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Gabriel Joseph Ernest Baudot est né le 14 mars 1866 9 Rue neuve des capucins dans le 1er arrondissement de Paris. Il est fils de Louis François Auguste Baudot, suppléant de juge de paix et de Suzanne Stéphanie Mary Labourmène.

A 19 ans, il s’engage volontairement pour 5 ans en devenant élève de l’école spéciale militaire de St Cyr le 27 octobre 1885. Il devient caporal à peine un an après son arrivée puis est sous-lieutenant au 29ème RI (en caserne à Autun) le 1er octobre 1887. Il reste dans ce régiment où il est nommé lieutenant le 15 mai 1891 puis capitaine le 26 décembre 1898. Il a alors 31 ans.

Entre temps, Joseph Baudot s’est marié le 27 décembre 1897 à Decize (58) avec Cécile Anna Céleste Quillier fille de Joseph Hyppolite Marie Pierre Célestin Quillier et de Louise Compin et a eu un fils René Louis Auguste né en 1898. Son beau-père est lieutenant d’infanterie territoriale, mais aussi notaire honoraire, président d’honneur de la section des vétérans de 1870 pour Decize (il était engagé volontaire pour cette guerre de 1870 et appartenant au 3ème bataillon de garde mobile du Cher), trésorier et président pendant 30 ans de la société de secours mutuel de la même ville

Le 1er décembre 1903, Joseph Baudot devient capitaine au 113ème régiment d’infanterie à Blois puis adjudant major en juillet 1911.

Il est nommé Chevalier de la légion d’honneur par décret du 30 décembre 1911 et reçoit sa décoration le 9 janvier 1912. Son beau-père recevra cette même décoration par décret du 11 juillet 1912, suivant ainsi les traces de son père, Pierre René Quillier.

Avec la mobilisation générale, Gabriel Baudot rejoint le 313ème RI à Blois. Il est capitaine de la 17ème compagnie du 5ème bataillon et quitte Blois le 9 aout 1914 à 2H19 par le train en direction de Saint Mihiel où les hommes arrivent le 10 aout à 6H. Ils ont plus de chance que l’autre moitié de leur régiment parti 4 heures plus tard dont le train va en tamponner un autre qui le précédait en gare de Sompuis et provoquer la mort de 5 soldats et des blessures pour 57 autres.

Trajet en train du 113ème RI

Trajet en train du 113ème RI

Le régiment se retrouve à Génicourt puis part le 14 aout pour le village aujourd’hui détruit de Bezonvaux au nord-est de Verdun. Le 18 aout, il avance jusqu’au village d’Ornes puis arrive le 21 aout à Longuyon. Le lendemain, il participe à la bataille de St Pancré. Le bataillon du capitaine Baudot est sur la crêteà l’ouest u bois de Houdlémont et subit pendant 4H30 le feu de l’artillerie ennemie. Il se retire sur la route de Longuyon après en avoir reçu l’ordre à 16H. Pendant la nuit qui suit, des tranchées sont creusées.

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Les hommes sont ramenés en arrière et se battent dans les jours suivants à Colmey, Petit Xivry, Rupt sur Othain, Dimbley où ils sont à chaque fois obligés de reculer sous l’assaut des obus ennemis.

Le 26 aout 1914, le 313ème RI est aux abords de Vilosme où il surveille le pont sur la Meuse.

Le recul du 113ème RI

Le recul du 113ème RI

Chargé d’organiser la ligne de repli derrière la Meuse et de surveiller la ligne du Bois d’Emont à Montfaucon, le 313ème RI commence les tranchées le 28 aout à 5H30 dans la région de Montfaucon et Cierges avec les outils encore disponibles ou réquisitionnés. Il gagne la bataille de Cierges le 2 septembre 1914.

Le régiment continue sa retraite jusqu’au 6 septembre où il atteint Lisle en Barrois.

Baudot-Lisle

C’est probablement le 9 septembre 1914 que Gabriel Baudot prend le commandement du 5ème bataillon. Le lieutenant colonel commandant le régiment ayant été évacué, c’est le commandant Erulin actuel dirigeant du 5ème bataillon qui prend sa place.

Le 11 septembre, alors qu’il a combattu pendant plusieurs jours face à l’ennemi, le régiment constate que les tranchées allemandes se vident. La marche en avant peut reprendre, mais cette fois ci sous une pluie diluvienne. Le 15 septembre, il est à Vauquois, dans l’Argonne. Le 16 septembre, le bataillon Baudot est envoyé à Varennes sur Argonne sous les ordres du colonel Arbanère. Il doit attaquer le village de Charpentry par la vallée de la Buanthe en lien avec le 4ème RI mais l’attaque du 313ème non soutenue échoue. Quelques heures plus tard, la compagnie du capitaine Baudot, en cantonnement d’alerte à Cheppy, recevra un obus sur la grange occupée par une partie de la section. De nombreuses victimes seront à déplorer.

Pendant plusieurs jours, le 313ème RI restera en lutte contre l’ennemi dans cette zone.

La marche en avant sur les traces de l'ennemi.

La marche en avant sur les traces de l’ennemi.

Le 27 septembre, le commandant Erulin reprend son commandement du 5ème Bataillon, Gabriel Baudot est affecté au commandement du 6ème bataillon pour remplacer le lieutenant Lambert évacué pour raison de santé.

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L’ennemi avance à nouveau, le bataillon Baudot se bat dans les bois de La Chalade le 28 septembre 1914 et participe à des barrages au niveau des Islettes. Le 4 octobre, c’est un renfort de 1000 hommes que voit arriver le 313ème RI.

Certaines pages sont manquantes dans le journal de marche et c’est donc entre le 9 et le 16 octobre que le capitaine Baudot est remplacé par De Cugnac. Le 29 octobre 1914, le chef de Bataillon Baudot du 313ème est affecté au 331ème RI.

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Ce changement de régiment ne le fait pas changer de région car il participe dès sa nomination à la bataille de Vauquois qui sera très violente et coutera 56 morts, 165 blessés et 43 disparus présumés tués au 331ème RI.

Le 9 novembre, les hommes partent pour le bois de la Chalade. Le capitaine Baudot y restera jusqu’à sa mort le 2 décembre 1914. Le capitaine Georges Lafaurie prendra le commandement du 5ème bataillon à sa place.

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Le corps du capitaine Baudot est rapatrié à Grury par convoi du 1er mai 1922. Il est enterré avec son beau-père mort en 1915 à Paris mais domicilié à Grury.

Plaque sur la tombe Baudot-Quillier

Plaque sur la tombe Baudot-Quillier

Sources :

V4E57-AM Paris, base léonore LH/141/44, LH/2249/75, sga mémoire des hommes 26N753/2, 26N747/12, ancestramil, M1713-AD71, M642 bis –AD71, Site Saint-Cyr, tableau d’honneur.

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