La carte postale de vacances

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Juil 212017
 

Souvenir d’un endroit, pensĂ©e pour la famille ou les amis, devoir obligatoire pendant les vacances… La carte postale fait toujours plaisir Ă  recevoir et permet de complĂ©ter l’histoire de la famille.

Il y en a de toutes les sortes !

Regardez les cartes postales que vous avez reçues. Il y en a de toutes les sortes. Des «jolies »,  des moins jolies, des historiques, des géographiques, des culinaires, des « avec des chats, des chiens, des nounours », des « qu’on ne peut pas deviner d’où elles ont été envoyées ».

Et c’est le geste qui compte plus que le texte !

Qu’est ce qu’on écrit ?

L’inspiration est souvent dĂ©faillante en pĂ©riode de vacances. « PensĂ©e Ă  ceux qui travaillent». « Affectueux souvenirs». « Il fait beau, tout va bien ». « De passage Ă  … » Rien de très utile pour notre gĂ©nĂ©alogie…

Quelques mots seulement!  Cela nous renvoie à l’arrêté ministériel du 18 novembre 1903 (modifié en 1904) qui prévoyait un tarif d’affranchissement en fonction de l’usage de la carte illustrée.

A l’époque, le timbre pour une carte postale était 10 centimes. Pour un imprimé, c’était 5 centimes si au verso on écrivait une expression, ne dépassant pas les cinq mots parmi une liste:

Et puis de toutes façons, on est bien les seuls à lire nos cartes postales. Car même les agents de postes n’en prennent pas connaissance.

Une utilité pour l’histoire de notre famille ?

Il semble Ă©vident que les cartes postales anciennes sont intĂ©ressantes pour notre gĂ©nĂ©alogie. Celles Ă©crites au dĂ©but du siècle (pendant la guerre ou après), nous renseignent souvent sur la vie quotidienne de nos ancĂŞtres. Elles illustrent parfois Ă©galement leurs lieux de vie, leur commerce, leur village. Elles sont des photographies d’un instant t qu’on peut dater.

Mais les cartes de vacances ? Plus récentes, elles peuvent nous permettre de connaitre ceux de nos ancêtres qui ont voyagé et de savoir où ils ont été.

Carte postale

Cependant, il faut garder Ă  l’esprit que la carte qu’on a envoyĂ©e n’est pas dans les boites Ă  chaussures de nos placards ou greniers. Elle est chez le destinataire ! Chez vos grands-parents, chez leurs cousins, leurs amis… VoilĂ  une bonne occasion d’aller les rencontrer pendant vos vacances et de leur dire « dis-donc, t’as pas des cartes postales? »

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juillet 2017 sur le thème imposé « les vacances ».

 

Cocher les 6 bons numéros

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Juin 042017
 

« Mon mari ne boit pas, ne fume pas, ne joue pas. Mais le Loto®, ce n’est pas pareil». Le déploiement du jeu aux six numéros gagnants dans l’Aveyron.

La réforme du Loto®

Les quines, les lotos, c’est bien connu en Aveyron… Et on y joue toujours ! Mais en juillet 1975, le dĂ©cret signĂ© de Jacques Chirac ne concerne pas le jeu qu’on pratique le dimanche dans les salles des fĂŞtes mais la rĂ©forme de la loterie nationale pour crĂ©er le loto®.

Qu’est ce qui change ? Avant on tirait au sort un numéro de série parmi ceux des billets vendus, il y avait donc forcément un gagnant. Dorénavant, les clients doivent cocher 6 numéros sur une grille qui en comporte 49. Il est alors peu probable d’avoir un joueur avec la combinaison gagnante.

Paris et la province

Le 1er tirage a lieu le 19 mai 1976 au théâtre de l’Empire, avenue de Wagram à Paris. Il est animé par Jean Sas, l’animateur qui officie sur la radio et la télé depuis déjà plus de 15 ans.

Mais si Paris et les grosses villes sont plutôt bien placées pour participer à ce nouveau jeu, il n’en est pas de même pour les petites villes de province qui ne seront globalement équipées qu’à l’été 1977.

Vous ne pouvez valider qu’Ă  Millau

Pour l’Aveyron, le premier bureau permettant la validation de sa grille est à Millau. Mr Leduc au dépôt de Presse 1 Rue Ferrer à Millau est équipé depuis, au moins,  le 4 mars 1977. Une publicité récurrente lui est faite dans les journaux avec son collègue de Mende.

Mais certains ne rechignent déjà pas à faire des kilomètres : les acharnés de Rodez ou d’ailleurs vont à Millau et à Carmaux (81) pour tenter de devenir millionnaire avec seulement 2 francs.

La généralisation dans l’Aveyron

Il faut attendre le 8 juin 1977 pour que d’autres villes de l’Aveyron permettent aux joueurs de s’adonner à cette nouvelle loterie :

  • Ă  Rodez au PMU place d’armes et au tabac presse avenue Victor Hugo.
  • dans la ville de Villefranche de Rouergue aux messageries Pascal.
  • Ă  Decazeville Maison de la presse Rue Cayrade.

D’autres suivront rapidement.

Un gagnant Ă  Rodez!

Pas de grands articles dans la presse, mais on retrouve cependant la trace du (probablement) premier gagnant à Rodez. Il a validé son bulletin au tabac Asmaker 1 boulevard d’Estournel et gagne plus de 6 000 francs au tirage du 20 juillet 1977.

Son identité est préservée mais on sait cependant que c’est un carreleur portugais habitant Rodez et qu’il a gagné exactement 631 000 anciens francs (les nouveaux francs sont entrés en vigueur en 1960 !)

Comment choisit-il ses numéros? La technique est simple : il jette 49 petits carrés de papier numérotés dans une boite et fait procéder par ses 2 enfants à un tirage. Il ne lui reste qu’à cocher les cases de la grille et à patienter le tirage. Nul doute que les enfants auront profité de cette jolie somme.

Les numéros gagnants sont le 11, le 7, le 32, le 12, le 30, le 1 et comme numéro complémentaire le 17.

numéros

Des statistiques pour les bons numéros

Il suffit de 3 numĂ©ros sur une grille pour gagner un gain… et tout le monde n’a pas deux enfants pour faire un tirage au sort « maison ». Les journaux vont publier des statistiques pour aider les joueurs.

Un exemple début août 1977 avec

  • en S, la sortie, comprenez le nombre de fois oĂą le numĂ©ro est sorti depuis le premier tirage du jeu;
  • pour la lettre E, l’Ă©cart, c’est Ă  dire le nombre de tirages consĂ©cutifs oĂą le numĂ©ro n’est pas sorti;
  • enfin avec le F, la forme, le nombre de sorties au court des 10 derniers tirages.

Tous les numĂ©ros sont dĂ©jĂ  sortis. Le 1, le 26 et 28 ont Ă©tĂ© gagnants 12 fois depuis le dĂ©marrage du jeu. Le numĂ©ro 5 n’est pas sorti depuis 25 tirages. Les numĂ©ros  2 et 21 sont sortis 4 fois au cours des 10 derniers tirages…. Une aide prĂ©cieuse?

Premier tirage public Ă  Decazeville

Il faut démocratiser le loto et pour se faire, les tirages sont décentralisés en province. Une occasion de faire découvrir le jeu.

Le 14 septembre 1977 à 19H c’est dans la salle polyvalente de Decazeville que va avoir lieu le tirage. Les aveyronnais le regarde dans le plus grand silence et avec le bagou habituel de Jean Sas qui anime la soirée.

Les numéros gagnants sont  9, le 18, le 17, le 3, le 44, le 15 et pour numéro complémentaire le 16.

C’est ensuite l’heure du tirage des numĂ©ros gagnants des signes du zodiaque. Après un entracte de 15mn, l’animateur invite les spectateurs Ă  participer Ă  d’autres jeux et Ă  suivre un spectacle de variĂ©tĂ©s (NoĂ«lle Cordier, Guy Mardel accompagnĂ© de Charly Oleg….)

Une mécanique bien huilée

Fin juin 1977, les journalistes du département ont été invités à visite les locaux de la société du Loto® pour en vanter les performances et l’impartialité.

Pendant la nuit du mardi au mercredi, les bulletins de toute la France sont envoyés à Moussy. Dès le mercredi matin, les bulletins sont microfilmés. Les films sont classés par courtiers et par détaillants. Une copie des films est déposée dans un coffre dont une personne a la clé et l’autre la combinaison. Le mercredi soir, une fois le tirage effectué, les lectrices trient les bulletins. Elles mettent sur bande magnétique tous les éléments les concernant. Le nombre de gagnants classés par ordre de gain est alors connu.

Puis les bulletins sont classés en trois parts gagnants, non gagnants et rejets. Bulletin déchiré, raturé, croix mal faites ou trop nombreuses constituent les rejets. Les 0,7% de ceux-ci sont traités manuellement. Ils sont ensuite réintégrés avant le jeudi soir où le montant des gains est dorénavant connu.

La première diffusion télévisée

Il faut finalement attendre le 11 janvier 1978 pour que le tirage soit rediffusĂ© sur la première chaine Ă  la tĂ©lĂ©vision. De plus, cela restera un non Ă©vĂ©nement dans la presse locale aveyronnaise… Par consĂ©quent, rien dans le programme TV dudit jour! Le tirage du Loto® Ă  19H55 sur la « tĂ©lĂ©vision française 1 » ne sera annoncĂ© que la semaine suivante.

Dans le paysage

Les lecteurs des journaux ont eu parfois un avis très tranché sur le jeu, critiquant le peu de chance de gagner, se cachant parfois pour aller valider leur grille. Il semble que, 40 ans plus tard, le Loto® est dorénavant bien ancré dans le paysage des français.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin 2017 sur le thème imposé « le chiffre 6 ».

Sources: PER386-AD12, PER563-AD12, PER962-AD12

© 2017 Généalanille

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Il s’appelait Paul Muguet

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Mai 012017
 

DotĂ© d’un patronyme peu commun, Paul Muguet, chanoine et curĂ© archiprĂŞtre de Sully le Château (71) a Ă©tĂ© un passionnĂ© d’histoire locale.

Muguet

Un patronyme peu commun

Paul Muguet est né le 2 avril 1839 à La Clayette (71). Ses parents se sont mariés l’année précédente dans la même commune. En remontant l’arbre généalogique, les originaires de la famille Muguet nous guident vers la Loire (Belmont) et le Rhône (St Vincent de Reins et Mardore).

Le patronyme est assez peu fréquent et semble tenir son origine de l’essence de la fleur qui était utilisée par certains élégants.

 

Une vie de prĂŞtre

Après des études au petit séminaire de Semur en Brionnais, Paul Muguet rejoint le grand séminaire. Il hésite à devenir prêtre, deux fois. Il est finalement ordonné le 21 mai 1864. Il devient vicaire de la cathédrale d’Autun. Un an plus tard, il est nommé vicaire à Louhans où il reste 4 ans.

Le 18 juin 1869, il quitte la Bresse pour le Morvan pour devenir curé de Reclesne. En 1875, il est nommé curé dans le Charolais à Beaubery. Et c’est enfin le 16 décembre 1889 qu’il devient curé archiprêtre de Sully le Château. Il restera dans cette commune 34 ans jusqu’à sa mort le 10 septembre 1923 à l’âge de 84 ans.

Nommé chanoine honoraire de la cathédrale en 1895, il refusera le titre de chanoine titulaire et théologal du chapitre. En effet, il ne voulait pas quitter Sully pour déménager à Autun comme l’imposait sa nomination.

Chanoine

 

Un historien passionné

Outre sa vie de pasteur, Paul Muguet s’est intéressé à l’histoire locale. Et il y a consacré tout son temps libre, veillant parfois jusqu’à l’aurore !

Ses recherches ne sont pas restĂ©es secrètes. On compte parmi ses publications un tome consacrĂ© Ă  la persĂ©cution religieuse pendant la rĂ©volution dans les arrondissements de Charolles et d’Autun. Mais aussi plusieurs ouvrages sur la vie de Marguerite-Marie Alacoque de Verosvres (71) qui a inspirĂ© le culte du SacrĂ© CĹ“ur ou encore sur la montagne de Dun, le Val St Benoit…

C’est probablement grâce à ces travaux qu’il devient membre de la société éduenne d’Autun en février 1890. Il est régulièrement présent aux séances de cette société savante et y fait part de ses découvertes.

Des discours mémorables

Outre ses conférences sur ses travaux, c’est surtout sur la fin de sa vie que Paul Muguet se distingue avec des discours.

On peut notamment citer la bénédiction du monument aux morts de la commune inauguré le 25 septembre 1921 où il prononça un discours patriotique très apprécié.

Deux ans plus tard, et quelques mois avant sa mort, la marquise de Mac Mahon, Marthe Marie Thérèse de Vogüé décède à Paris le 9 juin 1923 suite à une courte maladie. Elle est très célèbre dans la société parisienne et très impliquée dans des œuvres de bienfaisance. Elle a droit à de grandioses obsèques à l’église St Pierre du Gros Caillou avant que son cercueil ne rejoigne Sully. Il faut dire que les Mac Mahon sont les propriétaires du château du village.

Un nouveau service funéraire pour la marquise a lieu à Sully 10 jours plus tard. Et c’est Paul Muguet qui y prononce une allocation mémorable.

Jusqu’au bout

Malgré ses problèmes de surdité, le chanoine Muguet a assuré les cours de catéchisme jusqu’au bout. Ses infirmités l’accablant, il avait demandé l’autorisation de se retirer. Mais c’est bien comme curé de Sully qu’il mourut, fidèle à son poste.

Ses funĂ©railles ont eu lieu en prĂ©sence de 30 prĂŞtres, de plusieurs chanoines et de toute la population de Sully… Sauf « quelques hommes retenus par les travaux du battage. »

Il a été remplacé par Claude Joseph Broyer, curé de Bonnay au poste de curé archiprêtre.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2017 sur le thème imposé « le muguet ».

Sources : REV192/36-AD71, V37-AD71, V39-AD71, 1T285-A71, 5E133/5-AD71, 1Miec015X03-AD42, 4E4715-AD69, 4E4714-AD69, Le Gaulois numérisé par Gallica.bnf.fr

© 2017 Généalanille

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Un pupille de la nation adoptable ou pas?

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Avr 142017
 

Pourquoi un enfant de poilu est adoptable comme pupille de la nation mais pas son frère ou sa sĹ“ur? Les conditions de l’adoption.

Pupille

Un pupille mineur

La première des conditions est que l’enfant soit mineur. C’est-Ă -dire moins de 21 ans. Les aides seront d’ailleurs accordĂ©es jusqu’Ă  sa majoritĂ©. Certains enfants seront adoptĂ©s quelques mois avant cette majoritĂ©!

Demander l’adoption

Cela semble anodin, mais l’enfant n’est pas adoptĂ© si ses reprĂ©sentants lĂ©gaux (parents survivants, grand parents, oncles…) n’en font pas la demande. De façon marginale, certains enfants ne sont donc pas adoptĂ©s car aucun dossier n’a Ă©tĂ© fait pour eux.

Dossier

Le père est mort ou pas?

Si le père est mort pendant la guerre ou après (du fait de blessures de guerre), ses enfants deviennent adoptables (toujours sous le principe d’être mineurs et d’en avoir fait la demande).

Si le père n’est pas mort mais qu’il est invalide du fait de guerre, l’histoire se complique, tous ses enfants ne sont pas adoptables mais certains peuvent l’être.

300 jours après la fin des hostilités

11 novembre 1918 ; c’est la signature de l’armistice… mais la guerre n’est pas totalement terminée et il faut attendre quelques temps avant que les hommes ne soient de retour à la maison.

La fin des hostilités est fixée au 24 octobre 1919 par le journal officiel. La période de viduité étant de 300 jours, ce sont donc les enfants nés jusqu’au 20 aout 1920 qui sont adoptables. Ceux nés le 21 ne sont pas adoptables!

1919

Les particularités et exceptions

Si un enfant pensionné décède après son adoption, il est prévu qu’un de ses cadets puissent être adopté « à sa place » même s’il est né après le 20 aout 1920…

Si un père dĂ©cède après la guerre, ses enfants nĂ©s après le 20 aout 1920 deviennent adoptables… (d’oĂą des dates d’adoption dans les annĂ©es 30)

Si le père est décédé sur le théâtre des opérations extérieures, il semble ne pas avoir été adoptable avant le vote de la loi du 29 avril 1927.

 

Les documents

Examiner le dossier de pupille de ses ancĂŞtres est souvent synonyme de dĂ©couvertes de nouveaux Ă©lĂ©ments qui vont « donner de la chair » Ă  votre arbre gĂ©nĂ©alogique : une lettre de la veuve, un contrat d’apprentissage, des renseignements gĂ©nĂ©raux sur oĂą vont les enfants Ă  l’école et dans quel Ă©tat de santĂ© ils trouvent…

On y trouve Ă©galement le montant des aides proposĂ©es (ou refusĂ©es) aux familles. Elles sont de 5 types: entretien, frais de maladie, subvention d’apprentissage, bourses d’Ă©tudes et placement.

RĂ©capitulatif

Age  Les enfants doivent avoir moins de 21 ans
Dossier Les enfants ne sont adoptables que sur prĂ©sentation d’un dossier
Père mort pendant la guerre  Les enfants sont adoptables
Père mort après la guerre  Les enfants deviennent adoptables
Père en invaliditĂ©  Les enfants nĂ©s jusqu’au 20/08/1919 sont adoptables

 

Quelques pistes pour retrouver votre ancêtre pupille :

Voici donc quelques documents Ă  trouver dans les archives:

  • Le jugement d’adoption par la nation (sĂ©rie U) dont la date peut ĂŞtre trouvĂ©e en marge de l’acte de naissance de l’enfant.
  • Le dossier de pupilles (en gĂ©nĂ©ral regroupĂ© par familles, pensez Ă  regarder Ă  l’annĂ©e de naissance du plus jeune adoptable) SĂ©rie R.
  • Les registres de comptabilitĂ© de la mĂŞme sĂ©rie.
  • Les cartes de pupille de la nation dans vos archives personnelles.

 

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’avril 2017 sur le thème imposĂ© « les pupilles de la nation 1914-1918 ».

Sources: 30R-AD12

© 2017 Généalanille

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Le circuit du printemps

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Mar 202017
 

Le circuit du printemps, c’est le nom choisi par le vélo club de Villefranche de Rouergue pour sa course cycliste d’avril 1934.

Printemps

70 km à vélo

On est en avril 1934 à Villefranche de Rouergue et le vélo club a décidé d’organiser une course cycliste. Elle s’appellera le circuit du printemps. Avenue du quercy, Martiel, Villeneuve, Villefranche, les quais, promenade Guiraudet, boulevard de la Douve. Deux fois ce parcours, cela fait environ 70 km.

Le départ prévu initialement à 15H place nationale est finalement retardé d’une demi-heure pour laisser l’opportunité aux coureurs de participer à un autre événement. L’arrivée est donc prévue vers 17H40 place Jean Jaurès.

Les indépendants du coin

La course est réservée à tout coureur indépendant des départements de l’Aveyron, du Lot, du Tarn et Garonne, Haute Garonne, Cantal et Tarn.

Le 1er villefranchois aura une prime de 25 francs, le 2ème de 15 francs et le 3ème de 10 francs offertes par un sportif.

Le dernier villefranchois aura aussi une prime de 10 francs mais offerte par Mr Fabry. Finalement, il faut espérer qu’il n’y aura pas plus de 4 coureurs de la ville pour éviter que l’un d’eux soit défavorisé !

Une organisation Ă  anticiper

Proposer une course cycliste, c’est toute une organisation.

La déclaration à la préfecture est faite le 11 avril 1934. Mr Pourcel, le président de l’association, s’engage à payer tous les frais de surveillance ou autres occasionnés par la course. Le préfet donne son accord une semaine plus tard.

Il faut prévoir la remise des brassards (le jour même à 14H au siège social). Il faut interdire aux voitures non officielles de dépasser la voiture portant le fanion de la croix rouge.

Bref, un dernier briefing a lieu la veille de la course Ă  20H30 pour finaliser le rĂ´le de chacun.

Une association du 19ème siècle

L’association a été créée en 1893, c’est ce qu’indiquent ses lettres à entête mais le vélo club semble exister depuis le 15 octobre 1892. D’ailleurs un punch a été servi au 26 sociétaires le 29 octobre 1892 au café des globes en présence d’Emile Assié, président et d’Emile Alibert vice-président.

Conviviale et dynamique, une première course est organisée dès le lendemain sur Martiel. Les associations sportives se sont d’ailleurs multiplié à cette époque…

25 concurrents dans une course folle

Ils sont 25 concurrents à participer. Le départ est donné par Mr Vidal chef conseil de l’association.

L’avenue de quercy est gravie à 30 km à l’heure. En tête, on retrouve les coureurs Roques, Davet et Bedel, les villefranchois, qui foncent à fond de train à 40, 45 km heure selon le compteur de la voiture qui les suit.

Malheureusement le jeune Davet est victime de crampes et il abandonne dans la cote de Savignac.

Un peu plus loin, Bedel est entrainé dans la chute de Singla. Le temps de remonter en selle et d’arranger son guidon faussé, le peloton de tête a déjà pris un kilomètre d’avance.

Il n’y a plus que 6 hommes en tête et seulement un « local », le villefranchois Roques qui fait l’admiration de tous les suiveurs grâce à son allure souple et coulée. Premier tour bouclé de 35 km en 58mn et Roques gagne la prime du 1er villefranchois.

Au deuxième tour, pas de changement. Après 2H03 de course, c’est le figeacois Desson sur vélo Helyet, pneu Huchinson qui monte sur la 1ère marche. Sur la deuxième, l’aveyronnais Bouthemont de Viviez et sur la 3ème Roques avec son vélo Griffon et ses pneu Dunlop.

Bedel, le deuxième Villefranchois ne finira que 11ème avec son vélo Alcyon.

Qu’est-ce qu’on gagne ?

Les prix sont offerts par la société, complétés d’une somme offerte par les commerçants de la place Jean Jaurès.

  • 1er prix 120 + 30 soit 150 francs
  • 2ème prix 80 + 20 soit 100 francs
  • 3ème prix 40 + 35 soit 75 francs
  • 4ème prix 35 +15 soit 50 francs
  • 5ème prix 25 + 10 soit 35 francs
  • 6ème prix 10 + 10 soit 20 francs.

Pour les vainqueurs, cela rembourse donc largement les 3 francs d’inscription.

FĂ©licitations et reproches

Alors que le comité remercie les bénévoles, il rappelle cependant aux conducteurs de voitures qui suivent la course d’être dorénavant plus prudents. En effet, messieurs C et E ont failli causer une chute générale du peloton de tête du fait de leur imprudence…

La soirée se finira par un bal prévu le soir au casino. En attendant la prochaine course !

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2017 sur le thème imposé « le printemps ».

Sources: 4M290-AD12, 4M262-AD12, Le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

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La guerre, c’est loin

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FĂ©v 012017
 

La garde nationale mobilisée sera habillée, armée et payée par les départements et les communes. Tel est le décret du 22 octobre 1870. Et vu de l’Aveyron, la guerre c’est loin….

decret

La guerre de 1870

19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Les batailles se succèdent dans l’Est de la France et les défaites aussi. Napoléon III doit capituler le 2 septembre 1870 à Sedan. Mais la guerre continue.

En face des prussiens, on trouve l’armée active française, mais aussi la garde mobile appelée à l’activité dès le 12 juillet 1870. Parmi elle, des hommes peu équipés et non entrainés.

 

La mobilisation de la garde sédentaire

Le décret est signé le 29 septembre 1870. « Il sera dressé immédiatement dans chaque commune, par les soins des Maires, une liste de tous les Français valides âgés de 21 à 40 ans qui ne sont ni mariés, ni veuf avec enfants et qui ne sont incorporés ni dans l’armée activie ni dans la garde mobile. » La garde mobile sédentaire est à son tour mobilisée !

La liste des soldats s’élargit avec le décret du 2 novembre 1870. « Tous les hommes valides de 21 à 40 ans, mariés ou veufs avec enfants sont mobilisés. »

 

Une dépense à prendre en compte

Faire la guerre coûte cher. Il faut équiper les hommes, les nourrir… Et par décret du 22 octobre 1870, cette dépense est à la charge des départements et des communes.

« L’armement sera fourni par l’État. Toutefois, les communes contribueront aux frais d’achat ou de transformation d’armes effectuées par les commission d’armement dans la proportion de la moitié. »

Le contingent à payer par le département est de :

  • 60 francs par homme pour l’habillement et l’équipement ;
  • 3 mois de solde, calculĂ©s Ă  raison de 1fr50 par jour et par homme.

Payable au trésor public le 30 novembre pour l’habillement et l’équipement et les 15 et 30 décembre par termes égaux pour la solde.

calendrier

Préfets, vous avez 3 jours pour calculer le total à payer de votre département et pour prévenir les communes de leur quote part !

 

 3 millions de francs à trouver

12 000 hommes. C’est le nombre évalué du contingent de gardes mobiles pour le département de l’Aveyron. Avec l’équipement et la solde, cela porte à 2 580 000 francs de dépenses… Car le coût est de 215 francs par garde national mobile célibataire!

total

Mais un nouveau décret est tombé le 3 novembre. Il impose à chaque département de mettre sur pied « autant de batterie de campagne que sa population renferme de fois cent mille âmes. » Et ces quatre batteries aveyronnaises doivent être montées et équipées ! Montant prévisionnel 634 000 francs !

Total de la facture 3 214 000 francs

 

Trouver les ressources

3 millions ce n’est pas rien ! Le conseil général dans sa session du 3 octobre décide de voter un emprunt exceptionnel de 1 millions de francs remboursables en 8 annuités de 125 000 francs payables à compter de 1875.

Restent 2 213 439, 93 centimes qui est le montant du principal des 4 contributions directes (foncières, personnelles, patentes, portes et fenêtres) et qui sera réparti entre les communes.

reste-a-payerQuelques exemples de villages:

  • Valzergues, 507 habitants, 1 927,25 francs Ă  payer.
  • Aubin, 8863 habitants, 38 682,83 francs Ă  payer.
Montants

Montant de la participation des communes aux dépenses de la garde mobile

Mais nos politiques expliquent que ce n’est que 55% d’impôt annuel qui est demandé aux habitants…

 

Emprunt, imposition ou virement de fonds ?

Pour les communes, l’heure de réunir les conseils municipaux est arrivée. Trois choix (cumulables) s’offrent à nos élus :

  • l’emprunt. Les plus imposĂ©s de la commune, les conseillers ou la population qui en a les moyens peut proposer de prĂŞter de l’argent Ă  la municipalitĂ©. Il faut signer pour s’engager, mais vu le peu de volontaires, les dĂ©sistements sont finalement nombreux.
  • l’imposition. La guerre n’y est pour rien, mais la pĂ©riode est dĂ©jĂ  bien difficile pour nos aveyronnais. A Castelmary, « il y a une pĂ©nurie d’argent telle que de mĂ©moire d’homme on n’en a vue la pareille. EloignĂ©e de tout centre important, toutes les denrĂ©es du pays sont consommĂ©es sur place pour les bestiaux. Cette annĂ©e, cause de la sĂ©cheresse, l’espèce bovine et l’espèce ovine n’ont rien donnĂ©. La branche qui donnerait dĂ©jĂ  le plus Ă©tant le cochon gras, une Ă©pizootie terrible a dĂ©peuplĂ© les Âľ des porcheries » … de sorte qu’il est impossible de payer !
  • le virement de fonds. Mais prendre sur les budgets dĂ©jĂ  allouĂ©s pour la vicinalitĂ© n’est pas la bonne solution. A Plaisance, « vu le mauvais Ă©tat des routes et des chemins vicinaux dans des pays très accidentĂ©s, il est prĂ©fĂ©rable de garder ces fonds comme de première nĂ©cessité »

5 légions, 10 bataillons et 73 compagnies

Dans son arrêté du 17 novembre 1870, Louis Oustry, préfet de l’Aveyron, demande la création de 5 légions réparties en 10 bataillons et 73 compagnies.

Et c’est un nombre d’hommes mobilisables qui est Ă©valuĂ© Ă  13 074!  Cependant, ce chiffre pouvait ĂŞtre revu Ă  la hausse ou Ă  la baisse. La facture s’annonce encore plus salĂ©e.

Mobiles-Aveyron

La rĂ©partition des 5 lĂ©gions et 10 bataillons des gardes mobiles de l’Aveyron.

La guerre, c’est loin

C’est le sous préfet de Millau qui l’affirme:

« Quand Ă  la garde mobilisĂ©e, vous pouvez tenir pour certain que rien de sĂ©rieux et d’utile ne se fera dans les communes, il faudrait rĂ©unir dans un camp tout le contingent de l’arrondissement et le soumettre Ă  la discipline militaire. […] Quelque triste qu’elle paraisse, la vĂ©ritĂ© est que tous ces gens lĂ  ne se rĂ©signeront Ă  un sacrifice quelconque que quand l’ennemi sera dans le pays et alors mĂŞme ils diront qu’il est trop tard et ils capituleront tout qu’on voudra. »

Loin de penser que les aveyronnais n’ont pas été, eux aussi, touchés par les événements de 1870-1871, le sentiment qui ressort des délibérations des conseils municipaux est que l’effort financier à fournir était beaucoup trop important.

Les aveyronnais n’ont pas été en reste pour donner des vêtements, de l’argent, ou de l’énergie pour soutenir ces soldats, moblots et légionnaires. Ils ont, eux aussi, eu leur lot de morts, blessés et amputés. Mais il n’empêche que d’ici, la guerre c’est loin et c’est cher!

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2017 sur le thème imposé « la garde mobile ».

Sources: Rapports et délibérations du conseil général de l’Aveyron, Bulletin des lois, Le journal de Villefranche, 24R39-AD12, 1M552-AD12, PER1181-AD12, 1K374-AD12, 1K377-AD12

© 2017 Généalanille

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Le pourboire de l’amitiĂ©

 Aveyron, Blog, Challenge UProG, Histoire locale, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Le pourboire de l’amitiĂ©
Jan 202017
 

« Les étrennes sont le pourboire de l’amitié. » C’est l’expression utilisée par Gabrielle Cavellier dans le journal de cette veille de Noël 1904.

Avant de rajouter que l’auteur de cette définition avait oublié de mettre ses lunettes ! Et pour cause, les amis sont bien les derniers à bénéficier de nos étrennes !

etrennes

 

Trois sortes d’étrennes

Dans ce billet, la chroniqueuse détermine trois sortes d’étrennes : celles qu’on donne par plaisir, celles qu’on donne par devoir et celles qu’on donne par bêtise.

Dans les deux premières catégories, sont rangés les cadeaux faits entre parents et enfants, entre mari et femme ou entre oncle et neveux et nièces. Si elle fait la distinction entre les deux, il faut bien cependant envisager que parfois même si on offre par plaisir, on offre aussi un peu par devoir !

Pour les enfants, des bonbons, des sucreries ou des jouets « font l’affaire. » Pour les adultes, parfum, manteau, c’est souvent la femme qui est gâtée…

 

Des étrennes utiles ou des soldes ?

Les grands magasins savent très bien que les étrennes sont une bonne occasion de faire des affaires. Elles proposent donc des étrennes utiles : tissus, lainages, accessoires… A destination des femmes bien sûr, mais pas seulement.

Etrennes

Cette opération de charme ressemble cependant bien à nos actuelles soldes. D’ailleurs, selon le dictionnaire de la langue verte de Delvau, un solde est « un restant d’étoffe ; coupon, dans l’argot des marchands. »

Les publicités se multiplient et tout est fait pour attirer le client : auditions musicales, tombolas, pochettes avec calendrier, etc.

concurrence

Beaucoup de demandeurs

Raymond Bouchard dans son article de 1901 semble être excédé par le nombre de sollicitations de demandeurs d’étrennes.

« Attends toi à voir ébranler ta porte à coups de marteau, ou bien à ce que le cordon de ta sonnette soit un peu distendu à force d’avoir été mis à contribution. »

Il indique un tarif décroissant au fil de la journée ou de l’importance des demandeurs.

« Le facteur… une pièce blanche. Le ramasseur de bourrier 5 sous et un verre de vin. L’allumeur de réverbères 50 centimes en échange d’une image. Le fontainier, 20 sous. »

Celles qu’on donne par bêtise

Gabrielle Cavellier place dans la catégorie des « étrennes données par bêtise » celles dont on se sent obligés de donner. Et elle ajoute « Il y a abus. Tout le monde en convient mais qui réagira ? »

La liste croisée avec celle du chroniqueur Albert Jouon nous précise les catégories socio-professionnelles qui tendent la main pour obtenir une obole :

  • Les postiers avec le « classique calendrier au dos duquel se prĂ©lassent l’immuable carte dĂ©partementale et la nomenclature aussi invariable qu’erronĂ©e des foires et assemblĂ©es de la rĂ©gion. »
  • La concierge occasionnellement aimable.
  • L’allumeur de rĂ©verbères, le porteur de journaux, le fontainier, le commis Ă©picier, bref toutes ces pièces que nul ne nous oblige Ă  donner et pour qui « On me remerciera Ă  peine d’un bref hochement de tĂŞte, d’un coup de casquette. »

Calendrier

 

« Prenez vos précautions, ils ne rendent pas de monnaie. »

Vous n’aurez pas d’allumeur de réverbères à votre porte en cette année 2017. Mais le facteur, les pompiers, les éboueurs vous ont déjà probablement sollicités.

Ne cherchez pas non plus les sommes obtenues par vos ancêtres concierges ou fontainiers dans les archives. Ces revenus sont toujours restés très discrets.

Par contre, fouillez vos archives personnelles. Vous y trouverez peut être (pour les quarantenaires) le montant versé annuellement sur les livrets en début de chaque année par les bénéficiaires d’étrennes.

 

Et n’oubliez pas, « la manière de donner vaut mieux que ce qu’on donne. »

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2017 sur le thème imposé « les étrennes ».

Sources; Le Narrateur AD12, le dictionnaire de la langue verte numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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