La guerre, c’est loin

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FĂ©v 012017
 

La garde nationale mobilisée sera habillée, armée et payée par les départements et les communes. Tel est le décret du 22 octobre 1870. Et vu de l’Aveyron, la guerre c’est loin….

decret

La guerre de 1870

19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Les batailles se succèdent dans l’Est de la France et les défaites aussi. Napoléon III doit capituler le 2 septembre 1870 à Sedan. Mais la guerre continue.

En face des prussiens, on trouve l’armée active française, mais aussi la garde mobile appelée à l’activité dès le 12 juillet 1870. Parmi elle, des hommes peu équipés et non entrainés.

 

La mobilisation de la garde sédentaire

Le décret est signé le 29 septembre 1870. « Il sera dressé immédiatement dans chaque commune, par les soins des Maires, une liste de tous les Français valides âgés de 21 à 40 ans qui ne sont ni mariés, ni veuf avec enfants et qui ne sont incorporés ni dans l’armée activie ni dans la garde mobile. » La garde mobile sédentaire est à son tour mobilisée !

La liste des soldats s’élargit avec le décret du 2 novembre 1870. « Tous les hommes valides de 21 à 40 ans, mariés ou veufs avec enfants sont mobilisés. »

 

Une dépense à prendre en compte

Faire la guerre coûte cher. Il faut équiper les hommes, les nourrir… Et par décret du 22 octobre 1870, cette dépense est à la charge des départements et des communes.

« L’armement sera fourni par l’État. Toutefois, les communes contribueront aux frais d’achat ou de transformation d’armes effectuées par les commission d’armement dans la proportion de la moitié. »

Le contingent à payer par le département est de :

  • 60 francs par homme pour l’habillement et l’équipement ;
  • 3 mois de solde, calculĂ©s Ă  raison de 1fr50 par jour et par homme.

Payable au trésor public le 30 novembre pour l’habillement et l’équipement et les 15 et 30 décembre par termes égaux pour la solde.

calendrier

Préfets, vous avez 3 jours pour calculer le total à payer de votre département et pour prévenir les communes de leur quote part !

 

 3 millions de francs à trouver

12 000 hommes. C’est le nombre évalué du contingent de gardes mobiles pour le département de l’Aveyron. Avec l’équipement et la solde, cela porte à 2 580 000 francs de dépenses… Car le coût est de 215 francs par garde national mobile célibataire!

total

Mais un nouveau décret est tombé le 3 novembre. Il impose à chaque département de mettre sur pied « autant de batterie de campagne que sa population renferme de fois cent mille âmes. » Et ces quatre batteries aveyronnaises doivent être montées et équipées ! Montant prévisionnel 634 000 francs !

Total de la facture 3 214 000 francs

 

Trouver les ressources

3 millions ce n’est pas rien ! Le conseil général dans sa session du 3 octobre décide de voter un emprunt exceptionnel de 1 millions de francs remboursables en 8 annuités de 125 000 francs payables à compter de 1875.

Restent 2 213 439, 93 centimes qui est le montant du principal des 4 contributions directes (foncières, personnelles, patentes, portes et fenêtres) et qui sera réparti entre les communes.

reste-a-payerQuelques exemples de villages:

  • Valzergues, 507 habitants, 1 927,25 francs Ă  payer.
  • Aubin, 8863 habitants, 38 682,83 francs Ă  payer.
Montants

Montant de la participation des communes aux dépenses de la garde mobile

Mais nos politiques expliquent que ce n’est que 55% d’impôt annuel qui est demandé aux habitants…

 

Emprunt, imposition ou virement de fonds ?

Pour les communes, l’heure de réunir les conseils municipaux est arrivée. Trois choix (cumulables) s’offrent à nos élus :

  • l’emprunt. Les plus imposĂ©s de la commune, les conseillers ou la population qui en a les moyens peut proposer de prĂŞter de l’argent Ă  la municipalitĂ©. Il faut signer pour s’engager, mais vu le peu de volontaires, les dĂ©sistements sont finalement nombreux.
  • l’imposition. La guerre n’y est pour rien, mais la pĂ©riode est dĂ©jĂ  bien difficile pour nos aveyronnais. A Castelmary, « il y a une pĂ©nurie d’argent telle que de mĂ©moire d’homme on n’en a vue la pareille. EloignĂ©e de tout centre important, toutes les denrĂ©es du pays sont consommĂ©es sur place pour les bestiaux. Cette annĂ©e, cause de la sĂ©cheresse, l’espèce bovine et l’espèce ovine n’ont rien donnĂ©. La branche qui donnerait dĂ©jĂ  le plus Ă©tant le cochon gras, une Ă©pizootie terrible a dĂ©peuplĂ© les Âľ des porcheries » … de sorte qu’il est impossible de payer !
  • le virement de fonds. Mais prendre sur les budgets dĂ©jĂ  allouĂ©s pour la vicinalitĂ© n’est pas la bonne solution. A Plaisance, « vu le mauvais Ă©tat des routes et des chemins vicinaux dans des pays très accidentĂ©s, il est prĂ©fĂ©rable de garder ces fonds comme de première nĂ©cessité »

5 légions, 10 bataillons et 73 compagnies

Dans son arrêté du 17 novembre 1870, Louis Oustry, préfet de l’Aveyron, demande la création de 5 légions réparties en 10 bataillons et 73 compagnies.

Et c’est un nombre d’hommes mobilisables qui est Ă©valuĂ© Ă  13 074!  Cependant, ce chiffre pouvait ĂŞtre revu Ă  la hausse ou Ă  la baisse. La facture s’annonce encore plus salĂ©e.

Mobiles-Aveyron

La rĂ©partition des 5 lĂ©gions et 10 bataillons des gardes mobiles de l’Aveyron.

La guerre, c’est loin

C’est le sous préfet de Millau qui l’affirme:

« Quand Ă  la garde mobilisĂ©e, vous pouvez tenir pour certain que rien de sĂ©rieux et d’utile ne se fera dans les communes, il faudrait rĂ©unir dans un camp tout le contingent de l’arrondissement et le soumettre Ă  la discipline militaire. […] Quelque triste qu’elle paraisse, la vĂ©ritĂ© est que tous ces gens lĂ  ne se rĂ©signeront Ă  un sacrifice quelconque que quand l’ennemi sera dans le pays et alors mĂŞme ils diront qu’il est trop tard et ils capituleront tout qu’on voudra. »

Loin de penser que les aveyronnais n’ont pas été, eux aussi, touchés par les événements de 1870-1871, le sentiment qui ressort des délibérations des conseils municipaux est que l’effort financier à fournir était beaucoup trop important.

Les aveyronnais n’ont pas été en reste pour donner des vêtements, de l’argent, ou de l’énergie pour soutenir ces soldats, moblots et légionnaires. Ils ont, eux aussi, eu leur lot de morts, blessés et amputés. Mais il n’empêche que d’ici, la guerre c’est loin et c’est cher!

 

Sources: Rapports et délibérations du conseil général de l’Aveyron, Bulletin des lois, Le journal de Villefranche, 24R39-AD12, 1M552-AD12, PER1181-AD12, 1K374-AD12, 1K377-AD12

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Un mort mal identifié

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Avr 122015
 

Un couple ordinaire

Philibert Paccaut est nĂ© le 12 septembre 1848 Ă  Branges (71). Il est fils de Claude et de Françoise Bert . Sa mère meurt un an après sa naissance et son père, voiturier, part s’installer Ă  Louhans.

Du haut de ses 1,71m, Philibert devient domestique à Juif où il épouse février 1870 Pierrette Bonnot.

Le couple a un enfant, Claude nĂ© le 22 fĂ©vrier 1871 d’un père « actuellement soldat ».

Naissance Juif

Le moblot de SaĂ´ne et Loire

Quelques mois après le mariage du couple Paccaut-Bonnot débute la guerre de 1870. Philibert Paccaut est mobilisé et affecté au 4ème bataillon de la 6ème compagnie des gardes mobiles de Saône et Loire sous le matricule 2171.

Le registre matricule indique que le soldat dĂ©cède Ă  Lyon le 22 dĂ©cembre 1870. Il n’aura donc pas connu son enfant.

Fiche Paccaut-2Fiche-Paccaut

Les transcriptions du décès

Le décès est transcrit sur la commune de Juif en octobre 1872.

Décès Juif

Mais aussi sur la commune de Branges en mars 1874.

Décès Branges

Ces deux transcriptions nous apprennent que Philibert Paccaud, soldat de 2ème classe, appartenait au 86ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 et qu’il est mort Ă  l’hĂ´pital militaire de Lyon dans le 2ème arrondissement quelques jours avant NoĂ«l. De quoi satisfaire notre curiositĂ© et boucler la fiche gĂ©nĂ©alogique de cette personne.

L’acte original de dĂ©cès est diffĂ©rent

C’est en consultant l’acte de dĂ©cès d’origine qu’on se rend compte que le dĂ©funt n’est peut ĂŞtre pas si bien identifiĂ©.

Décès Lyon

La dĂ©claration du 23 dĂ©cembre 1870 Ă  Lyon concerne non pas Philibert Paccaud soldat de 2ème classe au 86ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 mais Louis LĂ©onard Pacot soldat de 2ème classe au 61ème rĂ©giment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282. Ce n’est ni le mĂŞme prĂ©nom, ni le mĂŞme rĂ©giment.

Un premier mort originaire de l’Allier

En marge, on trouve un premier mort qui pouvait correspondre: Louis Léonard Pacot soldat de 2ème classe au 61ème régiment de marche 3ème bataillon 6ème compagnie sous le matricule 7282 déclaré mort serait (selon le jugement du tribunal civil de Lyon du 21 mars 1872) Louis Paccaud né le 2 aout 1850 à Beaulon (03), fils de Claude et de Françoise Gerbier.

jugement beaulon

Il existe bien un Louis Paccaud nĂ© Ă  cette date. Au dernier recensement avant la guerre (en 1866), il est domestique aux Bassets Ă  Beaulon alors que ses parents habitent Ă  Jommesson sur la mĂŞme commune de Beaulon. Il n’y a pas de transcription de dĂ©cès le concernant dans les tables de Beaulon. Son père meurt en juillet 1873.

Un deuxième jugement

C’est en fĂ©vrier 1873 qu’a lieu un deuxième jugement par le tribunal civil de première instance de Lyon qui reconnait le dĂ©cès comme attribuĂ© Ă  Philibert Paccaud de SaĂ´ne et Loire. Ce jugement est retranscrit un an plus tard dans les registres du deuxième arrondissement de Lyon.

jugement Lyon

Retranscrit avant d’ĂŞtre jugĂ©

La transcription du dĂ©cès sur les registres de Juif a eu lieu en octobre 1872 alors que le deuxième jugement n’a eu lieu qu’en fĂ©vrier 1873. Ce dernier a Ă©tĂ© ajoutĂ© sous l’acte de dĂ©cès de 1870 et a Ă©tĂ© utilisĂ© pour l’envoi des avis de dĂ©cès aux communes d’origine et de naissance.

L’expĂ©rience montre qu’il faut toujours chercher l’acte d’origine quand on trouve une transcription de dĂ©cès.

 

Sources:

5E56/10 -AD71, 5E246/8-AD71, 1R RM Chalon 1868/1-AD71, 2E728-AM Lyon, 2E752-AM Lyon, 2MIEC19/8-AD03, 2MIEC19/10-AD03, 6M19/1-AD03

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L’hommage aux morts de 1870

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Mar 042015
 

Le recensement des monuments aux morts

En mars 1883, le ministère de l’instruction publique et des Beaux Arts demande à chaque préfet de lister, via un questionnaire, l’ensemble des statues historiques érigées sur le territoire de la république afin de publier cet inventaire. La Saône et Loire dénombre 5 statues.

En mai 1911, le même ministère souhaite effectuer une mise à jour de la publication et demande au préfet que l’archiviste local complète les informations avec chaque statue ou monument commémoratif dressé avant le 31 décembre 1910. Le fonctionnaire doit rendre sa copie avant la fin de l’année 1911 et recevra 7,50f par page imprimée dans l’ouvrage final mais Mr Léonce Lex (archiviste de Saône et Loire depuis 1885 et âgé de 52 ans au moment de l’enquête), avertit rapidement le préfet de ses difficultés à rassembler les informations demandées : certaines communes ne répondent pas aux courriers ou de manière de très partielle. Il est envisagé que l’archiviste se déplace dans les communes pour activer sous réserve de débloquer des crédits. Deux mois après l’expiration du délai prévu, le ministère refuse de donner de l’argent à la Saône et Loire (seul département à faire cette demande) mais accorde à l’archiviste jusqu’au mois de juin 1912 pour rendre ses notices, l’impression de l’ouvrage étant fait par ordre alphabétique des départements.P1580253

Les monuments érigés avant 1911

Les monuments décrits par Léonce Lex

Les monuments décrits par Léonce Lex

Parmi les 31 notices rédigées par Léonce Lex, 14 concernent des monuments commémoratifs de la guerre de 1870-1871.

Ouroux sur SaĂ´ne Inauguration 10 novembre 1885 Nombre de noms 10 noms
Description Pyramide triangulaire sur piédestal
Matériaux Pierre de Buxy (71)
Artistes/Artisans
Autres infos Ancien monument du cimetière restaurĂ© pour le consacrer Ă  la mĂ©moire des combattants. Noms de militaires dans d’autres combats.
St Léger sur Dheune Inauguration 23 novembre 1890 Nombre de noms  17 noms
Description Pyramide quadrangulaire
Matériaux Pierre de Comblanchien (21)
Artistes/Artisans Guillemot père et fils marbriers sculpteurs à St Léger sur Dheune
Autres infos
Sens sur Seille Inauguration 09 aout 1891 Nombre de noms  18 noms
Description Pyramide quadrangulaire avec socle
Matériaux Pierre de St Maur (39) et de Villebois (01)
Artistes/Artisans Mr Cordier, professeur de dessin au collège de Louhans, Mr Thomasset à Louhans
Autres infos A la mémoire du capitaine Michelin et des autres victimes de la guerre.
Tournus Inauguration 23 octobre 1891 Nombre de noms  184 noms
Description Pyramide quadrangulaire et piédestal
Matériaux Pierre de Tournus et de Villebois (01)
Artistes/Artisans Claude Blanc, architecte et Mr Lizet marbrier, tous deux de Tournus
Autres infos 83 morts du canton et 101 morts Ă  l’ambulance
Farges les Chalon Inauguration 13 janvier 1895 Nombre de noms non précisé
Description Stèle avec lice en arc de cercle
MatĂ©riaux Pierre blanche d’Yrouerre (89), pierre de Buxy.
Artistes/Artisans Albert Jeannet architecte et Jules Prost marbrier tous deux de Chalon sur SaĂ´ne
Autres infos
Pierre de Bresse Inauguration 08 septembre 1895 Nombre de noms 13 noms
Description Pyramide quadrangulaire sur 4 boulets de pierre avec piédestal
MatĂ©riaux Pierre calcaire de l’abbaye Damparis (39)
Artistes/Artisans Mr Prudent agent voyer, Mr Bouveret marbrier tous deux Ă  Pierre de Bresse
Autres infos
Louhans Inauguration 20 septembre 1895 Nombre de noms 472 noms
Description Pyramide quadrangulaire avec une statue en bronze
MatĂ©riaux Pierre de l’Echaillon (38) et de Villebois (01)
Artistes/Artisans Antoine Gauthier sculpteur, François Thomasset marbrier et Gruet fondeur
Autres infos
Simandre Inauguration 27 octobre 1895 Nombre de noms 27 noms
Description Pyramide quadrangulaire avec piédestal
Matériaux Pierre de St Martin Belleroche et de Préty (71)
Artistes/Artisans Mr BĂ©det marbrier Ă  Tournus
Autres infos 12 noms pour d’autres conflits
 Blanzy Inauguration 31 octobre 1897 Nombre de noms 13 noms
Description Pyramide quadrangulaire avec piédestal
Matériaux Grès de St Bérain sous Sanvignes
Artistes/Artisans Mr Goichot architecte de la compagnie des mines et P Lagoutte marbrier tous deux de Blanzy
Autres infos Entourée de 16 obus offerts par Mrs Schneider, directeur des usines du Creusot
 Chagny Inauguration 03 juin 1900 Nombre de noms 24 noms
Description Pyramide quadrangulaire avec buste de femme
Matériaux Pierre de Comblanchien (21)
Artistes/Artisans M Bazin architecte, M. Bouthe sculpteur Ă  Chalon, M. Sauvain entrepreneur Ă  Comblanchien
Autres infos
 Paray le Monial Inauguration 01 juillet 1900 Nombre de noms non précisé
Description Officier d’infanterie de ligne en bronze sur piĂ©destal
Matériaux Pierre polie de Corgoloin (21), pierre de taille de Damparis (39)
Artistes/Artisans Mr Prudent architecte de Paray le Monial.
Autres infos Modèle de la maison Durenne à Paris
Mâcon Inauguration 21 octobre 1900 Nombre de noms 30 noms
Description Pyramide quadrangulaire sur piédestal. Soldat
Matériaux Pierre de Meursault (21), de St Martin Belleroche (71) et de Villebois (01)
Artistes/Artisans G Delorme sculpteur, A Pinchard père architecte, A Geoffray marbrier, tous à Mâcon.
Autres infos
Bourbon Lancy Inauguration 21 aout 1904 Nombre de noms 57 noms
Description Soldat d’infanterie de ligne en bronze sur piédestal
Matériaux Pierre d’Yrouerre (89)
Artistes/Artisans M BĂ©guine statuaire, L Gasne fondeur, F Boutron architecte tous Ă  Paris
Autres infos
Chalon sur Saône Inauguration 08 septembre 1907 Nombre de noms non précisé
Description Groupe Ă©questre en bronze
Matériaux
Artistes/Artisans Paul Moreau–Vathier statuaire à Paris et Malesset fondeur. A Bérard architecte et L Thivin marbrier.
Autres infos Monument à la défense de 1814 et à la guerre de 1870

 monuments

Les monuments non décrits

Cinq autres monuments sont à prendre en compte, mais ils n’ont soit pas été signalés, soit ils n’ont pas bénéficié de notice de description :

  • Autun mausolĂ©e inaugurĂ© le 1er dĂ©cembre 1886 Ă  la mĂ©moire des soldats morts pour la dĂ©fense de la ville lors de l’attaque d’Autun par les allemands. Sculpteur Mr Fauconnet (signalĂ© dans le questionnaire mais pas de notice)
  • Montchanin monument Ă©levĂ© le 23 juin 1893 (pas de signalement et donc pas de notice)
  • Mussy sous Dun monument Ă©rigĂ© en novembre 1899 (pas de signalement et donc pas de notice)
  • Lugny qui a inaugurĂ© un monument le 28 novembre 1909 (pas de signalement et donc pas de notice)
  • Epinac qui inaugure un monument sur la place publique de l’hĂ´tel de Ville le 20 aout 1911 (signalĂ© mais pas de notice, Ă©rigĂ© pendant les travaux de Mr Lex).

Les plaques commémoratives

Dans les annĂ©es 20, chaque commune (ou presque) Ă©rigera un monument en hommage aux morts de la guerre 1914-1918. Une partie d’entre elles, principalement dans les arrondissements de Chalon sur SaĂ´ne et Louhans, rajoutera les noms des soldats de 1870 dĂ©cĂ©dĂ©s lors des combats ou après (cas de Gergy).

Liste des noms de combattants de 1870 sur les monuments aux morts suivant les relevé mémorial Genweb.

Liste des noms de combattants de 1870 sur les monuments aux morts suivant les relevés mémorial Genweb.

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Un pic de la mortalité à Grandris (69)

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Mar 122014
 

Les chiffres des tables décennales

Les actes de naissances et de décès ne permettent pas de situer systématiquement les lieux de vie de nos ancêtres, cependant ils sont un élément utile et constant pour étudier la démographie d'un village.

En utilisant les données des tables décennales, par exemple, il est possible rapidement de visualiser l'évolution des naissances et décès; à condition de ne pas oublier que certaines spécificités ne sont pas toujours reportées dans les tables et qu'elles peuvent fausser les chiffres:
- les reconnaissances et les jugements de rectification dans les actes de naissances;
- les transcriptions d'une mort survenue dans un autre lieu dans les actes de décès.

En supprimant ces actes (uniquement pour les naissances), et en ajoutant les données de population, voici le graphique de la commune de Grandris (69).

De quoi sont-ils morts?

Le graphique est parlant: 136 décès en 1871, soit 60 à 70 de plus que les années les plus meurtrières. Pourquoi ce pic? Cela nécessite de regarder plus en détail.

La guerre de 1870? Oui bien sûr: 10 soldats. Cela n'explique pas tout. Un événement exceptionnel dans le village (une explosion, un incendie, un assassinat, ...)? Pas de décès multiple à une même date. Des hommes, des femmes, de tous les âges. L'énigme semblait difficile à résoudre.

La réponse est finalement présente dans le bulletin paroissial de février 1911 qui reprend les écrits du curé dans les registres paroissiaux:
« Cette année a été désastreuse pour la population de Grandris : une vingtaine de jeunes gens sont morts à l’armée soit sur les champs de bataille soit dans les hôpitaux. Au commencement de mars la petite vérole s’est déclarée dans le pays plus de six cents personnes ont été atteintes par ce fléau et à peu près 80 ont succombé pendant la durée de l’épidémie. Aussi le chiffre des sépultures s’est élevé à 125, chiffre triple de la moyenne ordinaire. L’année s’est terminée par l’abondance des neiges et la rigueur du froid le thermomètre est descendu jusqu’à 15 degrés en dessous de zéro. Le commerce et le travail abondent en ce moment. »

Sources: 4E1437-AD69, 4E1438-AD69, 4E6447-AD69, PR2355/1-AD69
© 2014 Généalanille

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