Juin 062014
 

Le débarquement vu par la presse locale.

Dès le 28 janvier 1944, un article titre « si les Alliés débarquaient chez nous » parait et s’appuie sur la Gazette de Lausanne.
Une prochaine tentative des anglos-américains contre l’Europe est attendue sans pouvoir déterminer le lieu (l’ouest, les balkans ?) Le territoire choisi servirait de « second front » et serait soumis à une épreuve plus douloureuse que celles connues depuis le début de la guerre.
Par ailleurs, les bombardements croisés détruiraient les villes, leurs habitants et les œuvres d’art. La délivrance par les armées anglo-américaines serait la guerre étrangère réinstallée en France et aucun français de bon sens ne peut souhaiter cela.

Le 9 juin 1944, les alliés ont débarqué, outre l’estimation que ces derniers ont engagé des forces considérables et la description des navires et des parachutages utilisés, le journaliste se plaint des quartiers dévastés et du fait que les pilotes anglo américains « se soucient aussi peu de la vie des français que de leur premier short ».

Le 28 juin, c’est l’histoire de l’exode forcé d’une femme normande qui est narré dans les pages du journal. Cette situation rappelle des souvenirs aux exilés de 1940. Et les anglais-américains semblent toujours aussi insensibles aux agitations de drapeaux blancs ou tricolores censés leur indiquer que la charrette est conduite par des civils français.

On notera que le principal journal de SaĂ´ne et Loire n’apparaitra pas pendant la guerre et que la première ville libĂ©rĂ©e du dĂ©partement sera Cluny
le 1er septembre 1944.

Le 21 avril 1944, un autre article montre que Berlin n’est pas dupe d’un débarquement à l’Ouest.
Cet événement pourrait être proche, car les anglais ménagent leur aviation au profit de raids menés par les américains. Les conditions atmosphériques pourraient être prochainement réunies mais le front de l’Ouest est prêt à recevoir l’invasion des alliés.
Les reconnaissances aĂ©riennes empĂŞchent l’effet de surprise mais Berlin ignore le lieu et la tactique qui seront employĂ©s.
C’est le seul article qui ne critique pas directement l’action des alliĂ©s.

Le 10 juin 1944, c’est la retranscription du message radio du président Laval qui n’est pas tendre envers « ceux qui disent vouloir la libérer [la France] mais qui commencent d’abord par la détruire. » Il critique aussi les français qui ont quitté « notre sol » et qui sont loin des réalités.
Le gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain qui s’est adressĂ© aux français prĂ©tend donner des ordres mais il mĂ©connait le caractère des français, qui n’ont d’ailleurs Ă  recevoir des ordres que du gouvernement français.
Il rappelle enfin que l’armistice est signé depuis 4 ans et que par le biais de celui-ci, la France s’est engagée à n’entreprendre aucune action hostile contre l’Allemagne, puissance occupante.

Pendant ce temps-lĂ  en SaĂ´ne et Loire.

Les archives de la sous-préfecture d’Autun ont été détruites au départ des Allemands, il reste cependant un certain nombre de messages transmis à Vichy, issus des autres sous préfectures.
Pour la journée du 6 juin 1944, on listera :
– une attaque armĂ©e au centre VercingĂ©torix de Cluny pour remettre des vivres et des habits pour 40 personnes environs. Cinq personnes ont Ă©tĂ© prises en otage ;
– un « achat » de plus de 450 paquets de tabac et 250 paquets de cigarettes Ă  Uchizy ;
– le vol de la traction avant du directeur d’école de Montpont ;
– le dĂ©coupage des fils tĂ©lĂ©phoniques chez la tenancière de la cabine tĂ©lĂ©phonique de Royer ;
– le vol de la bicyclette du prĂ©sident cantonal de la lĂ©gion des combattants d’Ozenay, (chez qui les rĂ©sistants sont retournĂ© le lendemain et l’ont constituĂ© prisonnier Ă  dĂ©faut d’avoir pu se faire remettre par lui un mouton. Il sera libĂ©rĂ© quelques heures plus tard) ;
– la remise par une bande armĂ©e des feuilles de recensement, du reliquat des tickets d’alimentation ainsi que des feuillets semestriels et du cachet de la mairie de La Racineuse ;
– la remise moyennant paiement de 15 kg de beurre par le collecteur en beurre Ă  Mervans;
– l’exĂ©cution de Joseph Pimbel (nĂ© le 9 mars 1902 Ă  Thann (68), mariĂ©, 2 enfants) Ă  Poisson.


La nuit du 6 au 7 juin a vu le sabotage de plusieurs lignes téléphoniques.

Le débarquement vu par les renseignements généraux

Message passé le 6 juin 1944 à 17H30 Macon
L’annonce par radio, ce jour, 6 juin 1944 d’opérations militaires dans le nord de la France n’a provoqué aucune réaction sensible parmi la population de mon secteur.

Sources:
1714W130-AD71, PR65/29-AD71, PR121/161-AD71, PR61/22-AD71, PR235/3-AD71
© 2014 Généalanille

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