Blessé à Beaugency en 1870

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Jan 312018
 

Guillaume Adrien Achille Bouty a fait la guerre de 1870. BlessĂ© Ă  la bataille de Beaugency, il gardera des sĂ©quelles le reste de sa vie…

 

Une famille de médecin

Guillaume Adrien Achille Bouty est né en 1841 à Nant (12). Il est fils et petit fils d’un docteur en médecine. Il se destine à la même profession et est étudiant en médecine au moment de sa conscription. Exempté pour faiblesse générale, Guillaume n’était pas censé croiser les chemins de bataille.

 

La bataille de Beaugency

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Guillaume Adrien Achille Bouty est brigadier au 4ème régiment de hussards. Il fait partie des troupes qui se battent en France.

Le 2 décembre 1870, le bruit qui court à Beaugency indique que Paris a été débloqué et que l’armée sortie de Paris vient prêter main forte à l’armée de la Loire.

Les combats font rages aux portes de Beaugency en ce début de mois. Orléans semble s’être rendu « à discrétion », Meung est tombé aux mains ennemies.

Le 8 décembre à sept heures du matin, le combat commence derrière Cravant. « Les boulets et les obus plurent jusqu’à la nuit sur le hameau de Montenolle ».

Vu de l’Aveyron, les nouvelles se veulent rassurantes : les pertes ennemies sont supérieures aux nôtres.

Guillaume est blessé

Notre futur docteur a été blessé lors du combat du 8 décembre 1870. Il a reçu un coup de feu et a une fracture du calcanéum au pied droit et de multiples abcès.

Peut ĂŞtre est-il rapidement Ă©vacuĂ© sur son dĂ©partement d’origine ? Il est dans ses foyers en 1871…

L’après guerre

La guerre se termine en mai 1871. Dès le 1er aout 1871, Guillaume obtient ses droits à la retraite pour une campagne de 1 an, 10 mois et 12 jours de services effectifs.

Il est amené à se présenter à la commission départementale sur la situation des blessés à Rodez en mai 1873. Le constat est simple : il est « atteint au pied droit par un projectile qui après avoir fracturé les os a ankylosé le pied. »

Il ne peut plus utiliser sa jambe droite et un appareil artificiel doit lui ĂŞtre fourni pour lui permettre de s’appuyer plus solidement. C’est l’objet de sa demande Ă  la prĂ©fecture.

Il reçoit la médaille militaire en juillet 1887 pour « perte absolue de l’usage d’un membre ».

Guillaume continuera sa vie de médecin et décèdera en 1921 dans sa commune de naissance. Il avait 80 ans.

 

Sources : 4E179/12-AD12, 1295W185-AD12, 1R603-AD12, 1R152-AD12, 30R1bis-AD12, 1M901-AD12, 5M8-AD12, 1K401-AD12, PER 1153-AD12, Rapport au conseil de la Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer, sur le service médico-chirurgical des ambulances et des hôpitaux, pendant la guerre de 1870-1871 numérisé par Gallica, Histoire de la ville et du canton de Beaugency pendant la guerre de 1870 numérisé par Gallica

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de janvier 2018 sur le thème imposé « Un soldat, une bataille, la guerre de 1870 ».

Celui qui ne voulait pas Ă©pouser la fille d’un assassin

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Jan 262018
 

Parce qu’il dĂ©couvre que son futur beau-père a Ă©tĂ© condamnĂ© pour assassinat, Pierre BoutiĂ© dĂ©cide de ne pas Ă©pouser sa promise…qui demande des dommages-intĂ©rĂŞts!

Un contrat de mariage sous le régime dotal

Le 17 septembre 1829, Pierre BoutiĂ© est dans l’Ă©tude de Maitre Martin, notaire Ă  Estaing. Il dĂ©sire Ă©pouser Jeanne RouliĂ©, fille du meunier du moulin de farinoux Ă  Coubisou et avant la cĂ©lĂ©bration du mariage, il signe un contrat de mariage.


Celui ci est sous le régime dotal. Cela signifie que les biens de la femme sont composés:
– de la dot, c’est Ă  dire des biens appartenant Ă  la femme mais soumis Ă  l’administration et la jouissance du mari;
– des biens paraphernaux, c’est Ă  dire des biens appartenant Ă  la femme dont elle conserve l’administration et la jouissance.
Les biens dotaux sont inaliĂ©nables, donc le patrimoine qu’ils composent doit subsister. Et ce quelle que soit la volontĂ© des Ă©poux!

Le père de la future mariée lui donne

  • 2/3 de ses biens meubles et immeubles en nue propriĂ©tĂ© par prĂ©ciput pour un revenu annuel de 40 franc;
  • un mobilier Ă©valuĂ© 305 francs;
  • 1/3 des biens restants en usufruit pour un revenu annuel de 20 francs.

Il se réserve cependant une pension viagère et une somme de 200 francs pour ses petits besoins.
La future se constitue ses biens maternels, suite au décès de sa mère.

La mère du futur mariĂ© lui donne 2200 francs sur ses droits lĂ©gitimaires qui seront versĂ©s par Joseph, l’autre fils qui habite la commune de Graissac.

Le futur beau-père est un assassin!

Les bans sont-ils publiĂ©s? A priori, non. Ils n’apparaissent pas dans les archives de la commune du futur Ă©poux et n’ont pas Ă©tĂ© conservĂ©s pour cette pĂ©riode pour la commune de la future Ă©pouse.

Pierre BoutiĂ© vient d’apprendre que son futur beau père a Ă©tĂ© condamnĂ©, par contumace, Ă  24 ans de travaux forcĂ©s pour assassinat en 1801. Il est soupçonnĂ© d’avoir tuĂ© le citoyen Tibal, prĂŞtre de la paroisse de Sauvanes, commune de Causse Cabrespines.

Rompre le contrat

Pas question pour Pierre BoutiĂ© d’Ă©pouser la fille d’un assassin. Il veut rompre le contrat mais sa future dĂ©pose une instance au tribunal d’Espalion. Soit le mariage est cĂ©lĂ©brĂ©, soit le futur Ă©poux paye 5000 francs de dommages intĂ©rĂŞts!

Le contrat de mariage est nul tant que le mariage n’est pas cĂ©lĂ©brĂ©, mais il faut cependant rĂ©gler les choses dans les règles de l’art. Pas question de rompre le contrat Ă  l’amiable. D’ailleurs le contrat de mariage n’a pas Ă©tĂ© rĂ©siliĂ© d’après la consultation des actes civils publics (les minutes de notaire n’ont pas Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es).

Le jugement entre les familles

Pierre BoutiĂ© doit cependant prouver que son beau père a bien Ă©tĂ© condamnĂ©. Il demande alors un extrait du jugement au greffe du tribunal de Rodez. Le document lui parvient Ă  la fin de l’annĂ©e 1830 et le jugement entre les ex-futurs Ă©poux peut enfin avoir lieu.

La libertĂ© des mariages ne permet pas d’accorder des dommages intĂ©rĂŞts contre la partie qui se refuserait d’accomplir une promesse de mariage.

Le père de la future mariĂ©e a engagĂ© des dĂ©penses lors de la passation du contrat de mariage, il lui est donc accordĂ© 200 francs de dommages intĂ©rĂŞts qui composent la mĂŞme somme qu’il devait Ă  son futur gendre. Les deux hommes se croiseront au moins 3 fois dans les tribunaux pour rĂ©gler les diffĂ©rends qui les opposent… et pas seulement pour le contrat de mariage. Quant Ă  la future, elle n’aura pas un franc.

Et après?

La « fille de l’assassin » se marie en 1831 avec Antoine Gimalac et fait un contrat de mariage devant maitre Gabriac, toujours sous le rĂ©gime dotal. Après la mort de son mari en 1840, elle Ă©pouse Amans Bergounhous en 1841 lĂ  encore avec un contrat de mariage mais cette fois sous la sĂ©paration de biens.


Sa soeur se marie en 1834 avec Victor Destours. Pierre Roulié, le meunier,  décède en 1845.

Quand Ă  Pierre BoutiĂ©, il est peut ĂŞtre l’homme qui dĂ©cède en 1881 Ă  l’asile Sainte Catherine Ă  Yzeure (03).

 

Sources: 3U1-AD12, 4E98-4/AD12, 4E69/6-AD12, 4E69/7-AD12, 4E69/8-AD12, 4E258/7-AD12, 53Q916-AD12, 53Q34-AD12, 53Q35-AD12, 53Q381-AD12, 53Q932-AD12, 53Q54-AD12, 5U105-AD12, 3E22664-AD12, 3E20867-AD12

© 2018 Généalanille

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5 plaques de rues qui posent problème

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Jan 242018
 

Par arrêté municipal de 1854, la ville de Rodez procède à une uniformisation de la numérotation de ses rues. Les propriétaires doivent payer l’achat de leurs plaques, mais le supérieur du séminaire conteste…

Un souci de clarté et d’uniformité

C’est par arrêté municipal du 7 février 1854 que le conseil municipal de Rodez décide d’uniformiser et d’établir clairement et complètement les numéros des rues de la ville et de ses faubourgs.

L’article 1 précise que la population a un mois pour faire apposer les plaques. Les propriétaires doivent payer l’achat et la pose de celles-ci.

Les numéros doivent avoir 9 cm de haut, 7cm de large et ils seront peints en blanc sur fonds bleu. Les plaques seront placées si possible à 3 mètres de haut.

5 plaques contestées

Les propriétaires doivent payer, certes, mais uniquement les plaques qui les concernent. Or le supérieur du séminaire n’est pas d’accord sur la facture de 7,50 francs réclamée par le percepteur de Rodez. Elle concerne 5 plaques.

Au N°2 du boulevard d’Estourmel, la plaque a été mise sur une ancienne entrée de la vieille caserne de gendarmerie. L’ouverture est impraticable depuis que le remblai qui y donnait accès a été enlevé. De plus, le grand séminaire appartient à l’Etat, c’est à lui de régler la note pour cette plaque et celle placée au N°4 de la même rue.

Au N°2 de la rue de l’hôtel de ville, l’immeuble est certes occupé par l’autorité diocésaine, mais l’établissement appartient à la commune de Rodez donc c’est à elle de payer.

La rue Balestière pose aussi problème. Au N°37, la plaque est placĂ©e dans une petite ruelle commune Ă  plusieurs propriĂ©taires, et au N°53, l’entrĂ©e mène au grand sĂ©minaire qui appartient Ă  l’Etat….

 

Une longue démarche

Le maire de Rodez répond au supérieur du séminaire le 13 mars 1857. Soit près de 3 ans après l’installation des plaques. L’affaire sera traitée par le conseil de préfecture de l’Aveyron 1 an plus tard et le séminaire aura gain de cause !

Sources: Journal de l’Aveyron, 18U1/14-AD12

© 2018 Généalanille

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Se faire naturaliser français

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DĂ©c 182017
 

Après une première demande infructueuse et 22 ans passés en France, l’allemand Frédéric Patszchke se fait naturaliser français.

Un allemand dans la légion étrangère

Il s’appelle FrĂ©dĂ©ric Albert Patszchke. Il est nĂ© en 1885 en Allemagne de parents allemands. En 1910, il se rend Ă  Nancy et s’engage Ă  la lĂ©gion Ă©trangère pour 5 ans. AlgĂ©rie, Maroc, Tonkin… Il est mĂŞme dĂ©corĂ© de la mĂ©daille commĂ©morative du Maroc.

Son engagement se termine alors que la 1ère guerre mondiale est commencée. Il est alors interné pendant un an à Mascara (Algérie) avant d’être envoyé dans l’Aveyron comme chauffeur meunier pour assurer le ravitaillement des hommes au front.

Il travaille ensuite Ă  BĂ©ziers puis Ă  Strasbourg comme chauffeur avant de retourner chez son premier employeur en 1924.

 

Première demande de naturalisation

Le dossier de sa première demande de naturalisation date du 9 février 1927. Elle est régie par la loi du 26 juin 1889 sur la nationalité et respecte le critère de 10 ans de résidence en France.

Les pièces fournies sont :

  • Une demande sur papier timbrĂ© contenant l’engagement Ă  payer Ă  150 francs pour droits de sceaux (sur les 1076 francs prĂ©vus). Cette somme est en rapport avec ses revenus (500 francs par mois) et ses charges (720 francs de loyer et 40 francs d’impĂ´ts) ;
  • Son acte de naissance ;
  • La justification de ses annĂ©es de services militaires ;
  • Les diffĂ©rents justificatifs de se rĂ©sidence en France ;
  • Un bulletin N°2 de son casier judiciaire.

 

Son casier judiciaire n’est pas vierge. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pour avoir volé pour 3000 francs d’objets à son patron l’année précédente.

La condamnation a eu lieu 15 jours avant sa demande de naturalisation. Il paye les 115 francs d’amende dans le courant du même mois et évite l’expulsion.

Et sa vie est en train de changer ! Il épouse en mars 1927 Virginie Barbier, une brodeuse originaire de Haute Vienne. Elle était sa domestique lors du recensement de l’année précédente.

 

Les avis sur son intégration, son comportement et son état de santé sont bons. Cependant, cette première demande de naturalisation est ajournée le 2 octobre 1927. Probablement du fait de sa condamnation.

Sa femme peut recouvrer sa nationalitĂ©, Ă  condition d’en faire la demande avant le 10 aout 1928 au juge de paix de son canton. Pourquoi cette date? A cause d’une nouvelle loi.

Une nouvelle loi

Mme Patszchke est française, devenue allemande par mariage. Mais comme le rappelle le préfet dans sa lettre, elle peut recouvrer sa nationalité en faisant une déclaration devant le juge de paix. C’est un des avantages de la nouvelle loi du 10 aout 1927.

Avant 1927, l’article 19 du 26 juin 1889 prévoyait que la femme suivait la condition de son mari.

A compter du 10 aout 1927, les françaises Ă©pouses d’étranger comme Mme Patszchke ont un an, soit jusqu’au 10 aout 1928 pour recouvrer leur nationalitĂ© d’origine selon l’article 14 de la nouvelle loi. Sous rĂ©serve, bien sĂ»r, d’avoir l’autorisation de leur mari.

 

Une nouvelle demande

Février 1932. Cela fait 22 ans que Mr Patszchke réside en France. Il renouvelle sa demande de naturalisation. Par conséquent, un nouveau dossier est constitué.

Il propose cette fois ci de payer 250 francs sur les 1076 francs de droits prévus. Il gagne 25 francs par jour, sa femme 10 francs par jour. Le montant de leur loyer est de 1200 francs et ils doivent également payer 53 francs d’impôts.

Mais Mr Patszchke n’est pas en règle avec la législation française en vigueur sur le séjour des étrangers. Sa carte d’identité N°1235646 du 5 mars 1927 aurait due être renouvelée au plus tard le 31 mars 1929. Ce qui n’est pas le cas.

Il faut commencer par régulariser la situation. Or Mr Patszchke a bien une carte d’identité a jour qui lui a été délivrée en décembre 1930.

Par consĂ©quent, il ne lui reste qu’Ă  payer les 215,25 francs de droits, ce qui est fait fin aout 1932.

 

Naturalisé et réintégrée

Le couple est naturalisé français (pour Mr) et réintégré (dans la qualité de française pour Mme) par décret du 28 septembre 1932. L’avis est publié dans le journal officiel le 6 octobre 1932.

Naturaliser

Mr Patszchke atteste avoir reçu copie de ces décrets, et ses différents documents officiels (quittances d’impôts, certificats de travail et actes d’état civil) le 17 octobre 1932 à la mairie de Saint Affrique.

 

Sources : 6M314/3-AD12, 8U463-AD12, PER957-AD12, 1295W227-AD12, 6M770-AD12, 6M774-AD12, 6M785-AD12, Journal officiel numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de décembre 2017 sur le thème imposé « les naturalisés ».

Les tours d’exposition d’enfants de l’Aveyron

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DĂ©c 142017
 

Abandonner un enfant dans des tours d’hospice, telle est la possibilité offerte par la loi de 1811. En Aveyron, on dénombre jusqu’à 8 tours qui seront progressivement supprimés.

1811 : Un tour par hospice

Le décret du 19 janvier 1811 indique dans son article 3 « Dans chaque hospice destiné à recevoir des enfants trouvés, il y aura un tour où ils devront être déposés. »

Tous les départements ne vont pas mettre en place un tour, mais dans l’Aveyron ce sont 8 tours qui vont être installés : Rodez, Millau, Villefranche de Rouergue, Saint Affrique, Espalion, Conques, Mur de Barrez et Saint Geniez.

 

Mais l’article 4 du décret précise une autre condition « il y aura au plus, dans chaque arrondissement, un hospice où les enfants pourront être reçus ». 5 arrondissements donc pas plus de 5 hospices pour recevoir les enfants ! C’est trois de trop. Dès le 27 septembre 1811, les 3 tours de Conques, Mur de Barrez et Saint Geniez sont supprimés.

Conques est rattaché à Rodez, les deux autres à Espalion. Administrativement parlant, la suppression n’est effective qu’au 1er janvier 1812.

 

1829 : deux nouveaux tours fermés.

Le nombre d’admission d’enfants exposés a été « chaque année de plus en plus considérable ». Les dépenses à la charge du département augmentent en conséquence.

Par ailleurs, la position de certains hospices « dans des villes peu populeuses » ne permet pas de cacher le lieu de placement des enfants. Les parents savent oĂą sont les enfants qu’ils abandonnent et arrivent mĂŞme parfois Ă  les rĂ©cupĂ©rer en nourrice… en touchant une pension.

Le préfet de l’Aveyron décide de fermer les tours d’Espalion et de Saint Affrique au 30 juin 1829.

Les maires sont chargés d’informer les chirurgiens accoucheurs et sage femme de leur circonscription et de faire publier l’arrêté pendant 3 dimanches à la porte des églises à la sortie des offices.

1830 : un tour supprimé

Le problème avait été évoqué en 1829. Des enfants issus d’autres départements sont probablement abandonnés dans l’Aveyron. Le Cantal, la Lozère, le Lot et le Tarn et Garonne n’ont conservé qu’un tour. Le Tarn, qui en avait six, n’en a gardé que deux. Dans l’Aveyron, il en reste trois !

Et l’on va plus loin dans la comparaison. L’hospice de Villefranche de Rouergue voit son nombre d’enfants exposés multiplié par 2,4 en 10 ans. Le nombre d’enfants, rien qu’à l’hospice de Villefranche, est supérieur à celui de tout le département voisin du Lot.

L’Aveyron ne peut pas continuer de payer pour tout le monde. Le préfet décide alors de supprimer le tour de l’hospice de Villefranche à partir du 1er juillet 1830.

1844 : Suppression du tour de Millau

Les départements voisins ferment une partie de leur tours: Lodève et Clermont dans l’Hérault, Le Vigan dans  le Gard et Florac dans  la Lozère. Par conséquent, le nombre d’enfants abandonnés à l’hospice de Millau augmente rapidement. Cet abus qui « grève les finances du département de l’Aveyron » va engendrer la suppression du tour de Millau au 1er janvier 1844. Tous les enfants exposés le seront dorénavant uniquement à Rodez.

 

1845 : fermeture du dernier tour

L’arrêté date du 28 novembre 1844 et il prend effet au 15 juillet 1845. Le tour annexé à l’hospice de Rodez pour l’exposition des enfants est supprimé.

Outre le problème d’abandon d’enfants issus d’autres départements, l’Aveyron est un des départements où le nombre de naissances illégitimes est proportionnellement le plus grand (après les départements à grands centres de population que sont la Seine, le Rhône, les Bouches du Rhône et de la Gironde).

En France en 1841, 1 enfant sur 38 est abandonné. En Aveyron, c’est 1 enfant sur 25 qui est abandonné en 1841.

Et puis, l’article 349 du code pĂ©nal prĂ©voie la poursuite des auteurs ou complices de toute exposition d’enfant de moins de 7 ans…

Le tour est supprimé, mais il est remplacé par un bureau d’admission ouvert de 9H à 17.

 

1848 : réouverture de 5 tours

Le 28 mars 1848, les 5 tours des hospices des chefs lieux d’arrondissement sont rétablis par arrêté des commissaires du département.

L’information est diffusée en quelques lignes dans le journal.

Mais le conseil général de l’Aveyron, dans sa session du 28 novembre 1848, est d’avis que « tous les tours soient supprimés.»

 

1849 : fermeture des tours

L’arrêté du préfet prend effet au 20 aout 1849. Les tours des différents hospices de l’Aveyron sont définitivement fermés. Ils sont remplacés par des bureaux d’admission ouverts de 9H à 10H et de 16H à 17.

Certains tours auront ouverts pendant plus de 30 ans.

 

Sources: mĂ©moires de la sociĂ©tĂ© des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, Travaux de la commission des Enfants-TrouvĂ©s instituĂ©e le 22 aoĂ»t 1849 par arrĂŞtĂ© du Ministre de l’intĂ©rieur. Tome 2, numĂ©risĂ©s par Gallica, Journal de l’Aveyron-AD12, PER1181-AD12

© 2017 Généalanille

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Disparu ou fusillé?

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Nov 302017
 

Sa fiche matricule indique qu’il est disparu au combat mais l’aveyronnais Jean Blanc a Ă©tĂ© fusillĂ© en 1914 pour abandon de poste…

Un cultivateur qui tente sa chance Ă  Paris

Jean Blanc est né le 7 juillet 1880 au village de Fraysse à Lacroix Barrez dans l’Aveyron. Il est fils d’Etienne, cultivateur et de Rosalie Bouscarat.

En novembre 1901, il part faire son service militaire dans les rangs du 96ème régiment d’infanterie. Il rentre dans l’Aveyron en septembre 1902 avec un certificat de bonne conduite.

Jean Blanc travaille comme cultivateur puis part à Paris en 1907 comme garçon de café. Il reviendra deux ans à Lacroix Barrez avant de repartir à la capitale.

Porté disparu en septembre 1914

Quand éclate la 1ère guerre mondiale, il a 34 ans. Rappelé à l’activité, il rejoint le 142ème régiment d’infanterie le 12 aout 1914.

Sa fiche matricule indique qu’il est blessé le 27 septembre 1914. Il est même porté décédé le même jour par un jugement du tribunal d’Espalion du 13 septembre 1921.

Mais le dossier du jugement du conseil de guerre de Toul du 2 octobre 1914 nous donne une autre version.

Il s’est sauvĂ©…

« Le nommé Blanc se trouvait le 23 septembre dernier [1914] dans une tranchée près de Bernécourt face à l’ennemi qui était installé dans les bois voisins.

Pris de peur, il imagina pour quitter son poste d’accompagner une corvée d’eau qui se rendait dans une ferme voisine.

Lorsque la corvée regagna son poste, au lieu d’y retourner, il se cacha et dès que la corvée fut partie, jeta ses armes, son sac et son fourniment puis se sauva en arrière.

Il erra dans les bois où il se cachait et finit par être arrêté dans les environs de Fong à une vingtaine de kilomètres de l’endroit d’où il était parti et deux jours après sa fuite. »

Jean Blanc se défend. Il s’est bien battu depuis le commencement de la guerre mais il a eu peur, tout d’un coup, d’être tué.

Devant les gendarmes

Parti le 23 septembre 1914 vers 19 ou 20 heures, il est repris par les sentinelles le 25 septembre vers 8 heures sur le chemin de halage du canal Ă  Lay St Remy.

Jean Blanc est emmené à la gendarmerie de Toul où il est interrogé et explique avoir déserté. Il a jeté son sac, sa musette, son bidon, ses cartouchières, son fusil et sa baïonnette à 1km de son cantonnement.

Il est écroué à la prison militaire de Toul.

La peine de mort

Le soldat passe devant le conseil de guerre dès le 26 septembre. Il est convaincu de dissipation d’armes et d’effets et d’abandon de poste en présence de l’ennemi. Son jugement a lieu le vendredi 2 octobre 1914 à 13 heures. Il est condamné à la peine de mort.

Son exécution a lieu le lendemain à 15 heures dans les fossés de la fortification de la Porte Moselle à Toul.

Jean Blanc est amené sur le terrain par un détachement de 50 hommes. Pendant qu’on lui lit son jugement, un soldat lui bande les yeux et le fait mettre à genoux. Le peloton fait feu, un sous officier lui donne le coup de grâce et le médecin constate le décès.

Un jugement 7 ans plus tard

Le 3 février 1920, un acte de disparition est établi pour Jean Blanc. Il indique les circonstances recueillies.

« Ce militaire, blessĂ© au cours du combat n’ayant plus reparu Ă  son unitĂ©, est prĂ©sumĂ© mort. Le manque d’Ă©lĂ©ments n’avait pas permis d’Ă©tablir cet acte. »

La dĂ©marche administrative va suivre son cours. En juin 1921, le questionnaire prĂ©cise que le militaire n’a pas Ă©tĂ© signalĂ© comme prisonnier et que la famille est avertie qu’une dĂ©claration judiciaire de dĂ©cès va ĂŞtre entreprise. L’Ă©tat de services et l’acte de naissance de Jean Blanc sont demandĂ©s avant l’Ă©tablissement d’une requĂŞte pour constater le dĂ©cès en aout 1921.

Le tribunal d’Espalion rend son verdict le 13 septembre 1921. Jean Blanc est dĂ©clarĂ© « mort pour la France » Ă  Flirey (54) le 27 septembre 1914. Le jugement est transcrit 15 jours plus tard sur les registres d’Ă©tat civil de Lacroix Barrez.

Quand les parents ont-ils appris comment leur fils est mort? Les archives ne le disent pas…

 

Sources : 4E112/9-AD12, 1R850-AD12, 5U1149-AD12, 1158W224-AD12, SHD/GR 11 J 3031-1 mémoire des hommes, SHD/GR 11 J 3034 mémoire des hommes

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de novembre 2017 sur le thème imposé « la mort en 1914-1918 ».

© 2017 Généalanille

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EpidĂ©mie Ă  l’orphelinat

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Oct 272017
 

Une épidémie typhoïde survient à l’orphelinat de Grèzes à Séverac l’Eglise (12) au moins de novembre 1892. Elle dura 4 mois et fit 5 morts dont 1 orphelin et 4 religieuses.

La fièvre typhoïde arrive à l’orphelinat

L’épidémie de fièvre typhoïde a fait son apparition en juillet 1892 à Lissirou puis en août à Gaillac d’Aveyron. Pendant deux mois, elle va faire des ravages dans ces communes avant d’atteindre l’orphelinat de Grèzes situé à Séverac l’Eglise. La méthode de transmission est inconnue.

L’orphelinat de Grèzes est tenu par des sœurs et accueille de jeunes garçons âgés de 2 à 10 ans et les garde jusqu’à 18 ou 20 ans.

L’Ă©pidĂ©mie commence le 1er novembre 1892 par une religieuse novice de 18 ans qui souffre d’une fièvre aux allures bĂ©nignes.

Seules les sĹ“urs sont touchĂ©es…

Au 22 décembre, on dénombre 20 nouveaux cas. Mais ce sont uniquement des religieuses qui sont atteintes. Dans la même semaine, 4 autres sœurs sont finalement touchées par la maladie.

Deux sœurs viennent de décéder à l’orphelinat : une novice de 18 ans, Joséphine Lacan et une professe de 42 ans, Marie Catherine Soulié.

Parmi la communauté religieuse, on dénombre :

  • 1 cas très grave chez une sĹ“ur de 20 ans
  • 1 cas grave chez une religieuse dĂ©moniaque de 22 ans
  • 5 cas lĂ©gers sur des religieuses de 16 Ă  26 ans
  • 3 cas très lĂ©gers sur des novices de 15, 17 et 19 ans.

La religieuse très atteinte meurt le 28 décembre. Il s’agit de Marie Maurel. On notera également le décès de Mélanie Trébosc qui meurt le 20 décembre 1892 à Bédarieux (34), deux jours après son départ de Grèzes.

Quand à la sœur démoniaque, elle restera bien vivante et son comportement sera évoqué dans la presse 10 ans plus tard.

… ou presque

Le rapport du Dr Géraud indique que l’orphelinat a été touché dès la fin aout et notamment par le biais d’un jeune garçon de 13 ans et d’une religieuse de 23 ans. Le garçon « languinait » et ne retrouvait pas ses forces.

A partir de novembre, le nombre de malades augmente. Fin décembre, on s’accorde à dire que 15 enfants de moins de 14 ans sont atteints. D’ailleurs, on enterre Henri Georges, orphelin originaire de Paris, le 2 janvier 1893.

Les chiffres s’affolent et montent jusqu’à 45 cas recensés sur la centaine d’habitants théoriques de l’établissement.

 

Les valides soignent les infectés

5 religieuses et un orphelin de 15 ans sont traités à Rodez. Pour les autres, ce sont certaines sœurs valides aidées du Dr Séguret de Laissac, médecin de l’établissement qui font au mieux.

Parmi les symptĂ´mes et outres la fièvre, on note beaucoup de troubles nerveux, de dĂ©lires nocturnes… Et pas question de renvoyer les enfants chez eux, ils sont tous orphelins !

Une Ă©tude sur les lieux

Une étude est faite par le Dr Géraud. Il est ressort les éléments suivants.

L’orphelinat est situé sur la rive gauche de l’Aveyron, à 3 km environ du cours d’eau.

Il est composé au nord d’une maison (en A) à 2 étages à 3 fenêtres de façade avec au rez de chaussée un réduit à porcs. On accède au 1er étage par un escalier à double rampe qui est occupé par les bureaux et deux chambres. L’étage au dessus sert de dortoir aux orphelins.

Le bâtiment B comprend 2 étages et un rez de chaussée qui sert de réfectoire, le reste est en dortoirs.

Un hangar et d’une écurie composent le bâtiment C.

 

Face à ces constructions, et séparées par une cour, se trouvent les latrines pour les orphelins et le personnel agricole (en F). Il s’agit d’une série de 5 cabines étroites avec un orifice de chute creusé dans une dalle d’ardoise. En sous sol, une fosse fixe est cimentée. La vidange est faite à main d’homme à époques régulières.

En G, une longue étable surmontée d’une grange fait face à une longue fosse à fumier.

 

En E-H, un établissement est réservé à la communauté chargée de la direction de l’orphelinat. Le dortoir des religieuses occupe les 2 étages du bâtiment E dont le rez de chaussée est réservé à la chapelle commune. Les étages de H sont affectés aux différents services. Sous la rampe d’escalier, on trouve une porcherie.

Les latrines des sœurs sont en J mais elles s’évacuent via un puisard en S.

 

L’orphelinat s’alimente en eau de boisson à la fontaine publique de Séverac l’église. La source qui fournit la fontaine provient de la montagne voisine. Un service d’approvisionnement d’eau est fait chaque jour par un volumineux baquet trainé à bras par les garçons de ferme. Ils remplissent le tonneau au robinet.

En G une citerne est annexée au bâtiment et recueille l’eau de pluie. Plusieurs puits existent mais ne sont utilisés que pour le jardinage.

 

Des mauvaises conditions et habitudes

Le constat est clair. Les conditions d’hygiène ne sont pas bonnes. Les matières fĂ©cales des malades censĂ©es ĂŞtre enfouies dans une fosse Ă  quelques centaines de mètres du hameau et recouvertes de chaux ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©es dans les latrines de la communautĂ©… d’oĂą une probable propagation de la fièvre !

Il faut désinfecter !

Pas besoin d’enlever tapis, tentures et rideaux, il n’y en a pas. Par conséquent, il faut désinfecter ce qui existe. Cuillers, tasses, verres et autres vaisselles sont dorénavant plongées dans l’eau bouillante.

On projette sur les planchers de la sciure de bois humectée avec du sulfate de cuivre, puis on balaye et on brûle la poussière.

L’eau de la citerne devient interdite. La fosse à fumier est vidée, nettoyée, désinfectée.

Les officiels et la technique

Par ailleurs, le Dr SĂ©guret fait au mieux pour enrayer l’Ă©pidĂ©mie. Mais, d’après la presse, il ne prĂ©vient la prĂ©fecture que fin dĂ©cembre.Tout va alors s’accĂ©lĂ©rer.

La commission d’hygiène se déplace à Grèzes fin décembre ou début janvier 1893 (selon les sources). On voit à l’orphelinat le Dr Bompaire de Millau (inspecteur des épidémies), le Dr Thoinet, du conseil d’hygiène central, délégué par le ministre de l’intérieur, Mr Carré, secrétaire général de la préfecture, mais aussi l’Evêque qui vient apporter son soutien aux religieuses.

Un secours de 5000 francs est accordé par le gouvernement et des machines à vapeur de la maison Geneste et Herscher de Paris sont expédiées dans l’Aveyron. Elles seront utilisées pendant tout le mois de janvier pour désinfecter objets et vêtements.

L’épidémie est jugulée

Grâce aux mesures prises, à la fin des labours, à l’arrivée des pluies et de la neige, l’épidémie se termine dans le mois de février avec 4 décès dans l’Aveyron.

Le Dr Géraud rédige son rapport en juin 1893. Il reçoit alors une médaille de bronze du ministre de l’intérieur pour son travail.

Finalement, Mr Séguret et Mr Bompaire seront également récompensés. En effet, ils obtiendront les médailles de bronze des épidémies par arrêté ministériel du 25 mars 1893.

 

Les bâtiments de l’orphelinat abritent aujourd’hui un ITEP.

Sources: 4E276/8-AD12, 4E276/9-AD12, 5Mi70/13-AD34, 1M939-AD12, 5M20-AD12, La France charitable et prĂ©voyante, l’Ă©cho du merveilleux et DĂ©sinfection, stĂ©rilisation, renseignements pratiques sur les appareils et procĂ©dĂ©s, par Fernand DehaĂ®tre numĂ©risĂ©s par gallica, carte postale collection personnelle.

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’octobre 2017 sur le thème imposĂ© « les Ă©pidĂ©mies ».

Bouton Etienne, mort pour la France

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Oct 232017
 

Etienne Bouton est né le 18 septembre 1892 au hameau de St Siacre à Grury (71). Il est le 3ème enfant de Jean Marie Bouton, cultivateur et d’Anne Frappet et frère de Jean Marie Bouton, mort pour la France en septembre 1917.

Bon pour le service

Etienne part au rĂ©giment le 9 octobre 1913. Il rejoint le 158ème rĂ©giment d’infanterie dans les Vosges dont il doit ĂŞtre libĂ©rĂ© en 1915. Mais la classe 1912 est l’une de celles qui passeront le plus de temps au front… du moins pour ceux qui reviendront vivants.

Mobilisés avant l’heure

De part leur présence dans les Vosges, les hommes du 158ème régiment d’infanterie sont prêts à intervenir avant même l’ordre de mobilisation générale. Ils rejoignent la région du col du Bonhomme dès le début du mois d’Août avec l’ordre de ne pas dépasser la frontière. Le 4 août, ils aperçoivent quelques hommes en gris longeant la forêt, le lendemain c’est le baptême du feu et déjà le premier tué (côté allemand) et les premiers blessés (français et allemands).

Première blessure à l’épaule

Le 20 aout 1914, le 158ème RI doit occuper la cote 500 entre Reigensthal et St Léon. L’ennemi est bousculé sous un feu croisé de mitraillettes et de fusillade. Il laisse de nombreux morts sur le terrain et 30 prisonniers. Le 21 aout 1914, Etienne Bouton est blessé à Abreschviller. C’est une plaie à épaule droite qui va l’éloigner du front, peut être liée au combat à la baïonnette.

 

La différence entre fiche matricule et état de services

D’après sa fiche matricule, on apprend les renseignements suivants.

Il est évacué à l’hôpital du Moulin où il reste jusqu’au 13 septembre avant de rejoindre Lyon : Desgenettes, Ste Foy les Lyon et Ecole de Santé militaire (avenue Berthelot). La fin de son séjour se termine par une permission de 6 jours du 11 au 17 janvier 1915 qu’il passera peut être à Grury.

Par contre ses Ă©tats de services sont plus complets.

Son séjour à l’hôpital commence à Moulins (03) du 24 aout au 12 septembre 1914. Il rentre au dépôt puis il part à Desgenettes à Lyon où il séjourne jusqu’au 2 octobre. On le retrouve à Caluire (69) pendant 6 jours avant son départ pour Sète (34) jusqu’au 27 octobre 1914. Pas de mention de l’école de santé, aucune trace de permission à cette période.

Retour au front ?

18 janvier 1915 : « la neige est tombĂ©e abondante pendant la nuit ». Selon sa fiche matricule Etienne Bouton rejoint le front après sa permission. Mais le 158ème a bien bougĂ© depuis son dĂ©part : les Vosges, la Meurthe et Moselle, la Marne, la Belgique, les Flandres… Les hommes sont Ă  Villers Chatel (62) et le mĂ©decin major vient d’organiser dans son cantonnement des douches Ă  eau chaude.

 

Les batailles se succèdent

Le régiment d’Etienne Bouton participe à de nombreuses batailles comme celle de la prise de l’éperon sud de notre Dame de Lorette le 15 mars 1915 dont l’article paru dans « l’écho de Paris » est conservé dans le journal de marche.

En septembre 1915, c’est l’attaque du bois en Hache qui provoque de grandes pertes dans le régiment.

Où est Etienne ?

Selon sa fiche matricule, il est au front, cependant son « état de services » précise que l’extraction de son projectile a lieu à l’hôpital Desgenettes du 25 aout au 14 septembre 1915. L’intervention est suivie d’une face de convalescence à Lyon puis à Sète dans différents hôpitaux avant une permission de 7 jours et le retour à son détachement.

Etienne est peut être au front début 1916..

Le 7 mars 1916, les hommes sont acheminés vers Verdun où ils vont vivre une des batailles les plus meurtrières de la première guerre mondiale.

Ils repartent un mois plus tard pour la Marne avant de rejoindre dans la Somme.

 

Deuxième blessure

Le 18 aout 1916, le 158ème RI quitte en auto son cantonnement pour rejoindre les tranchées dans le secteur de Soyécourt (80). L’attaque de la zone comprise entre cette commune et Vermandovillers débute le 4 septembre 1915 à 14H.

Etienne Bouton est blessĂ© Ă  la cuisse gauche par Ă©clat d’obus. Sa fiche matricule Ă©voque un passage Ă  l’hĂ´pital temporaire N°12 du Havre, un passage par l’ambulance 16/12 mais sans date. L’état de services parle de l’hĂ´pital de Compiègne….

Le soldat reste en convalescence pendant 20 jours (15 jours selon l’état de services) à compter du 5 novembre 1916. Il rejoint son régiment le 28 novembre de la même année.

Le 158ème rejoint la Haute Saône un mois plus tard. Dès février 1917, il reste entre ce département et l’Alsace. Les conditions de voyages sont difficiles avec les routes verglacées.

Le chemin des dames

Au printemps 1917, le régiment est acheminé par étapes jusqu’au chemin des dames dans l’Aisne.

Etienne Bouton est cité à l’ordre du régiment le 30 mars 1917 :

« très bon soldat courageux, dévoué, a été blessé deux fois ».

Il est promu soldat de 1ère classe le 16 mai 1917.

Une répétition grandeur nature

L’attaque du 23 octobre est préparée avec minutie pendant 2 mois. Selon l’historique du régiment, elle est même répétée à l’arrière avec un terrain aménagé. « Qu’est ce qu’ils vont prendre » se disent les hommes à quelques minutes de l’heure de début du combat.

Etienne Bouton disparait le 23 octobre 1917 dans le combat de Chavignon dans l’Aisne. Il avait 25 ans. Son acte de disparition est signé du lieutenant Cotinaud en décembre 1917.

Le jugement de décès est rendu quelques jours avant Noël.

Etienne Bouton est le 54ème mort pour la France de Grury. Son frère Jean Marie est décédé un mois plus tôt, le 21 septembre 1917.

 

Sources 5E227/12-AD71, 1R-RM Autun 1912-AD71, 3U301-AD71, 26N700/10 à 13-sga mémoire des hommes, Historique du 158ème RI

© 2017 Généalanille

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L’inconnu de la chambre numéro 3 arrêté par la Gestapo

 2ème guerre mondiale, Aveyron, Blog, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur L’inconnu de la chambre numĂ©ro 3 arrĂŞtĂ© par la Gestapo
Oct 192017
 

FĂ©vrier 1944, un inconnu est arrĂŞtĂ© dans un hĂ´tel de Saint Affrique dans l’Aveyron.

Neuf individus armés

20 février 1944 à 4H30 du matin, deux véhicules stoppent devant l’hôtel du nord, Rue Pasteur à St Affrique. 9 individus en civil en sortent armés de mitraillettes et de révolver de fort calibre.

Ils entrent dans l’établissement que possède Adrien Affre, 45 ans. Il faut dire que les portes ne sont jamais fermées.

Ils se dirigent vers la chambre N°3 et arrêtent le voyageur qui s’y trouve. Il est menotté et conduit à la salle du restaurant au rez de chaussée. Les voisins de chambres sont réveillés à coup de « ouvrez, police » et subissent des contrôlent d’identité.

Les 9 hommes demandent à boire un café et disent à Mr Affre « Il nous a donné du fil à retordre celui là, c’est un fou. Il en a déjà fait tuer 5 ou 6. » Puis ils remontent dans leur automobile à essence et repartent de suite sans qu’on puisse connaitre la direction prise.

Les « agresseurs » étaient donc 9 entre 30 et 38 ans. Vêtus de complets et de pardessus sombres, sauf 2 qui portaient une canadienne de couleur beige. Tous avaient un chapeau mou. 3 avaient un accent étranger, peut être allemand, les autres parlaient français avec un accent méridional prononcé.

 

Un inconnu trépané

L’homme arrêté est un inconnu. Il n’a « pas encore » rempli la fiche d’hôtel qui permettrait d’en savoir plus sur lui. Il est arrivé le 16 février, et a déclaré venir de Montpellier pour chercher un logement en prévision de l’évacuation.

45 ans, chauve, plutôt petit. Il avait souvent évoqué son passé d’ancien combattant et de grand blessé de guerre. D’ailleurs, il avait évoqué ses 2 trépanations suites à ses blessures de la guerre 14-18.

Depuis son arrivée, il ne fréquentait personne, ne recevait pas de courrier. Lever tard et couché tôt, il menait une vie paisible.

 

A la recherche d’indices

Pour l’hôtelier, il semble qu’il s’agisse d’une opération de police normale et peu importe qu’elle ait été opérée par des services de police française ou allemande. Il prévient cependant le commissaire de police de St Affrique de ce qui s’est passé.

Dans la chambre de l’inconnu, le commissaire de police a retrouvé une chemise d’homme et une paire de chaussettes sales, un chapeau mou gris à bords rabattus acheté à la chapellerie David Rue de la loge à Montpellier et portant à l’intérieur les initiales G.R.

Et puis une carte Michelin N°80 région Aveyron Lozère Gard qui trainait sur un meuble.

Le chapeau appartenait bien au voyage mais la carte semble ĂŞtre celle des ravisseurs.

Sur la carte, un itinéraire était tracé en bleu. Il part de Pegairolles (34) et abouti au village de St Paul le Jeune à la limite de 3 départements, en passant par St Hippolyte du Fort, Alès et Ambroix. Et une ligne sensiblement horizontale qui semble délimiter un secteur du Caylar (34) à Laudun (30) et au milieu de la carte la mention « Latapie François Rue Frégére N°10 »

 

Le commissaire a prévenu le service des relations franco allemandes. Mais la gendarmerie du secteur n’a été avisée que 2 jours plus tard au moyen d’un avis de recherches remis par un agent de police.

Les RG de Rodez ont indiqué plus tard que l’opération avait été effectuée par la Gestapo de Montpellier.

Quand Ă  l’inconnu, son nom n’a pas Ă©tĂ© transcrit dans les dossiers…

 

Sources: 324W539-AD12, carte Michelin 80 collection personnelle

© 2017 Généalanille

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Obtenir une bourse d’enseignement

 Aveyron, Blog, Challenge UProG, XIXème Siècle  Commentaires fermĂ©s sur Obtenir une bourse d’enseignement
Sep 272017
 

Grâce aux bourses d’enseignement, deux exemples d’élèves vétérinaires ont pu en partie financer leurs études au 19ème siècle.

Trois Ă©coles nationales

Pour devenir vétérinaire au milieu du 19ème siècle, il faut passer par l’une des 3 écoles nationales situées à Lyon, Toulouse et Alfort.

Les modalités d’inscription sont simples :

  • Un acte de naissance
  • Un certificat de bonnes vies et moeurs signĂ© par le maire
  • Un certificat d’un mĂ©decin, chirurgien ou officier de santĂ© attestant que le jeune homme a Ă©tĂ© vaccinĂ© ou qu’il a eu la petite vĂ©role
  • Pour les plus de 20 ans, un justificatif qu’ils ont satisfait Ă  la loi sur le recrutement
  • ….et une obligation sur papier timbrĂ© pour garantir le paiement d’avance par trimestre de la pension.

 

Pensionnaires

Qui dit 3 écoles, dit nécessaire pension pour les plus éloignés. D’ailleurs il est conseillé de rester en pension pour être disponible à tout instant à ses études. Et puis la vie en communauté, cela forge le caractère.

Mais avant d’être accepté, il faut passer l’examen préparatoire qui a lieu début octobre (à l’école choisie). Il comporte du français, de l’arithmétique, de la géométrie, de la géographie et de l’histoire de France. Et jusqu’en 1865, les élèves doivent être en état de forger un fer en deux chaudes. Après cette date, l’épreuve de forge est supprimée.

S’ils sont admis à l’examen, les élèves vétérinaires reçoivent du garde magasin les objets du coucher et le surveillant leur indique leur place dans les chambres ou dortoirs.

Ceux qui ont échoué devront rassembler un nouveau dossier pour l’année suivante.

 

4 ans Ă  financer

4 ans d’enseignement sont nécessaires pour devenir vétérinaire. Les élèves obtiendront alors un diplôme et une rétribution 100 francs. 4 ans en théorie, puisque le jury annuel peut décréter que l’élève n’est pas assez instruit pour passer en division supérieure.

Le coût de la pension est de 450 francs (en 1864) par an payable par trimestre et d’avance. Le prix du diplôme est à payer avant l’examen et est remboursé en cas d’échec.

La pension n’est pas la seule dépense, il faut aussi se munir d’un uniforme. « Hors de l’école et à la messe, aux distributions de prix, lors des visites faites par les officiels, les élèves portent un habit bleu foncé croisé devant, un pantalon de même drap, un gilet noir, des demi-bottes, un chapeau rond en soie noir. »

Le trousseau est à acheter. Le linge de literie est fourni par l’école. Et chacun lave son linge : l’élève pour son trousseau, l’école pour le linge de literie.

Les élèves doivent aussi acheter, leurs livres, instruments….

Deux types de bourse d’enseignement

Deux demi-bourses sont attribuées aux élèves par les préfets mais uniquement dans l’école dont dépend le département (école vétérinaire de Toulouse pour le département de l’Aveyron). Elles ne sont attribuées qu’après 6 mois d’école et uniquement aux plus méritants.

Par ailleurs des bourses impériales sont aussi données par l’état. Là encore, ce ne sont que les plus méritants qui peuvent y prétendre.

Pour certains bons élèves, ils parviennent à faire financer quasi l’intégralité de leur étude pour un semestre.

Le cas de deux élèves

Pierre Delbeuf est né en 1840 à Foissac (12), fils d’un forgeron.

Il entame sa première année d’étude à Toulouse en 1864. 9ème sur 64 au 1er semestre puis 8ème sur 65 au second semestre, il obtient une demi-bourse du département de l’Aveyron.

La deuxième année démarre mal. Il n’est que 29ème sur 39 élèves. Considéré comme un élève médiocre, sa demi-bourse lui est refusée. Il travaille probablement dur pour finir 13ème sur 38 au second semestre.

La demi-bourse lui est accordée pour sa 3ème année d’études. Il va la conserver toute l’année avec un classement de 8ème sur 39 puis de 6ème sur 39 élèves.

Aucune indication de bourse pour sa dernière année d’étude. Il finit 20ème sur 41 puis 7ème sur 42 élèves lors des deux semestres et obtient son diplôme avec une mention honorable.

Antoine Emile Rigal est né en 1839 à Villefranche de Rouergue (12), fils d’un vétérinaire.

Sa première année d’étude à Toulouse débute en 1860. Et son premier semestre sera le seul à ses frais.

5ème sur 38 élèves, il décroche une demi-bourse du préfet de l’Aveyron qu’il conserva tous les trimestres jusqu’à la fin de ses études.

Dès la deuxième année, ses classements sont tellement bons (2ème sur 39 puis 3ème sur 40) qu’il obtient en plus une demi-bourse impériale, qu’il conservera là encore jusqu’à sa 4ème année.

Il obtient son diplĂ´me en 1864, finissant le semestre Ă  la 12ème place sur 36 Ă©lèves…

 

Quel intérêt pour une généalogie ?

Si vous savez que votre ancêtre a été diplômé, vous cherchez généralement la date du diplôme. Selon sa profession, vous pouvez aussi dénicher la date de son enregistrement au tribunal.

Chercher une bourse d’enseignement, c’est parfois l’occasion de croiser des lettres manuscrites de votre ancêtre. C’est surtout, souvent, un bon moyen d’évaluer son niveau scolaire, à défaut de connaitre ses notes.

On y croise aussi ceux qui ont abandonnĂ©… mais, Ă  moins de savoir que votre ancĂŞtre a fait ce type d’études, vous n’irez probablement jamais le chercher dans ces archives !

 

Sources 2T2/6-AD12, 2T2/9-AD12, biusante.parisdescartes.fr, recueil de médecine vétérinaire et journal des vétérinaires numérisés par Gallica.

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG de septembre 2017 sur le thème imposĂ© « l’enseignement ».

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