L’hypothèque judiciaire, une source à exploiter

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Juin 062018
 

L’utilisation des registres d’hypothèques est frĂ©quente en gĂ©nĂ©alogie pour reconstituer l’histoire d’une maison… mais elle peut ĂŞtre une ressource originale pour la partie judiciaire.

Les différentes hypothèques

Une hypothèque permet de saisir un bien immobilier (ou son usufruit) en cas de non paiement d’une créance par un débiteur.

Elle peut ĂŞtre lĂ©gale, judiciaire ou conventionnelle selon la loi du 19 mars 1804. Ces notions apparaissent parfois sur les rĂ©pertoires de formalitĂ©s dĂ©posĂ©s aux archives dĂ©partementales. Elles sont alors sur la page de droite de la case de la personne recherchĂ©e. Leurs rĂ©fĂ©rences correspondent aux registres d’inscriptions de crĂ©ances.

 

L’ hypothèque judiciaire

Les hypothèques judiciaires Ă©manent de jugements provisoires ou dĂ©finitifs, contradictoires ou par dĂ©faut… et ce quel que soit le tribunal.

Ainsi, on peut retrouver, par exemple, une transcription de créances concernant :

  • Le tribunal civil

  • La justice de paix

  • Le tribunal de commerce…

Il suffit de relever le lieu du tribunal et la date du jugement pour en connaitre les dĂ©tails. Ces Ă©lĂ©ments sont d’autant plus importants quand le tribunal qui a rendu le jugement ne dĂ©pend pas du mĂŞme arrondissement que le bureau d’hypothèques dont dĂ©pendent les biens immobiliers.

 

Une source cependant limitée

Si cette astuce est un des moyens de trouver un événement qui est survenu dans la vie de vos ancêtres, il faut cependant admettre que cette source peut être limitée :

  • Car tous les centres d’archives n’ont pas Ă  leur disposition des rĂ©pertoires de formalitĂ©s des hypothèques
  • Suite Ă  un visa d’élimination qui a fait dĂ©truire les registres d’inscription de crĂ©ances Ă  compter de l’existence des rĂ©pertoires gĂ©nĂ©raux (1865)
  • Car la notion « judiciaire » est loin d’être systĂ©matiquement indiquĂ©e.

Vous saviez dĂ©jĂ  que votre ancĂŞtre possĂ©dait des biens immobiliers, vous apprendrez alors Ă  qui il devait de l’argent…

 

Sources: 4Q74-AD12, 4Q98-AD12, 79Q73-AD12, 79Q86-AD12, 79Q97-AD12

© 2018 Généalanille

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Claude Priet, mort pour la France

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Juin 012018
 

Claude Priet est le 56ème mort pour la France de Grury. Il est dĂ©cĂ©dĂ© des suites d’une intoxication par gaz Ă  l’hĂ´pital de Redon (35). Il avait 24 ans.

 

Le dernier de la famille

Claude Priet est né le 20 juillet 1894 au hameau des Granges à Grury (71). C’est le dernier des 9 enfants de Jacques Priet, cultivateur et de Louise Journet.

Il a tout juste 20 ans quand la première guerre mondiale est déclarée. Ses frères partent chacun dans leurs régiments respectifs : le train des équipages militaires pour l’ainé Jean Marie, l’artillerie à pied pour Etienne, le génie pour Philibert, l’artillerie de campagne pour l’autre Jean Marie et l’autre Etienne est évacué comme blessé dès la fin août 1914.

Dans l’infanterie

Claude Priet part rejoindre le 134ème régiment d’infanterie le 8 septembre 1914 où il suit probablement quelques mois d’instructions. Il est ensuite affecté au 56ème RI dès le 17 novembre 1914 puis au 95ème RI le 13 décembre 1914. C’est peut être avec ce régiment qu’il découvre le front et subit le baptême du feu.

Le 95ème régiment d’infanterie est au repos au sud de Saint Mihiel (55) et reçoit plusieurs renforts :

– 277 hommes dont 258 soldats le 15 dĂ©cembre 1914

– 225 hommes le 16 dĂ©cembre 1914

– 281 hommes le 19 dĂ©cembre 1914.

Les hommes semblent rejoindre leurs unités dès le 23 décembre dans le secteur de la tête à vache. Le journal de marche égrène déjà chaque jour un état de pertes comprenant blessés et/ou tués.

TĂŞte Ă  vache, un secteur meurtrier

Le secteur est très meurtrier et le régiment continue de recevoir régulièrement des vagues de renfort par centaine.

Malgré leurs efforts, les hommes ont du mal à prendre les tranchées ennemies. « L’opération d’attaque prescrite par le commandement a échoué parce qu’elle n’avait qu’une préparation très insuffisante par le génie et aussi en raison de la fatigue extrême des troupes de 1ère ligne ».

La fĂŞte de l’empire contre la marseillaise

Le 28 mars 1915, les allemands souhaitent fĂŞter la constitution de leur empire… les français continuent de tirer.

La déclaration de guerre de l’Italie à l’Autriche deux mois plus tard est fêtée dans les tranchées au son de la Marseillaise.

Verdun…

Le mois de juillet 1915 est intensif au niveau des combats. Le 95ème Régiment d’infanterie reste en place dans la même zone géographique pendant encore plus d’un an et va vivre le début de la bataille de Verdun à Douaumont.

Claude Priet est affecté au 36ème RI le 23 juin 1916. Le journal de marche de ce régiment est beaucoup moins bavard. La mention « même situation » avec le nombre de tués et de blessés est égrenée quotidiennement.

Les hommes restent dans le secteur de Mouilly, la Colonne et les Eparges au sud de Verdun jusqu’au printemps 1917.

Le chemin des dames

Fin mars après un passage en Lorraine, le régiment rejoint la région de Château Thierry. Le 30 mai, il est dans la région de Noyon (Oise) avant de monter en ligne à Urvillers au sud de Saint Quentin le 26 juin 1917.

Le 1er bataillon est citĂ© Ă  l’ordre du corps d’armĂ©e pour son coup de main du 15 novembre sur l’Ailette. Les hommes vont dans le secteur du chemin des dames dĂ©but dĂ©cembre 1917 entre Vauclerc et Craonne et… Claude Priet est promu soldat de 1ère classe le 23 dĂ©cembre 1917.

Evacué en Bretagne

Le 36ème RI part au mois de mai 1918 vers la Belgique dans la région du Mont Kemmel. Claude Priet est évacué comme blessé le 22 mai 1918 et décède des suites d’une intoxication par gaz le 1er ou le 2 juin 1918 à l’hôpital complémentaire N°57 de Redon (35). Sa fiche matricule donne les deux dates, l’une à l’encre, l’autre au crayon de papier. Il avait 24 ans.

Il est le 56ème mort pour la France de Grury. Ses frères sont tous revenus du front. Son corps est rapatriĂ©. Il repose au cimetière de Grury. Sa plaque indique qu’il a Ă©tĂ© tuĂ© au Mont Kemmel…

 

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1914-AD71, 26N670/4 à 6, 26W612/5 et 6 –sga mémoire des hommes

© 2018 Généalanille

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Connaître son village grâce à sa foire

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Mai 312018
 

La création d’un jour de foire dans un village est réglementée. Les documents la concernant (dans la série M des archives) nous permettent parfois d’en apprendre plus sur son économie et sa géographie.

Impossible de trouver un plus beau champ de foire !

« Salles possède une vaste et magnifique place, ornée au milieu d’un superbe jet d’eau ; trois avenues y conduisent : impossible de trouver un plus beau champ de foire. Salles est un lieu commerçant, industriel et agricole ; il y a deux filatures, les caves de Saint Laurent qui conservent et améliorent le vin et qui seraient même propres à la fabrication du fromage de brebis ; les villages de Pont, de Cougousse et de St Austremoine qui sont si riants, où les gens sont si laborieux, où la culture de la vigne est si perfectionnée et où l’on engraisse si bien les moutons ; Vanq, Souyri, Solsac, Mondalazac et Cadayrac où on se livre avec tant de succès à l’élève en grand des bêtes à laine et des agneaux que l’on trouve réunis par centaines ; où l’on voit des troupeaux de cochons des meilleures espèces ; où les bœufs, d’une taille colossale, sont poussés à un tel point d’engraissement qu’ils pourraient aller rivaliser avec ceux de Poissy : tout en un mot milite pour l’établissement de foires à Salles. »

Cet extrait n’est pas issu d’un document touristique mais bel est bien d’une délibération du conseil municipal de Salles la Source de 1864 afin d’obtenir deux foires annuelles.

Pourquoi des foires ?

Ouverture du marché à la concurrence, libre échange des denrées mais aussi lieu de débauche, les foires sont un élément essentiel pour la circulation des marchandises. D’ailleurs elles dépendent du bureau du commerce alors que les marchés sont du ressort de l’agriculture et de la subsistance.

Cependant, l’érection de nouvelles foires n’est pas toujours la bienvenue…

Dans le département de l’Aveyron, un recensement des marchés est fait en 1822. Pour les foires, il a lieu en 1837 puis en 1849, en 1866 et en 1896.

Les avis administratifs

Reprenons l’exemple de Salles la Source. Elle fait une première demande en 1840 pour deux jours de foires. Le village qui était autrefois presque inaccessible est devenu très important grâce à l’ouverture d’une route dans la vallée et à l’installation d’établissements industriels.

Il faut cependant demander leur avis à toutes les communes situées à moins de myriamètres par le biais de leur conseil municipal.

Tous sont favorables sauf :

  • Onet le Château pour qui « les jours de foire et de marchĂ© sont pour les cultivateurs et journaliers des occasions de perte de temps et de dĂ©bauche.  »
  • Le nouveau conseil municipal d’Olemps qui pense que « ces rĂ©unions parmi les habitants des campagnes qui ne sont que trop portĂ©s Ă  s’y rendre, plus souvent dans des vues de dissipations ou de curiositĂ© que dans un but utile. »
  • La commune de Muret car « ordinairement dans les foires ont lieu des rixes qui sont toujours les suites de libertinage. »
  • Et enfin Druelle car « toutes les communes environnantes s’y opposent ».

Cet avis est complété de celui du conseil général et du conseil d’administration. Ces deux dernières instances doivent obligatoirement être consultées depuis la loi du 10 mai 1838.

A partir du décret du 25 mars 1852, il faut également l’avis de la chambre d’agriculture.

La dĂ©cision finale revient au ministère de l’intĂ©rieur puis est dĂ©centralisĂ©e au prĂ©fet Ă  compter du 13 aout 1864…

 

Une fiche de renseignements Ă©conomiques du village

Dès 1838, il est demandé aux communes de fournir une liste de renseignements économiques de leur village : industrie, production, population. Mais c’est une circulaire du 05 juillet 1855 qui fixe un modèle très complet à remplir.

Le nombre de maisons, le nombre de ménages, la population avec répartition par sexe et par situation matrimoniale. La superficie de la commune et la décomposition par type de cultures.

Le nombre d’édifices publics, le nombre de chemins, de rivières. La production agricole et industrielle, la quantité de bêtes élevées, le nombre de dindons, oies, poules et canards. Tout y passe.

La filature qui ne fait jamais chĂ´mer ses ouvriers et dont « son passĂ© garantit son avenir » est dĂ©taillĂ©e. On indique le nombre de mĂ©tiers Ă  tisser, le nombre d’ouvriers. Idem pour les moulins et les pressoirs Ă  huile….

C’est une véritable occasion de mettre en valeur le village lors de la nouvelle demande de 1864.

« Éducation en grand et avec succès des bestiaux ; culture perfectionnée de la vigne ; fabrique à draps considérable ; exploitation sur plusieurs points de la commune du minerai de fer, chemin de fer, routes et chemins commodes ; champ de foire magnifique, loyauté naturelle des habitants et bons hôtels à Salles la Source. »

D’ailleurs la foire n’est pas gratuite pour les exposants…

Les droits de place sont décidés par le conseil municipal et le prix est un indicateur de la renommée de la foire et de la volonté de faire venir des exposants.

Parfois des plans ou des affiches

La carte topographique demandée dès 1838 permet de visualiser les communes à environ 20km à la ronde et le nombre de foires déjà existantes. En 1864, elles sont 80 dont 14 dans le canton : 7 à Marcillac, 3 à Pruines, 2 à Clairvaux et 2 à Valady.

La forme de la carte diffère avec les époques ou les communes qui font la demande.

Quelques fois, les dossiers nous montrent aussi des plans de ville avec les noms des propriétaires des maisons, notamment dans les dossiers de droit de place.

Pour les pĂ©riodes les plus rĂ©centes et les foires les plus spĂ©cialisĂ©es, les archives nous offrent parfois des affiches.… ou des diplĂ´mes.

 

Un lieu de vie

Contraventions, occasion de croiser le notaire, bagarres, ambulants, marchands de bestiaux, la foire est un moment et un lieu de vie privilĂ©giĂ©s pour nos ancĂŞtres. C’est donc dans les sĂ©ries M, E, U, Z et la presse qu’on peut retrouver d’autres traces…

D’ailleurs la première foire de 1865 Ă  Salles la Source s’est bien passĂ©…. selon le journal local.

 

Sources 8M58-AD12, 8M59-AD12, 8M61-AD12, 8M62-AD12, 8M125-AD12, 204W35-AD12, PER1181-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2018 sur le thème imposé « la foire ».

PV de survol du territoire par certains engins

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Avr 302018
 

Le Maréchal des logis chef de Saint Geniez rédige en 1954 un procès verbal de renseignements de survol du territoire par certains engins qu’on pense être des soucoupes volantes.

Des engins vus par d’honnêtes gens

Ayant « appris, vaguement, que certains engins inconnus, auraient été aperçus ces derniers jours, survolant le territoire de la commune de Saint Geniez d’Olt », le maréchal des logis chef René Maurel reçoit l’ordre de procéder à une enquête sur la nature de ces engins mystérieux.

Mme Yvonne Marcillac, bouchère dans la rue du commerce tĂ©moigne. Le 30 septembre vers 7H30, elle a entendu un « bruit pareil Ă  un grondement de tonnerre. » Levant les yeux, elle a aperçu une forme de masse cylindrique sans queue ni ailes. Il Ă©tait de couleur argentĂ©e et n’émettait aucune fumĂ©e. Il allait Ă  une vitesse Ă  peu près identique Ă  celle d’un avion. L’engin se dirigeait vers le sud. Mme Marcillac en a parlĂ© Ă  quelques clients mais comme personne n’avait rien vu….

Mr Fernand Caplat, habitant la même rue est lui aussi interrogé. C’est la veille du 30 septembre vers 21H30 qu’il a vu un engin de forme allongée. Silencieux, il laissait « échapper des étincelles sur les côtés et une traînée rougeâtre sur l’arrière. » Sa vitesse était celle d’un avion à réaction donc il a vite disparu du ciel en se dirigeant vers le nord est. Mr Caplat en a parlé à quelques voisins qui ne semblent pas avoir vu la même chose que lui.

Mr Joseph Clarion, électricien, habite lui aussi dans la même rue. C’est le 29 septembre au matin vers 6H30 qu’il a entendu un bruit de tonnerre. Il a levé les yeux au ciel et a vu un engin de « forme allongée, la queue effilée, qui volait à la vitesse d’un avion à réaction. » De couleur foncée, l’engin émettait des étincelles et n’avait pas d’ailes. Il se dirigeait vers le Sud ouest. Mr Clarion n’en a parlé à personne.

L’avis du gendarme

Le maréchal des logis chef a interrogé les 3 seuls témoins du survol. Il n’est pas très convaincu d’une présence surnaturelle. « Aux dires de certains, il pourrait s’agir d’appareils ultra modernes. » Telle est sa conclusion. Son rapport est envoyé à l’inspecteur spécialisé de la police de l’Air, aux renseignements généraux du département et au préfet.

Un phénomène à la mode

Si le survol de Saint Geniez ne semble pas inquiéter les habitants, c’est bien tout le ciel aveyronnais qui est envahi d’engins mystérieux ! Le phénomène a commencé le 13 septembre vers 14H à Vabre Tizac avec Mr Marre qui a aperçu « une grosse masse jaunâtre de forme ovoïde qui pouvait avoir le diamètre d’une barrique. » L’homme de 73 ans, qui jouit de la plénitude de ses facultés mentales, s’est rendu sur les lieux supposés du décollage mais n’a pas trouvé de trace.

A 23 heures le mĂŞme jour, Mr Bessières, jeune ouvrier mĂ©canicien Ă  Villefranche de Rouergue a vu un engin lumineux dans le ciel. Après un instant d’étonnement, il est parti au cafĂ© de la paix chercher d’autres tĂ©moins… Et ils sont 7 personnes Ă  avoir vu « un globe de couleur rouge, de la grosseur d’un ballon de football duquel s’échappaient des Ă©tincelles », changeant de couleur et passant du vert au blanc Ă©clatant.

Le ciel rempli de soucoupes

Le 11 octobre, « une soucoupe volante s’est posĂ©e dans un pré » Ă  Montbazens. C’est le fils du garagiste qui a vu une lumière vive et a cru Ă  un feu. Mr Gardelle a voulu s’approcher de l’engin mais celui ci a dĂ©collĂ© Ă  toute vitesse sans bruit et sans laisser de trace sur le sol….

5 jours plus tard, le journal annonçait qu’il s’agissait d’une plaisanterie. La soucoupe était « un vieux parapluie illuminé et la grande lueur un feu de bengale ! »

Le mĂŞme jour 11 octobre Ă  Pont de Salars, Mme K… partie chercher de l’herbe pour ses lapins a aperçu un large disque lumineux vers 18H. L’engin irradiait un Ă©clat presque insoutenable.

Le 12 octobre puis le 14, le ciel de Villefranche voit passer une boule rouge, puis un disque vert

Le vendredi 15 octobre vers 9H, c’est Ă  Lacroix Barrez qu’un objet lumineux de forme cylindrique Ă©voluait d’Ouest en Est… Lentement ! C’est le mĂŞme tĂ©moignage Ă  Villefranche de Rouergue : un point blanc qui se dĂ©place lentement.

Une énigme résolue

C’est finalement vers 14H ce 15 octobre 1954 que l’énigme est résolue. La soucoupe est un ballon-sonde lancé par l’institut de recherches scientifiques de Padoue en Italie. L’aéronef faisait 28 mètres et évoluait entre 30 et 35000 mètres d’altitude. A tous ceux qui auront cru voir deux martiens « un petit et un grand », il faudra alors se résigner de l’absence de surnaturel dans le ciel aveyronnais.

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’avril 2018 sur le thème imposĂ© « un fait divers Ă  travers les archives de la gendarmerie ou de la police ».

Sources: 338W65-AD12, PER1479-AD12, PER261-AD12, PER880-AD12, PER962-AD12, PER1268-AD12

Baudelin Claude, mort pour la France

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Avr 042018
 

AgĂ© de 45 ans, Claude Baudelin est le 55ème mort pour la France de la commune de Grury (71). Il a Ă©tĂ© tuĂ© par l’ennemi dans la Somme.

 

Un cultivateur ordinaire

Claude Baudelin est né le 13 novembre 1873 à Urly commune d’Issy l’Evêque (71) d’Emiland et de Pierrette Theveniaud. Il est le 6ème enfant de la fratrie.

Claude part faire son service militaire au 19ème bataillon de chasseurs à pied en 1894 et revient à la vie civile en septembre 1897. Il se marie le 8 mai 1900 à Marly sous Issy avec Marie Nectoux puis part s’installer avec ses beaux parents aux Rio des Crottes à Saint Léger des Vignes (58).

Il revient en Saône et Loire en 1905 où il s’installe aux Dorains à Grury toujours avec ses beaux-parents.

 

Mobilisation générale

Mobilisé par décret du 1er aout 1914, il arrive au service des gardes de voies de communication le 16 septembre 1914, mais un mois plus tard il est rappelé au corps. Les hommes semblent suivre une période d’instructions.

Il passe au 44ème bataillon de chasseurs à pieds le 18 mai 1915 qu’il rejoint accompagné de « territoriaux et de réservistes n’ayant jamais servi. »

Le régiment est à Carency (62) et vient de subir 4 jours de combat. Son action a cependant permis la prise de 700 prisonniers dont plusieurs officiers.

Sur le front

Claude rejoint peut être réellement le front le 22 mai 1915 sous des bombardements intermittents. Il y reste en tous cas une semaine avant d’être affecté au 226ème régiment d’infanterie. On peut alors imaginer qu’il appartient à la compagnie de mitrailleuses qui vient d’être constituée.

 

Le 3 juin le 5ème bataillon resté en première ligne enlève une tranchée et fait 44 prisonniers. Les bombardements sont violents mais il faut construire « le boyau des Mâconnais. » Après une semaine, les hommes partent au repos.

Les attaques s’enchainent parfois sans trop de bons rĂ©sultats… Le repos Ă  l’arrière a lieu fin juin. Les combats continuent jusqu’à fin septembre 1915.

Le 17 octobre 1915, c’est la remise de la croix de guerre au drapeau.

Au 14ème RIT

Claude Baudelin est affecté au 14ème Régiment d’infanterie territorial le 16 novembre 1915. Les hommes défendent la région de la fosse Calonne où ils restent jusqu’à la fin février.

Le 25 février 1916, c’est le départ pour la Somme. Départ difficile en raison du verglas et de la neige.

De plus, la rĂ©gion de Belleuse (80) est, elle aussi, frappĂ©e par des mauvaises conditions mĂ©tĂ©orologiques. La route est complètement coupĂ©e par la neige qui atteint plus d’un mètre par endroit. Il faut donc faire prĂ©cĂ©der la colonne par un chariot chasse neige pour que les hommes puissent atteindre leur point de cantonnement. A peine arrivĂ©, il faut dĂ©jĂ  prendre place sur le front….

Ils restent dans la région jusqu’au mois de juin où ils reçoivent l’ordre de faire une marche de nuit alors qu’ils ont travaillé toute la journée dans les tranchées.

L’Oise et le retour Ă  l’armĂ©e active

En juin 1916, les hommes prennent donc le train pour aller effectuer des relèves à Saint Léger aux Bois dans l’Oise.

Le journal de marche est plus laconique pendant l’été. A partir du 19 aout 1916, les hommes sont dans le secteur de Tracy le Val.

Le 21 avril 1917, tous les hommes et gradés des classes 1897 et plus jeunes sont envoyés en renfort dans les régiments actifs. Claude Baudelin est de la classe 1893, il reste au 14ème RIT.

Le régiment dissolu

Le 22 janvier 1918, le 1er bataillon auquel appartient Claude Baudelin est désigné pour être « bataillon de réserve d’infanterie d’une division ». Un mois plus tard, le 14ème RIT est dissolu et seul le 1er bataillon subsiste.

Le 31 janvier 1918, ce bataillon quitte Noyon pour rejoindre la région de Dunkerque. Il débarque à Bergues et cantonne à Biernes. Les hommes sont affectés au parc du génie d’Adinkerque (Belgique).

Retour dans la Somme

Le 30 mars 1918, le bataillon prend le train et débarque à Longueau, à l’est d’Amiens. Le 3 avril, il arrive à Dommartin.  Claude Baudelin est tué dans la matinée du 4 avril 1918.

 

 

Il est le 55ème mort pour la France de Grury. Son nom ne figure pas sur la plaque de l’Ă©glise paroissiale.

Sources 5E239/24-AD71, 5E280/11 -AD71, 1R RM Autun 1893/2-AD71, 6M Grury-AD71, 6M250-AD58, sga mémoire des hommes : 26N827/14, 26N721/1, 26N775/8, 26N775/9, 26N775/10

 

© 2018 Généalanille

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Le maire qui voulait une mairie

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Mar 312018
 

Mr Boscary, maire de Saint Côme d’Olt, souhaite un local pour y installer sa mairie et y stocker archives et matériel.

Un maire nommé puis élu

Jean Baptiste Boscary est nommé provisoirement maire de la commune de Saint Côme d’Olt par décret du 20 septembre 1870. Les formalités de prestation de serment étant abolies, il est directement installé dans sa fonction. Quelques jours plus tard, Mr Séguret est nommé adjoint.

Sa première demande est d’obtenir un inventaire de tous les papiers et objets mobiliers qui se trouvent dans la salle de la mairie. Messieurs Lacroix et Bosc exécutent ce travail en compagnie du nouveau maire.

Après les élections du 30 avril 1871, Jean Baptiste Boscary est élu par le conseil municipal avec 13 voix. Son adjoint est plébiscité de la même façon avec 13 voix.

Une mairie nécessaire

C’est dans la délibération du conseil municipal du 5 janvier 1873 que le maire va exposer le besoin d’un lieu unique de rassemblement.

Les réunions de conseil, ou les réunions publiques, sont faites dans des appartements disponibles dont le nombre est réduit et qui ne sont pas toujours dans un état convenable. De plus, le déplacement fréquent de papiers et archives peut donner lieu à des pertes. N’a-t-on pas déjà constaté que des registres de l’état civil avaient été soustraits ? Il serait regrettable que cela se renouvelle.

Par ailleurs, avoir une mairie, cela permettrait de stocker la pompe Ă  incendie et son matĂ©riel…

Les taxes pour les gardes nationales mobilisées

Comment financer ce bâtiment? La municipalitĂ© possède un emplacement et elle pourrait retirer les matĂ©riaux d’un vieux bâtiment dit « le four », ce qui Ă©viterait des frais. Avec 3000 francs, on pourrait construire une mairie modeste… Et la nouvelle loi du 26 novembre 1872 va permettre de trouver cette somme.

En effet, une taxe spĂ©ciale avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour l’organisation des gardes nationales mobilisĂ©es. L’Ă©tat doit rembourser cette somme aux commune. Celle de Saint CĂ´me va toucher 11852, 33 francs. Alors, en prenant 3000 francs pour la mairie, cela laisse une somme consĂ©quente pour les travaux des chemins vicinaux ou les indemnitĂ©s du garde champĂŞtre.

Le prĂ©fet approuve cette dĂ©libĂ©ration 29 avril 1873 mais rien ne bouge. Il n’y a aucune trace de construction de mairie dans les dĂ©libĂ©rations de conseil municipal pendant les mandats de Mr Boscary (qui est rĂ©Ă©lu en 1874).

 

Le maire meurt

« Le conseil municipal croit être l’interprète de la commune de Saint Côme en exprimant les regrets douloureux que nous a causé la mort de notre ami commun, Mr Jean Baptiste Boscary, dont les qualités comme maire et comme médecin ont été appréciées de tout le pays ».

Mr Boscary décède le 7 février 1877 d’apoplexie sans jamais, semble-t-il, avoir eu une mairie. Son adjoint lui succède avant de démissionner « pour raison de santé ».

mairie

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2018 sur le thème imposé « un maire au XIXe Siècle » avec la complicité de ma stagiaire Dominique.

 

Source journal de l’Aveyron-AD12, Bulletin des lois 1872-numérisé par Gallica, Archives municipales de Saint Côme, 3M755-AD12, 3M1061-AD12, 2O224/3-AD12

Le fils adoptif

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Mar 242018
 

Un enfant abandonné non déclaré

Elle s’appelle Angèle et est née en Espagne en 1893. Mariée, elle a un enfant, un fils, né en fin d’année 1922. Mais le petit ne survit pas et meurt à 2 mois. Le chagrin est immense, forcément…

« DĂ©sireuse d’élever un autre enfant afin qu’il tienne la place de son fils disparu », elle s’adresse Ă  une sage-femme de sa ville qui lui remet un jeune enfant abandonnĂ©. Il a un an, a Ă©tĂ© baptisĂ© sous le prĂ©nom de Francisco, ses parents sont connus. L’enfant n’est pas abandonnĂ© pour l’administration. Aucun Ă©tablissement d’assistance n’a recueilli l’enfant donc aucune dĂ©marche officielle d’adoption n’est possible… ni mĂŞme envisagĂ©e.

Le fils adoptif

Alors l’enfant change de maison. Il s’appelle dorénavant Georges et est élevé comme le fils défunt de la famille. Et il ne tarde pas à avoir un petit frère, José. Enfin, disons plutôt que ses parents adoptifs ont un fils, qui lui survit. La famille a également en troisième fils dont on ne sait rien de plus.

La famille en Aveyron

En 1939, avec la guerre civile, Angèle rejoint la France et passe la frontière avec ses deux fils José et Georges. Le troisième enfant reste en Espagne. Elle s’installe dans l’Aveyron. Ils sont recensés en février et comme ils n’ont pas de pièces d’identité, Georges est noté sous le nom que sa mère lui a donné. Les deux garçons ont les yeux marrons, le teint basané mais José, le plus jeune mesure 10 cm de plus que Georges.

Ils n’ont pas la même couleur de cheveux. Georges est peut-être plus bagarreur. Il a une cicatrice au front côté gauche et une autre à travers la joue droite.

Retrouver son identité

En octobre 1940, il fait une demande de carte d’identité de travailleur, puis une autre en février 1942.

En août 1942, sa mère lui dit tout. Il apprend à 20 ans que sa mère n’est pas la sienne mais qu’elle l’a élevé comme ses autres fils. La situation est particulière mais pas très grave en soi…. Sauf que Georges-Francisco veut se marier et a besoin d’une copie de son acte de naissance ! Il finit par l’obtenir en février 1943 mais ce n’est pas cohérent avec ses papiers actuels… Le curé alerte le sous préfet. Le commissaire de police envoie un courrier au préfet pour régler la situation. Une nouvelle carte d’identité est faite au vrai nom du jeune homme et il peut enfin se marier…

 

Sources 314W21-AD12, 4M707-AD12, Photo d’illustration 4M618-AD12

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Les filleuls de l’empereur

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Mar 162018
 

Le 16 mars 1856 naissait le prince impérial Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte. L’empereur a décidé qu’il serait parrain et l’impératrice marraine de tous les enfants légitimes nés le même jour.

La bonne nouvelle

A Rodez, c’est au son du carillon de la cathédrale, sonné à toute volée, que la plupart des ruthénois ont appris la naissance du prince impérial. Les maisons particulières et les édifices publics ont été pavoisés de drapeaux aux couleurs nationales et les façades des principaux monuments ont été illuminées à 8 heures.

Le 20 mars, les maires de l’Aveyron apprennent la possibilitĂ© d’un auguste parrainage, sous rĂ©serve d’en faire la demande dans un dĂ©lai d’un mois.

 

64 aveyronnais

Ils sont 64 nouveaux nés inscrits sur les registres d’état civil de 54 communes de l’Aveyron à être nés le même jour que le prince. Certains portent le prénom de Napoléon (à Aubin, Espalion et 2 à Saint Amans). Il y a même des jumeaux à Villefranche de Panat.

empereur

Communes des enfants nés le même jour que le prince impérial

 

Seulement tous ne peuvent pas ĂŞtre les filleuls impĂ©riaux. Il faut d’abord qu’ils soient lĂ©gitimes, qu’ils survivent et que les parents fassent la demande… Ce qui va Ă©liminer quelques candidats. On ne parlera mĂŞme pas de l’enfant trouvĂ© abandonnĂ© Ă  Bouillac…

 

Les cadeaux aux filleuls

Une première année s’écoule et c’est déjà l’anniversaire des enfants. En 1857, les familles de 3 filleuls bénéficient d’une subvention de 100 francs chacun.

En 1858, ce sont 3 autres filleuls qui touchent 100 francs de la part de l’empereur. Les annĂ©es suivantes, ils sont entre deux et six familles Ă  bĂ©nĂ©ficier de 100 francs.

Les bĂ©nĂ©ficiaires varient d’une annĂ©e sur l’autre. Cependant, Marie Astoul, ThĂ©rèse MĂ©lanie Espie, EugĂ©nie Alet, Louis TrayniĂ©, Louis Marre, l’enfant du gendarme Boutal Ă  Najac, et  Rosalie EugĂ©nie Carrier (la seule nĂ©e Ă  Rodez) toucheront trois fois la subvention.

Puis vient l’âge de la première communion. A cette occasion,  les filleuls du prince obtiennent, en plus, un secours de 50 francs. Et ils sont nombreux: 2000 Ă  3000 selon les journaux!  Cette force dĂ©pense est d’ailleurs dĂ©noncĂ©e par le Figaro…

Napoléon est constitué prisonnier en 1870 puis la République est proclamée. Par conséquent, les subventions aux filleuls sont supprimées.

 

Par ailleurs, on peut noter que l’anniversaire du prince impérial a été aussi l’occasion pour certains maires d’être promus à l’ordre de la légion d’honneur.

 

Source : Répertoire administratif numérisé par Gallica, Le Figaro numérisé par Gallica, Journal de l’Aveyron-AD12, 4E11/8-AD12, 4E12/13-AD12, 4E15/9-AD12, 4E18/4-AD12, 4E27/4-AD12, 4E29/11-AD12, 4E34/4-AD12, 4E47/8-AD12, 4E106/5-AD12, 4E53/4-AD12, 4E54/6-AD12, 4E57/5-AD12, 4E59/10-AD12, 4E62/4-AD12, 4E65/5-AD12, 4E69/9-AD12, 4E75/3-AD12, 4E77/5-AD12, 4E78/4-AD12, 4E84/15-AD12, 4E109/6-AD12, 4E122/11-AD12, 4E123/11-AD12, 4E114/8-AD12, 4E125/6-AD12, 4E140/10-AD12, 4E116/7-AD12, 4E148/11-AD12, 4E157/50-AD12, 4E132/6-AD12, 4E163/2-AD12, 4E174/8-AD12, 4E170/5-AD12, 4E202/7-AD12, 4E212/36-AD12, 4E261/11/AD12, 4E263/4-AD12, 4E275/13-AD12, 4E277/6-AD12, 4E216/31-AD12, 4E217/9-AD12, 4E224/9-AD12, 4E245/9-AD12, 4E255/7-AD12, 4E228/3-AD12, 4E281/4-AD12, 4E290/12-AD12, 4E299/6-AD12, 4E300/40-AD12, 4E302/9-AD12, 4E306/7-AD12

 

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Les deux listes Ă©lectorales

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Mar 152018
 

Pendant 10 ans, les communes ont établi deux listes électorales de rectification des électeurs : la liste municipale et la liste politique.

Un outil en généalogie

D’usage très inégal selon les dépôts d’archives, les listes électorales sont un outil intéressant pour la généalogie. Leur premier avantage est d’utiliser un classement alphabétique, ce qui permet de trouver l’adresse de la personne recherchée. Avouez que dans une grande ville, c’est beaucoup plus commode pour rechercher ensuite la famille dans les recensements de population.

Le deuxième avantage, c’est de connaitre une année de naissance, plus ou moins approximative. Car à bien y regarder pour une même année (1914 par exemple), les documents ne donnent pas les mêmes informations. Dans certains départements, vous trouverez un âge,

Pour d’autres une date de naissance (les documents sont loin d’ĂŞtre tous dactylographiĂ©s),

Et pour les plus complets, date, lieu de naissance et nom prénom des parents (pas toujours remplis).

 

Le troisième avantage, c’est de pouvoir pister les départs et arrivées dans une commune grâce aux listes de rectification. Et celles-ci ont connu une spécificité entre 1874 et 1884

 

Une résidence de 6 mois pour s’inscrire

Le décret du 5 mars 1848 autorise tout citoyen (homme) à voter à partir de ses 21 ans. Les listes électorales sont alors établies à partir de celles existantes, des contrôles de la garde nationale et des actes d’état civil. Pour s’inscrire dans une commune, il fait justifier d’une résidence d’au moins 6 mois dans la commune.

Une nouvelle loi pour les Ă©lections municipales

La loi du 7 juillet 1874 indique les conditions pour être inscrit sur la liste des électeurs qui votent lors des municipales. Et le délai de résidence est accru.

  • 6 mois pour les natifs de la commune,
  • 1 an si on paye une des 4 contributions directes,
  • 1 an si on s’est mariĂ© dans la commune….
  • Pour les autres, il faut rĂ©sider dans la commune depuis 2 ans pour s’inscrire sur la liste Ă©lectorale.

Le suffrage universel pour les députés

La loi du 30 novembre 1875 est destinée à l’élection des députés. C’est elle qui prévoit l’établissement de deux listes, offrant ainsi la possibilité à ceux qui résident depuis 6 mois dans la commune de s’inscrire sur une liste complémentaire dite « liste politique »

Vous verrez ainsi dans vos archives, outre la liste électorale, deux tableaux de rectification. L’un porte souvent la mention « Néant ».

 

Parfois la liste porte des noms diffĂ©rents, vous saurez alors que la diffĂ©rence ne porte que sur la durĂ©e de rĂ©sidence dans la commune….

La loi du 5 avril 1884 supprimera cette spĂ©cificitĂ©, mais la liste de rectification restera un Ă©lĂ©ment important Ă  consulter. Surtout s’il donne la cause de radiation (dĂ©mĂ©nagement, dĂ©cès…)

listes

Sources: Code Ă©lectoral : de la formation et de la rĂ©vision annuelle des listes Ă©lectorales numĂ©risĂ© par Gallica. Journal de l’Aveyron-AD12, 3M258-AD12, 3M260-AD12, 3M341-AD12, 3M512-AD69, M647-AD71

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Le logis du diable

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FĂ©v 282018
 

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
SituĂ©e Ă  l’entrĂ©e du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien situĂ©e » restait Ă  l’abandon depuis que le fils avait empoisonnĂ© sa mère. L’histoire est racontĂ©e par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une lĂ©gende ou un fait vĂ©ridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainĂ© des garçons a toutes les qualitĂ©s: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait Ă©pouser sa nièce, mais Jean a tirĂ© un mauvais numĂ©ro et doit partir faire sa pĂ©riode militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il rĂ©unit toute la famille autour du lit et fait promettre Ă  Jean d’Ă©pouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainĂ© de veuve est susceptible d’ĂŞtre exemptĂ© et c’est son frère qui partira pour l’armĂ©e quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue CaĂŻn

On enterre le père, le fils ainĂ© prend sa place Ă  table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considĂ©rĂ©e comme maudite par les dĂ©mons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainĂ©.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti Ă  l’armĂ©e. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend Ă  Rodez et Ă©crit une lettre contrefaisant l’Ă©criture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

DĂ©bauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ©e Ă  l’arsenic.
Jacques est arrĂŞtĂ©, accusĂ© de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonnĂ© dans la disparition de son frère.


Il s’Ă©vade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitĂ´t enterrĂ©e, la ferme est abandonnĂ©e.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul rĂ©apparait Ă  la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelĂ©s. Il faut arrĂŞter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut Ă  nouveau rĂ©sider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul Ă  Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) Ă  cette Ă©poque. Il n’a pas non plus de trace du dĂ©serteur (le frère aĂ®nĂ© ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de rĂ©cit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble ĂŞtre inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut ĂŞtre une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est Ă  lire ici. Je l’ai dĂ©couverte grâce Ă  Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de donnĂ©es. Si vous en avez rencontrĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

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