Pour ne pas envoyer une carte de vœux

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Jan 042017
 

Soit vous envoyez une carte de vœux, soit vous donnez 3 francs pour les pauvres ! Ce système mis en place à Villefranche de Rouergue a fonctionné pendant de nombreuses années.

bonne-annee

Des vœux sous de multiples formes

Un tweet, un SMS, un coup de fil, une carte de vœux, une longue lettre, une visite… Tout est possible pour échanger ses vœux, selon l’époque et les habitudes de chacun.

En 1896, Claire Leriche dans le journal local aveyronnais précise l’usage de la carte de visite, alors utilisée comme carte de vœux.

La carte qu’on envoie

« La carte de visite s’envoie aux amis et connaissances avec qui on n’a pas de rapports de tous les jours. On peut y annoter ses bons souhaits suivant le degré des relations, l’envoyer sous enveloppe ou sous bande. La carte doit contenir vœux, souhaits, compliments de condoléances, félicitations, remerciements ou autres formules de politesse, exprimées en termes impersonnels et n’excédant pas 5 mots. »

5 mots ! « Meilleurs vœux pour cette nouvelle année. » c’est donc déjà trop !

Pour les plus intimes, on utilise la lettre.

La lettre sur feuille double

« Si l’on est obligé de leur écrire, on emploie une enveloppe carrée blanche. Le papier à vignettes et les petits cachets ornés de fleurs sont de très mauvais goûts. Il ne faut jamais se servir d’abréviations qui ne sont bonnes que pour les notes prises sur un cahier ou dans les rapports entre commerçants.

D’autre part, écrire sur une feuille simple est toujours de mauvais ton même chez une femme riche, qui ne peut certes pas invoquer l’économie ; la plus petite lettre exige une feuille double. »

Finalement, une carte, c’est plus rapide.

La carte qu’on emporte cornée !

L’idĂ©e de prĂ©senter ses vĹ“ux, c’est surtout l’occasion de rendre visite Ă  des amis ou de la famille qu’on ne voit que rarement. Alors imaginez la situation oĂą vous prĂ©sentez vos vĹ“ux, carte Ă  la main (version 1896.)

« La carte tient lieu, parfois, d’une visite. En ce cas, il faut la porter soi même et en corner un des angles du côté droit. »

Si vous trouvez une carte de visite cornĂ©e, vous serez qu’elle a Ă©tĂ© transmise Ă  la main!

Une idée issue de la guerre de 1870

A Villefranche de Rouergue, c’est le comité de secours aux familles qui ont perdu ou qui ont leurs soutiens à l’armée qui en a l’idée. Au lieu de faire des frais pour envoyer des cartes de visite comme cartes de vœux, pourquoi ne pas donner un montant (libre) à cette œuvre pour l’aider dans ses actions.

Le don moyen est de 3 francs et tous les noms des donataires sont imprimés dans le journal.

Avocats, notaires, juges, curés, médecins, pharmaciens, professeurs… La liste est plutôt élitiste mais les appels aux dons ne manquent pas dans les communes pendant ces jours de guerre.

Transformer l’essai

Décembre 1871, la guerre est terminée mais les donateurs semblent avoir aimé cette idée de se débarrasser de la corvée de vœux. Le journal propose donc de gérer à nouveaux la diffusion des listes des « dispensés d’envoi de carte »

Le montant n’est pas précisé mais il semble qu’il soit d’ores et déjà fixé à 3 francs. Les recettes sont données aux religieuses de l’hôtel Dieu de la ville pour être redistribuées aux pauvres.

Une idée qui dure

10 ans après son lancement, l’appel aux dons continue d’être fidèlement relayé par le journal. Il est destiné à ceux qui préféreront « consacrer la journée du 1er janvier à leur famille, que de s’astreindre à des formalités surannées, qui dégénèrent en véritable corvée. »

1905 semble être la dernière année où les donataires ont pu être exemptés de cartes de vœux. L’action aura perduré 35 ans !

Sources: le narrateur, le journal de Villefranche – AD12

© 2017 Généalanille

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On trouvera ça normal…

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DĂ©c 092016
 

Il ne faudra pas attendre 10 ans, 2 ans, voire mĂŞme 1 an pour trouver ça normal et mĂŞme oublier comment on faisait avant son apparition! Filae. Le mot est sur tous les tweets et les blogs. Il reste mĂŞme en travers de certaines gorges. Moi je trouve l’outil formidable.

Pourquoi il n’est pas indispensable

J’ai testĂ© Filae et voici pourquoi il ne m’a pas paru indispensable.

Pour tous ceux qui, comme moi, font de la gĂ©nĂ©alogie depuis longtemps (plus de 30 ans dĂ©jĂ ) et qui ont beaucoup Ă©pluchĂ© l’Ă©tat civil, il est Ă©vident qu’on n’a pas attendu Filae pour tout connaitre des naissances, mariages et dĂ©cès de nos ancĂŞtres. Et depuis quelques annĂ©es, nous n’avions mĂŞme plus besoin de nous dĂ©placer avec la mise en ligne des registres…

DĂ©buter un arbre, ce n’est pas le plus compliquĂ©. Comme on arrive très vite au delĂ  du 19ème siècle, Filae nous abandonne Ă  nos recherches les plus « difficiles ».

Ce qui pose parfois problème, ce sont les dates et lieux de dĂ©cès. Avec la numĂ©risation des tables de successions dans certains dĂ©partements, quelques heures de recherches et hop, l’arbre est complĂ©tĂ©.

Et puis bien sĂ»r, il y a les relevĂ©s des cercles, des associations, des bĂ©nĂ©voles. Tout ces dĂ©pouillements qui nous ont facilitĂ© la tâche et pris du temps Ă  rĂ©aliser. Pas question de les oublier, mĂŞme si on a un peu l’impression de s’ĂŞtre fait damer le pion par un rouleau compresseur de la gĂ©nĂ©alogie. Les dĂ©pouillements sont (parfois) gratuits. Ne pas payer quand on peut avoir gratuitement, c’est un choix.

Etant, donc, un peu déçue de ne pas trouver de nouvelles infos pour mon arbre dont les « trous » se situent au delĂ  de la rĂ©volution française, cela ne n’empĂŞche pas de trouver Filae intĂ©ressant.

En quoi Filae est intéressant

A prime abord, je trouve trois raisons de ne pas ignorer cet nouvel outil:

Pour les familles qui ont des ancĂŞtres « limitrophes « , vous savez ceux qui habitaient (ou habitent toujours) Ă  la limite d’un autre dĂ©partement, et qui prennent un malin plaisir Ă  naitre/se marier/ mourir d’un cĂ´tĂ© ou de l’autre de cette barrière virtuelle.

Si vous ĂŞtes les descendants de voyageurs volontaires (commissaires, certains membres de fonction publique, marchands ambulants ou forains), ou involontaires (enfants placĂ©s, vagabonds et mendiants, bannis de certaines villes, Ă©migrĂ©s) dont la trace n’est pas toujours facile Ă  suivre.

Pour le gain de temps, mĂŞme si tout bon gĂ©nĂ©alogiste n’est pas forcĂ©ment pressĂ©, remonter des branches en quelques clics sur toute la France (et en s’affranchissant pour certains sites de crĂ©er des comptes), ça peut donner envie de faire son arbre ou de le complĂ©ter…

La vie continue…

Pour ma part, en tant que professionnelle, mon activitĂ© ne sera pas bouleversĂ©e. Je vais continuer d’exploiter les 90% d’archives non numĂ©risĂ©es pour rĂ©pondre Ă  mes clients. Mais aussi, je continue d’indexer (Ă  mon humble rythme) les personnes susceptibles de complĂ©ter la base de donnĂ©es que je mets Ă  disposition gratuitement.

Je m’interroge Ă©galement sur les personnes prĂ©sentes dans ma salle de lecture et que je croise quotidiennement. Combien sont au courant de cette « (r)Ă©volution »? Parmi ceux qui travaillent sur d’autres sujets. Ceux qui n’utilisent pas forcĂ©ment internet. Peut ĂŞtre aucun.

J’en ai parlĂ© Ă  mes archivistes favoris (!) en leur disant d’aller voir « absolument » avant que les lecteurs ne leur en parlent. Mais finalement les lecteurs virtuels ne croisent probablement jamais les archivistes…

J’ai regardĂ© Ă©galement les titres des messages sur les forums que je suis depuis 15 ans. Rien. Pas de Filae.

La vie continue pour une partie des généalogistes. A tort ou à raison.

On trouvera ça normal

Comme les enfants qui n’ont pas besoin qu’on leur explique comment marche une tablette ou un smartphone, on trouvera très rapidement normal que l’Ă©tat civil soit indexĂ©. Et on attend mĂŞme la suite avec impatience. Quelle sera-t-elle? Les registres paroissiaux? Les recensements de population en ligne? Les minutes de notaires numĂ©risĂ©es? Et sous quel dĂ©lai?

Au delĂ  des polĂ©miques diverses, il faut exploiter toutes les sources disponibles en gĂ©nĂ©alogie, les croiser, les exploiter pour mieux connaitre la vie de nos ancĂŞtres et de leurs villages ou villes. Peu importe les outils, gratuits ou payants. Et Filae n’est qu’un outil supplĂ©mentaire et complĂ©mentaire.

© 2016 Généalanille

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Deux boites de conserve de champignons

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DĂ©c 022016
 

Arrêtés puis fouillés, les futurs condamnés portent souvent des objets personnels qui sont confisqués. Certains d’entre eux ne sont jamais réclamés et sont vendus aux enchères pour libérer de l’espace dans les tribunaux.

conserve

271 objets au greffe du tribunal

Le 22 novembre 1926, le greffier du tribunal civil de Villefranche dresse un inventaire de 271 articles. Il s’agit de la liste des objets non confisqués déposés au greffe à l’occasion de procès. Or ceux-ci n’ont pas été réclamés depuis que les jugements sont devenus définitifs.

Que contient la liste ? Des fusils bien sĂ»r, des armes, des vĂŞtements… Mais l’inventaire et beaucoup plus large et hĂ©tĂ©roclite. En 1905, il contenait mĂŞme un coffre fort dĂ©moli ! Pour cette annĂ©e 1926, on trouve des draps, des bijoux, une bicyclette, un livre de Chateaubriand, des casses-tĂŞte, une paire de pantoufles et 2 boites de conserves de champignons.

Ces deux boites seront vendues aux enchères le 23 décembre 1926 dans la salle du palais de Justice. Peut-on retracer leur histoire ?

Un polonais SDF

On est la veille de Noël 1924. Stefan Reyclick, polonais de 36 ans est sorti de prison depuis 15 jours après avoir été arrêté pour vagabondage à Decazeville. Arrivé de Pologne au mois de mai, il a laissé sa femme et ses deux enfants au pays pour rejoindre son frère en région parisienne. Quelques semaines plus tard, il est embauché quelques jours comme manœuvre au chemin de fer de Viviez mais il dort dans la rue et n’a pas récupéré sa pièce d’identité laissée à Paris.

Au café de l’étoile

Le 24 décembre il part de Rodez et prend le train de 5H30 pour Aubin. Vers 18H, alors qu’il est, seulement les témoins, ivre, il s’installe dans la salle du café de l’étoile près de la gare et demande dans un mauvais français un café. La tenancière, Mme Solignac, lui sert sa boisson et lui verse un petit verre de marc. Cependant il refuse cet alcool et demande un rhum. La tenancière de café est seule, elle retourne vaquer à ses occupations, et quand elle l’aperçoit de la cuisine changer de place, elle demande à son fils René âgé de 7 ans de le surveiller.

Après quelques instants, le petit se met à crier « maman, maman, il prend une bouteille! » Stefan Reyclick vient en effet de glisser une bouteille de « Vermouth Frontignan »  d’une valeur de 15 francs sous sa veste.  Aux cris de l’enfant, il repose la bouteille et tente de s’enfuir par la cuisine mais Mme Solignac l’en empêche avec son balai. Le polonais repart vers la porte de sortie alors que la tenancière crie « au secours, Mr Bousquet ! » Ledit voisin, sortant de son magasin, a eu le temps de traverser la rue et d’arriver en même temps que les gendarmes qui étaient de passage dans l’avenue.

La fouille du coupable

Mme Solignac dépose plainte. Elle a eu peur et son fils est en larmes. Les voisins témoignent que l’individu  a tenté de voler une bouteille de liqueur.

Mr Reyclik est fouillé. Il est porteur

  • D’une boite de conserve champignons cèpes
  • Une boite de conserve de champignons de paris
  • Une boite mĂ©tallique avec 14,60 francs
  • Un demi paquet de tabac, des feuilles de cigarettes, des allumettes
  • Un morceau de savon
  • Un certificat de travail de la Loubière
  • Un certificat de mise en libertĂ© de la prison
  • Des papiers divers.

Jugement à Noël

Le jour de Noël, il comparait devant le juge du tribunal de Villefranche assisté de Pierre Kozub, interprète de la société des aciéries de France. Il reconnait les faits et retrace ses différents travaux et employeurs dans l’Aveyron. Il écope d’un mois de prison.

Les boites de conserve

La question lui est posée sur les deux boites de conserves de champignon. D’où viennent-elles ? Il avoue les avoir volées à Rodez mais ne sait pas le nom de l’épicerie. Il est entré dans le magasin, a pris deux boites sur le comptoir et est ressorti. Personne ne semble l’avoir vu.

Le commerce est situé à côté d’une place à 500 mètres environ de la gare à droite en allant au centre de ville et sur la place il y a un jet d’eau….. Il ne reste plus qu’à rechercher cette épicerie !

Les deux boites de conserve sont donc restées 2 ans dans les locaux du tribunal.

Sources: 9U1415-AD12, 9U1824-A12, 9U1825-AD12, 9U1826-AD12

© 2016 Généalanille

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Quand deux hommes honorables font un faux témoignage

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Nov 252016
 

Ils s’appellent Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat. Ils ont tous les deux 44 ans. L’un est maçon, l’autre cultivateur. L’un est père de trois enfants, l’autre célibataire. Les deux vont faire un faux témoignage.

cheval

PrĂŞte moi ton cheval 4 ou 5 jours

Le 18 juillet 1869, Jean Antoine Roucayrol rentre de Saint Affrique vers 21H. Il s’entretient brièvement avec la femme Chiffre puis il rentre et se couche sans souper. Sa femme vient le trouver et lui demande d’aller au mas de Lavagne pour faire transporter des matériaux. Il se relève, s’habille et part. Il arrive sur place entre 22 et 23 heures. Depuis la cuisine de la maison, il entend une discussion entre les sieurs Niel et Canac qui a lieu dans la cour ou dans l’écurie. Niel demande à Canac de lui laisser un cheval à l’essai pendant 4 ou 5 jours. Canac lui répond « Si tu le veux, emmène le, sinon laisse le. »

Dans la même soirée, Joseph Privat boit et mange avec plusieurs individus à l’auberge de Broussette. Il part ensuite au Mas de Lavagne pour traiter un marché de deux béliers avec Canac, marché commencé quelques jours plus tôt. Arrivé audit lieu, il entend lui aussi une discussion entre les sieurs Niel et Canac. Niel demande un cheval à l’essai pendant 4 ou 5 jours, Canac lui répond « c’est à prendre ou à laisser. »

Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat affirment ne pas s’être vus.

Tu ne m’as pas payé le cheval

Fin juillet 1869, Jean Canac intente une action devant la justice de paix contre Maurice Niel. Il réclame le prix de 52 francs pour la vente d’un cheval. Maurice Niel rétorque qu’il ne va pas payer car la vente était « conditionnelle et subordonnée à l’essai préalable du cheval. »

Deux personnes viennent au procès témoigner sous serment : Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat. Les deux hommes répètent leurs propos et Maurice Niel est condamné à payer le prix du cheval et les frais de justice.

Faux témoins

Mais après enquête, les dépositions des témoins sont contredites. Jean Antoine Rouquayrol a été vu dans les rues de son village par plusieurs témoins et sa propre femme a déclaré qu’il n’était parti que vers 22H. Le chemin entre sa maison et le mas de Lavagne étant d’environ 1H30 de marche, il est impossible qu’il soit arrivé avant 23H30.

Pour Joseph Privat, ce sont les occupants de l’auberge ou des champs environnants qui contredisent le témoin. Il a été vu vers 22H15 à l’auberge par Alinat qui était charger d’arroser les champs cette nuit là. Impossible de parcourir les 2 heures qui séparent ce lieu du mas de Lavagne et de s’y trouver avant 22 heures, heure où le marché du cheval a été conclu.

Par ailleurs, les deux hommes ne se sont pas vu, ils l’affirment ! Cependant le Sieur Gravier les a vu ce soir là repartir de Lavagne ensemble. Difficile de ne pas se voir…

Des arguments démontés

Les juges sont sceptiques. « Illuminé par une inspiration soudaine », Rouquayrol se serait relevé dans la nuit pour aller urgemment demander à Canac de lui faire un transport de pierres. C’est donc qu’il avait une journée de travail très chargée le lendemain… qu’il a passé dans l’oisiveté et à la pêche.

Privat, lui, a été vu couché dans les champs sur un tas de paille avec le sieur Pujol à ses côtés, il faut dire que la soirée avait été arrosée et le repas copieux. Alors que son collègue dort, il se réveille en sursaut et par « un souvenir subit » il quitte les lieux et court au Mas de Lavagne pour traiter en urgence d’un contrat de 2 béliers, quitte à réveiller Canac.

Bref les deux hommes ont une envie soudaine « d’interrompre leur sommeil et de voyager. Ils arrivent au Mas de Lavagne Ă  la mĂŞme heure, se cachent tous les deux pour entendre un marchĂ©, ne se voient pas et repartent chacun de leur cĂ´tĂ© dans la mĂŞme direction ».

Une condamnation pour faux témoignage

Il est reconnu que les deux hommes ont fait un faux témoignage mais n’ont pas touché d’argent pour le faire. Ils sont condamnés tous les deux à 6 mois de prison, 50 francs d’amende chacun et aux frais de justice pour 151,15 francs.

 

Source : 8U461-AD12

© 2016 Généalanille

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Michon Jean Marie, mort pour la France

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Nov 212016
 

Jean Marie Michon est le 47ème mort de la commune de Grury et le dernier pour l’année 1916.

Des homonymes

Même nom, même prénom, même lieu de recrutement et même classe. Ils sont deux Jean Marie Michon nés en 1895 en Saône et Loire et tous les deux vont mourir lors de la grande Guerre

L’enfant de Cuzy

Jean Marie Michon est né le 12 aout 1895 à Cuzy (71). Il est le fils de Jean Marie et de Claudine Cognard. Le couple a 4 enfants, 3 garçons et une fille. La famille habite à Cuzy, Uxeau puis est présente aux mouteaux, hameau de Grury en 1914.

La classe incorporée par avance

Jean Marie Michon n’aurait dû effectuer son service militaire qu’en 1916. Avec la mobilisation générale du 2 aout 1914, la classe 1915 est appelée sous les drapeaux le 15 décembre 1914. Son frère Marie Joseph, de la classe 1912, enchaine service militaire et service au front.

Jean Marie rejoint le 27ème régiment d’infanterie quelques jours avant Noël 1914. Après 4 mois d’instructions, il arrive probablement au front au printemps 1915.

Dans le bois d’Ailly

Le 27ème RI est dans le bois d’Ailly. Il patauge dans la boue des tranchées.

A partir du 5 avril, les combats sont quotidiens à coups d’explosifs et de baïonnette. Les homme sont mis au repos le 4 mai mais rappelés au combat dès le lendemain. Quand ils arrivent sur leurs positions, l’ennemi a attaqué et a repris non seulement le terrain gagné en avril mais a également avancé sur les premières lignes françaises.

Jusqu’au 22 mai, le régiment reste sur le secteur et tente de reprendre du terrain avant d’être relevé par le 171ème RI.

Les 3 bataillons sont relevés tous les 6 jours. L’un au front au bois Mullot, un en réserve à la Croix Saint Jean et un au repos à Commercy.

Le mois de juin 1915 est à peu près calme, si l’on considère que les bombardements sont devenus une habitude pour les poilus.

Dans le Pas de Calais

Jean Marie Michon est affecté le 5 juin 1915 au 156ème régiment d’infanterie. C’est le régiment d’Antoine Viard qui se bat dans le Pas de Calais et qui vient de perdre plus de 1300 hommes.

Les hommes retournent au front dans la région d’Ecoivres (62) le 16 juin sur les terrains que le régiment a quitté 3 semaines plus tôt et s’y battent jusqu’à fin juin.

Le vrai premier grand repos a alors lieu jusqu’au 25 aout 1915.

En Champagne

De fin aout 1915 au 23 septembre, le 156ème RI tient le fortin de Beauséjour dans la Marne. Il participe à la bataille de Champagne du 25 septembre.

Il reste dans le secteur de Maisons de Champagne jusqu’à la fin de l’année.

Un passage au 37ème RI

Du 15 au 27 décembre 1915, Jean Marie Michon appartient au 37ème Régiment d’infanterie. Il revient au 156ème RI après Noël.

La Lorraine

Début février 1916, le régiment est dans le secteur de Baccarat. Il organise la défense des 2èmes et 3ème positions. Alors qu’il s’apprête à se rendre au camp d’instruction de Saffais, il est mis en alerte et reprend le train à Charmes direction la Meuse.

La bataille de Verdun et de la Somme

Jean Marie Michon participe aux deux batailles majeures de cette année 1916 aux côtés d’Antoine Viard.

Tout d’abord l’enfer de la bataille de Verdun, (303 jours de combats) dès le mois d’avril puis la bataille de la Somme (141 jours) à compter du 1er juillet 1916.

Blessé à la bataille de la Somme

Jean Marie Michon est blessé le 15 novembre 1916 à la cuisse gauche par éclat d’obus à Sailly Saillisel (80). C’est deux jours avant la fin de cette longue bataille

La jambe est fracturée. Il est envoyé à l’hopital d’évacuation N°32 où il décède le 21 novembre 1916. Il avait 21 ans.

Il est le 47ème mort de la commune de Grury et le dernier pour l’année 1916.

 

Sources 6M Grury-AD71, 1R-RM Autun 1915-AD71, 5E166-AD71, 5E552/12-AD12, 26N699-10 sga mémoire des hommes

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De la vigne aux plantations de tabac

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Nov 182016
 

L’usage croissant de la nicotine comme insecticide pour les vignes a donnĂ© idĂ©e aux aveyronnais de planter du tabac.

 

La nicotine comme insecticide

Un article est diffusĂ© dans la revue « le cultivateur aveyronnais » de 1894. Mr Lapoire, prĂ©sident du comitĂ© antiphyloxĂ©rique de Roanne (42) semble avoir trouvĂ© un insecticide contre la cochylis qui dĂ©truit les vignes. Le traitement est composĂ© d’alcool Ă  brĂ»ler, de savon noir et de nicotine et donne de bons rĂ©sultats. En effet, après 24 heures, 70% des larves de l’insecte sont tuĂ©es.

nicotine

Les formules du traitement seront modifiées au fil du temps pour n’utiliser que de l’eau et du savon noir avec la nicotine.

 

Livraison réglementée

Exploiter du tabac ou en extraire la nicotine sont des activités réglementées. Mr Paulin Vergnes, forgeron à Lédergues (12) se voit dresser un PV en 1906 pour infraction à la culture du tabac.

En mars 1909, un décret autorise les syndicats agricoles à se procurer de la nicotine litrée auprès des manufactures d’état pour 1 franc le litre, il passe à 2,70f en 1911. Et si on n’est pas syndiqué ? Il faut alors rédiger une demande formalisée à faire viser par le maire.

demande

De nombreux vœux

Pourquoi ne pas cultiver dans l’Aveyron du tabac ? Le conseil général du département émet le vœu « que la culture du tabac soit autorisée dans les régions du département dites de rivière » dès 1907.

Le conseil d’arrondissement de Villefranche fait de mĂŞme en octobre 1908. Les deux organismes renouvelleront rĂ©gulièrement la demande que la « culture du tabac soit autorisĂ©e sur la rive gauche du Lot comme elle l’est sur la rive droite« . Car le dĂ©partement voisin est lui autorisĂ© Ă  produire du tabac!

La réponse du directeur général de la manufacture de l’état est négative: pas assez de personnel et pas de crédit pour créer de nouveaux emplois.

carte

Un besoin de nicotine croissant

On est en 1911. Le ministre des finances avertit les prĂ©fets les quantitĂ©s d’alcaloĂŻde Ă  livrer Ă  l’agriculture cette annĂ©e seront 10 fois supĂ©rieures Ă  celles de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

MalgrĂ© les efforts de production et les achats importants Ă  l’Ă©tranger, il est probable que les agriculteurs n’auront pas les quantitĂ©s dont ils ont besoin. D’ailleurs, le prĂ©sident du syndicat agricole de la commune de Villeneuve (12) qui sollicite 54kg 600 de nicotine pour ses 7 hectares de vignes n’obtient que 7 grammes !

 

L’injustice pour les communes

Les communes de l’arrondissement de Villefranche émettent à leur tour le vœu de pouvoir cultiver du tabac. C’est le cas de Saujac (12) dans la délibération du conseil municipal de novembre 1911.

Les arguments sont les suivants :

1) beaucoup de terres situées sur la commune sont aptes à la culture de tabac,

2) la culture du chanvre qui était la principale récolte doit être supprimée à cause d’un parasite, le tabac pourrait la remplacer,

3) pour que les agriculteurs gagnent de l’argent pour payer les impĂ´ts,

4) parce que la commune est limitrophe avec le département du Lot où la culture est autorisée,

5) si la nicotine se gĂ©nĂ©ralise pour soigner la vigne, l’Ă©tat va avoir besoin de plus de cultures de tabac,

6) le conseil d’arrondissement a Ă©mis plusieurs fois le vĹ“u que la culture soit autorisĂ©e.

 

Après la guerre

Les vĹ“ux continuent de se multiplier et la grande guerre survient. Il faut attendre la dĂ©cision du 12 septembre 1922 pour que le ministre des finances autorise la culture de tabac dès 1923 dans l’arrondissement de Villefranche de Rouergue.

culture

La variĂ©tĂ© sera le Paraguay Bas Rhin d’une compacitĂ© de 35 000 Ă  40 000 plantes Ă  l’hectare. Les rĂ©coltes seront livrĂ©es au frais des planteurs au magasin de Cahors (Lot).

Sources: 7M123-AD12, le cultivateur aveyronnais

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Ne pas se laisser insulter

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Nov 132016
 

Des invectives en fin de bal

Le dimanche 9 décembre 1923, un bal est donné à Grury. Vers 23H, la fête est terminée. Mr G., 24 ans, fermier à Proboeuf, croise Melle T., 25 ans, couturière célibataire. Il se met à l’insulter gravement et publiquement. Il la traite notamment de « pouffiasse. »

insulter

Melle T. ne se laisse pas faire. La veille de Noël 1923, l’huissier d’Issy l’Evêque avertit M. G qu’il est cité à comparaitre devant le tribunal de paix.

Un verdict clément

L’audience a lieu le 12 janvier 1924 à Issy l’Evêque sous la présidence de Charles Viturat, juge de paix, assisté de Léon Guyard, greffier. Mr G. risque 300 francs de dommages et intérêts, mais il reconnaît les faits et le tribunal le condamne à 50 francs de dommages et intérêts et à payer les frais de justice.

amende

Deux personnes respectables

Mr G. devient père de famille pour la première fois en 1924, il frĂ©quente probablement les fĂŞtes locales mais n’est plus jamais condamnĂ© pour insultes!

Quant Ă  elle, Melle T. a continuĂ© son activitĂ© professionnelle. Fluette et Ă©lĂ©gante, elle n’avait rien des insultes qui lui Ă©taient attribuĂ©es.

© 2016 Généalanille

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Quand les lacunes nous empĂŞchent d’avancer

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Nov 042016
 

Contourner des lacunes peut parfois s’annoncer être une activité chronophage. Un exemple rencontré avec des minutes de notaires non déposées.

Le problème de base est simple : la vente d’une maison au milieu du 19ème siècle. Un couple de vendeurs cède une maison à un acheteur X. L’information est visible dans les matrices cadastrales de la commune concernée dans les folios concernant le couple et l’acheteur. La matrice donne également la date approximative du changement de propriétaire.

matrice

Ce qui aurait dĂ» se passer

L’achat/vente est avant 1865, donc en consultant les tables d’acquéreurs et de vendeurs on trouve rapidement deux informations essentielles : le nom du notaire et la date de l’acte.

Il suffit de rechercher les minutes de notaires à la bonne date, de commander la cote correspondante et hop ! En deux levées, l’acte est devant nos yeux et il ne reste qu’à l’analyser.

simple

Ces notaires qui n’ont pas déposé

Imaginons que le notaire n’a pas déposé ses minutes, ou qu’elles ont été détruites, on peut contourner cette lacune en passant par l’enregistrement. Un petit tour par les ACP et le « résumé » de l’acte notarié est disponible, mais c’était une description précise du bien qu’il nous fallait…

L’autre solution c’est de passer par les hypothèques. Registre indicateur, table alphabĂ©tique, rĂ©pertoire de formalitĂ©s, registre de transcription des mutations, quatre levĂ©es plus tard notre histoire de notaire est oubliĂ©e.

hypo

Parfois le sort s’acharne

La chance n’est pas toujours au rendez-vous. Dans le cas de notre recherche, c’est la table alphabétique des hypothèques de l’acheteur qui est aux abonnés absents. De l’acheteur ? Donc celle du vendeur est peut être disponible. Oui ? Allons-y pour une recherche à partir des vendeurs.

acte-absentLa case est trouvée mais pas de trace de la vente de la maison. On ne peut donc pas accéder à la transcription de la minute de notaire. Aurait-elle été oubliée?

Les contournements possibles

Quelles solutions s’offrent Ă  nous ? Le principe est de trouver tout acte qui permettrait d’identifier un autre vendeur. A partir de cette autre mutation, on peut retrouver les rĂ©fĂ©rences de la case du rĂ©pertoire de formalitĂ© de notre acheteur.

hypocases

En marge de la transcription d’un acte dans les hypothèques sont inscrites les rĂ©fĂ©rences des cases des vendeurs et acquĂ©reurs

 

La première idée est de trouver un autre acte immobilier pour notre acheteur. Retour à la case tables d’acquéreurs/vendeurs, mais la maison était son seul bien avant 1865. Retour à la case cadastre, mais avec le même constat.

La deuxième idĂ©e est de rechercher tout ce qui peut nous faire rebondir sur le rĂ©pertoire gĂ©nĂ©ral de l’enregistrement. Fiches dĂ©cès (ou fiches cimetières ou fichier mobile selon les dĂ©partements), successions, contrats de mariage, donations, tout ce qui peut permettre de retrouver la case de notre acheteur après 1865 est Ă  exploiter. Malheureusement pour nous, rien de plus qu’un bail sous seing privĂ©. De plus, le bien n’a pas Ă©tĂ© revendu mais transmis aux hĂ©ritiers sur plusieurs gĂ©nĂ©rations…

La troisième idĂ©e est d’Ă©largir la recherche Ă  d’autres communes. En effet, il ne faut pas oublier que les hypothèques rĂ©gissent l’Ă©quivalent d’un arrondissement alors que les autres documents Ă©voquĂ©s sont plus locaux. Rien de plus pour notre acheteur…

Le temps passe et aucune piste.

solution

 

Un problème insoluble ?

La maison est d’une belle valeur et il est inconcevable que l’acte de vente n’ait pas été transcrit aux hypothèques.  Un oubli d’ajout dans la case ? Une autre case ?

Il reste à tourner les pages systématiquement des registres de l’hypothèques à partir de la date du contrat du notaire pour trouver soit la case de l’acquéreur, soit la transcription de l’acte, selon les documents que l’on aura privilégié. Une opération qui nous coûtera beaucoup plus que les deux levées prévues au début de la recherche !

Dernier espoir, la propriĂ©tĂ© est en partie situĂ©e dans un autre dĂ©partement. Un dĂ©placement dans une autre salle de lecture permettra peut ĂŞtre de dĂ©bloquer la recherche (avec un aller-retour de 5H de route…) !

© 2016 Généalanille

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Les sépultures de nos ancêtres

 Aveyron, Blog, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur Les sĂ©pultures de nos ancĂŞtres
Oct 282016
 

De l’inhumation dans les églises à celle dans les cimetières, de la création de la concession individuelle à l’autorisation de la crémation, un bref aperçu des sépultures de nos ancêtres.

tombes

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Presque plus d’inhumation dans les églises

La déclaration du Roi du 10 mars 1776 concernant les inhumations est claire : pour des raisons de salubrité les défunts doivent être enterrés en dehors de l’église.

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Cependant, quelques personnes sont exemptées de cette règle comme les archevêques, évêques, curés, fondateurs des chapelles et hauts justiciers avec la condition d’être enterrés dans des caveaux à 6 pieds sous terre.

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Du côté des registres paroissiaux, à part ces exceptions, les actes de sépulture égrènent invariablement « a été inhumé dans le cimetière de la paroisse. »

eglise

 

Le décret impérial du 23 prairial an XII mettra fin à cette inégalité en interdisant toute inhumation dans les églises.

inhumation

 

L’éloignement des cimetières

C’est aussi le décret impérial de 1804 qui va imposer l’éloignement des cimetières avec une distance minimale de 35 à 40 mètres des habitations.

eloignement

Pour les cimetières existants, il est prévu de les fermer sans rien pouvoir y faire pendant 5 ans. Au-delà, ils pourront être affermés.

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Le cimetière mais lequel ?

Autour de l’église avant 1804, le cimetière s’éloigne du centre du village pour des raisons d’hygiène.

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Plan du cimetière projeté en dehors du bourg

Pour imaginer le lieu de sépulture de nos ancêtres, il faut envisager d’étudier l’évolution de la taille du cimetière. Car l’explosion démographique d’un lieu va de pair avec l’augmentation des décès.

cimetiere

De 1896 à 1930, la taille du cimetière augmente.

De plus, le regroupement des hameaux fait naitre de nouveaux cimetières, parfois de manière illégale. C’est le cas par exemple de Capdenac Gare, paroisse érigée en 1868, dont les défunts étaient enterrés par tolérance dans le cimetière de la paroisse de Saint Julien d’Empare. Le curé, n’y tenant plus, lança une souscription pour acheter un terrain pour inhumer ses paroissiens. Et il fallu bien des années pour que la commune puisse reprendre l’autorité sur ce cimetière comme le prévoyait la loi de 1804.

Les cimetières privés

La loi n’empêche pas d’inhumer une personne en dehors d’un cimetière sous réserve d’un emplacement éloigné de toutes villes et d’une autorisation de préfet.

Les demandes de cimetières privés conservés dans les archives concernent principalement des communautés religieuses. Il existe parfois des demandes particulières.

François Casimir Moins sollicité le préfet de l’Aveyron le 11 juin 1878 pour pouvoir être inhumé dans sa propriété proche de la gare de Villeneuve. Le terrain est éloigné de toutes villes et bourg, le sous préfet n’émet pas d’objection. L’avis du préfet est favorable sous deux conditions que le terrain affecté à la sépulture soit clos de murs de hauteurs suffisamment pour qu’aucune indécence ni violation ne soit commise et bien entendu de respecter l’autorisation d’inhumation le cas venu.

moinsLa difficultĂ© de ces demandes particulières est Ă©videmment la transmission du patrimoine qui doit rester dans la famille…

Les concessions privées

La loi de 1804 règlemente également l’organisation du cimetière par le creusement de fosses.

fosses

Elle prévoit aussi la possibilité d’acheter des concessions privées.

concessions

Des conventions sont établies entre les communes et les particuliers et le double de certaines sont conservés dans les archives. 15 ans, 30 ans, perpétuelle, le choix de la durée est lié à l’attachement de la personne et du lieu et surtout à ses moyens financiers.

concession

Concession de 15 ans en Aveyron pour la fille d’un machiniste du Lot et Garonne

 

Le tarif est décidé par délibération du conseil municipal mais la loi du 24 juillet 1867 régit la répartition : 2/3 reviennent à la commune et 1/3 au profit des pauvres ou à des établissement de bienfaisance.

proportion

Les concessions seront ornées selon les moyens, les habitudes locales et les périodes de simples croix, dalles ou de riches sculptures et décorations.

 

L’usage ou non des pompes funèbres

Mourir coûte cher et pas uniquement à notre époque. En 1890, un homme décide de creuser lui-même la tombe de sa défunte épouse. Cela reste une exception.

femme

La crémation

L’autorisation de la crémation est accordée par la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles.

Elle n’est mise en application qu’à compter de la loi du 27 avril 1889 qui légifère sur le sujet en titre III.

cremation

L’Ă©glise catholique continue de recommander l’inhumation. A partir du 8 mai 1963, elle n’interdira plus la crĂ©mation (article 1176-3 du Code de Droit Canon).

En Aveyron, il faut attendre 2004 pour voir l’inauguration du premier crĂ©matorium dans le dĂ©partement. Il est localisĂ© Ă  Capdenac-Gare.

© 2016 Généalanille

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Le rapt d’un enfant

 Blog, Histoire de famille, XXIème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Le rapt d’un enfant
Oct 262016
 

Cet enfant a Ă©tĂ© kidnappĂ© le 15 novembre 1902 Ă  Paris 17ème. Qu’est-il devenu après ce rapt?

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Une nourrice trop occupée et un enfant enlevé un samedi après midi

Il est environ 14 heures, ce samedi 15 novembre 1902. La nourrice de la famille Fontaine a quitté le domicile du 8 Rue Puvis de Chavanne et part se promener avec Paul Louis Raymond 7 ans, et son frère moins âgé dans une poussette. La jeune femme traverse l’avenue des ternes à l’angle des avenues Niel et Mac Mahon en tâchant d’éviter les voitures et d’épargner la vie du nourrisson. Quand elle se retourne, le garçonnet a disparu. Affolée, la nourrice s’adresse à un agent mais comme elle est anglaise, elle ne parvient pas à se faire comprendre. Fort heureusement, un passant maitrise la langue de Shakespaere et permet de donner un signalement de l’enfant.

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Tout le monde s’y met et recherche en vain le garçon qui reste introuvable. La nourrice retourne au domicile familial chez la belle mère de l’enfant (sa mère est morte et son père banquier est en voyage en Asie). Une enquête est ouverte par le commissaire et la Sureté est prévenue.

 

Premières suppositions et un béret « Terrible »

Les journaux relayent la nouvelle du rapt. Si pour tous, il est évident que la nourrice n’a pas été assez attentive, pour certains, celle-ci était suivie par une voiture et donc prémédité.

Le signalement du petit disparu est diffusé : il est blond aux yeux bleus, grand pour ses 7 ans.  Il est vêtu d’un costume complet noir avec pantalon court et paletot beige, porte un béret rouge avec l’inscription « Terrible ». Il est chaussé de souliers noirs et de chaussettes marron.

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La sûreté mène son enquête. Quelques jours après la disparition de l’enfant, on apprend que Mme Lacoste sa grand-mère maternelle a été interrogée. Comme elle était absente de Paris, elle ne peut fournir aucun renseignement sur le rapt.

Avis de recherche national

Vingt jours environ après l’enlèvement, la sûreté décide de diffuser un avis de recherche national. L’enfant y est décrit précisément et par chance une photo de lui est disponible. Les journaux n’ayant pas forcément les moyens de réimprimer les photos, ce sont des dessins qui sont diffusés.

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Les consignes sont de rechercher dans les maisons d’enseignement et en cas de découverte de l’enfant d’informer télégraphiquement le chef de la Sureté à Paris et d’assurer la garde de l’enfant jusqu’à la réception des instructions.

Les avis sont transmis dans toutes les préfectures, mêmes celles qui ne concernent pas la vie de l’enfant (il est né dans le Pas de Calais).

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Retrouvé !

On est le 14 décembre 1902 et l’enfant a été retrouvé.

Le garçon était dans une pension du 131 boulevard Lefèvre dans le 15ème arrondissement. Les propriétaires de la pension ont trouvé une grande ressemblance entre la photo du journal et l’enfant qu’une femme leur avait confié sans se faire connaitre, en se bornant à payer le prix de la pension et en précisant que l’enfant s’appelle René.

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L’instruction policière reste ouverte et le magistrat va devoir démêler le vrai du faux entre les déclarations de la belle mère et de la grand-mère du petit Raymond. La grand-mère est en effet soupçonnée d’avoir organisé l’enlèvement. En attendant, Raymond doit rester dans sa pension boulevard Lefèvre.

Le président du tribunal civil prend sa décision le 16 décembre 1902 : attendu que la grand-mère avait déposé un référé après la disparition de l’enfant, et que belle mère et grand-mère se sont mises d’accord, il est convenu que Raymond est sous l’autorité de sa grand-mère en attendant le retour de son père et qu’il est déplacé dans l’institution Sainte Marie au 39 Rue de Monceau. Mme veuve Roger Fontaine est chargé de faire transférer l’enfant.

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Et après ?

L’acte de naissance n’indique ni mariage ni décès. Il faudrait rechercher une conscription ou la succession de son père pour connaitre un peu plus son destin….

 

© 2016 Généalanille

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