Le personnel des colonies

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Août 312018
 

Daniel, Claude, César, Brigitte, Flore, Constance ne sont que quelques prénoms du personnel du Sieur Ostry, habitant Petite Rivière à Haïti,  une des anciennes colonies françaises.

Un aveyronnais parti dans les colonies

Il s’appelle Jean Baptiste Ostry. Il a été baptisé le 16 mars 1723 à Vabres dans l’Aveyron. Fils de Barthélémy Ostry notaire à Vabres et dame Marie Tauzin, il décède en 1786 dans sa propriété de Petite rivière en Haïti qu’il avait acquise 20 ans plus tôt.

Un inventaire peu ordinaire

C’est l’inventaire après son décès qui laisse apparaitre des biens un peu particuliers. Outre les classiques bâtiments, terrains, mobiliers et papiers, sont listés les esclaves « « nègres (45) puis les « négresses » (28) puis les « négrillons » (9) et les « négrittes » (7).

Et pour chacune de ses personnes, on apprend son nom, son âge, sa valeur économique (jusqu’à 50000 livres).

Des situations médicales

La valeur économique est évidemment associée au sexe, à l’âge mais aussi à l’état de santé. On relève ainsi quelques annotations.

  •  « Ayant des jambes enflĂ©es »
  • « EstropiĂ© d’un pied »
  • « Ayant un genou gros »
  • « Ayant une hernie »
  • « EstropiĂ© des mains »
  • « Infirme »
  • « Ayant une fistule »

Les conditions de vie

Le logement des enfants est une case de 54 pieds de long et 16 de large construite en bois rond clissée et boussillée couverte en paille.

Les autres logements sont 6 « cases à nègres », chacune de 45 pieds de long sur 16 de large de même structure.

Ce sont les seuls éléments indiquant les conditions de vie de ce personnel. Est-il bien nourri, bien traité ? Impossible à savoir. Il est, de toute façon, traité « d’esclaves » dans un document de vente de 1780…

Sources : 1J2832-AD12, 2E288M1-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG d’août 2018 sur le thème imposé « les colonies ».

Panique au foirail

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Août 202018
 

Un mouvement de panique sur le foirail provoque de nombreux blessés dont une dizaine sérieusement.

Les bĂŞtes ont eu peur

6 mars 1885. Il est 15H30 environ. La foule est grande sur le champ de foire de Séverac le Château. Les bêtes à cornes sont nombreuses, on en compte plus de 1000. Tout à coup un mouvement de panique surgit parmi les vaches et celles-ci se portent en masse vers une des issues du foirail. Certaines personnes sont transportées sur le dos des animaux sur plus de 20 mètres de l’endroit où elles se trouvaient.

De nombreux blessés

100 personnes sont blessées. Heureusement que l’endroit était clos, sinon la dispersion des vaches dans les rues aurait causé plus de dégâts.

On dénombre une dizaine de blessés sérieux :

  • Jean Ribouliès 12 ans de Verrières a le bras cassĂ©, la presse indiquera mĂŞme qu’il a l’épine dorsale brisĂ©e ;
  • Valentin Privat 48 ans de la Capelle Bonance a 3 cĂ´tes enfoncĂ©es et la blessure est grave ;
  • Jean Baptiste Rousset d’Alain (48) a l’épaule dĂ©mise;
  • Victor Boutonnet d’Arques a lui le poignet dĂ©mis ;
  • Casimir Salesse de Pierrefiche a les cĂ´tes enfoncĂ©es ;
  • Mme Guizard de SĂ©verac a Ă©tĂ© renversĂ©e par les bĹ“ufs. Comme elle est « dans un Ă©tat de grossesse assez avancĂ© », on craint un avortement. Cependant on notera la naissance d’un petit Joseph 17 jours plus tard.
  • Amans Calières, 34 ans de Verrières a une blessure au menton cĂ´tĂ© gauche longue de 7cm et profonde d’1,5cm ;
  • Casimir Delmas 49 ans de Buzeins est blessĂ© Ă  la tĂŞte ; son Ă©paule et sa jambe gauche sont meurtries et il a une incapacitĂ© de travail d’un mois environ ;
  • Jean Fages 48 ans de SĂ©verac s’est foulĂ© le bras et la jambe gauche;
  • Marianne Solassol Ă©pouse MoliniĂ© a, quant Ă  elle, une blessure assez grave au bras gauche.

 

Pourquoi ce mouvement de panique ?

Une enquĂŞte de gendarmerie est menĂ©e. Mais malgrĂ© les recherches les plus minutieuses pour dĂ©couvrir les causes de cette panique, personne ne sait ce qui s’est passĂ©. Personne n’a rien vu de suspect et aucun portefeuille n’a Ă©tĂ© soustrait. « Plusieurs disent qu’on avait jetĂ© des capsules de dynamite qui auraient Ă©clatĂ© sous les pieds des bĹ“ufs, et auraient jetĂ© l’épouvante parmi ces animaux ». La panique s’est cependant produit 3 fois dans la mĂŞme journĂ©e…

Les gendarmes critiqués

La population est impressionnée par l’événement. Il faut des responsables ! Et c’est l’attitude des gendarmes qui est mise en cause. Ils n’auraient pas fait ce qu’il fallait. Pourtant les pauvres n’ont pourtant pas ménagé leur peine. Ils ont cherché les blessés, les ont conduits auprès des médecins puis chez les pharmaciens et ne se sont arrêtés que lorsque plus personne n’avait besoin de secours.

Quant Ă  la foire, elle « a Ă©tĂ© Ă  peu près nulle » d’après la presse… comprenez qu’elle n’aura rien rapportĂ© Ă©conomiquement.

 

NB: si vous avez un jour l’opportunitĂ© de visiter l’actuel foirail de Laissac, vous entendrez les organisateurs vous dire que des accidents surviennent encore, heureusement rarement.

Sources : 4M132-AD12, 4E275-21-AD12, PER877-AD12

© 2018 Généalanille

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La guillotine Ă  Rodez

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Juil 312018
 

L’Aveyron a reçu sa guillotine en 1792. InstallĂ©e Ă  Rodez, elle ne sera utilisĂ©e qu’au printemps suivant.

La mort la moins douloureuse

« Tout condamnĂ© Ă  la peine de mort aura la tĂŞte tranchĂ©e ». Ainsi l’exige l’article III du titre 1er du code pĂ©nal. Par ailleurs, « l’humanitĂ© exige que la peine de mort soit la moins douloureuse possible dans son exĂ©cution ». Or les mĂ©thodes de dĂ©capitation sont loin d’être efficace… du moins pas au premier coup de hache !

Un nouvel outil

La loi du 25 mars 1792 « relative à la peine de mort et au mode d’exécution qui sera suivi à l’avenir » prévoit un instrument analogue à celui utilisé en Angleterre et qui semble très efficace.

Mais c’est un allemand, facteur de clavecins, du nom de Tobias Schmidt qui va dĂ©crocher le marchĂ© le 6 juin 1792 grâce Ă  un devis plus compĂ©titif que son concurrent Guidon… et après quelques tests sur des cadavres. La construction des guillotines pour les 83 dĂ©partements semble très rapide.

La guillotine arrive Ă  Rodez

La guillotine destinée à l’Aveyron est confiée à Banoche Lainé, voiturier d’Orléans le 26 juillet 1792. Le colis pèse 500 livres et comporte 2 grands poteaux, 2 moyeux, 1 caisse et 1 paquet de petit bois.

Le 30 juillet, elle quitte Paris pour l’Aveyron où on confirme son arrivée le 8 septembre 1792. Elle est conforme à la gravure qui avait été envoyée par Mr Beaulieu.

Quelques réparations

Une journée et demie de travail. Prix 9 livres. C’est le montant de la facture du sieur Michel qui a démonté et remontée deux fois une pièce qui était coupée sur la machine. Le 15 septembre 1792, la guillotine est prête à entrer en action. Ce qui ne sera le cas que le 31 mars 1793.

Sources : 1L30-AD12, 1L1805-AD12, 1L1091-AD12 La guillotine en 1793 numĂ©risĂ© par Gallica, l’Eglise en Rouergue sous le choc de la rĂ©volution 1789-1801 par Gaston Alary

 

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juillet 2018 sur le thème imposé « la guillotine ».

La maison Ă©cole des filles

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Juin 302018
 

La maison école des filles de Prévinquières (12)  a été construite dans des conditions litigieuses.

Une nouvelle Ă©cole pour les filles

Le projet a Ă©tĂ© lancĂ© en dĂ©but de l’annĂ©e 1875. Une nouvelle Ă©cole sera construite pour les filles. Ce sera une maison Ă©cole, c’est Ă  dire un lieu oĂą l’on peut faire classe et oĂą le personnel enseignant peut vivre.
Une souscription est ouverte auprès de la population le 1er mars 1875. Elle semble avoir rapportĂ© 4700 francs en argent et 5000 francs de dons en nature (engagement de fourniture de matĂ©riaux). L’enquĂŞte de commo incommodo est faite en 1876.


Le 1er février 1877, par sa délibération, le conseil municipal de Prévinquières approuve les plans et devis pour la construction de la nouvelle maison école des filles. Ils ont été établis par Mr Rozié, agent voyer.
Le dossier est transmis au prĂ©fet le 4 avril et passe Ă  la session d’aout 1877 au conseil dĂ©partemental. Il vise Ă  demander 5000 francs Ă  l’Ă©tat. Le conseil dĂ©partemental donne d’ailleurs un avis favorable dans sa session de 1877.

Le maire refuse d’installer l’institutrice

Par arrĂŞtĂ© du 6 septembre 1877, Melle Massol institutrice est nommĂ©e Ă  PrĂ©vinquières. Elle doit prendre ses fonctions pour la rentrĂ©e du 16 octobre mais le maire refuse de l’installer. Elle s’est prĂ©sentĂ©e le 11 octobre (comme convenu) mais est obligĂ©e de loger Ă  l’auberge. Melle Massol se plaint Ă  l’inspecteur d’acadĂ©mie car elle a dĂ©jĂ  eu pas mal de dĂ©placements inutiles cette annĂ©e et si elle doit Ă  nouveau bouger, elle prĂ©fĂ©rerait le canton de Cassagnes BĂ©gonhès.
Melle Massol a en effet Ă©tĂ© nommĂ©e depuis le dĂ©but d’annĂ©e 1877

  • de Novis commune de SĂ©verac le Château,
  • Ă  Griac commune de RĂ©quista
  • puis elle est partie dans la nouvelle Ă©cole de Saint Cyrice Ă  Brousse le Château avant d’ĂŞtre affectĂ©e Ă  PrĂ©vinquières.

Et si le maire refuse d’installer l’institutrice, c’est que les locaux sont dĂ©jĂ  occupĂ©s par les sĹ“urs de la Sainte Famille qui font la classe… Et la maison Ă©cole est loin d’ĂŞtre terminĂ©e.
Une pĂ©tition est adressĂ©e au prĂ©fet par les pères de familles pour que l’Ă©ducation de leurs filles soit faite par une des sĹ“urs congrĂ©ganistes. Il faut donc un avis officiel pour que Melle Massol change d’affectation.


Et les enfants? Personne ne semble faire la classe aux 45 filles jusqu’Ă  la fin d’annĂ©e 1877.

La fin des travaux

L’inspecteur primaire rend compte de sa visite de la nouvelle Ă©cole des filles fin mai 1878. Il a vĂ©rifiĂ© que la construction Ă©tait conforme aux plans. Il ne constate aucune modification Ă  l’Ă©tage. Par contre, au rez de chaussĂ©e, une lĂ©gère cloison a Ă©tĂ© apposĂ©e pour sĂ©parer la salle de classe en deux. Une salle de 4,60m et une de 5m sur 6,50m.

La hauteur des plafonds a aussi Ă©tĂ© rĂ©duite: 3m40 au lieu de 4m. Cette modification est liĂ©e aux « grands froids qui sĂ©vissent dans ce pays surnommĂ© la SibĂ©rie de l’arrondissement ».
Un sous sol a également été construit avec une hauteur de 2,70m. Cela assainit les classes.
Il ne reste que la construction des lieux d’aisance, le mur de clĂ´ture de la cour de rĂ©crĂ©ation, le mur de clĂ´ture du jardin, l’Ă©tablissement du prĂ©au couvert, les plafonds, serrureries, la peinture des volets….

Les sœurs sont déjà là

L’inspecteur n’en parle pas dans son rapport mais un autre courrier nous apprend que les sieurs occupent les lieux depuis (au moins) avril 1878. Pourquoi? Parce que la maison Ă©cole appartient Ă  la fabrique! L’histoire se dĂ©voile. En 1875, un terrain a Ă©tĂ© cĂ©dĂ© Ă  la fabrique par le conseil municipal sans rĂ©ellement formaliser l’acte.

Les membres de la fabrique et le curĂ© ont Ĺ“uvrĂ© pour trouver le budget de dĂ©part, complĂ©tĂ© par la demande de subvention Ă  l’Ă©tat. Le curĂ© estime que les bâtiments lui appartiennent, le prĂ©fet n’est pas d’accord.
Et la dĂ©libĂ©ration du conseil municipal du 15 mai 1878 qui autorise les sĹ“urs Ă  rester « en possession de la maison qui a Ă©tĂ© construite par d’autre que par la commune sur un terrain communal » est annulĂ©e par le conseil de prĂ©fecture.
Le 3 juillet 1878, un arrêté est pris pour faire évacuer les sœurs et faire installer la nouvelle institutrice Melle Dufieu.

L’Ă©vacuation des sĹ“urs

Elle a lieu le 25 juillet 1878. Le maire et l’adjoint sont volontairement absents. Les sĹ“urs sont parties en visite Ă  Montbazens… Quand elles reviennent, elles refusent d’Ă©vacuer les locaux. Les gendarmes finissent par dĂ©gager l’accès et gardent l’Ă©cole pour la nuit en attendant le serrurier qui va changer toutes les serrures.

Contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit dans les journaux d’opposition, les sĹ“urs ont pu prendre les habits dont elles avaient besoin et les baĂŻonnettes n’ont pas Ă©tĂ© mises au bout des carabines.

Des registres falsifiés et un maire suspendu

Les registres de la mairie ont Ă©tĂ© Ă©pluchĂ©s. Il manque l’apposition de certaines dĂ©libĂ©rations, d’autres semblent avoir Ă©tĂ© « arrangĂ©es » Ă  postĂ©riori avec des stylos de couleur diffĂ©rente. Le maire est finalement suspendu le 12 octobre 1878. Cela ne lui empĂŞchera pas de retrouver sa place puis de rester maire pendant quelques annĂ©es.

De nouvelles institutrices

Melle Dufieu est installĂ©e après l’expulsion des sĹ“urs dans un climat peu stable. Le 3 aout 1878, les objets de la Sainte Famille sont dĂ©mĂ©nagĂ©s de force par des personnes rĂ©quisitionnĂ©es.


L’institutrice doit rester Ă  l’auberge pour quelque temps car la maison Ă©cole est loin du village et entièrement isolĂ©e. Elle est placĂ©e de telle sorte qu’on peut y arriver par des sentiers couverts d’arbres sans ĂŞtre vus. Melle Dufieu a pour consigne d’Ă©crire le plus souvent possible Ă  l’inspecteur. Pas de quoi la rassurer, elle et sa pauvre mère. Elle supplie rapidement l’inspecteur de lui donner un autre poste.
Le 16 octobre 1878, Melle Dufieu est mise en inactivité.

Le 31 DĂ©cembre 1878, Mme Pons nĂ©e Ginesty est installĂ©e par l’inspecteur primaire. Quelques temps plus tard, elle indiquera qu’elle fait la classe Ă  des garçons pour soulager le trop grand effectif de son mari, lui aussi nommĂ© Ă  PrĂ©vinquières… D’ailleurs aucune fille ne s’est prĂ©sentĂ©e…mĂŞme si l’Ă©vĂŞque pense que l’institutrice propose de l’argent pour attirer les jeunes filles.

Mme Pons est affectée à Privezac en octobre 1879 et décède quelques mois plus tard.

Un procès et le retour des soeurs

Les sĹ“urs portent plainte auprès du juge de paix le 19 aout 1878. Ce dernier s’estime incompĂ©tent et l’affaire est portĂ©e devant le tribunal civil de Villefranche de Rouergue le 28 novembre 1878.

Le 22 juin 1879 un accord est trouvĂ© pour que les sĹ“urs prennent Ă  nouveau la direction de l’Ă©cole. DĂ©but juillet 1879 CĂ©cile Sennagal « Soeur Marie Bernard » est affectĂ©e Ă  l’Ă©cole de PrĂ©vinquières.
C’est l’occasion de dĂ©couvrir  l‘Ă©quipement de ses salles de classe.

Et puis la maison Ă©cole des garçons…

Le conseil municipal de PrĂ©vinquières reconnaitra dans sa dĂ©libĂ©ration du 15 janvier 1880, la nĂ©cessitĂ© de construire dans les plus brefs dĂ©lai possibles une maison d’Ă©cole pour les garçons. Cette fois, ci elle aura lieu dans des conditions plus traditionnelles!

Sources: 6T1/200-AD12, 2O200/1 et 2-AD12, 3T4/44 et 45-AD12, 4T3/11 Ă  13-AD12, 5T5/7, 13 et 15-AD12, 7T1/10, 12 et 16-AD12, 8J151-AD12, 3M517-AD12, 3M731-AD12, PER545-AD12, Journal de l’Aveyron

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de juin 2018 sur le thème imposé « la première école ».

Retrouvé grâce à son chien

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Juin 272018
 

Comment un chien, un vĂ©lo, une vache, un char ou un verre de trop permettent de retrouver la trace d’une personne en gĂ©nĂ©alogie…

Il avait reçu un coup sur la tête

L’histoire de CĂ©lestin a Ă©tĂ© racontĂ©e dans un prĂ©cĂ©dent billet. Il travaillait sur la nouvelle ligne de chemin de fer. Lors du percement du tunnel de Biounac, il reçoit une pièce de bois sur la tĂŞte et est internĂ© Ă  l’asile des aliĂ©nĂ©s de Rodez
CĂ©lestin est retirĂ© de l’asile par sa famille et il est dĂ©clarĂ© en incapacitĂ© de travail. Ses parents meurent et on perd sa trace.

Grâce à son chien

C’est un peu le hasard qui nous remet sur sa piste. CĂ©lestin rĂ©apparait « suivi d’un chien de chasse Ă  pelage gris moucheté ». Il est venu Ă  la gendarmerie d’Espalion faire viser un certificat de dĂ©livrance de poudre, mais le chien ne porte ni muselière ni plaque avec inscription.

Chien
Il se dĂ©fend: l’usure a fait disparaitre les inscriptions, il ne pensait pas que la muselière Ă©tait nĂ©cessaire. Et puis il ajoute « Je ne reconnais pas les contraventions, je contesterai le procès verbal, j’en ai fait sauter d’autres« .
On est en 1917, annĂ©e oĂą on avait encore sa trace, mais oĂą on apprend qu’il est casseur de pierres Ă  Entraygues, soit plus au nord du dĂ©partement.

Grâce à son vélo

Un nouveau lieu de vie, de nouvelles recherches peuvent dĂ©buter… Il n’y avait aucune trace de son dĂ©cès en marge de son acte de naissance. Les recensements de population et les tables de successions sont partis en numĂ©risation et/ ou restauration… Pourquoi ne pas fouiller d’autres contraventions?
Et le hasard fait bien les choses. En 1929, CĂ©lestin est Ă  vĂ©lo vers la maison de pisciculture du Nayrac. Il aperçoit les gendarmes et jette son vĂ©lo au fossĂ© et rentre dans l’Ă©tablissement.

Les gendarmes s’approchent du vĂ©lo et constatent qu’il ne possède pas de plaque et que le klaxon ne fonctionne pas. Deux contraventions supplĂ©mentaires! CĂ©lestin reste cachĂ© alors que les gendarmes font le guet pendant 20 mn. Ils l’appellent et il finit par sortir.
Il se dĂ©fend encore un peu: sa plaque Ă©tait bien sur le vĂ©lo ce matin, il a dĂ» la perdre. Quant au klaxon, il ne savait pas qu’il ne fonctionnait pas. Et cette fois ci, il prĂ©sente une carte d’Ă©lecteur de la commune d’Entraygues. Nous sommes en 1929, il est entrepreneur de cassage de cailloux dans cette commune. De faibles indications, mais qui permettront de complĂ©ter la biographie de CĂ©lestin.

Ces chères contraventions

Les contraventions pour ivresse, pacage, fermeture tardive de dĂ©bit de boissons, absence d’affichage de prix, char mal stationnĂ©, excès de vitesse ou tout autre petit dĂ©lit sont autant d’Ă©lĂ©ments qui peuvent permettre de pister une personne tant dans ses dĂ©placements que dans ses habitudes.
Elles ne sont pas toutes conservées et sont parfois classées dans les séries de justice ou dans les fonds de préfecture ou de sous préfecture. A consulter sans modération!

Sources: séries 10U-AD12

© 2018 Généalanille

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Les enfants de Constantine

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Juin 262018
 

Plus d’une centaine d’enfants du département de Constantine sont envoyés dans l’Aveyron au début du 20ème siècle. Quelques éléments de réponse à cette particularité.

Des profils variés

Les enfants de Constantine arrivent par vagues d’une vingtaine de personnes environ entre le 5 juillet 1903 et le 3 décembre 1905. Quelques enfants isolés arrivent plus tard, la dernière date du registre est le 26 mai 1906.

  • 25 enfants de 4 Ă  12 ans le 05/07/1903
  • 23 enfants de 5 Ă  12 ans le 13/09/1903
  • 25 enfants de 3 Ă  11 ans les 30/11/1903 et 02/12/1903
  • 19 enfants de 3 Ă  12 ans le 05/06/1904
  • 17 enfants de 1 Ă  10 ans le 31/10/1904
  • 22 enfants de 4 Ă  11 ans les 19, 28, 30/05/1905 et le 03/06/1905
  • 14 enfants de 2 Ă  14 ans les 03 et 07 dĂ©cembre 1905
  • 1 enfant de 11 ans le 26/05/1906

L’Aveyron accueille autant de garçons que de filles. Quelques fratries sont représentées dont la plus grande est composée de 4 frères et sœurs (dont des jumeaux).

Les enfants sont âgés de 3 à 12 ans mais on note cependant l’arrivée de 2 enfants de un an et une de deux ans.

Sont-ils orphelins, trouvés, moralement abandonnés, en garde ? Tous ces profils sont probablement représentés car on retrouve des enfants de parents inconnus, de mère célibataire, de parents non mariés, orphelins de mère, ou issus de couples « classiques. »

Quelques uns n’arriveront pas jusqu’en Aveyron, certains repartiront en Algérie, beaucoup des 159 noms n’ont pas un destin aussi facile à déterminer.

Pourquoi l’Aveyron ?

La rĂ©ponse reste vague… parce que le dĂ©partement Ă©tait plus attractif que la Lozère et l’Ardèche ? Ce qui est sĂ»r c’est qu’envoyer les enfants assistĂ©s Ă  la campagne Ă©tait une des habitudes des services d’assistance.

En 1902, le conseil général de Constantine prend contact avec son homologue aveyronnais pour que des placements puissent avoir lieu dans ce département. Il émet un avis favorable au mois d’octobre.

Le 6 dĂ©cembre 1902, Constantine demande des prĂ©cisions sur les conditions dans lesquelles les enfants de l’Aveyron sont placĂ©s dans le dĂ©partement. Le prĂ©fet renvoie un dossier. L’inspecteur de l’assistance public de Constantine se dĂ©place alors pour voir le placement dans l’Aveyron, mais aussi l’Ardèche ou la Lozère… et le 1er avril 1903, c’est l’Aveyron qui est choisi. Quelques jours plus tard, il ne reste que les conditions financières Ă  rĂ©gler. Si on peut payer par trimestre, cela Ă©vitera de perturber les familles qui ont l’habitude d’être payĂ©es Ă  cette frĂ©quence.

Le nombre estimĂ© est de 200 enfants mais il ne doit ĂŞtre atteint que dans les 2 ans…

Et après ?

Constantine paye aux familles d’accueil 15400 francs pour l’exercice 1904 et 16375 francs pour 1905.

Le 10 janvier 1906, le prĂ©fet se plaint de la surcharge de travail liĂ© aux pupilles de Constantine… et rĂ©clame dont une indemnitĂ© de 0,15 Ă  0,20 francs par enfant et par mois, soit pour 133 enfants 319,20 francs.

Les enfants sont parfaitement placĂ©s dans l’Aveyron au point de vue de la santĂ©, de la tenue, de l’Ă©ducation et de la frĂ©quentation scolaire.

Les arrivĂ©es se rĂ©duisent. Aucun pupille n’est envoyĂ© dans l’Aveyron en 1908, 5 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s en AlgĂ©rie et 2 remis Ă  leur parents. Au 31/12/1908, il en reste 149 dont

  • 48 garçons et 41 filles de moins de 13 ans,
  • 36 garçons et 24 filles de plus de 13 ans.

Conformément aux instructions de Mr le Gouverneur général, ces pupilles seront rapatriés au fur et à mesure. Comprenez, très progressivement car les enfants de Constantine sont encore mentionnés en 1944 !

A la veille de la 1ère guerre, aucun n’est envoyĂ© en Aveyron, 2 ont Ă©tĂ© ramenĂ©s. Il en reste 92 au 31/12/1914 dont

  • 12 garçons et 10 filles de moins de 13 ans
  • et 37 garçons et 33 filles de plus de 13 ans.

Ils sont 74 au 31 décembre 1915.

Le climat salubre du Rouergue

Au 31/12/1921, 89 pupilles restent prĂ©sents dans l’Aveyron. 10 nouveaux enfants sont placĂ©s car ils sont des sujets assez difficiles. Le placement rural dans la mĂ©tropole est prĂ©fĂ©rable Ă  leur internement dans un orphelinat ou un autre Ă©tablissement. On notera que les plus indisciplinĂ©s s’adaptent parfaitement Ă  l’Aveyron et que le climat salubre du Rouergue leur est profitable!

Le dernier chiffre cité est de 74 enfants de Constantine en Aveyron au 1er janvier 1933

Un grand merci aux deux archivistes des AD de Rodez qui m’ont Ă©voquĂ© la prĂ©sence de cette cote et Ă  l’équipe du GAMT qui a partagĂ© un week-end Ă  mes cĂ´tĂ©s dans un salon de gĂ©nĂ©alogie. Ils m’ont tous donnĂ© envie d’en savoir plus… La liste des enfants de Constantine est disponible dans la base de donnĂ©es et a Ă©tĂ© transmise au GAMT.

Sources: DĂ©libĂ©rations du conseil gĂ©nĂ©ral de l’Aveyron et de Constantine, Histoire de Constantine, cultivateur aveyronnais numĂ©risĂ©s par Gallica, 3X54-AD12, 3X128-AD12, 3X290-AD12, 1X117-AD12

© 2018 Généalanille

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Connaître son village grâce à sa foire

 Aveyron, Blog, Challenge UProG, Histoire locale  Commentaires fermĂ©s sur ConnaĂ®tre son village grâce Ă  sa foire
Mai 312018
 

La création d’un jour de foire dans un village est réglementée. Les documents la concernant (dans la série M des archives) nous permettent parfois d’en apprendre plus sur son économie et sa géographie.

Impossible de trouver un plus beau champ de foire !

« Salles possède une vaste et magnifique place, ornée au milieu d’un superbe jet d’eau ; trois avenues y conduisent : impossible de trouver un plus beau champ de foire. Salles est un lieu commerçant, industriel et agricole ; il y a deux filatures, les caves de Saint Laurent qui conservent et améliorent le vin et qui seraient même propres à la fabrication du fromage de brebis ; les villages de Pont, de Cougousse et de St Austremoine qui sont si riants, où les gens sont si laborieux, où la culture de la vigne est si perfectionnée et où l’on engraisse si bien les moutons ; Vanq, Souyri, Solsac, Mondalazac et Cadayrac où on se livre avec tant de succès à l’élève en grand des bêtes à laine et des agneaux que l’on trouve réunis par centaines ; où l’on voit des troupeaux de cochons des meilleures espèces ; où les bœufs, d’une taille colossale, sont poussés à un tel point d’engraissement qu’ils pourraient aller rivaliser avec ceux de Poissy : tout en un mot milite pour l’établissement de foires à Salles. »

Cet extrait n’est pas issu d’un document touristique mais bel est bien d’une délibération du conseil municipal de Salles la Source de 1864 afin d’obtenir deux foires annuelles.

Pourquoi des foires ?

Ouverture du marché à la concurrence, libre échange des denrées mais aussi lieu de débauche, les foires sont un élément essentiel pour la circulation des marchandises. D’ailleurs elles dépendent du bureau du commerce alors que les marchés sont du ressort de l’agriculture et de la subsistance.

Cependant, l’érection de nouvelles foires n’est pas toujours la bienvenue…

Dans le département de l’Aveyron, un recensement des marchés est fait en 1822. Pour les foires, il a lieu en 1837 puis en 1849, en 1866 et en 1896.

Les avis administratifs

Reprenons l’exemple de Salles la Source. Elle fait une première demande en 1840 pour deux jours de foires. Le village qui était autrefois presque inaccessible est devenu très important grâce à l’ouverture d’une route dans la vallée et à l’installation d’établissements industriels.

Il faut cependant demander leur avis à toutes les communes situées à moins de myriamètres par le biais de leur conseil municipal.

Tous sont favorables sauf :

  • Onet le Château pour qui « les jours de foire et de marchĂ© sont pour les cultivateurs et journaliers des occasions de perte de temps et de dĂ©bauche.  »
  • Le nouveau conseil municipal d’Olemps qui pense que « ces rĂ©unions parmi les habitants des campagnes qui ne sont que trop portĂ©s Ă  s’y rendre, plus souvent dans des vues de dissipations ou de curiositĂ© que dans un but utile. »
  • La commune de Muret car « ordinairement dans les foires ont lieu des rixes qui sont toujours les suites de libertinage. »
  • Et enfin Druelle car « toutes les communes environnantes s’y opposent ».

Cet avis est complété de celui du conseil général et du conseil d’administration. Ces deux dernières instances doivent obligatoirement être consultées depuis la loi du 10 mai 1838.

A partir du décret du 25 mars 1852, il faut également l’avis de la chambre d’agriculture.

La dĂ©cision finale revient au ministère de l’intĂ©rieur puis est dĂ©centralisĂ©e au prĂ©fet Ă  compter du 13 aout 1864…

 

Une fiche de renseignements Ă©conomiques du village

Dès 1838, il est demandé aux communes de fournir une liste de renseignements économiques de leur village : industrie, production, population. Mais c’est une circulaire du 05 juillet 1855 qui fixe un modèle très complet à remplir.

Le nombre de maisons, le nombre de ménages, la population avec répartition par sexe et par situation matrimoniale. La superficie de la commune et la décomposition par type de cultures.

Le nombre d’édifices publics, le nombre de chemins, de rivières. La production agricole et industrielle, la quantité de bêtes élevées, le nombre de dindons, oies, poules et canards. Tout y passe.

La filature qui ne fait jamais chĂ´mer ses ouvriers et dont « son passĂ© garantit son avenir » est dĂ©taillĂ©e. On indique le nombre de mĂ©tiers Ă  tisser, le nombre d’ouvriers. Idem pour les moulins et les pressoirs Ă  huile….

C’est une véritable occasion de mettre en valeur le village lors de la nouvelle demande de 1864.

« Éducation en grand et avec succès des bestiaux ; culture perfectionnée de la vigne ; fabrique à draps considérable ; exploitation sur plusieurs points de la commune du minerai de fer, chemin de fer, routes et chemins commodes ; champ de foire magnifique, loyauté naturelle des habitants et bons hôtels à Salles la Source. »

D’ailleurs la foire n’est pas gratuite pour les exposants…

Les droits de place sont décidés par le conseil municipal et le prix est un indicateur de la renommée de la foire et de la volonté de faire venir des exposants.

Parfois des plans ou des affiches

La carte topographique demandée dès 1838 permet de visualiser les communes à environ 20km à la ronde et le nombre de foires déjà existantes. En 1864, elles sont 80 dont 14 dans le canton : 7 à Marcillac, 3 à Pruines, 2 à Clairvaux et 2 à Valady.

La forme de la carte diffère avec les époques ou les communes qui font la demande.

Quelques fois, les dossiers nous montrent aussi des plans de ville avec les noms des propriétaires des maisons, notamment dans les dossiers de droit de place.

Pour les pĂ©riodes les plus rĂ©centes et les foires les plus spĂ©cialisĂ©es, les archives nous offrent parfois des affiches.… ou des diplĂ´mes.

 

Un lieu de vie

Contraventions, occasion de croiser le notaire, bagarres, ambulants, marchands de bestiaux, la foire est un moment et un lieu de vie privilĂ©giĂ©s pour nos ancĂŞtres. C’est donc dans les sĂ©ries M, E, U, Z et la presse qu’on peut retrouver d’autres traces…

D’ailleurs la première foire de 1865 Ă  Salles la Source s’est bien passĂ©…. selon le journal local.

 

Sources 8M58-AD12, 8M59-AD12, 8M61-AD12, 8M62-AD12, 8M125-AD12, 204W35-AD12, PER1181-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12

© 2018 Généalanille

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Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2018 sur le thème imposé « la foire ».

PV de survol du territoire par certains engins

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Avr 302018
 

Le Maréchal des logis chef de Saint Geniez rédige en 1954 un procès verbal de renseignements de survol du territoire par certains engins qu’on pense être des soucoupes volantes.

Des engins vus par d’honnêtes gens

Ayant « appris, vaguement, que certains engins inconnus, auraient été aperçus ces derniers jours, survolant le territoire de la commune de Saint Geniez d’Olt », le maréchal des logis chef René Maurel reçoit l’ordre de procéder à une enquête sur la nature de ces engins mystérieux.

Mme Yvonne Marcillac, bouchère dans la rue du commerce tĂ©moigne. Le 30 septembre vers 7H30, elle a entendu un « bruit pareil Ă  un grondement de tonnerre. » Levant les yeux, elle a aperçu une forme de masse cylindrique sans queue ni ailes. Il Ă©tait de couleur argentĂ©e et n’émettait aucune fumĂ©e. Il allait Ă  une vitesse Ă  peu près identique Ă  celle d’un avion. L’engin se dirigeait vers le sud. Mme Marcillac en a parlĂ© Ă  quelques clients mais comme personne n’avait rien vu….

Mr Fernand Caplat, habitant la même rue est lui aussi interrogé. C’est la veille du 30 septembre vers 21H30 qu’il a vu un engin de forme allongée. Silencieux, il laissait « échapper des étincelles sur les côtés et une traînée rougeâtre sur l’arrière. » Sa vitesse était celle d’un avion à réaction donc il a vite disparu du ciel en se dirigeant vers le nord est. Mr Caplat en a parlé à quelques voisins qui ne semblent pas avoir vu la même chose que lui.

Mr Joseph Clarion, électricien, habite lui aussi dans la même rue. C’est le 29 septembre au matin vers 6H30 qu’il a entendu un bruit de tonnerre. Il a levé les yeux au ciel et a vu un engin de « forme allongée, la queue effilée, qui volait à la vitesse d’un avion à réaction. » De couleur foncée, l’engin émettait des étincelles et n’avait pas d’ailes. Il se dirigeait vers le Sud ouest. Mr Clarion n’en a parlé à personne.

L’avis du gendarme

Le maréchal des logis chef a interrogé les 3 seuls témoins du survol. Il n’est pas très convaincu d’une présence surnaturelle. « Aux dires de certains, il pourrait s’agir d’appareils ultra modernes. » Telle est sa conclusion. Son rapport est envoyé à l’inspecteur spécialisé de la police de l’Air, aux renseignements généraux du département et au préfet.

Un phénomène à la mode

Si le survol de Saint Geniez ne semble pas inquiéter les habitants, c’est bien tout le ciel aveyronnais qui est envahi d’engins mystérieux ! Le phénomène a commencé le 13 septembre vers 14H à Vabre Tizac avec Mr Marre qui a aperçu « une grosse masse jaunâtre de forme ovoïde qui pouvait avoir le diamètre d’une barrique. » L’homme de 73 ans, qui jouit de la plénitude de ses facultés mentales, s’est rendu sur les lieux supposés du décollage mais n’a pas trouvé de trace.

A 23 heures le mĂŞme jour, Mr Bessières, jeune ouvrier mĂ©canicien Ă  Villefranche de Rouergue a vu un engin lumineux dans le ciel. Après un instant d’étonnement, il est parti au cafĂ© de la paix chercher d’autres tĂ©moins… Et ils sont 7 personnes Ă  avoir vu « un globe de couleur rouge, de la grosseur d’un ballon de football duquel s’échappaient des Ă©tincelles », changeant de couleur et passant du vert au blanc Ă©clatant.

Le ciel rempli de soucoupes

Le 11 octobre, « une soucoupe volante s’est posĂ©e dans un pré » Ă  Montbazens. C’est le fils du garagiste qui a vu une lumière vive et a cru Ă  un feu. Mr Gardelle a voulu s’approcher de l’engin mais celui ci a dĂ©collĂ© Ă  toute vitesse sans bruit et sans laisser de trace sur le sol….

5 jours plus tard, le journal annonçait qu’il s’agissait d’une plaisanterie. La soucoupe était « un vieux parapluie illuminé et la grande lueur un feu de bengale ! »

Le mĂŞme jour 11 octobre Ă  Pont de Salars, Mme K… partie chercher de l’herbe pour ses lapins a aperçu un large disque lumineux vers 18H. L’engin irradiait un Ă©clat presque insoutenable.

Le 12 octobre puis le 14, le ciel de Villefranche voit passer une boule rouge, puis un disque vert

Le vendredi 15 octobre vers 9H, c’est Ă  Lacroix Barrez qu’un objet lumineux de forme cylindrique Ă©voluait d’Ouest en Est… Lentement ! C’est le mĂŞme tĂ©moignage Ă  Villefranche de Rouergue : un point blanc qui se dĂ©place lentement.

Une énigme résolue

C’est finalement vers 14H ce 15 octobre 1954 que l’énigme est résolue. La soucoupe est un ballon-sonde lancé par l’institut de recherches scientifiques de Padoue en Italie. L’aéronef faisait 28 mètres et évoluait entre 30 et 35000 mètres d’altitude. A tous ceux qui auront cru voir deux martiens « un petit et un grand », il faudra alors se résigner de l’absence de surnaturel dans le ciel aveyronnais.

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’avril 2018 sur le thème imposĂ© « un fait divers Ă  travers les archives de la gendarmerie ou de la police ».

Sources: 338W65-AD12, PER1479-AD12, PER261-AD12, PER880-AD12, PER962-AD12, PER1268-AD12

Le maire qui voulait une mairie

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Mar 312018
 

Mr Boscary, maire de Saint Côme d’Olt, souhaite un local pour y installer sa mairie et y stocker archives et matériel.

Un maire nommé puis élu

Jean Baptiste Boscary est nommé provisoirement maire de la commune de Saint Côme d’Olt par décret du 20 septembre 1870. Les formalités de prestation de serment étant abolies, il est directement installé dans sa fonction. Quelques jours plus tard, Mr Séguret est nommé adjoint.

Sa première demande est d’obtenir un inventaire de tous les papiers et objets mobiliers qui se trouvent dans la salle de la mairie. Messieurs Lacroix et Bosc exécutent ce travail en compagnie du nouveau maire.

Après les élections du 30 avril 1871, Jean Baptiste Boscary est élu par le conseil municipal avec 13 voix. Son adjoint est plébiscité de la même façon avec 13 voix.

Une mairie nécessaire

C’est dans la délibération du conseil municipal du 5 janvier 1873 que le maire va exposer le besoin d’un lieu unique de rassemblement.

Les réunions de conseil, ou les réunions publiques, sont faites dans des appartements disponibles dont le nombre est réduit et qui ne sont pas toujours dans un état convenable. De plus, le déplacement fréquent de papiers et archives peut donner lieu à des pertes. N’a-t-on pas déjà constaté que des registres de l’état civil avaient été soustraits ? Il serait regrettable que cela se renouvelle.

Par ailleurs, avoir une mairie, cela permettrait de stocker la pompe Ă  incendie et son matĂ©riel…

Les taxes pour les gardes nationales mobilisées

Comment financer ce bâtiment? La municipalitĂ© possède un emplacement et elle pourrait retirer les matĂ©riaux d’un vieux bâtiment dit « le four », ce qui Ă©viterait des frais. Avec 3000 francs, on pourrait construire une mairie modeste… Et la nouvelle loi du 26 novembre 1872 va permettre de trouver cette somme.

En effet, une taxe spĂ©ciale avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour l’organisation des gardes nationales mobilisĂ©es. L’Ă©tat doit rembourser cette somme aux commune. Celle de Saint CĂ´me va toucher 11852, 33 francs. Alors, en prenant 3000 francs pour la mairie, cela laisse une somme consĂ©quente pour les travaux des chemins vicinaux ou les indemnitĂ©s du garde champĂŞtre.

Le prĂ©fet approuve cette dĂ©libĂ©ration 29 avril 1873 mais rien ne bouge. Il n’y a aucune trace de construction de mairie dans les dĂ©libĂ©rations de conseil municipal pendant les mandats de Mr Boscary (qui est rĂ©Ă©lu en 1874).

 

Le maire meurt

« Le conseil municipal croit être l’interprète de la commune de Saint Côme en exprimant les regrets douloureux que nous a causé la mort de notre ami commun, Mr Jean Baptiste Boscary, dont les qualités comme maire et comme médecin ont été appréciées de tout le pays ».

Mr Boscary décède le 7 février 1877 d’apoplexie sans jamais, semble-t-il, avoir eu une mairie. Son adjoint lui succède avant de démissionner « pour raison de santé ».

mairie

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mars 2018 sur le thème imposé « un maire au XIXe Siècle » avec la complicité de ma stagiaire Dominique.

 

Source journal de l’Aveyron-AD12, Bulletin des lois 1872-numérisé par Gallica, Archives municipales de Saint Côme, 3M755-AD12, 3M1061-AD12, 2O224/3-AD12

Le fils adoptif

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Mar 242018
 

Un enfant abandonné non déclaré

Elle s’appelle Angèle et est née en Espagne en 1893. Mariée, elle a un enfant, un fils, né en fin d’année 1922. Mais le petit ne survit pas et meurt à 2 mois. Le chagrin est immense, forcément…

« DĂ©sireuse d’élever un autre enfant afin qu’il tienne la place de son fils disparu », elle s’adresse Ă  une sage-femme de sa ville qui lui remet un jeune enfant abandonnĂ©. Il a un an, a Ă©tĂ© baptisĂ© sous le prĂ©nom de Francisco, ses parents sont connus. L’enfant n’est pas abandonnĂ© pour l’administration. Aucun Ă©tablissement d’assistance n’a recueilli l’enfant donc aucune dĂ©marche officielle d’adoption n’est possible… ni mĂŞme envisagĂ©e.

Le fils adoptif

Alors l’enfant change de maison. Il s’appelle dorénavant Georges et est élevé comme le fils défunt de la famille. Et il ne tarde pas à avoir un petit frère, José. Enfin, disons plutôt que ses parents adoptifs ont un fils, qui lui survit. La famille a également en troisième fils dont on ne sait rien de plus.

La famille en Aveyron

En 1939, avec la guerre civile, Angèle rejoint la France et passe la frontière avec ses deux fils José et Georges. Le troisième enfant reste en Espagne. Elle s’installe dans l’Aveyron. Ils sont recensés en février et comme ils n’ont pas de pièces d’identité, Georges est noté sous le nom que sa mère lui a donné. Les deux garçons ont les yeux marrons, le teint basané mais José, le plus jeune mesure 10 cm de plus que Georges.

Ils n’ont pas la même couleur de cheveux. Georges est peut-être plus bagarreur. Il a une cicatrice au front côté gauche et une autre à travers la joue droite.

Retrouver son identité

En octobre 1940, il fait une demande de carte d’identité de travailleur, puis une autre en février 1942.

En août 1942, sa mère lui dit tout. Il apprend à 20 ans que sa mère n’est pas la sienne mais qu’elle l’a élevé comme ses autres fils. La situation est particulière mais pas très grave en soi…. Sauf que Georges-Francisco veut se marier et a besoin d’une copie de son acte de naissance ! Il finit par l’obtenir en février 1943 mais ce n’est pas cohérent avec ses papiers actuels… Le curé alerte le sous préfet. Le commissaire de police envoie un courrier au préfet pour régler la situation. Une nouvelle carte d’identité est faite au vrai nom du jeune homme et il peut enfin se marier…

 

Sources 314W21-AD12, 4M707-AD12, Photo d’illustration 4M618-AD12

© 2018 Généalanille

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