Le personnel des colonies

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Août 312018
 

Daniel, Claude, César, Brigitte, Flore, Constance ne sont que quelques prénoms du personnel du Sieur Ostry, habitant Petite Rivière à Haïti,  une des anciennes colonies françaises.

Un aveyronnais parti dans les colonies

Il s’appelle Jean Baptiste Ostry. Il a été baptisé le 16 mars 1723 à Vabres dans l’Aveyron. Fils de Barthélémy Ostry notaire à Vabres et dame Marie Tauzin, il décède en 1786 dans sa propriété de Petite rivière en Haïti qu’il avait acquise 20 ans plus tôt.

Un inventaire peu ordinaire

C’est l’inventaire après son décès qui laisse apparaitre des biens un peu particuliers. Outre les classiques bâtiments, terrains, mobiliers et papiers, sont listés les esclaves « « nègres (45) puis les « négresses » (28) puis les « négrillons » (9) et les « négrittes » (7).

Et pour chacune de ses personnes, on apprend son nom, son âge, sa valeur économique (jusqu’à 50000 livres).

Des situations médicales

La valeur économique est évidemment associée au sexe, à l’âge mais aussi à l’état de santé. On relève ainsi quelques annotations.

  •  « Ayant des jambes enflĂ©es »
  • « EstropiĂ© d’un pied »
  • « Ayant un genou gros »
  • « Ayant une hernie »
  • « EstropiĂ© des mains »
  • « Infirme »
  • « Ayant une fistule »

Les conditions de vie

Le logement des enfants est une case de 54 pieds de long et 16 de large construite en bois rond clissée et boussillée couverte en paille.

Les autres logements sont 6 « cases à nègres », chacune de 45 pieds de long sur 16 de large de même structure.

Ce sont les seuls éléments indiquant les conditions de vie de ce personnel. Est-il bien nourri, bien traité ? Impossible à savoir. Il est, de toute façon, traité « d’esclaves » dans un document de vente de 1780…

Sources : 1J2832-AD12, 2E288M1-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG d’août 2018 sur le thème imposé « les colonies ».

Panique au foirail

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Août 202018
 

Un mouvement de panique sur le foirail provoque de nombreux blessés dont une dizaine sérieusement.

Les bĂŞtes ont eu peur

6 mars 1885. Il est 15H30 environ. La foule est grande sur le champ de foire de Séverac le Château. Les bêtes à cornes sont nombreuses, on en compte plus de 1000. Tout à coup un mouvement de panique surgit parmi les vaches et celles-ci se portent en masse vers une des issues du foirail. Certaines personnes sont transportées sur le dos des animaux sur plus de 20 mètres de l’endroit où elles se trouvaient.

De nombreux blessés

100 personnes sont blessées. Heureusement que l’endroit était clos, sinon la dispersion des vaches dans les rues aurait causé plus de dégâts.

On dénombre une dizaine de blessés sérieux :

  • Jean Ribouliès 12 ans de Verrières a le bras cassĂ©, la presse indiquera mĂŞme qu’il a l’épine dorsale brisĂ©e ;
  • Valentin Privat 48 ans de la Capelle Bonance a 3 cĂ´tes enfoncĂ©es et la blessure est grave ;
  • Jean Baptiste Rousset d’Alain (48) a l’épaule dĂ©mise;
  • Victor Boutonnet d’Arques a lui le poignet dĂ©mis ;
  • Casimir Salesse de Pierrefiche a les cĂ´tes enfoncĂ©es ;
  • Mme Guizard de SĂ©verac a Ă©tĂ© renversĂ©e par les bĹ“ufs. Comme elle est « dans un Ă©tat de grossesse assez avancĂ© », on craint un avortement. Cependant on notera la naissance d’un petit Joseph 17 jours plus tard.
  • Amans Calières, 34 ans de Verrières a une blessure au menton cĂ´tĂ© gauche longue de 7cm et profonde d’1,5cm ;
  • Casimir Delmas 49 ans de Buzeins est blessĂ© Ă  la tĂŞte ; son Ă©paule et sa jambe gauche sont meurtries et il a une incapacitĂ© de travail d’un mois environ ;
  • Jean Fages 48 ans de SĂ©verac s’est foulĂ© le bras et la jambe gauche;
  • Marianne Solassol Ă©pouse MoliniĂ© a, quant Ă  elle, une blessure assez grave au bras gauche.

 

Pourquoi ce mouvement de panique ?

Une enquĂŞte de gendarmerie est menĂ©e. Mais malgrĂ© les recherches les plus minutieuses pour dĂ©couvrir les causes de cette panique, personne ne sait ce qui s’est passĂ©. Personne n’a rien vu de suspect et aucun portefeuille n’a Ă©tĂ© soustrait. « Plusieurs disent qu’on avait jetĂ© des capsules de dynamite qui auraient Ă©clatĂ© sous les pieds des bĹ“ufs, et auraient jetĂ© l’épouvante parmi ces animaux ». La panique s’est cependant produit 3 fois dans la mĂŞme journĂ©e…

Les gendarmes critiqués

La population est impressionnée par l’événement. Il faut des responsables ! Et c’est l’attitude des gendarmes qui est mise en cause. Ils n’auraient pas fait ce qu’il fallait. Pourtant les pauvres n’ont pourtant pas ménagé leur peine. Ils ont cherché les blessés, les ont conduits auprès des médecins puis chez les pharmaciens et ne se sont arrêtés que lorsque plus personne n’avait besoin de secours.

Quant Ă  la foire, elle « a Ă©tĂ© Ă  peu près nulle » d’après la presse… comprenez qu’elle n’aura rien rapportĂ© Ă©conomiquement.

 

NB: si vous avez un jour l’opportunitĂ© de visiter l’actuel foirail de Laissac, vous entendrez les organisateurs vous dire que des accidents surviennent encore, heureusement rarement.

Sources : 4M132-AD12, 4E275-21-AD12, PER877-AD12

© 2018 Généalanille

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La maison Ă©cole des filles

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Juin 302018
 

La maison école des filles de Prévinquières (12)  a été construite dans des conditions litigieuses.

Une nouvelle Ă©cole pour les filles

Le projet a Ă©tĂ© lancĂ© en dĂ©but de l’annĂ©e 1875. Une nouvelle Ă©cole sera construite pour les filles. Ce sera une maison Ă©cole, c’est Ă  dire un lieu oĂą l’on peut faire classe et oĂą le personnel enseignant peut vivre.
Une souscription est ouverte auprès de la population le 1er mars 1875. Elle semble avoir rapportĂ© 4700 francs en argent et 5000 francs de dons en nature (engagement de fourniture de matĂ©riaux). L’enquĂŞte de commo incommodo est faite en 1876.


Le 1er février 1877, par sa délibération, le conseil municipal de Prévinquières approuve les plans et devis pour la construction de la nouvelle maison école des filles. Ils ont été établis par Mr Rozié, agent voyer.
Le dossier est transmis au prĂ©fet le 4 avril et passe Ă  la session d’aout 1877 au conseil dĂ©partemental. Il vise Ă  demander 5000 francs Ă  l’Ă©tat. Le conseil dĂ©partemental donne d’ailleurs un avis favorable dans sa session de 1877.

Le maire refuse d’installer l’institutrice

Par arrĂŞtĂ© du 6 septembre 1877, Melle Massol institutrice est nommĂ©e Ă  PrĂ©vinquières. Elle doit prendre ses fonctions pour la rentrĂ©e du 16 octobre mais le maire refuse de l’installer. Elle s’est prĂ©sentĂ©e le 11 octobre (comme convenu) mais est obligĂ©e de loger Ă  l’auberge. Melle Massol se plaint Ă  l’inspecteur d’acadĂ©mie car elle a dĂ©jĂ  eu pas mal de dĂ©placements inutiles cette annĂ©e et si elle doit Ă  nouveau bouger, elle prĂ©fĂ©rerait le canton de Cassagnes BĂ©gonhès.
Melle Massol a en effet Ă©tĂ© nommĂ©e depuis le dĂ©but d’annĂ©e 1877

  • de Novis commune de SĂ©verac le Château,
  • Ă  Griac commune de RĂ©quista
  • puis elle est partie dans la nouvelle Ă©cole de Saint Cyrice Ă  Brousse le Château avant d’ĂŞtre affectĂ©e Ă  PrĂ©vinquières.

Et si le maire refuse d’installer l’institutrice, c’est que les locaux sont dĂ©jĂ  occupĂ©s par les sĹ“urs de la Sainte Famille qui font la classe… Et la maison Ă©cole est loin d’ĂŞtre terminĂ©e.
Une pĂ©tition est adressĂ©e au prĂ©fet par les pères de familles pour que l’Ă©ducation de leurs filles soit faite par une des sĹ“urs congrĂ©ganistes. Il faut donc un avis officiel pour que Melle Massol change d’affectation.


Et les enfants? Personne ne semble faire la classe aux 45 filles jusqu’Ă  la fin d’annĂ©e 1877.

La fin des travaux

L’inspecteur primaire rend compte de sa visite de la nouvelle Ă©cole des filles fin mai 1878. Il a vĂ©rifiĂ© que la construction Ă©tait conforme aux plans. Il ne constate aucune modification Ă  l’Ă©tage. Par contre, au rez de chaussĂ©e, une lĂ©gère cloison a Ă©tĂ© apposĂ©e pour sĂ©parer la salle de classe en deux. Une salle de 4,60m et une de 5m sur 6,50m.

La hauteur des plafonds a aussi Ă©tĂ© rĂ©duite: 3m40 au lieu de 4m. Cette modification est liĂ©e aux « grands froids qui sĂ©vissent dans ce pays surnommĂ© la SibĂ©rie de l’arrondissement ».
Un sous sol a également été construit avec une hauteur de 2,70m. Cela assainit les classes.
Il ne reste que la construction des lieux d’aisance, le mur de clĂ´ture de la cour de rĂ©crĂ©ation, le mur de clĂ´ture du jardin, l’Ă©tablissement du prĂ©au couvert, les plafonds, serrureries, la peinture des volets….

Les sœurs sont déjà là

L’inspecteur n’en parle pas dans son rapport mais un autre courrier nous apprend que les sieurs occupent les lieux depuis (au moins) avril 1878. Pourquoi? Parce que la maison Ă©cole appartient Ă  la fabrique! L’histoire se dĂ©voile. En 1875, un terrain a Ă©tĂ© cĂ©dĂ© Ă  la fabrique par le conseil municipal sans rĂ©ellement formaliser l’acte.

Les membres de la fabrique et le curĂ© ont Ĺ“uvrĂ© pour trouver le budget de dĂ©part, complĂ©tĂ© par la demande de subvention Ă  l’Ă©tat. Le curĂ© estime que les bâtiments lui appartiennent, le prĂ©fet n’est pas d’accord.
Et la dĂ©libĂ©ration du conseil municipal du 15 mai 1878 qui autorise les sĹ“urs Ă  rester « en possession de la maison qui a Ă©tĂ© construite par d’autre que par la commune sur un terrain communal » est annulĂ©e par le conseil de prĂ©fecture.
Le 3 juillet 1878, un arrêté est pris pour faire évacuer les sœurs et faire installer la nouvelle institutrice Melle Dufieu.

L’Ă©vacuation des sĹ“urs

Elle a lieu le 25 juillet 1878. Le maire et l’adjoint sont volontairement absents. Les sĹ“urs sont parties en visite Ă  Montbazens… Quand elles reviennent, elles refusent d’Ă©vacuer les locaux. Les gendarmes finissent par dĂ©gager l’accès et gardent l’Ă©cole pour la nuit en attendant le serrurier qui va changer toutes les serrures.

Contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit dans les journaux d’opposition, les sĹ“urs ont pu prendre les habits dont elles avaient besoin et les baĂŻonnettes n’ont pas Ă©tĂ© mises au bout des carabines.

Des registres falsifiés et un maire suspendu

Les registres de la mairie ont Ă©tĂ© Ă©pluchĂ©s. Il manque l’apposition de certaines dĂ©libĂ©rations, d’autres semblent avoir Ă©tĂ© « arrangĂ©es » Ă  postĂ©riori avec des stylos de couleur diffĂ©rente. Le maire est finalement suspendu le 12 octobre 1878. Cela ne lui empĂŞchera pas de retrouver sa place puis de rester maire pendant quelques annĂ©es.

De nouvelles institutrices

Melle Dufieu est installĂ©e après l’expulsion des sĹ“urs dans un climat peu stable. Le 3 aout 1878, les objets de la Sainte Famille sont dĂ©mĂ©nagĂ©s de force par des personnes rĂ©quisitionnĂ©es.


L’institutrice doit rester Ă  l’auberge pour quelque temps car la maison Ă©cole est loin du village et entièrement isolĂ©e. Elle est placĂ©e de telle sorte qu’on peut y arriver par des sentiers couverts d’arbres sans ĂŞtre vus. Melle Dufieu a pour consigne d’Ă©crire le plus souvent possible Ă  l’inspecteur. Pas de quoi la rassurer, elle et sa pauvre mère. Elle supplie rapidement l’inspecteur de lui donner un autre poste.
Le 16 octobre 1878, Melle Dufieu est mise en inactivité.

Le 31 DĂ©cembre 1878, Mme Pons nĂ©e Ginesty est installĂ©e par l’inspecteur primaire. Quelques temps plus tard, elle indiquera qu’elle fait la classe Ă  des garçons pour soulager le trop grand effectif de son mari, lui aussi nommĂ© Ă  PrĂ©vinquières… D’ailleurs aucune fille ne s’est prĂ©sentĂ©e…mĂŞme si l’Ă©vĂŞque pense que l’institutrice propose de l’argent pour attirer les jeunes filles.

Mme Pons est affectée à Privezac en octobre 1879 et décède quelques mois plus tard.

Un procès et le retour des soeurs

Les sĹ“urs portent plainte auprès du juge de paix le 19 aout 1878. Ce dernier s’estime incompĂ©tent et l’affaire est portĂ©e devant le tribunal civil de Villefranche de Rouergue le 28 novembre 1878.

Le 22 juin 1879 un accord est trouvĂ© pour que les sĹ“urs prennent Ă  nouveau la direction de l’Ă©cole. DĂ©but juillet 1879 CĂ©cile Sennagal « Soeur Marie Bernard » est affectĂ©e Ă  l’Ă©cole de PrĂ©vinquières.
C’est l’occasion de dĂ©couvrir  l‘Ă©quipement de ses salles de classe.

Et puis la maison Ă©cole des garçons…

Le conseil municipal de PrĂ©vinquières reconnaitra dans sa dĂ©libĂ©ration du 15 janvier 1880, la nĂ©cessitĂ© de construire dans les plus brefs dĂ©lai possibles une maison d’Ă©cole pour les garçons. Cette fois, ci elle aura lieu dans des conditions plus traditionnelles!

Sources: 6T1/200-AD12, 2O200/1 et 2-AD12, 3T4/44 et 45-AD12, 4T3/11 Ă  13-AD12, 5T5/7, 13 et 15-AD12, 7T1/10, 12 et 16-AD12, 8J151-AD12, 3M517-AD12, 3M731-AD12, PER545-AD12, Journal de l’Aveyron

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin 2018 sur le thème imposé « la première école ».

Les enfants de Constantine

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Juin 262018
 

Plus d’une centaine d’enfants du département de Constantine sont envoyés dans l’Aveyron au début du 20ème siècle. Quelques éléments de réponse à cette particularité.

Des profils variés

Les enfants de Constantine arrivent par vagues d’une vingtaine de personnes environ entre le 5 juillet 1903 et le 3 décembre 1905. Quelques enfants isolés arrivent plus tard, la dernière date du registre est le 26 mai 1906.

  • 25 enfants de 4 Ă  12 ans le 05/07/1903
  • 23 enfants de 5 Ă  12 ans le 13/09/1903
  • 25 enfants de 3 Ă  11 ans les 30/11/1903 et 02/12/1903
  • 19 enfants de 3 Ă  12 ans le 05/06/1904
  • 17 enfants de 1 Ă  10 ans le 31/10/1904
  • 22 enfants de 4 Ă  11 ans les 19, 28, 30/05/1905 et le 03/06/1905
  • 14 enfants de 2 Ă  14 ans les 03 et 07 dĂ©cembre 1905
  • 1 enfant de 11 ans le 26/05/1906

L’Aveyron accueille autant de garçons que de filles. Quelques fratries sont représentées dont la plus grande est composée de 4 frères et sœurs (dont des jumeaux).

Les enfants sont âgés de 3 à 12 ans mais on note cependant l’arrivée de 2 enfants de un an et une de deux ans.

Sont-ils orphelins, trouvés, moralement abandonnés, en garde ? Tous ces profils sont probablement représentés car on retrouve des enfants de parents inconnus, de mère célibataire, de parents non mariés, orphelins de mère, ou issus de couples « classiques. »

Quelques uns n’arriveront pas jusqu’en Aveyron, certains repartiront en Algérie, beaucoup des 159 noms n’ont pas un destin aussi facile à déterminer.

Pourquoi l’Aveyron ?

La rĂ©ponse reste vague… parce que le dĂ©partement Ă©tait plus attractif que la Lozère et l’Ardèche ? Ce qui est sĂ»r c’est qu’envoyer les enfants assistĂ©s Ă  la campagne Ă©tait une des habitudes des services d’assistance.

En 1902, le conseil général de Constantine prend contact avec son homologue aveyronnais pour que des placements puissent avoir lieu dans ce département. Il émet un avis favorable au mois d’octobre.

Le 6 dĂ©cembre 1902, Constantine demande des prĂ©cisions sur les conditions dans lesquelles les enfants de l’Aveyron sont placĂ©s dans le dĂ©partement. Le prĂ©fet renvoie un dossier. L’inspecteur de l’assistance public de Constantine se dĂ©place alors pour voir le placement dans l’Aveyron, mais aussi l’Ardèche ou la Lozère… et le 1er avril 1903, c’est l’Aveyron qui est choisi. Quelques jours plus tard, il ne reste que les conditions financières Ă  rĂ©gler. Si on peut payer par trimestre, cela Ă©vitera de perturber les familles qui ont l’habitude d’être payĂ©es Ă  cette frĂ©quence.

Le nombre estimĂ© est de 200 enfants mais il ne doit ĂŞtre atteint que dans les 2 ans…

Et après ?

Constantine paye aux familles d’accueil 15400 francs pour l’exercice 1904 et 16375 francs pour 1905.

Le 10 janvier 1906, le prĂ©fet se plaint de la surcharge de travail liĂ© aux pupilles de Constantine… et rĂ©clame dont une indemnitĂ© de 0,15 Ă  0,20 francs par enfant et par mois, soit pour 133 enfants 319,20 francs.

Les enfants sont parfaitement placĂ©s dans l’Aveyron au point de vue de la santĂ©, de la tenue, de l’Ă©ducation et de la frĂ©quentation scolaire.

Les arrivĂ©es se rĂ©duisent. Aucun pupille n’est envoyĂ© dans l’Aveyron en 1908, 5 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s en AlgĂ©rie et 2 remis Ă  leur parents. Au 31/12/1908, il en reste 149 dont

  • 48 garçons et 41 filles de moins de 13 ans,
  • 36 garçons et 24 filles de plus de 13 ans.

Conformément aux instructions de Mr le Gouverneur général, ces pupilles seront rapatriés au fur et à mesure. Comprenez, très progressivement car les enfants de Constantine sont encore mentionnés en 1944 !

A la veille de la 1ère guerre, aucun n’est envoyĂ© en Aveyron, 2 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s. Il en reste 92 au 31/12/1914 dont

  • 12 garçons et 10 filles de moins de 13 ans
  • et 37 garçons et 33 filles de plus de 13 ans.

Ils sont 74 au 31 décembre 1915.

Le climat salubre du Rouergue

Au 31/12/1921, 89 pupilles restent prĂ©sents dans l’Aveyron. 10 nouveaux enfants sont placĂ©s car ils sont des sujets assez difficiles. Le placement rural dans la mĂ©tropole est prĂ©fĂ©rable Ă  leur internement dans un orphelinat ou un autre Ă©tablissement. On notera que les plus indisciplinĂ©s s’adaptent parfaitement Ă  l’Aveyron et que le climat salubre du Rouergue leur est profitable!

Le dernier chiffre cité est de 74 enfants de Constantine en Aveyron au 1er janvier 1933

Un grand merci aux deux archivistes des AD de Rodez qui m’ont Ă©voquĂ© la prĂ©sence de cette cote et Ă  l’équipe du GAMT qui a partagĂ© un week-end Ă  mes cĂ´tĂ©s dans un salon de gĂ©nĂ©alogie. Ils m’ont tous donnĂ© envie d’en savoir plus… La liste des enfants de Constantine est disponible dans la base de donnĂ©es et a Ă©tĂ© transmise au GAMT.

Sources: DĂ©libĂ©rations du conseil gĂ©nĂ©ral de l’Aveyron et de Constantine, Histoire de Constantine, cultivateur aveyronnais numĂ©risĂ©s par Gallica, 3X54-AD12, 3X128-AD12, 3X290-AD12, 1X117-AD12

© 2018 Généalanille

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Connaître son village grâce à sa foire

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Mai 312018
 

La création d’un jour de foire dans un village est réglementée. Les documents la concernant (dans la série M des archives) nous permettent parfois d’en apprendre plus sur son économie et sa géographie.

Impossible de trouver un plus beau champ de foire !

« Salles possède une vaste et magnifique place, ornée au milieu d’un superbe jet d’eau ; trois avenues y conduisent : impossible de trouver un plus beau champ de foire. Salles est un lieu commerçant, industriel et agricole ; il y a deux filatures, les caves de Saint Laurent qui conservent et améliorent le vin et qui seraient même propres à la fabrication du fromage de brebis ; les villages de Pont, de Cougousse et de St Austremoine qui sont si riants, où les gens sont si laborieux, où la culture de la vigne est si perfectionnée et où l’on engraisse si bien les moutons ; Vanq, Souyri, Solsac, Mondalazac et Cadayrac où on se livre avec tant de succès à l’élève en grand des bêtes à laine et des agneaux que l’on trouve réunis par centaines ; où l’on voit des troupeaux de cochons des meilleures espèces ; où les bœufs, d’une taille colossale, sont poussés à un tel point d’engraissement qu’ils pourraient aller rivaliser avec ceux de Poissy : tout en un mot milite pour l’établissement de foires à Salles. »

Cet extrait n’est pas issu d’un document touristique mais bel est bien d’une délibération du conseil municipal de Salles la Source de 1864 afin d’obtenir deux foires annuelles.

Pourquoi des foires ?

Ouverture du marché à la concurrence, libre échange des denrées mais aussi lieu de débauche, les foires sont un élément essentiel pour la circulation des marchandises. D’ailleurs elles dépendent du bureau du commerce alors que les marchés sont du ressort de l’agriculture et de la subsistance.

Cependant, l’érection de nouvelles foires n’est pas toujours la bienvenue…

Dans le département de l’Aveyron, un recensement des marchés est fait en 1822. Pour les foires, il a lieu en 1837 puis en 1849, en 1866 et en 1896.

Les avis administratifs

Reprenons l’exemple de Salles la Source. Elle fait une première demande en 1840 pour deux jours de foires. Le village qui était autrefois presque inaccessible est devenu très important grâce à l’ouverture d’une route dans la vallée et à l’installation d’établissements industriels.

Il faut cependant demander leur avis à toutes les communes situées à moins de myriamètres par le biais de leur conseil municipal.

Tous sont favorables sauf :

  • Onet le Château pour qui « les jours de foire et de marchĂ© sont pour les cultivateurs et journaliers des occasions de perte de temps et de dĂ©bauche.  »
  • Le nouveau conseil municipal d’Olemps qui pense que « ces rĂ©unions parmi les habitants des campagnes qui ne sont que trop portĂ©s Ă  s’y rendre, plus souvent dans des vues de dissipations ou de curiositĂ© que dans un but utile. »
  • La commune de Muret car « ordinairement dans les foires ont lieu des rixes qui sont toujours les suites de libertinage. »
  • Et enfin Druelle car « toutes les communes environnantes s’y opposent ».

Cet avis est complété de celui du conseil général et du conseil d’administration. Ces deux dernières instances doivent obligatoirement être consultées depuis la loi du 10 mai 1838.

A partir du décret du 25 mars 1852, il faut également l’avis de la chambre d’agriculture.

La dĂ©cision finale revient au ministère de l’intĂ©rieur puis est dĂ©centralisĂ©e au prĂ©fet Ă  compter du 13 aout 1864…

 

Une fiche de renseignements Ă©conomiques du village

Dès 1838, il est demandé aux communes de fournir une liste de renseignements économiques de leur village : industrie, production, population. Mais c’est une circulaire du 05 juillet 1855 qui fixe un modèle très complet à remplir.

Le nombre de maisons, le nombre de ménages, la population avec répartition par sexe et par situation matrimoniale. La superficie de la commune et la décomposition par type de cultures.

Le nombre d’édifices publics, le nombre de chemins, de rivières. La production agricole et industrielle, la quantité de bêtes élevées, le nombre de dindons, oies, poules et canards. Tout y passe.

La filature qui ne fait jamais chĂ´mer ses ouvriers et dont « son passĂ© garantit son avenir » est dĂ©taillĂ©e. On indique le nombre de mĂ©tiers Ă  tisser, le nombre d’ouvriers. Idem pour les moulins et les pressoirs Ă  huile….

C’est une véritable occasion de mettre en valeur le village lors de la nouvelle demande de 1864.

« Éducation en grand et avec succès des bestiaux ; culture perfectionnée de la vigne ; fabrique à draps considérable ; exploitation sur plusieurs points de la commune du minerai de fer, chemin de fer, routes et chemins commodes ; champ de foire magnifique, loyauté naturelle des habitants et bons hôtels à Salles la Source. »

D’ailleurs la foire n’est pas gratuite pour les exposants…

Les droits de place sont décidés par le conseil municipal et le prix est un indicateur de la renommée de la foire et de la volonté de faire venir des exposants.

Parfois des plans ou des affiches

La carte topographique demandée dès 1838 permet de visualiser les communes à environ 20km à la ronde et le nombre de foires déjà existantes. En 1864, elles sont 80 dont 14 dans le canton : 7 à Marcillac, 3 à Pruines, 2 à Clairvaux et 2 à Valady.

La forme de la carte diffère avec les époques ou les communes qui font la demande.

Quelques fois, les dossiers nous montrent aussi des plans de ville avec les noms des propriétaires des maisons, notamment dans les dossiers de droit de place.

Pour les pĂ©riodes les plus rĂ©centes et les foires les plus spĂ©cialisĂ©es, les archives nous offrent parfois des affiches.… ou des diplĂ´mes.

 

Un lieu de vie

Contraventions, occasion de croiser le notaire, bagarres, ambulants, marchands de bestiaux, la foire est un moment et un lieu de vie privilĂ©giĂ©s pour nos ancĂŞtres. C’est donc dans les sĂ©ries M, E, U, Z et la presse qu’on peut retrouver d’autres traces…

D’ailleurs la première foire de 1865 Ă  Salles la Source s’est bien passĂ©…. selon le journal local.

 

Sources 8M58-AD12, 8M59-AD12, 8M61-AD12, 8M62-AD12, 8M125-AD12, 204W35-AD12, PER1181-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2018 sur le thème imposé « la foire ».

Les filleuls de l’empereur

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Mar 162018
 

Le 16 mars 1856 naissait le prince impérial Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte. L’empereur a décidé qu’il serait parrain et l’impératrice marraine de tous les enfants légitimes nés le même jour.

La bonne nouvelle

A Rodez, c’est au son du carillon de la cathédrale, sonné à toute volée, que la plupart des ruthénois ont appris la naissance du prince impérial. Les maisons particulières et les édifices publics ont été pavoisés de drapeaux aux couleurs nationales et les façades des principaux monuments ont été illuminées à 8 heures.

Le 20 mars, les maires de l’Aveyron apprennent la possibilitĂ© d’un auguste parrainage, sous rĂ©serve d’en faire la demande dans un dĂ©lai d’un mois.

 

64 aveyronnais

Ils sont 64 nouveaux nés inscrits sur les registres d’état civil de 54 communes de l’Aveyron à être nés le même jour que le prince. Certains portent le prénom de Napoléon (à Aubin, Espalion et 2 à Saint Amans). Il y a même des jumeaux à Villefranche de Panat.

empereur

Communes des enfants nés le même jour que le prince impérial

 

Seulement tous ne peuvent pas ĂŞtre les filleuls impĂ©riaux. Il faut d’abord qu’ils soient lĂ©gitimes, qu’ils survivent et que les parents fassent la demande… Ce qui va Ă©liminer quelques candidats. On ne parlera mĂŞme pas de l’enfant trouvĂ© abandonnĂ© Ă  Bouillac…

 

Les cadeaux aux filleuls

Une première année s’écoule et c’est déjà l’anniversaire des enfants. En 1857, les familles de 3 filleuls bénéficient d’une subvention de 100 francs chacun.

En 1858, ce sont 3 autres filleuls qui touchent 100 francs de la part de l’empereur. Les annĂ©es suivantes, ils sont entre deux et six familles Ă  bĂ©nĂ©ficier de 100 francs.

Les bĂ©nĂ©ficiaires varient d’une annĂ©e sur l’autre. Cependant, Marie Astoul, ThĂ©rèse MĂ©lanie Espie, EugĂ©nie Alet, Louis TrayniĂ©, Louis Marre, l’enfant du gendarme Boutal Ă  Najac, et  Rosalie EugĂ©nie Carrier (la seule nĂ©e Ă  Rodez) toucheront trois fois la subvention.

Puis vient l’âge de la première communion. A cette occasion,  les filleuls du prince obtiennent, en plus, un secours de 50 francs. Et ils sont nombreux: 2000 Ă  3000 selon les journaux!  Cette force dĂ©pense est d’ailleurs dĂ©noncĂ©e par le Figaro…

Napoléon est constitué prisonnier en 1870 puis la République est proclamée. Par conséquent, les subventions aux filleuls sont supprimées.

 

Par ailleurs, on peut noter que l’anniversaire du prince impérial a été aussi l’occasion pour certains maires d’être promus à l’ordre de la légion d’honneur.

 

Source : Répertoire administratif numérisé par Gallica, Le Figaro numérisé par Gallica, Journal de l’Aveyron-AD12, 4E11/8-AD12, 4E12/13-AD12, 4E15/9-AD12, 4E18/4-AD12, 4E27/4-AD12, 4E29/11-AD12, 4E34/4-AD12, 4E47/8-AD12, 4E106/5-AD12, 4E53/4-AD12, 4E54/6-AD12, 4E57/5-AD12, 4E59/10-AD12, 4E62/4-AD12, 4E65/5-AD12, 4E69/9-AD12, 4E75/3-AD12, 4E77/5-AD12, 4E78/4-AD12, 4E84/15-AD12, 4E109/6-AD12, 4E122/11-AD12, 4E123/11-AD12, 4E114/8-AD12, 4E125/6-AD12, 4E140/10-AD12, 4E116/7-AD12, 4E148/11-AD12, 4E157/50-AD12, 4E132/6-AD12, 4E163/2-AD12, 4E174/8-AD12, 4E170/5-AD12, 4E202/7-AD12, 4E212/36-AD12, 4E261/11/AD12, 4E263/4-AD12, 4E275/13-AD12, 4E277/6-AD12, 4E216/31-AD12, 4E217/9-AD12, 4E224/9-AD12, 4E245/9-AD12, 4E255/7-AD12, 4E228/3-AD12, 4E281/4-AD12, 4E290/12-AD12, 4E299/6-AD12, 4E300/40-AD12, 4E302/9-AD12, 4E306/7-AD12

 

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Le logis du diable

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FĂ©v 282018
 

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
SituĂ©e Ă  l’entrĂ©e du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien situĂ©e » restait Ă  l’abandon depuis que le fils avait empoisonnĂ© sa mère. L’histoire est racontĂ©e par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une lĂ©gende ou un fait vĂ©ridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainĂ© des garçons a toutes les qualitĂ©s: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait Ă©pouser sa nièce, mais Jean a tirĂ© un mauvais numĂ©ro et doit partir faire sa pĂ©riode militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il rĂ©unit toute la famille autour du lit et fait promettre Ă  Jean d’Ă©pouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainĂ© de veuve est susceptible d’ĂŞtre exemptĂ© et c’est son frère qui partira pour l’armĂ©e quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue CaĂŻn

On enterre le père, le fils ainĂ© prend sa place Ă  table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considĂ©rĂ©e comme maudite par les dĂ©mons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainĂ©.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti Ă  l’armĂ©e. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend Ă  Rodez et Ă©crit une lettre contrefaisant l’Ă©criture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

DĂ©bauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ©e Ă  l’arsenic.
Jacques est arrĂŞtĂ©, accusĂ© de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonnĂ© dans la disparition de son frère.


Il s’Ă©vade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitĂ´t enterrĂ©e, la ferme est abandonnĂ©e.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul rĂ©apparait Ă  la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelĂ©s. Il faut arrĂŞter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut Ă  nouveau rĂ©sider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul Ă  Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) Ă  cette Ă©poque. Il n’a pas non plus de trace du dĂ©serteur (le frère aĂ®nĂ© ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de rĂ©cit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble ĂŞtre inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut ĂŞtre une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est Ă  lire ici. Je l’ai dĂ©couverte grâce Ă  Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de donnĂ©es. Si vous en avez rencontrĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

Le tir Ă  la cible de Sainte Radegonde

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FĂ©v 262018
 

1870. Le tir Ă  la cible de Sainte Radegonde dans l’Aveyron devient le lieu de dispute entre la population et les militaires.

Les promeneurs craignent pour leur vie

C’est le curé de Ste Radegonde, le curé Souques qui lance les hostilités le 24 mai 1870 en écrivant au préfet.

Un jour, alors qu’il se promenait avec le curé du Monastère sur le chemin qui va de Ste Radegonde à Arsac et Comels, à 250 mètres environ de Ste Radegonde, les 2 hommes voient arriver des balles à droite et à gauche sans savoir de quel côté tourner. Ils craignent pour leur vie mais la providence les sauve. En effet, un mur assez élevé leur permet de se mettre à l’abri en attendant la fin des tirs.

Ils sont à 130 mètres environ derrière la cible utilisée par les militaires pour leur entrainement mais les balles qui ont traversé le chemin auraient pu « abattre l’homme le plus robuste. »

« Mourir sur le champ de bataille c’est beau, c’est honorable ; mourir pour sauver des âmes à Jésus Christ, c’est plus beau, c’est plus honorable encore, mais mourir sans combattre, c’est triste, c’est lamentable. »

Le préfet ne voudrait-il pas croire le curé ? Il a des témoins : l’instituteur, Mr Flottes, le maire de Ste Radegonde, Mr Nozéran, le jeune Albouy qui a eu la chance de voir atterrir une balle dans le faix de bois qu’il portait sur ses épaules plutôt que de sa chair…. Et d’autres propriétaires encore qui sont obligés d’arrêter leurs travaux pour ne pas se faire blesser.

Il est temps d’agir. Déplacer la cible, ériger des murs plus hauts ? Bref, conserver la vie des gens de Sainte Radegonde et des voyageurs.

La taille de la butte est en cause

Une enquête est demandée au général de Rodez qui ne réagit pas.

Une deuxième lettre est envoyée le 19 juin 1870 au préfet. Cette fois ci, elle prend la forme d’une pétition et est signée par un grand nombre de villageois dont à nouveau le curé Souques.

Ils expliquent qu’ils sont journellement exposés aux tirs des soldats qui vont au tir à la cible.

La butte est trop petite et sur un mamelon. Les terres autour sont excellentes mais on ne peut pas les exploiter à cause des tirs. Les personnes qui passent sur les chemins sont exposées continuellement et doivent courir pour se cacher derrière le mur en attendant la fin des tirs.

Selon la délibération du conseil municipal de Sainte Radegonde du 18 octobre 1863, il avait été demandé :

  • Que la butte soit agrandie
  • Qu’il soit Ă©tabli un grand mur derrière et sur les cĂ´tĂ©s de la butte.

Un poteau et un fonctionnaire

Le général répond enfin le 15 juillet 1870. Suite aux réclamations et à l’enquête en interne, il a été décidé qu’un poteau à l’extrémité duquel on hisserait un drapeau au commencement du tir serait placé à 300 mètres derrière la butte de manière à être aperçu à 1km.

De plus un fonctionnaire placé dans un abri à 300 mètres plus loin empêcherait d’approcher les habitants qui n’auraient pas vu le signal. Enfin des batteries et sonneries seraient faites avant l’ouverture du feu.

Les villageois continuent de se plaindre

Ces précautions ont été prises, mais les habitants ne tiennent pas compte de ces signaux. Ils s’approchent quand même de la butte au point de forcer les officiers à faire suspendre les tirs le temps de les éloigner.

Le poteau a été brisé. Les cordes de la poulie pour faire hisser le drapeau ont été dérobées. La butte est dégradée par les habitants qui la fouille sans cesse pour en extraire le plomb.

Avoir un lieu de tir est gênant pour les voisins mais c’est pareil dans toutes les garnisons. Et partout ailleurs ce sont les habitants qui s’adaptent aux tirs des militaires et pas l’inverse. De plus, cela fait 3 ans que le nouveau fusil est en usage et c’est la première année que les habitants se plaignent.

Le Général demande au préfet de bien faire rappeler les règles de précaution tant pour les habitants que pour les animaux à l’approche du champ de tir surtout pendant les périodes où il est en exercice.

L’histoire ne dit pas qui, des villageois et des militaires, se sera adaptĂ© Ă  la situation…

Sources: 2R17-AD12

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5 plaques de rues qui posent problème

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Jan 242018
 

Par arrêté municipal de 1854, la ville de Rodez procède à une uniformisation de la numérotation de ses rues. Les propriétaires doivent payer l’achat de leurs plaques, mais le supérieur du séminaire conteste…

Un souci de clarté et d’uniformité

C’est par arrêté municipal du 7 février 1854 que le conseil municipal de Rodez décide d’uniformiser et d’établir clairement et complètement les numéros des rues de la ville et de ses faubourgs.

L’article 1 précise que la population a un mois pour faire apposer les plaques. Les propriétaires doivent payer l’achat et la pose de celles-ci.

Les numéros doivent avoir 9 cm de haut, 7cm de large et ils seront peints en blanc sur fonds bleu. Les plaques seront placées si possible à 3 mètres de haut.

5 plaques contestées

Les propriétaires doivent payer, certes, mais uniquement les plaques qui les concernent. Or le supérieur du séminaire n’est pas d’accord sur la facture de 7,50 francs réclamée par le percepteur de Rodez. Elle concerne 5 plaques.

Au N°2 du boulevard d’Estourmel, la plaque a été mise sur une ancienne entrée de la vieille caserne de gendarmerie. L’ouverture est impraticable depuis que le remblai qui y donnait accès a été enlevé. De plus, le grand séminaire appartient à l’Etat, c’est à lui de régler la note pour cette plaque et celle placée au N°4 de la même rue.

Au N°2 de la rue de l’hôtel de ville, l’immeuble est certes occupé par l’autorité diocésaine, mais l’établissement appartient à la commune de Rodez donc c’est à elle de payer.

La rue Balestière pose aussi problème. Au N°37, la plaque est placĂ©e dans une petite ruelle commune Ă  plusieurs propriĂ©taires, et au N°53, l’entrĂ©e mène au grand sĂ©minaire qui appartient Ă  l’Etat….

 

Une longue démarche

Le maire de Rodez répond au supérieur du séminaire le 13 mars 1857. Soit près de 3 ans après l’installation des plaques. L’affaire sera traitée par le conseil de préfecture de l’Aveyron 1 an plus tard et le séminaire aura gain de cause !

Sources: Journal de l’Aveyron, 18U1/14-AD12

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Les tours d’exposition d’enfants de l’Aveyron

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DĂ©c 142017
 

Abandonner un enfant dans des tours d’hospice, telle est la possibilité offerte par la loi de 1811. En Aveyron, on dénombre jusqu’à 8 tours qui seront progressivement supprimés.

1811 : Un tour par hospice

Le décret du 19 janvier 1811 indique dans son article 3 « Dans chaque hospice destiné à recevoir des enfants trouvés, il y aura un tour où ils devront être déposés. »

Tous les départements ne vont pas mettre en place un tour, mais dans l’Aveyron ce sont 8 tours qui vont être installés : Rodez, Millau, Villefranche de Rouergue, Saint Affrique, Espalion, Conques, Mur de Barrez et Saint Geniez.

 

Mais l’article 4 du décret précise une autre condition « il y aura au plus, dans chaque arrondissement, un hospice où les enfants pourront être reçus ». 5 arrondissements donc pas plus de 5 hospices pour recevoir les enfants ! C’est trois de trop. Dès le 27 septembre 1811, les 3 tours de Conques, Mur de Barrez et Saint Geniez sont supprimés.

Conques est rattaché à Rodez, les deux autres à Espalion. Administrativement parlant, la suppression n’est effective qu’au 1er janvier 1812.

 

1829 : deux nouveaux tours fermés.

Le nombre d’admission d’enfants exposés a été « chaque année de plus en plus considérable ». Les dépenses à la charge du département augmentent en conséquence.

Par ailleurs, la position de certains hospices « dans des villes peu populeuses » ne permet pas de cacher le lieu de placement des enfants. Les parents savent oĂą sont les enfants qu’ils abandonnent et arrivent mĂŞme parfois Ă  les rĂ©cupĂ©rer en nourrice… en touchant une pension.

Le préfet de l’Aveyron décide de fermer les tours d’Espalion et de Saint Affrique au 30 juin 1829.

Les maires sont chargés d’informer les chirurgiens accoucheurs et sage femme de leur circonscription et de faire publier l’arrêté pendant 3 dimanches à la porte des églises à la sortie des offices.

1830 : un tour supprimé

Le problème avait été évoqué en 1829. Des enfants issus d’autres départements sont probablement abandonnés dans l’Aveyron. Le Cantal, la Lozère, le Lot et le Tarn et Garonne n’ont conservé qu’un tour. Le Tarn, qui en avait six, n’en a gardé que deux. Dans l’Aveyron, il en reste trois !

Et l’on va plus loin dans la comparaison. L’hospice de Villefranche de Rouergue voit son nombre d’enfants exposés multiplié par 2,4 en 10 ans. Le nombre d’enfants, rien qu’à l’hospice de Villefranche, est supérieur à celui de tout le département voisin du Lot.

L’Aveyron ne peut pas continuer de payer pour tout le monde. Le préfet décide alors de supprimer le tour de l’hospice de Villefranche à partir du 1er juillet 1830.

1844 : Suppression du tour de Millau

Les départements voisins ferment une partie de leur tours: Lodève et Clermont dans l’Hérault, Le Vigan dans  le Gard et Florac dans  la Lozère. Par conséquent, le nombre d’enfants abandonnés à l’hospice de Millau augmente rapidement. Cet abus qui « grève les finances du département de l’Aveyron » va engendrer la suppression du tour de Millau au 1er janvier 1844. Tous les enfants exposés le seront dorénavant uniquement à Rodez.

 

1845 : fermeture du dernier tour

L’arrêté date du 28 novembre 1844 et il prend effet au 15 juillet 1845. Le tour annexé à l’hospice de Rodez pour l’exposition des enfants est supprimé.

Outre le problème d’abandon d’enfants issus d’autres départements, l’Aveyron est un des départements où le nombre de naissances illégitimes est proportionnellement le plus grand (après les départements à grands centres de population que sont la Seine, le Rhône, les Bouches du Rhône et de la Gironde).

En France en 1841, 1 enfant sur 38 est abandonné. En Aveyron, c’est 1 enfant sur 25 qui est abandonné en 1841.

Et puis, l’article 349 du code pĂ©nal prĂ©voie la poursuite des auteurs ou complices de toute exposition d’enfant de moins de 7 ans…

Le tour est supprimé, mais il est remplacé par un bureau d’admission ouvert de 9H à 17.

 

1848 : réouverture de 5 tours

Le 28 mars 1848, les 5 tours des hospices des chefs lieux d’arrondissement sont rétablis par arrêté des commissaires du département.

L’information est diffusée en quelques lignes dans le journal.

Mais le conseil général de l’Aveyron, dans sa session du 28 novembre 1848, est d’avis que « tous les tours soient supprimés.»

 

1849 : fermeture des tours

L’arrêté du préfet prend effet au 20 aout 1849. Les tours des différents hospices de l’Aveyron sont définitivement fermés. Ils sont remplacés par des bureaux d’admission ouverts de 9H à 10H et de 16H à 17.

Certains tours auront ouverts pendant plus de 30 ans.

 

Sources: mĂ©moires de la sociĂ©tĂ© des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, Travaux de la commission des Enfants-TrouvĂ©s instituĂ©e le 22 aoĂ»t 1849 par arrĂŞtĂ© du Ministre de l’intĂ©rieur. Tome 2, numĂ©risĂ©s par Gallica, Journal de l’Aveyron-AD12, PER1181-AD12

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