Fermer la salle de lecture pour faire mieux

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Sep 192017
 

Les archives de l’Aveyron dĂ©cident de fermer la salle de lecture un jour par semaine… Et si ce n’Ă©tait pas une mauvaise idĂ©e…

Nouveaux horaires

Ça y est c’est officiel, Ă  compter du 2 octobre 2017, la salle de lecture des archives de l’Aveyron sera ouverte du mardi au vendredi de 8H30 Ă  17H en continu. Qu’est ce qui change? Fermeture chaque lundi, rĂ©ouverture les premiers jeudis du mois, et il faudra patienter un petit quart d’heure de plus le matin. Rien de catastrophique, donc. Enfin, pour la plupart d’entre nous qui n’ont pas connu les horaires du siècle dernier….

« vieux horaires » de la salle de lecture

 

Une rĂ©union d’information

Comme dans l’Aveyron, on est accueillant et bienveillant, nous, les lecteurs, avons eu droit Ă  une rĂ©union d’information pour nous expliquer ce changement. Une occasion assez rare d’Ă©changer entre « usagers » et « responsables d’archives ». Un vrai luxe!

Certes nous n’Ă©tions pas nombreux Ă  nous dĂ©placer. Entre planning surchargĂ© et « je n’ai pas compris que la rĂ©union s’adressait aux lecteurs », les prĂ©textes, bons ou mauvais permettent de s’excuser. En tous cas, les prĂ©sents semblent avoir apprĂ©ciĂ© les explications.

Des lecteurs exigeants

La situation est la mĂŞme pour dans chaque centre d’archives. Les ressources et moyens restent identiques (voire diminuent) et il faut « faire avec ». Sauf que nous, lecteurs, on aimerait des instruments Ă  jour, numĂ©risĂ©s, en ligne. On voudrait des fonds classĂ©s. Mais aussi des recensements de population, des tables de succession, des notaires, du cadastre sur le site internet. Et que le personnel puisse mieux rĂ©pondre Ă  nos questions. Il faudrait qu’on puisse manger ailleurs que dans le couloir. Et des bonnes conditions de travail. On peut avoir une machine pour numĂ©riser nous mĂŞme? Et vous voulez pas faire des ouvertures en nocturne? ….

Nos archivistes, ils sont plutĂ´t d’accord avec ce qu’on veut (enfin pas tout), sauf que le temps manque….

Une fermeture le lundi

Amis lecteurs, n’oubliez pas que la communication de documents en salle de lecture n’est qu’une petite partie du travail de nos archivistes... Si vous ne connaissez pas les autres missions, voyez ici.

Et si on fermait une journĂ©e? Personnellement, je suis chef d’entreprise donc je calcule le gain comme ça: deux personnes en salle de lecture + une personne Ă  l’accueil: 3 jours hommes (enfin plutĂ´t femmes en Aveyron) multipliĂ©s par 50 semaines (on ferme 2 semaines par an), ça fait 150 jours. L’Ă©quivalent d’un temps plein du 1er janvier au 30 mai. Pas mal, non? Bien sĂ»r c’est du thĂ©orique.

Dans la réalité, on le voit bien, la fréquentation des salles de lecture est de moins en moins importante. Donc on mobilise du personnel pour, parfois, peu de lecteurs. Par exemple, lundi matin, on était 2, « surveillés » par deux archivistes.  On aurait cru une salle privatisée!

Personnellement, mes « ancĂŞtres », ils peuvent attendre une journĂ©e. Et puis le lundi, c’est bien. Ça ne « casse » pas la semaine.

Archives départementales à Rodez à la fermeture des JEP 2017

Une nécessaire réorganisation

Des documents sont en attente de classement, de cotation, de conditionnement. Et le retard s’accumule.

Alors, imaginez. Mobilisez une plus grande partie du personnel sur un projet de classement, d’instrument de recherche ou peu importe. Le personnel rĂ©alisera le travail probablement plus vite et en plus il connaitra mieux ses fonds d’archives. Un bon point pour nous lecteurs!

Et des projets, il y en a! RenumĂ©roter, prĂ©parer en vue de numĂ©risation, classer et conditionner les fonds qui continuent d’arriver et en profiter pour mettre Ă  jour nos instruments de recherche (parfois disponibles en plusieurs versions)… le travail ne manque pas et chaque projet est important. Des prioritĂ©s sont forcĂ©ment Ă  dĂ©finir.

On nous annonce aussi des nouveautĂ©s, en salle et en ligne. Mais je ne vais pas tout vous raconter ici…

De la patience sans trop râler

Il faut en ĂŞtre conscients, on n’aura pas des instruments de recherche Ă  jour dès le 3 octobre. Il faut du temps. Pour organiser, rĂ©organiser, mettre en place. Mais nous les gĂ©nĂ©alogistes, amateurs ou professionnels, on est patients. D’ailleurs, ceux qui ne le sont pas abandonnent vite leurs recherches…

Alors les retombĂ©es de cette nouvelle organisation seront peut ĂŞtre longues Ă  voir mais on attendra! L’arrivĂ©e des recensements de population en ligne (prĂ©vue pour fin 2017) pourra peut ĂŞtre occuper nos lundis.

Calendrier d’ouverture 2017 AD Rodez

CĂ´tĂ© lecteurs, certains râlent. Toujours les mĂŞmes. Ceux qui n’ont probablement peut ĂŞtre jamais discutĂ© avec le personnel. Les autres comprennent et acceptent….

Communiquer

Rien de plus frustrant que d’aller Ă  un endroit et de tomber sur une porte close. Parce qu’on n’a pas regardĂ© les horaires, parce qu’on avait l’habitude que ce soit ouvert, parce qu’on ne nous a rien dit…

Les nouveaux horaires sont dorĂ©navant affichĂ©s en salle de lecture et sur le site des archives. Maintenant il va falloir convaincre chacun d’entre nous qu’il peut communiquer cette information. Associations, forums, sociĂ©tĂ©s savantes, rĂ©seaux sociaux, rĂ©fĂ©rencements, journaux papier, ceux qui n’ont pas d’adresse mail, nos voisins, ceux qui ne viennent que de temps en temps, ma boulangère qui voit plein de clients, vous qui ne n’ĂŞtes peut ĂŞtre jamais encore venu aux AD Ă  Rodez, il faut que tous vous le sachiez. DorĂ©navant, les archives de l’Aveyron seront fermĂ©es les lundis… Donc merci de mettre Ă  jour vos tablettes (et vos sites internet)!

 

PS: le lundi, donc, je bosserai, mais ailleurs…

Christine Cheuret

 

 

Le dernier gisant de la cathédrale

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Sep 172017
 

Le gisant très réaliste de Monseigneur Francqueville a été inauguré en 1912 dans la cathédrale de Rodez.

L’évêque originaire de la Somme

Louis Eugène Francqueville est né le 12 février 1845 à Aizecourt-le-Haut dans la Somme. Fils d’instituteur, et après une enfance passé à Cagny, il entre au petit séminaire de Saint Riquier. Il rejoint le séminaire de Saint Sulpice à Paris en 1865.

Mr Francqueville est ordonnĂ© prĂŞtre le 6 juin 1868 et enseigne l’histoire dans le petit sĂ©minaire de ses Ă©tudes. Il devient vicaire Ă  Saint Vulfran (Abbeville). Il part Ă  Rome en 1877 et devient docteur en thĂ©ologie et en droit canonique. En 1880, il est de retour dans la Somme, oĂą il est vicaire Ă  Amiens, puis professeur, aumĂ´nier, vicaire gĂ©nĂ©ral…

Il est nommé évêque de Rodez et de Vabres le 7 décembre 1899. Son sacre a lieu le 11 mars 1900 à Amiens.

Il décède le 9 décembre 1905 dans le palais épiscopal de Rodez d’une longue maladie.

Il est enterré le 14 décembre 1905 dans la chapelle Saint Joseph de la cathédrale de Rodez où se trouve le chanoine Bérenger d’Arpajon (décédé vers 1300 et probable premier ecclésiastique enterré dans une des chapelles de la cathédrale).

Son cercueil fait le tour du quartier avant de rejoindre la cathédrale. Les cordons du poêle sont tenus par le préfet (en civil), le sénateur, le 1er adjoint au maire et le procureur de la république. Le journal précise également que les honneurs militaires n’ont pas été rendus.

Le sculpteur aveyronnais

C’est Louis Bertrand qui est chargé de réalisé le gisant de Mgr Francqueville. Né en 1866 à Rodez, il est le fils du sculpteur marbrier Antoine Bertrand, apparenté à François Mahoux.

Louis Bertrand est Ă©lève de l’école des beaux Arts. En mars 1889, il manque les examens et le conseil gĂ©nĂ©ral lui adresse un « avertissement très sĂ©rieux en vue d’obtenir de meilleurs notes Ă  l’avenir »… et de ne pas se voir supprimer sa subvention. Il rĂ©ussit le concours en fin d’annĂ©e et ses professeurs signaleront ses aptitudes et efforts. Louis Bertrand part faire son service militaire en 1890 et reprend les cours Ă  son retour.

Il obtient la 3ème médaille dans un concours d’esquisse de bas relief le 28 juin 1892. Le sculpteur perfectionne son art et obtient deux médailles en 1900 et 1904 au salon des artistes.

Il réalisera plus tard le monument aux morts de Pont de Salars (12).

C’est en 1911 qu’il obtient la 1ère médaille (avec 3 autres sculpteurs) au salon pour sa maquette de Mgr Francqueville. La statue sera réalisée, quant à elle en 1912.

Le gisant

C’est Mr Pouget, sculpteur à Rodez, qui a réalisé le soubassement en pierre de grès. Les 4 angles sont ornés de pilastres décorés. En face avant, les armes épiscopales sont soutenues par deux amours portant une banderolle.

C’est sur cette pierre qu’est dépose le gisant en pierre tendre de Lavoux (86) réalisé par Louis Bertrand. La pierre est blanche mais légèrement granitée de noir. Le monument est de taille réelle mais semble être plus grand. Mr Bertrand ne connaissait pas l’évêque mais semble l’avoir très bien réussi, même sans posséder aucune moulure de plâtre. Cette prouesse a été possible grâce aux photographies qui ont été transmises au sculpteur.

L’évêque est représenté souriant et serein. Sa main droite repose sur sa poitrine et l’on distingue clairement la gemme de l’anneau pastoral. Sa main gauche allongée repose sur le livre des évangiles et sur la crosse dont la partie supérieure est appuyée sur le coussin qui supporte la tête. Les pieds sont en partie recouverts par la traîne de la cappa.

L’inauguration a lieu le 27 aout 1912 avec un programme dĂ©taillĂ© de 15 points. Le glas sonne Ă  9H. Le cortège entre le palais Ă©piscopal et la cathĂ©drale est infini. C’est l’occasion pour Mr Lamiche, organiste, de reprendre possession de ses orgues nouvellement restaurĂ©es par la maison Puget de Toulouse. Les chants grĂ©goriens rĂ©sonnent dans l’Ă©difice.

Le gisant est dĂ©barrassĂ© du voile qui le cache avant d’ĂŞtre bĂ©ni par les Ă©vĂŞques prĂ©sents.

 

C’est le dernier gisant installé dans la cathédrale de Rodez.

gisant

Sources : Revue du monde catholique, Le petit journal, catalogue illustré du salon, numérisés par gallica.bnf.fr ; base arcade culture.gouv.fr, Le Narrateur, le journal de l’Aveyron, 12T8/1-AD12, 12T8/2-AD12, 16T26/9-AD12, 2O195/2-AD12, PER182-AD12, F/21/1877-ADN

Quatre années de fêtes aériennes

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Sep 022017
 

1911-1912-1913-1914 Quatre annĂ©es de fĂŞtes aĂ©riennes Ă  Villefranche de Rouergue avant la grande guerre avec quelques incidents et alĂ©as d’organisation….

La journée d’aviation de 1911

C’est dans le cadre de la fête de la St Jean que Villefranche de Rouergue accueille sa première journée d’aviation. Le terrain est choisi. L’organisation logistique se met en place. Les arrêtés communaux et préfectoraux sont pris.

Il faut veiller à bien canaliser la foule notamment pour le stationnement. Et il faut surtout s’assurer que les pilotes ont leur brevet car le public par son enthousiasme peut amener à mettre en marche les moteurs des avions et faire exécuter des vols par des pilotes non expérimentés.

Pour cette première année, sont attendus:

  • Pierre Divetain, aviateur ayant participĂ© Ă  la course Paris Madrid sur biplan Goupy moteur GnĂ´me,
  • Mr Visseaux aviateur sur biplan Sommer,
  • et Mr Mauthier, chef pilote de l’école bressanne sur monoplan Morane.

Leurs brevets sont vérifiés le 14 juin 1911 mais il semble qu’ils ne viendront pas en Aveyron car deux autres noms apparaissent dans le compte rendu de la manifestation.

Quelques incidents

Plus de 4000 personnes arrivent par le train, plus ceux venus Ă  pied, Ă  bicyclette, en voiture… La foule se presse vers l’aĂ©rodrome pour visiter le monoplan BlĂ©riot de Lusetti et le biplan Sommer de ChaussĂ©e qui sont sous les hangars. Un premier incident entache la fĂŞte le dimanche, avec une hĂ©lice du monoplan qui blesse un mĂ©cano (voir le compte rendu sur le site de l’aĂ©roclub du Rouergue).

Le biplan est sorti. Après un premier vol de 8mn, il faut laisser reposer la machine et le pilote. Il repart 3 quarts d’heures plus tard pour un vol de 20mn. L’atterrissage est un peu brusque et casse un patin. Heureusement sans blessé. Il est déjà 19H30 et la foule doit se disperser.

Le lundi, un nouvel vol est prévu. L’hélice du monoplan n’est pas arrivée, il restera au hangar. Le biplan est démarré mais un éclat blesse le pilote. II est soigné par le docteur et deux religieuses. Il finit par s’envoler un peu avant 18H30 pour un vol de 8mn. L’atterrissage est fait face au public des places payantes.

A 18H48, le biplan repart. On le voit s’éloigner mais jamais revenir. Après 25mn, il n’est toujours pas là ! On apprend qu’il a chuté à 2km de la ville. Le pilote n’a rien. Ouf ! Des automobilistes partent le chercher et on voit le pilote arriver à pied. Il a cherché à atterrir, voyant que l’avion avait des difficultés matérielles. Il a finit par tomber d’aplomb de 5 mètres de haut. L’hélice est brisée, l’avion est très endommagé mais le pilote n’a rien.

1912 une fête ratée

Une belle réussite en 1911 engage les organisateurs à renouveler la fête de l’aviation en 1912. C’est le pilot Brindejonc des Moulinais qui est prévu pour la fête mais il se désiste au dernier moment. Et pire, il ne répond pas dans la semaine qui précède la manifestation.

Le bruit s’évente, le public ne se déplacera pas en masse comme l’année précédente.

Le pilote finit par se justifier. Son avion est trop rapide pour un terrain aussi petit. Et les autres appareils d’exhibitions sont cassĂ©s. Un par Bedel le 1er jour, l’autre par Bedel le 2ème jour. Bielovucci qui devait le remplacer s’est cassĂ© la rotule et Caudron le 2ème remplaçant trouvait que ça lui faisait trop de frais de venir. Mais si un jour il passe près de Villefranche, il s’engage Ă  survoler la ville gratuitement pour dĂ©dommager…

1913 le retour de l’avion

Clovis Marius Amans propriétaire à Castelnau le Lez (34) s’engage à organiser les journées d’aviation de 1913 avec le concours de son fils Charles muni de son brevet de pilote N°845 et de sa licence N°910. Il a une assurance pour couvrir les risques et il prend en charge les frais liés aux mesures d’ordre prescrites et les indemnités des gendarmes et agents de la force publique qui auraient un accident en participant à l’événement.

Le terrain d’aviation choisi est toujours le même. Son emplacement est au centre d’un amphithéâtre naturel qui permet aux petits malins de s’installer en hauteur sans payer de droit d’entrée.

La fête se passera presque sans incident. Après un premier vol, le moteur est remis en route. Le ciel est clair. Mais le pilote est obligé d’atterrir rapidement car le moteur fuit et lui projette de l’essence sur le visage, ce qui l’aveugle. Les vols du lendemain seront exécutés sans problème.

1914 Plus d’avion

Dans la réunion du mois de mai 1914, le comité des fêtes hésite : une fête de gymnastique ou une fête de l’aviation ? L’aviation est un spectacle déjà passé de mode mais la gymnastique n’est pas un clou et il faut attirer des visiteurs. Donc on se résigne pour une fête de l’aviation avec une fête de gymnastique !

Qui fit fête aérienne, ne dit pas forcément avion. C’est donc une montgolfière qui est choisie pour les fêtes de 1914.

Gonflement, vol captif avec distribution de jouets. Ce gros ballon a du en impressionner plus d’un.

A 16h, le hardi pilote grimpe dans la nacelle de l’aérostat « la ville de Villefranche » et s’élève dans les airs. C’est un vent d’ouest qui le pousse. Le ballon reste à la vue des spectateurs une vingtaine de minutes avant de disparaitre. Il atterrira près de la baraque de Pachins, sur la commune de La Bastide l’Evêque.

Une mode dépassée

L’aviation est un spectacle déjà dépassé en 1914. Quelques mois plus tard, la 1ère guerre mondiale éclate et les avions survoleront régulièrement les tranchées.

Après 4 ans de guerre, ce sont quelques manèges et balançoires qui viendront animer la fête de la St Jean 1919.

 

Sources: 4M294-AD12, Journal de l’Aveyron-AD12, le Narrateur-AD12

© 2017 Généalanille

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Le patrimoine touristique des années 20

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Août 262017
 

Un château, une Ă©glise, une curiositĂ© gĂ©ologique… Il n’en faut pas plus pour que ce patrimoine intĂ©resse les touristes. Petite revue des visites Ă  faire dans l’Aveyron dans les annĂ©es 20 et des associations qui les promeuvent.

L’Aveyron, c’est joli !

Vous habitez où ? Dans l’Aveyron. Ah, l’Aveyron c’est joli ! C’est du moins l’image qu’en ont souvent nos interlocuteurs. MĂŞme ceux qui n’y ont jamais mis les pieds….

Joli, oui, mais qu’est ce qu’on peut y voir ?

Qu’est ce qu’on visite ?

C’est l’annuaire Colomb, publié Rue Combarel à Rodez, qui nous donne la liste des principaux sites à visiter par arrondissement.

Il décrit les différentes zones touristiques et indique quelques plats culinaires locaux. Le célèbre aligot saucisse n’y figure cependant pas !

Demandez au syndicat d’initiative

Le syndicat d’initiative de l’Aveyron a été créé en 1903. Il a pour but :

  • D’attirer dans le dĂ©partement les Ă©trangers par une publicitĂ© incessante en brochures, journaux…
  • De les retenir en leur rendant le sĂ©jour agrĂ©able et facile par la mise Ă  disposition de tous les renseignements nĂ©cessaires pour la visite de la rĂ©gion. Il propose Ă©galement de favoriser les fĂŞtes, concours et expositions.
  • De faire connaitre les indications utiles pour les voyages et excursions. Notamment les itinĂ©raires, moyens de transports, hĂ´tels mais aussi les stations thermales, balnĂ©aires, les maisons et villas Ă  louer…

Il est approuvé le 26 novembre 1905 et placé sous le patronage du Touring club de France.

Cette même année est créé le comité des sites et monuments pittoresques, lui aussi rattaché au Touring Club de France. Son rôle est de dresser la liste des sites et monuments pittoresque du département. Il doit aussi en assurer la conservation et c’est pour cette raison que les membres éminents sont les archivistes et architectes départementaux.

Le syndicat d’initiative de Millau sera quant à lui fondé le 5 avril 1911 et approuvé en février de l’année suivante. Placée plus au sud et plus peuplée, la cité millavoise a probablement voulu promouvoir son territoire d’une manière plus locale.

Dès octobre 1906, le bulletin pĂ©riodique « L’Aveyron Touriste » publiĂ© chez Carrère Ă  Rodez permettra de promouvoir la rĂ©gion en diffusant notamment la liste des maisons recommandĂ©es par le syndicat ou les horaires de chemin de fer…

Bienvenus aux touristes

Depuis les annĂ©es 20, la liste des sites Ă  visiter s’est agrandie. Le dĂ©partement comprend dorĂ©navant 10 villages classĂ©s « plus beaux villages de France ». Et le patrimoine, petit comme grand, est mis en valeur. Alors, venez vĂ©rifier si comme on le dit « l’Aveyron, c’est joli! »

 

Sources: PER1003-AD12, PER182-AD12

© 2017 Généalanille

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Cet article a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du challenge UproG d’aout 2017 sur le thème imposĂ© « tourisme et patrimoine ».

 

La carte d’identitĂ© de nos ancĂŞtres Ă©trangers

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Août 242017
 

Comment obtenir une carte d’identité pour un étranger ? Voici quelques documents dans nos archives pour les demandes traitées à partir du décret d’octobre 1924.

Des décrets qui changent souvent

1917 : les travailleurs étrangers doivent avoir une carte d’identité qui leur tient lieu de sauf conduit. Elle est gratuite, chamoise (pour l’agriculture) ou verte (pour l’industrie) et délivrée par le commissaire de police du poste frontière ou le bureau des travailleurs étrangers.

1920 : les cartes deviennent blanches avec un tampon portant la mention « travailleur agricole ou travailleur industriel ». Toujours gratuite, elle est délivrée par les mêmes instances.

1922 : pour dĂ©sengorger les commissariats de police des postes frontières, il n’est Ă©mis qu’un sauf conduit aux Ă©trangers. La carte d’identitĂ© est envoyĂ©e Ă  la prĂ©fecture de destination oĂą l’ouvrier doit la rĂ©cupĂ©rer dans les 8 jours après son arrivĂ©e. La carte est devenue payante…

 

« Réglementation relative au séjour des étrangers en France »

Tel est le nom du décret du 25 octobre 1924. Celui ci modifie les moyens d’obtentions d’une carte d’identité. Ce sont dorénavant les mairies qui sont chargées d’enregistrer les demandes.
Cette dĂ©centralisation apporte des complications pour les Ă©trangers. Alors qu’ils trouvaient plus ou moins facilement quelqu’un parlant leur langue au commissariat du poste frontière, il n’en ai pas de mĂŞme dans les mairies des petites communes. Difficile alors de remplir correctement les demandes….

 

Un sauf conduit

Quand le travailleur étranger arrive en France, il se présente au commissaire de police du poste frontière qui lui établit un sauf conduit. Celui ci lui permet de se rendre dans la commune où l’attend son employeur.

 

Un dossier de demande

Dans les 48 heures qui suivent son arrivée dans sa commune, l’étranger doit faire une demande de carte d’identité à la mairie ou au commissariat de police local. Le dossier doit être accompagné de 4 photos et de la justification de son identité (passeport), de son contrat de travail et bien sûr d’un mandat.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture.

Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La carte d’identité

Sur le recto de la carte d’identité, on retrouve le timbre dont le montant correspond au mandat payé par l’étranger. A l’intérieur, outre les informations présentes sur la demande, on peut voir le N° de la carte et les différents visas en cas de changement de domicile.

Le renouvellement tous les deux ans.

Le décret de 1924 prévoit un renouvellement tous les 3 ans (avec changement de photo), mais le décret du 9 septembre 1925 réduit ce délai à 2 ans. Sachant que toute année commencée compte pour une année entière.

Les demandes sont faites au plus tard dans le premier trimestre qui suit l’expiration de la carte. L’ouvrier étranger rend sa carte et reçoit en attendant un récépissé confirmant sa demande.

Une nouvelle carte

L’ouvrier Ă©change son rĂ©cĂ©pissĂ© et reçoit sa nouvelle carte valable 2 ans. Elle porte un nouveau numĂ©ro. Elle ne sera changĂ©e qu’à son expiration oĂą s’il change de profession selon le dĂ©cret du 30 novembre 1926….

 

Dans nos archives

Les documents concernant les Ă©trangers sont Ă  chercher en sĂ©rie 4M pour la pĂ©riode avant 1940. Les pièces justificatives des demandes de cartes d’identitĂ© sont loin d’être les seuls Ă  disposition. On trouve parfois des passeports, des fiches cartonnĂ©es très dĂ©taillĂ©es, des doubles de contrats d’embauche, des lettres manuscrites, des registres de contrĂ´le… Et parfois deux ou trois photos de nos ancĂŞtres.

 

Source: 4M789-AD12

© 2017 Généalanille

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OĂą trouver de belles sangsues?

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Août 202017
 

Avez-vous des sangsues dans votre département ? Et comment faut-il réglementer leur vente ? Telles sont les questions posées par le Ministère de l’Agriculture dans sa circulaire du 9 juin 1846.

Pas assez de sangsues en France

Au début du 19ème siècle, les sangsues sont peu utilisées pour guérir les gens. Mais avec l’apparition du système médical de Broussais, la situation évolue. A tel point qu’en 1846, les marais, étangs et ruisseaux français ne peuvent plus subvenir aux besoins médicaux Et la pêche abusive de ces plans d’eaux ne favorise pas le repeuplement dans de bonnes conditions. Il faut donc importer des sangsues depuis d’autres pays, jusqu’à épuiser toutes les ressources européennes.

Et ce qui devient rare est forcément cher. En 1830, un demi-kilogramme de sangsues d’Hongrie coûtait 50 centimes. 15 ans plus tard, il en vaut 80 francs.

Quelle règlementation ?

La circulaire du ministre interroge sur la réglementation à adopter pour la vente des annélides. Chaque département est sollicité et par ricochet, chaque sous préfet est interrogé.

Interdire la vente, c’est augmenter leur prix le temps qu’elles se reproduisent et il faudrait surveiller la fraude. Car certaines personnes qui en font le commerce les gorgent de sang d’animaux abattus pour qu’elles paraissent plus grosses. Ces sangsues ne piquent plus, ou bien de manière insignifiante et rĂ©duit donc les rĂ©sultats dans le traitement des maladies.

Telle est la réponse du sous préfet de Villefranche de Rouergue.

Les aveyronnais ont des avis divergents. Certains pensent que les petites sangsues de moins de 2 grammes n’ont aucun effet mĂ©dical, d’autres souhaitent les vendre. Certains mĂ©decins et pharmaciens pensent qu’il faut prĂ©voir une interdiction annuelle de pĂŞche pour permettre la reproduction….

 

Un Ă©tat des lieux

Dans sa circulaire du 9 juin 1846, le ministère de l’Agriculture veut surtout connaĂ®tre les ressources encore existantes. Dans le dĂ©partement de l’Aveyron, « il n’y a ni marais ni Ă©tangs ou cours d’eau oĂą trouver des sangsues » est la rĂ©ponse donnĂ©e par les services des arrondissements de Millau, Villefranche, Saint Affrique et Rodez. Quant Ă  Espalion, on trouve des sangsues.

Le marais de Montpeyroux

C’est sur la commune de Montpeyroux qu’on peut trouver le marais qui nous intĂ©resse. Il est situĂ© près des Bessades, localitĂ© renommĂ© par ses foires …

Le marais est assez Ă©tendu mais sa surface est considĂ©rablement rĂ©duite en Ă©tĂ©. On le croit très propre Ă  la reproduction des sangsues selon ce qui se faisait il y a une quarantaine d’annĂ©es. Les sangsues Ă©taient nombreuses mais ont disparu sans qu’on en sache la raison.

Des sangsues venues de Lyon

Pour exploiter ce commerce, une compagnie s’est formĂ©e en 1845. 5 Ă  6000 sangsues achetĂ©es Ă  Lyon ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans le marais et on espère sous peu livrer Ă  la consommation un grand nombre de sangsues moyennes en gardant les sangsues vaches (de 4,5 Ă  12 grammes) comme essentielles pour la reproduction et les petites de moins de 2 grammes pour l’usage mĂ©dical.

 

Les documents ne précisent pas si la petite entreprise d’hirundiniculture aura réussi à vendre ses animaux et combien de pêcheurs de sangsues auront été affectés à cette activité ! Mais l’état civil permet de trouver la trace d’au moins un marchand de sangsues originaire de Montpeyroux : Pierre Jean Cocural né vers 1811 !

 

Sources : « Note sur les sangsues qui sont livrées au commerce » numérisé par Gallica, « Plus de Sangsues! » numérisé par Google Books, 5M8-AD12, 4E167/8-AD12

© 2017 Généalanille

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Elle voulait devenir sage-femme

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Août 042017
 

Les écoles de sage-femme sont instaurées à la fin du 18ème siècle. Et il faut prévoir 2 ans pour être diplômée. Marie Anne connaitra quelques déboires avant de parvenir à exercer son métier.

Devenir sage-femme

Marie Anne est nĂ©e en 1805 dans un petit village de l’Aubrac. Elle se marie en 1830 et presque aussitĂ´t nait son premier enfant. Suivront un deuxième, puis une troisième.
Accoucher, donner la vie, elle sait faire. Mais aider les autres Ă  accoucher, c’est moins Ă©vident.
Alors c’est dĂ©cidĂ©, elle va s’inscrire aux cours de sage-femme Ă  Rodez. Ce n’est pas la porte Ă  cĂ´tĂ© et il faudra habiter provisoirement en ville. Son mari finit (probablement) par ĂŞtre d’accord et elle demande son admission Ă  l’Ă©cole.

Refusée, admise puis virée

Le maire lui fait un certificat de bonnes mœurs. Mais toutes les places sont prises pour cette année 1837.
Marie Anne refait sa demande l’annĂ©e suivante et elle est admise. En dĂ©cembre, elle est remplacĂ©e par Victorine Moussol. Pourquoi? Il faut chercher dans la correspondance du professeur pour comprendre le problème. Elle vient d’accoucher d’un enfant qu’elle a fait admettre Ă  l’hospice comme enfant trouvĂ©. C’est bien lĂ  le contraire de la philosophie du mĂ©tier! Alors, on lui demande de partir….
Retour dans l’Aubrac. Probablement pour Ă©lever son enfant.

Nouvel essai en juillet 1842

Le maire de la commune appuie la nouvelle candidature de Marie Anne en juillet 1842. Elle a environ 30 ans (!), elle sait lire et Ă©crire et est de bonne vie et intelligente. De plus la commune est isolĂ©e et n’a pas d’accoucheuse.
Sa candidature est retenue. On Ă©voque son Ă©chec Ă  l’Ă©cole de la manière suivante.

Elle vint en cours, il y a deux ans et resta 3 mois Ă  ses frais. N’ayant pu soutenir la dĂ©pense jusqu’Ă  la fin du semestre, elle se retira.

Deux ans d’Ă©tude et un premier prix

Pendant deux années, Marie Anne étudie avec ses camarades. De la théorie, mais aussi de la pratique. Son professeur écrit deux ans plus tôt:

Un accouchement auquel elles assistent les instruit mieux que toutes les leçons des professeurs.

Arrive la date de l’examen. Il est prĂ©vu le 2 ou le 3 mai 1844 mais le conseiller de prĂ©fecture n’est pas disponible. Le concours est reportĂ© au 4 mai Ă  14H mais aucun examinateur ne se prĂ©sente!
Il a finalement lieu dans une salle de l’hospice sous la prĂ©sidence dudit conseiller. Les examinateurs sont

  • le mĂ©decin des hospices et des prisons,
  • un chirurgien
  • et le mĂ©decin de l’Ă©tablissement des aliĂ©nĂ©s.
  • Le professeur des accouchement, Mr Lacalmoutie, est Ă©galement prĂ©sent.

Les postulantes sont interrogées sur la théorie puis on passe à la pratique des accouchements naturels et manuels.
Les 5 Ă©lèves sont d’instruction Ă©gale. Le premier prix est finalement divisĂ© en deux et donnĂ© par tirage au sort. Et Marie Anne finit 1ère, ex-aequo.

Un beau diplĂ´me pour exercer

Marie Anne reçoit son diplĂ´me et doit le faire valider d’une part par le maire de la commune (qui signe au dos du diplĂ´me) et d’autre part par le tribunal de son arrondissement.
Enfin elle peut exercer.


Bien entendu, les archives ne nous donnent pas la liste des enfants qu’elle va mettre au monde. Mais on retrouve parfois dans les registres d’Ă©tat civil sa prĂ©sence pour dĂ©clarer la naissance d’un enfant lĂ©gitime ou illĂ©gitime.

Elle disparait du métier et réapparait

Jusqu’en 1847, on voit son nom apparaitre dans les listes des sages-femmes habilitĂ©es Ă  exercer. Puis, plus rien. Un nouvel incident de parcours? De la concurrence? Une envie d’autres choses? Elle ne semble pas avoir Ă©tĂ© radiĂ©e par erreur, aucun jugement ne nous laisse Ă  penser qu’elle a commis une erreur.
Son nom rĂ©apparait en 1877 avec celui de sa fille (diplĂ´mĂ©e de l’Ă©cole de sage-femmes de Toulouse en 1861)! Les deux noms disparaissent Ă  nouveau.
Quand elle meurt en 1896 elle est notĂ©e comme « ancienne sage femme ». Combien d’enfants a-t-elle vu naĂ®tre? Elle n’a probablement jamais comptĂ©.

Sources: 3X47-AD12, 5M7-AD12, PER1181-AD12, 4E224/9-AD12

© 2017 Généalanille

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En prison pour gravidation

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Juil 282017
 

Il l’a mise enceinte mais il refuse de se marier comme il l’avait promis. Elle n’a plus qu’Ă  dĂ©clarer sa grossesse et porter plainte pour gravidation.

 

Elle a cédé à ses avances

Catherine Delmas a 24 ans. Elle est enceinte de 8 mois de Pierre Cabrolier avec qui elle travaillait depuis 3 ans au service de Mr Serguy. Les deux ont été vus plusieurs fois en tête et très proches. Ils ont même été surpris à plusieurs reprises dans une écurie ou dans la chambre de Cabrolier où Catherine Delmas venait refaire le lit. Leur patron les a surpris alors qu’ils se faisaient des baisers et avait menacé de les mettre à la porte si cela continuait.

Elle a résisté longtemps aux avances de Pierre, mais à la Noël 1774, ils ont commencé leur commerce. Et cela jusqu’à la St Jean où elle a congédiée par son employeur. Ils ont remis le couvert deux fois depuis cette date. Il faut dire qu’il lui avait promis de l’épouser et n’arrêtait pas de la caresser.

 

L’édit d’Henri II

Elle est enceinte donc, de 8 mois, mais toujours pas de mariage en vue. Pierre Cabrolier a refusé de l’épouser et a même proposé de l’argent pour qu’elle cache sa grossesse et qu’elle ne dise rien à personne. Elle ne peut pas rester dans le déshonneur. Et selon l’édit d’Henri II, elle doit déclarer sa grossesse. Elle se rend donc au tribunal et porte plainte contre son prétendant en novembre 1775.

L’enfant nait le 6 décembre 1775 et porte le prénom de Pierre, comme son père.

 

Le père en prison

Pierre est arrêté le 31 décembre de la même année et rejoint les geôles de Rodez. Et il ne sait pas ce qu’il fait là.

Oui, il connait Catherine Delmas. Et, Oui, il est probable qu’il soit responsable de sa grossesse. Oui, il a voulu l’épouser et non ce n’est pas une promesse en l’air. Il a même rencontré le père et l’oncle maternel de la jeune fille et leur a demandé combien ils paieraient de dot. Comme ils ne semblaient pas avoir assez d’argent comptant, ils n’ont pas donné suite à la demande… Peut-être leur faut-il un délai pour rassembler une somme suffisante ?

 

Une sortie sous caution

Le 13 janvier, il fait une demande d’élargissement provisoire pour quitter la prison mais il lui faut une caution. La jeune fille demande à ce qu’on le ne laisse pas sortir : il va en profiter pour quitter le pays et l’abandonner avec son déshonneur, sa honte et son malheur. Lui prétend que non, qu’il faut bien qu’il sorte pour faire le contrat de mariage. Les parents de la jeune fille ont même été convoqués en ville pour aller chez le notaire, mais ils ne sont pas déplacé et la mère du prisonnier, restée seule, est repartie chez elle.

Même s’il n’est pas malheureux, Pierre Cabrolier est en prison. Et la somme donnée au concierge par ses futurs beaux-parents potentiels ne remplace pas la liberté.

C’est le frère de Pierre Cabrolier qui se porte caution. Il a 2000 livres que représente son fonds de commerce. Mais cela ne semble pas suffire. Alors l’avocat connait quelqu’un d’autre, si on peut attendre demain… Dès le lendemain, il présente une deuxième caution, Mr Despeyroux, qui lui aussi a une somme de 2000 livres de « biens au soleil ».

 

Le contrat de mariage est signé

Quelles tractations ont lieu ensuite ? Il faut attendre le 1er Février 1776 pour qu’un contrat de mariage soit signé chez Me Boscus, notaire à Rodez. Pierre reconnait être le père de l’enfant. Il doit payer à Catherine 119 livres pour frais de couches, nourritures et autres frais avancés par le père Delmas.

Ce dernier donne à sa fille en dot 1/17ème de ses biens et 522 livres avant le mariage. A cette somme, sont retirées les 119 livres pour l’enfant et 22 livres de frais d’acte.

Le mariage est finalement cĂ©lĂ©brĂ© le 20 fĂ©vrier 1776 Ă  la paroisse Notre Dame de Rodez. Les amoureux auront peut ĂŞtre vĂ©cu heureux et eu d’autres enfants…

 

Sources:  3E15124-AD12, 4E212/4-AD12, 3B55-AD12, traité des enfants naturels 1828

© 2017 Généalanille

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L’origine de cette photo de famille

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Juil 142017
 

La photo a été prise pendant la seconde guerre mondiale. Mais qui se souvient que c’était avec un appareil volé ?

C’est la guerre…

Mr G., huissier du tribunal, demeurant une petite ville de l’Aveyron, est mobilisé au mois d’août 1939. Il laisse son « appareil photographique contenu dans une gaine en cuir ainsi qu’un opuscule qui indique son fonctionnement » sur le rebord d’une fenêtre d’un garage qu’il loue à un hôtelier. Puis il rejoint son centre mobilisateur dans le sud de la France.

Quand il revient en avril 1940 comme réformé N°2, l’appareil photo a disparu. Après avoir cru à une blague d’un ami, Mr G. se résigne à porter plainte contre X. Le garage était fermé à clé mais la fenêtre était en partie brisée et clôturée par une planchette de bois ! C’est sûrement par ce biais que le larcin a eu lieu.

Les gendarmes enquĂŞtent

L’appareil photo a une valeur de 375 francs. C’est un Kodak Senior 6 16 muni d’un dispositif qui permet de se photographier soi-même. Il a été acheté à Mme G. née L., photographe de la même ville en 1936. C’est elle que les gendarmes vont interroger.

La photographe se souvient avoir vendu l’appareil à l’huissier. Elle conforme les caractéristiques et le prix. Et elle se souvient même avoir vu un appareil photo identique dans les mains d’un jeune domestique de ferme. Quand ? En début 1940. Comment s’appelle-t-il ? C’est Simon B. Il a même précisé que c’était son oncle de Paris qui lui avait offert.

Le domestique de 16 ans

Les gendarmes se rendent sur le domaine où travaille Simon, 16 ans, qui se met à pâlir quand il voit les deux képis arriver. Après quelques instants, il avoue son vol et explique qu’il a effectivement passé la main par la fenêtre brisée pour se munir de l’appareil. Caché dans sa malle, il a compulsé le mode d’emploi et a utilisé l’appareil photo pour prendre des clichés de ses sœurs. Sa mère est au courant, mais elle pense que c’est un oncle qui a fait ce cadeau.

Comme il n’y a pas de flagrant délit, le jeune est laissé en liberté et l’appareil change de mains.

Qui est responsable ?

Le gamin n’a que 16 ans. Il est loin de sa majorité (21 ans). L’employeur est reconnu responsable mais comme il a été, lui aussi, mobilisé et n’a eu que deux permissions depuis le début de la guerre, il réfute la responsabilité du jeune homme. En plus le vol n’a pas été commis sur le lieu de travail, mais pendant ses heures de pause, et puis le père a promis de tout payer !!

Le père est bien civilement responsable de son fils, mais il conteste cependant cette responsabilité puisque Simon n’était pas sous sa surveillance depuis qu’il travaillait. Père de 7 enfants, il est prêt à tout payer et demande qu’on ne lui retire pas son autorité paternelle.

On en arrĂŞte (presque) lĂ 

L’huissier a retirĂ© sa plainte, pensant que le jeune homme a agi sans discernement. Il faut dire que le père de l’huissier s’est remariĂ© avec la sĹ“ur de père de Simon. On est presque en famille….

Cependant la justice suit son cours et Simon est cité à comparaitre devant le tribunal pour enfants et adolescents de l’arrondissement. Et c’est Mr G., le volé, en tant qu’huissier, qui va se rendre auprès de la famille de Simon pour leur signifier leur citation.

Le jugement sera clément. Simon est acquitté et son père doit payer les 141 francs de frais. Nul doute que le salaire du jeune homme aura été mis à contribution. Les réprimandes du père de famille ont certainement été beaucoup moins agréables à entendre !

Une pellicule de photos

Simon avouera avoir fait une pellicule de photos de famille. Il dit avoir pris ses sĹ“urs en photo. Cette photo existe toujours. Avec les diffĂ©rents dĂ©cès et dĂ©mĂ©nagements, elle est pour le moment introuvable. Les plus jeunes toujours en vie se souviennent de cet appareil photo qui Ă©tait lĂ , sorti dont on ne sait oĂą…

En ayant trouvĂ© cette histoire dans les archives, la mĂ©moire va ĂŞtre rĂ©activĂ©e et nos ancĂŞtres interrogĂ©s. Et peut-ĂŞtre que quelqu’un se souviendra de cette « raclĂ©e mĂ©morable » que Simon avait reçu pendant la guerre….

Sources: dossiers de procĂ©dure et jugements issus des tribunaux des archives de l’Aveyron. Le petit parisien. Photo d’illustration issue d’archives personnelles.

© 2017 Généalanille

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Le tour de France s’arrête (enfin) à Rodez

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Juin 292017
 

Il faut attendre 1984 pour que Rodez devienne ville-étape du Tour de France pour la 1ère fois.

Bourran 2017

Un presque aveyronnais dans le Tour 1905

Le Tour de France parcourt le pays depuis 1903. En 1905, Louis Trousselier remporte 5 étapes sur les 11 du circuit dont celle « des clous ». Ce champion n’est pas rouerguat (il est né à Paris) mais fils d’un aveyronnais de Vimenet monté à Paris tenter sa chance. Les journaux ne manqueront pas de rappeler son bon souvenir quand la course fera de Rodez une de ses villes étapes en 1984.

 

Millau plusieurs fois ville-Ă©tape

La sous préfecture aveyronnaise de Millau a accueilli le tour de France lors de son premier passage dans le département de l’Aveyron (en 1954).

Elle est même ville-étape à plusieurs reprises :

  • Le 22 juillet 1954, la course venant de Toulouse et partant pour le Puy en Velay ;
  • Le 19 juillet 1955, venant d’Avignon et se dirigeant pour Albi ;
  • Le 8 juillet 1960, arrivant de Toulouse et repartant pour Avignon ;
  • Le 16 juillet 1987, venant de Blagnac et repartant pour Avignon ;
  • Le 15 juillet 1990, arrivant du Puy en Velay et se dirigeant sur Revel.

Roquefort, la citĂ© du fromage Ă©ponyme, est ville Ă©tape en 1983, quant Ă  Rodez….

 

Un passage en 1959

Il faut attendre le 8 juillet 1959 pour que la course cycliste traverse la cité Ruthénoise en remontant le boulevard Victor Hugo, faisant face à la cathédrale en pierres roses. Le moment est immortalisé pour les caméras de la télévision française et le local de l’étape, Emmanuel Busto, de Cransac, va terminer 15ème à l’arrivée à Aurillac.

 

Le tour traversera l’Aveyron en 1963 (Villefranche De Rouergue), 1968 (Decazeville), 1975 (St Jean Delnous, Pont de Salars, Gabriac, St Côme, Aubrac) avant de s’arrêter à Rodez.

Une sacrée organisation

Plusieurs mois de prĂ©paration et trois semaines de travail intense ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires. Tous les agents des services techniques de Rodez ont Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ©s, mais aussi ceux des espaces verts, ceux des fĂŞtes, de la voirie, le menuisier… Soit une soixantaine de personnes pour cet Ă©tĂ© 1984. Car le Tour est Ă  Rodez!

Il faut mettre en place des dĂ©viations, du flĂ©chage, attacher 350 bottes de paille, prĂ©parer les parkings, des tribunes… D’ailleurs une cinquantaine de panneaux de dĂ©viation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  la main par les agents ruthĂ©nois car « ceux qu’on trouve sur le marchĂ© n’ont pas la flèche dans le bon sens »…

L’avenue de Bordeaux aurait due être refaite à neuf mais un incident a retardé les travaux. Les ilots dangereux de l’avenue Lacombe ont été supprimés. Les grilles d’égouts ont été changées (elles étaient composées de barreaux longitudinaux où les boyaux de bicyclette pouvaient se glisser).

900 barrières métalliques ont été empruntées dans les communes du département. Entre l’arrivée du Tour et son départ, « les barrières seront déplacées dans la nuit et le circuit sera balayé ».  Mais attention, la course repart le 12 juillet. Il faudra vite tout démonter pour rendre les barrières aux communes avant la fête nationale du 14 juillet.

Le foirail est envahi

Des parkings de dissuasion ont été instaurés aux entrées de la ville : au Lachet et aux Moutiers, sur la rocade, à la Mouline, sur l’ancien parking du bimillénaire.

Le stationnement sur le parcours est interdit pendant 3 jours et des navettes de bus sont mises en place. Qui n’est jamais venu Ă  Rodez ne sait peut ĂŞtre pas… C’est un piton ! Et garĂ© aux Mouthiers ou Ă  la Mouline demande un peu ( !) d’effort pour atteindre le foirail. Depuis le parking prĂ©vu au SacrĂ© CĹ“ur, c’est beaucoup plus facile…

La circulation aussi est réduite. 14 véhicules radios sont installés aux points stratégiques et le circuit est neutralisé dès que les coureurs arrivent « au Pas ».  Pas de circulation, mais c’est cependant plus de 600 véhicules qui sont attendus sur le foirail : 300 de la caravane, 150 des officiels et 210 de la presse.

La salle de presse est installĂ©e sous les halles Charles, les officiels dans la salle des fĂŞtes. Et sur l’avenue Victor Hugo, la tribune officielle, le camion Ă©lĂ©vateur de la tĂ©lĂ©…

 

Et la course ?

Pierre Henri Mentheour est vainqueur à Rodez en ce 11 juillet 1984 avec une moyenne de 36,407km/h  sur les 220,5 km de l’étape. Sur le podium, il est rejoint par Dominique Garde et le danois Kim Andersen. Au général, les trois premiers sont Vincent Barteau (maillot jaune), Maurice le Guilloux et Laurent Fignon.

Mentheour a démarré dans la côte de Rodez. Rejoint par ses deux compagnons qui finiront sur le podium, il s’est imposé facilement au sprint.

Le lendemain les cyclistes arrivent sur la place d’armes où l’accordéon club ruthénois joue, debout sur un podium placé devant la trésorerie. La foule est toujours aussi nombreuse que la veille.

A 10h, le départ fictif de l’étape est donné. Boulevard d’Estournel, rue St Cyrice, avenue Tarayre, avenue Durand de Gros, avenue de Paris, le pont des quatre saisons et l’avenue des rosiers d’où le départ réel est donné.

A la Roquette, les 147 cyclistes passent en trombe. Les spectateurs d’Agen ont Ă  peine le temps de les voir… A Aujols, on ralentit un peu dans la cĂ´te avant d’arriver Ă  Arques et de remonter sur SĂ©gur. Un passage devant le château de Vezins oĂą les vacanciers se sont regroupĂ©s et puis Recoules avant d’atteindre SĂ©verac. La grimpette vers le château permet au peloton de rattraper son retard sur les Ă©chappĂ©s. Et puis on attend la Lozère… le tour est passé !

Rendez vous en 2010, 2015, 2017…

Le Tour de France continuera de passer régulièrement sur les routes aveyronnaises. Mais il faut attendre 2010 puis 2015 pour que Rodez soit à nouveau ville étape. La cité Ruthénoise accueille pour la 4ème fois le Tour de France en cet été 2017.

Tour

Sources: PER386-AD12, images de l’INA, le dicodutour.com

© 2017 Généalanille

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