Utiliser les bulletins du casier judiciaire en généalogie

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Avr 222017
 

Issus du casier judiciaire, les bulletins N°1 et N°2 sont des documents qui peuvent être utilisés en généalogie pour glaner des renseignements sur ses ancêtres.

bulletin

 

Un casier judiciaire

Le casier judiciaire est créé en 1848. C’est l’établissement du suffrage universel et la modification de la liste du jury qui provoque cette révolution. En effet, ne peuvent être électeurs ou juré que les hommes qui n’ont pas encouru certaines condamnations.

Le fichier des antécédents judiciaires géré par la préfecture de police de Paris n’est plus adapté, le casier judiciaire va le remplacer et permettre une gestion décentralisée.

Il faut cependant attendre le 1er janvier 1851 pour que celui ci soit mis en place au greffe du tribunal d’arrondissement de naissance des individus. Le lieu de naissance étant immuable, il a été privilégié au choix du domicile pour un classement plus efficace.

Ce nouveau fichier est vide. Il est rempli au fil des condamnations des individus. Cependant, il est demandé aux greffiers de cours d’appel et de tribunaux de première instance de reprendre toutes les condamnations criminelles, correctionnelles, disciplinaires et faillite intervenus à leur siège depuis le 1er janvier 1831 pour dresser des bulletins N°1.

Le bulletin N°1

Le bulletin N°1 comporte chaque condamnation inscrite au casier judiciaire pour une personne. Il y a donc autant de bulletin qu’il y a de condamnation. Ceux-ci sont conservés au tribunal du lieu de naissance.
De plus, c’est le bulletin N°1 qui permet de communiquer les extraits de casier. Il est uniquement transmis aux autorités judiciaires et aux greffes pénitentiaires.

casier
Le bulletin N°2

Le bulletin N°2 est un extrait du casier judiciaire constitué à partir des fiches du bulletin N°1. S’il n’y a pas de fiches, l’extrait est rayé avec une mention « rien au casier » ou « néant ». Ce document est transmis aux autorités judiciaires notamment lors des procès.
Il existe aussi un bulletin de type N°3 qui peut être demandé par toute personne et qui contient un extrait partiel du casier. Ce document n’est généralement pas conservé aux archives.

extrait

3 raisons d’utiliser les bulletins

Les bulletins N°1 et N°2 permettent de connaitre un certain nombre d’informations sur nos ancêtres : Nom, prénom, date et lieux de naissances, noms des parents, domicile, profession, situation familiale, nombre d’enfants, signes particuliers. Bien entendu, ils renseignent également sur la condamnation : tribunal, date du procès, motif de la condamnation, durée de la peine…

Pourquoi utiliser ces bulletins?

Votre ancêtre a été condamné plusieurs fois pour pêche à la dynamite ou chasse à la glu ? Cela ne fait pas de lui un bandit de grand chemin mais cela peut vous permettre de compléter une biographie. A contrario, vous avez trouvé un casier vierge ? Cela vous évitera de chercher dans les tables une condamnation antérieure.

Vous avez « perdu » la trace de votre ancêtre. Avec ces documents, vous pouvez trouver la liste des condamnations émises par des tribunaux d’autres départements. Et si vous avez la chance d’avoir des bulletins N°1 conservés, vous aurez sur chaque bulletin une adresse au moment du jugement (contrairement au relevé qui n’indique que le dernier domicile connu). C’est un moyen de pister les populations mouvantes (forains, mendiants, partis à Paris ou à l’étranger…).

Marié, célibataire, des enfants ? Vous coincez sur une situation de famille ou sur la descendance ? Ces informations sont présentes sur les bulletins et pourront donner des pistes pour compléter une ligne de vie. NB Les signes particuliers sont souvent liés à la conscription militaire (classe et bureau de recrutement).


Quelle série ?

Condamnation, justice, c’est par conséquent la série U qui est à consulter aux archives départementales pour dénicher les informations du casier judiciaire. Pour les extraits, ce sont généralement dans les dossiers de procédure. En revanche, pour les bulletins N°1, quelques échantillons (lettres B, T…) sont parfois conservés aux AD.

Sources : casier judiciaire, étude critique sur le casier judiciaire en France et dans les pays étrangers numérisé par gallica.bnf.fr, 9U1660-AD12, 5U1261-AD12

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Colier Jean, mort pour la France

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Avr 162017
 

Jean Colier est le 50ème mort pour la France de la commune de Grury. Il décède dans la Marne à peine 1 mois avant ses 20 ans.

Jean Colier est né le 14 mai 1897 à la Janvière, commune de Grury. Il est l’ainé des deux garçons de Pierre Colier et de Pierrette Diry, cultivateur.

Classe 1917

Jean Colier appartient à la classe 1917. La guerre est déjà bien entamée quand il passe le conseil de révision à Issy l’Evêque.

Bon pour le service, il est incorporé le 11 janvier 1916 au 13ème régiment d’infanterie. Quelques mois d’instructions et il rejoint le front probablement entre le printemps et l’été 1916.

La bataille de Verdun

Débutée en février 1916, la bataille de Verdun va durer plus de 9 mois. Le 13ème RI y participe aux Eparges, à la tranchée de Calonne… C’est peut être dans ce contexte que Jean Colier se confronte à cette drôle de guerre.

Dans la Somme

Après un stage d’instruction dans le camp de Saffais (54), les hommes sont transportés à Vézelise à destination de la Somme. Ils restent en 1ère ligne dans le secteur de Berny jusqu’à la fin de l’année 1916 pour une autre direction.

Les tranchées de la Marne

Le 13ème RI appartient désormais à 169ème division qui vient d’être créée en ce début d’année 1917. Le régiment est affecté au sous secteur de la main de Massiges. La guerre des tranchées s’est installée mais quelques bombardements allemands provoqueront des contre-attaques et ainsi un peu de mouvement dans le secteur.

Le Mont Cornillet

Le 13ème RI ne quitte pas la Marne et se porte dans la région de Reims avec pour objectif de conquérir le Mont Cornillet. L’attaque a lieu le 17 avril 1917 sous un temps déplorable (pluie, neige) et le 83ème RI se replie, laissant les hommes du 13ème RI en première ligne. Pendant 5 jours, les hommes vont se battre dans ces lieux. Plus de 400 morts, une centaine de prisonniers et de nombreux blessés.

Parmi eux se trouve Jean Colier qui soufre d’une plaie à la tête et au côté droit par éclat d’obus.

Colier

Il décède à l’ambulance 9/17 dans la même journée. Il n’avait pas 20 ans. Son corps repose à la nécropole ‘Sept Saulx’, tombe 959.

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1917-AD71, historique du 13ème RI

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Un pupille de la nation adoptable ou pas?

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Avr 142017
 

Pourquoi un enfant de poilu est adoptable comme pupille de la nation mais pas son frère ou sa sÅ“ur? Les conditions de l’adoption.

Pupille

Un pupille mineur

La première des conditions est que l’enfant soit mineur. C’est-à-dire moins de 21 ans. Les aides seront d’ailleurs accordées jusqu’à sa majorité. Certains enfants seront adoptés quelques mois avant cette majorité!

Demander l’adoption

Cela semble anodin, mais l’enfant n’est pas adopté si ses représentants légaux (parents survivants, grand parents, oncles…) n’en font pas la demande. De façon marginale, certains enfants ne sont donc pas adoptés car aucun dossier n’a été fait pour eux.

Dossier

Le père est mort ou pas?

Si le père est mort pendant la guerre ou après (du fait de blessures de guerre), ses enfants deviennent adoptables (toujours sous le principe d’être mineurs et d’en avoir fait la demande).

Si le père n’est pas mort mais qu’il est invalide du fait de guerre, l’histoire se complique, tous ses enfants ne sont pas adoptables mais certains peuvent l’être.

300 jours après la fin des hostilités

11 novembre 1918 ; c’est la signature de l’armistice… mais la guerre n’est pas totalement terminée et il faut attendre quelques temps avant que les hommes ne soient de retour à la maison.

La fin des hostilités est fixée au 24 octobre 1919 par le journal officiel. La période de viduité étant de 300 jours, ce sont donc les enfants nés jusqu’au 20 aout 1920 qui sont adoptables. Ceux nés le 21 ne sont pas adoptables!

1919

Les particularités et exceptions

Si un enfant pensionné décède après son adoption, il est prévu qu’un de ses cadets puissent être adopté « à sa place » même s’il est né après le 20 aout 1920…

Si un père décède après la guerre, ses enfants nés après le 20 aout 1920 deviennent adoptables… (d’où des dates d’adoption dans les années 30)

Si le père est décédé sur le théâtre des opérations extérieures, il semble ne pas avoir été adoptable avant le vote de la loi du 29 avril 1927.

 

Les documents

Examiner le dossier de pupille de ses ancêtres est souvent synonyme de découvertes de nouveaux éléments qui vont « donner de la chair » à votre arbre généalogique : une lettre de la veuve, un contrat d’apprentissage, des renseignements généraux sur où vont les enfants à l’école et dans quel état de santé ils trouvent…

On y trouve également le montant des aides proposées (ou refusées) aux familles. Elles sont de 5 types: entretien, frais de maladie, subvention d’apprentissage, bourses d’études et placement.

Récapitulatif

Age  Les enfants doivent avoir moins de 21 ans
Dossier Les enfants ne sont adoptables que sur présentation d’un dossier
Père mort pendant la guerre  Les enfants sont adoptables
Père mort après la guerre  Les enfants deviennent adoptables
Père en invalidité  Les enfants nés jusqu’au 20/08/1919 sont adoptables

 

Quelques pistes pour retrouver votre ancêtre pupille :

Voici donc quelques documents à trouver dans les archives:

  • Le jugement d’adoption par la nation (série U) dont la date peut être trouvée en marge de l’acte de naissance de l’enfant.
  • Le dossier de pupilles (en général regroupé par familles, pensez à regarder à l’année de naissance du plus jeune adoptable) Série R.
  • Les registres de comptabilité de la même série.
  • Les cartes de pupille de la nation dans vos archives personnelles.

 

Sources: 30R-AD12

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Comment lister les meuniers?

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Avr 072017
 

Quand un arrêté préfectoral permet de lister plusieurs personnes exerçant le même métier… Un exemple avec les meuniers.

meuniers

Un recensement difficile

Comment trouver tous les meuniers exerçant dans un département à un moment donné ? Renouvelez la question avec tous les charrons, tous les horlogers, tous les tailleurs d’habits…

Bien sûr, si on vous demande tous les prêtres, tous les instituteurs ou tous les notaires, la tâche sera plus facile ! Mais pour les artisans, il n’y a pas beaucoup d’autres solutions qu’un balayage massif, méthodique et systématique d’un maximum de ressources.

Cela passe par l’état civil et les recensements de population, mais aussi les actes notariés (ou les répertoires de notaires), la justice, l’enregistrement (TSA, ACP, SSP et j’en passe), les patentes, les annuaires départementaux, la presse spécialisée et comme on parle de meuniers, la série S !

Et pourquoi pas la série K ?

La plupart des professions est régie par des lois, des décrets, des arrêtés. Il suffit parfois de faire une recherche dans ces documents pour découvrir un article lié à l’activité recherchée.

C’est le cas des meuniers avec un arrêté du préfet de l’Aveyron du 14 juillet 1854 qui impose que

« la balance, avec assortiment complet de poids, […] sera établie dans toute usine du département destinée à la mouture des grains. »

Le préfet joint une lettre à tous les maires de l’Aveyron et précise que certains meuniers prélèvent de manière frauduleuse une quantité de blé sur celle convenue entre les propriétaires et les meuniers. Et c’est particulièrement le cas sur le canton de Cassagnes où certains habitants se sont plaints.

Une conséquence visible en série U

Un arrêté c’est bien, mais cela ne nous donne pas de noms ! Il faut plonger dans les fonds de justice de paix pour trouver les coupables. Coup de chance, les minutes de simple police sont disponibles pour ledit canton de Cassagnes.

Ce n’est finalement pas moins de 16 meuniers qui sont condamnés à partir de novembre 1854 pour défaut de balance. Certains se défendent : ils l’ont commandé, mais il n’y en avait plus à Rodez, ou bien le vendeur doit aller en chercher à Toulouse. D’autres ont leur mari malade, donc plus de minoterie et pas besoin de balance. Un autre enfin n’est que « fermier » du moulin, c’est donc au propriétaire de faire la démarche.

Et si l’on renouvelle l’expérience sur d’autres cantons, la récolte de noms de meuniers pour la même période est dans la même proportion… Une idée simple et efficace pour la base de données !

 

Sources : PER1181-AD12, 10U16/25-AD12, 10U26/20-AD12

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Ces enfants dont on tait le nom

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Mar 312017
 

Sous le prétexte qu’ils sont enfants naturels, certains actes ne contiennent qu’un prénom, même quand leur nom est connu.

sans nom

Il y a ceux qui n’ont pas de nom…

Prenons un exemple, Louis est né d’un père inconnu et d’une mère dont les deux parents sont inconnus. Il n’a donc pas de nom patronymique et on le cherchera toute sa vie à son prénom dans les différents actes archivés.

inconnus

Et ceux qui en ont un…

Pierre est né le 15 septembre 1822 dans l’Aveyron. Son acte de naissance annonce dans la marge « Pierre Enfant Naturel ». En lisant l’acte, on trouve le nom de sa mère « Couderc ».

Pas de table annuelle dans ce registre, mais si on consulte la table décennale, on retrouve notre Pierre Couderc, puisque c’est son nom, à la lettre P comme….  « Pierre enfant naturel »

Dans les archives militaires, pas de changement, c’est encore à P qu’il faut le chercher.

Si Pierre est condamné. Là encore, il est à P dans les tables…

Enfin si Pierre signe un acte notarié. Le répertoire et l’acte évoquent « Pierre, enfant naturel »…

C’est quoi un enfant naturel?

La définition est claire : c’est un enfant né de parents non mariés. Et c’est la même mention que les parents soient inconnus, ou qu’il soit né d’une mère célibataire !!

Chassez le naturel

Un enfant naturel n’est pas toujours un enfant sans nom. Donc n’oubliez pas de vérifier les actes quand vous les croisez. Et si parmi vos ancêtres vous avez un enfant naturel, pensez à rechercher les tables à la lettre du prénom.

Sources : 4E237/2-AD12, TD237-AD12, 1R84-AD12

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Entrer dans le cercle

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Mar 242017
 

Bien avant l’apparition de la loi 1901, des cercles s’établissent dans nos communes. Le 5 mars 1878, certains habitants de Viviez (Aveyron) décident de créer le cercle de l’Union.

Cercle

Un cercle non élitiste

Contrairement à d’autres sociétés existantes, le but du cercle de l’Union ne se définit pas comme élitiste.

Il propose en effet

1°) le rapprochement par le contact journalier des diverses catégories de citoyens (agriculteurs, travailleurs de l’outil du magasin ou du bureau). Car jusqu’à ce jour leurs occupations différentes ou des habitudes anciennes tenaient trop éloignées les uns des autres.

2°) l’éducation naturelle par l’échange constante des idées.

3°) la fondation de salons de lecture, d’une bibliothèque populaire circulante, de lectures avec commentaires, de conférences ou causeries familières sur les sujets les plus variés, science, littérature, art, économie publique ou privée.

15 membres adhérents

L’objectif est de mélanger les populations. L’examen des membres composant le cercle montre 15 personnes de 27 à 50 ans. Aucun âge minimum n’est précisé. Il est souvent de 21 ans.

5 propriétaires, un docteur, un marchand, un brasseur, des ouvriers du bâtiment (peintre, zingueur, cimenteur, maçon, menuisier), un ajusteur et un chauffeur. Pas d’agriculteur comme le prévoyait les statuts !

Les conditions suivantes sont classiques : pas de jeux de hasard, pas de discussion politique ou religieuse. Les locaux ne doivent pas être une maison où se trouverait un café ou tout autre débit de boisson qu’à la condition que les locaux soient complètement séparés.

Comment entrer dans le cercle ?

Toute personne qui souhaite entrer doit être présentée par deux membres. On affiche le nom du candidat et des 2 présentateurs pendant 10 jours, puis le vote à l’unanimité permettra d’accepter ou de rejeter la demande.

Pas de nombre maximum de membres prévu pour ce cercle, certains le limitent à 120 ou 150.

Une cotisation « Ã  la tête » de l’adhérent mais très souple

Comme le cercle ne se veut pas élitiste, il provient une cotisation en fonction du membre qui souhaite adhérer. Elle ne peut pas être inférieure à 50 centimes ni supérieure à 2 f par mois. Payable d’avance bien sûr.

Si le membre ne paye pas, il aura un premier avertissement, puis un second avant d’être rayé de la liste…. Sauf s’il demande un sursis supplémentaire au bureau !

Si l’adhérent part en voyage de plus de 3 mois, il peut choisir de ne payer ses cotisations qu’à son retour.

Aucun droit d’entrée, mais les dons de bienvenue (en argent ou en livres) sont acceptés ! D’ailleurs la bibliothèque et le salon de lecture seront confiés à la garde et à la surveillance d’un ou de plusieurs bibliothécaires choisis par le bureau.

Un cercle parmi tant d’autres…

La société est autorisée par le préfet le 12 mars 1878 (selon la loi du 10 avril 1832 et le décret du 25 mars 1852).

Ce n’est pas le premier cercle dans la commune. En effet, en janvier 1865 a été créé le Cercle de la Concorde dont Michel Stieber, membre actuel du cercle de l’union, faisait déjà partie.

Et finalement, 5 ans plus tard, le cercle de la fraternité est créé à dans la même commune car le cercle de l’union est trop loin de leur quartier, soit environ 1 km!

 

Source:  4M262-AD12

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Le circuit du printemps

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Mar 202017
 

Le circuit du printemps, c’est le nom choisi par le vélo club de Villefranche de Rouergue pour sa course cycliste d’avril 1934.

Printemps

70 km à vélo

On est en avril 1934 à Villefranche de Rouergue et le vélo club a décidé d’organiser une course cycliste. Elle s’appellera le circuit du printemps. Avenue du quercy, Martiel, Villeneuve, Villefranche, les quais, promenade Guiraudet, boulevard de la Douve. Deux fois ce parcours, cela fait environ 70 km.

Le départ prévu initialement à 15H place nationale est finalement retardé d’une demi-heure pour laisser l’opportunité aux coureurs de participer à un autre événement. L’arrivée est donc prévue vers 17H40 place Jean Jaurès.

Les indépendants du coin

La course est réservée à tout coureur indépendant des départements de l’Aveyron, du Lot, du Tarn et Garonne, Haute Garonne, Cantal et Tarn.

Le 1er villefranchois aura une prime de 25 francs, le 2ème de 15 francs et le 3ème de 10 francs offertes par un sportif.

Le dernier villefranchois aura aussi une prime de 10 francs mais offerte par Mr Fabry. Finalement, il faut espérer qu’il n’y aura pas plus de 4 coureurs de la ville pour éviter que l’un d’eux soit défavorisé !

Une organisation à anticiper

Proposer une course cycliste, c’est toute une organisation.

La déclaration à la préfecture est faite le 11 avril 1934. Mr Pourcel, le président de l’association, s’engage à payer tous les frais de surveillance ou autres occasionnés par la course. Le préfet donne son accord une semaine plus tard.

Il faut prévoir la remise des brassards (le jour même à 14H au siège social). Il faut interdire aux voitures non officielles de dépasser la voiture portant le fanion de la croix rouge.

Bref, un dernier briefing a lieu la veille de la course à 20H30 pour finaliser le rôle de chacun.

Une association du 19ème siècle

L’association a été créée en 1893, c’est ce qu’indiquent ses lettres à entête mais le vélo club semble exister depuis le 15 octobre 1892. D’ailleurs un punch a été servi au 26 sociétaires le 29 octobre 1892 au café des globes en présence d’Emile Assié, président et d’Emile Alibert vice-président.

Conviviale et dynamique, une première course est organisée dès le lendemain sur Martiel. Les associations sportives se sont d’ailleurs multiplié à cette époque…

25 concurrents dans une course folle

Ils sont 25 concurrents à participer. Le départ est donné par Mr Vidal chef conseil de l’association.

L’avenue de quercy est gravie à 30 km à l’heure. En tête, on retrouve les coureurs Roques, Davet et Bedel, les villefranchois, qui foncent à fond de train à 40, 45 km heure selon le compteur de la voiture qui les suit.

Malheureusement le jeune Davet est victime de crampes et il abandonne dans la cote de Savignac.

Un peu plus loin, Bedel est entrainé dans la chute de Singla. Le temps de remonter en selle et d’arranger son guidon faussé, le peloton de tête a déjà pris un kilomètre d’avance.

Il n’y a plus que 6 hommes en tête et seulement un « local », le villefranchois Roques qui fait l’admiration de tous les suiveurs grâce à son allure souple et coulée. Premier tour bouclé de 35 km en 58mn et Roques gagne la prime du 1er villefranchois.

Au deuxième tour, pas de changement. Après 2H03 de course, c’est le figeacois Desson sur vélo Helyet, pneu Huchinson qui monte sur la 1ère marche. Sur la deuxième, l’aveyronnais Bouthemont de Viviez et sur la 3ème Roques avec son vélo Griffon et ses pneu Dunlop.

Bedel, le deuxième Villefranchois ne finira que 11ème avec son vélo Alcyon.

Qu’est-ce qu’on gagne ?

Les prix sont offerts par la société, complétés d’une somme offerte par les commerçants de la place Jean Jaurès.

  • 1er prix 120 + 30 soit 150 francs
  • 2ème prix 80 + 20 soit 100 francs
  • 3ème prix 40 + 35 soit 75 francs
  • 4ème prix 35 +15 soit 50 francs
  • 5ème prix 25 + 10 soit 35 francs
  • 6ème prix 10 + 10 soit 20 francs.

Pour les vainqueurs, cela rembourse donc largement les 3 francs d’inscription.

Félicitations et reproches

Alors que le comité remercie les bénévoles, il rappelle cependant aux conducteurs de voitures qui suivent la course d’être dorénavant plus prudents. En effet, messieurs C et E ont failli causer une chute générale du peloton de tête du fait de leur imprudence…

La soirée se finira par un bal prévu le soir au casino. En attendant la prochaine course !

Sources: 4M290-AD12, 4M262-AD12, Le Narrateur-AD12

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A la recherche du testament olographe

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Mar 102017
 

De l’écriture à sa mention dans la succession, le parcours d’un testament olographe. Pour chaque étape, quelques astuces pour retrouver sa trace dans les archives.

olographe

J’écris mon testament

Elle est infirmière à Paris et décide de rédiger ses dernières volontés. Après avoir pris un papier et un crayon, elle écrit ce qu’elle veut donner et à qui. Elle range ce document dans ses affaires et, malheureusement pour elle, deux jours plus tard, elle meurt. On est le 26 avril.

Après sa mort

Malgré le chagrin, il faut bien gérer les démarches administratives. Déclarer le décès au service d’état civil de la mairie, prévoir les funérailles, prévenir famille et amis… et puis fouiller dans les affaires. C’est ainsi que la nièce de l’infirmière découvre le testament qu’elle transmet à un notaire à Montbazens dans l’Aveyron. C’est le notaire familial.

L’ouverture de testament

Le notaire se rend au palais de justice de Rodez le 3 mai. Il remet le testament olographe qui lui a été transmis par la famille et un procès verbal descriptif d’ouverture de testament est réalisé. Il décrit la forme du testament, ses dimensions, le type d’encre, le nombre de lignes, l’habilité de l’écriture et partiellement son contenu. On le retrouve en série U soit dans les jugements sur requêtes, soit dans des documents spécifiques d’ouverture de testament.

 

Un acte judiciaire

Une copie de la minute de ce procès-verbal est donnée au notaire, et cet acte est enregistré dans les registres d’actes judiciaires… en série Q. Pour notre exemple, l’acte est enregistré le 5 mai. Malheureusement, ces registres ne sont pas toujours conservés.

 

Le dépôt de testament

Le notaire rédige un acte de dépôt de testament olographe dans ces minutes. La minute du 5 mai est en série 3E. C’est donc à cette date et dans ces archives que vous êtes susceptibles de voir le testament original rédigé par l’infirmière.

 

L’enregistrement de l’acte notarié

Cependant, le notaire (ou ses successeurs) n’a parfois pas encore déposé ses minutes aux archives. Il vous reste une chance de retrouver la trace du testament par l’enregistrement de l’acte notarié, à nouveau en série Q. Cette fois ci, il faut chercher dans les actes civils publics du canton dont dépend de notaire. Dans notre cas, l’acte est visible le 15 mai.

 

Et la succession

Voilà, la succession peut dorénavant être enregistrée. Un petit tour par les tables de successions et absences avant de voir la déclaration de mutation et donc la mention de ce testament olographe…

Un testament facile à trouver

C’est donc logiquement grâce à cette succession que vous apprendrez l’existence du testament olographe de vos ancêtres. Dans la plupart des recherches, le testament est alors facile à trouver dans les minutes du notaire. Pour les cas les plus complexes, vous devrez envisager de pister le document dans les différentes étapes indiquées ci-dessus.

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Voilà, c’est fini… ou presque

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Mar 032017
 

Juillet 2015 – Mars 2017, c’est le temps qu’il a fallu pour indexer les poilus des 588 livres d’or des communes de Saône et Loire. Le projet est fini, mais la guerre n’est pas terminée.

C’est l’histoire d’un jour un poilu

Décembre 2013, une idée un peu folle est lancée… Une base de plus de 1,3 million de militaires morts pour la France pendant la guerre 14-18 est proposée à l’indexation collaborative. Et Jean Michel Gilot calcule qu’il suffit (!) à 880 personnes de transcrire chaque jour une fiche de poilu pour que l’intégralité de la base soit complète au 11 novembre 2018. C’est le début du projet 1 jour 1 poilu .

Trouver une organisation

Un poilu par jour, le temps de le repérer, de se connecter, de l’indexer, de diffuser l’information… Beaucoup d’organisation pour une seule fiche.

Après avoir testé des indexations par année, et éventuellement par patronyme, c’est bien la participation à l’indexation au fil du Tour de France 2015 qui m’a permis de choisir une organisation fiable et systématiques avec l’utilisation des livres d’or. La cible: le département de Saône et Loire.

588 livres d’or et une carte

Un livre d’or pour chacune des communes de Saône et Loire est disponible dans la salle des inventaires virtuelle des archives nationales. (Enfin, comme il faut une exception, la commune de Changy n’en a pas…) Ce sont donc ces documents qui ont servi de référence à l’indexation.

De plus, le coup de pédales de l’été avait vu la mise en place d’une carte collaborative. Plus question d’indexer par canton, il fallait du visuel! Surtout que dans les autres départements, ça indexait aussi!

Par conséquent,  les communes de Saône et Loire ont été choisies alternativement dans chaque arrondissement.

Carte collaborative fin décembre 2015

Près de 20 mois plus tard

Des livres d’or contenant entre 2 et 845 poilus. Plus de 16 000 indexations. Et 4 livres d’or indexés par d’autres bénévoles…

Une bataille acharnée et quotidienne qui se termine le 3 mars 2017 avec la commune de Saône et Loire ayant le plus grand nombre de morts pour la France: Chalon sur Saône.

Mais la guerre n’est pas finie

Tous ceux qui ne sont pas sur les livres d’or. Tous ceux qui sont référencés dans le Maine et Loire, l’Indre et Loire au lieu de la Saône et Loire. Les poilus qui ne sont que sur les monuments aux morts, les non morts pour la France, les fusillés. Les originaires du département partis s’installer ailleurs…. Il reste de quoi indexer!

La guerre n’est pas finie, alors promis, demain je continue d’indexer…

Additif: suite à l’analyse du 7 mars 2017 par Jean Michel Gilot, seuls 87,11% des poilus notés comme nés dans le département de Saône et Loire sont indexés. Il reste donc près de 3000 soldats à indexer sur ce département (plus ceux mal référencés).

© 2017 Généalanille

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Martin François, mort pour la France

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Fév 252017
 

François Martin, classe 1916, meurt pour la France suite à une blessure par éclat d’obus près de Fleury à l’âge de 21 ans. Il est le 49ème mort pour la France de la commune de Grury (71).

Elevé avec un pensionnaire

François Martin est né le 9 juin 1896 au hameau de la Croix à Issy l’Evêque. Ses parents, Léonard Martin et Jeanne Ledey sont agriculteurs. Ils prennent en pension Marcel, d’un an le cadet de François. Le petit est né à Paris de Marguerite Martin.

La famille déménage avant 1906 pour s’installer au Bois de Grandvaux à Grury. François devient agriculteur.

Classe 1916

La classe 1916 à laquelle appartient François est appelée en avance du fait de la guerre. Il est donc incorporé le 12 avril 1915 et rejoint le 109ème régiment d’infanterie de Chaumont.

Quelques mois d’instruction (5 mois ?) lui seront nécessaires avant de rejoindre le front probablement vers l’automne 1915.

Le secteur de Lorette

Les troupes du 109ème RI sont dans le secteur de Lorette vers la fin septembre 1915. Elles bataillent ensuite sur le secteur du bois en Hache et du bois de Givenchy jusqu’au 22 décembre. A partir de cette date, les bataillons du régiment sont relevés définitivement après une bataille de 12 mois.

La bataille de Verdun

Le début de l’année 1916 est passée au camp de Saint Riquier où le régiment est reformé et complété. Puis vient le départ le 22 février pour une destination inconnue qui s’avérera être le lieu d’une bataille terrible : la bataille de Verdun.

Le 109ème est dans le secteur de Douaumont début mars. Il sera réduit à un tiers de son effectif au décompte du 21 mars.

La Champagne

Après quelques jours de repos, le 109ème est transporté en train en Champagne pour aller rejoindre le secteur de Tahure.

François est alors affecté au 122ème RI qui fait des statistiques sur les origines géographiques et l’ancienneté de ses soldats.

Martin

Retour dans la Meuse

Un mois plus tard, François est affecté au 412ème RI qui vient de défendre la cote 304 à Esnes en Argonne. Les hommes retournent au combat. Ils resteront dans le secteur jusqu’à la fin octobre 1916 où ils auront enfin droit à quelques jours de vrai repos.

Le 24 novembre 1916, les troupes sont emmenés en camions à Verdun. Elles sont affectées au nord Est de Bras de Meuse avant de rejoindre la côte du Poivre quelques jours avant Noël.

Le journal de marche égrène ses pertes. L’historique du régiment précise que la période entre le 21 décembre et le 12 janvier « fut particulièrement pénible autant par le feu de l’ennemi que par les rigueurs du climat. »

Blessé par éclat d’obus

La guerre n’est pas terminée. Ainsi début février 1917, le 412ème retourne sur la rive droite de Verdun.

François Martin est blessé le 15 février 1917 par éclat d’obus à la jambe au ravin de Bazil près de Fleury.

Il décède 10 jours plus tard à l’ambulance 3/6. Il avait 21 ans. Son corps est rapatrié le 08 juillet 1922.Il est enterré au cimetière de Grury.

 

 

Sources: 5E239/30-AD71, M1710-AD71, 6M Grury-AD71, 6M Issy-AD71, 1R RM Autun 1916-AD71, Historique du 109ème régiment d’infanterie, 26 N 684/4-sga Mémoire des hommes, 26 N 769/2-sga Mémoire des hommes, Q 2329-Bdic

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