Le dernier gisant de la cathédrale

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Sep 172017
 

Le gisant très réaliste de Monseigneur Francqueville a été inauguré en 1912 dans la cathédrale de Rodez.

L’évêque originaire de la Somme

Louis Eugène Francqueville est né le 12 février 1845 à Aizecourt-le-Haut dans la Somme. Fils d’instituteur, et après une enfance passé à Cagny, il entre au petit séminaire de Saint Riquier. Il rejoint le séminaire de Saint Sulpice à Paris en 1865.

Mr Francqueville est ordonnĂ© prĂŞtre le 6 juin 1868 et enseigne l’histoire dans le petit sĂ©minaire de ses Ă©tudes. Il devient vicaire Ă  Saint Vulfran (Abbeville). Il part Ă  Rome en 1877 et devient docteur en thĂ©ologie et en droit canonique. En 1880, il est de retour dans la Somme, oĂą il est vicaire Ă  Amiens, puis professeur, aumĂ´nier, vicaire gĂ©nĂ©ral…

Il est nommé évêque de Rodez et de Vabres le 7 décembre 1899. Son sacre a lieu le 11 mars 1900 à Amiens.

Il décède le 9 décembre 1905 dans le palais épiscopal de Rodez d’une longue maladie.

Il est enterré le 14 décembre 1905 dans la chapelle Saint Joseph de la cathédrale de Rodez où se trouve le chanoine Bérenger d’Arpajon (décédé vers 1300 et probable premier ecclésiastique enterré dans une des chapelles de la cathédrale).

Son cercueil fait le tour du quartier avant de rejoindre la cathédrale. Les cordons du poêle sont tenus par le préfet (en civil), le sénateur, le 1er adjoint au maire et le procureur de la république. Le journal précise également que les honneurs militaires n’ont pas été rendus.

Le sculpteur aveyronnais

C’est Louis Bertrand qui est chargé de réalisé le gisant de Mgr Francqueville. Né en 1866 à Rodez, il est le fils du sculpteur marbrier Antoine Bertrand, apparenté à François Mahoux.

Louis Bertrand est Ă©lève de l’école des beaux Arts. En mars 1889, il manque les examens et le conseil gĂ©nĂ©ral lui adresse un « avertissement très sĂ©rieux en vue d’obtenir de meilleurs notes Ă  l’avenir »… et de ne pas se voir supprimer sa subvention. Il rĂ©ussit le concours en fin d’annĂ©e et ses professeurs signaleront ses aptitudes et efforts. Louis Bertrand part faire son service militaire en 1890 et reprend les cours Ă  son retour.

Il obtient la 3ème médaille dans un concours d’esquisse de bas relief le 28 juin 1892. Le sculpteur perfectionne son art et obtient deux médailles en 1900 et 1904 au salon des artistes.

Il réalisera plus tard le monument aux morts de Pont de Salars (12).

C’est en 1911 qu’il obtient la 1ère médaille (avec 3 autres sculpteurs) au salon pour sa maquette de Mgr Francqueville. La statue sera réalisée, quant à elle en 1912.

Le gisant

C’est Mr Pouget, sculpteur à Rodez, qui a réalisé le soubassement en pierre de grès. Les 4 angles sont ornés de pilastres décorés. En face avant, les armes épiscopales sont soutenues par deux amours portant une banderolle.

C’est sur cette pierre qu’est dépose le gisant en pierre tendre de Lavoux (86) réalisé par Louis Bertrand. La pierre est blanche mais légèrement granitée de noir. Le monument est de taille réelle mais semble être plus grand. Mr Bertrand ne connaissait pas l’évêque mais semble l’avoir très bien réussi, même sans posséder aucune moulure de plâtre. Cette prouesse a été possible grâce aux photographies qui ont été transmises au sculpteur.

L’évêque est représenté souriant et serein. Sa main droite repose sur sa poitrine et l’on distingue clairement la gemme de l’anneau pastoral. Sa main gauche allongée repose sur le livre des évangiles et sur la crosse dont la partie supérieure est appuyée sur le coussin qui supporte la tête. Les pieds sont en partie recouverts par la traîne de la cappa.

L’inauguration a lieu le 27 aout 1912 avec un programme dĂ©taillĂ© de 15 points. Le glas sonne Ă  9H. Le cortège entre le palais Ă©piscopal et la cathĂ©drale est infini. C’est l’occasion pour Mr Lamiche, organiste, de reprendre possession de ses orgues nouvellement restaurĂ©es par la maison Puget de Toulouse. Les chants grĂ©goriens rĂ©sonnent dans l’Ă©difice.

Le gisant est dĂ©barrassĂ© du voile qui le cache avant d’ĂŞtre bĂ©ni par les Ă©vĂŞques prĂ©sents.

 

C’est le dernier gisant installé dans la cathédrale de Rodez.

gisant

Sources : Revue du monde catholique, Le petit journal, catalogue illustré du salon, numérisés par gallica.bnf.fr ; base arcade culture.gouv.fr, Le Narrateur, le journal de l’Aveyron, 12T8/1-AD12, 12T8/2-AD12, 16T26/9-AD12, 2O195/2-AD12, PER182-AD12, F/21/1877-ADN

Quatre années de fêtes aériennes

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Sep 022017
 

1911-1912-1913-1914 Quatre annĂ©es de fĂŞtes aĂ©riennes Ă  Villefranche de Rouergue avant la grande guerre avec quelques incidents et alĂ©as d’organisation….

La journée d’aviation de 1911

C’est dans le cadre de la fête de la St Jean que Villefranche de Rouergue accueille sa première journée d’aviation. Le terrain est choisi. L’organisation logistique se met en place. Les arrêtés communaux et préfectoraux sont pris.

Il faut veiller à bien canaliser la foule notamment pour le stationnement. Et il faut surtout s’assurer que les pilotes ont leur brevet car le public par son enthousiasme peut amener à mettre en marche les moteurs des avions et faire exécuter des vols par des pilotes non expérimentés.

Pour cette première année, sont attendus:

  • Pierre Divetain, aviateur ayant participĂ© Ă  la course Paris Madrid sur biplan Goupy moteur GnĂ´me,
  • Mr Visseaux aviateur sur biplan Sommer,
  • et Mr Mauthier, chef pilote de l’école bressanne sur monoplan Morane.

Leurs brevets sont vérifiés le 14 juin 1911 mais il semble qu’ils ne viendront pas en Aveyron car deux autres noms apparaissent dans le compte rendu de la manifestation.

Quelques incidents

Plus de 4000 personnes arrivent par le train, plus ceux venus Ă  pied, Ă  bicyclette, en voiture… La foule se presse vers l’aĂ©rodrome pour visiter le monoplan BlĂ©riot de Lusetti et le biplan Sommer de ChaussĂ©e qui sont sous les hangars. Un premier incident entache la fĂŞte le dimanche, avec une hĂ©lice du monoplan qui blesse un mĂ©cano (voir le compte rendu sur le site de l’aĂ©roclub du Rouergue).

Le biplan est sorti. Après un premier vol de 8mn, il faut laisser reposer la machine et le pilote. Il repart 3 quarts d’heures plus tard pour un vol de 20mn. L’atterrissage est un peu brusque et casse un patin. Heureusement sans blessé. Il est déjà 19H30 et la foule doit se disperser.

Le lundi, un nouvel vol est prévu. L’hélice du monoplan n’est pas arrivée, il restera au hangar. Le biplan est démarré mais un éclat blesse le pilote. II est soigné par le docteur et deux religieuses. Il finit par s’envoler un peu avant 18H30 pour un vol de 8mn. L’atterrissage est fait face au public des places payantes.

A 18H48, le biplan repart. On le voit s’éloigner mais jamais revenir. Après 25mn, il n’est toujours pas là ! On apprend qu’il a chuté à 2km de la ville. Le pilote n’a rien. Ouf ! Des automobilistes partent le chercher et on voit le pilote arriver à pied. Il a cherché à atterrir, voyant que l’avion avait des difficultés matérielles. Il a finit par tomber d’aplomb de 5 mètres de haut. L’hélice est brisée, l’avion est très endommagé mais le pilote n’a rien.

1912 une fête ratée

Une belle réussite en 1911 engage les organisateurs à renouveler la fête de l’aviation en 1912. C’est le pilot Brindejonc des Moulinais qui est prévu pour la fête mais il se désiste au dernier moment. Et pire, il ne répond pas dans la semaine qui précède la manifestation.

Le bruit s’évente, le public ne se déplacera pas en masse comme l’année précédente.

Le pilote finit par se justifier. Son avion est trop rapide pour un terrain aussi petit. Et les autres appareils d’exhibitions sont cassĂ©s. Un par Bedel le 1er jour, l’autre par Bedel le 2ème jour. Bielovucci qui devait le remplacer s’est cassĂ© la rotule et Caudron le 2ème remplaçant trouvait que ça lui faisait trop de frais de venir. Mais si un jour il passe près de Villefranche, il s’engage Ă  survoler la ville gratuitement pour dĂ©dommager…

1913 le retour de l’avion

Clovis Marius Amans propriétaire à Castelnau le Lez (34) s’engage à organiser les journées d’aviation de 1913 avec le concours de son fils Charles muni de son brevet de pilote N°845 et de sa licence N°910. Il a une assurance pour couvrir les risques et il prend en charge les frais liés aux mesures d’ordre prescrites et les indemnités des gendarmes et agents de la force publique qui auraient un accident en participant à l’événement.

Le terrain d’aviation choisi est toujours le même. Son emplacement est au centre d’un amphithéâtre naturel qui permet aux petits malins de s’installer en hauteur sans payer de droit d’entrée.

La fête se passera presque sans incident. Après un premier vol, le moteur est remis en route. Le ciel est clair. Mais le pilote est obligé d’atterrir rapidement car le moteur fuit et lui projette de l’essence sur le visage, ce qui l’aveugle. Les vols du lendemain seront exécutés sans problème.

1914 Plus d’avion

Dans la réunion du mois de mai 1914, le comité des fêtes hésite : une fête de gymnastique ou une fête de l’aviation ? L’aviation est un spectacle déjà passé de mode mais la gymnastique n’est pas un clou et il faut attirer des visiteurs. Donc on se résigne pour une fête de l’aviation avec une fête de gymnastique !

Qui fit fête aérienne, ne dit pas forcément avion. C’est donc une montgolfière qui est choisie pour les fêtes de 1914.

Gonflement, vol captif avec distribution de jouets. Ce gros ballon a du en impressionner plus d’un.

A 16h, le hardi pilote grimpe dans la nacelle de l’aérostat « la ville de Villefranche » et s’élève dans les airs. C’est un vent d’ouest qui le pousse. Le ballon reste à la vue des spectateurs une vingtaine de minutes avant de disparaitre. Il atterrira près de la baraque de Pachins, sur la commune de La Bastide l’Evêque.

Une mode dépassée

L’aviation est un spectacle déjà dépassé en 1914. Quelques mois plus tard, la 1ère guerre mondiale éclate et les avions survoleront régulièrement les tranchées.

Après 4 ans de guerre, ce sont quelques manèges et balançoires qui viendront animer la fête de la St Jean 1919.

 

Sources: 4M294-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12, le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

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OĂą trouver de belles sangsues?

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Août 202017
 

Avez-vous des sangsues dans votre département ? Et comment faut-il réglementer leur vente ? Telles sont les questions posées par le Ministère de l’Agriculture dans sa circulaire du 9 juin 1846.

Pas assez de sangsues en France

Au début du 19ème siècle, les sangsues sont peu utilisées pour guérir les gens. Mais avec l’apparition du système médical de Broussais, la situation évolue. A tel point qu’en 1846, les marais, étangs et ruisseaux français ne peuvent plus subvenir aux besoins médicaux Et la pêche abusive de ces plans d’eaux ne favorise pas le repeuplement dans de bonnes conditions. Il faut donc importer des sangsues depuis d’autres pays, jusqu’à épuiser toutes les ressources européennes.

Et ce qui devient rare est forcément cher. En 1830, un demi-kilogramme de sangsues d’Hongrie coûtait 50 centimes. 15 ans plus tard, il en vaut 80 francs.

Quelle règlementation ?

La circulaire du ministre interroge sur la réglementation à adopter pour la vente des annélides. Chaque département est sollicité et par ricochet, chaque sous préfet est interrogé.

Interdire la vente, c’est augmenter leur prix le temps qu’elles se reproduisent et il faudrait surveiller la fraude. Car certaines personnes qui en font le commerce les gorgent de sang d’animaux abattus pour qu’elles paraissent plus grosses. Ces sangsues ne piquent plus, ou bien de manière insignifiante et rĂ©duit donc les rĂ©sultats dans le traitement des maladies.

Telle est la réponse du sous préfet de Villefranche de Rouergue.

Les aveyronnais ont des avis divergents. Certains pensent que les petites sangsues de moins de 2 grammes n’ont aucun effet mĂ©dical, d’autres souhaitent les vendre. Certains mĂ©decins et pharmaciens pensent qu’il faut prĂ©voir une interdiction annuelle de pĂŞche pour permettre la reproduction….

 

Un Ă©tat des lieux

Dans sa circulaire du 9 juin 1846, le ministère de l’Agriculture veut surtout connaĂ®tre les ressources encore existantes. Dans le dĂ©partement de l’Aveyron, « il n’y a ni marais ni Ă©tangs ou cours d’eau oĂą trouver des sangsues » est la rĂ©ponse donnĂ©e par les services des arrondissements de Millau, Villefranche, Saint Affrique et Rodez. Quant Ă  Espalion, on trouve des sangsues.

Le marais de Montpeyroux

C’est sur la commune de Montpeyroux qu’on peut trouver le marais qui nous intĂ©resse. Il est situĂ© près des Bessades, localitĂ© renommĂ© par ses foires …

Le marais est assez Ă©tendu mais sa surface est considĂ©rablement rĂ©duite en Ă©tĂ©. On le croit très propre Ă  la reproduction des sangsues selon ce qui se faisait il y a une quarantaine d’annĂ©es. Les sangsues Ă©taient nombreuses mais ont disparu sans qu’on en sache la raison.

Des sangsues venues de Lyon

Pour exploiter ce commerce, une compagnie s’est formĂ©e en 1845. 5 Ă  6000 sangsues achetĂ©es Ă  Lyon ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans le marais et on espère sous peu livrer Ă  la consommation un grand nombre de sangsues moyennes en gardant les sangsues vaches (de 4,5 Ă  12 grammes) comme essentielles pour la reproduction et les petites de moins de 2 grammes pour l’usage mĂ©dical.

 

Les documents ne précisent pas si la petite entreprise d’hirundiniculture aura réussi à vendre ses animaux et combien de pêcheurs de sangsues auront été affectés à cette activité ! Mais l’état civil permet de trouver la trace d’au moins un marchand de sangsues originaire de Montpeyroux : Pierre Jean Cocural né vers 1811 !

 

Sources : « Note sur les sangsues qui sont livrées au commerce » numérisé par Gallica, « Plus de Sangsues! » numérisé par Google Books, 5M8-AD12, 4E167/8-AD12

© 2017 Généalanille

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Le tour de France s’arrête (enfin) à Rodez

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Juin 292017
 

Il faut attendre 1984 pour que Rodez devienne ville-étape du Tour de France pour la 1ère fois.

Bourran 2017

Un presque aveyronnais dans le Tour 1905

Le Tour de France parcourt le pays depuis 1903. En 1905, Louis Trousselier remporte 5 étapes sur les 11 du circuit dont celle « des clous ». Ce champion n’est pas rouerguat (il est né à Paris) mais fils d’un aveyronnais de Vimenet monté à Paris tenter sa chance. Les journaux ne manqueront pas de rappeler son bon souvenir quand la course fera de Rodez une de ses villes étapes en 1984.

 

Millau plusieurs fois ville-Ă©tape

La sous préfecture aveyronnaise de Millau a accueilli le tour de France lors de son premier passage dans le département de l’Aveyron (en 1954).

Elle est même ville-étape à plusieurs reprises :

  • Le 22 juillet 1954, la course venant de Toulouse et partant pour le Puy en Velay ;
  • Le 19 juillet 1955, venant d’Avignon et se dirigeant pour Albi ;
  • Le 8 juillet 1960, arrivant de Toulouse et repartant pour Avignon ;
  • Le 16 juillet 1987, venant de Blagnac et repartant pour Avignon ;
  • Le 15 juillet 1990, arrivant du Puy en Velay et se dirigeant sur Revel.

Roquefort, la citĂ© du fromage Ă©ponyme, est ville Ă©tape en 1983, quant Ă  Rodez….

 

Un passage en 1959

Il faut attendre le 8 juillet 1959 pour que la course cycliste traverse la cité Ruthénoise en remontant le boulevard Victor Hugo, faisant face à la cathédrale en pierres roses. Le moment est immortalisé pour les caméras de la télévision française et le local de l’étape, Emmanuel Busto, de Cransac, va terminer 15ème à l’arrivée à Aurillac.

 

Le tour traversera l’Aveyron en 1963 (Villefranche De Rouergue), 1968 (Decazeville), 1975 (St Jean Delnous, Pont de Salars, Gabriac, St Côme, Aubrac) avant de s’arrêter à Rodez.

Une sacrée organisation

Plusieurs mois de prĂ©paration et trois semaines de travail intense ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires. Tous les agents des services techniques de Rodez ont Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ©s, mais aussi ceux des espaces verts, ceux des fĂŞtes, de la voirie, le menuisier… Soit une soixantaine de personnes pour cet Ă©tĂ© 1984. Car le Tour est Ă  Rodez!

Il faut mettre en place des dĂ©viations, du flĂ©chage, attacher 350 bottes de paille, prĂ©parer les parkings, des tribunes… D’ailleurs une cinquantaine de panneaux de dĂ©viation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  la main par les agents ruthĂ©nois car « ceux qu’on trouve sur le marchĂ© n’ont pas la flèche dans le bon sens »…

L’avenue de Bordeaux aurait due être refaite à neuf mais un incident a retardé les travaux. Les ilots dangereux de l’avenue Lacombe ont été supprimés. Les grilles d’égouts ont été changées (elles étaient composées de barreaux longitudinaux où les boyaux de bicyclette pouvaient se glisser).

900 barrières métalliques ont été empruntées dans les communes du département. Entre l’arrivée du Tour et son départ, « les barrières seront déplacées dans la nuit et le circuit sera balayé ».  Mais attention, la course repart le 12 juillet. Il faudra vite tout démonter pour rendre les barrières aux communes avant la fête nationale du 14 juillet.

Le foirail est envahi

Des parkings de dissuasion ont été instaurés aux entrées de la ville : au Lachet et aux Moutiers, sur la rocade, à la Mouline, sur l’ancien parking du bimillénaire.

Le stationnement sur le parcours est interdit pendant 3 jours et des navettes de bus sont mises en place. Qui n’est jamais venu Ă  Rodez ne sait peut ĂŞtre pas… C’est un piton ! Et garĂ© aux Mouthiers ou Ă  la Mouline demande un peu ( !) d’effort pour atteindre le foirail. Depuis le parking prĂ©vu au SacrĂ© CĹ“ur, c’est beaucoup plus facile…

La circulation aussi est réduite. 14 véhicules radios sont installés aux points stratégiques et le circuit est neutralisé dès que les coureurs arrivent « au Pas ».  Pas de circulation, mais c’est cependant plus de 600 véhicules qui sont attendus sur le foirail : 300 de la caravane, 150 des officiels et 210 de la presse.

La salle de presse est installĂ©e sous les halles Charles, les officiels dans la salle des fĂŞtes. Et sur l’avenue Victor Hugo, la tribune officielle, le camion Ă©lĂ©vateur de la tĂ©lĂ©…

 

Et la course ?

Pierre Henri Mentheour est vainqueur à Rodez en ce 11 juillet 1984 avec une moyenne de 36,407km/h  sur les 220,5 km de l’étape. Sur le podium, il est rejoint par Dominique Garde et le danois Kim Andersen. Au général, les trois premiers sont Vincent Barteau (maillot jaune), Maurice le Guilloux et Laurent Fignon.

Mentheour a démarré dans la côte de Rodez. Rejoint par ses deux compagnons qui finiront sur le podium, il s’est imposé facilement au sprint.

Le lendemain les cyclistes arrivent sur la place d’armes où l’accordéon club ruthénois joue, debout sur un podium placé devant la trésorerie. La foule est toujours aussi nombreuse que la veille.

A 10h, le départ fictif de l’étape est donné. Boulevard d’Estournel, rue St Cyrice, avenue Tarayre, avenue Durand de Gros, avenue de Paris, le pont des quatre saisons et l’avenue des rosiers d’où le départ réel est donné.

A la Roquette, les 147 cyclistes passent en trombe. Les spectateurs d’Agen ont Ă  peine le temps de les voir… A Aujols, on ralentit un peu dans la cĂ´te avant d’arriver Ă  Arques et de remonter sur SĂ©gur. Un passage devant le château de Vezins oĂą les vacanciers se sont regroupĂ©s et puis Recoules avant d’atteindre SĂ©verac. La grimpette vers le château permet au peloton de rattraper son retard sur les Ă©chappĂ©s. Et puis on attend la Lozère… le tour est passé !

Rendez vous en 2010, 2015, 2017…

Le Tour de France continuera de passer régulièrement sur les routes aveyronnaises. Mais il faut attendre 2010 puis 2015 pour que Rodez soit à nouveau ville étape. La cité Ruthénoise accueille pour la 4ème fois le Tour de France en cet été 2017.

Tour

Sources: PER386-AD12, images de l’INA, le dicodutour.com

© 2017 Généalanille

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L’architecte virĂ© pour avoir pris des congĂ©s

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Juin 162017
 

C’est l’histoire d’un l’architecte dĂ©partemental qui est virĂ© par le prĂ©fet après 35 ans de services pour avoir pris des congĂ©s sans prĂ©venir.

Un marmot nommé architecte

Etienne Joseph Boissonnade est né le 27 décembre 1796 (7 nivôse an V) à Saint Geniez d’Olt d’un père entrepreneur de travaux publics. Sa naissance est déclarée dix jours plus tard à la salle commune.

Il est nommĂ© architecte dĂ©partemental de l’Aveyron le 9 novembre 1820 par dĂ©libĂ©ration du conseil gĂ©nĂ©ral. C’est le premier architecte du dĂ©partement. Cette fonction Ă©tait assurĂ©e par les ingĂ©nieurs des ponts et chaussĂ©es qui doivent dorĂ©navant se concentrer sur les routes.

Il entre en fonction le 1er janvier 1921 avec un salaire de 1500 francs. Mais en raison des voyages qu’il est obligĂ© de faire, son allocation passe Ă  2500 francs la mĂŞme annĂ©e et est reconduite jusqu’en 1825 avec ce montant.

Des travaux divers et nombreux

Etienne Joseph Boissonnade va faire restaurer tous les Ă©difices publics de l’Aveyron. Il va aussi ĂŞtre l’acteur majeur de toutes les constructions publiques du dĂ©partement.

Parmi ses nombreux travaux, on notera sa participation Ă  la restauration de la cathĂ©drale de Rodez (toujours en restauration), celle de la prĂ©fecture, de l’école normale primaire, de l’église de Conques…

On lui doit les constructions des prisons de Millau, Villefranche et St Affrique d’après l’ancien système. Mais aussi la construction de la maison d’arrêt d’Espalion. Commencée dès 1837, cette dernière est la 1ère maison d’arrêt de France élaborée selon le système cellulaire dont le gouvernement ait autorisé l’exécution.

Il est l’architecte du palais de justice de Rodez (adjugé au printemps 1833). Il a également établi les plans de l’asile d’aliénés de Rodez qui était considéré comme un modèle.

Sans compter ses travaux pour des Ă©glises, presbytères, ou mĂŞme l’abattoir de Saint Geniez…

L’architecte est révoqué

Par arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral du 29 octobre 1855, Mr Isidore Loirette, ancien Ă©lève de l’Ă©cole des Beaux Arts est nommĂ© architecte dĂ©partemental Ă  la place de Mr Boissonnade, rĂ©voquĂ©. Cette fonction est provisoire en attendant le concours officiel de remplacement.

Mr Boissonnade est révoqué pour avoir quitté Rodez une douzaine de jours pour se rendre à la campagne sans avoir donné avis au Préfet.

Toujours dire où l’on est

Le 12 mars 1855, l’architecte dĂ©partemental demande un congĂ© d’un mois Ă  compter du 17 pour affaires particulières l’appelant Ă  Paris. Le congĂ© lui est accordĂ© par arrĂŞtĂ© du 15 mars avec retenue du traitement.

Le 28 juillet 1855, l’architecte demande des instructions pour aller à Villefranche. Il doit aussi aller à Villeneuve mais il ne compte pas être absent plus de 8 jours.

Mais fin octobre, il oublie de prĂ©venir….

La faute Ă  la poste

Mr Boissonnade est parti le dimanche 14 octobre 1855 « pour venir faire procĂ©der, non Ă  mes vendanges car la grĂŞle m’a enlevĂ© les raisins, mais Ă  la rĂ©paration de nombreux dĂ©gâts que m’ont causĂ© les orages de toutes espèces du mois de juillet dernier. »

Il est convoquĂ© Ă  la commission des bâtiments civils qui a eu lieu le 18 octobre Ă  l’hĂ´tel de prĂ©fecture…. Mais la convocation ne lui arrive que le 18 octobre Ă  15h, soit Ă  l’heure mĂŞme de la rĂ©union ! S’il l’avait reçue la veille il serait venu….

Le prĂ©fet est en colère. Il prend un arrĂŞtĂ© le 25 octobre 1855 pour exercer une retenue de moitiĂ© du traitement de l’architecte Ă  compter de son dĂ©part et pendant tout le temps que durera son absence. Il estime qu’il nĂ©glige les affaires courantes et la surveillance du palais de justice

Mr Boissonnade rĂ©pond le 27 octobre Ă  ce prĂ©fet (prĂ©sent seulement depuis 2 ans) qu’il ne nĂ©glige pas la surveillance des travaux. Il a d’ailleurs laissĂ© un agent qui le supplĂ©e pour le faire et pour rĂ©expĂ©dier les dĂ©pĂŞches de son domicile. Hors de Rodez, il continue de travailler.

En effet, il a réalisé

  • le classement des dossiers de demande de secours pour Ă©glises et presbytères,
  • le dessin et le devis estimatif des banquettes en fer Ă  placer aux croisĂ©es de l’asile des aliĂ©nĂ©s de Rodez.

Tout cela, ainsi que le préfet lui a demandé le 16 octobre. Par conséquent, le préfet ne se serait pas rendu compte de son absence si cette dépêche était arrivée en temps et heures.

Le torchon brûle

Les échanges entre les deux hommes sont virulents. Mais le préfet est le plus fort et révoque l’architecte de 59 ans. Il lui demande de faire un inventaire en double exemplaire de ses affaires en cours et des documents professionnels qu’il détient.

Les pièces officielles sont restées à la préfecture. Mr Boissonnade transmettra 3 documents :

  • Le devis et le dĂ©tail estimatif du palais de justice de Millau. Ce document Ă©tait dans les papiers d’un de ses employĂ©s qui est mort et auquel le chef de bureau, qui est mort aussi, les avait confiĂ©s pour en faire des copies pour l’entrepreneur.
  • Le projet complet du palais de justice de St Affrique.
  • Le projet du palais de justice de Villefranche.

Quant aux avants projets pour la construction des prisons de Rodez, il refuse de les communiquer s’il n’est pas payé proportionnellement à son travail.

L’arrêté de nomination de son successeur est diffusé dans la presse début novembre 1855.

Quelques années avant sa mort

Il décède le 22 avril 1862 dans la maison Albouy au N°7 de la rue de la paix à Rodez atteint d’une apoplexie foudroyante à la fin d’un repas pris avec son frère. Il était veuf de Caroline Foulquier décédée le 10 mars 1847.

Etienne Joseph Boissonnade était Chevalier de la légion d’honneur depuis 1840, architecte diocésain depuis 1823, membre de la société des lettres.

 

Sources 4E234/3-AD12, 4E213/35-AD12, 4E213/43-AD12, 4N147-AD12, annuaire biographique des artistes français, le journal de l’Aveyron, LH/270/70-base Léonore

© 2017 Généalanille

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RĂ©fugiĂ© deux ans dans l’Aveyron

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Mai 282017
 

André Lebrun, né en théorie à Reims, pupille de l’assistance publique dans l’Aisne, va passer 2 ans dans l’Aveyron comme réfugié de la 1ère guerre mondiale.

Un enfant assisté

André Lebrun est né le 30 décembre 1907 en théorie à Reims, plus probablement dans l’Aisne. Enfant abandonné, orphelin ou trouvé, il est classé parmi les enfants assistés du département et on peut tracer brièvement sa vie à partir de l’âge de 10 ans grâce à son dossier aveyronnais.

Il est mis en garde chez Mme Veuve Boucher Daussin le 1er avril 1917 à Ugny le Gay (02). Une carte d’identité lui est remise et nous apprend qu’il arrive de Flavy le Martel (02) au sud de St Quentin.

Sa « gardienne » touche l’allocation de l’état aux réfugiés pour la période de novembre 1917 à avril 1918. Cependant il lui est dû le montant mensuel de la pension qu’elle a demandé trop tard à la perception locale.

 

Les évacués de l’Aisne

Fin mars 1918, on annonce l’arrivée à Rodez d’un train spécial de 1150 évacués « des pays où se déroulent les opérations militaires actuelles ».

Mme veuve Boucher-Daussin arrive à Rodez le 3 avril avec sa famille et son pupille de l’assistance publique. Mais elle doit être hospitalisée dès son arrivée. Cette pauvre femme âgée de 78 ans est devenue subitement gâteuse et il y a peu d’espoir qu’elle ne ressorte de l’hospice et donc qu’elle s’occupe du petit. Ce dernier a été mis au dépôt en attendant d’être placé. La famille de la gardienne a remis la vêture donnée à cet enfant. On note que ce dernier est atteint d’incontinence d’urine fort prononcée.

Un premier placement

Le 11 mai 1918, André est placé chez les époux Turq à Druelle. Il est de retour à l’hospice de Rodez le 25 mai 1918, ramené par ses gardiens qui disent qu’il est « atteint d’incontinence d’urine et d’une intelligence bornée ». Même si les propos sont vrais, il faut trouver un autre placement.

Un deuxième placement

Il est confié le 17 juin 1918 à Mr Mme Cuq à Centrès qui devront « l’élever et le nourrir convenablement ». Comment se comporte-t-il ? L’inspecteur pose la question à son « gardien » qui fait savoir « qu’il est à peu près satisfait de l’enfant et qu’il le gardera peut être ».

« Le pupille que vous mas vait confiait je panse qu’il ferat par se que il est trais au béysant mes encore il est pas au courant. Mes il me contant à ses bien pour le momen »

Mr et Mme Cuq ont 25 ans environ. Ils habitent à 200 mètres d’une école et à 100 mètres d’une route. Ils sont propriétaires cultivateurs et possèdent 2 vaches. Parents d’un petit garçon de 10 mois, ils sont tous les deux valides, bien portants et de bonnes mœurs. Ils ont sollicité l’inspecteur le 1er avril 1918 pour se voir confier un enfant « de préférence un garçon de l’âge de 5 à 6 ans. »

Mr Cuq est réformé depuis juillet 1916. Il s’est marié en janvier 1917.

Se faire rembourser

Le 19 septembre 1918 Mme Boucher Daussin va recevoir incessamment la somme de 450 francs pour l’exercice 1917. Il faut dire qu’elle vient tous les deux jours dans le bureau de l’inspecteur pour réclamer son dû. Le 8 octobre 1918, l’AP de L’Aveyron demande à son homologue de l’Aisne (délocalisé à Chartres) si les 30 francs par mois comprennent la vêture. La réponse est non.

Pour les vêtements qu’elle a payé (60 francs), Mme Boucher-Daussin doit donc faire un mémoire en triple exemplaire pour être remboursée.

Les boches ont tout détruit

L’armistice est signé. Mais les hommes ne sont pas encore rentrés et les réfugiés ne sont pas tous rapatriés.

Le 18 décembre 1918, André est vu en classe et dans son placement. « Bien portant, mais très en retard pour la classe. Est peu intelligent. Il se montre désobéissant et entêté. Il est incontinent d’urine. »

Le 6 janvier 1919, le voisin se plaint du pupille « le petit […] nous coupe des petits arbres ». Comme le gardien ne fait rien, le maire a Ă©tĂ© averti…

Le 9 avril, la famille de placement explique qu’AndrĂ© doit faire sa première communion le 27 avril. Il lui faut son extrait de baptĂŞme. L’Assistance publique transmet la demande dans l’Aisne. La rĂ©ponse ne tarde pas : « tous les dossiers des pupilles de mon service ont Ă©tĂ© complètement dĂ©truits par les boches »… alors le certificat de baptĂŞme, il faudra s’en passer.

Retour à l’hospice

Le 23 avril 1919, André retourne à l’hospice de Rodez. Sa fiche de placement évoque un abcès. Fait-il finalement sa première communion ?

Le certificat médical donne un avis favorable à son placement le 10 mai 1919.

Un troisième placement

André est confié le 17 mai 1919 à Mr Labit à Lédergues.

Le 19 octobre 1919, il est vu par le service de placement, et c’est plutôt sa famille d’accueil qui est jugée. « Assez bien portant, mais peu intelligent. Bons soins, excellent placement. »

Il a maintenant bientôt 12 ans et le 6 décembre 1919, il a besoin d’une vêture. L’inspecteur de l’AP de l’Aveyron contacte son homologue de l’Aisne. Ce dernier envoie directement le paquet à la nourrice.

Rapatrié après deux ans

Le 28 février 1920 il revient à l’hospice de Rodez, son rapatriement dans l’Aisne à lieu dès le lendemain. Il continuera probablement d’être placé jusqu’à sa majorité.

Source 1R958-AD12, 4E57/7-AD12, Etat civil mairie de Reims, 3X126-AD12, le journal de l’Aveyron.

© 2017 Généalanille

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Pompon est réquisitionné

 2ème guerre mondiale, Aveyron, Blog, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur Pompon est rĂ©quisitionnĂ©
Mai 212017
 

Les animaux ont aussi été réquisitionnés lors de la seconde guerre mondiale, faisant perdre un outil de travail et un compagnon à leurs propriétaires.

Pompon

Des chevaux recensés

Pompon est un cheval né en 1929. Depuis ses 5 ans, il est annuellement recensé à la mairie de St Affrique comme « susceptible d’être requis par le service des armées en cas de mobilisation ». C’est la loi du 3 juillet 1877 qui a instauré cette déclaration obligatoire.

Et c’est le maire qui est chargé d’établir la liste dans un registre avec le nom du propriétaire, le nom de l’animal, sa robe, son sexe, sa taille, son numéro d’ordre au registre de recensement et le classement de l’année précédente s’il y a lieu.

Quelques animaux échappent à cette liste : les juments reproductrices, les animaux de halages ou d’exploitations houillères et les animaux réformés de part leur fonction (appartenant au chef de l’état, à l’administration des postes…)

Pour la commune de Saint Affrique, la présentation des chevaux a lieu sur la place de l’hospice, généralement en mai, lors d’une tournée d’une commission départementale. 147 animaux en 1938, rien que pour cette commune !

Une taxe

Pompon est le seul cheval d’Henri Boudes à Saint-Affrique. Il a 2 chiens, mais un seul cheval. Il paie des taxes pour ses animaux. 12 francs par an pour Pompon depuis que la taxe de l’état a été supprimée (en juillet 1934) et que le conseil municipal a fixé ce nouveau tarif. 13 francs pour les deux chiens.

Pompon est réquisitionné

La seconde guerre mondiale se dĂ©clenche. Mobilisation gĂ©nĂ©rale pour les hommes et pour les « animaux, voitures, moyens d’attelage, aĂ©ronefs, vĂ©hicules automobiles, navires, embarcations…. » Pompon est rĂ©quisitionnĂ© et Henri Boudes doit l’emmener le 3 septembre 1939. OĂą va-t-il aller ? Au front, Ă  l’arrière ? Impossible de savoir. L’homme doit se sĂ©parer de son outil de travail et probablement d’un compagnon.

Une compensation financière

Un barème est Ă©tabli pour les voitures et pour les animaux afin de compenser la perte financière des moyens rĂ©quisitionnĂ©s. Mais l’argent ne remplace pas tout. Et Henri Boudes n’est pas satisfait d’une part de ne plus avoir Pompon et d’autre part de ne toucher que 5 800 francs pour ce cheval de 3ème catĂ©gorie. Le 25 janvier 1940, il en rĂ©clame 7 800 francs. C’est bien plus que les 25% gĂ©nĂ©ralement proposĂ©s par l’administration en cas de contestation. Par jugement du 6 mars 1940, il obtiendra gain de cause et la somme qu’il souhaitait.

De tous les propriétaires du canton de St Affrique qui ont envoyé une réclamation pour des compensations financières face à la réquisition de leurs chevaux, seuls deux d’entre eux ont précisé comment ils appelaient leurs animaux.

La suite de l’histoire de Pompon n’est pas prĂ©cisĂ©e dans les documents d’archives…

Sources: 10U8/190-AD12, 16P8/19-AD12, 15P1/216-AD12, 20R71-AD12 et la photo de Bayard.

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Le retour d’âge de sœur Marie Louise

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Mai 122017
 

Âgée de 46 ans, sœur Marie Louise tente de s’évader du couvent où elle habite depuis 29 ans. C’est son retour d’âge qui semble avoir provoqué cette impulsion.

soeur

Rentrée au couvent à 18 ans

Elle s’appelle Léonie Cantaloube. Elle est née le 25 janvier 1858 à Flagnac. A l’âge de 18 ans elle entre dans les ordres parmi la congrégation de la Sainte Famille, tout d’abord à Montlaur puis au couvent de Ste Claire à Villefranche de Rouergue. Elle travaille aux travaux de la maison. Elle fait la classe et gagne 600 francs par an qui sont versés au couvent de Ste Claire. De quoi payer sa dot de 4000 francs.

Elle est veut partir

A 45 ans, elle souhaite partir. Quitter le couvent. Son frère Henri, épicier à Decazeville, est venu la voir. Elle lui demande de l’accueillir, mais il ne veut pas la recevoir chez lui. Un an plus tard, elle demande à aller le voir, lui et sa belle mère qui est malade, mais on lui refuse cette sortie.

Elle n’ose pas démissionner car elle a peur qu’on ne lui rende pas sa dot et qu’elle se retrouve mendiante !!

Alors elle s’évade.

C’est devenu une idée fixe, et c’est le 10 octobre 1905 que sœur Marie Louise tente sa chance. Elle prend avec elle un baluchon de son linge, preuve de la préméditation de son geste !

Le mur du couvent fait 3,50m. Qu’importe, elle grimpe après un sureau (selon la police) ou sur le toit d’un petit hangar (selon la presse) et atteint le faîte du mur. De là, elle appelle un passant qui s’empresse d’aller chercher une échelle et facilite ainsi son évasion.

Son ballot de linge est lourd, alors elle demande à Mme Fabre la voisine de l’aider à porter le paquet à la gare. Les deux femmes partent du faubourg Guiraudet en face de l’abattoir, prennent le chemin de la rive, le pont neuf et arrivent à la gare. Sœur Marie Louise n’a plus qu’à attendre le train de 9H qui l’emmènera à Decazeville … Mais une fois Mme Fabre partie, la sœur, au lieu de rester à la gare, prend la direction de la place de la république puis se dirige sur la route de Rieupeyroux.

A la recherche de la fugitive

C’est à la fin de la messe, vers 8H que les sœurs converses s’aperçoivent de son absence. Elles partent à sa recherche avec la sœur tourière, sœur Epiphanie. C’est cette dernière qui retrouve sœur Marie Louise au tournant de la Roque, sur la route de Rieupeyroux, vers le lavoir de Cadrès précise la presse.

Elle la saisit par le bras et demande à un homme de l’aider à arrêter la fugitive. Ce dernier ne la touche pas mais lui promet de la recevoir si elle consent à entrer librement dans sa maison. Sœur Marie Louise est finalement introduite de force dans cet endroit par sœur Ephipanie et est gardée par 2 personnes le temps de prévenir le couvent.

Retour au couvent

Toutes ses larmes et ses supplications pour aller rejoindre son frère resteront vaines. Ce sont deux religieuses qui l’encadrent dans la voiture qui la ramène au couvent. Pour la convaincre, on lui a fait croire qu’on l’emmenait pour qu’elle puisse récupérer son lit.

Il faut rassurer la population. La sœur tourière explique aux personnes qui ont aidé à la « capture » de la fugitive que celle-ci n’avait « pas sa raison par suite du retour d’âge. » Ah les hormones…..

A midi, toutes les sœurs ont enfin regagné le couvent Ste Claire.

Cette pauvre femme est saine d’esprit

Le commissaire de police de Villefranche se rend au couvent et demande à voir, seul, la sœur fugitive. Elle est convoquée dans un parloir et se confie à voix basse de peur d’être entendue par les autres religieuses.

On la persécute, on lui fait la guerre, elle ne comprend pas pourquoi on lui en veut. D’ailleurs avec son air craintif et ses yeux rougis, elle a même fait de la peine au brigadier et au commissaire lui-même.

La presse se défoule

Les différents journaux de l’époque relateront cet « incident ». La presse républicaine dans son article « froc aux orties » s’étonnera de « l’empressement mis par les bonnes sœurs à poursuivre et reprendre une des leurs ». Le journal catholique répondra d’une part que sœur Marie Louise avait eu l’opportunité d’aller non pas chez ses parents, qui ne peuvent l’accueillir, mais dans le couvent de leur ville et d’autre part que si on n’avait pas tardé à rapatrier la sœur c’est pour ne pas abandonner « une pauvre malade, sans ressources, sans moyens suffisants pour s’en procurer, sans asile. »

Elle est folle mais pas dangereuse

Le procureur de la république donne l’ordre de faire une enquête et c’est le rapport du Dr Cavalié qui va donner une autre version de l’état mental de sœur Marie Louise.

Cette femme ne jouit pas de toutes ses facultés mentales : la nuit, elle suppose qu’on lui pique les jambes, qu’on la brûle avec un fer rouge, qu’on lui fait absorber un liquide ayant un gout de phénol. Par contre, le jour, elle raisonne avec sens. D’ailleurs elle étudie même actuellement l’espagnol.

Il confirmera que c’est bien son âge critique qui l’a met en proie à des troubles nerveux…..

 

Source : le narrateur, 8J142-AD12, 4E89/9-AD12, PER563-AD12, PER1441-AD12. Image d’illustration (sĹ“ur Marie Thomas Ă  l’âge de sĹ“ur Marie Louise)

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Il s’appelait Paul Muguet

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Mai 012017
 

DotĂ© d’un patronyme peu commun, Paul Muguet, chanoine et curĂ© archiprĂŞtre de Sully le Château (71) a Ă©tĂ© un passionnĂ© d’histoire locale.

Muguet

Un patronyme peu commun

Paul Muguet est né le 2 avril 1839 à La Clayette (71). Ses parents se sont mariés l’année précédente dans la même commune. En remontant l’arbre généalogique, les originaires de la famille Muguet nous guident vers la Loire (Belmont) et le Rhône (St Vincent de Reins et Mardore).

Le patronyme est assez peu fréquent et semble tenir son origine de l’essence de la fleur qui était utilisée par certains élégants.

 

Une vie de prĂŞtre

Après des études au petit séminaire de Semur en Brionnais, Paul Muguet rejoint le grand séminaire. Il hésite à devenir prêtre, deux fois. Il est finalement ordonné le 21 mai 1864. Il devient vicaire de la cathédrale d’Autun. Un an plus tard, il est nommé vicaire à Louhans où il reste 4 ans.

Le 18 juin 1869, il quitte la Bresse pour le Morvan pour devenir curé de Reclesne. En 1875, il est nommé curé dans le Charolais à Beaubery. Et c’est enfin le 16 décembre 1889 qu’il devient curé archiprêtre de Sully le Château. Il restera dans cette commune 34 ans jusqu’à sa mort le 10 septembre 1923 à l’âge de 84 ans.

Nommé chanoine honoraire de la cathédrale en 1895, il refusera le titre de chanoine titulaire et théologal du chapitre. En effet, il ne voulait pas quitter Sully pour déménager à Autun comme l’imposait sa nomination.

Chanoine

 

Un historien passionné

Outre sa vie de pasteur, Paul Muguet s’est intéressé à l’histoire locale. Et il y a consacré tout son temps libre, veillant parfois jusqu’à l’aurore !

Ses recherches ne sont pas restĂ©es secrètes. On compte parmi ses publications un tome consacrĂ© Ă  la persĂ©cution religieuse pendant la rĂ©volution dans les arrondissements de Charolles et d’Autun. Mais aussi plusieurs ouvrages sur la vie de Marguerite-Marie Alacoque de Verosvres (71) qui a inspirĂ© le culte du SacrĂ© CĹ“ur ou encore sur la montagne de Dun, le Val St Benoit…

C’est probablement grâce à ces travaux qu’il devient membre de la société éduenne d’Autun en février 1890. Il est régulièrement présent aux séances de cette société savante et y fait part de ses découvertes.

Des discours mémorables

Outre ses conférences sur ses travaux, c’est surtout sur la fin de sa vie que Paul Muguet se distingue avec des discours.

On peut notamment citer la bénédiction du monument aux morts de la commune inauguré le 25 septembre 1921 où il prononça un discours patriotique très apprécié.

Deux ans plus tard, et quelques mois avant sa mort, la marquise de Mac Mahon, Marthe Marie Thérèse de Vogüé décède à Paris le 9 juin 1923 suite à une courte maladie. Elle est très célèbre dans la société parisienne et très impliquée dans des œuvres de bienfaisance. Elle a droit à de grandioses obsèques à l’église St Pierre du Gros Caillou avant que son cercueil ne rejoigne Sully. Il faut dire que les Mac Mahon sont les propriétaires du château du village.

Un nouveau service funéraire pour la marquise a lieu à Sully 10 jours plus tard. Et c’est Paul Muguet qui y prononce une allocation mémorable.

Jusqu’au bout

Malgré ses problèmes de surdité, le chanoine Muguet a assuré les cours de catéchisme jusqu’au bout. Ses infirmités l’accablant, il avait demandé l’autorisation de se retirer. Mais c’est bien comme curé de Sully qu’il mourut, fidèle à son poste.

Ses funĂ©railles ont eu lieu en prĂ©sence de 30 prĂŞtres, de plusieurs chanoines et de toute la population de Sully… Sauf « quelques hommes retenus par les travaux du battage. »

Il a été remplacé par Claude Joseph Broyer, curé de Bonnay au poste de curé archiprêtre.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2017 sur le thème imposé « le muguet ».

Sources : REV192/36-AD71, V37-AD71, V39-AD71, 1T285-A71, 5E133/5-AD71, 1Miec015X03-AD42, 4E4715-AD69, 4E4714-AD69, Le Gaulois numérisé par Gallica.bnf.fr

© 2017 Généalanille

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Comment lister les meuniers?

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Avr 072017
 

Quand un arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral permet de lister plusieurs personnes exerçant le mĂŞme mĂ©tier… Un exemple avec les meuniers.

meuniers

Un recensement difficile

Comment trouver tous les meuniers exerçant dans un dĂ©partement Ă  un moment donné ? Renouvelez la question avec tous les charrons, tous les horlogers, tous les tailleurs d’habits…

Bien sûr, si on vous demande tous les prêtres, tous les instituteurs ou tous les notaires, la tâche sera plus facile ! Mais pour les artisans, il n’y a pas beaucoup d’autres solutions qu’un balayage massif, méthodique et systématique d’un maximum de ressources.

Cela passe par l’état civil et les recensements de population, mais aussi les actes notariés (ou les répertoires de notaires), la justice, l’enregistrement (TSA, ACP, SSP et j’en passe), les patentes, les annuaires départementaux, la presse spécialisée et comme on parle de meuniers, la série S !

Et pourquoi pas la série K ?

La plupart des professions est régie par des lois, des décrets, des arrêtés. Il suffit parfois de faire une recherche dans ces documents pour découvrir un article lié à l’activité recherchée.

C’est le cas des meuniers avec un arrêté du préfet de l’Aveyron du 14 juillet 1854 qui impose que

« la balance, avec assortiment complet de poids, […] sera Ă©tablie dans toute usine du dĂ©partement destinĂ©e Ă  la mouture des grains. »

Le préfet joint une lettre à tous les maires de l’Aveyron et précise que certains meuniers prélèvent de manière frauduleuse une quantité de blé sur celle convenue entre les propriétaires et les meuniers. Et c’est particulièrement le cas sur le canton de Cassagnes où certains habitants se sont plaints.

Une conséquence visible en série U

Un arrêté c’est bien, mais cela ne nous donne pas de noms ! Il faut plonger dans les fonds de justice de paix pour trouver les coupables. Coup de chance, les minutes de simple police sont disponibles pour ledit canton de Cassagnes.

Ce n’est finalement pas moins de 16 meuniers qui sont condamnés à partir de novembre 1854 pour défaut de balance. Certains se défendent : ils l’ont commandé, mais il n’y en avait plus à Rodez, ou bien le vendeur doit aller en chercher à Toulouse. D’autres ont leur mari malade, donc plus de minoterie et pas besoin de balance. Un autre enfin n’est que « fermier » du moulin, c’est donc au propriétaire de faire la démarche.

Et si l’on renouvelle l’expĂ©rience sur d’autres cantons, la rĂ©colte de noms de meuniers pour la mĂŞme pĂ©riode est dans la mĂŞme proportion… Une idĂ©e simple et efficace pour la base de donnĂ©es !

 

Sources : PER1181-AD12, 10U16/25-AD12, 10U26/20-AD12

© 2017 Généalanille

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