Le maire qui voulait une mairie

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Mar 312018
 

Mr Boscary, maire de Saint Côme d’Olt, souhaite un local pour y installer sa mairie et y stocker archives et matériel.

Un maire nommé puis élu

Jean Baptiste Boscary est nommé provisoirement maire de la commune de Saint Côme d’Olt par décret du 20 septembre 1870. Les formalités de prestation de serment étant abolies, il est directement installé dans sa fonction. Quelques jours plus tard, Mr Séguret est nommé adjoint.

Sa première demande est d’obtenir un inventaire de tous les papiers et objets mobiliers qui se trouvent dans la salle de la mairie. Messieurs Lacroix et Bosc exécutent ce travail en compagnie du nouveau maire.

Après les élections du 30 avril 1871, Jean Baptiste Boscary est élu par le conseil municipal avec 13 voix. Son adjoint est plébiscité de la même façon avec 13 voix.

Une mairie nécessaire

C’est dans la délibération du conseil municipal du 5 janvier 1873 que le maire va exposer le besoin d’un lieu unique de rassemblement.

Les réunions de conseil, ou les réunions publiques, sont faites dans des appartements disponibles dont le nombre est réduit et qui ne sont pas toujours dans un état convenable. De plus, le déplacement fréquent de papiers et archives peut donner lieu à des pertes. N’a-t-on pas déjà constaté que des registres de l’état civil avaient été soustraits ? Il serait regrettable que cela se renouvelle.

Par ailleurs, avoir une mairie, cela permettrait de stocker la pompe Ă  incendie et son matĂ©riel…

Les taxes pour les gardes nationales mobilisées

Comment financer ce bâtiment? La municipalitĂ© possède un emplacement et elle pourrait retirer les matĂ©riaux d’un vieux bâtiment dit « le four », ce qui Ă©viterait des frais. Avec 3000 francs, on pourrait construire une mairie modeste… Et la nouvelle loi du 26 novembre 1872 va permettre de trouver cette somme.

En effet, une taxe spĂ©ciale avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour l’organisation des gardes nationales mobilisĂ©es. L’Ă©tat doit rembourser cette somme aux commune. Celle de Saint CĂ´me va toucher 11852, 33 francs. Alors, en prenant 3000 francs pour la mairie, cela laisse une somme consĂ©quente pour les travaux des chemins vicinaux ou les indemnitĂ©s du garde champĂŞtre.

Le prĂ©fet approuve cette dĂ©libĂ©ration 29 avril 1873 mais rien ne bouge. Il n’y a aucune trace de construction de mairie dans les dĂ©libĂ©rations de conseil municipal pendant les mandats de Mr Boscary (qui est rĂ©Ă©lu en 1874).

 

Le maire meurt

« Le conseil municipal croit être l’interprète de la commune de Saint Côme en exprimant les regrets douloureux que nous a causé la mort de notre ami commun, Mr Jean Baptiste Boscary, dont les qualités comme maire et comme médecin ont été appréciées de tout le pays ».

Mr Boscary décède le 7 février 1877 d’apoplexie sans jamais, semble-t-il, avoir eu une mairie. Son adjoint lui succède avant de démissionner « pour raison de santé ».

mairie

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2018 sur le thème imposé « un maire au XIXe Siècle » avec la complicité de ma stagiaire Dominique.

 

Source journal de l’Aveyron-AD12, Bulletin des lois 1872-numérisé par Gallica, Archives municipales de Saint Côme, 3M755-AD12, 3M1061-AD12, 2O224/3-AD12

Le logis du diable

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FĂ©v 282018
 

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
SituĂ©e Ă  l’entrĂ©e du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien situĂ©e » restait Ă  l’abandon depuis que le fils avait empoisonnĂ© sa mère. L’histoire est racontĂ©e par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une lĂ©gende ou un fait vĂ©ridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainĂ© des garçons a toutes les qualitĂ©s: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait Ă©pouser sa nièce, mais Jean a tirĂ© un mauvais numĂ©ro et doit partir faire sa pĂ©riode militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il rĂ©unit toute la famille autour du lit et fait promettre Ă  Jean d’Ă©pouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainĂ© de veuve est susceptible d’ĂŞtre exemptĂ© et c’est son frère qui partira pour l’armĂ©e quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue CaĂŻn

On enterre le père, le fils ainĂ© prend sa place Ă  table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considĂ©rĂ©e comme maudite par les dĂ©mons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainĂ©.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti Ă  l’armĂ©e. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend Ă  Rodez et Ă©crit une lettre contrefaisant l’Ă©criture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

DĂ©bauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ©e Ă  l’arsenic.
Jacques est arrĂŞtĂ©, accusĂ© de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonnĂ© dans la disparition de son frère.


Il s’Ă©vade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitĂ´t enterrĂ©e, la ferme est abandonnĂ©e.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul rĂ©apparait Ă  la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelĂ©s. Il faut arrĂŞter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut Ă  nouveau rĂ©sider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul Ă  Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) Ă  cette Ă©poque. Il n’a pas non plus de trace du dĂ©serteur (le frère aĂ®nĂ© ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de rĂ©cit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble ĂŞtre inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut ĂŞtre une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est Ă  lire ici. Je l’ai dĂ©couverte grâce Ă  Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de donnĂ©es. Si vous en avez rencontrĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

Blessé à Beaugency en 1870

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Jan 312018
 

Guillaume Adrien Achille Bouty a fait la guerre de 1870. BlessĂ© Ă  la bataille de Beaugency, il gardera des sĂ©quelles le reste de sa vie…

 

Une famille de médecin

Guillaume Adrien Achille Bouty est né en 1841 à Nant (12). Il est fils et petit fils d’un docteur en médecine. Il se destine à la même profession et est étudiant en médecine au moment de sa conscription. Exempté pour faiblesse générale, Guillaume n’était pas censé croiser les chemins de bataille.

 

La bataille de Beaugency

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Guillaume Adrien Achille Bouty est brigadier au 4ème régiment de hussards. Il fait partie des troupes qui se battent en France.

Le 2 décembre 1870, le bruit qui court à Beaugency indique que Paris a été débloqué et que l’armée sortie de Paris vient prêter main forte à l’armée de la Loire.

Les combats font rages aux portes de Beaugency en ce début de mois. Orléans semble s’être rendu « à discrétion », Meung est tombé aux mains ennemies.

Le 8 décembre à sept heures du matin, le combat commence derrière Cravant. « Les boulets et les obus plurent jusqu’à la nuit sur le hameau de Montenolle ».

Vu de l’Aveyron, les nouvelles se veulent rassurantes : les pertes ennemies sont supérieures aux nôtres.

Guillaume est blessé

Notre futur docteur a été blessé lors du combat du 8 décembre 1870. Il a reçu un coup de feu et a une fracture du calcanéum au pied droit et de multiples abcès.

Peut ĂŞtre est-il rapidement Ă©vacuĂ© sur son dĂ©partement d’origine ? Il est dans ses foyers en 1871…

L’après guerre

La guerre se termine en mai 1871. Dès le 1er aout 1871, Guillaume obtient ses droits à la retraite pour une campagne de 1 an, 10 mois et 12 jours de services effectifs.

Il est amené à se présenter à la commission départementale sur la situation des blessés à Rodez en mai 1873. Le constat est simple : il est « atteint au pied droit par un projectile qui après avoir fracturé les os a ankylosé le pied. »

Il ne peut plus utiliser sa jambe droite et un appareil artificiel doit lui ĂŞtre fourni pour lui permettre de s’appuyer plus solidement. C’est l’objet de sa demande Ă  la prĂ©fecture.

Il reçoit la médaille militaire en juillet 1887 pour « perte absolue de l’usage d’un membre ».

Guillaume continuera sa vie de médecin et décèdera en 1921 dans sa commune de naissance. Il avait 80 ans.

 

Sources : 4E179/12-AD12, 1295W185-AD12, 1R603-AD12, 1R152-AD12, 30R1bis-AD12, 1M901-AD12, 5M8-AD12, 1K401-AD12, PER 1153-AD12, Rapport au conseil de la Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer, sur le service médico-chirurgical des ambulances et des hôpitaux, pendant la guerre de 1870-1871 numérisé par Gallica, Histoire de la ville et du canton de Beaugency pendant la guerre de 1870 numérisé par Gallica

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2018 sur le thème imposé « Un soldat, une bataille, la guerre de 1870 ».

Se faire naturaliser français

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DĂ©c 182017
 

Après une première demande infructueuse et 22 ans passés en France, l’allemand Frédéric Patszchke se fait naturaliser français.

Un allemand dans la légion étrangère

Il s’appelle FrĂ©dĂ©ric Albert Patszchke. Il est nĂ© en 1885 en Allemagne de parents allemands. En 1910, il se rend Ă  Nancy et s’engage Ă  la lĂ©gion Ă©trangère pour 5 ans. AlgĂ©rie, Maroc, Tonkin… Il est mĂŞme dĂ©corĂ© de la mĂ©daille commĂ©morative du Maroc.

Son engagement se termine alors que la 1ère guerre mondiale est commencée. Il est alors interné pendant un an à Mascara (Algérie) avant d’être envoyé dans l’Aveyron comme chauffeur meunier pour assurer le ravitaillement des hommes au front.

Il travaille ensuite Ă  BĂ©ziers puis Ă  Strasbourg comme chauffeur avant de retourner chez son premier employeur en 1924.

 

Première demande de naturalisation

Le dossier de sa première demande de naturalisation date du 9 février 1927. Elle est régie par la loi du 26 juin 1889 sur la nationalité et respecte le critère de 10 ans de résidence en France.

Les pièces fournies sont :

  • Une demande sur papier timbrĂ© contenant l’engagement Ă  payer Ă  150 francs pour droits de sceaux (sur les 1076 francs prĂ©vus). Cette somme est en rapport avec ses revenus (500 francs par mois) et ses charges (720 francs de loyer et 40 francs d’impĂ´ts) ;
  • Son acte de naissance ;
  • La justification de ses annĂ©es de services militaires ;
  • Les diffĂ©rents justificatifs de se rĂ©sidence en France ;
  • Un bulletin N°2 de son casier judiciaire.

 

Son casier judiciaire n’est pas vierge. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pour avoir volé pour 3000 francs d’objets à son patron l’année précédente.

La condamnation a eu lieu 15 jours avant sa demande de naturalisation. Il paye les 115 francs d’amende dans le courant du même mois et évite l’expulsion.

Et sa vie est en train de changer ! Il épouse en mars 1927 Virginie Barbier, une brodeuse originaire de Haute Vienne. Elle était sa domestique lors du recensement de l’année précédente.

 

Les avis sur son intégration, son comportement et son état de santé sont bons. Cependant, cette première demande de naturalisation est ajournée le 2 octobre 1927. Probablement du fait de sa condamnation.

Sa femme peut recouvrer sa nationalitĂ©, Ă  condition d’en faire la demande avant le 10 aout 1928 au juge de paix de son canton. Pourquoi cette date? A cause d’une nouvelle loi.

Une nouvelle loi

Mme Patszchke est française, devenue allemande par mariage. Mais comme le rappelle le préfet dans sa lettre, elle peut recouvrer sa nationalité en faisant une déclaration devant le juge de paix. C’est un des avantages de la nouvelle loi du 10 aout 1927.

Avant 1927, l’article 19 du 26 juin 1889 prévoyait que la femme suivait la condition de son mari.

A compter du 10 aout 1927, les françaises Ă©pouses d’étranger comme Mme Patszchke ont un an, soit jusqu’au 10 aout 1928 pour recouvrer leur nationalitĂ© d’origine selon l’article 14 de la nouvelle loi. Sous rĂ©serve, bien sĂ»r, d’avoir l’autorisation de leur mari.

 

Une nouvelle demande

Février 1932. Cela fait 22 ans que Mr Patszchke réside en France. Il renouvelle sa demande de naturalisation. Par conséquent, un nouveau dossier est constitué.

Il propose cette fois ci de payer 250 francs sur les 1076 francs de droits prévus. Il gagne 25 francs par jour, sa femme 10 francs par jour. Le montant de leur loyer est de 1200 francs et ils doivent également payer 53 francs d’impôts.

Mais Mr Patszchke n’est pas en règle avec la législation française en vigueur sur le séjour des étrangers. Sa carte d’identité N°1235646 du 5 mars 1927 aurait due être renouvelée au plus tard le 31 mars 1929. Ce qui n’est pas le cas.

Il faut commencer par régulariser la situation. Or Mr Patszchke a bien une carte d’identité a jour qui lui a été délivrée en décembre 1930.

Par consĂ©quent, il ne lui reste qu’Ă  payer les 215,25 francs de droits, ce qui est fait fin aout 1932.

 

Naturalisé et réintégrée

Le couple est naturalisé français (pour Mr) et réintégré (dans la qualité de française pour Mme) par décret du 28 septembre 1932. L’avis est publié dans le journal officiel le 6 octobre 1932.

Naturaliser

Mr Patszchke atteste avoir reçu copie de ces décrets, et ses différents documents officiels (quittances d’impôts, certificats de travail et actes d’état civil) le 17 octobre 1932 à la mairie de Saint Affrique.

 

Sources : 6M314/3-AD12, 8U463-AD12, PER957-AD12, 1295W227-AD12, 6M770-AD12, 6M774-AD12, 6M785-AD12, Journal officiel numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de décembre 2017 sur le thème imposé « les naturalisés ».

Disparu ou fusillé?

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Nov 302017
 

Sa fiche matricule indique qu’il est disparu au combat mais l’aveyronnais Jean Blanc a Ă©tĂ© fusillĂ© en 1914 pour abandon de poste…

Un cultivateur qui tente sa chance Ă  Paris

Jean Blanc est né le 7 juillet 1880 au village de Fraysse à Lacroix Barrez dans l’Aveyron. Il est fils d’Etienne, cultivateur et de Rosalie Bouscarat.

En novembre 1901, il part faire son service militaire dans les rangs du 96ème régiment d’infanterie. Il rentre dans l’Aveyron en septembre 1902 avec un certificat de bonne conduite.

Jean Blanc travaille comme cultivateur puis part à Paris en 1907 comme garçon de café. Il reviendra deux ans à Lacroix Barrez avant de repartir à la capitale.

Porté disparu en septembre 1914

Quand éclate la 1ère guerre mondiale, il a 34 ans. Rappelé à l’activité, il rejoint le 142ème régiment d’infanterie le 12 aout 1914.

Sa fiche matricule indique qu’il est blessé le 27 septembre 1914. Il est même porté décédé le même jour par un jugement du tribunal d’Espalion du 13 septembre 1921.

Mais le dossier du jugement du conseil de guerre de Toul du 2 octobre 1914 nous donne une autre version.

Il s’est sauvĂ©…

« Le nommé Blanc se trouvait le 23 septembre dernier [1914] dans une tranchée près de Bernécourt face à l’ennemi qui était installé dans les bois voisins.

Pris de peur, il imagina pour quitter son poste d’accompagner une corvée d’eau qui se rendait dans une ferme voisine.

Lorsque la corvée regagna son poste, au lieu d’y retourner, il se cacha et dès que la corvée fut partie, jeta ses armes, son sac et son fourniment puis se sauva en arrière.

Il erra dans les bois où il se cachait et finit par être arrêté dans les environs de Fong à une vingtaine de kilomètres de l’endroit d’où il était parti et deux jours après sa fuite. »

Jean Blanc se défend. Il s’est bien battu depuis le commencement de la guerre mais il a eu peur, tout d’un coup, d’être tué.

Devant les gendarmes

Parti le 23 septembre 1914 vers 19 ou 20 heures, il est repris par les sentinelles le 25 septembre vers 8 heures sur le chemin de halage du canal Ă  Lay St Remy.

Jean Blanc est emmené à la gendarmerie de Toul où il est interrogé et explique avoir déserté. Il a jeté son sac, sa musette, son bidon, ses cartouchières, son fusil et sa baïonnette à 1km de son cantonnement.

Il est écroué à la prison militaire de Toul.

La peine de mort

Le soldat passe devant le conseil de guerre dès le 26 septembre. Il est convaincu de dissipation d’armes et d’effets et d’abandon de poste en présence de l’ennemi. Son jugement a lieu le vendredi 2 octobre 1914 à 13 heures. Il est condamné à la peine de mort.

Son exécution a lieu le lendemain à 15 heures dans les fossés de la fortification de la Porte Moselle à Toul.

Jean Blanc est amené sur le terrain par un détachement de 50 hommes. Pendant qu’on lui lit son jugement, un soldat lui bande les yeux et le fait mettre à genoux. Le peloton fait feu, un sous officier lui donne le coup de grâce et le médecin constate le décès.

Un jugement 7 ans plus tard

Le 3 février 1920, un acte de disparition est établi pour Jean Blanc. Il indique les circonstances recueillies.

« Ce militaire, blessĂ© au cours du combat n’ayant plus reparu Ă  son unitĂ©, est prĂ©sumĂ© mort. Le manque d’Ă©lĂ©ments n’avait pas permis d’Ă©tablir cet acte. »

La dĂ©marche administrative va suivre son cours. En juin 1921, le questionnaire prĂ©cise que le militaire n’a pas Ă©tĂ© signalĂ© comme prisonnier et que la famille est avertie qu’une dĂ©claration judiciaire de dĂ©cès va ĂŞtre entreprise. L’Ă©tat de services et l’acte de naissance de Jean Blanc sont demandĂ©s avant l’Ă©tablissement d’une requĂŞte pour constater le dĂ©cès en aout 1921.

Le tribunal d’Espalion rend son verdict le 13 septembre 1921. Jean Blanc est dĂ©clarĂ© « mort pour la France » Ă  Flirey (54) le 27 septembre 1914. Le jugement est transcrit 15 jours plus tard sur les registres d’Ă©tat civil de Lacroix Barrez.

Quand les parents ont-ils appris comment leur fils est mort? Les archives ne le disent pas…

 

Sources : 4E112/9-AD12, 1R850-AD12, 5U1149-AD12, 1158W224-AD12, SHD/GR 11 J 3031-1 mémoire des hommes, SHD/GR 11 J 3034 mémoire des hommes

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de novembre 2017 sur le thème imposé « la mort en 1914-1918 ».

© 2017 Généalanille

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EpidĂ©mie Ă  l’orphelinat

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Oct 272017
 

Une épidémie typhoïde survient à l’orphelinat de Grèzes à Séverac l’Eglise (12) au moins de novembre 1892. Elle dura 4 mois et fit 5 morts dont 1 orphelin et 4 religieuses.

La fièvre typhoïde arrive à l’orphelinat

L’épidémie de fièvre typhoïde a fait son apparition en juillet 1892 à Lissirou puis en août à Gaillac d’Aveyron. Pendant deux mois, elle va faire des ravages dans ces communes avant d’atteindre l’orphelinat de Grèzes situé à Séverac l’Eglise. La méthode de transmission est inconnue.

L’orphelinat de Grèzes est tenu par des sœurs et accueille de jeunes garçons âgés de 2 à 10 ans et les garde jusqu’à 18 ou 20 ans.

L’Ă©pidĂ©mie commence le 1er novembre 1892 par une religieuse novice de 18 ans qui souffre d’une fièvre aux allures bĂ©nignes.

Seules les sĹ“urs sont touchĂ©es…

Au 22 décembre, on dénombre 20 nouveaux cas. Mais ce sont uniquement des religieuses qui sont atteintes. Dans la même semaine, 4 autres sœurs sont finalement touchées par la maladie.

Deux sœurs viennent de décéder à l’orphelinat : une novice de 18 ans, Joséphine Lacan et une professe de 42 ans, Marie Catherine Soulié.

Parmi la communauté religieuse, on dénombre :

  • 1 cas très grave chez une sĹ“ur de 20 ans
  • 1 cas grave chez une religieuse dĂ©moniaque de 22 ans
  • 5 cas lĂ©gers sur des religieuses de 16 Ă  26 ans
  • 3 cas très lĂ©gers sur des novices de 15, 17 et 19 ans.

La religieuse très atteinte meurt le 28 décembre. Il s’agit de Marie Maurel. On notera également le décès de Mélanie Trébosc qui meurt le 20 décembre 1892 à Bédarieux (34), deux jours après son départ de Grèzes.

Quand à la sœur démoniaque, elle restera bien vivante et son comportement sera évoqué dans la presse 10 ans plus tard.

… ou presque

Le rapport du Dr Géraud indique que l’orphelinat a été touché dès la fin aout et notamment par le biais d’un jeune garçon de 13 ans et d’une religieuse de 23 ans. Le garçon « languinait » et ne retrouvait pas ses forces.

A partir de novembre, le nombre de malades augmente. Fin décembre, on s’accorde à dire que 15 enfants de moins de 14 ans sont atteints. D’ailleurs, on enterre Henri Georges, orphelin originaire de Paris, le 2 janvier 1893.

Les chiffres s’affolent et montent jusqu’à 45 cas recensés sur la centaine d’habitants théoriques de l’établissement.

 

Les valides soignent les infectés

5 religieuses et un orphelin de 15 ans sont traités à Rodez. Pour les autres, ce sont certaines sœurs valides aidées du Dr Séguret de Laissac, médecin de l’établissement qui font au mieux.

Parmi les symptĂ´mes et outres la fièvre, on note beaucoup de troubles nerveux, de dĂ©lires nocturnes… Et pas question de renvoyer les enfants chez eux, ils sont tous orphelins !

Une Ă©tude sur les lieux

Une étude est faite par le Dr Géraud. Il est ressort les éléments suivants.

L’orphelinat est situé sur la rive gauche de l’Aveyron, à 3 km environ du cours d’eau.

Il est composé au nord d’une maison (en A) à 2 étages à 3 fenêtres de façade avec au rez de chaussée un réduit à porcs. On accède au 1er étage par un escalier à double rampe qui est occupé par les bureaux et deux chambres. L’étage au dessus sert de dortoir aux orphelins.

Le bâtiment B comprend 2 étages et un rez de chaussée qui sert de réfectoire, le reste est en dortoirs.

Un hangar et d’une écurie composent le bâtiment C.

 

Face à ces constructions, et séparées par une cour, se trouvent les latrines pour les orphelins et le personnel agricole (en F). Il s’agit d’une série de 5 cabines étroites avec un orifice de chute creusé dans une dalle d’ardoise. En sous sol, une fosse fixe est cimentée. La vidange est faite à main d’homme à époques régulières.

En G, une longue étable surmontée d’une grange fait face à une longue fosse à fumier.

 

En E-H, un établissement est réservé à la communauté chargée de la direction de l’orphelinat. Le dortoir des religieuses occupe les 2 étages du bâtiment E dont le rez de chaussée est réservé à la chapelle commune. Les étages de H sont affectés aux différents services. Sous la rampe d’escalier, on trouve une porcherie.

Les latrines des sœurs sont en J mais elles s’évacuent via un puisard en S.

 

L’orphelinat s’alimente en eau de boisson à la fontaine publique de Séverac l’église. La source qui fournit la fontaine provient de la montagne voisine. Un service d’approvisionnement d’eau est fait chaque jour par un volumineux baquet trainé à bras par les garçons de ferme. Ils remplissent le tonneau au robinet.

En G une citerne est annexée au bâtiment et recueille l’eau de pluie. Plusieurs puits existent mais ne sont utilisés que pour le jardinage.

 

Des mauvaises conditions et habitudes

Le constat est clair. Les conditions d’hygiène ne sont pas bonnes. Les matières fĂ©cales des malades censĂ©es ĂŞtre enfouies dans une fosse Ă  quelques centaines de mètres du hameau et recouvertes de chaux ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©es dans les latrines de la communautĂ©… d’oĂą une probable propagation de la fièvre !

Il faut désinfecter !

Pas besoin d’enlever tapis, tentures et rideaux, il n’y en a pas. Par conséquent, il faut désinfecter ce qui existe. Cuillers, tasses, verres et autres vaisselles sont dorénavant plongées dans l’eau bouillante.

On projette sur les planchers de la sciure de bois humectée avec du sulfate de cuivre, puis on balaye et on brûle la poussière.

L’eau de la citerne devient interdite. La fosse à fumier est vidée, nettoyée, désinfectée.

Les officiels et la technique

Par ailleurs, le Dr SĂ©guret fait au mieux pour enrayer l’Ă©pidĂ©mie. Mais, d’après la presse, il ne prĂ©vient la prĂ©fecture que fin dĂ©cembre.Tout va alors s’accĂ©lĂ©rer.

La commission d’hygiène se déplace à Grèzes fin décembre ou début janvier 1893 (selon les sources). On voit à l’orphelinat le Dr Bompaire de Millau (inspecteur des épidémies), le Dr Thoinet, du conseil d’hygiène central, délégué par le ministre de l’intérieur, Mr Carré, secrétaire général de la préfecture, mais aussi l’Evêque qui vient apporter son soutien aux religieuses.

Un secours de 5000 francs est accordé par le gouvernement et des machines à vapeur de la maison Geneste et Herscher de Paris sont expédiées dans l’Aveyron. Elles seront utilisées pendant tout le mois de janvier pour désinfecter objets et vêtements.

L’épidémie est jugulée

Grâce aux mesures prises, à la fin des labours, à l’arrivée des pluies et de la neige, l’épidémie se termine dans le mois de février avec 4 décès dans l’Aveyron.

Le Dr Géraud rédige son rapport en juin 1893. Il reçoit alors une médaille de bronze du ministre de l’intérieur pour son travail.

Finalement, Mr Séguret et Mr Bompaire seront également récompensés. En effet, ils obtiendront les médailles de bronze des épidémies par arrêté ministériel du 25 mars 1893.

 

Les bâtiments de l’orphelinat abritent aujourd’hui un ITEP.

Sources: 4E276/8-AD12, 4E276/9-AD12, 5Mi70/13-AD34, 1M939-AD12, 5M20-AD12, La France charitable et prĂ©voyante, l’Ă©cho du merveilleux et DĂ©sinfection, stĂ©rilisation, renseignements pratiques sur les appareils et procĂ©dĂ©s, par Fernand DehaĂ®tre numĂ©risĂ©s par gallica, carte postale collection personnelle.

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’octobre 2017 sur le thème imposĂ© « les Ă©pidĂ©mies ».

Obtenir une bourse d’enseignement

 Aveyron, Blog, Challenge UProG, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Obtenir une bourse d’enseignement
Sep 272017
 

Grâce aux bourses d’enseignement, deux exemples d’élèves vétérinaires ont pu en partie financer leurs études au 19ème siècle.

Trois Ă©coles nationales

Pour devenir vétérinaire au milieu du 19ème siècle, il faut passer par l’une des 3 écoles nationales situées à Lyon, Toulouse et Alfort.

Les modalités d’inscription sont simples :

  • Un acte de naissance
  • Un certificat de bonnes vies et moeurs signĂ© par le maire
  • Un certificat d’un mĂ©decin, chirurgien ou officier de santĂ© attestant que le jeune homme a Ă©tĂ© vaccinĂ© ou qu’il a eu la petite vĂ©role
  • Pour les plus de 20 ans, un justificatif qu’ils ont satisfait Ă  la loi sur le recrutement
  • ….et une obligation sur papier timbrĂ© pour garantir le paiement d’avance par trimestre de la pension.

 

Pensionnaires

Qui dit 3 écoles, dit nécessaire pension pour les plus éloignés. D’ailleurs il est conseillé de rester en pension pour être disponible à tout instant à ses études. Et puis la vie en communauté, cela forge le caractère.

Mais avant d’être accepté, il faut passer l’examen préparatoire qui a lieu début octobre (à l’école choisie). Il comporte du français, de l’arithmétique, de la géométrie, de la géographie et de l’histoire de France. Et jusqu’en 1865, les élèves doivent être en état de forger un fer en deux chaudes. Après cette date, l’épreuve de forge est supprimée.

S’ils sont admis à l’examen, les élèves vétérinaires reçoivent du garde magasin les objets du coucher et le surveillant leur indique leur place dans les chambres ou dortoirs.

Ceux qui ont échoué devront rassembler un nouveau dossier pour l’année suivante.

 

4 ans Ă  financer

4 ans d’enseignement sont nécessaires pour devenir vétérinaire. Les élèves obtiendront alors un diplôme et une rétribution 100 francs. 4 ans en théorie, puisque le jury annuel peut décréter que l’élève n’est pas assez instruit pour passer en division supérieure.

Le coût de la pension est de 450 francs (en 1864) par an payable par trimestre et d’avance. Le prix du diplôme est à payer avant l’examen et est remboursé en cas d’échec.

La pension n’est pas la seule dépense, il faut aussi se munir d’un uniforme. « Hors de l’école et à la messe, aux distributions de prix, lors des visites faites par les officiels, les élèves portent un habit bleu foncé croisé devant, un pantalon de même drap, un gilet noir, des demi-bottes, un chapeau rond en soie noir. »

Le trousseau est à acheter. Le linge de literie est fourni par l’école. Et chacun lave son linge : l’élève pour son trousseau, l’école pour le linge de literie.

Les élèves doivent aussi acheter, leurs livres, instruments….

Deux types de bourse d’enseignement

Deux demi-bourses sont attribuées aux élèves par les préfets mais uniquement dans l’école dont dépend le département (école vétérinaire de Toulouse pour le département de l’Aveyron). Elles ne sont attribuées qu’après 6 mois d’école et uniquement aux plus méritants.

Par ailleurs des bourses impériales sont aussi données par l’état. Là encore, ce ne sont que les plus méritants qui peuvent y prétendre.

Pour certains bons élèves, ils parviennent à faire financer quasi l’intégralité de leur étude pour un semestre.

Le cas de deux élèves

Pierre Delbeuf est né en 1840 à Foissac (12), fils d’un forgeron.

Il entame sa première année d’étude à Toulouse en 1864. 9ème sur 64 au 1er semestre puis 8ème sur 65 au second semestre, il obtient une demi-bourse du département de l’Aveyron.

La deuxième année démarre mal. Il n’est que 29ème sur 39 élèves. Considéré comme un élève médiocre, sa demi-bourse lui est refusée. Il travaille probablement dur pour finir 13ème sur 38 au second semestre.

La demi-bourse lui est accordée pour sa 3ème année d’études. Il va la conserver toute l’année avec un classement de 8ème sur 39 puis de 6ème sur 39 élèves.

Aucune indication de bourse pour sa dernière année d’étude. Il finit 20ème sur 41 puis 7ème sur 42 élèves lors des deux semestres et obtient son diplôme avec une mention honorable.

Antoine Emile Rigal est né en 1839 à Villefranche de Rouergue (12), fils d’un vétérinaire.

Sa première année d’étude à Toulouse débute en 1860. Et son premier semestre sera le seul à ses frais.

5ème sur 38 élèves, il décroche une demi-bourse du préfet de l’Aveyron qu’il conserva tous les trimestres jusqu’à la fin de ses études.

Dès la deuxième année, ses classements sont tellement bons (2ème sur 39 puis 3ème sur 40) qu’il obtient en plus une demi-bourse impériale, qu’il conservera là encore jusqu’à sa 4ème année.

Il obtient son diplĂ´me en 1864, finissant le semestre Ă  la 12ème place sur 36 Ă©lèves…

 

Quel intérêt pour une généalogie ?

Si vous savez que votre ancêtre a été diplômé, vous cherchez généralement la date du diplôme. Selon sa profession, vous pouvez aussi dénicher la date de son enregistrement au tribunal.

Chercher une bourse d’enseignement, c’est parfois l’occasion de croiser des lettres manuscrites de votre ancêtre. C’est surtout, souvent, un bon moyen d’évaluer son niveau scolaire, à défaut de connaitre ses notes.

On y croise aussi ceux qui ont abandonnĂ©… mais, Ă  moins de savoir que votre ancĂŞtre a fait ce type d’études, vous n’irez probablement jamais le chercher dans ces archives !

 

Sources 2T2/6-AD12, 2T2/9-AD12, biusante.parisdescartes.fr, recueil de médecine vétérinaire et journal des vétérinaires numérisés par Gallica.

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG de septembre 2017 sur le thème imposĂ© « l’enseignement ».

Le patrimoine touristique des années 20

 Aveyron, Blog, Challenge UProG  Commentaires fermĂ©s sur Le patrimoine touristique des annĂ©es 20
Août 262017
 

Un château, une Ă©glise, une curiositĂ© gĂ©ologique… Il n’en faut pas plus pour que ce patrimoine intĂ©resse les touristes. Petite revue des visites Ă  faire dans l’Aveyron dans les annĂ©es 20 et des associations qui les promeuvent.

L’Aveyron, c’est joli !

Vous habitez où ? Dans l’Aveyron. Ah, l’Aveyron c’est joli ! C’est du moins l’image qu’en ont souvent nos interlocuteurs. MĂŞme ceux qui n’y ont jamais mis les pieds….

Joli, oui, mais qu’est ce qu’on peut y voir ?

Qu’est ce qu’on visite ?

C’est l’annuaire Colomb, publié Rue Combarel à Rodez, qui nous donne la liste des principaux sites à visiter par arrondissement.

Il décrit les différentes zones touristiques et indique quelques plats culinaires locaux. Le célèbre aligot saucisse n’y figure cependant pas !

Demandez au syndicat d’initiative

Le syndicat d’initiative de l’Aveyron a été créé en 1903. Il a pour but :

  • D’attirer dans le dĂ©partement les Ă©trangers par une publicitĂ© incessante en brochures, journaux…
  • De les retenir en leur rendant le sĂ©jour agrĂ©able et facile par la mise Ă  disposition de tous les renseignements nĂ©cessaires pour la visite de la rĂ©gion. Il propose Ă©galement de favoriser les fĂŞtes, concours et expositions.
  • De faire connaitre les indications utiles pour les voyages et excursions. Notamment les itinĂ©raires, moyens de transports, hĂ´tels mais aussi les stations thermales, balnĂ©aires, les maisons et villas Ă  louer…

Il est approuvé le 26 novembre 1905 et placé sous le patronage du Touring club de France.

Cette même année est créé le comité des sites et monuments pittoresques, lui aussi rattaché au Touring Club de France. Son rôle est de dresser la liste des sites et monuments pittoresque du département. Il doit aussi en assurer la conservation et c’est pour cette raison que les membres éminents sont les archivistes et architectes départementaux.

Le syndicat d’initiative de Millau sera quant à lui fondé le 5 avril 1911 et approuvé en février de l’année suivante. Placée plus au sud et plus peuplée, la cité millavoise a probablement voulu promouvoir son territoire d’une manière plus locale.

Dès octobre 1906, le bulletin pĂ©riodique « L’Aveyron Touriste » publiĂ© chez Carrère Ă  Rodez permettra de promouvoir la rĂ©gion en diffusant notamment la liste des maisons recommandĂ©es par le syndicat ou les horaires de chemin de fer…

Bienvenus aux touristes

Depuis les annĂ©es 20, la liste des sites Ă  visiter s’est agrandie. Le dĂ©partement comprend dorĂ©navant 10 villages classĂ©s « plus beaux villages de France ». Et le patrimoine, petit comme grand, est mis en valeur. Alors, venez vĂ©rifier si comme on le dit « l’Aveyron, c’est joli! »

 

Sources: PER1003-AD12, PER182-AD12

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’aout 2017 sur le thème imposĂ© « tourisme et patrimoine ».

 

La carte postale de vacances

 Blog, Challenge UProG, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur La carte postale de vacances
Juil 212017
 

Souvenir d’un endroit, pensĂ©e pour la famille ou les amis, devoir obligatoire pendant les vacances… La carte postale fait toujours plaisir Ă  recevoir et permet de complĂ©ter l’histoire de la famille.

Il y en a de toutes les sortes !

Regardez les cartes postales que vous avez reçues. Il y en a de toutes les sortes. Des «jolies »,  des moins jolies, des historiques, des géographiques, des culinaires, des « avec des chats, des chiens, des nounours », des « qu’on ne peut pas deviner d’où elles ont été envoyées ».

Et c’est le geste qui compte plus que le texte !

Qu’est ce qu’on écrit ?

L’inspiration est souvent dĂ©faillante en pĂ©riode de vacances. « PensĂ©e Ă  ceux qui travaillent». « Affectueux souvenirs». « Il fait beau, tout va bien ». « De passage Ă  … » Rien de très utile pour notre gĂ©nĂ©alogie…

Quelques mots seulement!  Cela nous renvoie à l’arrêté ministériel du 18 novembre 1903 (modifié en 1904) qui prévoyait un tarif d’affranchissement en fonction de l’usage de la carte illustrée.

A l’époque, le timbre pour une carte postale était 10 centimes. Pour un imprimé, c’était 5 centimes si au verso on écrivait une expression, ne dépassant pas les cinq mots parmi une liste:

Et puis de toutes façons, on est bien les seuls à lire nos cartes postales. Car même les agents de postes n’en prennent pas connaissance.

Une utilité pour l’histoire de notre famille ?

Il semble Ă©vident que les cartes postales anciennes sont intĂ©ressantes pour notre gĂ©nĂ©alogie. Celles Ă©crites au dĂ©but du siècle (pendant la guerre ou après), nous renseignent souvent sur la vie quotidienne de nos ancĂŞtres. Elles illustrent parfois Ă©galement leurs lieux de vie, leur commerce, leur village. Elles sont des photographies d’un instant t qu’on peut dater.

Mais les cartes de vacances ? Plus récentes, elles peuvent nous permettre de connaitre ceux de nos ancêtres qui ont voyagé et de savoir où ils ont été.

Carte postale

Cependant, il faut garder Ă  l’esprit que la carte qu’on a envoyĂ©e n’est pas dans les boites Ă  chaussures de nos placards ou greniers. Elle est chez le destinataire ! Chez vos grands-parents, chez leurs cousins, leurs amis… VoilĂ  une bonne occasion d’aller les rencontrer pendant vos vacances et de leur dire « dis-donc, t’as pas des cartes postales? »

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juillet 2017 sur le thème imposé « les vacances ».

 

Cocher les 6 bons numéros

 Aveyron, Challenge UProG, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Cocher les 6 bons numĂ©ros
Juin 042017
 

« Mon mari ne boit pas, ne fume pas, ne joue pas. Mais le Loto®, ce n’est pas pareil». Le déploiement du jeu aux six numéros gagnants dans l’Aveyron.

La réforme du Loto®

Les quines, les lotos, c’est bien connu en Aveyron… Et on y joue toujours ! Mais en juillet 1975, le dĂ©cret signĂ© de Jacques Chirac ne concerne pas le jeu qu’on pratique le dimanche dans les salles des fĂŞtes mais la rĂ©forme de la loterie nationale pour crĂ©er le loto®.

Qu’est ce qui change ? Avant on tirait au sort un numéro de série parmi ceux des billets vendus, il y avait donc forcément un gagnant. Dorénavant, les clients doivent cocher 6 numéros sur une grille qui en comporte 49. Il est alors peu probable d’avoir un joueur avec la combinaison gagnante.

Paris et la province

Le 1er tirage a lieu le 19 mai 1976 au théâtre de l’Empire, avenue de Wagram à Paris. Il est animé par Jean Sas, l’animateur qui officie sur la radio et la télé depuis déjà plus de 15 ans.

Mais si Paris et les grosses villes sont plutôt bien placées pour participer à ce nouveau jeu, il n’en est pas de même pour les petites villes de province qui ne seront globalement équipées qu’à l’été 1977.

Vous ne pouvez valider qu’Ă  Millau

Pour l’Aveyron, le premier bureau permettant la validation de sa grille est à Millau. Mr Leduc au dépôt de Presse 1 Rue Ferrer à Millau est équipé depuis, au moins,  le 4 mars 1977. Une publicité récurrente lui est faite dans les journaux avec son collègue de Mende.

Mais certains ne rechignent déjà pas à faire des kilomètres : les acharnés de Rodez ou d’ailleurs vont à Millau et à Carmaux (81) pour tenter de devenir millionnaire avec seulement 2 francs.

La généralisation dans l’Aveyron

Il faut attendre le 8 juin 1977 pour que d’autres villes de l’Aveyron permettent aux joueurs de s’adonner à cette nouvelle loterie :

  • Ă  Rodez au PMU place d’armes et au tabac presse avenue Victor Hugo.
  • dans la ville de Villefranche de Rouergue aux messageries Pascal.
  • Ă  Decazeville Maison de la presse Rue Cayrade.

D’autres suivront rapidement.

Un gagnant Ă  Rodez!

Pas de grands articles dans la presse, mais on retrouve cependant la trace du (probablement) premier gagnant à Rodez. Il a validé son bulletin au tabac Asmaker 1 boulevard d’Estournel et gagne plus de 6 000 francs au tirage du 20 juillet 1977.

Son identité est préservée mais on sait cependant que c’est un carreleur portugais habitant Rodez et qu’il a gagné exactement 631 000 anciens francs (les nouveaux francs sont entrés en vigueur en 1960 !)

Comment choisit-il ses numéros? La technique est simple : il jette 49 petits carrés de papier numérotés dans une boite et fait procéder par ses 2 enfants à un tirage. Il ne lui reste qu’à cocher les cases de la grille et à patienter le tirage. Nul doute que les enfants auront profité de cette jolie somme.

Les numéros gagnants sont le 11, le 7, le 32, le 12, le 30, le 1 et comme numéro complémentaire le 17.

numéros

Des statistiques pour les bons numéros

Il suffit de 3 numĂ©ros sur une grille pour gagner un gain… et tout le monde n’a pas deux enfants pour faire un tirage au sort « maison ». Les journaux vont publier des statistiques pour aider les joueurs.

Un exemple début août 1977 avec

  • en S, la sortie, comprenez le nombre de fois oĂą le numĂ©ro est sorti depuis le premier tirage du jeu;
  • pour la lettre E, l’Ă©cart, c’est Ă  dire le nombre de tirages consĂ©cutifs oĂą le numĂ©ro n’est pas sorti;
  • enfin avec le F, la forme, le nombre de sorties au court des 10 derniers tirages.

Tous les numĂ©ros sont dĂ©jĂ  sortis. Le 1, le 26 et 28 ont Ă©tĂ© gagnants 12 fois depuis le dĂ©marrage du jeu. Le numĂ©ro 5 n’est pas sorti depuis 25 tirages. Les numĂ©ros  2 et 21 sont sortis 4 fois au cours des 10 derniers tirages…. Une aide prĂ©cieuse?

Premier tirage public Ă  Decazeville

Il faut démocratiser le loto et pour se faire, les tirages sont décentralisés en province. Une occasion de faire découvrir le jeu.

Le 14 septembre 1977 à 19H c’est dans la salle polyvalente de Decazeville que va avoir lieu le tirage. Les aveyronnais le regarde dans le plus grand silence et avec le bagou habituel de Jean Sas qui anime la soirée.

Les numéros gagnants sont  9, le 18, le 17, le 3, le 44, le 15 et pour numéro complémentaire le 16.

C’est ensuite l’heure du tirage des numĂ©ros gagnants des signes du zodiaque. Après un entracte de 15mn, l’animateur invite les spectateurs Ă  participer Ă  d’autres jeux et Ă  suivre un spectacle de variĂ©tĂ©s (NoĂ«lle Cordier, Guy Mardel accompagnĂ© de Charly Oleg….)

Une mécanique bien huilée

Fin juin 1977, les journalistes du département ont été invités à visite les locaux de la société du Loto® pour en vanter les performances et l’impartialité.

Pendant la nuit du mardi au mercredi, les bulletins de toute la France sont envoyés à Moussy. Dès le mercredi matin, les bulletins sont microfilmés. Les films sont classés par courtiers et par détaillants. Une copie des films est déposée dans un coffre dont une personne a la clé et l’autre la combinaison. Le mercredi soir, une fois le tirage effectué, les lectrices trient les bulletins. Elles mettent sur bande magnétique tous les éléments les concernant. Le nombre de gagnants classés par ordre de gain est alors connu.

Puis les bulletins sont classés en trois parts gagnants, non gagnants et rejets. Bulletin déchiré, raturé, croix mal faites ou trop nombreuses constituent les rejets. Les 0,7% de ceux-ci sont traités manuellement. Ils sont ensuite réintégrés avant le jeudi soir où le montant des gains est dorénavant connu.

La première diffusion télévisée

Il faut finalement attendre le 11 janvier 1978 pour que le tirage soit rediffusĂ© sur la première chaine Ă  la tĂ©lĂ©vision. De plus, cela restera un non Ă©vĂ©nement dans la presse locale aveyronnaise… Par consĂ©quent, rien dans le programme TV dudit jour! Le tirage du Loto® Ă  19H55 sur la « tĂ©lĂ©vision française 1 » ne sera annoncĂ© que la semaine suivante.

Dans le paysage

Les lecteurs des journaux ont eu parfois un avis très tranché sur le jeu, critiquant le peu de chance de gagner, se cachant parfois pour aller valider leur grille. Il semble que, 40 ans plus tard, le Loto® est dorénavant bien ancré dans le paysage des français.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin 2017 sur le thème imposé « le chiffre 6 ».

Sources: PER386-AD12, PER563-AD12, PER962-AD12

© 2017 Généalanille

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