L’inconnu de la chambre numéro 3 arrêté par la Gestapo

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Oct 192017
 

FĂ©vrier 1944, un inconnu est arrĂŞtĂ© dans un hĂ´tel de Saint Affrique dans l’Aveyron.

Neuf individus armés

20 février 1944 à 4H30 du matin, deux véhicules stoppent devant l’hôtel du nord, Rue Pasteur à St Affrique. 9 individus en civil en sortent armés de mitraillettes et de révolver de fort calibre.

Ils entrent dans l’établissement que possède Adrien Affre, 45 ans. Il faut dire que les portes ne sont jamais fermées.

Ils se dirigent vers la chambre N°3 et arrêtent le voyageur qui s’y trouve. Il est menotté et conduit à la salle du restaurant au rez de chaussée. Les voisins de chambres sont réveillés à coup de « ouvrez, police » et subissent des contrôlent d’identité.

Les 9 hommes demandent à boire un café et disent à Mr Affre « Il nous a donné du fil à retordre celui là, c’est un fou. Il en a déjà fait tuer 5 ou 6. » Puis ils remontent dans leur automobile à essence et repartent de suite sans qu’on puisse connaitre la direction prise.

Les « agresseurs » étaient donc 9 entre 30 et 38 ans. Vêtus de complets et de pardessus sombres, sauf 2 qui portaient une canadienne de couleur beige. Tous avaient un chapeau mou. 3 avaient un accent étranger, peut être allemand, les autres parlaient français avec un accent méridional prononcé.

 

Un inconnu trépané

L’homme arrêté est un inconnu. Il n’a « pas encore » rempli la fiche d’hôtel qui permettrait d’en savoir plus sur lui. Il est arrivé le 16 février, et a déclaré venir de Montpellier pour chercher un logement en prévision de l’évacuation.

45 ans, chauve, plutôt petit. Il avait souvent évoqué son passé d’ancien combattant et de grand blessé de guerre. D’ailleurs, il avait évoqué ses 2 trépanations suites à ses blessures de la guerre 14-18.

Depuis son arrivée, il ne fréquentait personne, ne recevait pas de courrier. Lever tard et couché tôt, il menait une vie paisible.

 

A la recherche d’indices

Pour l’hôtelier, il semble qu’il s’agisse d’une opération de police normale et peu importe qu’elle ait été opérée par des services de police française ou allemande. Il prévient cependant le commissaire de police de St Affrique de ce qui s’est passé.

Dans la chambre de l’inconnu, le commissaire de police a retrouvé une chemise d’homme et une paire de chaussettes sales, un chapeau mou gris à bords rabattus acheté à la chapellerie David Rue de la loge à Montpellier et portant à l’intérieur les initiales G.R.

Et puis une carte Michelin N°80 région Aveyron Lozère Gard qui trainait sur un meuble.

Le chapeau appartenait bien au voyage mais la carte semble ĂŞtre celle des ravisseurs.

Sur la carte, un itinéraire était tracé en bleu. Il part de Pegairolles (34) et abouti au village de St Paul le Jeune à la limite de 3 départements, en passant par St Hippolyte du Fort, Alès et Ambroix. Et une ligne sensiblement horizontale qui semble délimiter un secteur du Caylar (34) à Laudun (30) et au milieu de la carte la mention « Latapie François Rue Frégére N°10 »

 

Le commissaire a prévenu le service des relations franco allemandes. Mais la gendarmerie du secteur n’a été avisée que 2 jours plus tard au moyen d’un avis de recherches remis par un agent de police.

Les RG de Rodez ont indiqué plus tard que l’opération avait été effectuée par la Gestapo de Montpellier.

Quand Ă  l’inconnu, son nom n’a pas Ă©tĂ© transcrit dans les dossiers…

 

Sources: 324W539-AD12, carte Michelin 80 collection personnelle

© 2017 Généalanille

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Pompon est réquisitionné

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Mai 212017
 

Les animaux ont aussi été réquisitionnés lors de la seconde guerre mondiale, faisant perdre un outil de travail et un compagnon à leurs propriétaires.

Pompon

Des chevaux recensés

Pompon est un cheval né en 1929. Depuis ses 5 ans, il est annuellement recensé à la mairie de St Affrique comme « susceptible d’être requis par le service des armées en cas de mobilisation ». C’est la loi du 3 juillet 1877 qui a instauré cette déclaration obligatoire.

Et c’est le maire qui est chargé d’établir la liste dans un registre avec le nom du propriétaire, le nom de l’animal, sa robe, son sexe, sa taille, son numéro d’ordre au registre de recensement et le classement de l’année précédente s’il y a lieu.

Quelques animaux échappent à cette liste : les juments reproductrices, les animaux de halages ou d’exploitations houillères et les animaux réformés de part leur fonction (appartenant au chef de l’état, à l’administration des postes…)

Pour la commune de Saint Affrique, la présentation des chevaux a lieu sur la place de l’hospice, généralement en mai, lors d’une tournée d’une commission départementale. 147 animaux en 1938, rien que pour cette commune !

Une taxe

Pompon est le seul cheval d’Henri Boudes à Saint-Affrique. Il a 2 chiens, mais un seul cheval. Il paie des taxes pour ses animaux. 12 francs par an pour Pompon depuis que la taxe de l’état a été supprimée (en juillet 1934) et que le conseil municipal a fixé ce nouveau tarif. 13 francs pour les deux chiens.

Pompon est réquisitionné

La seconde guerre mondiale se dĂ©clenche. Mobilisation gĂ©nĂ©rale pour les hommes et pour les « animaux, voitures, moyens d’attelage, aĂ©ronefs, vĂ©hicules automobiles, navires, embarcations…. » Pompon est rĂ©quisitionnĂ© et Henri Boudes doit l’emmener le 3 septembre 1939. OĂą va-t-il aller ? Au front, Ă  l’arrière ? Impossible de savoir. L’homme doit se sĂ©parer de son outil de travail et probablement d’un compagnon.

Une compensation financière

Un barème est Ă©tabli pour les voitures et pour les animaux afin de compenser la perte financière des moyens rĂ©quisitionnĂ©s. Mais l’argent ne remplace pas tout. Et Henri Boudes n’est pas satisfait d’une part de ne plus avoir Pompon et d’autre part de ne toucher que 5 800 francs pour ce cheval de 3ème catĂ©gorie. Le 25 janvier 1940, il en rĂ©clame 7 800 francs. C’est bien plus que les 25% gĂ©nĂ©ralement proposĂ©s par l’administration en cas de contestation. Par jugement du 6 mars 1940, il obtiendra gain de cause et la somme qu’il souhaitait.

De tous les propriétaires du canton de St Affrique qui ont envoyé une réclamation pour des compensations financières face à la réquisition de leurs chevaux, seuls deux d’entre eux ont précisé comment ils appelaient leurs animaux.

La suite de l’histoire de Pompon n’est pas prĂ©cisĂ©e dans les documents d’archives…

Sources: 10U8/190-AD12, 16P8/19-AD12, 15P1/216-AD12, 20R71-AD12 et la photo de Bayard.

© 2017 Généalanille

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La statue Ampère à Lyon sauvée de la fonte

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Nov 012014
 

Un projet de 17 ans.

C’est Alexis de Jussieu, ancien préfet et ancien directeur de police qui proposa en janvier 1862 de faire ériger à Lyon une statue à la mémoire d’André Marie Ampère, physicien lyonnais et inventeur, entre autres, du télégraphe électrique.

Ampere_Andre_1825

Quelques mois plus tard, la commission chargée de l’étude de ce projet proposa que la statue soit installée à l’entrée des Facultés ou sur une place publique et communiqua cette demande au sénateur, Mr Vaïsse, puisque le lieu relevait de la ville de Lyon. Le projet est ajourné pour des questions de budget jusqu’en 1866 où le successeur de Mr Vaïsse, Mr Chevreau, propose que le financement du projet soit effectué par le biais d’une souscription auprès de la population.

Un des héritiers du physicien dans la même période (1866) confia à l’académie la gestion d’un prix Ampère-Chevreux

« Ce prix est d’une somme annuelle de 1800 francs. Il est dĂ©cernĂ© tous les trois ans et pour trois annĂ©es consĂ©cutives, Ă  un jeune homme peu favorisĂ© des dons de la fortune, nĂ© dans le dĂ©partement du RhĂ´ne, ayant donnĂ© des preuves d’aptitude pour les lettres, les sciences, ou les beaux-arts, et il doit lui servir Ă  perfectionner ses Ă©tudes ou Ă  poursuivre le cours de ses travaux. Les candidats doivent avoir dix-sept ans au moins et vingt-trois ans au plus. En aucun cas le prix ne peut ĂŞtre divisĂ©. »

Cette récompense fait abandonner l’idée de souscription et relance les demandes auprès de la ville de Lyon de manière régulière jusqu’en 1869, période où le corps d’André Marie Ampère est rapatrié du cimetière de Marseille à celui de Montmartre. Avec l’arrivée de la guerre de 1870, l’académie stoppe ses demandes et il faut attendre 10 ans plus tard pour que le projet soit débattu et accepté.

Ou placer la statue?

Le projet par l’équipe du conseil municipal de Lyon lors de la session du 17 novembre 1879. La délibération du changement de nom du lycée de Lyon en « Lycée Ampère », proposée le même jour, est reportée.

Le 22 avril 1880, 3 lieux sont étudiés par le conseil municipal :

– la place Sathonay oĂą siège la statue Jacquard qui pourrait ĂŞtre transfĂ©rĂ©e sur une des places de la Croix Rousse ;

 – la place Henri IV qui doit ĂŞtre dĂ©barrassĂ©e de ses boutiques actuelles grâce Ă  la construction d’un marchĂ© couvert (rue Henri IV, Bourgelat et Francklin)

– la place GrĂ´lier dont la fontaine en ruine ne semble pas prĂŞte Ă  ĂŞtre restaurĂ©e.

C’est cette dernière qui est choisie, mais Mr Aynard conteste ce choix et une deuxième délibération permet de fixer définitivement le lieu de la statue sur la place Henri IV qui prend le nom de place Ampère. La place Grôlier deviendra la place Gailleton.

 Lyon_1872

Le concours et son vainqueur Charles Textor

Un projet de concours est proposĂ© dès la semaine suivante et indique que la statue devra ĂŞtre coulĂ©e en bronze, de 3m de hauteur, placĂ©e sur un piĂ©destal en pierre ou en marbre (qui pourra ĂŞtre ornĂ© d’emblèmes, inscriptions ou ornements allĂ©goriques) et reprĂ©sentant Ampère debout ou assis. Le programme est dĂ©battu au conseil municipal du 29 juillet 1880 avec une modification : la rĂ©duction des montants des prix en francs destinĂ©s aux concurrents. La restriction Ă  des sculpteurs demeurant ou originaires de Lyon est rejetĂ©e pour Ă©viter que d’autres villes n’adoptent la mĂŞme attitude dans leurs concours.

Douze projets ont été déposés et le 2 mars 1881, le jury décerna le 1er prix à Charles Textor de Lyon, le deuxième prix à Mrs Degeorge sculpteur et Gaspard André, architecte et le 3ème prix à Jacques Perrin de Paris.

La statue d’Ampère a été présentée à l’académie le 27 mars 1887 dans l’ancienne église du bon Pasteur. Ayant choisi tout d’abord de sculpter des instruments de mesures et de télégraphie, Charles Textor a finalement opté pour un Ampère assis, en costume Charles X , au regard pensif, tenant dans sa main gauche une tablette et dans la droite une plume.

statue

La statue a Ă©galement pour auteurs Mr  ThiĂ©baut, fondeur et Joseph Dubuisson, architecte qui rĂ©alise le piĂ©destal qui se prĂ©sente sous la forme d’une fontaine avec deux sphynges (animal fantastique Ă  buste de femme et corps de lion ailĂ©) qui crachent de l’eau, oeuvres du dĂ©corateur lyonnais Charles Breton.

 Charles Textor, un lyonnais de la Martinière

Charles Textor est nĂ© Ă  Lyon le 30 aout 1835 de Joseph Marie Textor nĂ© Ă  Paris, vĂ©rificateur Ă  l’octroi municipal Ă  Lyon et de Claudine Dufour, Ă©picière Rue Terraille nĂ©e Ă  Pommiers (RhĂ´ne). Il Ă©pouse en 1874 Ă  Lyon Marie Sylvie Pelosse, brodeuse de dentelles nĂ©e Ă  Mardore.

Ancien Ă©lève de la martinière et de l’Ă©cole des Beaux Arts de Lyon, oĂą il obtient un premier prix de sculpture en 1856. Il devient professeur de sculpture Ă  Lyon et membre de l’acadĂ©mie des lettres, sciences et beaux arts de la province.

Il habite 8 bvd Montmartre chez Mr Carpentier à Paris, 52 Rue Bugeaud puis 33 Grande rue de Cuire à Lyon. Il décède à Lyon le 29 septembre 1905.

Outre la statue d’Ampère, Charles Textor a rĂ©alisĂ© de nombreuses Ĺ“uvres dont le lion blessĂ© du monument des enfants du RhĂ´ne au parc de la tĂŞte d’or, les bustes JosĂ©phin Soulary dans la galerie des lyonnais cĂ©lèbres,  le buste du peintre Berjon, la vierge du fronton de l’Ă©glise de Bourg en Bresse, la vierge du peuple Ă  Artemare, la statue de St Polycarpe dans l’Ă©glise de Bully, une descente de croix et une statue de St AndrĂ© chez les ursulines de TrĂ©voux, un buste de Carriat d’après un moulage appartenant au conseil municipal de Bourg…

 Une inauguration par le président de la république

C’est le prĂ©sident de la rĂ©publique Sadi Carnot qui vient inaugurer de Charles Textor (et lui remettre les palmes acadĂ©miques). La cĂ©rĂ©monie a lieu le 8 octobre 1888 dans la matinĂ©e et est ponctuĂ©e des discours de Mr Gailleton, maire, Mr Tessier, dĂ©lĂ©guĂ© de l’acadĂ©mie de Lyon et de Mr Corme, dĂ©lĂ©guĂ© pour reprĂ©senter l’acadĂ©mie des sciences.

Sadi Carnot participe à 15H30 à la pose de la première pierre du monument de la république place Carnot avant de rejoindre à pied la gare de perrache pour rentrer à Paris.

Destinée à être fondue, elle est inaugurée à nouveau

Le 8 mars 1944, la statue est démontée de son piédestal sur ordre des autorités allemandes pour être fondue.

fonte3

La statue sera finalement stockĂ©e dans les entrepĂ´ts d’une maison de mĂ©taux Ă  Lyon et sauvĂ©e de la fonte. Quelques mois plus tard, le 18 fĂ©vrier 1945 Ă  15 heures, la statue est rĂ©installĂ©e et inaugurĂ©e Ă  nouveau par le maire Justin Godart en prĂ©sence de Mr Domenach prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© des amis d’Ampère, du colonel Bousquet, Mr Allix recteur d’acadĂ©mie et de nombreuses autres notables et promeneurs.

inauguration 1945

Sources:

archive.org : MĂ©moires de l’acadĂ©mie des sciences, belles lettres et arts de Lyon 1907; emonument; 2CM036-AM Lyon, 2CM038-AM Lyon, 2CM039-AM Lyon, 2E2011-AM Lyon, 2E312- AM Lyon; PER2176/14-AD69, PER627-AD69, PER513/1-AD69, PER658/1-AD69, BM Lyon : la construction lyonnaise 1880; Gallica: L’illustration dans le monde illustrĂ©, L’univers illustrĂ©, La Province, Les salons dessins autographes, Journal des dĂ©bats politiques et littĂ©raires, 28 jours du prĂ©sident de la rĂ©pubique, Explication des ouvrages de peinture et dessins, Livret explicatif des ouvrages de peinture, MĂ©moires de l’acadĂ©mie de Lyon 1889; Ă©cole centrale de Lyon: revue Technica.

 

© 2014 Généalanille

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L’embuscade de la redoute 8 juin 1944

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Oct 162014
 

L’embuscade

Le 8 juin 1944, un groupe de 14 hommes se tient dans la forĂŞt de Charolles « comme poste avancĂ© protĂ©geant la ville. » Avertis du passage d’un convoi de munitions par un train blindĂ©, ils tendent une embuscade mais se retrouvent vers 17H30 face à un train contenant des troupes allemandes qui s’empressent de les encercler et de les attaquer. Les patriotes se dĂ©fendent jusqu’Ă  Ă©puisement des munitions puis se replient sous le feu croisĂ© des allemands et de renforts « montĂ©s en hâte. »

Les coups de feu cessent vers 20H et quatre hommes manquent Ă  l’appel.

Les quatre patriotes disparus et deux morts

Albert Jean Louis Muhet est l’un des enfants du sacristain de Charolles. NĂ© dans cette ville, il est cĂ©libataire et exerce la profession de manĹ“uvre. Il meurt Ă  24 ans. Son acte dĂ©cès prĂ©cise qu’il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  19H route de Charolles et qu’il a Ă©tĂ© « tuĂ© par les autoritĂ©s allemandes » (mention marginale au crayon de papier). L’acte est transcrit le 26 juin Ă  Charolles.

AndrĂ© Seyer est le fils de Jean LĂ©on Seyer, rentier retraitĂ© Ă  St Julien de Civry. NĂ© dans ce village, il s’est mariĂ© Ă  Angèle Bonnetain et est devenu cultivateur Ă  Ozolles. Il meurt Ă  26 ans. Son acte de dĂ©cès prĂ©cise Ă©galement qu’il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  19H route de Charolles et qu’il a Ă©tĂ© « tuĂ© par les autoritĂ©s allemandes » (mention marginale au crayon de papier.) L’acte porte une mention « mort pour la France » et est transcrit le 27 juin Ă  Ozolles.

Paul Gustave Victor Bourcet est fils de Marie Joseph Bourcet, directeur de banque Ă  Charolles. NĂ© Ă  St Laurent (01), il est mariĂ© Ă  Giselle Beaune et est Ă©lectricien Ă  Charolles. Il meurt Ă  21 ans. Son acte de dĂ©cès prĂ©cise les mĂŞmes heures et lieux de dĂ©cès (19H route de Charolles). La mention « Mort pour la France » est inscrite après une mention provisoire « sur avis favorable des FFI, bataillon de Charolles » (05/12/1944) et de la dĂ©cision du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des anciens combattants (04/04/1945). L’acte est transcrit le 26 juin Ă  Charolles.

Antoine Gout est le 4ème patriote manquant. NĂ© Ă  Soursac en Corrèze, il s’est mariĂ© Ă  HĂ©lène Anglard nĂ©e Ă  la Tronche en Isère et est père de famille. Il exerce la profession de coutelier Ă  Charolles. Son dĂ©cès n’est constatĂ© que le 12 juin par le brigadier de gendarmerie Louis Verniez. Le corps est  retrouvĂ© au bois de Crazy sur la commune de Lugny les Charolles et « semble remonter au 8 juin ». Antoine Gout avait 36 ans. Son acte de dĂ©cès est transcrit le 29 juin Ă  Charolles.

Deux autres patriotes vont mourir de la suite de cette embuscade.

AndrĂ© Suchet, blessĂ© pendant l’attaque « en amorçant des grenades » dĂ©cède de ses blessures le 16 juin 1944.

Jean Louis Milliat est fait prisonnier, puis est torturĂ© avant d’ĂŞtre fusillĂ© le 17 juin 1944 par la Gestapo.

Tous ces noms apparaissent sur le mémorial de Beaubery.

Un monument à leur mémoire

Dès 1945, le conseil municipal de Charolles statue sur l’Ă©rection d’un monument Ă  la mĂ©moire des victimes de la guerre 1939-1945 et confie la crĂ©ation artistique Ă  Mr RenĂ© Davoine (mĂ©daillĂ© du salon des artistes 1927-1929 et de l’exposition internationale de Paris 1937).

Le monument de 3,30m en pierre d’Artiges est installĂ© Ă  la jonction des routes de Paray et Gueugnon et est inaugurĂ© par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle le 21 septembre 1947 Ă  11H (qui prend ensuite un dĂ©jeuner intime Ă  la mairie avant de rejoindre Autun pour les fĂŞtes de la libĂ©ration).

Davoine

 En mai 1946, un projet d’installation d’un monument « aux tuĂ©s du 8 juin 1944 » est Ă©tabli. Deux propriĂ©taires proposent de cĂ©der un terrain de part et d’autre de la route Nationale 79 (aujourd’hui partiellement RCEA).

Plan

D’un cĂ´tĂ© de la route, sur la commune de Champlecy et sur un terrain cĂ©dĂ© par Mr Boudry, expert gĂ©omètre Ă  Paray, on trouve une stèle en granit brut de St Maurice les Châteauneuf Ă  forme de pyramide tronquĂ©e, posĂ©e sur un massif en bĂ©ton recouvert de terre vĂ©gĂ©tale destinĂ©e Ă  recevoir une pelouse et surĂ©levĂ©e par rapport Ă  la route (1,30m).

De l’autre cĂ´tĂ©, sur la commune de Changy et sur un terrain cĂ©dĂ© par Mr Charles DĂ©chelette Ă  Roanne, sont disposĂ©s dans un arc de cercle de corde de 30m et de flèche de 10m 7 bancs (symbolisant les 14 patriotes?), de 2 mètres de longs et sĂ©parĂ©s entre eux de 3 mètres.

Le monument est situé à 3,5km de Charolles et à moins de 100m du passage à niveau (de la ligne de chemin de fer désaffectée depuis). Des caniveaux sont prévus de chaque côté de la route.

coupe

Est bien le lieu de l’attaque?

Si on regarde un plan actuel, on se rend compte de plusieurs choses. Le lieu dit La Redoute n’est pas situĂ© sur la commune de Paray le Monial (lieu de dĂ©claration des dĂ©cès). La limite entre les communes de Champlecy et Changy ne sont pas en bordure de la nationale 79.

On peut noter que pour le moment, la portion de route oĂą est situĂ© le monument n’est pas classifiĂ©e RCEA et n’est pas soumise Ă  des travaux d’Ă©largissement en 2X2 voies.

N79

Le monument érigé

Après le dĂ©cret de janvier 1947 pour l’Ă©tablissement de monuments commĂ©moratifs, un dossier est Ă©tabli par le comitĂ© du souvenir et des fonds sont rĂ©unis pour financer les 93 097 francs liĂ©s Ă  l’Ă©rection du monument et des bancs. Le dĂ©cret prĂ©fectoral d’autorisation est signĂ© le 28 mai 1947.

Monumentreel

La stèle porte un « Vé » entrelacé avec une croix de Lorraine et le nom par ordre alphabétique des 4 patriotes disparus.

Le monument est Ă©videmment visible lorsqu’on emprunte la route de Paray le Monial Ă  Charolles.

 

Sources:

1w602-AD71, 6M Bourbon Lancy-Charolles 1936/1-AD71, Didier SÉROUART via mémorialGenweb, PR101-3-AD71, street-view Google, Etat civil Charolles, Paray le Monial, Ozolles

© 2014 Généalanille

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6 juin 1944 en SaĂ´ne et Loire

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Juin 062014
 

Le débarquement vu par la presse locale.

Dès le 28 janvier 1944, un article titre « si les Alliés débarquaient chez nous » parait et s’appuie sur la Gazette de Lausanne.
Une prochaine tentative des anglos-américains contre l’Europe est attendue sans pouvoir déterminer le lieu (l’ouest, les balkans ?) Le territoire choisi servirait de « second front » et serait soumis à une épreuve plus douloureuse que celles connues depuis le début de la guerre.
Par ailleurs, les bombardements croisés détruiraient les villes, leurs habitants et les œuvres d’art. La délivrance par les armées anglo-américaines serait la guerre étrangère réinstallée en France et aucun français de bon sens ne peut souhaiter cela.

Le 9 juin 1944, les alliés ont débarqué, outre l’estimation que ces derniers ont engagé des forces considérables et la description des navires et des parachutages utilisés, le journaliste se plaint des quartiers dévastés et du fait que les pilotes anglo américains « se soucient aussi peu de la vie des français que de leur premier short ».

Le 28 juin, c’est l’histoire de l’exode forcé d’une femme normande qui est narré dans les pages du journal. Cette situation rappelle des souvenirs aux exilés de 1940. Et les anglais-américains semblent toujours aussi insensibles aux agitations de drapeaux blancs ou tricolores censés leur indiquer que la charrette est conduite par des civils français.

On notera que le principal journal de Saône et Loire n'apparaitra pas pendant la guerre et que la première ville libérée du département sera Cluny
le 1er septembre 1944.

Le 21 avril 1944, un autre article montre que Berlin n’est pas dupe d’un débarquement à l’Ouest.
Cet événement pourrait être proche, car les anglais ménagent leur aviation au profit de raids menés par les américains. Les conditions atmosphériques pourraient être prochainement réunies mais le front de l’Ouest est prêt à recevoir l’invasion des alliés.
Les reconnaissances aériennes empêchent l'effet de surprise mais Berlin ignore le lieu et la tactique qui seront employés.
C'est le seul article qui ne critique pas directement l'action des alliés.

Le 10 juin 1944, c’est la retranscription du message radio du président Laval qui n’est pas tendre envers « ceux qui disent vouloir la libérer [la France] mais qui commencent d’abord par la détruire. » Il critique aussi les français qui ont quitté « notre sol » et qui sont loin des réalités.
Le général américain qui s'est adressé aux français prétend donner des ordres mais il méconnait le caractère des français, qui n'ont d'ailleurs à recevoir des ordres que du gouvernement français.
Il rappelle enfin que l’armistice est signé depuis 4 ans et que par le biais de celui-ci, la France s’est engagée à n’entreprendre aucune action hostile contre l’Allemagne, puissance occupante.

Pendant ce temps-lĂ  en SaĂ´ne et Loire.

Les archives de la sous-préfecture d’Autun ont été détruites au départ des Allemands, il reste cependant un certain nombre de messages transmis à Vichy, issus des autres sous préfectures.
Pour la journée du 6 juin 1944, on listera :
- une attaque armée au centre Vercingétorix de Cluny pour remettre des vivres et des habits pour 40 personnes environs. Cinq personnes ont été prises en otage ;
- un « achat » de plus de 450 paquets de tabac et 250 paquets de cigarettes à Uchizy ;
- le vol de la traction avant du directeur d’école de Montpont ;
- le découpage des fils téléphoniques chez la tenancière de la cabine téléphonique de Royer ;
- le vol de la bicyclette du président cantonal de la légion des combattants d’Ozenay, (chez qui les résistants sont retourné le lendemain et l'ont constitué prisonnier à défaut d’avoir pu se faire remettre par lui un mouton. Il sera libéré quelques heures plus tard) ;
- la remise par une bande armée des feuilles de recensement, du reliquat des tickets d’alimentation ainsi que des feuillets semestriels et du cachet de la mairie de La Racineuse ;
- la remise moyennant paiement de 15 kg de beurre par le collecteur en beurre Ă  Mervans;
- l’exécution de Joseph Pimbel (né le 9 mars 1902 à Thann (68), marié, 2 enfants) à Poisson.


La nuit du 6 au 7 juin a vu le sabotage de plusieurs lignes téléphoniques.

Le débarquement vu par les renseignements généraux

Message passé le 6 juin 1944 à 17H30 Macon
L’annonce par radio, ce jour, 6 juin 1944 d’opérations militaires dans le nord de la France n’a provoqué aucune réaction sensible parmi la population de mon secteur.

Sources:
1714W130-AD71, PR65/29-AD71, PR121/161-AD71, PR61/22-AD71, PR235/3-AD71
© 2014 Généalanille

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Déserteurs américains en Saône et Loire

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Mai 292014
 

Un dĂ©serteur amĂ©ricain qui cherche Ă  s’Ă©vader

En septembre 1918, plusieurs soldats américains désertent les rangs et, une fois rattrapés, ils sont mis dans la chambre de sûreté du commissariat de Chagny (71).
L’un d’eux était enfermé en ces lieux quand il a imaginé de s’évader.

Il décloue une planche d’un des lits de camps, monte sur les paillasses qu’il a entassées dans un coin jusqu’à atteindre le plafond, et se sert de la planche comme levier pour agrandir le trou d’aération au-dessus de la porte. Il parvient à briser une des planches sur l’un des côtés de ce trou, à enlever le plâtre au plafond et à casser les lattes sur « une surface de 80 décimètres carrés environ. »
Il est stoppé par les gendarmes qui viennent l’extraire de sa chambre de sûreté le 14 septembre pour le remettre aux mains de la police américaine. Le soldat américain n’a pas pu être interrogé en l’absence d’interprète et les dégâts ont été évalués à 32 francs. Le lieutenant américain Nusy a constaté les dégâts.

Le soldat américain était détenu provisoirement et avait été amené par Jacques Paoli, commissaire spécial de police à la gare de Chagny, nommé à ce poste en juin 1917 qui partira pour Vienne après la fin de la guerre (décret du 11/12/1918).

Quelques injures en français

Quelques jours plus tard, le 20 septembre 1918, la chambre de sureté est à nouveau pleine de soldats américains déserteurs.

Tous se mettent à faire du bruit vers 16H et réclament aux gendarmes français du tabac et des allumettes pour fumer. Les gendarmes leur répliquent que ce n’est pas possible et qu’il est défendu de fumer dans les chambres de sureté. Les soldats mécontents, frappent des coups de pieds dans le mobilier (les lits de camps) et contre la porte et menacent de tout casser en injuriant les gendarmes. Parmi ces injures, les gendarmes comprennent « mauvais français cochon » qui est répété plusieurs fois. C’est l’interprète américain de la gare, prévenu par les gendarmes, qui parviendra à calmer la situation en expliquant aux soldats qu’ils seraient considérés comme rebelles s'ils continuaient leur tapage.
Quand les hommes ont été embarqués par la police américaine d’Allerey, les dégâts ont été évalués à 25 francs : couvertures piétinées et salies, paillasses déchirées à plusieurs endroits, planchers de lit cassés ou descellés.

Le camp hĂ´pital d’Allerey

Les hôpitaux français étant surchargés, les américains ont choisi de construire leurs propres structures près des voies stratégiques. Allerey répondait à ce besoin, étant situé sur les lignes de chemin de fer Chalon sur Saône - Gray et Dôle-Chagny.
Le camp hôpital d’Allerey a été construit en 1918 et inauguré le 5 juillet de la même année. Constitué de 605 baraques sur une surface de 148 ha, son embranchement ferroviaire à la ligne Chalon-Gray lui a permis de recevoir des convois de blessés directement dans le camp. La capacité d’accueil des blessés était de 35 000 lits. On trouve de nombreuses photos de l’hôpital et de la vie du camp sur le site History of medecine. Par ailleurs, de nombreuses archives ont été rassemblées par Antonin Guillot et le groupe d’études historiques de Verdun sur le Doubs . Le livre (N°52 de 1999) est épuisé mais disponible en ligne.
L’hôpital a fermé ses portes en janvier 1919 et le camp en juin 1919.

Sources: 1Y349-AD71, REV 47/1-AD71, JO décrets du 24/06/1917 et 11/12/1918 via Gallica, History of Medecine, publications du GEHV.

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