Le maire qui voulait une mairie

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Mar 312018
 

Mr Boscary, maire de Saint Côme d’Olt, souhaite un local pour y installer sa mairie et y stocker archives et matériel.

Un maire nommé puis élu

Jean Baptiste Boscary est nommé provisoirement maire de la commune de Saint Côme d’Olt par décret du 20 septembre 1870. Les formalités de prestation de serment étant abolies, il est directement installé dans sa fonction. Quelques jours plus tard, Mr Séguret est nommé adjoint.

Sa première demande est d’obtenir un inventaire de tous les papiers et objets mobiliers qui se trouvent dans la salle de la mairie. Messieurs Lacroix et Bosc exécutent ce travail en compagnie du nouveau maire.

Après les élections du 30 avril 1871, Jean Baptiste Boscary est élu par le conseil municipal avec 13 voix. Son adjoint est plébiscité de la même façon avec 13 voix.

Une mairie nécessaire

C’est dans la délibération du conseil municipal du 5 janvier 1873 que le maire va exposer le besoin d’un lieu unique de rassemblement.

Les réunions de conseil, ou les réunions publiques, sont faites dans des appartements disponibles dont le nombre est réduit et qui ne sont pas toujours dans un état convenable. De plus, le déplacement fréquent de papiers et archives peut donner lieu à des pertes. N’a-t-on pas déjà constaté que des registres de l’état civil avaient été soustraits ? Il serait regrettable que cela se renouvelle.

Par ailleurs, avoir une mairie, cela permettrait de stocker la pompe Ă  incendie et son matĂ©riel…

Les taxes pour les gardes nationales mobilisées

Comment financer ce bâtiment? La municipalitĂ© possède un emplacement et elle pourrait retirer les matĂ©riaux d’un vieux bâtiment dit « le four », ce qui Ă©viterait des frais. Avec 3000 francs, on pourrait construire une mairie modeste… Et la nouvelle loi du 26 novembre 1872 va permettre de trouver cette somme.

En effet, une taxe spĂ©ciale avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour l’organisation des gardes nationales mobilisĂ©es. L’Ă©tat doit rembourser cette somme aux commune. Celle de Saint CĂ´me va toucher 11852, 33 francs. Alors, en prenant 3000 francs pour la mairie, cela laisse une somme consĂ©quente pour les travaux des chemins vicinaux ou les indemnitĂ©s du garde champĂŞtre.

Le prĂ©fet approuve cette dĂ©libĂ©ration 29 avril 1873 mais rien ne bouge. Il n’y a aucune trace de construction de mairie dans les dĂ©libĂ©rations de conseil municipal pendant les mandats de Mr Boscary (qui est rĂ©Ă©lu en 1874).

 

Le maire meurt

« Le conseil municipal croit être l’interprète de la commune de Saint Côme en exprimant les regrets douloureux que nous a causé la mort de notre ami commun, Mr Jean Baptiste Boscary, dont les qualités comme maire et comme médecin ont été appréciées de tout le pays ».

Mr Boscary décède le 7 février 1877 d’apoplexie sans jamais, semble-t-il, avoir eu une mairie. Son adjoint lui succède avant de démissionner « pour raison de santé ».

mairie

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2018 sur le thème imposé « un maire au XIXe Siècle » avec la complicité de ma stagiaire Dominique.

 

Source journal de l’Aveyron-AD12, Bulletin des lois 1872-numérisé par Gallica, Archives municipales de Saint Côme, 3M755-AD12, 3M1061-AD12, 2O224/3-AD12

Le fils adoptif

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Mar 242018
 

Un enfant abandonné non déclaré

Elle s’appelle Angèle et est née en Espagne en 1893. Mariée, elle a un enfant, un fils, né en fin d’année 1922. Mais le petit ne survit pas et meurt à 2 mois. Le chagrin est immense, forcément…

« DĂ©sireuse d’élever un autre enfant afin qu’il tienne la place de son fils disparu », elle s’adresse Ă  une sage-femme de sa ville qui lui remet un jeune enfant abandonnĂ©. Il a un an, a Ă©tĂ© baptisĂ© sous le prĂ©nom de Francisco, ses parents sont connus. L’enfant n’est pas abandonnĂ© pour l’administration. Aucun Ă©tablissement d’assistance n’a recueilli l’enfant donc aucune dĂ©marche officielle d’adoption n’est possible… ni mĂŞme envisagĂ©e.

Le fils adoptif

Alors l’enfant change de maison. Il s’appelle dorénavant Georges et est élevé comme le fils défunt de la famille. Et il ne tarde pas à avoir un petit frère, José. Enfin, disons plutôt que ses parents adoptifs ont un fils, qui lui survit. La famille a également en troisième fils dont on ne sait rien de plus.

La famille en Aveyron

En 1939, avec la guerre civile, Angèle rejoint la France et passe la frontière avec ses deux fils José et Georges. Le troisième enfant reste en Espagne. Elle s’installe dans l’Aveyron. Ils sont recensés en février et comme ils n’ont pas de pièces d’identité, Georges est noté sous le nom que sa mère lui a donné. Les deux garçons ont les yeux marrons, le teint basané mais José, le plus jeune mesure 10 cm de plus que Georges.

Ils n’ont pas la même couleur de cheveux. Georges est peut-être plus bagarreur. Il a une cicatrice au front côté gauche et une autre à travers la joue droite.

Retrouver son identité

En octobre 1940, il fait une demande de carte d’identité de travailleur, puis une autre en février 1942.

En août 1942, sa mère lui dit tout. Il apprend à 20 ans que sa mère n’est pas la sienne mais qu’elle l’a élevé comme ses autres fils. La situation est particulière mais pas très grave en soi…. Sauf que Georges-Francisco veut se marier et a besoin d’une copie de son acte de naissance ! Il finit par l’obtenir en février 1943 mais ce n’est pas cohérent avec ses papiers actuels… Le curé alerte le sous préfet. Le commissaire de police envoie un courrier au préfet pour régler la situation. Une nouvelle carte d’identité est faite au vrai nom du jeune homme et il peut enfin se marier…

 

Sources 314W21-AD12, 4M707-AD12, Photo d’illustration 4M618-AD12

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Les filleuls de l’empereur

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Mar 162018
 

Le 16 mars 1856 naissait le prince impérial Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte. L’empereur a décidé qu’il serait parrain et l’impératrice marraine de tous les enfants légitimes nés le même jour.

La bonne nouvelle

A Rodez, c’est au son du carillon de la cathédrale, sonné à toute volée, que la plupart des ruthénois ont appris la naissance du prince impérial. Les maisons particulières et les édifices publics ont été pavoisés de drapeaux aux couleurs nationales et les façades des principaux monuments ont été illuminées à 8 heures.

Le 20 mars, les maires de l’Aveyron apprennent la possibilitĂ© d’un auguste parrainage, sous rĂ©serve d’en faire la demande dans un dĂ©lai d’un mois.

 

64 aveyronnais

Ils sont 64 nouveaux nés inscrits sur les registres d’état civil de 54 communes de l’Aveyron à être nés le même jour que le prince. Certains portent le prénom de Napoléon (à Aubin, Espalion et 2 à Saint Amans). Il y a même des jumeaux à Villefranche de Panat.

empereur

Communes des enfants nés le même jour que le prince impérial

 

Seulement tous ne peuvent pas ĂŞtre les filleuls impĂ©riaux. Il faut d’abord qu’ils soient lĂ©gitimes, qu’ils survivent et que les parents fassent la demande… Ce qui va Ă©liminer quelques candidats. On ne parlera mĂŞme pas de l’enfant trouvĂ© abandonnĂ© Ă  Bouillac…

 

Les cadeaux aux filleuls

Une première année s’écoule et c’est déjà l’anniversaire des enfants. En 1857, les familles de 3 filleuls bénéficient d’une subvention de 100 francs chacun.

En 1858, ce sont 3 autres filleuls qui touchent 100 francs de la part de l’empereur. Les annĂ©es suivantes, ils sont entre deux et six familles Ă  bĂ©nĂ©ficier de 100 francs.

Les bĂ©nĂ©ficiaires varient d’une annĂ©e sur l’autre. Cependant, Marie Astoul, ThĂ©rèse MĂ©lanie Espie, EugĂ©nie Alet, Louis TrayniĂ©, Louis Marre, l’enfant du gendarme Boutal Ă  Najac, et  Rosalie EugĂ©nie Carrier (la seule nĂ©e Ă  Rodez) toucheront trois fois la subvention.

Puis vient l’âge de la première communion. A cette occasion,  les filleuls du prince obtiennent, en plus, un secours de 50 francs. Et ils sont nombreux: 2000 Ă  3000 selon les journaux!  Cette force dĂ©pense est d’ailleurs dĂ©noncĂ©e par le Figaro…

Napoléon est constitué prisonnier en 1870 puis la République est proclamée. Par conséquent, les subventions aux filleuls sont supprimées.

 

Par ailleurs, on peut noter que l’anniversaire du prince impérial a été aussi l’occasion pour certains maires d’être promus à l’ordre de la légion d’honneur.

 

Source : Répertoire administratif numérisé par Gallica, Le Figaro numérisé par Gallica, Journal de l’Aveyron-AD12, 4E11/8-AD12, 4E12/13-AD12, 4E15/9-AD12, 4E18/4-AD12, 4E27/4-AD12, 4E29/11-AD12, 4E34/4-AD12, 4E47/8-AD12, 4E106/5-AD12, 4E53/4-AD12, 4E54/6-AD12, 4E57/5-AD12, 4E59/10-AD12, 4E62/4-AD12, 4E65/5-AD12, 4E69/9-AD12, 4E75/3-AD12, 4E77/5-AD12, 4E78/4-AD12, 4E84/15-AD12, 4E109/6-AD12, 4E122/11-AD12, 4E123/11-AD12, 4E114/8-AD12, 4E125/6-AD12, 4E140/10-AD12, 4E116/7-AD12, 4E148/11-AD12, 4E157/50-AD12, 4E132/6-AD12, 4E163/2-AD12, 4E174/8-AD12, 4E170/5-AD12, 4E202/7-AD12, 4E212/36-AD12, 4E261/11/AD12, 4E263/4-AD12, 4E275/13-AD12, 4E277/6-AD12, 4E216/31-AD12, 4E217/9-AD12, 4E224/9-AD12, 4E245/9-AD12, 4E255/7-AD12, 4E228/3-AD12, 4E281/4-AD12, 4E290/12-AD12, 4E299/6-AD12, 4E300/40-AD12, 4E302/9-AD12, 4E306/7-AD12

 

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Les deux listes Ă©lectorales

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Mar 152018
 

Pendant 10 ans, les communes ont établi deux listes électorales de rectification des électeurs : la liste municipale et la liste politique.

Un outil en généalogie

D’usage très inégal selon les dépôts d’archives, les listes électorales sont un outil intéressant pour la généalogie. Leur premier avantage est d’utiliser un classement alphabétique, ce qui permet de trouver l’adresse de la personne recherchée. Avouez que dans une grande ville, c’est beaucoup plus commode pour rechercher ensuite la famille dans les recensements de population.

Le deuxième avantage, c’est de connaitre une année de naissance, plus ou moins approximative. Car à bien y regarder pour une même année (1914 par exemple), les documents ne donnent pas les mêmes informations. Dans certains départements, vous trouverez un âge,

Pour d’autres une date de naissance (les documents sont loin d’ĂŞtre tous dactylographiĂ©s),

Et pour les plus complets, date, lieu de naissance et nom prénom des parents (pas toujours remplis).

 

Le troisième avantage, c’est de pouvoir pister les départs et arrivées dans une commune grâce aux listes de rectification. Et celles-ci ont connu une spécificité entre 1874 et 1884

 

Une résidence de 6 mois pour s’inscrire

Le décret du 5 mars 1848 autorise tout citoyen (homme) à voter à partir de ses 21 ans. Les listes électorales sont alors établies à partir de celles existantes, des contrôles de la garde nationale et des actes d’état civil. Pour s’inscrire dans une commune, il fait justifier d’une résidence d’au moins 6 mois dans la commune.

Une nouvelle loi pour les Ă©lections municipales

La loi du 7 juillet 1874 indique les conditions pour être inscrit sur la liste des électeurs qui votent lors des municipales. Et le délai de résidence est accru.

  • 6 mois pour les natifs de la commune,
  • 1 an si on paye une des 4 contributions directes,
  • 1 an si on s’est mariĂ© dans la commune….
  • Pour les autres, il faut rĂ©sider dans la commune depuis 2 ans pour s’inscrire sur la liste Ă©lectorale.

Le suffrage universel pour les députés

La loi du 30 novembre 1875 est destinée à l’élection des députés. C’est elle qui prévoit l’établissement de deux listes, offrant ainsi la possibilité à ceux qui résident depuis 6 mois dans la commune de s’inscrire sur une liste complémentaire dite « liste politique »

Vous verrez ainsi dans vos archives, outre la liste électorale, deux tableaux de rectification. L’un porte souvent la mention « Néant ».

 

Parfois la liste porte des noms diffĂ©rents, vous saurez alors que la diffĂ©rence ne porte que sur la durĂ©e de rĂ©sidence dans la commune….

La loi du 5 avril 1884 supprimera cette spĂ©cificitĂ©, mais la liste de rectification restera un Ă©lĂ©ment important Ă  consulter. Surtout s’il donne la cause de radiation (dĂ©mĂ©nagement, dĂ©cès…)

listes

Sources: Code Ă©lectoral : de la formation et de la rĂ©vision annuelle des listes Ă©lectorales numĂ©risĂ© par Gallica. Journal de l’Aveyron-AD12, 3M258-AD12, 3M260-AD12, 3M341-AD12, 3M512-AD69, M647-AD71

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Le logis du diable

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FĂ©v 282018
 

En 1828, la ferme du Biscornet était appelée « le logis du diable » et restait constamment fermée depuis de nombreuses années.
SituĂ©e Ă  l’entrĂ©e du village de Cransac, cette « maison si belle, si vaste si bien situĂ©e » restait Ă  l’abandon depuis que le fils avait empoisonnĂ© sa mère. L’histoire est racontĂ©e par S Henri Berthoud dans la journal la presse en 1841.  Est-une lĂ©gende ou un fait vĂ©ridique?

Le père fait promettre un mariage

En 1807, Pierre Tindoul, fermier, vit avec sa femme et ses deux fils Jean et Jacques à la ferme du Biscornet. Dans la famille vit aussi Marie, la nièce du fermier.
L’ainĂ© des garçons a toutes les qualitĂ©s: jeune, intelligent, de bonne mine et de bon caractère. Son père veut lui fait Ă©pouser sa nièce, mais Jean a tirĂ© un mauvais numĂ©ro et doit partir faire sa pĂ©riode militaire.
Le père est malade, ça tombe bien… Il rĂ©unit toute la famille autour du lit et fait promettre Ă  Jean d’Ă©pouser Marie dans les 15 jours qui suivent sa mort et il rend son dernier soupir.


Jean, en tant que fils ainĂ© de veuve est susceptible d’ĂŞtre exemptĂ© et c’est son frère qui partira pour l’armĂ©e quand il aura l’âge.
Mais Jacques, le cadet, espérait se marier avec sa cousine et ses plans sont chamboulés.

Abel tue CaĂŻn

On enterre le père, le fils ainĂ© prend sa place Ă  table… Le cadet enrage. Il va rapidement se rendre sur une montagne de la commune qui est considĂ©rĂ©e comme maudite par les dĂ©mons. Sa mère pense qu’il veut se suicider et lui envoie son frère ainĂ©.
Jacques pousse son frère dans l’un des cratères et rentre chez lui en disant que son frère est parti Ă  l’armĂ©e. Marie se plaint que Jean n’ait pas rendu son anneau de fiançailles. Le cadet retourne chercher la bague dans les cendres du cratère puis se rend Ă  Rodez et Ă©crit une lettre contrefaisant l’Ă©criture de son frère.


Le champ est libre pour épouser Marie, mais il faudra attendre un an pour que le mariage ait lieu, après bien de fausses lettres.

DĂ©bauche et matricide

Jacques vit comme un débauché et dilapide la fortune de sa femme qui vend les biens de sa dot.
Et puis la mère meurt dans son lit… mais la rumeur gronde et la pauvre femme se trouve avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ©e Ă  l’arsenic.
Jacques est arrĂŞtĂ©, accusĂ© de parricide (matricide, donc) devant les assises de l’Aveyron et soupçonnĂ© dans la disparition de son frère.


Il s’Ă©vade du cachot et disparait. Marie meurt de chagrin quelques mois plus tard et sitĂ´t enterrĂ©e, la ferme est abandonnĂ©e.

L’article 635

20 ans, jour pour jour, après sa condamnation, Jacques Tindoul rĂ©apparait Ă  la ferme du Biscornet et fait faire des travaux. Les gendarmes sont appelĂ©s. Il faut arrĂŞter ce coupable…. mais Jacques connait la loi. Après 20 ans, il y a prescription de son crime. De plus ses victimes sont toutes mortes, donc il peut Ă  nouveau rĂ©sider dans la commune.


Pendant 3 années, il resta à Cransac avant de disparaitre à nouveau.

Légende ou fait réel?

Pourquoi douter de cette histoire? Pas de famille Tindoul Ă  Cransac et les environs. Pas de matricide dans la cour d’assises (en l’occurrence la cour de justice criminelle) Ă  cette Ă©poque. Il n’a pas non plus de trace du dĂ©serteur (le frère aĂ®nĂ© ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant les militaires). Pas de trace de Tindoul dans les conscrits. Pas de rĂ©cit dans la presse locale. Des noms approximatifs des lieux existent, mais la ferme du biscornet semble ĂŞtre inconnue.

Un Tindoul en occitan, c’est un gouffre… peut ĂŞtre une explication au nom choisi!

 

L’histoire complète est Ă  lire ici. Je l’ai dĂ©couverte grâce Ă  Mr Mugnier venu me demander en salle de lecture des archives si je n’avais pas de « Tindoul » dans ma base de donnĂ©es. Si vous en avez rencontrĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  me les communiquer.

 

Sources: « La presse » numérisée par Gallica, 2U36-AD12, 2U103-AD12, 4E72/2-AD12, 7R1-AD12, 7R12-AD12, 7R13-AD12, 7R14-AD12, 1R22-AD12, 1R23-AD12, 1R24-AD12, Dictionnaire Dardé, Manuel de droit criminel

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de février 2018 sur le thème imposé « contes et légendes »

 

Le tir Ă  la cible de Sainte Radegonde

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FĂ©v 262018
 

1870. Le tir Ă  la cible de Sainte Radegonde dans l’Aveyron devient le lieu de dispute entre la population et les militaires.

Les promeneurs craignent pour leur vie

C’est le curé de Ste Radegonde, le curé Souques qui lance les hostilités le 24 mai 1870 en écrivant au préfet.

Un jour, alors qu’il se promenait avec le curé du Monastère sur le chemin qui va de Ste Radegonde à Arsac et Comels, à 250 mètres environ de Ste Radegonde, les 2 hommes voient arriver des balles à droite et à gauche sans savoir de quel côté tourner. Ils craignent pour leur vie mais la providence les sauve. En effet, un mur assez élevé leur permet de se mettre à l’abri en attendant la fin des tirs.

Ils sont à 130 mètres environ derrière la cible utilisée par les militaires pour leur entrainement mais les balles qui ont traversé le chemin auraient pu « abattre l’homme le plus robuste. »

« Mourir sur le champ de bataille c’est beau, c’est honorable ; mourir pour sauver des âmes à Jésus Christ, c’est plus beau, c’est plus honorable encore, mais mourir sans combattre, c’est triste, c’est lamentable. »

Le préfet ne voudrait-il pas croire le curé ? Il a des témoins : l’instituteur, Mr Flottes, le maire de Ste Radegonde, Mr Nozéran, le jeune Albouy qui a eu la chance de voir atterrir une balle dans le faix de bois qu’il portait sur ses épaules plutôt que de sa chair…. Et d’autres propriétaires encore qui sont obligés d’arrêter leurs travaux pour ne pas se faire blesser.

Il est temps d’agir. Déplacer la cible, ériger des murs plus hauts ? Bref, conserver la vie des gens de Sainte Radegonde et des voyageurs.

La taille de la butte est en cause

Une enquête est demandée au général de Rodez qui ne réagit pas.

Une deuxième lettre est envoyée le 19 juin 1870 au préfet. Cette fois ci, elle prend la forme d’une pétition et est signée par un grand nombre de villageois dont à nouveau le curé Souques.

Ils expliquent qu’ils sont journellement exposés aux tirs des soldats qui vont au tir à la cible.

La butte est trop petite et sur un mamelon. Les terres autour sont excellentes mais on ne peut pas les exploiter à cause des tirs. Les personnes qui passent sur les chemins sont exposées continuellement et doivent courir pour se cacher derrière le mur en attendant la fin des tirs.

Selon la délibération du conseil municipal de Sainte Radegonde du 18 octobre 1863, il avait été demandé :

  • Que la butte soit agrandie
  • Qu’il soit Ă©tabli un grand mur derrière et sur les cĂ´tĂ©s de la butte.

Un poteau et un fonctionnaire

Le général répond enfin le 15 juillet 1870. Suite aux réclamations et à l’enquête en interne, il a été décidé qu’un poteau à l’extrémité duquel on hisserait un drapeau au commencement du tir serait placé à 300 mètres derrière la butte de manière à être aperçu à 1km.

De plus un fonctionnaire placé dans un abri à 300 mètres plus loin empêcherait d’approcher les habitants qui n’auraient pas vu le signal. Enfin des batteries et sonneries seraient faites avant l’ouverture du feu.

Les villageois continuent de se plaindre

Ces précautions ont été prises, mais les habitants ne tiennent pas compte de ces signaux. Ils s’approchent quand même de la butte au point de forcer les officiers à faire suspendre les tirs le temps de les éloigner.

Le poteau a été brisé. Les cordes de la poulie pour faire hisser le drapeau ont été dérobées. La butte est dégradée par les habitants qui la fouille sans cesse pour en extraire le plomb.

Avoir un lieu de tir est gênant pour les voisins mais c’est pareil dans toutes les garnisons. Et partout ailleurs ce sont les habitants qui s’adaptent aux tirs des militaires et pas l’inverse. De plus, cela fait 3 ans que le nouveau fusil est en usage et c’est la première année que les habitants se plaignent.

Le Général demande au préfet de bien faire rappeler les règles de précaution tant pour les habitants que pour les animaux à l’approche du champ de tir surtout pendant les périodes où il est en exercice.

L’histoire ne dit pas qui, des villageois et des militaires, se sera adaptĂ© Ă  la situation…

Sources: 2R17-AD12

© 2018 Généalanille

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Une apparence esthétique discutable

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FĂ©v 252018
 

Le cimetière est censĂ© ĂŞtre le lieu du dernier repos. Cependant, il est parfois l’objet d’un contentieux quand la famille conteste l’esthĂ©tique du monument funĂ©raire.

Le monument est terminé et installé au cimetière

Le sieur P, entrepreneur de monuments funéraires reçoit la commande de Mme veuve C pour un monument funéraire. Le devis s’élève à 2 200 francs, transport compris.

Le monument est terminé fin décembre 1936 et installé dans le cimetière de la commune. Neuf mois plus tard, l’entrepreneur n’a toujours pas été payé. Il porte l’affaire en justice et demande 500 francs de dommages en plus du montant de la facture.

Il ne correspond pas aux attentes de la cliente

Mme veuve C s’explique. Le premier devis Ă©tait de 2000 francs pour un monument imitation granit et il a Ă©tĂ© portĂ© Ă  2200 francs en accord entre les deux parties….. Mais les travaux n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur… ou plutĂ´t Ă  la longueur ! Les deux cĂ´tĂ©s sont trop courts et restent en retrait de plusieurs dizaines de centimètres par rapport Ă  la porte.

Les pierres en simili granit ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par un bloc en ciment… moins cher.

De plus, Mme veuve C. voulait une jardinière devant le monument, l’entrepreneur en a profité pour faire en sorte qu’elle remplace la porte du caveau. D’où des problèmes d’étanchéité à prévoir.

Et puis la fosse n’est pas assez profonde, comment mettre deux cercueils dans ces conditions ? Et puis le monument a « une apparence esthĂ©tique des plus discutables »… Enfin, ce n’est pas la bonne couleur de granit par rapport Ă  l’échantillon prĂ©vu !

Des témoins pour chacune des parties

Alors la justice fait son travail. Elle entend deux témoins fournis par l’entrepreneur, un tailleur de pierre et un marchand de cycles. Les deux précisent que la veuve voulait un monument dit « coffret parisien ».

Puis c’est au tour des témoins fournis par la veuve : une voisine et une confectionneuse de chapeaux. L’une se souvient très bien que Mme C avait commandé le même monument que celui de Mme B « mais avec deux tours de moins » et avec une porte en marbre. Puis elle avait changé d’avis et voulu une porte en ciment. L’autre faisait remarquer que le choix du monument était fait au cimetière et pas dans le catalogue qu’on lui avait demandé de transmettre à la veuve.

Le travail de l’expert

Un expert est nommé et il se rend au cimetière prendre des mesures précises du monument. Et il y a des critiques !

L’enduit en ciment dans le fond du caveau n’est pas fait. La pierre à l’arrière n’est pas décoffrée et il manque de l’enduit. Sur le dessus, la pierre tombale a reçu 3 épaufrures dont deux ont été réparées au ciment. La jardinière à l’avant n’a pas d’orifice. En cas de gel, la pierre va immanquablement éclater et faire entrer de l’eau dans le caveau.

Mme veuve C avait demandé que la porte du caveau soit indépendante de la jardinière mais l’entrepreneur répond que « le coffret parisien est ainsi construit ».

A l’avant du monument, deux avants corps ont Ă©tĂ© construits en bĂ©ton. C’est moche selon Mme C, mais il parait que c’est le curĂ© qui a voulu cet allongement pour que le monument soit alignĂ© avec les autres tombes…

L’expert Ă©valuera Ă  500 francs les travaux et moins values (joints, Ă©paufrures…) liĂ©s Ă  ces travaux peu soignĂ©s. Ses honoraires s’élèveront Ă  405 francs. Le tout sera Ă  la charge de l’entrepreneur… pour que la famille est enfin accès Ă  un dernier repos!

Sources: 10U16/68-AD12

© 2018 Généalanille

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Blessé à Beaugency en 1870

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Jan 312018
 

Guillaume Adrien Achille Bouty a fait la guerre de 1870. BlessĂ© Ă  la bataille de Beaugency, il gardera des sĂ©quelles le reste de sa vie…

 

Une famille de médecin

Guillaume Adrien Achille Bouty est né en 1841 à Nant (12). Il est fils et petit fils d’un docteur en médecine. Il se destine à la même profession et est étudiant en médecine au moment de sa conscription. Exempté pour faiblesse générale, Guillaume n’était pas censé croiser les chemins de bataille.

 

La bataille de Beaugency

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Guillaume Adrien Achille Bouty est brigadier au 4ème régiment de hussards. Il fait partie des troupes qui se battent en France.

Le 2 décembre 1870, le bruit qui court à Beaugency indique que Paris a été débloqué et que l’armée sortie de Paris vient prêter main forte à l’armée de la Loire.

Les combats font rages aux portes de Beaugency en ce début de mois. Orléans semble s’être rendu « à discrétion », Meung est tombé aux mains ennemies.

Le 8 décembre à sept heures du matin, le combat commence derrière Cravant. « Les boulets et les obus plurent jusqu’à la nuit sur le hameau de Montenolle ».

Vu de l’Aveyron, les nouvelles se veulent rassurantes : les pertes ennemies sont supérieures aux nôtres.

Guillaume est blessé

Notre futur docteur a été blessé lors du combat du 8 décembre 1870. Il a reçu un coup de feu et a une fracture du calcanéum au pied droit et de multiples abcès.

Peut ĂŞtre est-il rapidement Ă©vacuĂ© sur son dĂ©partement d’origine ? Il est dans ses foyers en 1871…

L’après guerre

La guerre se termine en mai 1871. Dès le 1er aout 1871, Guillaume obtient ses droits à la retraite pour une campagne de 1 an, 10 mois et 12 jours de services effectifs.

Il est amené à se présenter à la commission départementale sur la situation des blessés à Rodez en mai 1873. Le constat est simple : il est « atteint au pied droit par un projectile qui après avoir fracturé les os a ankylosé le pied. »

Il ne peut plus utiliser sa jambe droite et un appareil artificiel doit lui ĂŞtre fourni pour lui permettre de s’appuyer plus solidement. C’est l’objet de sa demande Ă  la prĂ©fecture.

Il reçoit la médaille militaire en juillet 1887 pour « perte absolue de l’usage d’un membre ».

Guillaume continuera sa vie de médecin et décèdera en 1921 dans sa commune de naissance. Il avait 80 ans.

 

Sources : 4E179/12-AD12, 1295W185-AD12, 1R603-AD12, 1R152-AD12, 30R1bis-AD12, 1M901-AD12, 5M8-AD12, 1K401-AD12, PER 1153-AD12, Rapport au conseil de la Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer, sur le service médico-chirurgical des ambulances et des hôpitaux, pendant la guerre de 1870-1871 numérisé par Gallica, Histoire de la ville et du canton de Beaugency pendant la guerre de 1870 numérisé par Gallica

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2018 sur le thème imposé « Un soldat, une bataille, la guerre de 1870 ».

Celui qui ne voulait pas Ă©pouser la fille d’un assassin

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Jan 262018
 

Parce qu’il dĂ©couvre que son futur beau-père a Ă©tĂ© condamnĂ© pour assassinat, Pierre BoutiĂ© dĂ©cide de ne pas Ă©pouser sa promise…qui demande des dommages-intĂ©rĂŞts!

Un contrat de mariage sous le régime dotal

Le 17 septembre 1829, Pierre BoutiĂ© est dans l’Ă©tude de Maitre Martin, notaire Ă  Estaing. Il dĂ©sire Ă©pouser Jeanne RouliĂ©, fille du meunier du moulin de farinoux Ă  Coubisou et avant la cĂ©lĂ©bration du mariage, il signe un contrat de mariage.


Celui ci est sous le régime dotal. Cela signifie que les biens de la femme sont composés:
– de la dot, c’est Ă  dire des biens appartenant Ă  la femme mais soumis Ă  l’administration et la jouissance du mari;
– des biens paraphernaux, c’est Ă  dire des biens appartenant Ă  la femme dont elle conserve l’administration et la jouissance.
Les biens dotaux sont inaliĂ©nables, donc le patrimoine qu’ils composent doit subsister. Et ce quelle que soit la volontĂ© des Ă©poux!

Le père de la future mariée lui donne

  • 2/3 de ses biens meubles et immeubles en nue propriĂ©tĂ© par prĂ©ciput pour un revenu annuel de 40 franc;
  • un mobilier Ă©valuĂ© 305 francs;
  • 1/3 des biens restants en usufruit pour un revenu annuel de 20 francs.

Il se réserve cependant une pension viagère et une somme de 200 francs pour ses petits besoins.
La future se constitue ses biens maternels, suite au décès de sa mère.

La mère du futur mariĂ© lui donne 2200 francs sur ses droits lĂ©gitimaires qui seront versĂ©s par Joseph, l’autre fils qui habite la commune de Graissac.

Le futur beau-père est un assassin!

Les bans sont-ils publiĂ©s? A priori, non. Ils n’apparaissent pas dans les archives de la commune du futur Ă©poux et n’ont pas Ă©tĂ© conservĂ©s pour cette pĂ©riode pour la commune de la future Ă©pouse.

Pierre BoutiĂ© vient d’apprendre que son futur beau père a Ă©tĂ© condamnĂ©, par contumace, Ă  24 ans de travaux forcĂ©s pour assassinat en 1801. Il est soupçonnĂ© d’avoir tuĂ© le citoyen Tibal, prĂŞtre de la paroisse de Sauvanes, commune de Causse Cabrespines.

Rompre le contrat

Pas question pour Pierre BoutiĂ© d’Ă©pouser la fille d’un assassin. Il veut rompre le contrat mais sa future dĂ©pose une instance au tribunal d’Espalion. Soit le mariage est cĂ©lĂ©brĂ©, soit le futur Ă©poux paye 5000 francs de dommages intĂ©rĂŞts!

Le contrat de mariage est nul tant que le mariage n’est pas cĂ©lĂ©brĂ©, mais il faut cependant rĂ©gler les choses dans les règles de l’art. Pas question de rompre le contrat Ă  l’amiable. D’ailleurs le contrat de mariage n’a pas Ă©tĂ© rĂ©siliĂ© d’après la consultation des actes civils publics (les minutes de notaire n’ont pas Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es).

Le jugement entre les familles

Pierre BoutiĂ© doit cependant prouver que son beau père a bien Ă©tĂ© condamnĂ©. Il demande alors un extrait du jugement au greffe du tribunal de Rodez. Le document lui parvient Ă  la fin de l’annĂ©e 1830 et le jugement entre les ex-futurs Ă©poux peut enfin avoir lieu.

La libertĂ© des mariages ne permet pas d’accorder des dommages intĂ©rĂŞts contre la partie qui se refuserait d’accomplir une promesse de mariage.

Le père de la future mariĂ©e a engagĂ© des dĂ©penses lors de la passation du contrat de mariage, il lui est donc accordĂ© 200 francs de dommages intĂ©rĂŞts qui composent la mĂŞme somme qu’il devait Ă  son futur gendre. Les deux hommes se croiseront au moins 3 fois dans les tribunaux pour rĂ©gler les diffĂ©rends qui les opposent… et pas seulement pour le contrat de mariage. Quant Ă  la future, elle n’aura pas un franc.

Et après?

La « fille de l’assassin » se marie en 1831 avec Antoine Gimalac et fait un contrat de mariage devant maitre Gabriac, toujours sous le rĂ©gime dotal. Après la mort de son mari en 1840, elle Ă©pouse Amans Bergounhous en 1841 lĂ  encore avec un contrat de mariage mais cette fois sous la sĂ©paration de biens.


Sa soeur se marie en 1834 avec Victor Destours. Pierre Roulié, le meunier,  décède en 1845.

Quand Ă  Pierre BoutiĂ©, il est peut ĂŞtre l’homme qui dĂ©cède en 1881 Ă  l’asile Sainte Catherine Ă  Yzeure (03).

 

Sources: 3U1-AD12, 4E98-4/AD12, 4E69/6-AD12, 4E69/7-AD12, 4E69/8-AD12, 4E258/7-AD12, 53Q916-AD12, 53Q34-AD12, 53Q35-AD12, 53Q381-AD12, 53Q932-AD12, 53Q54-AD12, 5U105-AD12, 3E22664-AD12, 3E20867-AD12

© 2018 Généalanille

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5 plaques de rues qui posent problème

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Jan 242018
 

Par arrêté municipal de 1854, la ville de Rodez procède à une uniformisation de la numérotation de ses rues. Les propriétaires doivent payer l’achat de leurs plaques, mais le supérieur du séminaire conteste…

Un souci de clarté et d’uniformité

C’est par arrêté municipal du 7 février 1854 que le conseil municipal de Rodez décide d’uniformiser et d’établir clairement et complètement les numéros des rues de la ville et de ses faubourgs.

L’article 1 précise que la population a un mois pour faire apposer les plaques. Les propriétaires doivent payer l’achat et la pose de celles-ci.

Les numéros doivent avoir 9 cm de haut, 7cm de large et ils seront peints en blanc sur fonds bleu. Les plaques seront placées si possible à 3 mètres de haut.

5 plaques contestées

Les propriétaires doivent payer, certes, mais uniquement les plaques qui les concernent. Or le supérieur du séminaire n’est pas d’accord sur la facture de 7,50 francs réclamée par le percepteur de Rodez. Elle concerne 5 plaques.

Au N°2 du boulevard d’Estourmel, la plaque a été mise sur une ancienne entrée de la vieille caserne de gendarmerie. L’ouverture est impraticable depuis que le remblai qui y donnait accès a été enlevé. De plus, le grand séminaire appartient à l’Etat, c’est à lui de régler la note pour cette plaque et celle placée au N°4 de la même rue.

Au N°2 de la rue de l’hôtel de ville, l’immeuble est certes occupé par l’autorité diocésaine, mais l’établissement appartient à la commune de Rodez donc c’est à elle de payer.

La rue Balestière pose aussi problème. Au N°37, la plaque est placĂ©e dans une petite ruelle commune Ă  plusieurs propriĂ©taires, et au N°53, l’entrĂ©e mène au grand sĂ©minaire qui appartient Ă  l’Etat….

 

Une longue démarche

Le maire de Rodez répond au supérieur du séminaire le 13 mars 1857. Soit près de 3 ans après l’installation des plaques. L’affaire sera traitée par le conseil de préfecture de l’Aveyron 1 an plus tard et le séminaire aura gain de cause !

Sources: Journal de l’Aveyron, 18U1/14-AD12

© 2018 Généalanille

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