, l’acte formalise les dettes fraternelles.

Entre-frères

Oui, mais…

Si vous avez lu le titre de ce billet, vous vous doutez bien que l’histoire n’est pas si ordinaire.

Ce qui est frappant, c’est un document consulté précédent : la case du répertoire de formalités d’hypothèques. Alors que la partie gauche est assez banale, celle de droite liste un grand nombre de créances pour de fortes sommes et toutes à la même période : mai 1859.

Créances

La circulaire de 2009 n’ayant pas fait éliminer les registres d’inscriptions de créances avant 1865, ce sont 5 volumes qui vont permettre de découvrir un nouveau pan de la vie de Jean Joseph Terral.

En faillite suite Ă  une mauvaise gestion

Jean Joseph Terral fait des affaires, beaucoup et finalement pas que des bonnes ! En 1859, c’est un coup d’arrêt qui lui est assigné : il est déclaré en faillite par le tribunal de commerce de Millau.  Les scellés sont apposés le 1er juin sur son domicile, ses meubles, ses livres de comptes, etc.

Faillite

La nouvelle est évidemment annoncée dans la presse.

Son actif est évalué à 50 000 francs mais ses dettes sont proches de 200 000 francs.

Parmi ses créanciers, des agents de change, des banquiers, des propriétaires, le boulanger, une domestique pour arriérés de salaires, mais aussi la mère supérieure du couvent de Clairvaux qui attend les 2 000 francs de dot promis à l’entrée en religion de Marie Terral.

Jean Joseph Terral conteste dès le 7 juin être commerçant. Cet argument est rapidement rejeté par le tribunal. Il est jeté en prison pour contrainte par corps pour dettes.

Créanciers

 

Protéger les biens de Madame

4 jours plus tard, Marie Claire Terral va au tribunal, elle expose son cas et demande à protéger sa dot en faisant une séparation de biens avec son mari. Cette demande lui est accordée et, par exploit d’huissier du 10 juin, son mari est averti de sa démarche. Il faut attendre le 12 aout 1859 pour que le jugement de séparation soit prononcé. La lecture de celui-ci est faite 10 jours plus tard au tribunal de commerce.

Se séparer ne signifie pas divorcer. Cette démarche a surtout pour but de préserver les biens de Mme Terral et de lui permettre de continuer d’entretenir et prendre soin de ses enfants et de son mari.

Demande-sépartion

La faillite et après ?

Le dossier de faillite est en lacune dans les archives, mais quelques jugements permettent d’obtenir des informations sur la suite de l’affaire.

Un syndic provisoire, puis définitif, est nommé pour suivre la faillite de Mr Terral. Les créanciers ont indiqué les sommes qui leur sont dues et doivent justifier de la véracité de celle-ci.

Près d’un an après l’annonce de la faillite, la situation va s’éclaircir et un concordat va être signé avec les créanciers. Le frère de Jean Joseph Terral s’engagera à payer 20 000 francs au syndic (plus les intérêts, et les frais divers).

L’état de faillite est levé avant l’été 1860.

Fin-Faillite

Deux ans plus tard, c’est l’expropriation pour redresser la route puis le décès de Jean Joseph, mais ça, vous le saviez déjà…

 

Sources 4E299-3/AD12, 4E299-4/AD12, 4E138-10/AD12, 3E18436-AD12, 3E27399-AD12, 70Q236-AD12, 70Q147-AD12, 70QBIS28-AD12, 70QBIS35-AD12, 70Q200-AD12, 4Q1661-AD12, 4Q1905-AD12, 4Q2015-AD12, 4Q2016-AD12, 4Q2037-AD12, 79Q57-AD12, 79Q172-AD12, 79Q173-AD12, 79Q174-AD12, 6U 170-AD12, 6U532-AD12, 1059W50-AD12, 1059W51-AD12, Y115-AD12, PER605-AD12

© 2016 Généalanille

Print Friendly

 

Tué par erreur ?

 Aveyron, Blog, Histoire locale, RĂ©volution française  Commentaires fermĂ©s sur TuĂ© par erreur ?
Juil 292016
 

Une plaque dans l’église de Florentin rappelle la mémoire du prêtre réfractaire François Castanié. Tué par erreur ou mis à mort pour la foi, une seule version est présente aux archives départementales.

Prêter serment sous la révolution

François Castanié est né le 2 juillet 1762 à St Félix de Lunel. Après des études ecclésiastiques, il est nommé vicaire de cette paroisse au moment de la révolution française et signe ses premiers actes paroissiaux début 1790.

Par décret du 27 novembre 1790, les prêtres sont soumis à l’obligation de prêter serment pour la « Constitution civile du clergé. » François Castanié refuse de prêter serment comme les trois quarts des prêtres aveyronnais.

Decret27111790

500 prêtres aveyronnais seront arrêtés et déportés. François Castanié se cache pour ne pas subir le même sort.

 

Déguisés en chasseur pour arrêter le prêtre

Le 10 pluviose an VI, François Laurans et Jean Baptiste Bourguignon, brigadier et gendarme à la résidence d’Entraigues apprennent que Gaspard Puech va épouser Anne Dounet. Ils présument que la messe va être dite par un prêtre réfractaire et décident d’aller voir, déguisés en chasseur pour n’être pas aperçus ni reconnus de personne. Arrivés dans la maison des Dounet, ils entrent par une fausse porte (la porte d’entrée est fermée) et trouvent François Castanié, prêtre réfractaire de la liste des émigrés, vicaire à St Félix, à table, dinant avec les Donnet, sa femme et les futurs époux. Le prêtre est arrêté ainsi que Dounnet qui lui a donné asile.

Le prêtre est fouillé. Il porte sur lui, deux petites clochettes, une relique dans une tabatière et les annonces (déchirées) des bancs des futurs époux. Les deux hommes sont emmenés en prison.

Clochette

Il a simplement demandé asile

Le jour même, un interrogatoire est mené par Jean Antoine Rigal agent municipal d’Entraigues exerçant les fonctions de commissaire de police.

François Castanié nie entre autre avoir voulu marier Gaston Puech et Anne Dounet et prétend n’avoir voulu que chercher un asile chez les Dounet. La demande de publication de bancs est déchirée ? C’est que le papier s’est coupé de lui-même !

Guillaume Dounet ne savait pas que François Castanié était prêtre, il l’a recueilli comme un simple demandeur d’asile…

 

Direction la prison

Le lendemain, les hommes doivent être emmenés à Rodez mais en passant par Espalion. Les deux détenus sont attachés entre eux, chacun portant une chaine en fer autour du cou.

Pour les accompagner, il y a les deux gendarmes mais aussi les citoyens Augustin Monnaton et Antoine Nayrolles.

Le brigadier s’attend à une attaque car vers 6H, un homme est venu devant la porte des écuries des chevaux de la gendarmerie et a demandé si les hommes qui devaient conduire les prisonniers étaient partis, par quelle route et combien vont encadrer l’escorte.

Espion

A 8H, le convoi démarre. Il prend le petit chemin appelé de Boutigou et arrive sur l’ancien chemin tendant d’Entraygues à Laguiole. En arrivant près du village de Bès à Florentin, le commandant Ladoux, un des gendarmes, se détache et part « à la découverte » pour voir le convoi doit craindre de croiser un attroupement. Il va chez le nommé Acher dit Barber, aubergiste du village de Bès, qui lui dit avoir chez lui dans son auberge 6 à 7 étrangers armés de fusils. Le commandant Ladoux retourne fait son rapport.

La menace d’un attroupement

Une attaque se prépare. Le brigadier Laurans décide d’abord de retourner sur leurs pas. François Castanié demande « avec instance de suivre un autre chemin pour éviter la rencontre. » Mais après réflexion, ils sont 5, ils peuvent bien se défendre contre 6 ou 7 ! Alors ils reprennent leur marche.

Les deux prisonniers, attachés ensemble par une chaine de fer passée au col sont mis en avant du cortège avec le brigadier Laurans à leur côté. Les 2 réquisitionnaires sont derrière, suivis par les 2 gendarmes qui ferment la marche.

Après 10 à 12 pas, ce ne sont pas 6 étrangers mais 15 à 20 personnes armées de fusils à 2 coups qui se montrent à environ 15 pas devant eux. Le brigadier ne les avait pas vu avant car il « y avait un brouillard très épais. »

Un coup de mousquet

Les gendarmes crient « qui êtes vous ? Au nom de la loi retirez-vous ! » Les hommes ne partent pas.

Le brigadier tire un coup de mousquet et l’attroupement répond par une décharge considérable sur l’escorte des détenus.

Les habits du brigadier sont percés en plusieurs endroits. Les chevaux sont touchés, le prêtre reçoit une balle au front, tombe à terre à la renverse. Il est blessé et son état de santé est critique.

Guillaume Dounet est blessé mais il peut marcher. Il a reçu 7 coups de feu à plomb sur les mains, un coup sur le coté gauche et un autre sur les sourcils. Cependant il est retenu par la chaine à l’autre prisonnier…

Coup de feu

Battre en retraite

Les gendarmes battent en retraite avec un des réquisitionnaire. L’autre reste seul « n’ayant pas eu le temps ou l’esprit assez présent pour faire comme les autres. » Les attroupés lui laisse la vie sauve et lui propose une hache pour couper la chaine des prisonniers.

Il repart alors avec le prisonnier Dounet, un fusil et deux manteaux abandonnés par les gendarmes. Il craint à tout instant de se faire tirer dans le dos. Il rejoint finalement son collègue qui l’attendait un peu plus loin et Guillaume Dounet est soigné à Entraigues.

 

Une blessure mortelle

L’attroupement s’est dispersé, reste sur le chemin le corps d’un homme ensanglanté au visage, les cheveux teints de sang, qui porte une chaine de fer au col. Il est ramassé par les voisins et emmené chez Raynaldi où il meurt le soir vers 20 heures. Il a perdu la parole et personne ne le connait. Son âge est évalué à 40-45 ans, sa taille à 5 pieds 3 ou 4 pouces. Il faudra attendre la rumeur publique pour que son identité soit dévoilée.

Décès

 

Un traquenard organisé

A postériori, les gendarmes apprendront que ce n’est pas moins de 100 hommes qui étaient mobilisés et divisés en divers groupes pour récupérer le prêtre lors de son transfert vers la prison. Parmi eux, Jean Baptiste Castanié, aubergiste à Golinhac chez qui les hommes se seraient rassemblés.

Le prêtre est enterré, sa succession est réglée le 4 thermidor an VI.

Ce coup de feu mortel Ă©tait un accident, François CastaniĂ© a Ă©tĂ© tuĂ© par erreur … par les hommes attroupĂ©s. D’ailleurs la dĂ©position du brigadier un peu plus haut prĂ©cise bien que le « coup de feu qu’il tira n’a pu en aucune manière atteindre CastaniĂ© prĂŞtre. »

 

Une autre version ?

C’est en voyant la plaque en mémoire de François Castanié dans l’église de Florentin la Capelle qu’on peut imaginer que l’histoire qu’on lit dans le dossier de justice n’est pas forcément la réalité.

Plaque

Pourquoi « mis à mort pour la foi » alors qu’il semble que le coup de feu soit un accident ?

Dans le dossier aux archives, seul le témoignage de François David, officier de santé de 32 ans, donne une autre piste.

« Le 10 pluviôse an soir, rentrant à Entraygues il apprend l’arrestation de Castanié. Mangeant la soupe avec 3 gendarmes et 5 gardes nationaux, le brigadier Laurans déclare qu’il sait qu’il y a un attroupement qui se prépare pour enlever le prêtre Castanié et qu’au moindre attroupement qu’il verra, il commencera par brûler la cervelle au prêtre.

Le prêtre répond qu’il ne sait pas si un attroupement est prévu mais que s’il y en a un, il faut au moins suspendre son transfert pendant 3 ou 4 jours, ce que le brigadier refuse. »

C’est le brigadier Laurans qui aurait tiré à bout portant sur le prêtre selon les récits sur les martyrs de la foi pendant la Révolution.

Le couple Puech Dounet

Terminons sur une note positive. Le mariage de Gaspard Puech et Anne Dounet n’a pas été béni par le vicaire Castanié mais il a bien eu lieu. Leur premier enfant nait le 25 nivôse an VII.

Sources: 4E91/1-AD12, 52Q227-AD12, 71L143-AD12, Les Martyrs de la foi pendant la RĂ©volution française ou Martyrologe des pontifes, prĂŞtres, religieux, religieuses, laĂŻcs de l’un et l’autre sexe qui pĂ©rirent alors pour la foi

Cet article a été rédigé avant les événements de juillet 2016.

© 2016 Généalanille

Print Friendly

Boire ou conduire…

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Boire ou conduire…
Juil 222016
 

Sur la route de Rodez

Le 6 février 1889, François, domestique chez Mr Moly, voiturier à Naucelle conduit vers Rodez une voiture dans laquelle se trouve Mr Broussy, directeur de l’école laïque de Naucelle.

Il est 18H30, la nuit est tombée et le temps est glacial. Arrivés au trois quart de la côte de la mouline à Rodez (actuelle avenue de Toulouse), au niveau de l’école normale, Mr Broussy dit au chauffeur :

« Allez voir ce qui se trouve sur le bord de la route car quelque chose vient de remuer lĂ . »

Avec l’obscuritĂ©, François ne perçoit qu’une masse noire gisant dans la neige. Il descend du vĂ©hicule et crie « C’est un homme! »

AussitĂ´t Mr Broussy descend et les 2 hommes relèvent Mr Bousquet, entrepreneur des omnibus Ă  Rodez, ensanglantĂ© et presque inanimĂ©. Il ne peut pas expliquer ce qu’il fait lĂ  mais comme ses sauveurs voient sa voiture arrĂŞtĂ©e un peu plus loin, ils comprennent qu’il s’est laissĂ© tomber de son siège.

Homme

Pris de vin, saisi par le froid, Ă©tourdi par la chute et trempĂ© par la pluie fine qui se congèle au fur et Ă  mesure qu’elle tombe, l’homme est chanceux d’avoir Ă©tĂ© retrouvĂ©.

Après l’avoir assis sur le siège de sa voiture, Mr Broussy se place Ă  ses cĂ´tĂ© et prend les guides pour ramener Mr Bousquet chez lui. Il comprend que le cheval faisait des efforts car le frein Ă©tait serrĂ©, ce qui explique que la voiture n’est pas partie plus loin après la chute du conducteur.

Le conducteur ne cède pas les rênes

Mr Bousquet reprend ses sens et machinalement il s’accroche aux guides. Il se met Ă  pousser des cris incohĂ©rents que le cheval ne comprend pas. L’animal, perdu par ces ordres, se dĂ©place de gauche Ă  droite sur la route, frĂ´lant les fossĂ©s.

Les conditions météo sont mauvaises. La route est verglacée, le cheval tombe 2 fois et se relève, puis se met à courir de plus en plus vite.

Mr Broussy,le directeur d’Ă©cole, ne peut plus descendre du vĂ©hicule et il ne parvient pas Ă  arrĂŞter Mr Bousquet, il doit par ailleurs le retenir car le chauffeur ivre menace de tomber Ă  chaque instant. François n’arrive pas Ă  suivre cet Ă©quipage et prĂ©fère mener son Ă©quipage Ă  son rythme pour rentrer entier.

Plan

Une chute Ă  l’arrivĂ©e

ArrivĂ© vers l’enclos de l’asile des aliĂ©nĂ©s près du foirail, le cheval tombe Ă  nouveau. Mr Bousquet, pas encore dĂ©grisĂ©, veut descendre. Comme un ressort qui se dĂ©tend il se lève et tombe dans les roues du vĂ©hicule, les jambes engagĂ©es entre les rais.

Mr Broussy le saisit brusquement Ă  bras le corps et le replace sur le siège. Il court tenir la tĂŞte du cheval pour que l’animal ne bouge pas et qu’il ne broie pas les jambes de l’entrepreneur. Mr Broussy crie au secours et une voisine sort de la maison des militaires. D’autres personnes finissent par arriver.

Mr Bousquet est descendu du siège par les témoins et le cheval est descellé. Mr Broussy court appeler Mme Bousquet. Colère, humiliation, résignation, on ne sait pas comment elle a réagi.

Pour se remettre de ses Ă©motions, Mr Broussy va se rĂ©fugier chez son homonyme (mais non parent) au cafĂ© Broussy qui l’entoure de ses soins les plus empressĂ©s. Quant Ă  François, l’histoire ne dit pas oĂą il a fini la soirĂ©e.

Broussy

Sources 1M698-AD12

© 2016 Généalanille

Print Friendly

Renversé par un vélo

 Aveyron, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur RenversĂ© par un vĂ©lo
Juil 072016
 

Il s’appelle Albert Escudié, il est né le 9 juin 1898 à Cransac (12)  et il habite avec ses parents au village de Bezelgues à Cransac. Le 9 mai 1907, alors qu’il a presque 9 ans, il se rend aux vêpres. Vers 14H15, alors qu’il se trouve en face de l’hôtel Girou, il est renversé par un cycliste qui arrive derrière lui. L’enfant a la jambe droite fracturée mais le cycliste ne s’attarde pas : il se relève et repart avec sa machine.

C’est Alphonse Roux, 47 ans, qui accourt le premier. Alors qu’il se promenait sur la voie publique, il a vu un bicycliste marchant la tête baissée à une vitesse désordonnée renverser l’enfant.

Germain Girou, 41 ans, hĂ´telier et forgeron, sort de chez lui au moment oĂą il entend crier. Il voit le cycliste remonter sur sa machine et repartit Ă  toute vitesse.

Les deux hommes transportent l’enfant chez Alfred Lagarrige, 40 ans, pharmacien qui fera un premier pansement sur la plaie contuse en attendant l’arrivée du médecin.

L’identité du coupable ne tarde pas : Il s’agit de Camille Cypierre, 17 ans, manœuvre.

Il est interrogé par les gendarmes et avoue qu’alors qu’il marchait à vitesse très ralentie sur sa bicyclette, un enfant a traversé sa route. Malgré ses avertissements avec sa voix et son appareil sonore, la pédale de sa machine a heurté la jambe droite de l’enfant qui est tombé à terre. Il est lui-même tombé et s’est blessé au genou. Il s’est relevé, est rentré chez lui sans s’occuper de savoir si l’enfant avait du mal.

Camille n’est pas majeur, c’est donc son père, Pierre Cypierre, mineur Ă  la Capouille qui est inquiĂ©tĂ©. Il dĂ©clare aux gendarmes qu’il n’ignore pas ĂŞtre responsable des actes de son fils mineur. Comme LĂ©on Marty, conseiller municipal confirme la bonne conduite et la moralitĂ© des Cypierre, il est probable que l’incident n’a pas donnĂ© suite Ă  d’autres poursuites.

© 2016 Généalanille

Print Friendly

 

Le charivari de la future mariée

 Aveyron, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Le charivari de la future mariĂ©e
Juin 102016
 

Jean Calixte et sa femme n’en peuvent plus. Depuis trois ou quatre jours, de 20H à 22H, une bande de jeunes se réunissent devant leur maison d’habitation et font du bruit avec des cornes, des chaudrons, des faux et autres instruments. Et comme ils sont déguisés, difficile de les reconnaitre.

Pourquoi ce tapage nocturne ? C’est bien simple, Euphrasie, la sœur de Jean Calixte âgée de 20 ans, va se marier avec un veuf de 28 ans. Les gens trouvent-ils le futur marié trop vieux, ou le futur couple mal assorti ? En tous cas, certains membres du village ont décidé de faire le charivari sous les fenêtres de la future épouse. Et c’est comme ça toutes les nuits !

On est vendredi soir, il est près de 22H et Flavie, épouse de Jean Calixte, craque, elle jette à travers la croisée de la fenêtre « un litre d’eau environ contenu dans une cuvette » selon la déposition de son époux. Ce que reçoit sur la tête Louis, domestique du hameau, n’est pas de l’eau mais « un liquide qui avait mauvaise odeur ». Heureusement qu’il avait une capeline sur la tête sinon il aurait été aussi mouillé que sa blouse. D’ailleurs Flavie ne se cache pas, c’est bien le contenu du vase de nuit qui est passé par la fenêtre.

Louis veut se venger, il ramasse une poignée de boue et l’envoie sur la fenêtre. Jean Calixte dira qu’à l’intérieur était cachée une pierre qui, fort heureusement, n’a pas blessé le couple dans sa chambre. Jean Calixte et les perturbateurs s’invectivent puis le calme revient enfin. Leur a-t-il dit que la future épouse n’était même pas présente ce soir là pour les faire partir ?

Dès le samedi matin, Jean Calixte va déposer plainte à la gendarmerie. Les jeunes gens sont déguisés mais il en a reconnu 11 dont 3 de ses cousins, plusieurs domestiques et Firmin à l’accordéon.

Chacun est interrogé, et certains reconnaissent avoir participé sans pour autant dénoncer les autres. Les hommes ont entre 16 et 31 ans et nient vouloir faire du mal ou être en infraction.

Euphrasie, de retour au village, est interrogée par les gendarmes alors que la deuxième publication des bans vient de paraitre. Elle indique que le charivari dure depuis 12 jours et qu’il a redoublé depuis que son frère a porté plainte.

Elle se marie 3 jours plus tard, le charivari cesse et les jeunes gens ne semblent pas avoir été inquiétés par la justice.

 

Sources 9U71/26-AD12, 1158W280-AD12

© 2016 Généalanille

Print Friendly

Une stèle au bord de la route

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Une stèle au bord de la route
Juin 032016
 

Une stèle au bord de la route, c’est fréquent. Quand elle est érigée par ses amis après qu’un homme soit assassiné, c’est plus singulier.

Stèle

La stèle est à flanc de colline le long de l’actuelle départementale 74 à Saint-Séver-du-Moustier en Aveyron. La plaque est composée d’une photo qui s’efface et porte la mention « Les amis de St Séver à la mémoire de leur camarade Jean Béziat tué assassiné le 10 novembre 1928 à l’âge de 32 ans. Regrets sincères de tous. Oh vous qui passez, un souvenir une prière. »

Comme le 11 novembre a dû être douloureux dans ce village !

Deux familles de Saint SĂ©ver

Louis Guittard a 30 ans. Il est né en 1898 dans cette commune au Pouget. C’est lui l’assassin. De part son âge et sa surdité, il ne participe pas à la Grande guerre. Il est célibataire et vit avec son père.

Jean Béziat a 32 ans. Il est né en 1896, lui aussi à St Séver. C’est lui la victime.

Il part au front en décembre 1915 après quelques mois d’instruction militaire. Blessé au genou par éclat d’obus au Fort de Vaux en 1916, blessé au pied par éclat d’obus à Bikschote en octobre 1917. Evacué pour maladie en avril 1918, il revient à St Séver à la fin de la guerre avec la médaille de la Victoire et la médaille commémorative de la Grande Guerre. Il se marie en 1924 avec Lyda Louise Françoise Verdeil.

Armée

Menaces et précautions

Les rapports entre les familles Guittard et Béziat sont tendues. Plusieurs condamnations sont rendues en 1927 pour des livraisons de sacs de pommes de terre ou des injures à la sorties de la messe. Mais les Guittard sont également en procès avec d’autres de ses voisins, comme Henri Vidal, c’est d’ailleurs Louis qui semble faire les démarches pour son père infirme.

Justice-1927

Mais c’est en 1928 que commencent les altercations entre Louis Guittard et Jean Béziat. Le dimanche 12 février 1928, Louis Guittard est frappé et à demi-assommé près de la ferme de la Garnissole. Il accuse à cette époque Jean Béziat et Ernest Vidal (frère d’Henri) d’être les auteurs « de cette violente démonstration. » Ces derniers ne seront pas inquiétés, les « faits signalés n’étant pas établis. »

Pv-Gendarmerie

Le 8 mars, Louis Guittard reçoit son pistolet automatique « le français » calibre 6m/m 35 qu’il a commandé à la manufacture de Saint Etienne.

Arme

Le 13 mai 1928, Jean Béziat attaque Louis Guittard au loin du village de St Séver, le menace de mort et sans l’intervention des dames Béziat et Pellegry, il n’aurait pas s’en tirer indemne.

En juillet, Louis Guittard dit à Célestin Michau « il y a à St Séver 2 hommes qui me pèsent et dont je finirai par me débarrasser. »

Menace

Le 21 octobre 1928, Germaine Falip, la fiancée de Louis Guittard, revient avec lui de la foire de Lacaune (81). Arrivés à la ferme de la Garnissole, ils croisent Henri Vidal et les deux hommes s’invectent.

 

Le drame

Pour le drame, c’est donc la veille du 11 novembre qu’il va avoir lieu.

Vers 14H, Jean Béziat négociant à St Séver s’éloignait de cette localité marchant derrière sa charrette attelée d’un cheval. Il fut croisé sur le chemin par Louis Guittard qui allait en sens inverse, un bâton à la main. Deux coups de feu retentirent et des plaintes se firent entendre. Les personnes qui se trouvaient dans le voisinage accoururent, elles aperçurent Guittard qui se dirigeait vers le village en se retournant de temps en temps et elles trouvèrent Béziat étendu à terre, perdant son sang en abondance.

La victime expira presqu’aussitôt, une balle l’avait atteinte aux poumons et au cœur, entrainant une mort rapide.

Louis Guittard se rend à la mairie et déclare avoir tiré 2 coups de feu avec un révolver sur Béziat car il prétend avoir été attaqué à coups de fouet par la victime et s’est défendu avec son arme. Il nie cependant avoir prémédité son geste.

Et après

L’assassin rentre chez lui et raconte ce qu’il vient de faire à sa mère et à sa sœur. Son père n’apprend le crime que quand les 2 gendarmes arrivent à la ferme.

Dans l’autre famille, la mère de la victime était sur la même route que son fils. Elle croise le meurtrier puis, après avoir pris un raccourci et marché quelques minutes, elle entend une détonation et entend Mme Millau dit « c’est l’homme du Pouget qui a tué Jeanou. » Elle comprend et se précipite et reconnait son fils.

Mère

La femme de Jean Béziat a vu sa belle mère vers 13H30 qui allait à une châtaigneraie, puis son mari quitter la maison. Ce sont les voisins qui lui rapportent le cadavre à la maison vers 14H30 en lui apprenant le nom de son meurtrier. A 23 ans, Lyda Béziat est veuve avec un petit garçon.

Après, tout s’accélère. Le village est en émoi, le procureur est averti et se déplace dès le lendemain. Louis Guittard est arrêté et écroué à la prison de Belmont.

Message

Les enquêtes de moralité et les interrogations des témoins sont menées dans les jours qui suivent.

Le procès aux assises

Le procès aux assises a lieu en mars 1929. 16 témoins seront appelés à la barre. Louis Guittard est condamné à 7 ans de travaux forcés, 20 ans d’interdiction de séjour et 1500 francs de dommages aux frères et sœurs de la victime.

Condamnation

 

La famille du coupable quitte le village pour aller vivre dans un département voisin. Le condamné est transporté à Cayenne.

Il demande un recours en grâce qui est rejeté le 26 novembre 1932. En novembre 1935, alors que sa peine principale est subie, il demande un nouveau recours en grâce. Des renseignements sont demandés par la gendarmerie en juin 1936 mais tous rejettent cette éventualité : le maire, un entrepreneur et 3 membres de la famille Béziat.

Maire

Louis Guittard est réhabilité le 14 octobre 1946.

Les amis de Jean Béziat pour ne pas l’oublier font établir une stèle qu’ils placent à l’endroit du crime.

DĂ©tail

 

 

Sources : 4E257/9-AD12, 1R1005-AD12, 1R1027-AD12, 10U1/30-AD12, PER621-AD12, 2U720-AD12, 26 N 749/13 sga mémoire des hommes

© 2016 Généalanille

Print Friendly

Les manèges pousse-pousse interdits dans l’Aveyron

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Les manèges pousse-pousse interdits dans l’Aveyron
Avr 292016
 

Par arrêté préfectoral du 5 juillet 1921, les manèges tournants dit pousse-pousse sont interdits sur tout le territoire de l’Aveyron.

Arrêté

Cette attraction, à cette époque d’un nouveau genre, est très prisée de la jeunesse. Elle consiste en des sièges suspendus par des chaines (comme des balançoires ou escarpolettes) au toit d’un manège que le mouvement de rotation fait s’éloigner de l’axe central et « porte très haut ».

Pousse-Pousse

 

Les fêtes du pays rouergat sont bien organisées en ce premier week-end de juillet 1921 à Rodez. Le samedi soir, les musiciens des « enfants d’Albi » donnent des concerts dans les différents quartiers de la ville. Le dimanche, programme est chargé :

  • Concours d’accordĂ©on, de cabrettes et de chansons patoises Ă  la caserne Sainte Catherine
  • Cortège de chars fleuris avec les enfants costumĂ©s faisant le tour de ville
  • Lâcher de ballons (contrariĂ© par le vent du nord)
  • Concert des « enfants d’Albi », des sonneurs RuthĂ©nois et de la Diane Rouergate
  • Kermesse au jardin public et fĂŞte foraine au foirail.

C’est dans la soirée de dimanche, alors que la kermesse bat son plein et que le jardin public est transformé en bataille de confetti, que Paul Izac, étudiant de 17 ans, monte sur une des escarpolettes du pousse-Pousse. Il attache la chainette qui empêche la chute et le manège démarre.

Au plus fort de l’ascension, les personnes présentes le voient glisser sous la chaine de sécurité et son corps, comme une loque, est lancé dans les airs avant de venir s’abattre sur le sol. Le public est sous le choc.

Le manège est stoppé et l’on vient porter assistance au jeune homme sans connaissance. Transporté à l’hôpital, les médecins lui diagnostiquent une fracture du crâne. Le lundi matin, il est ramené chez ses parents Rue Lebon où il décède à 9 heures.

Décès

Les témoins diront qu’il a probablement fait une syncope. Dès le lendemain, le préfet signe son arrêté pour l’interdiction de ce type de manège.

La fête continuera pour les Ruthénois avec le lundi une représentation de la « Soulenco », scène de vie rouergate, donnée dans la caserne Sainte Catherine et interprétée par la Lyre Ruthénoise.

Les gagnants du concours du dimanche matin auront été difficiles à déterminer. A la cabrette, le 1er prix est donné ex-aequo à Mr Vidal de Millau et à Mr Soulié de Sainte Geneviève. A l’accordéon, impossible de départager Mr Archimbault d’Agen et Mr Wins de Carmaux qui sont eux aussi ex-aequo. Le concours de chansons patois est attribué à Mr Moussié de Rodez.

Sources: PER1181-AD12, 1158W369-AD12, La dépêche du Midi-Médiathèque Rodez

© 2016 Généalanille

Print Friendly

La radiation Ă©lectorale des prĂŞtres

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur La radiation Ă©lectorale des prĂŞtres
Avr 222016
 

Les jugements en « matière Ă©lectorale » pour les membres du clergĂ© semblent en recrudescence après la loi de sĂ©paration de l’Ă©glise et de l’Ă©tat. En voici quelques exemples dans le canton de Saint Geniez d’Olt en Aveyron.

Le nouveau vicaire de St Geniez

Eugène François Clément Vinches est né le 28 octobre 1876 à Estaing (12). Du fait de sa myopie et de ses études au séminaire de Rodez, il est dispensé de service militaire. Il étudie à l’institut catholique de Toulouse jusqu’à sa nomination comme vicaire à Laissac le 1er octobre 1903. Il se met en congé le 24 aout 1905 de ses fonctions avant d’être nommé vicaire à Saint Geniez d’Olt en septembre 1905 en remplacement de Casimir Cavalier muté à Prades d’Aubrac. Il vote à Laissac.

Vinches

 

Le professeur du petit séminaire d’Espalion

Jean Baptiste Vidal est né le 8 juin 1868 à Pomayrols (12). Après avoir été dispensé de service militaire, il entre dans les ordres majeurs le 23 mai 1891 et devient professeur au petit séminaire d’Espalion. Il vote à Pomayrols.

 

Le vicaire de St Crépin

Simon Badoc est nĂ© le 22 avril 1878 Ă  Pomayrols (12). Après des Ă©tudes au sĂ©minaire et un an de service militaire, il devient vicaire auxiliaire Ă  Lissirou (commune de Gaillac d’Aveyron). Le 7 juin 1904, il est nommĂ© vicaire Ă  Saint CrĂ©pin, paroisse de Laval Roquecezière, dans le sud du dĂ©partement. Son changement d’adresse est effectif sur sa fiche matricule, mais il dĂ©cide de continuer de voter Ă  Pomayrols.

Badoc

 

La séparation entre l’état et l’église

La loi du 9 décembre 1905 dite de séparation entre l’état et l’église a une conséquence sur le domicile électoral des membres du clergé. N’étant plus « fonctionnaires publics astreints à une résidence obligée», ils entrent dans le droit commun et sont donc priés de bien vouloir voter dans la commune de leur résidence.

Par ailleurs l’article 40 précise qu’ils sont inéligibles au conseil municipal dans la commune de leur ministère dans les 8 ans qui suivent la promulgation de la loi.

Ă©lectorale

Les radiations Ă©lectorales

Début 1906, les commissions municipales se réunissent pour déterminer les inscriptions et radiations sur les listes électorales. Eugène Vinches est radié de Laissac et refusé à Saint Geniez, Jean Baptiste Vidal et Simon Badoc sont eux confirmés sur la liste de Pomayrols mais cette décision est contestée par un citoyen. Bref, c’est à la justice de trancher.

Liste-Elec

Des témoins pour justifier 6 mois de présence

Pour Eugène Vinches qui n’est inscrit nulle part, ce n’est pas moins de quatre témoins qui vont se succéder à la barre.

Joseph Vayssette et Albert Canal, vicaires à St Geniez, Auguste Fontanié, sacristain au même lieu affirment que le vicaire Vinches était présent et a présidé la grand messe du 17 septembre 1905.

Julien Cornuéjouls, marchand de journaux, indique que le vicaire lui a commandé le journal la Croix de Paris qu’il lui a apporté chaque jour depuis le 26 septembre 1905

La Croix

Le vicaire signe les actes de baptĂŞmes dans les registres paroissiaux depuis septembre 1905, la preuve est faite de son domicile!

Le juge de paix déboute la commission municipale de Saint Geniez et demande l’inscription de Mr Vinches dans les listes électorales de cette commune.

Payer des impôts et voter régulièrement

C’est Joseph Combacau, rentier à Saint Geniez qui a déposé réclamation contre le maintien de l’inscription de Mr Vidal. Il précise de plus que la commission municipale de Pomayrols n’est pas régulière car elle ne comportait pas les 5 membres prévus par la loi de 1874. Par ailleurs Mr Vidal a déjà été condamné pour des faits similaires il y a 3 ou 4 ans.

Vidal-Jugement

Le juge de paix reconnait l’irrégularité de la commission, mais comme Mr Vidal a voté en janvier 1906 à Pomayrols et qu’il y paye des impôts fonciers, il décide qu’il reste inscrit sur les listes électorales de cette commune pour 1906, bien qu’habitant à Espalion.

 

Se résigner à voter ailleurs

C’est également Joseph Combacau qui dépose réclamation contre l’inscription de Mr Badoc. Là encore, il justifie que la commission municipale a siégé de manière irrégulière.

Badoc-Jugement

Simon Badoc n’a pas pu se déplacer pour le jugement. Il est représenté par Eugène Vinches, vicaire de St Geniez qui est lui-même impliqué dans une affaire similaire.

Les arguments sont plus faibles. Mr Badoc a bien demandé par écrit en janvier 1906 son maintien d’inscription, il a voté à chaque élection mais il ne paye pas d’impôt sur la commune et vit maintenant à Saint Crepin. Le juge de paix ordonne la radiation des listes électorales de Pomayrols.

Badoc-Verdict

Simon Badoc ne se laisse pas faire, il se pourvoit en cassation le 8 mars 1906 par l’intermĂ©diaire d’une procuration donnĂ©e Ă  Victor Bouscary secrĂ©taire de la mairie de Pomayrols.

Badoc-Procuration

 

Pas seulement les prĂŞtres

Soyons réalistes, la révision des listes électorales ne concernent pas seulement les prêtres et même si le contexte de la loi de 1905 met en lumière cette catégorie de votants, la justice de paix de Saint Geniez rendra son avis la même année sur d’autres hommes qu’ils soient partis habiter à Paris (marchand de vins), dans d’autres départements (notaire dans le Tarn et Garonne) ou que la méthode de contestation ne soit pas réglementaire (missive du sous préfet).

 

Sources : 1R770-AD12, 1R824-AD12, 1R838-AD12, 10U34/87-AD12, 1V18-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12, Gallica : la croix

 

© 2016 Généalanille

Print Friendly

De Rodez Ă  Paray, les soeurs franciscaines

 Aveyron, Blog, Histoire locale, SaĂ´ne et Loire, XIXème Siècle, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur De Rodez Ă  Paray, les soeurs franciscaines
Jan 152016
 

Les fondateurs Ă  Mur de Barrez

La congrégation des sœurs de St François d’Assise de Rodez a été fondée en 1862 à Mur de Barrez au nord du département de l’Aveyron par l’abbé Jalbert et la sœur Jeanne Marie Varès. Ces franciscaines garde-malades sont parfois appelées les sœurs de la « bonne mort .»

 

Victorin Jalbert, prĂŞtre dans une famille de religieux

Victorin Jalbert est né en 1823 à St Amans de Cots (Aveyron) d’une famille remplie d’hommes de foi. Son père, Benjamin, a commencé sa théologie avant d’être enrôlé dans les armées. Il quitta son poste de capitaine pour étudier la médecine et vint s’installer à St Amans de Cots.

Deux de ses oncles, Jean Pierre et Pierre Jean étaient prêtres avant la révolution et durent s’enfuir en Espagne avant de revenir à la fin du 18ème siècle.

Un troisième oncle, Jean, était diacre.Il devient prêtre sous les mains de Mgr d’Aviau archevêque de Vienne.

Enfin le 4ème oncle, Pierre, était vicaire d’Alcorn à Laguiole et syndic du séminaire de cette ville quand il mourut foudroyé dans un confessionnal, en compagnie de Pierre Mas, vicaire de Laguiole. Les deux hommes, chacun dans leur confessionnal, œuvraient à leur tâche en cette veille de Pâques 1788.

confesseur et confessée

Confesseurs et une confessée foudroyés

Victorin Jalbert étudie au petit séminaire St Pierre puis au grand séminaire de Rodez. Il devient professeur au petit séminaire St Pierre pendant 5 ans avant de partir à Paris à l’école des Carmes pour compléter ses études.

Il devient vicaire à Mur de Barrez en 1854. Son ancien collègue vicaire, Joseph Gavalda, devenu prêtre à Mur de Barrez décède en juillet 1870, quelques jours avant le début de la guerre. Victorin Jalbert est agréé en septembre 1870 et devient curé de la commune. Il occupera ce poste jusqu’en 1874 dont il démissionne « pour raison de santé. » En fait, il compte se dévouer à la congrégation qu’il vient de créer.

DĂ©mission

Le 3 décembre 1879, il devient membre de la société des lettres sciences et arts de l’Aveyron. En 1885, il est chanoine honoraire du diocèse de Rodez et en janvier 1886, il est nommé chanoine prébendé.

Jeanne Varès ne veut se marier qu’à la religion

Marie Jeanne Varès est née en 1828 à Sinhalac, commune rattachée l’année suivante à Mur de Barrez. Elle est la fille de fermiers de grands domaines.

Très jeune, elle se sent attirée par la vie religieuse mais ses parents en ont décidé autrement et souhaitent qu’elle se marie. Elle part alors à Paris où ses frères sont établis pour échapper à ce destin si commun. Son retour est très attendu pour sceller son alliance, mais la jeune fille préfère se placer chez des maitres très chrétiens. Elle est admise au noviciat du tiers ordre le 4 octobre 1860 et à la profession le 12 octobre 1861. Ne trouvant aucune communauté qui l’attire, elle revient chez ses parents et soigne les malades en compagnie de sa mère, qui gémissait souvent devant elle du dénuement des malades dans les campagnes.

Sa route croise celle du père Jalbert, vicaire du Mur de Barrez et il la dirige vers le couvent de St François d’Assise au Puy en Velay pour faire son noviciat comme sœur garde malade. Elle reçoit l’habit le 3 juillet 1862. Elle fonde la congrégation des sœurs à 34 ans et y consacrera toute sa vie. Dès septembre 1863 elle est rejointe par d’autres filles au Mur de Barrez et elle devient mère st François le 15 avril 1864.

De Mur de Barrez Ă  Rodez

Les sœurs garde-malade de St François d’Assise à Mur de Barrez naissent de l’idée d’un prêtre, fils de médecin, et d’une future promise qui soignait les pauvres avec sa mère.

En 1870, la petite vérole éclate dans la région et fait de grands ravages à Mur de Barrez, permettant à l’œuvre des sœurs d’éclater au grand jour. 1870, c’est aussi l’année de la guerre et la nomination comme curé de Victorin Jalbert, vicaire de la paroisse depuis 16 ans.

Le père Jalbert décide de créer un établissement à Rodez. Mère St François devient supérieure assistante et est remplacée par Mère Véronique.

L’évêque autorise l’installation du noviciat à Rodez et la communauté achète une maison aux quinze arbres en dessous du pensionnant des frères de St Joseph. En 1872, quelques sœurs sont envoyées provisoirement à Rodez pour diriger les réparations, et la translation est effective en 1874 et le prêtre démissionne pour devenir aumônier de la communauté.

En novembre 1875, un incendie éclate en pleine nuit et détruit le couvent (qui n’est pas assuré). Les 18 sœurs sont logées provisoirement près du palais de justice.

Incendie

Les pompes à incendie sont déroulées trop tard, le couvent est détruit

En 1876 après 6 mois de bataille pour convaincre les 6 ou 7 propriétaires des parcelles morcelées, les sœurs achètent une maison et de vastes jardins au Lucadou près du couvent de la providence et de l’ancien amphithéâtre. Les réparations ne sont pas faites et les sœurs doivent souvent offrir un parapluie au-dessus de leur lit pour dormir au sec. Les sœurs sont dorénavant rue Peyrot.

Peyrot

En février 1900, le père Jalbert meurt d’une longue maladie. En avril de la même année, et quelques jours après avoir assisté à une prise d’habit présidée par le nouvel évêque, la mère St François meurt à son tour. La communauté est orpheline mais elle s’est bien agrandie depuis sa création : les sœurs garde-malades sont présentes sur une dizaine de communes du département (Entraygues, Laissac, St André de Vézines, St Yzaire, Vabres, Cransac, Le Monastère….)

 

Deux sœurs à Paray le Monial

C’est en janvier 1900, quelques mois avant le décès des fondateurs de la congrégation, que deux sœurs aveyronnaises, tertiaires de St François d’Assise, achètent à Melle Amélie Leclerc une propriété à Paray le Monial, route de Charolles.

L’ensemble comprend trois éléments :

  • une petite maison avec 2 pièces au rez-de-chaussĂ©e avec un grenier, une cave et une petite remise,
  • un logement avec cave, cuisine, hangar, cabinets au rez-de-chaussĂ©e et 3 petites pièces au rez –de-chaussĂ©e,
  • une parcelle de jardin.

Un viager de courte durée

Les deux sœurs qui signent l’acte de vente sont originaires de l’Aveyron mais « exercent » à Paris. Il s’agit de

  • Julie Majouphet, sĹ“ur St Victime de JĂ©sus, nĂ©e en 1866 Ă  Decazeville
  • CĂ©sarine Montarnal, sĹ“ur Ste Philomène, nĂ©e en 1869 Ă  Espayrac.

Le contrat est signé devant Maitre Roland, notaire de Paray et la vente est conclue moyennant 3000 francs et une rente viagère annuelle de 250 francs pour compenser la valeur vénale de la maison et du terrain (6000 francs).

Le viager ne dure pas car la vendeuse décède le 3 janvier 1902 à Paray le Monial à 82 ans.

De trois à six sœurs souvent aveyronnaises

La communauté est composée rapidement de 3 religieuses outre les 2 fondatrices.

En 1901, sont présentes Marie Veyrac née vers 1881, Nathalie Campergne née vers 1880, Clotilde Falissard née vers 1889.

En 1906, 4 religieuses accompagnent les fondatrices Marie Cluzel née 1868 à Rieupeyroux, Emilie Prat née en 1868 à Ste Geneviève, Irma Combelle née en 1870 à Lacroix Barrez et l’héraultaise Colombe Gros née en 1869 à Cabrerolles.

En 1911, seule Emilie Prat (sœur St Joseph) reste avec les sœurs.

Au 31 juillet 1914, la communauté est composée des 3 sœurs de 1911 mais aussi de Marie Cantalouve (sœur St François) née en 1888 à la Capelle de Brasc et la bretonne Anne Prie (sœur Bernadette) née en 1890 à La Chapelle Saint Mélaine.

Au retour de la guerre, le recensement de 1921 fait accompagner les sœurs fondatrices de Marie Fabre née en 1895 à Lunel St Félix et de Marthe Segond née en 1900 au Sauzet.

 

Une agrégation tardive

La communauté démarre son activité de soins de malade à domicile en 1900. En juillet 1901, une nouvelle loi est promulguée, interdisant toute formation de congrégation sans autorisation préalable.

Loi1901

La mère St Victime de Jésus s’exécute et retourne au maire de Paray le Monial les documents demandés. Le conseil municipal de la ville émet d’ailleurs un avis défavorable à l’autorisation de la congrégation dans sa délibération du 08 décembre 1901.

Avis-défavorable

Le dossier traine un peu, le rapport est transmis au préfet en avril 1902 qui l’expédie au ministre de l’intérieur quelques jours plus tard avec lui aussi un avis défavorable. Faire disparaître les sœurs garde-malades, c’est s’exposer à un grand embarras pour les familles qui ont recours à leurs soins car aucun service laïc n’est disponible en nombre suffisant pour pallier à leur disparition.

En mars 1908, le préfet relance le dossier. Le sous préfet n’a pas changé d’avis mais en attendant, la congrégation continue son activité.

Avis-1908

En février 1911, un nouveau rapport est demandé. Le nouveau préfet, François Ramonet, s’appuie sur les avis précédents pour confirmer son désaccord d’autoriser la congrégation.

En avril 1914, le ministre sollicite à nouveau le préfet (qui a changé, il s’agit alors de Joseph Chaleil) pour statuer sur l’autorisation des sœurs de St François d’Assise. Un nouveau dossier est constitué et en mai, le sous préfet de Charolles estime que la situation des sœurs doit être maintenue du fait des services qu’elles rendent. Le 20 juillet, une lettre de relance est envoyée au préfet. Le rapport ne peut pas être envoyé au ministre sans la liste des religieuses. La mère supérieure la fournit le 31 juillet, quelques jours avant le début de la première guerre mondiale.

Liste-1914

L’affaire est relancée en 1942, alors que les sœurs souhaitent bénéficier d’un leg particulier de 5000 francs. Ne trouvant pas l’institution dans le « répertoire des congrégations » de P Sauret édité en 1939, et les sœurs répondant qu’elles n’ont pas d’archives et qu’elles dépendent de Rodez, le préfet Hontebeyrie sollicite son collègue de l’Aveyron pour connaître la date d’autorisation. Ce dernier répondra qu’elle n’est pas encore reconnue….

Info-1943

Sources: 5E342/33-AD71, 4E114/2-AD12, 4E85-5-AD12, 4E217/6-AD12, 4E175/11-AD12, 4E77/7-AD12, 4E85/8-AD12, V299-AD71, 6MI169-AD71, 6M Paray-AD71, 6V74-AD12, 1V6-AD12, 1158W364-AD12, 6M175-AD12, 6M183-AD12, Gallica: journal officiel

© 2016 Généalanille

Print Friendly