Le tour de France s’arrête (enfin) à Rodez

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Le tour de France s’arrĂŞte (enfin) Ă  Rodez
Juin 292017
 

Il faut attendre 1984 pour que Rodez devienne ville-étape du Tour de France pour la 1ère fois.

Bourran 2017

Un presque aveyronnais dans le Tour 1905

Le Tour de France parcourt le pays depuis 1903. En 1905, Louis Trousselier remporte 5 étapes sur les 11 du circuit dont celle « des clous ». Ce champion n’est pas rouerguat (il est né à Paris) mais fils d’un aveyronnais de Vimenet monté à Paris tenter sa chance. Les journaux ne manqueront pas de rappeler son bon souvenir quand la course fera de Rodez une de ses villes étapes en 1984.

 

Millau plusieurs fois ville-Ă©tape

La sous préfecture aveyronnaise de Millau a accueilli le tour de France lors de son premier passage dans le département de l’Aveyron (en 1954).

Elle est même ville-étape à plusieurs reprises :

  • Le 22 juillet 1954, la course venant de Toulouse et partant pour le Puy en Velay ;
  • Le 19 juillet 1955, venant d’Avignon et se dirigeant pour Albi ;
  • Le 8 juillet 1960, arrivant de Toulouse et repartant pour Avignon ;
  • Le 16 juillet 1987, venant de Blagnac et repartant pour Avignon ;
  • Le 15 juillet 1990, arrivant du Puy en Velay et se dirigeant sur Revel.

Roquefort, la citĂ© du fromage Ă©ponyme, est ville Ă©tape en 1983, quant Ă  Rodez….

 

Un passage en 1959

Il faut attendre le 8 juillet 1959 pour que la course cycliste traverse la cité Ruthénoise en remontant le boulevard Victor Hugo, faisant face à la cathédrale en pierres roses. Le moment est immortalisé pour les caméras de la télévision française et le local de l’étape, Emmanuel Busto, de Cransac, va terminer 15ème à l’arrivée à Aurillac.

 

Le tour traversera l’Aveyron en 1963 (Villefranche De Rouergue), 1968 (Decazeville), 1975 (St Jean Delnous, Pont de Salars, Gabriac, St Côme, Aubrac) avant de s’arrêter à Rodez.

Une sacrée organisation

Plusieurs mois de prĂ©paration et trois semaines de travail intense ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires. Tous les agents des services techniques de Rodez ont Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ©s, mais aussi ceux des espaces verts, ceux des fĂŞtes, de la voirie, le menuisier… Soit une soixantaine de personnes pour cet Ă©tĂ© 1984. Car le Tour est Ă  Rodez!

Il faut mettre en place des dĂ©viations, du flĂ©chage, attacher 350 bottes de paille, prĂ©parer les parkings, des tribunes… D’ailleurs une cinquantaine de panneaux de dĂ©viation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  la main par les agents ruthĂ©nois car « ceux qu’on trouve sur le marchĂ© n’ont pas la flèche dans le bon sens »…

L’avenue de Bordeaux aurait due être refaite à neuf mais un incident a retardé les travaux. Les ilots dangereux de l’avenue Lacombe ont été supprimés. Les grilles d’égouts ont été changées (elles étaient composées de barreaux longitudinaux où les boyaux de bicyclette pouvaient se glisser).

900 barrières métalliques ont été empruntées dans les communes du département. Entre l’arrivée du Tour et son départ, « les barrières seront déplacées dans la nuit et le circuit sera balayé ».  Mais attention, la course repart le 12 juillet. Il faudra vite tout démonter pour rendre les barrières aux communes avant la fête nationale du 14 juillet.

Le foirail est envahi

Des parkings de dissuasion ont été instaurés aux entrées de la ville : au Lachet et aux Moutiers, sur la rocade, à la Mouline, sur l’ancien parking du bimillénaire.

Le stationnement sur le parcours est interdit pendant 3 jours et des navettes de bus sont mises en place. Qui n’est jamais venu Ă  Rodez ne sait peut ĂŞtre pas… C’est un piton ! Et garĂ© aux Mouthiers ou Ă  la Mouline demande un peu ( !) d’effort pour atteindre le foirail. Depuis le parking prĂ©vu au SacrĂ© CĹ“ur, c’est beaucoup plus facile…

La circulation aussi est réduite. 14 véhicules radios sont installés aux points stratégiques et le circuit est neutralisé dès que les coureurs arrivent « au Pas ».  Pas de circulation, mais c’est cependant plus de 600 véhicules qui sont attendus sur le foirail : 300 de la caravane, 150 des officiels et 210 de la presse.

La salle de presse est installĂ©e sous les halles Charles, les officiels dans la salle des fĂŞtes. Et sur l’avenue Victor Hugo, la tribune officielle, le camion Ă©lĂ©vateur de la tĂ©lĂ©…

 

Et la course ?

Pierre Henri Mentheour est vainqueur à Rodez en ce 11 juillet 1984 avec une moyenne de 36,407km/h  sur les 220,5 km de l’étape. Sur le podium, il est rejoint par Dominique Garde et le danois Kim Andersen. Au général, les trois premiers sont Vincent Barteau (maillot jaune), Maurice le Guilloux et Laurent Fignon.

Mentheour a démarré dans la côte de Rodez. Rejoint par ses deux compagnons qui finiront sur le podium, il s’est imposé facilement au sprint.

Le lendemain les cyclistes arrivent sur la place d’armes où l’accordéon club ruthénois joue, debout sur un podium placé devant la trésorerie. La foule est toujours aussi nombreuse que la veille.

A 10h, le départ fictif de l’étape est donné. Boulevard d’Estournel, rue St Cyrice, avenue Tarayre, avenue Durand de Gros, avenue de Paris, le pont des quatre saisons et l’avenue des rosiers d’où le départ réel est donné.

A la Roquette, les 147 cyclistes passent en trombe. Les spectateurs d’Agen ont Ă  peine le temps de les voir… A Aujols, on ralentit un peu dans la cĂ´te avant d’arriver Ă  Arques et de remonter sur SĂ©gur. Un passage devant le château de Vezins oĂą les vacanciers se sont regroupĂ©s et puis Recoules avant d’atteindre SĂ©verac. La grimpette vers le château permet au peloton de rattraper son retard sur les Ă©chappĂ©s. Et puis on attend la Lozère… le tour est passé !

Rendez vous en 2010, 2015, 2017…

Le Tour de France continuera de passer régulièrement sur les routes aveyronnaises. Mais il faut attendre 2010 puis 2015 pour que Rodez soit à nouveau ville étape. La cité Ruthénoise accueille pour la 4ème fois le Tour de France en cet été 2017.

Tour

Sources: PER386-AD12, images de l’INA, le dicodutour.com

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Ambulants, nomades et forains

 Astuces, Blog, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Ambulants, nomades et forains
Juin 232017
 

La loi du 16 juillet 1912 règlemente les professions ambulantes et la circulation des nomades. Quels documents sont conservés aux archives et qu’est ce qu’on y trouve?

 

Article 1 les ambulants : avec domicile fixe

Les ambulants sont des français ou Ă©trangers ayant un domicile fixe et qui exercent profession, commerce ou industrie soumise ou non Ă  la patente. Parmi ces personnes, on trouve des chiffonniers, des vanniers mais aussi des marchands de volailles, pâtissiers, photographes, raccommodeur de parapluie…

Certains précisent même qu’ils n’exercent pas à plus de 20kms de leur résidence.

Pour répondre à l’obligation prévue par l’article 1 de la loi, ils doivent

  • Justifier de leur identitĂ©,
  • Justifier de leur domicile
  • Fournir un extrait de patente s’il y a lieu.

Moyennant ces documents et après avoir rempli une déclaration de marchand ambulant, ils devront porter en permanence le récépissé qui leur sera fourni.

Qu’est ce qu’on trouve dans les archives ? Les doubles des rĂ©cĂ©pissĂ©s (en sĂ©rie 4M) avec un intĂ©rĂŞt pour la description physique, notamment pour les femmes. Et puis ? Si par bonheur, les pièces justificatives ont Ă©tĂ© conservĂ©es, des lettres manuscrites, des patentes, des lettres Ă  entĂŞte, parfois le dĂ©tail du commerce…

 

Article 2 les forains : français sans domicile fixe

Les forains sont des individus français n’ayant en France ni domicile ni rĂ©sidence fixe. Ils exercent la profession de commerçants ou industriels forains.

Moyennant un justificatif d’identité, de la nationalité française et d’une épreuve photographique, ils peuvent obtenir un carnet d’identité de forains qu’ils porteront en permanence sur eux.

Une notice individuelle est Ă©tablie pour chaque forain.

Au niveau des archives, ce sont les notices individuelles qu’il faut rechercher (toujours en sĂ©rie 4M) qui comportent des renseignements d’état civil, de signalement, de renseignements sur la situation militaire… et surtout une photo ! Certains carnets de forains ont Ă©tĂ© conservĂ©s (car non remis, ou dupliquĂ©s) mais ils n’apportent pas beaucoup d’informations complĂ©mentaires.

 

Article 3 les nomades : tout individu SDF circulant en France

Tous les individus circulant en France, quelle que soit leur nationalitĂ©, sans rĂ©sidence ou domicile fixe et ne rentrant pas dans les catĂ©gories ci dessus (mĂŞme s’ils ont des ressources ou exerçant une profession) sont considĂ©rĂ©s comme nomades.

Leur obligation est de faire une demande pour obtenir un carnet anthropométrique en justifiant de leur identité certaine.

L’Administration n’est pas obligée de leur délivrer un carnet. Cependant, quand elle le fait, elle renseigne des fiches individuelles pour chaque individu (à partir de l’âge de 5 ans).

Dans nos archives, quelques carnets sont parfois conservés. Quand tel est le cas, on peut retracer le parcours géographique de la famille.

Les notices individuelles sont beaucoup moins fréquentes en série M. Elles sont plus souvent conservées à partir de 1940, donc en série W. L’intérêt est d’y retrouver des informations personnelles, un signalement, une photo et les empreintes digitales.

 

Article 4 Carnet collectif et plaques de contrôle spécial

Le carnet anthropométrique des nomades est individuel. Le chef de famille doit en place demander un carnet collectif qui comprendra l’état civil et le signalement de toutes les personnes qui voyagent avec lui. Les liens de parenté y sont précisés, et les actes de mariages, divorces, naissances et décès de chacun des membres de la famille aussi.

Une plaque de contrĂ´le spĂ©cial est Ă©galement imposĂ©e aux nomades pour identifier les vĂ©hicules de toute nature qu’ils utilisent. En 1925, la sous prĂ©fecture d’Espalion en Aveyron, interrogĂ©e sur le nombre de plaques restant dans ses tiroirs en compte 19, « qui ne seront vraisemblablement jamais utilisĂ©es pas plus qu’elles ne l’ont Ă©tĂ© depuis 1913 ».

 

Une exception parmi les nomades et les ambulants

Les individus salariĂ©s de toutes catĂ©gories qui travaillent d’habitude dans les entreprises industrielles, commerciales ou agricoles, ateliers publics ou privĂ©s mais qui suivant le besoin du moment se transportent d’un atelier Ă  un autre ou d’une rĂ©gion de culture Ă  une autre, ne sont pas assujettis Ă  possĂ©der soit un carnet anthropomĂ©trique, soit une dĂ©claration d’ambulant.

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

L’architecte virĂ© pour avoir pris des congĂ©s

 Aveyron, Blog, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur L’architecte virĂ© pour avoir pris des congĂ©s
Juin 162017
 

C’est l’histoire d’un l’architecte dĂ©partemental qui est virĂ© par le prĂ©fet après 35 ans de services pour avoir pris des congĂ©s sans prĂ©venir.

Un marmot nommé architecte

Etienne Joseph Boissonnade est né le 27 décembre 1796 (7 nivôse an V) à Saint Geniez d’Olt d’un père entrepreneur de travaux publics. Sa naissance est déclarée dix jours plus tard à la salle commune.

Il est nommĂ© architecte dĂ©partemental de l’Aveyron le 9 novembre 1820 par dĂ©libĂ©ration du conseil gĂ©nĂ©ral. C’est le premier architecte du dĂ©partement. Cette fonction Ă©tait assurĂ©e par les ingĂ©nieurs des ponts et chaussĂ©es qui doivent dorĂ©navant se concentrer sur les routes.

Il entre en fonction le 1er janvier 1921 avec un salaire de 1500 francs. Mais en raison des voyages qu’il est obligĂ© de faire, son allocation passe Ă  2500 francs la mĂŞme annĂ©e et est reconduite jusqu’en 1825 avec ce montant.

Des travaux divers et nombreux

Etienne Joseph Boissonnade va faire restaurer tous les Ă©difices publics de l’Aveyron. Il va aussi ĂŞtre l’acteur majeur de toutes les constructions publiques du dĂ©partement.

Parmi ses nombreux travaux, on notera sa participation Ă  la restauration de la cathĂ©drale de Rodez (toujours en restauration), celle de la prĂ©fecture, de l’école normale primaire, de l’église de Conques…

On lui doit les constructions des prisons de Millau, Villefranche et St Affrique d’après l’ancien système. Mais aussi la construction de la maison d’arrêt d’Espalion. Commencée dès 1837, cette dernière est la 1ère maison d’arrêt de France élaborée selon le système cellulaire dont le gouvernement ait autorisé l’exécution.

Il est l’architecte du palais de justice de Rodez (adjugé au printemps 1833). Il a également établi les plans de l’asile d’aliénés de Rodez qui était considéré comme un modèle.

Sans compter ses travaux pour des Ă©glises, presbytères, ou mĂŞme l’abattoir de Saint Geniez…

L’architecte est révoqué

Par arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral du 29 octobre 1855, Mr Isidore Loirette, ancien Ă©lève de l’Ă©cole des Beaux Arts est nommĂ© architecte dĂ©partemental Ă  la place de Mr Boissonnade, rĂ©voquĂ©. Cette fonction est provisoire en attendant le concours officiel de remplacement.

Mr Boissonnade est révoqué pour avoir quitté Rodez une douzaine de jours pour se rendre à la campagne sans avoir donné avis au Préfet.

Toujours dire où l’on est

Le 12 mars 1855, l’architecte dĂ©partemental demande un congĂ© d’un mois Ă  compter du 17 pour affaires particulières l’appelant Ă  Paris. Le congĂ© lui est accordĂ© par arrĂŞtĂ© du 15 mars avec retenue du traitement.

Le 28 juillet 1855, l’architecte demande des instructions pour aller à Villefranche. Il doit aussi aller à Villeneuve mais il ne compte pas être absent plus de 8 jours.

Mais fin octobre, il oublie de prĂ©venir….

La faute Ă  la poste

Mr Boissonnade est parti le dimanche 14 octobre 1855 « pour venir faire procĂ©der, non Ă  mes vendanges car la grĂŞle m’a enlevĂ© les raisins, mais Ă  la rĂ©paration de nombreux dĂ©gâts que m’ont causĂ© les orages de toutes espèces du mois de juillet dernier. »

Il est convoquĂ© Ă  la commission des bâtiments civils qui a eu lieu le 18 octobre Ă  l’hĂ´tel de prĂ©fecture…. Mais la convocation ne lui arrive que le 18 octobre Ă  15h, soit Ă  l’heure mĂŞme de la rĂ©union ! S’il l’avait reçue la veille il serait venu….

Le prĂ©fet est en colère. Il prend un arrĂŞtĂ© le 25 octobre 1855 pour exercer une retenue de moitiĂ© du traitement de l’architecte Ă  compter de son dĂ©part et pendant tout le temps que durera son absence. Il estime qu’il nĂ©glige les affaires courantes et la surveillance du palais de justice

Mr Boissonnade rĂ©pond le 27 octobre Ă  ce prĂ©fet (prĂ©sent seulement depuis 2 ans) qu’il ne nĂ©glige pas la surveillance des travaux. Il a d’ailleurs laissĂ© un agent qui le supplĂ©e pour le faire et pour rĂ©expĂ©dier les dĂ©pĂŞches de son domicile. Hors de Rodez, il continue de travailler.

En effet, il a réalisé

  • le classement des dossiers de demande de secours pour Ă©glises et presbytères,
  • le dessin et le devis estimatif des banquettes en fer Ă  placer aux croisĂ©es de l’asile des aliĂ©nĂ©s de Rodez.

Tout cela, ainsi que le préfet lui a demandé le 16 octobre. Par conséquent, le préfet ne se serait pas rendu compte de son absence si cette dépêche était arrivée en temps et heures.

Le torchon brûle

Les échanges entre les deux hommes sont virulents. Mais le préfet est le plus fort et révoque l’architecte de 59 ans. Il lui demande de faire un inventaire en double exemplaire de ses affaires en cours et des documents professionnels qu’il détient.

Les pièces officielles sont restées à la préfecture. Mr Boissonnade transmettra 3 documents :

  • Le devis et le dĂ©tail estimatif du palais de justice de Millau. Ce document Ă©tait dans les papiers d’un de ses employĂ©s qui est mort et auquel le chef de bureau, qui est mort aussi, les avait confiĂ©s pour en faire des copies pour l’entrepreneur.
  • Le projet complet du palais de justice de St Affrique.
  • Le projet du palais de justice de Villefranche.

Quant aux avants projets pour la construction des prisons de Rodez, il refuse de les communiquer s’il n’est pas payé proportionnellement à son travail.

L’arrêté de nomination de son successeur est diffusé dans la presse début novembre 1855.

Quelques années avant sa mort

Il décède le 22 avril 1862 dans la maison Albouy au N°7 de la rue de la paix à Rodez atteint d’une apoplexie foudroyante à la fin d’un repas pris avec son frère. Il était veuf de Caroline Foulquier décédée le 10 mars 1847.

Etienne Joseph Boissonnade était Chevalier de la légion d’honneur depuis 1840, architecte diocésain depuis 1823, membre de la société des lettres.

 

Sources 4E234/3-AD12, 4E213/35-AD12, 4E213/43-AD12, 4N147-AD12, annuaire biographique des artistes français, le journal de l’Aveyron, LH/270/70-base Léonore

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Ils ont eu le coup de foudre

 Aveyron, Blog, Histoire de famille, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Ils ont eu le coup de foudre
Juin 092017
 

Mari et femme sont morts d’un coup de foudre en plein repas de famille, alors qu’un enfant Ă©tait sur les genoux de sa mère.

Foudre

Un jeune couple heureux

Ils se sont mariés en juin 1882 à Ste Croix dans l’Aveyron. Il a 23 ans, elle en a 22.

Jean Marius Bouyssou et Marie Jeanne Galut semblent heureux. Deux enfants viennent alors compléter la famille. Une fille née en 1883 et un garçon né en 1885.

La petite famille vit à la Capelle Balaguier avec la maman de Jean Marius, âgée d’une cinquantaine d’année.

 

Un gros orage

Le temps est orageux en ce début du mois de juin 1887. Après une chaleur accablante pendant toute la journée, le ciel se couvre en ce 1er juin. Un peu de pluie, et c’est l’orage qui se déchaine. Le tonnerre fait un bruit de tambour et la grêle ravage les récoltes de la région de Villefranche de Rouergue.

 

La foudre tombe sur la maison

Chez les Bouyssou, la famille est en train de manger vers 18H. La belle mère est en retrait. La petite fille se débrouille seule, mais le cadet de la famille a besoin de sa mère pour se nourrir. Soudain, la foudre s’abat sur le pigeonnier, brise une fenêtre au 1er étage et entre dans la cuisine au rez de chaussée.

Mr Bouyssou était debout près de la porte, il meurt foudroyé mais n’a pas de blessure apparente.

Mme Bouyssou était assise, son enfant sur les genoux. Elle meurt également foudroyée mais elle a les cheveux grillés et sa figure a des traces sanguinolentes. Sa coiffe a été projetée dans le jardin potager, situé deux mètres en arrière, et elle est en train de brûler.

L’enfant n’a rien. Son bonnet qui est resté sur sa tête est lui aussi en train de se consumer et il faut la présence d’esprit de la grand-mère pour l’éteindre rapidement.

 

La misère s’est abattu sur la maison

Triste jour dans la famille, deux morts, le pigeonnier Ă  refaire, une vitre Ă  changer, les gendarmes Ă  avertir… Le maire autorise rapidement l’inhumation des deux Ă©poux et il est probable qu’ils Ă©taient nombreux Ă  suivre ce double enterrement. Quand Ă  la grand-mère, on peut imaginer la peur de « revoir un Ă©clair semblable Ă  une maison en feu mangeant d’un cĂ´tĂ© Ă  l’autre de l’appartement » lors de tous les orages qu’elle a pu voir le reste de sa vie…

Source 4E226/11-AD12, 4E106/6-AD12, 4M132-AD12, Le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

RĂ©fugiĂ© deux ans dans l’Aveyron

 Aveyron, Blog, Guerre 14-18, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur RĂ©fugiĂ© deux ans dans l’Aveyron
Mai 282017
 

André Lebrun, né en théorie à Reims, pupille de l’assistance publique dans l’Aisne, va passer 2 ans dans l’Aveyron comme réfugié de la 1ère guerre mondiale.

Un enfant assisté

André Lebrun est né le 30 décembre 1907 en théorie à Reims, plus probablement dans l’Aisne. Enfant abandonné, orphelin ou trouvé, il est classé parmi les enfants assistés du département et on peut tracer brièvement sa vie à partir de l’âge de 10 ans grâce à son dossier aveyronnais.

Il est mis en garde chez Mme Veuve Boucher Daussin le 1er avril 1917 à Ugny le Gay (02). Une carte d’identité lui est remise et nous apprend qu’il arrive de Flavy le Martel (02) au sud de St Quentin.

Sa « gardienne » touche l’allocation de l’état aux réfugiés pour la période de novembre 1917 à avril 1918. Cependant il lui est dû le montant mensuel de la pension qu’elle a demandé trop tard à la perception locale.

 

Les évacués de l’Aisne

Fin mars 1918, on annonce l’arrivée à Rodez d’un train spécial de 1150 évacués « des pays où se déroulent les opérations militaires actuelles ».

Mme veuve Boucher-Daussin arrive à Rodez le 3 avril avec sa famille et son pupille de l’assistance publique. Mais elle doit être hospitalisée dès son arrivée. Cette pauvre femme âgée de 78 ans est devenue subitement gâteuse et il y a peu d’espoir qu’elle ne ressorte de l’hospice et donc qu’elle s’occupe du petit. Ce dernier a été mis au dépôt en attendant d’être placé. La famille de la gardienne a remis la vêture donnée à cet enfant. On note que ce dernier est atteint d’incontinence d’urine fort prononcée.

Un premier placement

Le 11 mai 1918, André est placé chez les époux Turq à Druelle. Il est de retour à l’hospice de Rodez le 25 mai 1918, ramené par ses gardiens qui disent qu’il est « atteint d’incontinence d’urine et d’une intelligence bornée ». Même si les propos sont vrais, il faut trouver un autre placement.

Un deuxième placement

Il est confié le 17 juin 1918 à Mr Mme Cuq à Centrès qui devront « l’élever et le nourrir convenablement ». Comment se comporte-t-il ? L’inspecteur pose la question à son « gardien » qui fait savoir « qu’il est à peu près satisfait de l’enfant et qu’il le gardera peut être ».

« Le pupille que vous mas vait confiait je panse qu’il ferat par se que il est trais au béysant mes encore il est pas au courant. Mes il me contant à ses bien pour le momen »

Mr et Mme Cuq ont 25 ans environ. Ils habitent à 200 mètres d’une école et à 100 mètres d’une route. Ils sont propriétaires cultivateurs et possèdent 2 vaches. Parents d’un petit garçon de 10 mois, ils sont tous les deux valides, bien portants et de bonnes mœurs. Ils ont sollicité l’inspecteur le 1er avril 1918 pour se voir confier un enfant « de préférence un garçon de l’âge de 5 à 6 ans. »

Mr Cuq est réformé depuis juillet 1916. Il s’est marié en janvier 1917.

Se faire rembourser

Le 19 septembre 1918 Mme Boucher Daussin va recevoir incessamment la somme de 450 francs pour l’exercice 1917. Il faut dire qu’elle vient tous les deux jours dans le bureau de l’inspecteur pour réclamer son dû. Le 8 octobre 1918, l’AP de L’Aveyron demande à son homologue de l’Aisne (délocalisé à Chartres) si les 30 francs par mois comprennent la vêture. La réponse est non.

Pour les vêtements qu’elle a payé (60 francs), Mme Boucher-Daussin doit donc faire un mémoire en triple exemplaire pour être remboursée.

Les boches ont tout détruit

L’armistice est signé. Mais les hommes ne sont pas encore rentrés et les réfugiés ne sont pas tous rapatriés.

Le 18 décembre 1918, André est vu en classe et dans son placement. « Bien portant, mais très en retard pour la classe. Est peu intelligent. Il se montre désobéissant et entêté. Il est incontinent d’urine. »

Le 6 janvier 1919, le voisin se plaint du pupille « le petit […] nous coupe des petits arbres ». Comme le gardien ne fait rien, le maire a Ă©tĂ© averti…

Le 9 avril, la famille de placement explique qu’AndrĂ© doit faire sa première communion le 27 avril. Il lui faut son extrait de baptĂŞme. L’Assistance publique transmet la demande dans l’Aisne. La rĂ©ponse ne tarde pas : « tous les dossiers des pupilles de mon service ont Ă©tĂ© complètement dĂ©truits par les boches »… alors le certificat de baptĂŞme, il faudra s’en passer.

Retour à l’hospice

Le 23 avril 1919, André retourne à l’hospice de Rodez. Sa fiche de placement évoque un abcès. Fait-il finalement sa première communion ?

Le certificat médical donne un avis favorable à son placement le 10 mai 1919.

Un troisième placement

André est confié le 17 mai 1919 à Mr Labit à Lédergues.

Le 19 octobre 1919, il est vu par le service de placement, et c’est plutôt sa famille d’accueil qui est jugée. « Assez bien portant, mais peu intelligent. Bons soins, excellent placement. »

Il a maintenant bientôt 12 ans et le 6 décembre 1919, il a besoin d’une vêture. L’inspecteur de l’AP de l’Aveyron contacte son homologue de l’Aisne. Ce dernier envoie directement le paquet à la nourrice.

Rapatrié après deux ans

Le 28 février 1920 il revient à l’hospice de Rodez, son rapatriement dans l’Aisne à lieu dès le lendemain. Il continuera probablement d’être placé jusqu’à sa majorité.

Source 1R958-AD12, 4E57/7-AD12, Etat civil mairie de Reims, 3X126-AD12, le journal de l’Aveyron.

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

 

Pompon est réquisitionné

 2ème guerre mondiale, Aveyron, Blog, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur Pompon est rĂ©quisitionnĂ©
Mai 212017
 

Les animaux ont aussi été réquisitionnés lors de la seconde guerre mondiale, faisant perdre un outil de travail et un compagnon à leurs propriétaires.

Pompon

Des chevaux recensés

Pompon est un cheval né en 1929. Depuis ses 5 ans, il est annuellement recensé à la mairie de St Affrique comme « susceptible d’être requis par le service des armées en cas de mobilisation ». C’est la loi du 3 juillet 1877 qui a instauré cette déclaration obligatoire.

Et c’est le maire qui est chargé d’établir la liste dans un registre avec le nom du propriétaire, le nom de l’animal, sa robe, son sexe, sa taille, son numéro d’ordre au registre de recensement et le classement de l’année précédente s’il y a lieu.

Quelques animaux échappent à cette liste : les juments reproductrices, les animaux de halages ou d’exploitations houillères et les animaux réformés de part leur fonction (appartenant au chef de l’état, à l’administration des postes…)

Pour la commune de Saint Affrique, la présentation des chevaux a lieu sur la place de l’hospice, généralement en mai, lors d’une tournée d’une commission départementale. 147 animaux en 1938, rien que pour cette commune !

Une taxe

Pompon est le seul cheval d’Henri Boudes à Saint-Affrique. Il a 2 chiens, mais un seul cheval. Il paie des taxes pour ses animaux. 12 francs par an pour Pompon depuis que la taxe de l’état a été supprimée (en juillet 1934) et que le conseil municipal a fixé ce nouveau tarif. 13 francs pour les deux chiens.

Pompon est réquisitionné

La seconde guerre mondiale se dĂ©clenche. Mobilisation gĂ©nĂ©rale pour les hommes et pour les « animaux, voitures, moyens d’attelage, aĂ©ronefs, vĂ©hicules automobiles, navires, embarcations…. » Pompon est rĂ©quisitionnĂ© et Henri Boudes doit l’emmener le 3 septembre 1939. OĂą va-t-il aller ? Au front, Ă  l’arrière ? Impossible de savoir. L’homme doit se sĂ©parer de son outil de travail et probablement d’un compagnon.

Une compensation financière

Un barème est Ă©tabli pour les voitures et pour les animaux afin de compenser la perte financière des moyens rĂ©quisitionnĂ©s. Mais l’argent ne remplace pas tout. Et Henri Boudes n’est pas satisfait d’une part de ne plus avoir Pompon et d’autre part de ne toucher que 5 800 francs pour ce cheval de 3ème catĂ©gorie. Le 25 janvier 1940, il en rĂ©clame 7 800 francs. C’est bien plus que les 25% gĂ©nĂ©ralement proposĂ©s par l’administration en cas de contestation. Par jugement du 6 mars 1940, il obtiendra gain de cause et la somme qu’il souhaitait.

De tous les propriétaires du canton de St Affrique qui ont envoyé une réclamation pour des compensations financières face à la réquisition de leurs chevaux, seuls deux d’entre eux ont précisé comment ils appelaient leurs animaux.

La suite de l’histoire de Pompon n’est pas prĂ©cisĂ©e dans les documents d’archives…

Sources: 10U8/190-AD12, 16P8/19-AD12, 15P1/216-AD12, 20R71-AD12 et la photo de Bayard.

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Le retour d’âge de sœur Marie Louise

 Aveyron, Blog, Histoire locale, XXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Le retour d’âge de sĹ“ur Marie Louise
Mai 122017
 

Âgée de 46 ans, sœur Marie Louise tente de s’évader du couvent où elle habite depuis 29 ans. C’est son retour d’âge qui semble avoir provoqué cette impulsion.

soeur

Rentrée au couvent à 18 ans

Elle s’appelle Léonie Cantaloube. Elle est née le 25 janvier 1858 à Flagnac. A l’âge de 18 ans elle entre dans les ordres parmi la congrégation de la Sainte Famille, tout d’abord à Montlaur puis au couvent de Ste Claire à Villefranche de Rouergue. Elle travaille aux travaux de la maison. Elle fait la classe et gagne 600 francs par an qui sont versés au couvent de Ste Claire. De quoi payer sa dot de 4000 francs.

Elle est veut partir

A 45 ans, elle souhaite partir. Quitter le couvent. Son frère Henri, épicier à Decazeville, est venu la voir. Elle lui demande de l’accueillir, mais il ne veut pas la recevoir chez lui. Un an plus tard, elle demande à aller le voir, lui et sa belle mère qui est malade, mais on lui refuse cette sortie.

Elle n’ose pas démissionner car elle a peur qu’on ne lui rende pas sa dot et qu’elle se retrouve mendiante !!

Alors elle s’évade.

C’est devenu une idée fixe, et c’est le 10 octobre 1905 que sœur Marie Louise tente sa chance. Elle prend avec elle un baluchon de son linge, preuve de la préméditation de son geste !

Le mur du couvent fait 3,50m. Qu’importe, elle grimpe après un sureau (selon la police) ou sur le toit d’un petit hangar (selon la presse) et atteint le faîte du mur. De là, elle appelle un passant qui s’empresse d’aller chercher une échelle et facilite ainsi son évasion.

Son ballot de linge est lourd, alors elle demande à Mme Fabre la voisine de l’aider à porter le paquet à la gare. Les deux femmes partent du faubourg Guiraudet en face de l’abattoir, prennent le chemin de la rive, le pont neuf et arrivent à la gare. Sœur Marie Louise n’a plus qu’à attendre le train de 9H qui l’emmènera à Decazeville … Mais une fois Mme Fabre partie, la sœur, au lieu de rester à la gare, prend la direction de la place de la république puis se dirige sur la route de Rieupeyroux.

A la recherche de la fugitive

C’est à la fin de la messe, vers 8H que les sœurs converses s’aperçoivent de son absence. Elles partent à sa recherche avec la sœur tourière, sœur Epiphanie. C’est cette dernière qui retrouve sœur Marie Louise au tournant de la Roque, sur la route de Rieupeyroux, vers le lavoir de Cadrès précise la presse.

Elle la saisit par le bras et demande à un homme de l’aider à arrêter la fugitive. Ce dernier ne la touche pas mais lui promet de la recevoir si elle consent à entrer librement dans sa maison. Sœur Marie Louise est finalement introduite de force dans cet endroit par sœur Ephipanie et est gardée par 2 personnes le temps de prévenir le couvent.

Retour au couvent

Toutes ses larmes et ses supplications pour aller rejoindre son frère resteront vaines. Ce sont deux religieuses qui l’encadrent dans la voiture qui la ramène au couvent. Pour la convaincre, on lui a fait croire qu’on l’emmenait pour qu’elle puisse récupérer son lit.

Il faut rassurer la population. La sœur tourière explique aux personnes qui ont aidé à la « capture » de la fugitive que celle-ci n’avait « pas sa raison par suite du retour d’âge. » Ah les hormones…..

A midi, toutes les sœurs ont enfin regagné le couvent Ste Claire.

Cette pauvre femme est saine d’esprit

Le commissaire de police de Villefranche se rend au couvent et demande à voir, seul, la sœur fugitive. Elle est convoquée dans un parloir et se confie à voix basse de peur d’être entendue par les autres religieuses.

On la persécute, on lui fait la guerre, elle ne comprend pas pourquoi on lui en veut. D’ailleurs avec son air craintif et ses yeux rougis, elle a même fait de la peine au brigadier et au commissaire lui-même.

La presse se défoule

Les différents journaux de l’époque relateront cet « incident ». La presse républicaine dans son article « froc aux orties » s’étonnera de « l’empressement mis par les bonnes sœurs à poursuivre et reprendre une des leurs ». Le journal catholique répondra d’une part que sœur Marie Louise avait eu l’opportunité d’aller non pas chez ses parents, qui ne peuvent l’accueillir, mais dans le couvent de leur ville et d’autre part que si on n’avait pas tardé à rapatrier la sœur c’est pour ne pas abandonner « une pauvre malade, sans ressources, sans moyens suffisants pour s’en procurer, sans asile. »

Elle est folle mais pas dangereuse

Le procureur de la république donne l’ordre de faire une enquête et c’est le rapport du Dr Cavalié qui va donner une autre version de l’état mental de sœur Marie Louise.

Cette femme ne jouit pas de toutes ses facultés mentales : la nuit, elle suppose qu’on lui pique les jambes, qu’on la brûle avec un fer rouge, qu’on lui fait absorber un liquide ayant un gout de phénol. Par contre, le jour, elle raisonne avec sens. D’ailleurs elle étudie même actuellement l’espagnol.

Il confirmera que c’est bien son âge critique qui l’a met en proie à des troubles nerveux…..

 

Source : le narrateur, 8J142-AD12, 4E89/9-AD12, PER563-AD12, PER1441-AD12. Image d’illustration (sĹ“ur Marie Thomas Ă  l’âge de sĹ“ur Marie Louise)

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Il s’appelait Paul Muguet

 Blog, Challenge UProG, Histoire locale, SaĂ´ne et Loire  Commentaires fermĂ©s sur Il s’appelait Paul Muguet
Mai 012017
 

DotĂ© d’un patronyme peu commun, Paul Muguet, chanoine et curĂ© archiprĂŞtre de Sully le Château (71) a Ă©tĂ© un passionnĂ© d’histoire locale.

Muguet

Un patronyme peu commun

Paul Muguet est né le 2 avril 1839 à La Clayette (71). Ses parents se sont mariés l’année précédente dans la même commune. En remontant l’arbre généalogique, les originaires de la famille Muguet nous guident vers la Loire (Belmont) et le Rhône (St Vincent de Reins et Mardore).

Le patronyme est assez peu fréquent et semble tenir son origine de l’essence de la fleur qui était utilisée par certains élégants.

 

Une vie de prĂŞtre

Après des études au petit séminaire de Semur en Brionnais, Paul Muguet rejoint le grand séminaire. Il hésite à devenir prêtre, deux fois. Il est finalement ordonné le 21 mai 1864. Il devient vicaire de la cathédrale d’Autun. Un an plus tard, il est nommé vicaire à Louhans où il reste 4 ans.

Le 18 juin 1869, il quitte la Bresse pour le Morvan pour devenir curé de Reclesne. En 1875, il est nommé curé dans le Charolais à Beaubery. Et c’est enfin le 16 décembre 1889 qu’il devient curé archiprêtre de Sully le Château. Il restera dans cette commune 34 ans jusqu’à sa mort le 10 septembre 1923 à l’âge de 84 ans.

Nommé chanoine honoraire de la cathédrale en 1895, il refusera le titre de chanoine titulaire et théologal du chapitre. En effet, il ne voulait pas quitter Sully pour déménager à Autun comme l’imposait sa nomination.

Chanoine

 

Un historien passionné

Outre sa vie de pasteur, Paul Muguet s’est intéressé à l’histoire locale. Et il y a consacré tout son temps libre, veillant parfois jusqu’à l’aurore !

Ses recherches ne sont pas restĂ©es secrètes. On compte parmi ses publications un tome consacrĂ© Ă  la persĂ©cution religieuse pendant la rĂ©volution dans les arrondissements de Charolles et d’Autun. Mais aussi plusieurs ouvrages sur la vie de Marguerite-Marie Alacoque de Verosvres (71) qui a inspirĂ© le culte du SacrĂ© CĹ“ur ou encore sur la montagne de Dun, le Val St Benoit…

C’est probablement grâce à ces travaux qu’il devient membre de la société éduenne d’Autun en février 1890. Il est régulièrement présent aux séances de cette société savante et y fait part de ses découvertes.

Des discours mémorables

Outre ses conférences sur ses travaux, c’est surtout sur la fin de sa vie que Paul Muguet se distingue avec des discours.

On peut notamment citer la bénédiction du monument aux morts de la commune inauguré le 25 septembre 1921 où il prononça un discours patriotique très apprécié.

Deux ans plus tard, et quelques mois avant sa mort, la marquise de Mac Mahon, Marthe Marie Thérèse de Vogüé décède à Paris le 9 juin 1923 suite à une courte maladie. Elle est très célèbre dans la société parisienne et très impliquée dans des œuvres de bienfaisance. Elle a droit à de grandioses obsèques à l’église St Pierre du Gros Caillou avant que son cercueil ne rejoigne Sully. Il faut dire que les Mac Mahon sont les propriétaires du château du village.

Un nouveau service funéraire pour la marquise a lieu à Sully 10 jours plus tard. Et c’est Paul Muguet qui y prononce une allocation mémorable.

Jusqu’au bout

Malgré ses problèmes de surdité, le chanoine Muguet a assuré les cours de catéchisme jusqu’au bout. Ses infirmités l’accablant, il avait demandé l’autorisation de se retirer. Mais c’est bien comme curé de Sully qu’il mourut, fidèle à son poste.

Ses funĂ©railles ont eu lieu en prĂ©sence de 30 prĂŞtres, de plusieurs chanoines et de toute la population de Sully… Sauf « quelques hommes retenus par les travaux du battage. »

Il a été remplacé par Claude Joseph Broyer, curé de Bonnay au poste de curé archiprêtre.

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2017 sur le thème imposé « le muguet ».

Sources : REV192/36-AD71, V37-AD71, V39-AD71, 1T285-A71, 5E133/5-AD71, 1Miec015X03-AD42, 4E4715-AD69, 4E4714-AD69, Le Gaulois numérisé par Gallica.bnf.fr

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

Lanoiselée Lazare, mort pour la France

 Blog, Poilus  Commentaires fermĂ©s sur LanoiselĂ©e Lazare, mort pour la France
Mai 012017
 

Lazare LanoiselĂ©e est le 51ème poilu de la commune de Grury mort pour la France. Son nom est uniquement sur la plaque de l’Ă©glise.

Lazare Lanoiselée est né le 26 janvier 1875 au hameau des Oudots à Marly sous Issy. Il est le premier enfant de Pierre Lanoiselée, laboureur et d’Edenise Moulin.

Service militaire, mariage…

Lazare part faire son service militaire au 13ème rĂ©giment d’infanterie en novembre 1896. Il en revient avec son certificat de bonne conduite. Un mois après son retour, il Ă©pouse le 24 octobre 1899 Ă  Issy l’EvĂŞque Marie Moreau. Le couple s’installe Ă  Issy l’EvĂŞque. Il est recensĂ© soit au hameau de la famine avec les parents LanoiselĂ©e soit au hameau des Longvas avec les parents Moreau. Plusieurs enfants naissent, que des garçons : Pierre, Nicolas, Philibert, Jean…

Mobilisé à 39 ans

Arrive le mois d’août 1914, c’est la mobilisation générale. Lazare Lanoiselée a 39 ans et il doit partir au front. Il rejoint son corps d’arme le 15 aout et est affecté au 295ème régiment d’infanterie le 4 novembre 1914.

Le journal de marche du régiment indique l’arrivée de ces renforts d’Autun et précise que « le détachement est momentanément cantonné à Annequin où il restera quelques jours avant d’être réparti entre les unités et conduit aux tranchées. »

La première bataille de l’Artois

Les jours passent avec les mentions « rien à signaler » ou « situation sans changement ». Comprenez que les hommes sont dans les tranchées sous les feux des mitrailleuses et tirs ennemis. Et que malheureusement, ils sont déjà habitués à voir leurs camarades être blessés ou tués. L’ennemi n’est pas loin, les patrouilles peuvent entendre des conversations en allemand.

Ça bouge dans la nuit du 6 au 7 décembre 1914. Les forces ennemies se sont repliées devant Vermelles et il faut réorganiser la défense. Quelques jours plus tard, le 295ème RI participe à la première bataille de l’Artois pour tenter de rejeter l’ennemi hors de la voie ferrée La Bassée Grenay. Et ce n’est pas le café alcoolisé dans les bidons qui leur permettra de tous survivre.

Un violent corps Ă  corps

Après un premier Noël et un premier jour de l’an de guerre, les hommes continuent de travailler dans les tranchées pour protéger le secteur. Mais le 25 janvier 1916, les allemands décident d’attaquer les tranchées anglaises. Ils avancent grenade à la main et prennent facilement certaines positions françaises. Le combat se fait au corps à corps et ceux qui tentent de sauver des pièces d’artillerie sont tués sur le champ. La bataille fera 32 tués, 27 blessés et 11 disparus

Les allemands attaquent à nouveau en masse le 29 janvier. Les pertes s’élèvent à près de 100 hommes. Certains corps sont restés entre les mains de l’ennemi.

Les corons de Bully

Le 295ème RI est relevĂ© dĂ©but fĂ©vrier 1915 et est affectĂ© en avant des corons de Bully, Grenay. Le secteur est plus calme. Le rĂ©giment amĂ©nage activement les dĂ©fenses du lieu : amĂ©nagement de traverses, approfondissement et nettoyage des tranchĂ©es, ajout de barbelĂ©s, crĂ©ation d’abris…

Le 5 mars, les hommes sont appelés en soutien des chasseurs à pied dans le boyau dit « des arabes » à l’ouest de Notre Dame de Lorette.

Après quelques jours sous les bombardements, ils retournent à Bully et retrouvent un calme apparent. Le 9 mai 1916, la bataille de Loos a lieu et les hommes du 295ème RI sont en alerte mais « Le 5ème bataillon n’ayant pas d’objectifs très apparents sur son front n’a pas à intervenir. »

Pas vraiment au repos

Le régiment est mis au repos le 30 mai 1915. Il reçoit un renfort de 100 hommes qui sont répartis dans les différentes compagnies. Mais 2 jours plus tard, il doit retourner au front pour tenir le sous secteur du chemin de Bully à Angres à la route Noulette Angres. La relève se fait par un boyau d’accès de plus de 4km pour atteindre la 1ère ligne. Bien entendu, sous un bombardement violent.

Les hommes vont occuper la position devant l’ouvrage blanc jusqu’au 8 juillet où ils vont avoir droit à 8 jours de repos.

Le 11 juillet, ils auront droit à une douche tiède ! Le 16 juillet, il faut déjà repartir au front.

Le secteur d’Arras

Fin septembre 1915, le régiment se porte sur la région de Maroeuil. Il est prêt à continuer sur Neuville saint Waast. Le 29 septembre, il occupe les anciennes lignes allemandes vers la cote 105 et s’affaire à organiser boyaux et tranchées sous les bombardements intermittents. Le 11 octobre, tout le régiment est mobilisé pour déboucher du boyau de la cote 105 mais le franchissement est impossible. Les liaisons téléphoniques sont rompues, les communications par coureurs sont retardées par l’obstruction des boyaux. Sous le bombardement d’une violence inouïe, de nombreux hommes sont enfouis et dégagés. En fin de journée, le calme revient peu à peu.

C’est la pluie qui fait son apparition fin novembre et rend les conditions dans les tranchĂ©es plus difficiles : boue, Ă©boulements… Avec le piĂ©tinement lors de la relève, la boue s’épaissit (jusqu’à atteindre parfois 1 mètre de hauteur). Certains hommes sont enlisĂ©s et il faut les secourir Ă  l’aide de planches et de cordes.

DĂ©gradation militaire

Le journal de marche indique au 25 décembre « jour de Noël – Repos »

Trois jours plus tard, c’est devant 100 hommes du régiment que sera dégradé un soldat de 2ème classe, condamné à 20 ans de détention pour abandon de poste et désertion devant l’ennemi.

Affecté aux commis et ouvriers d’administration

Lazare Lanoiselée est affection à la 3ème section des commis et ouvriers d’administration (COA) le 6 janvier 1916. La suite de son parcours sera, par conséquent, plus difficile à suivre.

Mort à l’hôpital

Sa fiche matricule nous indique qu’il entre à l’hôpital de Nevers le 25 avril 1917. Il y meurt le 1er mai des suites de maladie (congestion cérébrale avec hémiplégie). Il avait 42 ans.

Lazare Lanoiselée n’est pas présent sur le monument aux morts de Grury parce qu’il n’était pas originaire de la commune et qu’il habitait le village voisin. Cependant, il est inscrit sur la plaque présente dans l’église paroissiale. A ce titre, il est donc le 51ème mort pour la France de la commune.

Sources :

5E280/9-AD71, 1R RM Autun-AD71, 26N742/2, 26N742/3-sga mémoire des hommes

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email

 

Utiliser les bulletins du casier judiciaire en généalogie

 Astuces, Aveyron, Blog  Commentaires fermĂ©s sur Utiliser les bulletins du casier judiciaire en gĂ©nĂ©alogie
Avr 222017
 

Issus du casier judiciaire, les bulletins N°1 et N°2 sont des documents qui peuvent être utilisés en généalogie pour glaner des renseignements sur ses ancêtres.

bulletin

 

Un casier judiciaire

Le casier judiciaire est créé en 1848. C’est l’établissement du suffrage universel et la modification de la liste du jury qui provoque cette révolution. En effet, ne peuvent être électeurs ou juré que les hommes qui n’ont pas encouru certaines condamnations.

Le fichier des antécédents judiciaires géré par la préfecture de police de Paris n’est plus adapté, le casier judiciaire va le remplacer et permettre une gestion décentralisée.

Il faut cependant attendre le 1er janvier 1851 pour que celui ci soit mis en place au greffe du tribunal d’arrondissement de naissance des individus. Le lieu de naissance étant immuable, il a été privilégié au choix du domicile pour un classement plus efficace.

Ce nouveau fichier est vide. Il est rempli au fil des condamnations des individus. Cependant, il est demandé aux greffiers de cours d’appel et de tribunaux de première instance de reprendre toutes les condamnations criminelles, correctionnelles, disciplinaires et faillite intervenus à leur siège depuis le 1er janvier 1831 pour dresser des bulletins N°1.

Le bulletin N°1

Le bulletin N°1 comporte chaque condamnation inscrite au casier judiciaire pour une personne. Il y a donc autant de bulletin qu’il y a de condamnation. Ceux-ci sont conservés au tribunal du lieu de naissance.
De plus, c’est le bulletin N°1 qui permet de communiquer les extraits de casier. Il est uniquement transmis aux autorités judiciaires et aux greffes pénitentiaires.

casier
Le bulletin N°2

Le bulletin N°2 est un extrait du casier judiciaire constitué à partir des fiches du bulletin N°1. S’il n’y a pas de fiches, l’extrait est rayé avec une mention « rien au casier » ou « néant ». Ce document est transmis aux autorités judiciaires notamment lors des procès.
Il existe aussi un bulletin de type N°3 qui peut être demandé par toute personne et qui contient un extrait partiel du casier. Ce document n’est généralement pas conservé aux archives.

extrait

3 raisons d’utiliser les bulletins

Les bulletins N°1 et N°2 permettent de connaitre un certain nombre d’informations sur nos ancĂŞtres : Nom, prĂ©nom, date et lieux de naissances, noms des parents, domicile, profession, situation familiale, nombre d’enfants, signes particuliers. Bien entendu, ils renseignent Ă©galement sur la condamnation : tribunal, date du procès, motif de la condamnation, durĂ©e de la peine…

Pourquoi utiliser ces bulletins?

Votre ancêtre a été condamné plusieurs fois pour pêche à la dynamite ou chasse à la glu ? Cela ne fait pas de lui un bandit de grand chemin mais cela peut vous permettre de compléter une biographie. A contrario, vous avez trouvé un casier vierge ? Cela vous évitera de chercher dans les tables une condamnation antérieure.

Vous avez « perdu » la trace de votre ancĂŞtre. Avec ces documents, vous pouvez trouver la liste des condamnations Ă©mises par des tribunaux d’autres dĂ©partements. Et si vous avez la chance d’avoir des bulletins N°1 conservĂ©s, vous aurez sur chaque bulletin une adresse au moment du jugement (contrairement au relevĂ© qui n’indique que le dernier domicile connu). C’est un moyen de pister les populations mouvantes (forains, mendiants, partis Ă  Paris ou Ă  l’étranger…).

Marié, célibataire, des enfants ? Vous coincez sur une situation de famille ou sur la descendance ? Ces informations sont présentes sur les bulletins et pourront donner des pistes pour compléter une ligne de vie. NB Les signes particuliers sont souvent liés à la conscription militaire (classe et bureau de recrutement).


Quelle série ?

Condamnation, justice, c’est par consĂ©quent la sĂ©rie U qui est Ă  consulter aux archives dĂ©partementales pour dĂ©nicher les informations du casier judiciaire. Pour les extraits, ce sont gĂ©nĂ©ralement dans les dossiers de procĂ©dure. En revanche, pour les bulletins N°1, quelques Ă©chantillons (lettres B, T…) sont parfois conservĂ©s aux AD.

Sources : casier judiciaire, étude critique sur le casier judiciaire en France et dans les pays étrangers numérisé par gallica.bnf.fr, 9U1660-AD12, 5U1261-AD12

© 2017 Généalanille

Print Friendly, PDF & Email