La lettre testament du poilu

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Jan 242017
 

C’est l’histoire d’un poilu qui envoie une dernière lettre Ă  sa mère avant de partir pour le front. Il s’appelle Joseph et celle-ci lui servira de testament.

Exemple de lettre d’un poilu Ă  ses oncles et tantes

Une simple lettre

La lettre de Joseph est datée du 6 septembre 1914. Le texte est rédigé avec un crayon violet et d’une main assurée mais mal exercée. Le mot « ses » qui est le 3ème de la première ligne se trouve presque complètement effacé mais il n’y a pas d’autres ratures, interlignes ou renvois. Le texte parait être écrit en entier, daté et signé de la même main.

Joseph a utilisé du papier ordinaire rayé de 10,5cm de largeur sur 17cm de hauteur.

papier

Papier ordinaire rayé

Quatre pages. Enfin pas tout à fait. Il a écrit la moitié de la 1ère page, les 2èmes et 3èmes pages en entier et 4 lignes sur la dernière page.

On suppose que Joseph n’écrit pas que ses dernières volontés mais qu’il se veut rassurant sur son état de santé. Peut-être demande-t-il des nouvelles de sa famille et notamment de ses 7 frères et sœurs ? Mais il ne sait probablement pas que son frère ainé est déjà mort, disparu à Dieuze le 20 aout 1914.

 

Si le malheur m’en veut…

Six septembre 1914

Chère mère

Je t’écris ces quelques lignes pour te dire que je suis en bonne santé et maintenant chère mère je pars sur le front et je ne sais pas si je reviendrai à Las Prades. Peut être le bon Dieu fera la grâce mais j’en suis pas sûr. Mais au moins si jamais le malheur m’en veut tu retireras l’argent de la caisse d’épargne. Tu m’en feras prier Dieu pour moi et le reste je te le donne et tu t’en serviras. Adieu pauvre maman en attendant de te voir.

Joseph M.

Voila mon adresse Joseph 111ème de ligne. 8ème compagnie Cote d’Or ; Is sur Tille ; Bureau frontière

Joseph meurt le 10 septembre Ă  Vassincourt dans la Meuse. Il avait 24 ans.

 

Ces testaments de poilus dans les archives

Si certains de nos soldats ont fait leur testament avant de partir à la guerre devant un notaire, d’autres n’ont même pas pensé à prendre cette précaution. Et c’est donc leurs lettres qui peuvent remplir cette fonction.

La démarche reste la même (poilus ou non) :

  • La mention du testament est faite dans la succession (et dans les tables de successions et absences). SĂ©rie Q
  • S’il a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© chez un notaire, il faut consulter les minutes de celui-ci. SĂ©rie 3E
  • La description du document olographe est visible dans les jugements sur requĂŞtes du tribunal civil du domicile. Parfois une cote spĂ©cifique est disponible pour les ouvertures de testament. SĂ©rie U
  • Le testament Ă©tant dĂ©posĂ© postĂ©rieurement chez un notaire, l’acte est enregistrĂ© dans les actes civils publics. SĂ©rie Q

 

Sources : 65Q1738-AD12, 65Q333-AD12, 1R938-AD12, 7U1515-AD12

© 2017 Généalanille

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Le pourboire de l’amitiĂ©

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Jan 202017
 

« Les étrennes sont le pourboire de l’amitié. » C’est l’expression utilisée par Gabrielle Cavellier dans le journal de cette veille de Noël 1904.

Avant de rajouter que l’auteur de cette définition avait oublié de mettre ses lunettes ! Et pour cause, les amis sont bien les derniers à bénéficier de nos étrennes !

etrennes

 

Trois sortes d’étrennes

Dans ce billet, la chroniqueuse détermine trois sortes d’étrennes : celles qu’on donne par plaisir, celles qu’on donne par devoir et celles qu’on donne par bêtise.

Dans les deux premières catégories, sont rangés les cadeaux faits entre parents et enfants, entre mari et femme ou entre oncle et neveux et nièces. Si elle fait la distinction entre les deux, il faut bien cependant envisager que parfois même si on offre par plaisir, on offre aussi un peu par devoir !

Pour les enfants, des bonbons, des sucreries ou des jouets « font l’affaire. » Pour les adultes, parfum, manteau, c’est souvent la femme qui est gâtée…

 

Des étrennes utiles ou des soldes ?

Les grands magasins savent très bien que les étrennes sont une bonne occasion de faire des affaires. Elles proposent donc des étrennes utiles : tissus, lainages, accessoires… A destination des femmes bien sûr, mais pas seulement.

Etrennes

Cette opération de charme ressemble cependant bien à nos actuelles soldes. D’ailleurs, selon le dictionnaire de la langue verte de Delvau, un solde est « un restant d’étoffe ; coupon, dans l’argot des marchands. »

Les publicités se multiplient et tout est fait pour attirer le client : auditions musicales, tombolas, pochettes avec calendrier, etc.

concurrence

Beaucoup de demandeurs

Raymond Bouchard dans son article de 1901 semble être excédé par le nombre de sollicitations de demandeurs d’étrennes.

« Attends toi à voir ébranler ta porte à coups de marteau, ou bien à ce que le cordon de ta sonnette soit un peu distendu à force d’avoir été mis à contribution. »

Il indique un tarif décroissant au fil de la journée ou de l’importance des demandeurs.

« Le facteur… une pièce blanche. Le ramasseur de bourrier 5 sous et un verre de vin. L’allumeur de réverbères 50 centimes en échange d’une image. Le fontainier, 20 sous. »

Celles qu’on donne par bêtise

Gabrielle Cavellier place dans la catégorie des « étrennes données par bêtise » celles dont on se sent obligés de donner. Et elle ajoute « Il y a abus. Tout le monde en convient mais qui réagira ? »

La liste croisée avec celle du chroniqueur Albert Jouon nous précise les catégories socio-professionnelles qui tendent la main pour obtenir une obole :

  • Les postiers avec le « classique calendrier au dos duquel se prĂ©lassent l’immuable carte dĂ©partementale et la nomenclature aussi invariable qu’erronĂ©e des foires et assemblĂ©es de la rĂ©gion. »
  • La concierge occasionnellement aimable.
  • L’allumeur de rĂ©verbères, le porteur de journaux, le fontainier, le commis Ă©picier, bref toutes ces pièces que nul ne nous oblige Ă  donner et pour qui « On me remerciera Ă  peine d’un bref hochement de tĂŞte, d’un coup de casquette. »

Calendrier

 

« Prenez vos précautions, ils ne rendent pas de monnaie. »

Vous n’aurez pas d’allumeur de réverbères à votre porte en cette année 2017. Mais le facteur, les pompiers, les éboueurs vous ont déjà probablement sollicités.

Ne cherchez pas non plus les sommes obtenues par vos ancêtres concierges ou fontainiers dans les archives. Ces revenus sont toujours restés très discrets.

Par contre, fouillez vos archives personnelles. Vous y trouverez peut être (pour les quarantenaires) le montant versé annuellement sur les livrets en début de chaque année par les bénéficiaires d’étrennes.

 

Et n’oubliez pas, « la manière de donner vaut mieux que ce qu’on donne. »

 

 

Sources; Le Narrateur AD12, le dictionnaire de la langue verte numérisé par Gallica

© 2017 Généalanille

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Pour ne pas envoyer une carte de vœux

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Jan 042017
 

Soit vous envoyez une carte de vœux, soit vous donnez 3 francs pour les pauvres ! Ce système mis en place à Villefranche de Rouergue a fonctionné pendant de nombreuses années.

bonne-annee

Des vœux sous de multiples formes

Un tweet, un SMS, un coup de fil, une carte de vœux, une longue lettre, une visite… Tout est possible pour échanger ses vœux, selon l’époque et les habitudes de chacun.

En 1896, Claire Leriche dans le journal local aveyronnais précise l’usage de la carte de visite, alors utilisée comme carte de vœux.

La carte qu’on envoie

« La carte de visite s’envoie aux amis et connaissances avec qui on n’a pas de rapports de tous les jours. On peut y annoter ses bons souhaits suivant le degré des relations, l’envoyer sous enveloppe ou sous bande. La carte doit contenir vœux, souhaits, compliments de condoléances, félicitations, remerciements ou autres formules de politesse, exprimées en termes impersonnels et n’excédant pas 5 mots. »

5 mots ! « Meilleurs vœux pour cette nouvelle année. » c’est donc déjà trop !

Pour les plus intimes, on utilise la lettre.

La lettre sur feuille double

« Si l’on est obligé de leur écrire, on emploie une enveloppe carrée blanche. Le papier à vignettes et les petits cachets ornés de fleurs sont de très mauvais goûts. Il ne faut jamais se servir d’abréviations qui ne sont bonnes que pour les notes prises sur un cahier ou dans les rapports entre commerçants.

D’autre part, écrire sur une feuille simple est toujours de mauvais ton même chez une femme riche, qui ne peut certes pas invoquer l’économie ; la plus petite lettre exige une feuille double. »

Finalement, une carte, c’est plus rapide.

La carte qu’on emporte cornée !

L’idĂ©e de prĂ©senter ses vĹ“ux, c’est surtout l’occasion de rendre visite Ă  des amis ou de la famille qu’on ne voit que rarement. Alors imaginez la situation oĂą vous prĂ©sentez vos vĹ“ux, carte Ă  la main (version 1896.)

« La carte tient lieu, parfois, d’une visite. En ce cas, il faut la porter soi même et en corner un des angles du côté droit. »

Si vous trouvez une carte de visite cornĂ©e, vous serez qu’elle a Ă©tĂ© transmise Ă  la main!

Une idée issue de la guerre de 1870

A Villefranche de Rouergue, c’est le comité de secours aux familles qui ont perdu ou qui ont leurs soutiens à l’armée qui en a l’idée. Au lieu de faire des frais pour envoyer des cartes de visite comme cartes de vœux, pourquoi ne pas donner un montant (libre) à cette œuvre pour l’aider dans ses actions.

Le don moyen est de 3 francs et tous les noms des donataires sont imprimés dans le journal.

Avocats, notaires, juges, curés, médecins, pharmaciens, professeurs… La liste est plutôt élitiste mais les appels aux dons ne manquent pas dans les communes pendant ces jours de guerre.

Transformer l’essai

Décembre 1871, la guerre est terminée mais les donateurs semblent avoir aimé cette idée de se débarrasser de la corvée de vœux. Le journal propose donc de gérer à nouveaux la diffusion des listes des « dispensés d’envoi de carte »

Le montant n’est pas précisé mais il semble qu’il soit d’ores et déjà fixé à 3 francs. Les recettes sont données aux religieuses de l’hôtel Dieu de la ville pour être redistribuées aux pauvres.

Une idée qui dure

10 ans après son lancement, l’appel aux dons continue d’être fidèlement relayé par le journal. Il est destiné à ceux qui préféreront « consacrer la journée du 1er janvier à leur famille, que de s’astreindre à des formalités surannées, qui dégénèrent en véritable corvée. »

1905 semble être la dernière année où les donataires ont pu être exemptés de cartes de vœux. L’action aura perduré 35 ans !

Sources: le narrateur, le journal de Villefranche – AD12

© 2017 Généalanille

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Deux boites de conserve de champignons

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DĂ©c 022016
 

Arrêtés puis fouillés, les futurs condamnés portent souvent des objets personnels qui sont confisqués. Certains d’entre eux ne sont jamais réclamés et sont vendus aux enchères pour libérer de l’espace dans les tribunaux.

conserve

271 objets au greffe du tribunal

Le 22 novembre 1926, le greffier du tribunal civil de Villefranche dresse un inventaire de 271 articles. Il s’agit de la liste des objets non confisqués déposés au greffe à l’occasion de procès. Or ceux-ci n’ont pas été réclamés depuis que les jugements sont devenus définitifs.

Que contient la liste ? Des fusils bien sĂ»r, des armes, des vĂŞtements… Mais l’inventaire et beaucoup plus large et hĂ©tĂ©roclite. En 1905, il contenait mĂŞme un coffre fort dĂ©moli ! Pour cette annĂ©e 1926, on trouve des draps, des bijoux, une bicyclette, un livre de Chateaubriand, des casses-tĂŞte, une paire de pantoufles et 2 boites de conserves de champignons.

Ces deux boites seront vendues aux enchères le 23 décembre 1926 dans la salle du palais de Justice. Peut-on retracer leur histoire ?

Un polonais SDF

On est la veille de Noël 1924. Stefan Reyclick, polonais de 36 ans est sorti de prison depuis 15 jours après avoir été arrêté pour vagabondage à Decazeville. Arrivé de Pologne au mois de mai, il a laissé sa femme et ses deux enfants au pays pour rejoindre son frère en région parisienne. Quelques semaines plus tard, il est embauché quelques jours comme manœuvre au chemin de fer de Viviez mais il dort dans la rue et n’a pas récupéré sa pièce d’identité laissée à Paris.

Au café de l’étoile

Le 24 décembre il part de Rodez et prend le train de 5H30 pour Aubin. Vers 18H, alors qu’il est, seulement les témoins, ivre, il s’installe dans la salle du café de l’étoile près de la gare et demande dans un mauvais français un café. La tenancière, Mme Solignac, lui sert sa boisson et lui verse un petit verre de marc. Cependant il refuse cet alcool et demande un rhum. La tenancière de café est seule, elle retourne vaquer à ses occupations, et quand elle l’aperçoit de la cuisine changer de place, elle demande à son fils René âgé de 7 ans de le surveiller.

Après quelques instants, le petit se met à crier « maman, maman, il prend une bouteille! » Stefan Reyclick vient en effet de glisser une bouteille de « Vermouth Frontignan »  d’une valeur de 15 francs sous sa veste.  Aux cris de l’enfant, il repose la bouteille et tente de s’enfuir par la cuisine mais Mme Solignac l’en empêche avec son balai. Le polonais repart vers la porte de sortie alors que la tenancière crie « au secours, Mr Bousquet ! » Ledit voisin, sortant de son magasin, a eu le temps de traverser la rue et d’arriver en même temps que les gendarmes qui étaient de passage dans l’avenue.

La fouille du coupable

Mme Solignac dépose plainte. Elle a eu peur et son fils est en larmes. Les voisins témoignent que l’individu  a tenté de voler une bouteille de liqueur.

Mr Reyclik est fouillé. Il est porteur

  • D’une boite de conserve champignons cèpes
  • Une boite de conserve de champignons de paris
  • Une boite mĂ©tallique avec 14,60 francs
  • Un demi paquet de tabac, des feuilles de cigarettes, des allumettes
  • Un morceau de savon
  • Un certificat de travail de la Loubière
  • Un certificat de mise en libertĂ© de la prison
  • Des papiers divers.

Jugement à Noël

Le jour de Noël, il comparait devant le juge du tribunal de Villefranche assisté de Pierre Kozub, interprète de la société des aciéries de France. Il reconnait les faits et retrace ses différents travaux et employeurs dans l’Aveyron. Il écope d’un mois de prison.

Les boites de conserve

La question lui est posée sur les deux boites de conserves de champignon. D’où viennent-elles ? Il avoue les avoir volées à Rodez mais ne sait pas le nom de l’épicerie. Il est entré dans le magasin, a pris deux boites sur le comptoir et est ressorti. Personne ne semble l’avoir vu.

Le commerce est situé à côté d’une place à 500 mètres environ de la gare à droite en allant au centre de ville et sur la place il y a un jet d’eau….. Il ne reste plus qu’à rechercher cette épicerie !

Les deux boites de conserve sont donc restées 2 ans dans les locaux du tribunal.

Sources: 9U1415-AD12, 9U1824-A12, 9U1825-AD12, 9U1826-AD12

© 2016 Généalanille

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Quand deux hommes honorables font un faux témoignage

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Nov 252016
 

Ils s’appellent Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat. Ils ont tous les deux 44 ans. L’un est maçon, l’autre cultivateur. L’un est père de trois enfants, l’autre célibataire. Les deux vont faire un faux témoignage.

cheval

PrĂŞte moi ton cheval 4 ou 5 jours

Le 18 juillet 1869, Jean Antoine Roucayrol rentre de Saint Affrique vers 21H. Il s’entretient brièvement avec la femme Chiffre puis il rentre et se couche sans souper. Sa femme vient le trouver et lui demande d’aller au mas de Lavagne pour faire transporter des matériaux. Il se relève, s’habille et part. Il arrive sur place entre 22 et 23 heures. Depuis la cuisine de la maison, il entend une discussion entre les sieurs Niel et Canac qui a lieu dans la cour ou dans l’écurie. Niel demande à Canac de lui laisser un cheval à l’essai pendant 4 ou 5 jours. Canac lui répond « Si tu le veux, emmène le, sinon laisse le. »

Dans la même soirée, Joseph Privat boit et mange avec plusieurs individus à l’auberge de Broussette. Il part ensuite au Mas de Lavagne pour traiter un marché de deux béliers avec Canac, marché commencé quelques jours plus tôt. Arrivé audit lieu, il entend lui aussi une discussion entre les sieurs Niel et Canac. Niel demande un cheval à l’essai pendant 4 ou 5 jours, Canac lui répond « c’est à prendre ou à laisser. »

Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat affirment ne pas s’être vus.

Tu ne m’as pas payé le cheval

Fin juillet 1869, Jean Canac intente une action devant la justice de paix contre Maurice Niel. Il réclame le prix de 52 francs pour la vente d’un cheval. Maurice Niel rétorque qu’il ne va pas payer car la vente était « conditionnelle et subordonnée à l’essai préalable du cheval. »

Deux personnes viennent au procès témoigner sous serment : Jean Antoine Roucayrol et Joseph Privat. Les deux hommes répètent leurs propos et Maurice Niel est condamné à payer le prix du cheval et les frais de justice.

Faux témoins

Mais après enquête, les dépositions des témoins sont contredites. Jean Antoine Rouquayrol a été vu dans les rues de son village par plusieurs témoins et sa propre femme a déclaré qu’il n’était parti que vers 22H. Le chemin entre sa maison et le mas de Lavagne étant d’environ 1H30 de marche, il est impossible qu’il soit arrivé avant 23H30.

Pour Joseph Privat, ce sont les occupants de l’auberge ou des champs environnants qui contredisent le témoin. Il a été vu vers 22H15 à l’auberge par Alinat qui était charger d’arroser les champs cette nuit là. Impossible de parcourir les 2 heures qui séparent ce lieu du mas de Lavagne et de s’y trouver avant 22 heures, heure où le marché du cheval a été conclu.

Par ailleurs, les deux hommes ne se sont pas vu, ils l’affirment ! Cependant le Sieur Gravier les a vu ce soir là repartir de Lavagne ensemble. Difficile de ne pas se voir…

Des arguments démontés

Les juges sont sceptiques. « Illuminé par une inspiration soudaine », Rouquayrol se serait relevé dans la nuit pour aller urgemment demander à Canac de lui faire un transport de pierres. C’est donc qu’il avait une journée de travail très chargée le lendemain… qu’il a passé dans l’oisiveté et à la pêche.

Privat, lui, a été vu couché dans les champs sur un tas de paille avec le sieur Pujol à ses côtés, il faut dire que la soirée avait été arrosée et le repas copieux. Alors que son collègue dort, il se réveille en sursaut et par « un souvenir subit » il quitte les lieux et court au Mas de Lavagne pour traiter en urgence d’un contrat de 2 béliers, quitte à réveiller Canac.

Bref les deux hommes ont une envie soudaine « d’interrompre leur sommeil et de voyager. Ils arrivent au Mas de Lavagne Ă  la mĂŞme heure, se cachent tous les deux pour entendre un marchĂ©, ne se voient pas et repartent chacun de leur cĂ´tĂ© dans la mĂŞme direction ».

Une condamnation pour faux témoignage

Il est reconnu que les deux hommes ont fait un faux témoignage mais n’ont pas touché d’argent pour le faire. Ils sont condamnés tous les deux à 6 mois de prison, 50 francs d’amende chacun et aux frais de justice pour 151,15 francs.

 

Source : 8U461-AD12

© 2016 Généalanille

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De la vigne aux plantations de tabac

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Nov 182016
 

L’usage croissant de la nicotine comme insecticide pour les vignes a donnĂ© idĂ©e aux aveyronnais de planter du tabac.

 

La nicotine comme insecticide

Un article est diffusĂ© dans la revue « le cultivateur aveyronnais » de 1894. Mr Lapoire, prĂ©sident du comitĂ© antiphyloxĂ©rique de Roanne (42) semble avoir trouvĂ© un insecticide contre la cochylis qui dĂ©truit les vignes. Le traitement est composĂ© d’alcool Ă  brĂ»ler, de savon noir et de nicotine et donne de bons rĂ©sultats. En effet, après 24 heures, 70% des larves de l’insecte sont tuĂ©es.

nicotine

Les formules du traitement seront modifiées au fil du temps pour n’utiliser que de l’eau et du savon noir avec la nicotine.

 

Livraison réglementée

Exploiter du tabac ou en extraire la nicotine sont des activités réglementées. Mr Paulin Vergnes, forgeron à Lédergues (12) se voit dresser un PV en 1906 pour infraction à la culture du tabac.

En mars 1909, un décret autorise les syndicats agricoles à se procurer de la nicotine litrée auprès des manufactures d’état pour 1 franc le litre, il passe à 2,70f en 1911. Et si on n’est pas syndiqué ? Il faut alors rédiger une demande formalisée à faire viser par le maire.

demande

De nombreux vœux

Pourquoi ne pas cultiver dans l’Aveyron du tabac ? Le conseil général du département émet le vœu « que la culture du tabac soit autorisée dans les régions du département dites de rivière » dès 1907.

Le conseil d’arrondissement de Villefranche fait de mĂŞme en octobre 1908. Les deux organismes renouvelleront rĂ©gulièrement la demande que la « culture du tabac soit autorisĂ©e sur la rive gauche du Lot comme elle l’est sur la rive droite« . Car le dĂ©partement voisin est lui autorisĂ© Ă  produire du tabac!

La réponse du directeur général de la manufacture de l’état est négative: pas assez de personnel et pas de crédit pour créer de nouveaux emplois.

carte

Un besoin de nicotine croissant

On est en 1911. Le ministre des finances avertit les prĂ©fets les quantitĂ©s d’alcaloĂŻde Ă  livrer Ă  l’agriculture cette annĂ©e seront 10 fois supĂ©rieures Ă  celles de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

MalgrĂ© les efforts de production et les achats importants Ă  l’Ă©tranger, il est probable que les agriculteurs n’auront pas les quantitĂ©s dont ils ont besoin. D’ailleurs, le prĂ©sident du syndicat agricole de la commune de Villeneuve (12) qui sollicite 54kg 600 de nicotine pour ses 7 hectares de vignes n’obtient que 7 grammes !

 

L’injustice pour les communes

Les communes de l’arrondissement de Villefranche émettent à leur tour le vœu de pouvoir cultiver du tabac. C’est le cas de Saujac (12) dans la délibération du conseil municipal de novembre 1911.

Les arguments sont les suivants :

1) beaucoup de terres situées sur la commune sont aptes à la culture de tabac,

2) la culture du chanvre qui était la principale récolte doit être supprimée à cause d’un parasite, le tabac pourrait la remplacer,

3) pour que les agriculteurs gagnent de l’argent pour payer les impĂ´ts,

4) parce que la commune est limitrophe avec le département du Lot où la culture est autorisée,

5) si la nicotine se gĂ©nĂ©ralise pour soigner la vigne, l’Ă©tat va avoir besoin de plus de cultures de tabac,

6) le conseil d’arrondissement a Ă©mis plusieurs fois le vĹ“u que la culture soit autorisĂ©e.

 

Après la guerre

Les vĹ“ux continuent de se multiplier et la grande guerre survient. Il faut attendre la dĂ©cision du 12 septembre 1922 pour que le ministre des finances autorise la culture de tabac dès 1923 dans l’arrondissement de Villefranche de Rouergue.

culture

La variĂ©tĂ© sera le Paraguay Bas Rhin d’une compacitĂ© de 35 000 Ă  40 000 plantes Ă  l’hectare. Les rĂ©coltes seront livrĂ©es au frais des planteurs au magasin de Cahors (Lot).

Sources: 7M123-AD12, le cultivateur aveyronnais

© 2016 Généalanille

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Les sépultures de nos ancêtres

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Oct 282016
 

De l’inhumation dans les églises à celle dans les cimetières, de la création de la concession individuelle à l’autorisation de la crémation, un bref aperçu des sépultures de nos ancêtres.

tombes

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Presque plus d’inhumation dans les églises

La déclaration du Roi du 10 mars 1776 concernant les inhumations est claire : pour des raisons de salubrité les défunts doivent être enterrés en dehors de l’église.

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Cependant, quelques personnes sont exemptées de cette règle comme les archevêques, évêques, curés, fondateurs des chapelles et hauts justiciers avec la condition d’être enterrés dans des caveaux à 6 pieds sous terre.

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Du côté des registres paroissiaux, à part ces exceptions, les actes de sépulture égrènent invariablement « a été inhumé dans le cimetière de la paroisse. »

eglise

 

Le décret impérial du 23 prairial an XII mettra fin à cette inégalité en interdisant toute inhumation dans les églises.

inhumation

 

L’éloignement des cimetières

C’est aussi le décret impérial de 1804 qui va imposer l’éloignement des cimetières avec une distance minimale de 35 à 40 mètres des habitations.

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Pour les cimetières existants, il est prévu de les fermer sans rien pouvoir y faire pendant 5 ans. Au-delà, ils pourront être affermés.

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Le cimetière mais lequel ?

Autour de l’église avant 1804, le cimetière s’éloigne du centre du village pour des raisons d’hygiène.

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Plan du cimetière projeté en dehors du bourg

Pour imaginer le lieu de sépulture de nos ancêtres, il faut envisager d’étudier l’évolution de la taille du cimetière. Car l’explosion démographique d’un lieu va de pair avec l’augmentation des décès.

cimetiere

De 1896 à 1930, la taille du cimetière augmente.

De plus, le regroupement des hameaux fait naitre de nouveaux cimetières, parfois de manière illégale. C’est le cas par exemple de Capdenac Gare, paroisse érigée en 1868, dont les défunts étaient enterrés par tolérance dans le cimetière de la paroisse de Saint Julien d’Empare. Le curé, n’y tenant plus, lança une souscription pour acheter un terrain pour inhumer ses paroissiens. Et il fallu bien des années pour que la commune puisse reprendre l’autorité sur ce cimetière comme le prévoyait la loi de 1804.

Les cimetières privés

La loi n’empêche pas d’inhumer une personne en dehors d’un cimetière sous réserve d’un emplacement éloigné de toutes villes et d’une autorisation de préfet.

Les demandes de cimetières privés conservés dans les archives concernent principalement des communautés religieuses. Il existe parfois des demandes particulières.

François Casimir Moins sollicité le préfet de l’Aveyron le 11 juin 1878 pour pouvoir être inhumé dans sa propriété proche de la gare de Villeneuve. Le terrain est éloigné de toutes villes et bourg, le sous préfet n’émet pas d’objection. L’avis du préfet est favorable sous deux conditions que le terrain affecté à la sépulture soit clos de murs de hauteurs suffisamment pour qu’aucune indécence ni violation ne soit commise et bien entendu de respecter l’autorisation d’inhumation le cas venu.

moinsLa difficultĂ© de ces demandes particulières est Ă©videmment la transmission du patrimoine qui doit rester dans la famille…

Les concessions privées

La loi de 1804 règlemente également l’organisation du cimetière par le creusement de fosses.

fosses

Elle prévoit aussi la possibilité d’acheter des concessions privées.

concessions

Des conventions sont établies entre les communes et les particuliers et le double de certaines sont conservés dans les archives. 15 ans, 30 ans, perpétuelle, le choix de la durée est lié à l’attachement de la personne et du lieu et surtout à ses moyens financiers.

concession

Concession de 15 ans en Aveyron pour la fille d’un machiniste du Lot et Garonne

 

Le tarif est décidé par délibération du conseil municipal mais la loi du 24 juillet 1867 régit la répartition : 2/3 reviennent à la commune et 1/3 au profit des pauvres ou à des établissement de bienfaisance.

proportion

Les concessions seront ornées selon les moyens, les habitudes locales et les périodes de simples croix, dalles ou de riches sculptures et décorations.

 

L’usage ou non des pompes funèbres

Mourir coûte cher et pas uniquement à notre époque. En 1890, un homme décide de creuser lui-même la tombe de sa défunte épouse. Cela reste une exception.

femme

La crémation

L’autorisation de la crémation est accordée par la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles.

Elle n’est mise en application qu’à compter de la loi du 27 avril 1889 qui légifère sur le sujet en titre III.

cremation

L’Ă©glise catholique continue de recommander l’inhumation. A partir du 8 mai 1963, elle n’interdira plus la crĂ©mation (article 1176-3 du Code de Droit Canon).

En Aveyron, il faut attendre 2004 pour voir l’inauguration du premier crĂ©matorium dans le dĂ©partement. Il est localisĂ© Ă  Capdenac-Gare.

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Connaissez-vous les Bressan?

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Oct 122016
 

Leur nom portait Ă  croire qu’ils avaient des origines dans la Bresse, mais ils sont Ă©trangers. La famille d’artistes va bĂŞtement se faire verbaliser pour ne pas avoir fait de dĂ©claration de rĂ©sidence.

Dans la famille Bressan

Il y a le père : Dominique qui signe Dominico. Son métier ? Gymnasiarque ambulant sans domicile fixe. Et accessoirement originaire de Venise en Italie.

domenico

Dominique a un frère Félix et une femme Regina Rossi qui sont également, allez, disons un mot plus simple, acrobates.

Pour les enfants, c’est plus difficile de les pister. On trouve:

  • Marie Angèle nĂ©e en 1876 Ă  Voghera en Italie,
  • Antoine nĂ© en 1881 Ă  Rive de Gier (42),
  • Joseph nĂ© en 1882 Ă  Pont de Beauvoisin (38),
  • Geneviève JosĂ©phine nĂ©e en 1884 Ă  ClessĂ© (71) qui n’est pas dans la Bresse.

Il en manque probablement!

acrobates

Un banal accident

20 aout 1901, la famille est à Millau dans l’Aveyron. Joseph Bressan blesse quelqu’un par imprudence. Il doit rendre des comptes à la justice sous couvert de sa mère car il est mineur (il n’a que 19 ans) et que son père est décédé. Mais toute la famille va se retrouver à la barre du tribunal…

 

La loi du 8 aout 1893

Comme vous l’avez peut ĂŞtre devinĂ©, les Bressan ne sont pas bourguignons mais italiens. Or depuis la loi du 8 aout 1893, ils doivent faire une dĂ©claration de rĂ©sidence dans les 8 jours qui suivent leur arrivĂ©e dans une ville. Cet enregistrement des Ă©trangers est notĂ© dans un registre tenu par la commune. D’ailleurs le prix de l’amende revient dans les caisses de la commune…

loi

Tous condamnés

Mais les Bressan n’ont pas pas fait cette déclaration et c’est l’accident dont Joseph est responsable qui permet de découvrir le pot aux roses. Chacun des enfants écopera d’une amende de 10 francs.

amendes

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Qui va Ă  la chasse… doit en avoir le droit!

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Oct 072016
 

Qui va Ă  la chasse doit en avoir le droit. C’est-Ă -dire, respecter les dates d’ouvertures de chasse, ne pas chasser sur les terrains sans le consentement des propriĂ©taires et avoir un permis de chasse.

Une nouvelle loi

C’est la loi du 3 mai 1844 parue dans le bulletin des lois N°1094 qui va modifier la réglementation de la chasse en France en remplaçant les permis de port d’armes par les permis de chasse. Elle abroge le décret du 4 mai 1812 et la loi du 30 avril 1790.

Chaque nouvelle loi apporte son lot de mécontents. Les ports d’armes délivrés avant cette modification sont-ils toujours valables ? Après discussion entre les « départements » de la justice et l’intérieur, il est décidé de ne pas poursuivre les possesseurs de l’ancien permis jusqu’à leur expiration.

nouvelle-loi

Les ouvertures de la chasse

La chasse est réglementée dans chaque département par le préfet qui indique par arrêté les dates d’ouvertures et de fermetures de la chasse.

ouverture

En dehors de ces périodes, il n’est pas permis de chasser, « de vendre, d’acheter, de transporter et de colporter du gibier. » En cas d’infraction, le gibier est saisi et livré à l’établissement de bienfaisance le plus proche. Une fouille à domicile peut être faite mais uniquement chez les professionnels (aubergistes, marchandes de comestibles et lieux publics).

Des arrêtés peuvent également être diffusés pour des chasses exceptionnelles.

chasse-exceptionnelle

Un nouveau permis de chasse

Le permis de chasse de 1844 coute 25 francs. 15 francs sont destinés au trésor public et 10 francs au profit de la commune où réside le chasseur.

quittance

Cette demande est soumise à l’avis du maire, du sous préfet, et du préfet. Quand celle-ci est acceptée et que la quittance est acquittée, le chasseur se voit attribuer un permis au format A4, valable un an, avec son signalement et son lieu de résidence.

permis-1846

 

Ayant constaté que certains se permettaient d’aller chasser dès qu’ils avaient payé la quittance ou après réception de l’avis de réception du permis, les modalités administratives changeront plusieurs fois avec notamment une délégation de signature aux sous préfets en 1860.

Quand le permis est refusé

Les moins de 16 ans et les interdits ne sont pas autorisés à avoir un permis de chasse mais d’autres catégories sont également concernées.

C’est l’article 6 de la loi donne la facultĂ© de refuser le permis Ă  certaines personnes alors que l’article 8 indique les catĂ©gories d’individus qui doivent ĂŞtre refusĂ©s. Parmi les premiers, on trouve des condamnĂ©s pour violence, rĂ©bellion, abus de confiance mais aussi mendicitĂ© ou vagabondage. Ce refus cesse 5 ans après l’expiration de la peine.

Les refus catégoriques sont exprimés entre autres aux condamnés placés sous la surveillance de haute police.

article-8

 

Le cas des femmes et des Ă©trangers

Les femmes qui demandent un permis? Aucun problème pour leur délivrer!

Pour les Ă©trangers, le cas diffère. Ceux rĂ©sidant en France n’ont pas de raison de se voir refuser le permis. Pour les voisins de la frontière, qui n’ont pas de domicile fixe et connus en France, il est demandĂ© de ne pas leur accorder de permis de chasse.

femmes

 

J’ai perdu mon permis

« J’ai perdu mon permis ! » Vous pensez bien que les moyens de contrôle de la véracité de ces propos n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui. La loi prévoit donc que toute perte de permis nécessite une nouvelle demande et donc de s’acquitter une deuxième fois du prix…. Sauf si le certificat s’est perdu dans les bureaux de l’administration!

perte

Une interdiction exceptionnelle

Juillet 1870, la France est en guerre contre la Prusse. Arrive la période d’ouverture de la chasse. Un décret national parait le 13 septembre pour interdire la chasse dans toute la France dans l’intérêt de la défense nationale. L’arrêté du préfet de l’Aveyron interdit la chasse dans le département à compter du jeudi 22 septembre.

1870

La guerre est loin, alors les chasseurs aveyronnais sont mécontents. Le préfet donne la consigne au choix de la personne:

  • restituer le prix des permis dĂ©jĂ  dĂ©livrĂ©;
  • reporter le temps non utilisĂ©s;
  • pour ceux qui n’avaient que le certificat de paiement de l’utiliser pour la prochaine pĂ©riode.

Le non respect de la loi

La loi est faite pour être respectée et les gendarmes veillent à son application. Parfois ils arrivent trop tard et ne font que saisir les fusils abandonnés.

fusils

Quand le contrevenant est saisi sur le fait, il est convoqué devant le tribunal correctionnel de sa circonscription. Il paiera une amende d’au moins 16 francs….

Sources: 4M239-AD12, 4M220-AD12, 4M240-AD12, 6U428-AD12

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SĂ©parons-nous … pendant dix ans

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Sep 162016
 

Mariés, deux enfants, ils décident de se séparer mais pour 10 ans seulement.

Se séparer de corps et de biens

On est sous le régime de Louis XV. En ce 7ème jour de septembre 1763, Barthélémy et Marie se rendent chez le notaire. Ils lui déclarent « que pour plusieurs raisons essentielles qu’ils connaissent, ils ne sauraient continuer de vivre, sympathiser ni habiter ensemble. » Ils proposent de se séparer de corps et de biens.

Un acte réfléchi

Ce n’est pas un coup de tête. « Après avoir scrupuleusement réfléchi sur leur état actuel et sur les motifs qui les poussent à se séparer, ils ont trouvé qu’il leur est avantageux, soit pour eux, soit pour l’intérêt de leur famille, soit pour la sureté de leur âme et de leur conscience de cesser de vivre conjointement pendant quelques années. »

Seulement pour 10 ans

Quelques années ? Ils précisent qu’ils ont choisi de « discontinuer d’habiter ensemble dès aujourd’hui durant l’espace de 10 années pendant lesquelles ils ne pourront être contraints ni forcés l’un par l’autre de se rejoindre pour continuer de vivre en communauté domestique sans l’exprès consentement de tous les deux sous quelque prétexte que ce soit. »

Cette séparation « qu’ils reconnaissent pouvoir faire sans péril ni danger contre la foi conjugale qu’ils protestent de se garder et observer mutuellement avec la sainteté qu’exige le sacrement » est en plus une preuve de fidélité.

Et les enfants ?

Dans les modalités pratiques, le cas des deux enfants est évidemment traité. Madame « les gardera auprès d’elle pour les nourrir et entretenir tant sains que malades, en linges habits et aliments pendant les 10 ans sans pouvoir y faire contribuer son dit mari et qu’en représentation de leur entretien et de l’intérêt de ses cas dotaux.»

Les moyens de subvenir

Si le couple se sépare, il faut bien cependant songer aux moyens de payer les frais. Monsieur offre à son épouse la jouissance d’une maison et l’usufruit d’un ensemble de terrains sur la commune (plusieurs vignes, plusieurs terres et un jardin). A charge pour elle de payer les travaux et les impôts.

Un contrat original

Dix ans plus tard le couple s’est peut être réuni ou a probablement continué sa séparation. Ce contrat a sûrement été un des plus atypiques de la carrière du notaire.

© 2016 Généalanille

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