Le patrimoine et les hypothèques

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Sep 152018
 

Les journées du patrimoine sont l’occasion de découvrir un certain nombre de richesses du pays. Et elles sont nombreuses : mobilier, immobilier, savoir-faire, monuments historiques…

A l’instar du patrimoine de vos ancêtres, ces derniers sont soumis à l’inscription aux bureaux des hypothèques depuis 1913.

La loi du 31 décembre 1913

Publiée au journal officiel du 04 janvier 1914, la loi du 31 décembre 1913 réunit plusieurs lois antérieures sur les classements de monuments historiques. Elle apporte une nouveauté : l’inscription sur les registres des hypothèques du bien immobilier classé.

Deux comptes aux hypothèques

Le monument historique bénéfice d’une inscription à deux comptes : l’état et le propriétaire.

Prenons un exemple, une église appartient à une commune. Si elle est classée monument historique, on retrouve sa trace dans le compte :

  • De l’état (parfois Ă  rechercher au nom de Nation française dans les tables)

  • De la commune.

 

Et dans le contenu…

Il ne faut pas s’attendre Ă  faire une grande dĂ©couverte sur le contenu de la transcription en elle mĂŞme. La description correspond Ă  l’Ă©lĂ©ment classĂ©

Elle peut cependant être plus précise quand une partie du bâtiment seulement est classée.

 

Classement et déclassement

En cas de déclassement de tout ou partie de l’immeuble, une nouvelle inscription est portée au registre des hypothèques.

 

MĂŞme son intĂ©rĂŞt reste limitĂ© (les classements sont disponibles par d’autres ressources), l’utilisation des hypothèques peut vous aider Ă  complĂ©ter l’histoire d’un bâtiment ou une monographie…

Sources: 79Q1476-AD12, 79Q1413-AD12, 79Q1427-AD12, 4Q1669-AD, 4Q1798-AD12.

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de septembre 2018 sur le thème imposé « le patrimoine ».

Le personnel des colonies

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Août 312018
 

Daniel, Claude, César, Brigitte, Flore, Constance ne sont que quelques prénoms du personnel du Sieur Ostry, habitant Petite Rivière à Haïti,  une des anciennes colonies françaises.

Un aveyronnais parti dans les colonies

Il s’appelle Jean Baptiste Ostry. Il a été baptisé le 16 mars 1723 à Vabres dans l’Aveyron. Fils de Barthélémy Ostry notaire à Vabres et dame Marie Tauzin, il décède en 1786 dans sa propriété de Petite rivière en Haïti qu’il avait acquise 20 ans plus tôt.

Un inventaire peu ordinaire

C’est l’inventaire après son décès qui laisse apparaitre des biens un peu particuliers. Outre les classiques bâtiments, terrains, mobiliers et papiers, sont listés les esclaves « « nègres (45) puis les « négresses » (28) puis les « négrillons » (9) et les « négrittes » (7).

Et pour chacune de ses personnes, on apprend son nom, son âge, sa valeur économique (jusqu’à 50000 livres).

Des situations médicales

La valeur économique est évidemment associée au sexe, à l’âge mais aussi à l’état de santé. On relève ainsi quelques annotations.

  •  « Ayant des jambes enflĂ©es »
  • « EstropiĂ© d’un pied »
  • « Ayant un genou gros »
  • « Ayant une hernie »
  • « EstropiĂ© des mains »
  • « Infirme »
  • « Ayant une fistule »

Les conditions de vie

Le logement des enfants est une case de 54 pieds de long et 16 de large construite en bois rond clissée et boussillée couverte en paille.

Les autres logements sont 6 « cases à nègres », chacune de 45 pieds de long sur 16 de large de même structure.

Ce sont les seuls éléments indiquant les conditions de vie de ce personnel. Est-il bien nourri, bien traité ? Impossible à savoir. Il est, de toute façon, traité « d’esclaves » dans un document de vente de 1780…

Sources : 1J2832-AD12, 2E288M1-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG d’août 2018 sur le thème imposé « les colonies ».

La guillotine Ă  Rodez

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Juil 312018
 

L’Aveyron a reçu sa guillotine en 1792. InstallĂ©e Ă  Rodez, elle ne sera utilisĂ©e qu’au printemps suivant.

La mort la moins douloureuse

« Tout condamnĂ© Ă  la peine de mort aura la tĂŞte tranchĂ©e ». Ainsi l’exige l’article III du titre 1er du code pĂ©nal. Par ailleurs, « l’humanitĂ© exige que la peine de mort soit la moins douloureuse possible dans son exĂ©cution ». Or les mĂ©thodes de dĂ©capitation sont loin d’être efficace… du moins pas au premier coup de hache !

Un nouvel outil

La loi du 25 mars 1792 « relative à la peine de mort et au mode d’exécution qui sera suivi à l’avenir » prévoit un instrument analogue à celui utilisé en Angleterre et qui semble très efficace.

Mais c’est un allemand, facteur de clavecins, du nom de Tobias Schmidt qui va dĂ©crocher le marchĂ© le 6 juin 1792 grâce Ă  un devis plus compĂ©titif que son concurrent Guidon… et après quelques tests sur des cadavres. La construction des guillotines pour les 83 dĂ©partements semble très rapide.

La guillotine arrive Ă  Rodez

La guillotine destinée à l’Aveyron est confiée à Banoche Lainé, voiturier d’Orléans le 26 juillet 1792. Le colis pèse 500 livres et comporte 2 grands poteaux, 2 moyeux, 1 caisse et 1 paquet de petit bois.

Le 30 juillet, elle quitte Paris pour l’Aveyron où on confirme son arrivée le 8 septembre 1792. Elle est conforme à la gravure qui avait été envoyée par Mr Beaulieu.

Quelques réparations

Une journée et demie de travail. Prix 9 livres. C’est le montant de la facture du sieur Michel qui a démonté et remontée deux fois une pièce qui était coupée sur la machine. Le 15 septembre 1792, la guillotine est prête à entrer en action. Ce qui ne sera le cas que le 31 mars 1793.

Sources : 1L30-AD12, 1L1805-AD12, 1L1091-AD12 La guillotine en 1793 numĂ©risĂ© par Gallica, l’Eglise en Rouergue sous le choc de la rĂ©volution 1789-1801 par Gaston Alary

 

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juillet 2018 sur le thème imposé « la guillotine ».

La maison Ă©cole des filles

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Juin 302018
 

La maison école des filles de Prévinquières (12)  a été construite dans des conditions litigieuses.

Une nouvelle Ă©cole pour les filles

Le projet a Ă©tĂ© lancĂ© en dĂ©but de l’annĂ©e 1875. Une nouvelle Ă©cole sera construite pour les filles. Ce sera une maison Ă©cole, c’est Ă  dire un lieu oĂą l’on peut faire classe et oĂą le personnel enseignant peut vivre.
Une souscription est ouverte auprès de la population le 1er mars 1875. Elle semble avoir rapportĂ© 4700 francs en argent et 5000 francs de dons en nature (engagement de fourniture de matĂ©riaux). L’enquĂŞte de commo incommodo est faite en 1876.


Le 1er février 1877, par sa délibération, le conseil municipal de Prévinquières approuve les plans et devis pour la construction de la nouvelle maison école des filles. Ils ont été établis par Mr Rozié, agent voyer.
Le dossier est transmis au prĂ©fet le 4 avril et passe Ă  la session d’aout 1877 au conseil dĂ©partemental. Il vise Ă  demander 5000 francs Ă  l’Ă©tat. Le conseil dĂ©partemental donne d’ailleurs un avis favorable dans sa session de 1877.

Le maire refuse d’installer l’institutrice

Par arrĂŞtĂ© du 6 septembre 1877, Melle Massol institutrice est nommĂ©e Ă  PrĂ©vinquières. Elle doit prendre ses fonctions pour la rentrĂ©e du 16 octobre mais le maire refuse de l’installer. Elle s’est prĂ©sentĂ©e le 11 octobre (comme convenu) mais est obligĂ©e de loger Ă  l’auberge. Melle Massol se plaint Ă  l’inspecteur d’acadĂ©mie car elle a dĂ©jĂ  eu pas mal de dĂ©placements inutiles cette annĂ©e et si elle doit Ă  nouveau bouger, elle prĂ©fĂ©rerait le canton de Cassagnes BĂ©gonhès.
Melle Massol a en effet Ă©tĂ© nommĂ©e depuis le dĂ©but d’annĂ©e 1877

  • de Novis commune de SĂ©verac le Château,
  • Ă  Griac commune de RĂ©quista
  • puis elle est partie dans la nouvelle Ă©cole de Saint Cyrice Ă  Brousse le Château avant d’ĂŞtre affectĂ©e Ă  PrĂ©vinquières.

Et si le maire refuse d’installer l’institutrice, c’est que les locaux sont dĂ©jĂ  occupĂ©s par les sĹ“urs de la Sainte Famille qui font la classe… Et la maison Ă©cole est loin d’ĂŞtre terminĂ©e.
Une pĂ©tition est adressĂ©e au prĂ©fet par les pères de familles pour que l’Ă©ducation de leurs filles soit faite par une des sĹ“urs congrĂ©ganistes. Il faut donc un avis officiel pour que Melle Massol change d’affectation.


Et les enfants? Personne ne semble faire la classe aux 45 filles jusqu’Ă  la fin d’annĂ©e 1877.

La fin des travaux

L’inspecteur primaire rend compte de sa visite de la nouvelle Ă©cole des filles fin mai 1878. Il a vĂ©rifiĂ© que la construction Ă©tait conforme aux plans. Il ne constate aucune modification Ă  l’Ă©tage. Par contre, au rez de chaussĂ©e, une lĂ©gère cloison a Ă©tĂ© apposĂ©e pour sĂ©parer la salle de classe en deux. Une salle de 4,60m et une de 5m sur 6,50m.

La hauteur des plafonds a aussi Ă©tĂ© rĂ©duite: 3m40 au lieu de 4m. Cette modification est liĂ©e aux « grands froids qui sĂ©vissent dans ce pays surnommĂ© la SibĂ©rie de l’arrondissement ».
Un sous sol a également été construit avec une hauteur de 2,70m. Cela assainit les classes.
Il ne reste que la construction des lieux d’aisance, le mur de clĂ´ture de la cour de rĂ©crĂ©ation, le mur de clĂ´ture du jardin, l’Ă©tablissement du prĂ©au couvert, les plafonds, serrureries, la peinture des volets….

Les sœurs sont déjà là

L’inspecteur n’en parle pas dans son rapport mais un autre courrier nous apprend que les sieurs occupent les lieux depuis (au moins) avril 1878. Pourquoi? Parce que la maison Ă©cole appartient Ă  la fabrique! L’histoire se dĂ©voile. En 1875, un terrain a Ă©tĂ© cĂ©dĂ© Ă  la fabrique par le conseil municipal sans rĂ©ellement formaliser l’acte.

Les membres de la fabrique et le curĂ© ont Ĺ“uvrĂ© pour trouver le budget de dĂ©part, complĂ©tĂ© par la demande de subvention Ă  l’Ă©tat. Le curĂ© estime que les bâtiments lui appartiennent, le prĂ©fet n’est pas d’accord.
Et la dĂ©libĂ©ration du conseil municipal du 15 mai 1878 qui autorise les sĹ“urs Ă  rester « en possession de la maison qui a Ă©tĂ© construite par d’autre que par la commune sur un terrain communal » est annulĂ©e par le conseil de prĂ©fecture.
Le 3 juillet 1878, un arrêté est pris pour faire évacuer les sœurs et faire installer la nouvelle institutrice Melle Dufieu.

L’Ă©vacuation des sĹ“urs

Elle a lieu le 25 juillet 1878. Le maire et l’adjoint sont volontairement absents. Les sĹ“urs sont parties en visite Ă  Montbazens… Quand elles reviennent, elles refusent d’Ă©vacuer les locaux. Les gendarmes finissent par dĂ©gager l’accès et gardent l’Ă©cole pour la nuit en attendant le serrurier qui va changer toutes les serrures.

Contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit dans les journaux d’opposition, les sĹ“urs ont pu prendre les habits dont elles avaient besoin et les baĂŻonnettes n’ont pas Ă©tĂ© mises au bout des carabines.

Des registres falsifiés et un maire suspendu

Les registres de la mairie ont Ă©tĂ© Ă©pluchĂ©s. Il manque l’apposition de certaines dĂ©libĂ©rations, d’autres semblent avoir Ă©tĂ© « arrangĂ©es » Ă  postĂ©riori avec des stylos de couleur diffĂ©rente. Le maire est finalement suspendu le 12 octobre 1878. Cela ne lui empĂŞchera pas de retrouver sa place puis de rester maire pendant quelques annĂ©es.

De nouvelles institutrices

Melle Dufieu est installĂ©e après l’expulsion des sĹ“urs dans un climat peu stable. Le 3 aout 1878, les objets de la Sainte Famille sont dĂ©mĂ©nagĂ©s de force par des personnes rĂ©quisitionnĂ©es.


L’institutrice doit rester Ă  l’auberge pour quelque temps car la maison Ă©cole est loin du village et entièrement isolĂ©e. Elle est placĂ©e de telle sorte qu’on peut y arriver par des sentiers couverts d’arbres sans ĂŞtre vus. Melle Dufieu a pour consigne d’Ă©crire le plus souvent possible Ă  l’inspecteur. Pas de quoi la rassurer, elle et sa pauvre mère. Elle supplie rapidement l’inspecteur de lui donner un autre poste.
Le 16 octobre 1878, Melle Dufieu est mise en inactivité.

Le 31 DĂ©cembre 1878, Mme Pons nĂ©e Ginesty est installĂ©e par l’inspecteur primaire. Quelques temps plus tard, elle indiquera qu’elle fait la classe Ă  des garçons pour soulager le trop grand effectif de son mari, lui aussi nommĂ© Ă  PrĂ©vinquières… D’ailleurs aucune fille ne s’est prĂ©sentĂ©e…mĂŞme si l’Ă©vĂŞque pense que l’institutrice propose de l’argent pour attirer les jeunes filles.

Mme Pons est affectée à Privezac en octobre 1879 et décède quelques mois plus tard.

Un procès et le retour des soeurs

Les sĹ“urs portent plainte auprès du juge de paix le 19 aout 1878. Ce dernier s’estime incompĂ©tent et l’affaire est portĂ©e devant le tribunal civil de Villefranche de Rouergue le 28 novembre 1878.

Le 22 juin 1879 un accord est trouvĂ© pour que les sĹ“urs prennent Ă  nouveau la direction de l’Ă©cole. DĂ©but juillet 1879 CĂ©cile Sennagal « Soeur Marie Bernard » est affectĂ©e Ă  l’Ă©cole de PrĂ©vinquières.
C’est l’occasion de dĂ©couvrir  l‘Ă©quipement de ses salles de classe.

Et puis la maison Ă©cole des garçons…

Le conseil municipal de PrĂ©vinquières reconnaitra dans sa dĂ©libĂ©ration du 15 janvier 1880, la nĂ©cessitĂ© de construire dans les plus brefs dĂ©lai possibles une maison d’Ă©cole pour les garçons. Cette fois, ci elle aura lieu dans des conditions plus traditionnelles!

Sources: 6T1/200-AD12, 2O200/1 et 2-AD12, 3T4/44 et 45-AD12, 4T3/11 Ă  13-AD12, 5T5/7, 13 et 15-AD12, 7T1/10, 12 et 16-AD12, 8J151-AD12, 3M517-AD12, 3M731-AD12, PER545-AD12, Journal de l’Aveyron

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin 2018 sur le thème imposé « la première école ».

Connaître son village grâce à sa foire

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Mai 312018
 

La création d’un jour de foire dans un village est réglementée. Les documents la concernant (dans la série M des archives) nous permettent parfois d’en apprendre plus sur son économie et sa géographie.

Impossible de trouver un plus beau champ de foire !

« Salles possède une vaste et magnifique place, ornée au milieu d’un superbe jet d’eau ; trois avenues y conduisent : impossible de trouver un plus beau champ de foire. Salles est un lieu commerçant, industriel et agricole ; il y a deux filatures, les caves de Saint Laurent qui conservent et améliorent le vin et qui seraient même propres à la fabrication du fromage de brebis ; les villages de Pont, de Cougousse et de St Austremoine qui sont si riants, où les gens sont si laborieux, où la culture de la vigne est si perfectionnée et où l’on engraisse si bien les moutons ; Vanq, Souyri, Solsac, Mondalazac et Cadayrac où on se livre avec tant de succès à l’élève en grand des bêtes à laine et des agneaux que l’on trouve réunis par centaines ; où l’on voit des troupeaux de cochons des meilleures espèces ; où les bœufs, d’une taille colossale, sont poussés à un tel point d’engraissement qu’ils pourraient aller rivaliser avec ceux de Poissy : tout en un mot milite pour l’établissement de foires à Salles. »

Cet extrait n’est pas issu d’un document touristique mais bel est bien d’une délibération du conseil municipal de Salles la Source de 1864 afin d’obtenir deux foires annuelles.

Pourquoi des foires ?

Ouverture du marché à la concurrence, libre échange des denrées mais aussi lieu de débauche, les foires sont un élément essentiel pour la circulation des marchandises. D’ailleurs elles dépendent du bureau du commerce alors que les marchés sont du ressort de l’agriculture et de la subsistance.

Cependant, l’érection de nouvelles foires n’est pas toujours la bienvenue…

Dans le département de l’Aveyron, un recensement des marchés est fait en 1822. Pour les foires, il a lieu en 1837 puis en 1849, en 1866 et en 1896.

Les avis administratifs

Reprenons l’exemple de Salles la Source. Elle fait une première demande en 1840 pour deux jours de foires. Le village qui était autrefois presque inaccessible est devenu très important grâce à l’ouverture d’une route dans la vallée et à l’installation d’établissements industriels.

Il faut cependant demander leur avis à toutes les communes situées à moins de myriamètres par le biais de leur conseil municipal.

Tous sont favorables sauf :

  • Onet le Château pour qui « les jours de foire et de marchĂ© sont pour les cultivateurs et journaliers des occasions de perte de temps et de dĂ©bauche.  »
  • Le nouveau conseil municipal d’Olemps qui pense que « ces rĂ©unions parmi les habitants des campagnes qui ne sont que trop portĂ©s Ă  s’y rendre, plus souvent dans des vues de dissipations ou de curiositĂ© que dans un but utile. »
  • La commune de Muret car « ordinairement dans les foires ont lieu des rixes qui sont toujours les suites de libertinage. »
  • Et enfin Druelle car « toutes les communes environnantes s’y opposent ».

Cet avis est complété de celui du conseil général et du conseil d’administration. Ces deux dernières instances doivent obligatoirement être consultées depuis la loi du 10 mai 1838.

A partir du décret du 25 mars 1852, il faut également l’avis de la chambre d’agriculture.

La dĂ©cision finale revient au ministère de l’intĂ©rieur puis est dĂ©centralisĂ©e au prĂ©fet Ă  compter du 13 aout 1864…

 

Une fiche de renseignements Ă©conomiques du village

Dès 1838, il est demandé aux communes de fournir une liste de renseignements économiques de leur village : industrie, production, population. Mais c’est une circulaire du 05 juillet 1855 qui fixe un modèle très complet à remplir.

Le nombre de maisons, le nombre de ménages, la population avec répartition par sexe et par situation matrimoniale. La superficie de la commune et la décomposition par type de cultures.

Le nombre d’édifices publics, le nombre de chemins, de rivières. La production agricole et industrielle, la quantité de bêtes élevées, le nombre de dindons, oies, poules et canards. Tout y passe.

La filature qui ne fait jamais chĂ´mer ses ouvriers et dont « son passĂ© garantit son avenir » est dĂ©taillĂ©e. On indique le nombre de mĂ©tiers Ă  tisser, le nombre d’ouvriers. Idem pour les moulins et les pressoirs Ă  huile….

C’est une véritable occasion de mettre en valeur le village lors de la nouvelle demande de 1864.

« Éducation en grand et avec succès des bestiaux ; culture perfectionnée de la vigne ; fabrique à draps considérable ; exploitation sur plusieurs points de la commune du minerai de fer, chemin de fer, routes et chemins commodes ; champ de foire magnifique, loyauté naturelle des habitants et bons hôtels à Salles la Source. »

D’ailleurs la foire n’est pas gratuite pour les exposants…

Les droits de place sont décidés par le conseil municipal et le prix est un indicateur de la renommée de la foire et de la volonté de faire venir des exposants.

Parfois des plans ou des affiches

La carte topographique demandée dès 1838 permet de visualiser les communes à environ 20km à la ronde et le nombre de foires déjà existantes. En 1864, elles sont 80 dont 14 dans le canton : 7 à Marcillac, 3 à Pruines, 2 à Clairvaux et 2 à Valady.

La forme de la carte diffère avec les époques ou les communes qui font la demande.

Quelques fois, les dossiers nous montrent aussi des plans de ville avec les noms des propriétaires des maisons, notamment dans les dossiers de droit de place.

Pour les pĂ©riodes les plus rĂ©centes et les foires les plus spĂ©cialisĂ©es, les archives nous offrent parfois des affiches.… ou des diplĂ´mes.

 

Un lieu de vie

Contraventions, occasion de croiser le notaire, bagarres, ambulants, marchands de bestiaux, la foire est un moment et un lieu de vie privilĂ©giĂ©s pour nos ancĂŞtres. C’est donc dans les sĂ©ries M, E, U, Z et la presse qu’on peut retrouver d’autres traces…

D’ailleurs la première foire de 1865 Ă  Salles la Source s’est bien passĂ©…. selon le journal local.

 

Sources 8M58-AD12, 8M59-AD12, 8M61-AD12, 8M62-AD12, 8M125-AD12, 204W35-AD12, PER1181-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2018 sur le thème imposé « la foire ».

PV de survol du territoire par certains engins

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Avr 302018
 

Le Maréchal des logis chef de Saint Geniez rédige en 1954 un procès verbal de renseignements de survol du territoire par certains engins qu’on pense être des soucoupes volantes.

Des engins vus par d’honnêtes gens

Ayant « appris, vaguement, que certains engins inconnus, auraient été aperçus ces derniers jours, survolant le territoire de la commune de Saint Geniez d’Olt », le maréchal des logis chef René Maurel reçoit l’ordre de procéder à une enquête sur la nature de ces engins mystérieux.

Mme Yvonne Marcillac, bouchère dans la rue du commerce tĂ©moigne. Le 30 septembre vers 7H30, elle a entendu un « bruit pareil Ă  un grondement de tonnerre. » Levant les yeux, elle a aperçu une forme de masse cylindrique sans queue ni ailes. Il Ă©tait de couleur argentĂ©e et n’émettait aucune fumĂ©e. Il allait Ă  une vitesse Ă  peu près identique Ă  celle d’un avion. L’engin se dirigeait vers le sud. Mme Marcillac en a parlĂ© Ă  quelques clients mais comme personne n’avait rien vu….

Mr Fernand Caplat, habitant la même rue est lui aussi interrogé. C’est la veille du 30 septembre vers 21H30 qu’il a vu un engin de forme allongée. Silencieux, il laissait « échapper des étincelles sur les côtés et une traînée rougeâtre sur l’arrière. » Sa vitesse était celle d’un avion à réaction donc il a vite disparu du ciel en se dirigeant vers le nord est. Mr Caplat en a parlé à quelques voisins qui ne semblent pas avoir vu la même chose que lui.

Mr Joseph Clarion, électricien, habite lui aussi dans la même rue. C’est le 29 septembre au matin vers 6H30 qu’il a entendu un bruit de tonnerre. Il a levé les yeux au ciel et a vu un engin de « forme allongée, la queue effilée, qui volait à la vitesse d’un avion à réaction. » De couleur foncée, l’engin émettait des étincelles et n’avait pas d’ailes. Il se dirigeait vers le Sud ouest. Mr Clarion n’en a parlé à personne.

L’avis du gendarme

Le maréchal des logis chef a interrogé les 3 seuls témoins du survol. Il n’est pas très convaincu d’une présence surnaturelle. « Aux dires de certains, il pourrait s’agir d’appareils ultra modernes. » Telle est sa conclusion. Son rapport est envoyé à l’inspecteur spécialisé de la police de l’Air, aux renseignements généraux du département et au préfet.

Un phénomène à la mode

Si le survol de Saint Geniez ne semble pas inquiéter les habitants, c’est bien tout le ciel aveyronnais qui est envahi d’engins mystérieux ! Le phénomène a commencé le 13 septembre vers 14H à Vabre Tizac avec Mr Marre qui a aperçu « une grosse masse jaunâtre de forme ovoïde qui pouvait avoir le diamètre d’une barrique. » L’homme de 73 ans, qui jouit de la plénitude de ses facultés mentales, s’est rendu sur les lieux supposés du décollage mais n’a pas trouvé de trace.

A 23 heures le mĂŞme jour, Mr Bessières, jeune ouvrier mĂ©canicien Ă  Villefranche de Rouergue a vu un engin lumineux dans le ciel. Après un instant d’étonnement, il est parti au cafĂ© de la paix chercher d’autres tĂ©moins… Et ils sont 7 personnes Ă  avoir vu « un globe de couleur rouge, de la grosseur d’un ballon de football duquel s’échappaient des Ă©tincelles », changeant de couleur et passant du vert au blanc Ă©clatant.

Le ciel rempli de soucoupes

Le 11 octobre, « une soucoupe volante s’est posĂ©e dans un pré » Ă  Montbazens. C’est le fils du garagiste qui a vu une lumière vive et a cru Ă  un feu. Mr Gardelle a voulu s’approcher de l’engin mais celui ci a dĂ©collĂ© Ă  toute vitesse sans bruit et sans laisser de trace sur le sol….

5 jours plus tard, le journal annonçait qu’il s’agissait d’une plaisanterie. La soucoupe était « un vieux parapluie illuminé et la grande lueur un feu de bengale ! »

Le mĂŞme jour 11 octobre Ă  Pont de Salars, Mme K… partie chercher de l’herbe pour ses lapins a aperçu un large disque lumineux vers 18H. L’engin irradiait un Ă©clat presque insoutenable.

Le 12 octobre puis le 14, le ciel de Villefranche voit passer une boule rouge, puis un disque vert

Le vendredi 15 octobre vers 9H, c’est Ă  Lacroix Barrez qu’un objet lumineux de forme cylindrique Ă©voluait d’Ouest en Est… Lentement ! C’est le mĂŞme tĂ©moignage Ă  Villefranche de Rouergue : un point blanc qui se dĂ©place lentement.

Une énigme résolue

C’est finalement vers 14H ce 15 octobre 1954 que l’énigme est résolue. La soucoupe est un ballon-sonde lancé par l’institut de recherches scientifiques de Padoue en Italie. L’aéronef faisait 28 mètres et évoluait entre 30 et 35000 mètres d’altitude. A tous ceux qui auront cru voir deux martiens « un petit et un grand », il faudra alors se résigner de l’absence de surnaturel dans le ciel aveyronnais.

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’avril 2018 sur le thème imposĂ© « un fait divers Ă  travers les archives de la gendarmerie ou de la police ».

Sources: 338W65-AD12, PER1479-AD12, PER261-AD12, PER880-AD12, PER962-AD12, PER1268-AD12

Le maire qui voulait une mairie

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Mar 312018
 

Mr Boscary, maire de Saint Côme d’Olt, souhaite un local pour y installer sa mairie et y stocker archives et matériel.

Un maire nommé puis élu

Jean Baptiste Boscary est nommé provisoirement maire de la commune de Saint Côme d’Olt par décret du 20 septembre 1870. Les formalités de prestation de serment étant abolies, il est directement installé dans sa fonction. Quelques jours plus tard, Mr Séguret est nommé adjoint.

Sa première demande est d’obtenir un inventaire de tous les papiers et objets mobiliers qui se trouvent dans la salle de la mairie. Messieurs Lacroix et Bosc exécutent ce travail en compagnie du nouveau maire.

Après les élections du 30 avril 1871, Jean Baptiste Boscary est élu par le conseil municipal avec 13 voix. Son adjoint est plébiscité de la même façon avec 13 voix.

Une mairie nécessaire

C’est dans la délibération du conseil municipal du 5 janvier 1873 que le maire va exposer le besoin d’un lieu unique de rassemblement.

Les réunions de conseil, ou les réunions publiques, sont faites dans des appartements disponibles dont le nombre est réduit et qui ne sont pas toujours dans un état convenable. De plus, le déplacement fréquent de papiers et archives peut donner lieu à des pertes. N’a-t-on pas déjà constaté que des registres de l’état civil avaient été soustraits ? Il serait regrettable que cela se renouvelle.

Par ailleurs, avoir une mairie, cela permettrait de stocker la pompe Ă  incendie et son matĂ©riel…

Les taxes pour les gardes nationales mobilisées

Comment financer ce bâtiment? La municipalitĂ© possède un emplacement et elle pourrait retirer les matĂ©riaux d’un vieux bâtiment dit « le four », ce qui Ă©viterait des frais. Avec 3000 francs, on pourrait construire une mairie modeste… Et la nouvelle loi du 26 novembre 1872 va permettre de trouver cette somme.

En effet, une taxe spĂ©ciale avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour l’organisation des gardes nationales mobilisĂ©es. L’Ă©tat doit rembourser cette somme aux commune. Celle de Saint CĂ´me va toucher 11852, 33 francs. Alors, en prenant 3000 francs pour la mairie, cela laisse une somme consĂ©quente pour les travaux des chemins vicinaux ou les indemnitĂ©s du garde champĂŞtre.

Le prĂ©fet approuve cette dĂ©libĂ©ration 29 avril 1873 mais rien ne bouge. Il n’y a aucune trace de construction de mairie dans les dĂ©libĂ©rations de conseil municipal pendant les mandats de Mr Boscary (qui est rĂ©Ă©lu en 1874).

 

Le maire meurt

« Le conseil municipal croit être l’interprète de la commune de Saint Côme en exprimant les regrets douloureux que nous a causé la mort de notre ami commun, Mr Jean Baptiste Boscary, dont les qualités comme maire et comme médecin ont été appréciées de tout le pays ».

Mr Boscary décède le 7 février 1877 d’apoplexie sans jamais, semble-t-il, avoir eu une mairie. Son adjoint lui succède avant de démissionner « pour raison de santé ».

mairie

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2018 sur le thème imposé « un maire au XIXe Siècle » avec la complicité de ma stagiaire Dominique.

 

Source journal de l’Aveyron-AD12, Bulletin des lois 1872-numérisé par Gallica, Archives municipales de Saint Côme, 3M755-AD12, 3M1061-AD12, 2O224/3-AD12

Le logis du diable

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FĂ©v 282018
 

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
SituĂ©e Ă  l’entrĂ©e du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien situĂ©e » restait Ă  l’abandon depuis que le fils avait empoisonnĂ© sa mère. L’histoire est racontĂ©e par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une lĂ©gende ou un fait vĂ©ridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainĂ© des garçons a toutes les qualitĂ©s: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait Ă©pouser sa nièce, mais Jean a tirĂ© un mauvais numĂ©ro et doit partir faire sa pĂ©riode militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il rĂ©unit toute la famille autour du lit et fait promettre Ă  Jean d’Ă©pouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainĂ© de veuve est susceptible d’ĂŞtre exemptĂ© et c’est son frère qui partira pour l’armĂ©e quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue CaĂŻn

On enterre le père, le fils ainĂ© prend sa place Ă  table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considĂ©rĂ©e comme maudite par les dĂ©mons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainĂ©.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti Ă  l’armĂ©e. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend Ă  Rodez et Ă©crit une lettre contrefaisant l’Ă©criture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

DĂ©bauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ©e Ă  l’arsenic.
Jacques est arrĂŞtĂ©, accusĂ© de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonnĂ© dans la disparition de son frère.


Il s’Ă©vade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitĂ´t enterrĂ©e, la ferme est abandonnĂ©e.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul rĂ©apparait Ă  la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelĂ©s. Il faut arrĂŞter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut Ă  nouveau rĂ©sider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul Ă  Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) Ă  cette Ă©poque. Il n’a pas non plus de trace du dĂ©serteur (le frère aĂ®nĂ© ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de rĂ©cit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble ĂŞtre inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut ĂŞtre une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est Ă  lire ici. Je l’ai dĂ©couverte grâce Ă  Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de donnĂ©es. Si vous en avez rencontrĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

Blessé à Beaugency en 1870

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Jan 312018
 

Guillaume Adrien Achille Bouty a fait la guerre de 1870. BlessĂ© Ă  la bataille de Beaugency, il gardera des sĂ©quelles le reste de sa vie…

 

Une famille de médecin

Guillaume Adrien Achille Bouty est né en 1841 à Nant (12). Il est fils et petit fils d’un docteur en médecine. Il se destine à la même profession et est étudiant en médecine au moment de sa conscription. Exempté pour faiblesse générale, Guillaume n’était pas censé croiser les chemins de bataille.

 

La bataille de Beaugency

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Guillaume Adrien Achille Bouty est brigadier au 4ème régiment de hussards. Il fait partie des troupes qui se battent en France.

Le 2 décembre 1870, le bruit qui court à Beaugency indique que Paris a été débloqué et que l’armée sortie de Paris vient prêter main forte à l’armée de la Loire.

Les combats font rages aux portes de Beaugency en ce début de mois. Orléans semble s’être rendu « à discrétion », Meung est tombé aux mains ennemies.

Le 8 décembre à sept heures du matin, le combat commence derrière Cravant. « Les boulets et les obus plurent jusqu’à la nuit sur le hameau de Montenolle ».

Vu de l’Aveyron, les nouvelles se veulent rassurantes : les pertes ennemies sont supérieures aux nôtres.

Guillaume est blessé

Notre futur docteur a été blessé lors du combat du 8 décembre 1870. Il a reçu un coup de feu et a une fracture du calcanéum au pied droit et de multiples abcès.

Peut ĂŞtre est-il rapidement Ă©vacuĂ© sur son dĂ©partement d’origine ? Il est dans ses foyers en 1871…

L’après guerre

La guerre se termine en mai 1871. Dès le 1er aout 1871, Guillaume obtient ses droits à la retraite pour une campagne de 1 an, 10 mois et 12 jours de services effectifs.

Il est amené à se présenter à la commission départementale sur la situation des blessés à Rodez en mai 1873. Le constat est simple : il est « atteint au pied droit par un projectile qui après avoir fracturé les os a ankylosé le pied. »

Il ne peut plus utiliser sa jambe droite et un appareil artificiel doit lui ĂŞtre fourni pour lui permettre de s’appuyer plus solidement. C’est l’objet de sa demande Ă  la prĂ©fecture.

Il reçoit la médaille militaire en juillet 1887 pour « perte absolue de l’usage d’un membre ».

Guillaume continuera sa vie de médecin et décèdera en 1921 dans sa commune de naissance. Il avait 80 ans.

 

Sources : 4E179/12-AD12, 1295W185-AD12, 1R603-AD12, 1R152-AD12, 30R1bis-AD12, 1M901-AD12, 5M8-AD12, 1K401-AD12, PER 1153-AD12, Rapport au conseil de la Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer, sur le service médico-chirurgical des ambulances et des hôpitaux, pendant la guerre de 1870-1871 numérisé par Gallica, Histoire de la ville et du canton de Beaugency pendant la guerre de 1870 numérisé par Gallica

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2018 sur le thème imposé « Un soldat, une bataille, la guerre de 1870 ».

Se faire naturaliser français

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DĂ©c 182017
 

Après une première demande infructueuse et 22 ans passés en France, l’allemand Frédéric Patszchke se fait naturaliser français.

Un allemand dans la légion étrangère

Il s’appelle FrĂ©dĂ©ric Albert Patszchke. Il est nĂ© en 1885 en Allemagne de parents allemands. En 1910, il se rend Ă  Nancy et s’engage Ă  la lĂ©gion Ă©trangère pour 5 ans. AlgĂ©rie, Maroc, Tonkin… Il est mĂŞme dĂ©corĂ© de la mĂ©daille commĂ©morative du Maroc.

Son engagement se termine alors que la 1ère guerre mondiale est commencée. Il est alors interné pendant un an à Mascara (Algérie) avant d’être envoyé dans l’Aveyron comme chauffeur meunier pour assurer le ravitaillement des hommes au front.

Il travaille ensuite Ă  BĂ©ziers puis Ă  Strasbourg comme chauffeur avant de retourner chez son premier employeur en 1924.

 

Première demande de naturalisation

Le dossier de sa première demande de naturalisation date du 9 février 1927. Elle est régie par la loi du 26 juin 1889 sur la nationalité et respecte le critère de 10 ans de résidence en France.

Les pièces fournies sont :

  • Une demande sur papier timbrĂ© contenant l’engagement Ă  payer Ă  150 francs pour droits de sceaux (sur les 1076 francs prĂ©vus). Cette somme est en rapport avec ses revenus (500 francs par mois) et ses charges (720 francs de loyer et 40 francs d’impĂ´ts) ;
  • Son acte de naissance ;
  • La justification de ses annĂ©es de services militaires ;
  • Les diffĂ©rents justificatifs de se rĂ©sidence en France ;
  • Un bulletin N°2 de son casier judiciaire.

 

Son casier judiciaire n’est pas vierge. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pour avoir volé pour 3000 francs d’objets à son patron l’année précédente.

La condamnation a eu lieu 15 jours avant sa demande de naturalisation. Il paye les 115 francs d’amende dans le courant du même mois et évite l’expulsion.

Et sa vie est en train de changer ! Il épouse en mars 1927 Virginie Barbier, une brodeuse originaire de Haute Vienne. Elle était sa domestique lors du recensement de l’année précédente.

 

Les avis sur son intégration, son comportement et son état de santé sont bons. Cependant, cette première demande de naturalisation est ajournée le 2 octobre 1927. Probablement du fait de sa condamnation.

Sa femme peut recouvrer sa nationalitĂ©, Ă  condition d’en faire la demande avant le 10 aout 1928 au juge de paix de son canton. Pourquoi cette date? A cause d’une nouvelle loi.

Une nouvelle loi

Mme Patszchke est française, devenue allemande par mariage. Mais comme le rappelle le préfet dans sa lettre, elle peut recouvrer sa nationalité en faisant une déclaration devant le juge de paix. C’est un des avantages de la nouvelle loi du 10 aout 1927.

Avant 1927, l’article 19 du 26 juin 1889 prévoyait que la femme suivait la condition de son mari.

A compter du 10 aout 1927, les françaises Ă©pouses d’étranger comme Mme Patszchke ont un an, soit jusqu’au 10 aout 1928 pour recouvrer leur nationalitĂ© d’origine selon l’article 14 de la nouvelle loi. Sous rĂ©serve, bien sĂ»r, d’avoir l’autorisation de leur mari.

 

Une nouvelle demande

Février 1932. Cela fait 22 ans que Mr Patszchke réside en France. Il renouvelle sa demande de naturalisation. Par conséquent, un nouveau dossier est constitué.

Il propose cette fois ci de payer 250 francs sur les 1076 francs de droits prévus. Il gagne 25 francs par jour, sa femme 10 francs par jour. Le montant de leur loyer est de 1200 francs et ils doivent également payer 53 francs d’impôts.

Mais Mr Patszchke n’est pas en règle avec la législation française en vigueur sur le séjour des étrangers. Sa carte d’identité N°1235646 du 5 mars 1927 aurait due être renouvelée au plus tard le 31 mars 1929. Ce qui n’est pas le cas.

Il faut commencer par régulariser la situation. Or Mr Patszchke a bien une carte d’identité a jour qui lui a été délivrée en décembre 1930.

Par consĂ©quent, il ne lui reste qu’Ă  payer les 215,25 francs de droits, ce qui est fait fin aout 1932.

 

Naturalisé et réintégrée

Le couple est naturalisé français (pour Mr) et réintégré (dans la qualité de française pour Mme) par décret du 28 septembre 1932. L’avis est publié dans le journal officiel le 6 octobre 1932.

Naturaliser

Mr Patszchke atteste avoir reçu copie de ces décrets, et ses différents documents officiels (quittances d’impôts, certificats de travail et actes d’état civil) le 17 octobre 1932 à la mairie de Saint Affrique.

 

Sources : 6M314/3-AD12, 8U463-AD12, PER957-AD12, 1295W227-AD12, 6M770-AD12, 6M774-AD12, 6M785-AD12, Journal officiel numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de décembre 2017 sur le thème imposé « les naturalisés ».

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